Louis-Philippe Bernatchez, la Gaspésie en peinture

Sauver du temps aux prisonniers

Le peintre Louis-Philippe Bernatchez

Regard bleu perçant, veste en cuir et dents en colliers. Louis-Philippe Bernatchez passe les portes du Café Graffiti, son accent gaspésien envahit la salle. L’homme, âgé de 73 ans, est artiste et a eu une existence mouvementée. Aujourd’hui, s’il rédige son autobiographie c’est pour offrir son message.

Delphine Caubet    Dossier Croissance personnelleCulture

peinture gaspésie péninsule gaspésienne art culture tourismeLouis-Philippe est entré pour la première fois en prison à 17 ans. Il en sortira définitivement le 16 avril 1969, à 9 heures, à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui avec le recul et l’âge, il veut passer un message à ceux qui sont «en dedans»: «Profitez du temps pour vous améliorer. La raison en dedans c’est toi.»

Pénitencier

Louis-Philippe a toujours eu un rapport conflictuel avec l’autorité. Que ce soit l’école ou la police. À 17 ans, après une bagarre, il est envoyé pour la première fois en prison. Pendant les 3 jours où il est incarcéré, le jeune homme est heureux: sa mère lui rend visite et lui apporte des cigarettes. «À l’extérieur je n’avais rien, et là, on m’apportait des cigarettes.»

Pendant les années suivantes, il va faire de nombreux allers-retours en prison. Progressivement les peines s’accumulent et augmentent. De 3 jours à 1 mois. De 1 mois à 2 mois. Puis finalement de 2 ans et 8 ans. Cette dernière peine lui est value pour un coffre-fort.

À l’intérieur, on lui dit qu’en prison «tu n’as pas de droit, que des privilèges. Ici, on dompte les lions et on plie l’acier.» Le ton est donné. Alors, pour éviter d’avoir plus de temps, les détenus jouent au «bon gars». Mais, il n’y a rien de sincère précise Louis-Philippe.

Pendant sa peine de 2 ans (pour avoir battu un policier), il apprend que le pénitencier est obligé d’accepter si un détenu veut étudier. Chose qu’il mettra en œuvre pendant les 8 années de sa dernière sentence, au pénitencier de St-Vincent-de-Paul. Avant celle-ci, il était dans le bois, recherché avec des amis armés qui s’étaient évadés de prison. À ce moment-là, l’artiste peintre à un déclic. Il veut reprendre sa vie en main.

Éducation

peinture gaspésie tourisme péninsule gaspésienne«Au pénitencier j’ai étudié jusqu’en 11ème année.» «Certains à mes côtés se pendaient, moi je voulais m’en sortir. Je voulais contredire le juge qui m’avait dit de pourrir en prison.»

Par correspondance, Louis -Philippe suit des cours. «C’était gratuit avec l’Éducation nationale.» Ses cours seront divers, notamment un de lettrage d’enseignes où il obtint 99.4%. «C’est parce que j’avais le temps», s’amuse-t-il. L’artiste fait son chemin et n’hésite pas à tenter de nouvelles choses: Louis-Philippe va suivre par correspondance des cours de la Famous Artists School. Il aura notamment comme professeur Norman Rockwell, célèbre illustrateur américain.

En 1967, Louis-Philippe pense à sa réhabilitation, et il demande à être transféré à Dorchester, au Nouveau-Brunswick. 2 raisons le motivent. La première, suivre un cours de lettrage d’enseignes. De quoi avoir un métier à sa sortie. La seconde, apprendre l’anglais. L’homme qui avait toujours été en conflit avec l’autorité suit désormais des cours d’anglais offerts par l’armée. Le changement est progressif, mais réel. Le rebelle s’instruit.

Ces changements, le personnel du pénitencier les remarque, et on lui propose une libération conditionnelle. Mais l’artiste n’est pas encore prêt, il continue à peaufiner sa sortie. «Je leur ai dit que je leur ferai signe le moment venu.» Chose qu’il a faite.

Louis-Philippe a d’abord obtenu une bourse d’études. Le ministre de l’Éducation du Québec fait une visite à Dorchester, et Robert en profite pour lui offrir un tableau. Quelques semaines plus tard, il fait une demande de bourse et il est accepté.

Prochaine étape: l’admission à l’université. Encore une fois, les évènements se déroulent sans accroc. «J’ai rencontré le recteur de l’université et il était prêt à m’admettre immédiatement dans son établissement. Je lui ai dit de me faire une lettre de preuve.»

Dernier point pour sortir, trouver un travail. Louis-Philippe se rend dans une boutique d’enseignes et montre son porte-folio au patron. «C’était un bon gars.» Un ancien militaire qui avait été fait prisonnier de guerre. Tous les astres sont alignés, Louis-Philippe peut demander sa conditionnelle. «Le vendredi mon dossier est étudié et accepté. Le lundi, je sors de prison et le mardi je commençais à travailler.»

