Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

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Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

DOMINIC DESMARAIS. Volume 14-1, octobre 2005

Dossiers Sexualité et Hypersexualisation
hypersexualisation-jeune-sexualite-sexe-education-sexuelle Veut-on vraiment régler le problème de l’hypersexualisation? Les différents acteurs concernés par la problématique se renvoient la balle.

Paul Trottier, vice-président de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ne veut pas que l’hypersexualisation serve de prétexte à renforcer les lois. Il s’accommode de l’état actuel. «Je ne veux pas d’une société où tout est réglementé. En même temps, je suis très conscient qu’il y a un problème d’hypersexualisation du corps des jeunes filles.»

École, hypersexualisation et sexualité des jeunes

Que peut faire l’école? M. Trottier s’est battu contre l’homophobie à l’école en usant de son poste au Conseil de la commission, le fera-t-il pour aider les élèves? «Ce qu’on veut, c’est créer un environnement propice pour qu’ils apprennent la sexualité. En faisant de la restriction, on avance pas. Quand t’es jeune, souligne-t-il, t’aime outrepasser les règlements. Plus ils sont sévères, plus tu as envie de sauter ces barrières-là.»

Le vice-président a en horreur tout ce qui limite les libertés. Il ne sait toujours pas s’il va agir dans le dossier de l’hypersexualisation mais il est catégorique sur un point: «Si la plupart des établissements appliquaient un code de vie hyper restrictif, je m’en inquiéterais. Et peut-être, à ce moment-là, j’interviendrais.»

L’homme oscille entre le sexologue de formation qu’il est et l’ouverture d’esprit caractérisant sa personnalité. À ses yeux, tous les acteurs gravitant autour des jeunes filles doivent s’impliquer. «L’école a un rôle à jouer, reconnaît-il. Mais elle n’est pas la police.»

Cours d’éducation sexuelle

M. Trottier cherche une solution. «Les parents s’en foutent souvent, il n’y a pas de cours d’éducation sexuelle, les écoles ont peu de moyens… C’est une lourde responsabilité et personne ne peut prendre ce poids sur ses seules épaules.» Avec son nouveau programme, le Ministère abandonne le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel s’inséraient quelques heures de formation sur la sexualité. Au ministère de l’Éducation, on préfère prioriser l’essentiel comme la langue, les mathématiques et l’histoire.

Le Ministère se dit préoccupé par l’éducation de la sexualité. Mais sur ses 1506 fonctionnaires, personne ne s’est penché sérieusement sur la question de l’hypersexualisation. Paul Trottier le confirme: il ne sent pas cette préoccupation du ministère de l’Éducation.

«Pour outiller les intervenants afin d’ intégrer l’éducation à la sexualité dans leur action auprès des jeunes», le Ministère a demandé à Francine Duquet, sexologue, de rédiger un document. Il remplacera le cours de FPS. Le Ministère considère les cours de français, d’enseignement moral ou de science et technologie, comme des matières compatibles avec l’objectif de sensibiliser les jeunes à la sexualité. Le Ministère se donne comme défi de permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste, critique et sensible à propos de la sexualité et de son expansion.

Jeune et sexualité

Philippe, enseignant en 6ème année primaire, se demande bien comment il pourra permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste et critique à propos de la sexualité. «Faudrait vraiment qu’on soit formés sur quoi répondre aux enfants ,parce qu’on le sait pas. Alors, on aime mieux rien dire. L’enfant pense qu’on s’en fout, alors il prend ça pour acquis», dit-il en acceptant une partie du blâme. «C’est trop complexe. Comment j’arrive à gérer ma sexualité, c’est une chose. Gérer celle d’une autre personne, c’en est une autre. Moi, si une jeune effleure le sujet, je l’esquive parce que je ne suis pas capable de répondre.»

Le manque de formation masque un problème plus grave dans les écoles: le rapport enseignant masculin et élève féminin. «Depuis que j’ai commencé, il y a 8 ans, je n’ai jamais parlé de sexualité. Parce que je suis un gars. Je vais avoir des problèmes. Je vais me faire congédier. Jamais, jamais, je vais parler de ça. Quand tu apprends que des profs ont ruiné leur carrière parce qu’une petite fille a menti, as-tu le goût de prendre la chance? Je pense que je ne suis pas le seul», déplore Philippe. «Je ne sais pas c’est quoi, la solution. C’est vraiment un sujet tabou parce qu’on est au primaire: on parle de pédophilie.»

