CF-18 dans le ciel de Montréal: qui dit vrai?

Cafouillage dans les informations

Stade Saputo ou les pompiers morts en devoir?

Raymond Viger dossier Média 

cf-18 f18 avions militaires forces armées canadiennes armée avion militaire45e Nord se présente comme étant un site d’informations militaires et de défenses francophones au Canada. Ils mentionnent avoir parlé avec un porte-parole des Forces canadiennes, rendant l’information plausible et crédible:

Un porte-parole des Forces canadiennes nous a indiqué qu’ils effectuent une reconnaissance en vue d’un possible passage ce soir pour le match de l’Impact de Montréal qui a lieu à 19h au stade Saputo. L’Impact reçoit le Philadelphia Union. Une délégation de 150 militaires, une garde d’honneur et des porte-drapeaux assisteront aussi au match.

Après avoir relayé l’information sur mon blogue, un ami LinkedIn, Guy, me mentionne que la présence des avions militaires  n’étaient pas une pratique pour le Stade Saputo et la partie de soccer mais pour rendre hommage aux pompiers morts en devoir. Il y avait une cérémonie pour le dévoilement d’un monument. Après quelques recherches, le Journal de Québec sur Internet, le Journal de Montréal papier et Canoë confirment cette nouvelle.

J’ai fait parvenir ce message au site 45e Nord. J’attends leur commentaire sur cette différence majeure sur la présence des CF-18. Dès que j’ai une réponse, je vous en fait part.

Pouvez-vous m’expliquer cette différence dans les informations concernant les CF-18 qui ont passé dans le ciel de Montréal hier. Vous vous présentez comme un site d’actualités militaires. Vous devriez avec plus d’informations et plus pertinentes.

Vous dites avoir parlé avec un porte-parole de l’armée canadienne qui confirme que les avions se pratiquaient pour un passage au Stade Saputo en soirée tandis que les médias conventionnels parlent d’un passage pour une cérémonie en hommage aux pompiers morts en devoir.

Ce sont 2 informations totalement différentes. Avez-vous vraiment parlé à un porte-parole de l’armée canadienne?

Sur Facebook, Dany Tétreault nous réfère au site officiel de l’armée canadienne. Nous avons posé cette question et attendons la réponse:

Samedi le 24 mai 2 CF-18 ont survolé Montréal en après-midi. Journal de Montréal dit que c’est pour rendre hommage aux pompiers décédés en service. 45e nord mentionne que c’était une pratique pour un passage au dessus du stade Saputo en soirée pour saluer 150 militaires y seraient. 45e Nord dit avoir parlé avec un porte-parole des Forces armées canadiennes qui aurait confirmé le tout.

Qui a raison? 45e Nord qui se dit un site spécialisé sur l’information militaire canadienne est-il crédible et fiable?

Réponse de 45e Nord, dimanche 26 mai 9:55:

M. Viger, merci de l’intérêt que vous portez à notre publication. Nicolas Laffont n’étant pas de service ce matin, je me permets de répondre immédiatement à votre commentaire que je ne peux laisser sans réponse. Vous dites que les médias conventionnels parlent d’un «passage [des avions de chasse ] pour une cérémonie en hommage aux pompiers morts en devoir». Moi, je lis sur le site de Radio-Canada: «Les deux chasseurs de la 3e Escadre de Bagotville ont d’abord volé au-dessus de Montréal en après-midi en prévision d’un autre vol en soirée au-dessus du stade Saputo, au début de la partie de soccer de l’Impact, vers 19 h.». Ça me semble assez clair.

Et Radio-Canada ajoute «Le vol en après-midi a par ailleurs coïncidé avec la fin de l’inauguration d’un monument en hommage aux pompiers du Québec décédés en service.». Puis-je vous souligner l’emploi des mots «par ailleurs» et du verbe «coïncider» qui signifie, si je ne m’abuse, «se réaliser en même temps»… Comme vous pouvez le voir, ces deux inormations ne s’excluent pas, bien qu’il me semble que celle que rapporte Laffont est beaucoup plus «centrale». Quoi qu’il en soit, non seulement M. Laffont a-t-il véritablement parlé à un porte-parole des Forces canadiennes, ce dont je fus témoin, mais Nicolas Laffont et Gaëtan Barralon , tous deux de 45eNord.ca, ont assisté le soir même au passage des avions de chasse au dessus du stade Saputo, comme en témoignent les photos que vous pouvez voir sur notre site.  Je crois, monsieur, que l’article de Nicolas Laffont nous a donné, et en primeur de surcroît, toute l’information pertinente et validée et qu’il mérite des félicitations.

On y voit que Radio-Canada ne présente pas la nouvelle de la même façon que le Journal de Montréal. Dans les recherches Google, seulement Canoe et Journal de Québec ressortaient.