La vie après la prison

Bien que préparé pour sa sortie, Louis-Philippe reconnaît que ça a été difficile. Lui est toujours au Nouveau-Brunswick, alors que ses amis et sa famille sont au Québec. Mais l’homme est décidé à changer de vie, et tous les jours il travaille pour payer le loyer et l’université. «À l’époque, je gagnais 50$ par semaine.» Mais le travail en lettrage d’enseignes est aléatoire. Alors, il monte un atelier mobile pour se déplacer dans les petits villages, «là où les grandes industries n’allaient pas.»

C’est un fait, Louis-Philippe Bertnachez a changé de vie. Il a étudié, travaillé, voyagé… Avec une règle d’or, oublier les «amis» du pénitencier. «Un jour j’en ai croisé un à Montréal. Il voulait que je me joigne à lui sur un coup. Je lui ai donné un faux rendez-vous, et le soir même j’ai pris le train. J’avais peur de le recroiser.»

Aujourd’hui, Louis-Philippe veut aider ceux qui sont en prison. «Si je peux sauver ne serait-ce qu’une minute à l’intérieur, c’est déjà bien.» Car, d’après lui, le système pénal ne fait rien pour aider les détenus. C’est à eux de prendre avantage de ce qui est à leur disposition: du temps. «La seule raison en dedans, c’est toi», conclut-il.

Louis-Philippe Bernatchez est un artiste peintre de plus de 50 ans d’expérience. Ses médiums sont multiples: la peinture à l’huile, l’acrylique, la sérigraphie,… autant de variété qu’il peut enseigner.

Louis-Philippe débute la peinture à 20 ans en prison. D’abord comme un passe-temps, puis une passion qui lui permettra de gagner sa vie. Le Gaspésien peint particulièrement du surréalisme, «car le réalisme c’est pas assez intense et l’abstrait on n’y comprend rien.»

Actuellement, Louis-Philippe rédige son autobiographie pour offrir son message aux prisonniers: «Profitez du temps qui vous est donné!»

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Murale en Gaspésie, le street art voyage

Nouvelles couleurs à Carleton

Arpi, Fleo et une fresque

Les graffiteurs urbains Arpi et Fleo reviennent d’un voyage de 10 jours en Gaspésie. La maison des jeunes de Carleton a été la cible de leurs canettes aérosols.

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En plus d’avoir donné un nouveau look à la Maison des jeunes de Carleton, Arpi et Fléo ont donné des ateliers d’initiation graffiti.

Les artistes du graffiti et du street art ont apprécié leur voyage et ont bien hâte de retourner en Gaspésie.

Je vous présente ici quelques photos de leur fresque.

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Remarquez que l’oiseau est perché sur la lumière de la Maison des jeunes. Artiste: Arpi

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Le fond marin de Fleo

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Arpi s’est surpassé avec cet oiseau qui pêche, sous l’eau, un poisson.

D’autres photos de cette fresque réalisé en Gaspésie.

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Les urgences en Gaspésie

Réduire le temps d’attente

Premiers répondants en Gaspésie

En situation d’urgence, le temps d’attente pour une ambulance peut sembler très long. Quelques minutes peuvent paraître des heures à une personne en détresse.

Geneviève Boivin, Dossier Bénévolat, Gaspésie

ambulance-premier-repondant-ambulancier-urgence-911En Gaspésie et aux Îles-de-la Madeleine, des dizaines de municipalités ont trouvé le moyen de réduire ce temps d’attente. Elles ont créé des équipes de premiers répondants. Depuis 1995, des bénévoles sont formés partout en région pour se rendre sur les lieux en cas d’urgence vitale. Les gestes qu’ils posent en attendant les ambulanciers permettent parfois de sauver des vies.

Premier répondant en Gaspésie

Marc Bujold est premier répondant. C’est en 2006, après être intervenu sur une scène d’accident, qu’il apprend l’existence de ce service. Il décide de former une équipe dans sa municipalité. Son objectif: recruter huit bénévoles. 15 personnes répondent à l’appel. «J’ai vraiment été surpris de la rapidité de réponse des gens. On m’avait dit que j’allais avoir de la difficulté à recruter mais ça s’est vraiment fait tout seul.» Après une formation de 60 heures, l’équipe de St-Siméon est prête à intervenir.

ambulance-ambulancier-premier-repondant-urgence-911En cas d’arrêt cardiorespiratoire, d’hémorragie, de fracture, de noyade, de choc électrique et dans bien d’autres situations d’urgence, ils savent exactement quoi faire en attendant l’arrivée des secours. Régulièrement, ils se rencontrent avec le coordonnateur du Centre de santé et services sociaux de la région pour faire un suivi et discuter de leurs interventions. Dans leur semaine de garde, ils peuvent être appelés à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils ne savent jamais quand leur téléavertisseur sonnera ou combien de fois il le fera au cours de la semaine.

