Introspection d’un ancien détenu

Prêt à mourir

Peut-on survivre à ses crimes?

Jean-Pierre Bellemare  Dossier Chroniques d’un prisonnier

Jean Pierre Bellemare Ayant eu une vie plutôt tumultueuse sinon mouvementée, il m’est souvent arrivé de me retrouver en péril. Que ce soit avec des policiers qui voulaient me tuer pour m’être attaqué à eux, ou encore des criminels auxquels j’avais manqué de respect. À ceux-là j’ajouterai les chauffards qui risquent de nous ôter la vie. C’est surtout dans ces moments intenses ou une réflexion existentielle me traverse l’esprit… Suis-je prêt à mourir?

Il y a un certain temps, j’ai répondu oui à cette question. Par courage, témérité ou simplement désintérêt pour la vie? J’avoue que je ne saurais répondre en toute franchise, car ma vie est jalonnée de remise en question sur sa propre valeur. À chaque évènement où je pourrais la perdre, la question resurgit.

Aujourd’hui je suis libre, mais j’ai acquis certains attachements qui me déplaisent un peu. Les possessions matérielles ou affectives me font sentir dépendant et vulnérable. Lorsque j’étais derrière les barreaux, j’aurais considéré cela comme un boulet. Je vais passer le cap des 50 ans et tous mes objectifs ont pratiquement été atteints. Des réalisations inattendues m’ont fait gagner en maturité. Vais-je cesser pour autant de m’émerveiller de ce que m’offre la vie?

Je ne cherche plus la direction à ma route, c’est devenu limpide et clair. Me sentir heureux et retransmettre ce bien-être aux autres pour qu’à leur tour, ils aient envie de redonner.

Je n’ai pas rendu beaucoup de gens heureux, mais quelques un, c’est sûr. Est-ce que j’en ai blessé d’autres volontairement? Oui. Est-ce que cela enlève ou diminue mon désir de refaire le bien? Non, ni de diminuer le malheur quand je peux. Cela me satisfait amplement. Il y a des gens qui ne se remettront jamais d’un acte criminel, d’un accident de la route, d’une fausse couche ou d’une séparation. Que peut-on y faire? Essayer de les rassurer, les sécuriser avec notre écoute, notre soutien. Mais au-delà de mon désir de me repentir, si une personne refuse de pardonner, elle se condamne elle-même au chagrin et à la haine.

Dans la vie, on choisit ses batailles et celle-ci est au-dessus de mes capacités et du temps dont je dispose pour aimer mon prochain. Je suis prêt à mourir, car aujourd’hui comme hier, j’ai fait sans effort la transmission de mon bien-être à ceux qui ont croisé ma route.

Fervente croyante, ma conjointe s’étouffe un peu dans ses préceptes, elle voudrait que tous connaissent l’histoire biblique. Tant mieux pour ceux que cela encourage et porte vers le meilleur. Je suis profondément croyant, mais pas aveugle, et quand je vois les sourires qui naissent lorsque je prends le temps de me soucier des autres, je me dis que ma formule est gagnante.

Si je réussis à semer une parcelle de bonheur autour de moi, et bien… je suis prêt à mourir. Mais avant, à tous ceux qui répondent légitimement à la description de personne honorable, je dis merci.

Sur ce, passez une belle année et sur chaque embûche que vous rencontrerez, sautez plus haut pour vous en faire des tremplins. Mes sentiments les meilleurs à ceux qui cultivent la terre avec humanité.

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    Dominic Desmarais       Dossiers Gang de rue et Suicide

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    Ce jeune, qui n’a pu être signalé par l’école, la famille et la communauté, trouve un réconfort auprès de sa famille d’adoption, son gang. En y comblant ses besoins, par l’estime et la compréhension de ses pairs délinquants, le jeune tisse des liens qui forment une toile d’araignée. Une toile qui le sécurise et étouffe ses idées suicidaires. Une toile qui rend ses amis de plus en plus indispensables.

    Le gang, centre de la vie

    «Le gang peut sauver temporairement le jeune du suicide», confirme M. Hallé. La jeune cinquantaine, l’homme s’exprime davantage comme un intervenant qui a passé sa carrière sur le terrain, avec des contrevenants. Son propos est imagé, comme s’il s’adressait à un adolescent. «Pour certains jeunes, la vie c’est comme passer à l’épicerie. Dans le chariot, tu mets l’amour, l’église, le travail, les partys, le sport, etc. Moi, quand je remplis mon panier, je vais prendre un peu de travail, d’amour, de loisir, de party, un peu de spiritualité. Nos gars, ils sont tellement fuckés, déséquilibrés, qu’ils remplissent leur chariot d’une seule chose: le gang.

    Le problème, c’est la violence qui y est très présente. Si tu es en dépression, tu risques d’être enrôlé par le gang. Et le gang a un impact externe. Tu vas rebondir sur les gens autour. Comme, dans un cas extrême, tirer sur quelqu’un dans la rue», explique le coordonnateur de la FQJC.

    Ces jeunes, déséquilibrés, ont de la difficulté à quitter la famille qu’ils se sont créée. «Les jeunes se sont bâti une société en soi, le gang. Quand on désaffilie un jeune, il faut le réinsérer socialement. C’est la même chose quand tu sors quelqu’un d’une secte.»