Nicolas Laffont de 45e Nord est ensuite venu nous donner son commentaire:

Il est vrai que dès le départ rien n’était très clair. Un communiqué devait sortir mais a mystérieusement disparu entre temps… Et l’Impact ne voulait rien dire avant l’heure du passage des avions justement. Le porte parole du festival de Bagotville a lui aussi confirmé que cétait promotionnel pour le festival.

Un vidéo des deux avions militaires fourni par Mathieu Vézina et partager sur Youtube:

Présentation de Radio-Canada

Nouvelle des 2 F-18 dans 45e Nord.

Nouvelle des avions militaires dans le Journal de Québec

Site officiel des Forces armées canadiennes

Autres textes pouvant vous intéresser:

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Une boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

À la croisée de 2 buzz

Toxicomanie

Toxicomane à 10 ans

Dans son habit de danseur hip-hop, Kenhell, 32 ans, est venu avec sa compagne Nikou, son ange. Après 20 ans de consommation, 16 thérapies et une sacrée dose de persévérance, il voit le bout du tunnel. C’est la musique qui l’a sauvé.

Lucie Barras Dossier Drogue

drogue toxicomanie thérapie toxicomane junkie sevrage dépendance consommation«J’avais 10 ans lorsque j’ai touché à la drogue pour la première fois. J’ai pris des champignons hallucinogènes avec des amis. J’y ai pris tant de plaisir! Mais, mon premier contact avec la drogue, j’avais 3 ans. Ma mère m’a fait garder par des personnes qui consommaient du cannabis. J’ai cru, ce jour-là, qu’elle m’abandonnait. J’ai arrêté de manger et de dormir. Je suis devenu hyperactif.»

À trois ans, une rage s’empare de Kenhell. En grandissant, il la canalise en jouant de la batterie. Mais ses parents ne veulent pas en entendre parler. Très vite, la musique ne lui suffit plus. À l’entrée dans l’adolescence, il se tourne vers la drogue, pour combler le manque.

Drogues et suicide

«J’ai commencé avec du cannabis. Un ou deux ans plus tard, je suis passé à la cocaïne. Ça a été le coup de foudre. J’y ai trouvé mon calme. La coke apaisait mes angoisses et mon hyperactivité. À cette époque, je réussissais, j’avais ce que je croyais être des amis. J’étais loin d’être conscient de ma dépendance. Comment la drogue aurait-elle pu m’arrêter? En même temps, mes idées suicidaires faisaient leur chemin, tranquillement. Je voulais vivre ma vie à fond, et la terminer à fond.»

«À quinze ans, ma famille tentait d’avoir un peu d’autorité sur moi. Je ne voulais rien écouter. J’ai perdu la tête. J’ai fini en centre d’accueil pour voie de fait contre mes parents et vente de stupéfiants. Puis, on m’a envoyé en centre de thérapie. J’y ai fait une tentative de suicide.»

À sa sortie, Kenhell rencontre le groupe de punk rock Impact. «J’avais une faible estime de moi, ils m’ont donné ma chance. Impact m’a fait comprendre que la musique pouvait devenir un métier et me sauver la vie. Mais entre temps, j’avais remis le nez dans la drogue.

Les mêmes amis m’attendaient à la sortie… Je sentais la pression de mes parents. Ils voulaient que je gagne ma vie. Je ne voyais pas d’autre option que vendre. Le jour de mes 16 ans, je suis allé voir le directeur de mon école pour lui demander à combien s’élevait son salaire. Il gagnait autant que moi avec mon deal. Je lui ai dit adieu.»

Kenhell poursuit ses activités musicales. Il se tourne vers les drogues dures. Le crack et l’héroïne, surtout. «J’ai commencé à fuguer pour éviter mes parents et la police. Je partais pendant des mois. Je revenais seulement pour me laver et manger lorsque tout le monde était au travail. Je dormais à droite, à gauche, dans des squats ou chez des compagnons de trips

Psychose et prison

Un soir, Kenhell voit la police débarquer dans l’immeuble où il se trouve avec des amis. Il a sur lui une grosse quantité de drogues. La police vient pour les autres mais Kenhell ne le sait pas. Pris au piège, il consomme tout, one shot… et fait une psychose.

Il a 20 ans. C’est un choc, pour Kenhell qui perd ses repères, pour ses proches également, qui perdent confiance en lui. «On me croyait fou. Les membres de mes groupes de musique sont devenus suspicieux. Alien Fœtus, pour qui je jouais, m’a fait porter le chapeau d’un vol de guitare qui n’avait en fait jamais été volée, elle a été retrouvée par la suite. J’ai voulu me défendre. J’y ai été un peu trop fort. L’un des membres du groupe a porté plainte. Il m’accusait de cannibalisme pour une morsure. J’ai atterri en prison, pour voie de fait aggravé. La drogue m’avait rendu psychiquement vulnérable. Je n’avais pas la force de comprendre ce qui m’arrivait, encore moins de me défendre. Le juge a réalisé que j’étais intoxiqué, il m’a envoyé en thérapie. J’en étais déjà à ma huitième.»