La situation est loin de déranger Marc Bujold. Selon lui, c’est du bénévolat extrêmement stimulant. «On se sent charitable envers notre prochain. C’est vraiment un travail qui en vaut la peine». Les anecdotes liées aux appels sont nombreuses, surtout lorsqu’une urgence survient en pleine nuit. Lorsqu’ils se rencontrent, les bénévoles ont plus d’une histoire d’orteils fracassés contre des meubles ou de cadres qui volent dans la maison à se raconter.

Familles des premiers répondants

Les familles, toutes aussi motivées que les bénévoles, se joignent souvent à la course folle qui précède leur départ. Même si leur équipement est toujours prêt, l’aide de leurs proches est appréciée. Conjoints et enfants sont d’ailleurs très fiers du travail des premiers répondants.

En bout de ligne,  les visages soulagés des patients et de leur famille, lorsqu’ils arrivent sur les lieux d’une urgence, constituent la paie la plus gratifiante qui soit. «Je me souviendrai toujours de l’expression qu’avait un monsieur lors d’une de mes interventions, regardant le téléphone dans sa main et me disant: quoi! Déjà?»

Avec une rapidité d’intervention d’environ cinq minutes, les familles de St-Siméon apprécient beaucoup la présence des premiers répondants. «Souvent, quand on arrive sur les lieux, les gens sont surpris de voir que nous sommes déjà là.» Les ambulanciers n’en retirent aussi que des avantages. «Ça doit être un réconfort de savoir qu’il y a quelqu’un avec le patient s’ils sont partis sur un autre cas. De plus, lorsqu’ils arrivent sur place, il y a déjà une partie du protocole préhospitalier d’effectué. On les aide jusqu’au départ du patient.»

Présents partout en Gaspésie

Il existe 34 équipes semblables à celle de St-Siméon sur le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, pour un total de 300 bénévoles. Il s’agit de la région au Québec où le service est le plus présent. Au départ, l’objectif était de réduire le temps d’attente des secours mais, depuis 2003, le rôle des premiers répondants s’est modifié explique le coordonnateur des équipes de premiers répondants Jacques Roussel. «Ils posent maintenant des gestes qui permettent d’accélérer le départ du patient. L’ambulancier n’a pas besoin de commencer le protocole au début et les premiers répondants continuent d’aider les ambulanciers quand ils arrivent. Cela va plus vite et les chances de survie augmentent.»

En quelques années, le réseau de premiers répondants municipaux s’est grandement développé dans la région. Si on se fie au cas personnel de Marc Bujold, le service devrait exister encore bien longtemps. «Moi, tant et aussi longtemps que je vais pouvoir le faire, je le ferai. J’ai ça dans le sang.»

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Jeunes bénévoles et personnes âgées

Bénévolat en Gaspésie

Les motivées de Grande-Vallée

À Grande-Vallée, en Gaspésie, des jeunes ont compris ce qu’ils peuvent apporter aux personnes âgées de leur communauté.

Gabriel Alexandre Gosselin  Dossier Gaspésie, Bénévolat, Famille.

Les enfants des 2 écoles primaires de la ville participent à une activité bénévole intergénérationnelle. Une fois par mois, ils se rendent dans un centre d’hébergement pour personnes âgées où ils présentent de la danse, lisent des poèmes ou chantent.

L’école primaire Notre-Dame-de-Cloridorme (35 élèves) a le malheur d’être située trop loin de la maison des aînés. Ses élèves ne peuvent s’y rendre chaque fois que l’activité a lieu. Mais, Anne Minville, coordonnatrice du projet, a trouvé une solution pour eux: «Ils préparent les décorations avec des bricolages pour la thématique du mois.»

Tous ces jeunes impliqués comprennent très bien ce qu’ils apportent aux aînés. Étienne et Cindy, deux élèves de 11 et 12 ans, sont du même avis: ils rendent ces gens heureux, et leur récompense est de les voir sourire.

Ce projet bénévole, qui avait reçu une aide gouvernementale pour sa première année, devra se passer de subventions à partir de l’an prochain. Anne Minville compte bien le poursuivre, puisqu’il fait autant le bonheur des aînés que des enfants. «Depuis le début, le nombre de participants a presque doublé. Le sous-sol du centre d’hébergement est rendu trop petit pour accueillir tous ceux qui viennent voir les jeunes. Les personnes âgées aiment voir la naïveté des enfants!»

Une présence qui fait la différence

Anne Minville est coordonnatrice pour le Centre d’action bénévole La Grande Corvée. Elle partage son temps entre le centre et les trois écoles de Grande-Vallée. Son travail consiste à rallier enfants et adolescents à l’implication citoyenne. Ses projets ne cessent de trouver de nouveaux adeptes motivés.