«Je me mets à la place d’un enseignant, pas sûr, moi non plus, que je leur répondrais, aux jeunes», avoue le vice-président de la CSDM. «Les plaintes de nature sexuelle non fondées, c’est un sujet très sérieux pour l’Alliance des enseignants.»

Un personnel masculin qui se défile, mais encore? Le manque de ressources ne faciliterait pas la tâche d’éduquer les élèves sur la sexualité. «Des professionnels dans les écoles, il y en a très peu. Quand l’école a un peu de moyens, elle va peut-être prioriser d’autres professionnels qu’un sexologue ou un psychologue», confirme M. Trottier.

L’école peut-elle répondre aux besoins des enfants sur la sexualité?

Paul Trottier répond par une question. «Est-ce que c’est le rôle de l’école? On peut faire porter bien des choses… Notre mission, c’est d’instruire, de socialiser et de qualifier. Dans ces trois mots-là, on peut mettre pas mal ce qu’on veut», explique M. Trottier qui ne sait pas s’il mettra sur pied un comité de la CSDM pour se pencher sur la question. Philippe en rajoute. «Si la société dit que c’est un problème criant, faites de quoi! Ne demandez pas à des profs de régler le problème», s’insurge le jeune enseignant.

Le ministère de l’Éducation semble peu préoccupé, la Commission scolaire ne sait si elle va agir et les enseignants ne peuvent répondre aux besoins des enfants. Et les principaux intéressés, les parents? «Les mères, les pères aussi, pourquoi ils acceptent si facilement ça? se demande le Dr Baltzer qui en voit de toutes les couleurs à sa clinique pour adolescents. «Parce qu’on est dans une époque où on essaie d’atteindre l’idéal de laisser décider nos enfants. On est plus capables de dire non», suggère-t-elle. Ce qui expliquerait, notamment, l’existence d’un marché pour les strings offerts aux fillettes. À 10 ans, on ne prend pas la décision d’acheter des sous-vêtements.

«Souvent, on me demande de donner un conseil aux parents d’ados… Tu peux pas changer ton discours du jour au lendemain. Si tu n’as jamais parlé et là, tu te décides… Ils ne t’écouteront pas si tu ne leur as jamais parlé. En communiquant dès le début, tu lui transmets des valeurs qui font qu’il a une estime de soi. C’est comme ça que tu préviens des dérapages», affirme la directrice de la clinique pour adolescents.

Sexualité et mouvement féministe

Le Dr Baltzer cible d’autres fautifs. Le mouvement féministe. «Il y a eu un temps où le corps féminin était utilisé partout. C’est disparu, mais là c’est revenu. Va-t-il y avoir un autre mouvement féministe qui va régler le problème? Mais le dernier mouvement, comment a-t-il pu laisser aller les choses?»

«Ce qu’on a probablement manqué, c’est de créer un homme fort. Un modèle épanoui. Parce que pour que ce soit si facile de faire retomber la femme dans un objet sexuel…» Mme Baltzer n’a pas besoin de terminer sa phrase. Tout est dit. La femme d’aujourd’hui est un objet sexuel. Ce que le médecin ne peut accepter. Échaudée par certains journalistes qui détournent la question au profit du sensationnalisme, Franziska Baltzer n’en poursuit pas moins son combat.

«Ne rien dire, c’est lâche. Peut-être que j’irai nulle part avec ma croisade…», explique-t-elle en haussant les épaules. «Mais rien faire… Ceux qui font les émissions de télé, ils sont capables de rejoindre la masse. Je suis optimiste.» Son sourire est sincère, ses yeux déterminés. Les réseaux de télé lui donneront-ils raison?

Hypersexualisation et féministe

Jocelyn Deguise ne le pense pas. 6 ans passés à Musique Plus, la chaîne des 12 – 24 ans, lui ont fait comprendre que la télévision, en 2005, a délaissé la notion de conscience. «Musique Plus n’est pas un parent. C’est un business. Aujourd’hui, ils diffusent n’importe quoi. Ils se disent que c’est possible de voir tout ça sur Internet. Oui, il y a une déresponsabilisation. C’est un peu comme donner des armes aux jeunes et dire que c’est aux parents de s’en occuper.»

Malheureusement, Pierre Marchand, président et fondateur de Musique Plus, n’a pu donner sa vision, son horaire ne lui laissant pas le temps de rencontrer Reflet de Société. Le ministère de l’Éducation, l’école, les parents, la télévision, Internet… Ceux qui, comme le Dr Baltzer, veulent s’attaquer au phénomène de l’hypersexualisation auront fort à faire.