À sa sortie, Kenhell est sobre. Et seul. Alors qu’il cherche un job, il est engagé comme DJ dans un club de danseuses. Un univers sombre. Il retombe subtilement dans les stupéfiants, la vente de coke, d’ecstasy, de speed ou encore du viagra. «J’étais un bon DJ. On m’a offert plus de travail, un plus gros salaire, et plus de responsabilités. Je n’ai pas supporté cette pression.»

Un pied dans la tombe

Kenhell a 22 ans. Il fait la rencontre du groupe Whisper et commence une double vie, entre les clubs et le groupe. «Jouer avec eux aurait pu me sauver. Mais j’avais déjà un pied dans la tombe. Je ne pouvais plus faire marche arrière.»

Un jour, alors qu’il rentre d’une fugue, il retrouve la maison familiale vendue. Ses parents, endettés, ne pouvaient plus faire tourner leurs 3 commerces. «J’étais déraciné. Je m’étais toujours vu reprendre cette bâtisse plus tard. Je ne suis pas le seul à ne pas l’avoir supporté. En un an, ma famille s’est effondrée. Ma mère est partie.

«Deux loyers et des dettes sont retombés sur mes épaules. J’ai dû vendre le dépanneur familial pour un prix infime. Je me suis retrouvé à la rue. Je travaillais comme aide-cuisinier, dormais sur les terrasses des restaurants que mes patrons avaient la gentillesse de chauffer par grands froids. Ils savaient que j’étais shooté. Mais, je faisais mon boulot. Je travaillais uniquement pour ma consommation de drogue, et ce jusqu’à épuisement.»

Peu après le décès de son père, le chanteur de Whisper et ami de Kenhell meurt subitement. «J’ai pleuré de toutes les larmes de mon corps. Ça m’a désinfecté. C’est comme si après ce chagrin, la drogue ne me satisfaisait plus. La dépression était trop forte.

Je suis allé en thérapie, de mon plein gré cette fois. À reculons, certes, mais je l’avais promis à cet ami. J’espérais y trouver un peu de sécurité aussi. Enfermé, j’ai commencé l’écriture de ce qui allait devenir mon album solo.»

À l’issue de cette thérapie, Kenhell trouve une certaine stabilité. Il continue ses activités de DJ et de vendeur. Plusieurs années passent, il entre comme chanteur dans le groupe de hip-hop Addiktion.

«En deux jours, quatre de mes amis ont perdu la vie dans un accident de voiture. Et mon ami de toujours s’est suicidé. Il était bassiste pour le groupe Arqueslange, comme nos noms de famille: Arbour, Quesnel, Bélanger. Je lui avais présenté sa femme. C’est sa fille de quatre ans qui l’a retrouvé. J’ai pleuré trois jours sans m’arrêter. J’en avais le visage noir. Cette peine m’a fait renaître. Kenhell allait être mon nom, je devenais moi-même. Je ne voulais plus entendre parler de suicide.»

L’album d’une vie

Il y a un an, il rencontre Nikou dans un bar-restaurant. Elle va lui redonner confiance, le pousser à aller au bout de son projet: l’album solo. «Avant, les questions d’argent, de droits, me décourageaient. Mais ça y’est, il est bel et bien sorti. Le double album que j’avais imaginé est devenu deux albums distincts. J’y ai tout mêlé. Mon côté sombre et mon côté clair, mon côté métal et mon côté reggæ, mon côté hip-hop et ma part plus sentimentale.»

Le premier album, Légitime démence, est en vente depuis juin 2010. Plusieurs artistes y ont collaboré: Fatal, Bumperman, Arabouish d’Alien Fœtus, Morin de V-ztoars, Critical Raf, Leaving for LA ou encore le groupe de Kenhell Ogotaï.

Lutte quotidienne

Kenhell n’a pas touché à la drogue depuis plusieurs mois. Son combat, il le mène «un jour à la fois». Il est bénévole pour les Émotifs, Narcotiques et Alcooliques Anonymes. À côté de sa carrière solo, il enseigne la batterie. Il est également batteur pour le groupe de rock progressif V-Ztors qui produit son 1er album, et  DJ… pour les évènements seulement.

«Pour évacuer ma rage, j’avais le choix entre les trois T: la tombe, la tôle ou la thérapie. J’ai choisi. Mon deuxième album porte un message pour les découragés. Il est dédié à ceux qui ont des problèmes de dépendances.

«Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Aux services anonymes, aux structures médicales, et même à Dieu. Il faut s’accrocher à un but, y aller petit pas par petit pas. On peut juste rencontrer un ange.»

Autres textes sur Toxicomanie

    Abonnement au magazine Reflet de Société

    magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

    • Le citoyen est au cœur de notre mission
    • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
    • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
    • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
    • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    %d blogueurs aiment cette page :