Son seul acte de présence dans les écoles la place déjà en avance par rapport à la majorité des établissements scolaires de la province. Peu d’entre eux jouissent d’une personne ressource comme Anne. C’est d’abord avec entrain et un sourire aux lèvres qu’elle parle de bénévolat aux élèves. Elle leur propose ensuite des projets susceptibles de les intéresser.

Grâce son approche, quand on demande à ces enfants d’aller montrer de quoi ils sont capables devant les personnes âgées, ils embarquent dans l’aventure. «Je ne vois aucun problème à confier des projets aux jeunes. J’ai pleine confiance en eux.»

Annie et ses causes

Dès l’âge de 7 ans, le bénévolat appelle Annie-Dominique Chicoine. L’élément déclencheur survient lorsque Pierre Bruneau — journaliste à TVA et père d’un enfant décédé de leucémie — visite sa ville, Grande-Vallée, pour amasser des fonds pour les enfants handicapés. Sensibilisée à la cause, puisque son propre cousin est atteint d’un handicap, Annie-Dominique et son frère cumulent dans leur petit cochon 60 $ pour l’hôpital Sainte-Justine.

«Si j’avais un enfant avec ce genre de problèmes, je serais contente que des gens veuillent m’aider», souligne-t-elle. À 10 ans, elle s’implique de nouveau pour Opération Enfant-Soleil et pour l’hôpital Sainte-Justine. Aujourd’hui âgée de 15 ans, elle organise chaque année une discothèque sur glace avec vente de hot dogs et un lave-auto. Dans sa boîte à idées, il y a aussi l’organisation d’une partie de sucre.

Boule d’énergie

Pendant l’année scolaire, Annie-Dominique pratique le théâtre. L’été, de deux à trois fois par semaine, elle présente bénévolement avec sa troupe, devant la communauté, la pièce de théâtre qu’elle a pratiquée toute l’année. Annie-Dominique s’est aussi engagée dans la Guignolée. Elle a récolté l’argent et les denrées non périssables à son école secondaire, en plus de faire du porte-à-porte pour récolter les dons de tous les citoyens de Grande-Vallée.

L’adolescente compte également participer à la Marche de la Mémoire, qui sert à amasser des dons pour la recherche sur l’Alzheimer. Sa grand-mère est décédée de cette maladie. «J’étais très près d’elle, et je trouvais ça triste de ne plus me faire reconnaître.» Elle commandite sa mère qui, pour l’occasion, est marcheuse élite.

Entre son chum, ses amis et ses études, cette adolescente ne compte pas arrêter de sitôt tous les efforts qu’elle offre à sa communauté. Le prix de la relève bénévole qu’elle vient de se voir décerner l’encourage d’ailleurs à continuer à s’impliquer et à donner de son temps. «Je sais que je ne fais pas ça pour rien.»

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Les petits gestes font la différence

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Témoignage sur l’implication bénévole

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-Briser son isolement et celui d’autrui.
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Étudiants étrangers en Gaspésie

Échanges internationaux d’étudiants

Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

Les Cégeps des régions s’ouvrent à l’international. À Gaspé, l’arrivée d’étudiants de l’Île de la Réunion évite de suspendre des cours. Et change les mentalités.

Dominic Desmarais   Dossiers Gaspésie, Éducation, International

gaspesie-etudiants-internationaux-stage-etranger-educationDorine et Sébastien, un jeune couple de l’Île de la Réunion, sont venus chercher l’eldorado… à Gaspé. Ils ont sauté sur l’occasion offerte par leur pays: une bourse et un billet aller-retour pour étudier au cégep de Gaspé. Au prise avec un taux de chômage qui frise les 35% chez les jeunes, cette petite île, département de la France, pousse ses étudiants à s’installer en sol canadien à la fin de leurs études.

Sébastien fait une technique en maintenance industrielle. Il reluque les éoliennes gaspésiennes pour se dénicher un emploi et demeurer dans la région. Trapu, les cheveux courts, son sourire qui ne le quitte jamais lui donne un air des îles.

Dorine, sa compagne, est de nature timide. Une force tranquille qui se mélange bien avec la foule homogène de Gaspé. Chômeuse dans son pays, elle s’est inscrite en bureautique. «J’avais envie de partir. Envie d’apprendre autre chose», dit-elle.

Cette année, la délégation réunionnaise compte 11 représentants. 11 étudiants qui apportent un souffle nouveau au cégep. «Ça change, dans une classe. Ils sont plus scolaires. Quand quelqu’un est à son affaire, fait ses devoirs, il y a un effet d’entraînement. On sait qu’au Québec on a un relâchement au Cégep…», explique Lorraine Blais-Morin, directrice du cégep de Gaspé.

Dorine fait partie de ces étudiants modèles. À sa première année au Cégep, elle est en nomination pour le prix de l’excellence. C’est Sébastien, d’un ton fier, qui livre cette information. Dorine sourit, gênée. Elle n’a rien à rajouter.