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anne-marie-losique-soft-porn-sexeLa semaine dernière, Claire Pimparé et Dany Turcotte se sont « frenchés » quelques instants. C’était juste drôle. Cette semaine, sous la musique de Guy A Lepage, Anne-Marie Losique s’est mise à frencher plusieurs des invités. Ça ressemblait plus à un délire d’un party de bureau bien arrosé. Trop, c’est trop.

Je ne suis pourtant pas du genre prude et réservé. Parler et dédramatiser la sexualité et les relations amoureuses est important. Surtout que dans les écoles on retire les cours de Formation professionnelle et sociale. Les jeunes vont devoir entendre parler de sexualité ailleurs qu’à l’école. Des émissions comme Tout le monde en parle auront en à parler plus dans les années à venir.

Mais il y a une façon de faire. Hier, je n’ai pas vraiment compris. C’est vrai que je ne connais pas le personnage qu’est Anne-Marie Losique. Encore moins son projet de télévision sexy. Sur ce point, ma curiosité a été piqué. J’aurais aimé que Guy A Lepage développe plus sur ce point. Mais il était trop occupé à faire jouer sa musique pour qu’Anne-Marie Losique « frenche » quelqu’un.

Anne-Marie Losique et Dany Turcotte

Celui que j’ai le plus aimé dans ce contexte aura été Dany Turcotte. Même si Guy A Lepage avait sonné la charge d’Anne-Marie Losique, il a réussi à garder ses positions et tourner cela en farce. J’ai aimé sa position aussi de dire que de passer 4e sur Anne-Marie Losique, il aurait eu l’impression de fouiller dans les poubelles. Parce que l’émission en était rendu là.

Même Guy A Lepage a semblé blasé à un certain moment. Il a fait jouer la musique d’un air désabusé. Comme s’il n’avait pas le choix. Surprenant.

Le choix des invités m’avait déçu parce qu’il y avait répétition des invités. Je  n’ai pas le goût de m’intéresser à une émission qui invite toujours le même monde en circuit fermé. Le délire occasionné par la présence d’Anne-Marie Losique me questionne sur mon intérêt à continuer de regarder l’émission. Il n’est pas normal qu’après l’émission je sois resté sur ma faim. J’aurais aimé en savoir plus sur son canal sexy. Va-t-on avoir un canal qui pourra nous présenter la sexualité d’une façon saine et positive pour nos jeunes ou un simple « bleu nuit » bien ordinaire? Puisqu’il y a une pause jusqu’au 21 janvier prochain, je serais fidèle au poste au retour de Tout le monde en parle. Mais je suis près de décrocher.

En ce qui concerne le Bye-Bye de fin d’année. J’ai confiance qu’on devrait avoir une bonne émission. Il y a un vide à remplir pour fermer l’année. J’espère que les complices de Guy A Lepage vont nous présenter un nouveau classique et nous redonner un rituel de fin d’année.

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Après les cours de formation professionnelle et sociale maintenant la disparition des cours d’art!

Après les cours de formation professionnelle et sociale, maintenant la disparition des cours d’art!

Il fût une époque où nous avions des cours de religion et aussi de « bien scéance ». Par la suite est apparu l’enseignement moral et les cours de formation professionnelle et sociale, question d’aider les étudiants à devenir de bons citoyens respectueux de la société et de pouvoir mieux se positionner dans celle-ci.

Après avoir vécu cette évolution et ces changements dans l’appellation des cours, nous sommes maintenant arrivés dans une période moyennâgeuse de notre société. On vient de retirer les cours de formation professionnelle et sociale et le gouvernement s’apprête à faire de même avec les cours d’art!

Ayant eu moi-même débuté par une carrière en science, je suis d’accord que d’aider les jeunes à réussir en sciences puisse être important. Mais je ne peux accepter qu’on ne donne que des cours de science à l’école. Les jeunes ont besoin de cours pour forger leur réflexion sociale, pour s’exprimer, pour mieux se renseigner sur les différents sujets qui peuvent les toucher. En enlevant tous ces cours, je crois sincèrement que nous ne sommes pas prêt de faire diminuer le taux d’échec et de décrochage.

À titre de travailleur de rue, j’ai souvent croisé des jeunes marginalisés qui voulaient être artistes. Des jeunes sensibles et ouverts aux causes sociales. Ces jeunes ont décrochés parce que leurs parents, souvent des professionnels, voulaient qu’ils prennent la relève de l’entreprise familiale comme comptable, notaire, avocat et même comme politicien! Ces parents n’acceptaient pas le côté artistiques de leur enfant. Dan Bigras en est un bel exemple.

Sommes-nous à refaire le même scénario en enlevant tous ces cours?

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