    Des jeunes fragiles

    À l’arrestation du délinquant, le centre jeunesse prend le relais du gang. Sa jeune clientèle souffre de problèmes multiples: consommation, signes précurseurs maniaco-dépressifs ou schizophrènes, idées suicidaires. Plusieurs ont subis des abus ou vivent des situations familiales difficiles. «On ne les a pas placés en centre jeunesse pour rien», s’exclame M. Hallé pour qui le problème criant survient lors du retour à la maison.

    Réintégration difficile

    Quand il ressort du centre jeunesse, il retrouve le même environnement qu’il a quitté pour quelques mois. «Le jeune va être confronté avec SA réalité. Nous, au centre jeunesse, on va lui dire où trouver un emploi, des amis, des loisirs. Mais il part déjà avec un handicap social: terminer son secondaire et travailler sur son comportement. Et ce double défi va l’amener à commettre des gestes nuisibles», raconte M. Hallé.

    «Lorsque le jeune retourne chez lui, dans son milieu, il est laissé à lui-même, avec ses défis et ses réalités. Ça augmente la possibilité de suicide. Souvent, la famille n’est pas ouverte à sa réintégration. On parle de jeunes qui ont commis un délit. C’est un constat d’échec important, au sein de la famille. Les parents se sentent coupables et ils ne veulent pas nécessairement le prendre sur leurs épaules», précise l’ancien intervenant.

    Jeune délinquant seul restera jeune délinquant…

    M. Hallé considère qu’on demande beaucoup à ces jeunes délinquants dont la vie se résume à quelques années. «Moi, j’ai 51 années d’expérience de vie. Eux, ils en ont 14, 15, 16. C’est peu d’ancienneté pour leur faire porter le poids de leurs choix. Il faut les guider, mieux les appuyer.»

    On peut bien aider nos jeunes délinquants pour les réinsérer dans la vie. Mais les laisser seuls, sans appui à 14 -15-16 ans, lorsqu’ils quittent le centre jeunesse, c’est les renvoyer à leur ancienne vie.

    Fondation québécoise des jeunes contrevenants (FQJC).

    1095705_83196012 Ressources:

    Pour le Québec: 1-866-APPELLE  (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

    La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 066

    La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

    La Suisse: Stop Suicide

    Autres textes sur le Suicide:

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    Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

    Merci de votre soutien.

    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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    Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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    Le processus suicidaire, suicide, trucs pour réussir son suicide, vouloir mourir, se suicider

    Le processus suicidaire, suicide, vouloir mourir, trucs pour réussir son suicide, se suicider

    Extrait du guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires      Dossier  Suicide

    La période entre le moment de l’événement déclencheur et le passage à l’acte du suicide peut différer d’un individu à un autre. Pour les adolescents, le processus suicidaire peut processus suicidaire se suicider suicide prévention intervention être très court, soit de quelques heures ou de quelques jours.

    Généralement, le processus suicidaire dure de 6 à 8 semaines, et pour les suicidaires chroniques, il peut aussi être assez long; de quelques mois à plusieurs années.

    Le début de la crise suicidaire

    Au point de départ, la personne en crise vit une situation problématique grave et difficile. Elle n’arrive pas à trouver dans ses ressources personnelles ou communautaires une solution à son problème. Elle éprouve un besoin de fuir la douleur.

    L’idée du suicide, comme solution possible, traverse l’esprit de la personne en crise.

    L’idéation est momentanée et passagère; la personne y pense rarement, et de façon vague. Il n’y a pas de planification réelle ou, s’il y en a, elle est floue. Cette idée peut très bien disparaître, pour réapparaître un peu plus tard.

    Si les choses ne se règlent pas, les idées suicidaires prennent de plus en plus de place; elles reviennent plus souvent, sont présentes plus longtemps, jusqu’à faire pratiquement partie du quotidien.

    Quand le suicide prend toute la place

    Les idées suicidaires sont alors continues, persistantes et peuvent devenir obsessionnelles. En même temps, ce questionnement intérieur fait peur. La personne se demande si elle n’est pas en train de devenir folle, ce qui augmente sa souffrance. C’est la période de rumination.

    À la période de cristallisation, ou la fixation de l’idée suicidaire, la personne en crise considère le suicide comme l’ultime solution à sa souffrance.

    La planification du suicide

    Lorsque l’état de la personne se détériore à ce point, la planification du suicide s’est précisée; le moyen, la date, le lieu et même l’heure peuvent être fixés. Durant cette période, la personne peut sembler très calme, car elle perçoit la planification de son suicide comme un apaisement, une issue, un répit.

    Plus le processus suicidaire avance, plus les autres solutions que le suicide semblent devenir caduques ou désuètes, jusqu’à ne laisser que le suicide comme unique solution pour enrayer la douleur et la souffrance.

    La personne suicidaire est ambivalente jusqu’à la fin. La peur de passer à l’acte subsiste jusque dans les derniers moments. Le suicide est réversible jusqu’à la dernière minute. Il n’est jamais trop tard pour intervenir.

    suicide suicidaire vouloir se tuer comment mourir sans souffrir se suicider prévention interventionRessources:

    Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

    La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

    La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

    La Suisse: Stop Suicide

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    Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

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    Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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