Survie des cours

Si l’arrivée de jeunes Réunionnais ne se traduit pas en capital pour l’institution, l’ajout de nouveaux étudiants, dans un Cégep qui manque de clientèle, assure pour le moment la survie de certains cours. «Nous avons une entente Québec-France. Ils n’ont pas à payer de frais de scolarité. Comme tel, ces étudiants ne nous rapportent pas plus. Mais nous sommes en dessous du plancher pour le nombre d’étudiants, dans certains cours. Le programme de maintenance industrielle forestière est sauvé grâce à 4 Réunionnais qui arrivent», avoue la directrice de l’établissement.

Ces 4 étudiants permettent de sauve-garder des emplois d’enseignants et permettent à des jeunes de la région de poursuivre leurs études sans s’exiler. Mme Blais-Morin l’avoue d’emblée. En raison de la baisse démographique de la région, elle a dû faire des contorsions pour ne pas suspendre certains programmes. «Il a fallu rassembler des 1ères et des 2èmes années pour former une classe. Notre option en génie électrique et télécommunication est suspendue. C’est triste, parce que nous avions un placement de 100%.»

L’arrivée de ces jeunes, d’une autre culture, favorisera la créativité des enseignants, croit Mme Blais-Morin. «L’an prochain, on attend 4 Réunionnais en foresterie. C’est spécial, ils n’ont jamais vu d’épinette! C’est un bon stimulant pour les enseignants parce que juste s’adapter, tenir compte de ces jeunes, c’est un beau défi. Ils doivent adapter leurs cours pour que l’apprentissage soit transférable s’ils retournent vivre chez eux.»

La délégation de l’Île de la Réunion n’apporte pas que des bénéfices scolaires. Le contact avec une autre culture, dans un endroit où l’on retrouve très peu d’immigrants, est source d’enrichissement. «On a fait une soirée au cégep, pour faire découvrir notre musique et la bouffe de chez nous», raconte Sébastien. Cette soirée a eu des échos, de sorte que Sébastien a été invité à jouer au DJ dans un resto-bar branché de Gaspé. «J’ai plein d’amis qui disent qu’ils vont venir avec nous quand on va retourner dans 3 ans pour des vacances», rajoute Sébastien, avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Le démarchage des Cégeps

Développé par le ministère de l’Éducation, au profit des établissements en région, le démarchage des étudiants réunionnais prend de l’ampleur. En 2004, 6 Cégeps ont envoyé un représentant sur cette petite île de l’océan indien, à l’est de Madagascar. Un an plus tard, 17 Cégeps jouaient des coudes pour attirer d’éventuels étudiants.

Josyane Laroche, coordonnatrice au développement du cégep, s’est pointée en novembre 2005 pour recruter des élèves. Pour se vendre, elle a axé son discours sur la région. «On a 2 minutes pour se présenter. Je représente l’ensemble des 4 centres, soit Gaspé, Grande-Rivière, Carleton et Îles-de-la-Madeleine. Comment faire en 2 minutes? Parler des 4 centres? Des programmes? On a tous, les 17 Cégeps, les mêmes programmes. Comme nous sommes situés au bout du Québec, ils pensaient que c’était froid… J’ai capté leur intérêt en vantant les grands espaces, la mer, les montagnes, la forêt», résume Mme Laroche, qui est revenue épuisée de ses 10 jours là-bas. C’est pour cette raison que Dorine et Sébastien ont choisi Gaspé. Et les possibilités d’emploi avec les éoliennes.

Mme Laroche a réussi à en intéresser plus d’un. Le Cégep attend de 15 à 20 étudiants réunionnais pour l’an prochain. «J’ai trouvé ça difficile à faire, avoue la coordonnatrice. Peut-être parce que je suis mère… Ils quittent tout. Cet aspect-là, je le trouvais difficile. Nous, on y va pour un projet d’études. Eux, c’est un projet de vie», raconte-elle avec empathie.

Comme une mère, Mme Laroche s’inquiète pour eux. «Ce ne sont pas des jeunes plaignards. Il faut faire attention. On veut les intégrer auprès des étudiants. J’en ai un qui a beaucoup d’activités en plein-air, qui n’a pas d’amis le soir et la fin de semaine. Ils sont placés en résidence, tous ensemble. Ils se mêlent moins.» Mme Laroche regrette aussitôt ses paroles. Elle ne veut pas donner mauvaise presse au programme. Comme si, dès la deuxième année où l’établissement accueille des étudiants étrangers, tout devait être parfait. Juste le constater témoigne de son intérêt.

Elle peut se consoler en regardant Dorine et Sébastien, les deux tourtereaux. «On avait du mal au début. On allait à des soirées. On restait seuls, trop gênés. Les Québécois sont venus à notre rencontre», admet Dorine tout en soulignant que son petit ami et elle fraternisent surtout avec les locaux, plutôt que leurs concitoyens. Ils ont quitté la résidence du cégep pour se dénicher un appartement. Ils ont reçu des meubles. Sébastien s’est procuré une voiture. Ils adorent l’hospitalité des Québécois.

«Nous avons passé le nouvel an à Québec et en Mauricie. On a skié!» s’exclame Sébastien, qui n’avait jamais vu de neige auparavant. Ils envisagent découvrir un peu plus la province cet été. Aussi bien en profiter, un stage attend Sébastien aux prochaines vacances estivales.

L’intégration de ces 2 jeunes Réunionnais est la meilleure vitrine du cégep. En appréciant leur séjour à Gaspé, ils feront de bons ambassadeurs en attirant d’autres jeunes de l’Île. À les entendre vanter les mérites de l’enseignement, de la proximité des professeurs et de l’aide reçue de familles gaspésiennes, tout porte à croire que le Cégep est sur la bonne voie.

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GRAFFICI, ma vie, ma Gaspésie

Magazines du Québec

GRAFFICI, ma vie, ma Gaspésie

Qui a dit que les médias devaient se faire concurrence? Certainement pas l’équipe de Graffici.

Geneviève Boivin   Chronique Magazine du Québec. Médias, Gaspésie

Graffici-Frederic-Vincent-magazine-gaspesie-journal-mediaDepuis ses débuts, ce petit mensuel toujours indépendant offre à la population gaspésienne de l’information différente qui complète ce qui se retrouve dans les autres médias, électroniques ou imprimés. Autrefois entièrement culturel, le journal couvre maintenant l’ensemble de l’actualité de la région. Même à travers les moments difficiles Graffici a toujours eu et gardera comme but d’offrir de l’information de qualité qui permet à la population d’en apprendre plus sur sa région.

En 2000 la population gaspésienne traverse une période difficile. Plusieurs fermetures d’industries, dont la mine de Murdochville, affectent durement l’économie de certaines parties de la région. C’est dans ce contexte que Pascal Alain et Normand Canuel décident de fonder un journal qui donnera une image positive de la Gaspésie.

Les bons coups de la Gaspésie

À travers la culture, un secteur très riche mais peu couvert par les médias locaux, ils démontreront qu’il se fait aussi de bons coups. Ils se sont donnés corps et âmes à ce projet qui a vite porté fruit. Rapidement, le journal s’est démarqué par son contenu et est devenu la référence culturelle de la région. «Beaucoup de gens qui nous trouvaient ambitieux, pour ne pas dire suicidaires, mais on a plongés et le journal fêtera bientôt ses huit ans d’existence. Notre idée a fonctionné», déclare le cofondateur Pascal Alain.

Pendant plus de 5 ans, l’équipe de Graffici a maintenu le cap sur ses objectifs premiers. Avec l’aide de collaborateurs bénévoles qui, pour la plupart, n’avaient aucune formation en journalisme, la publication couvrait les événements culturels partout en région.

Par contre, tout était loin d’être rose. Le journal avait de gros problèmes financiers et les revenus de la vente publicitaire étaient loin d’être suffisants. «Au fil des ans, on a trouvé des moyens d’obtenir les fonds nécessaires par le biais de campagnes de financement. On a même déjà vendu des portions de la route 132. Cela allait de paire avec notre mission d’unir la Gaspésie», affirme le directeur actuel du journal, Frédéric Vincent. Mais malgré  de nombreuses campagnes de financement, la situation ne s’améliorait pas.

2005: point de non-retourpublication revue magazine édition journal journalisme pour Graffici

«En 2005, on s’est rendus compte que plus rien n’allait du côté financier.  Soit on réussissait à amener le journal dans une autre direction, soit on fermait. On  n’avait plus de temps, il était minuit moins une», explique Frédéric Vincent.

L’équipe s’est alors tournée vers la Conférence régionale des élus. «La CRÉ nous a offert un soutien non seulement financier mais aussi technique. Ils nous ont donné assez d’argent pour qu’on puisse se concentrer entièrement sur le journal pendant un an mais ils ont aussi formé un comité pour nous aider à trouver des solutions», ajoute Frédéric Vincent. Une étude de marché a confirmé que le journal était très apprécié mais que le concept ne pouvait plus fonctionner. Graffici avait atteint son potentiel de lectorat. Le modèle n’était plus viable.

Un nouveau magazine Graffici

Face à cette réalité, l’équipe de Graffici n’a pas baissé les bras.  Déterminée à garder le mensuel en vie, elle a pris la décision de tout changer. Le journal allait désormais couvrir l’ensemble de l’actualité régionale.

Il a fallu plusieurs mois de travail avant d’en arriver à la version finale du nouveau produit. L’équipe du journal et le comité de remise sur pied se sont concentrés sur l’élaboration d’un magazine qui conviendrait à toutes les tranches de la population. Ils ont travaillé l’image et les textes mais aussi décidé de faire affaire avec des journalistes professionnels.

Dans toute l’élaboration de ce nouveau concept, un mot d’ordre dominait: accessibilité. «On s’est dit qu’il fallait que le journal soit plus accessible en terme de contenu, de visuel mais aussi physiquement. Donc on a décidé de le distribuer gratuitement dans toutes les maisons», explique Frédéric Vincent.

En octobre 2007, la première édition généraliste est lancée. Depuis, Graffici est distribué à plus de 37 000 exemplaires, ce qui en fait le journal indépendant avec le plus grand tirage au Québec. Sa situation financière va  beaucoup mieux. La vente publicitaire a augmenté passablement grâce, entre autres, à la promotion de divers organismes à travers des publi-reportages. Avec des revenus annuels de 500 000$, le budget de Graffici est maintenant équilibré. Sa bonne réputation est demeurée intacte. «Nous prendrons le pouls de la population au cours de la prochaine année. Cependant, nous pensons vraiment que les résultats sont positifs. Nous le constatons avec l’augmentation des re-venus publicitaires et des commentaires que nous recevons», ajoute le directeur.

Graffici: Une locomotive pour la Gaspésie

Graffici n’a pas été créé pour concurrencer les autres médias et même s’il couvre maintenant l’actualité générale, il ne le fera pas. Publié une fois par mois, le journal traite des mêmes sujets que les autres mais sous des angles très différents. «Je crois que les médias de la région se complètent et forment un tout», affirme le directeur.

Quand il pense à son journal dans les prochaines années, Frédéric Vincent n’a qu’une idée en tête: «Je veux vraiment que Graffici devienne une locomotive de l’information. Nous voulons faire bouger les choses.» Faire réagir la population tout en continuant de développer la nouvelle image du magazine est primordial pour toute l’équipe. Pour elle, les médias ne doivent pas se contenter de livrer de l’infor-mation, ils doivent prendre part aux événements.  Frédéric Vincent compte atteindre son but, entre autres, en publiant des sondages sur des sujets qui touchent la population régionale.

Appel aux Gaspésiens Hors Gaspésie

Le rêve de Frédéric Vincent est de rejoindre l’ensemble des Gaspésiens vivant partout à travers le monde. Restez en contact avec vos racines gaspésiennes. Laissez-nous un commentaire pour que nous puissions vous donner des nouvelles de la Gaspésie.

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L’avenir des jeunes en Gaspésie

Intervention jeunesse en Gaspésie

Criminalité, problèmes de consommation, troubles de comportements… Les grandes villes ne sont pas les seules aux prises avec une jeunesse troublée. En Gaspésie, les mêmes symptômes grugent les adolescents. La grandeur du territoire et le manque de ressources compliquent les efforts d’intervention.

Dominic Desmarais        Dossier  Famille, Gaspésie

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Luc Savage se dévoue pour la cause des jeunes. Intervenant au Centre jeunesse de Gaspé, il occupe aussi la fonction de conseiller municipal. Dans les deux cas, Luc a une préoccupation majeure: le bien-être de ses jeunes. L’avenir de sa région.

En contact tous les jours avec des jeunes, ce qu’il entend lui arrache le cœur. Ils me disent: «Dès que j’ai la possibilité, je sacre mon camp d’ici.» Conseiller du quartier le plus pauvre de Gaspé, Luc comprend. Ses jeunes ont peu d’infrastructures pour se divertir. «En réaction, ils ont vandalisé le peu qu’on avait. La réaction de la ville: on ferme tout. Pourtant, ils ne demandent que quelques paniers de basketball, une patinoire, un terrain de balle, un skate park

Délinquants ou victimes?

Alors que certains voient ces jeunes comme des délinquants, Luc les regarde comme des victimes. L’intervenant n’est jamais loin. Les jeunes dont il s’occupe, au centre jeunesse, ont des problèmes multiples. Jeunes de familles reconstituées ou détruites qui manquent d’affection, problèmes de santé mentale, délinquance. «Les problèmes sont beaucoup plus complexes aujourd’hui. L’intervention aussi. Le centre jeunesse a dû apporter des changements. Ce qui s’applique bien en délinquance s’applique mal en santé mentale, affirme l’intervenant. Avant, c’était très rare, un jeune médicamenté. Aujourd’hui, c’est le contraire. C’est rare celui qui ne l’est pas.»

Pendant cinq ans, Luc a gardé dans sa famille des jeunes qui n’étaient pas prêts à vivre en famille d’accueil. Un service de première ligne pour jeunes écorchés. Comme celui qui a piqué une crise lorsque Luc s’amusait avec sa petite fille. «Le jeune est rentré dans sa chambre en frappant partout. Il m’a expliqué, après, que ça l’avait dérangé, parce que jamais on ne s’était amusé avec lui, dans sa famille…»

Cette expérience lui fait comprendre qu’il faut voir plus loin que l’acte délinquant lui-même. «Ça m’a permis de saisir que nos mesures en centre d’accueil ne sont pas réalistes. On s’attend à des comportements exemplaires. Dans un sens, c’est normal d’être rebelle à l’adolescence. On se cherche, on développe son identité. Le jeune qui a été battu, abusé, il peut être en situation de crise, explique-t-il. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que, côté affectif, ils sont âgés de sept ans. Ça fausse leur capacité décisionnelle. On reçoit des jeunes qui se laissent aller complètement», dit-il, en faisant référence à l’automutilation que pratiquent certains.

Famille absente

Luc est désemparé. Il travaille avec des jeunes qui retombent dans les mêmes problèmes en sortant du centre. «Faut pas se conter d’histoires. Bien des familles ont démissionné. Chaque fois que le jeune se sent de trop, rejeté, on l’accueille au centre. On travaille avec lui. Mais il retourne dans son milieu. Et, tout est à refaire. Sans parler de négligence parentale, on a un fort pourcentage de jeunes qui viennent de familles où il n’y a aucun encadrement. C’est le rôle du parent de l’encadrer. On fait de la rééducation. J’ai des parents qui accordent beaucoup d’importance à des niaiseries. Des disputes sur le temps passé au téléphone. Aucun intérêt pour ce qui est important pour le jeune. Peut-être parce que ça demande plus de préparation…»

Mylène Montmagny, directrice de l’Accueil Blanche-Goulet, un centre d’hébergement pour personnes en difficulté, reçoit son lot de jeunes. Plusieurs sont passés par le centre jeunesse. Des jeunes avec de lourds problèmes familiaux. «On aurait besoin de plus de logements supervisés pour les jeunes qui sortent des centres jeunesse. Ils ont de la difficulté avec leurs parents. Alors, ils vont vivre dans la rue, parce qu’il n’y a pas de logements supervisés», souligne la dame, d’un ton sans appel. Pour elle, le centre jeunesse ne remplit pas son mandat. «Le problème, c’est que les jeunes n’ont pas de suivi quand ils sortent. Pendant qu’ils sont au centre, le contact est brisé avec la famille.»

Un suivi insuffisant

Pour Luc, la superficie du territoire gaspésien est un gros obstacle. «On réfère le suivi à nos succursales. Le jeune vient de passer six mois en centre d’accueil. Son milieu a changé. L’éducateur ou l’intervenant fait le suivi. Mais en raison de la superficie de la région, il est difficile de faire le suivi», constate-t-il à regret. Luc ne blâme personne.

À la place, il cherche des solutions constructives. Des projets rassembleurs permettant aux jeunes de s’épanouir, pas de dépérir. Comme celui de l’école Antoine-Roy, qui a monté le spectacle Je reviens chez nous! Il est présenté un peu partout en Gaspésie. Les jeunes font tout. Ils jouent, fabriquent les costumes et les décors, s’occupent du son et de l’éclairage, organisent la tournée.

Le projet a rassemblé 45 jeunes et remporté le premier prix Essor au Québec, en novembre. Des jeunes qui n’avaient pas d’activités, parce qu’ils ne sont pas sportifs. Ils voulaient une activité stimulante. Luc sombre dans la rêverie. Il verrait bien ses jeunes du centre jeunesse participer à un projet qui les motiverait. Un peu de baume sur leur âme écorchée.

De l’aide au Cégep de Gaspé

Le Cégep de Gaspé s’est doté d’une intervenante. Après les suicides de trois étudiants dans les deux dernières années, dont un aux résidences de l’institution, l’embauche de July Synott n’est pas un luxe. Le cégep, en cette ère de compression, a trouvé un compromis. Il assure le salaire de l’intervenante pour deux jours semaine. Le CLSC de Gaspé défraie les deux autres jours de sa semaine.

July a beaucoup de boulot devant elle. Depuis son embauche, en novembre dernier, elle a pu mesurer les problèmes des étudiants. «Ils sont nombreux. Santé mentale, stress, angoisse, harcèlement, violence conjugale, troubles de comportement. De plus en plus, il y a des troubles de déficit d’attention. J’ai un service de psychologue au CLSC. Mais il y a six mois d’attente… Je tiens la poulie pendant ce temps. J’ai n’ai pas le temps de chômer!» La jeune femme, qui a fait sept rencontres individuelles et une de groupe dans sa matinée, préfère en rire qu’en pleurer. L’an prochain, elle aura deux stagiaires pour lui prêter main forte.

July remarque que la consommation, au cégep, a pris un nouveau visage dans les dernières années. «Avant, il y avait la clique pot, la clique drogue dure. Maintenant, c’est plus la drogue de performance. On a beaucoup de travaux, on ne consomme pas pour s’amuser, mais pour étudier plus longtemps. Pour beaucoup, c’est le premier éloignement de la famille. Gérer le budget, concilier travail-études, la bouffe, le stress relié à tout ça, les problèmes d’identification. C’est la transition entre je suis encore un enfant, je deviens un adulte.»

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CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

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