L’inceste : Un jeu d’enfant

L’agression sexuelle au masculin est encore taboue et bien peu abordée dans l’espace public. Avec les récentes vagues de dénonciations, les hommes victimes d’abus se sentent-ils oubliés? Est-ce que les stéréotypes masculins rendent la dénonciation plus difficile? Deux hommes ont accepté de lever le voile sur leur histoire d’inceste.

Un texte de Véronique Trudeau | Dossier Agression sexuelle

Un jour, alors que François joue à l’extérieur avec un ami, son soulier atterrit sur le balcon de son voisin. Ce dernier lui fait bien comprendre qu’il devra venir le chercher. L’innocence de François sera brisée à jamais dans la chambre à coucher d’un homme de 27 ans. « À 7 ans, tu n’as aucune idée de ce qu’est la sexualité. Je n’avais pas la notion du bien ou du mal. » 

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        Biais9

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

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Funbusy

Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Elle s’est découvert une passion pour l’écriture dès son jeune âge, mais ce n’est que depuis 2001 qu’elle écrit sur une base régulière.

Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

Prix : 9,95$

S’affranchir de sa mémoire

Les victimes d’agressions sexuelles sont toutes uniques. Si elles ne sont pas que des victimes, il est cependant impossible de nier l’importance du trauma et de ses conséquences dans leur vie. Reflet de Société a décidé de donner la parole à des survivants et des survivantes de violences sexuelles.

Un texte de Mélodie Nelson publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

Découvrez les témoignages de Judith*, Jean-Philippe*, Samira*, Éléonore*, Chanel*, Gisele* et Vanille*

« Mon père encourageait mon frère à me violer » – Judith*, 52 ans

« J’ai été agressé par la mère d’un ami » – Jean-Philippe*, 34 ans

« Mon mari ne sait pas, ma famille non plus. » –  Samira*, 31 ans

La suite du récit de Jade est disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes. * Prénoms fictif.

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Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

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Justice réparatrice, briser le cercle de la violence

Terry a 53 ans. Il y a une dizaine d’années, ses nuits ont commencé à être perturbées par d’affreux cauchemars. Ses cauchemars avaient des odeurs du passé. Ces images et ces odeurs se sont avérées être des souvenirs. Terry s’est souvenue qu’elle a été victime d’inceste entre l’âge de 4 et 12 ans.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Justice


«Je suis tombée en dépression sévère en 2013, confie Terry. J’ai essayé toutes sortes de thérapies. Au fil du temps, j’ai trouvé une thérapie de groupe où un ex-détenu a livré un témoignage. Il parlait de prison intérieure et ça m’a interpellée. “La prison intérieure n’est pas différente de celle du pénitencier, la seule différence ce sont les barreaux”, a-t-il dit. Il a ensuite parlé de justice réparatrice et ça m’a interpellée.»

Justice réparatrice

Des victimes de pédophiles et des agresseurs sexuels conversent face à face dans une pièce. Un détenu sanglote, une victime crie. Une victime pleure, un détenu garde le silence. Tous échangent, dans le respect, sous les yeux avisés d’un animateur.

«Les rencontres détenus-victimes sont au centre de nos activités, explique Estelle Drouvin, coordonnatrice du Centre de services de justice réparatrice (CSJR). On reçoit des groupes composés de 4 détenus, 4 victimes et 2 membres de la communauté. Ils se verront une fois par semaine pendant 7 semaines.»

La justice réparatrice aide les personnes touchées par des actes de violence à se rétablir par un processus basé sur le dialogue. Elle s’adresse autant aux victimes de crimes qu’aux agresseurs qui les ont commis. C’est une alternative à la justice traditionnelle et elle peut choquer certaines personnes.

J’ai eu mon premier face à face avec un détenu au Centre fédéral de formation, confie Terry. Il avait la même carrure, les mêmes yeux, la même physionomie que mon agresseur.

«Les gens qui ne comprennent pas ce qu’est la justice réparatrice sont souvent mal informés, pense Estelle. Ils croient que les victimes sont obligées de pardonner et que les détenus peuvent sortir plus rapidement.»

En réalité, les détenus ne retirent de ces rencontres que la possibilité de prendre conscience de la portée de leur crime.

Du côté de la victime

«La justice réparatrice convient à un public qui a déjà eu un suivi thérapeutique auparavant, comme c’est le cas dans la situation de Terry», croit Katia Lavallée, psychologue et directrice du Centre d’aide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS). Elle précise également que le témoignage extrêmement positif de Terry est peu commun.

«J’ai eu mon premier face à face avec un détenu au Centre fédéral de formation, confie Terry. Il avait la même carrure, les mêmes yeux, la même physionomie que mon agresseur. Sauf son sourire. Son sourire irradiait l’amour. C’est la première fois que quelqu’un qui ressemblait à mon agresseur et qui avait commis le même crime que lui me disait que je n’avais pas à me sentir coupable. La honte, la culpabilité ne me concernaient plus. La rencontre s’est déroulée dans la compréhension et le respect.»

Au départ, Terry ne croyait pas qu’une rencontre avec un criminel lui serait bénéfique. Elle ne pensait pas que le criminel pourrait ressentir de la culpabilité.

«J’avais des ailes en sortant du pénitencier, livre Terry. Quand on va à une rencontre de ce genre, le CSJR nous conseille de venir accompagné. Mon amie m’attendait dans sa voiture. Elle s’est mise à pleurer, en disant que je rayonnais et qu’elle ne m’avait jamais vue comme ça.»

La réaction positive de Terry à une rencontre détenu-victime n’est pas rare. Toutefois, certaines victimes ont de la colère à extérioriser.

«On encourage les victimes à extérioriser leurs émotions, peu importe s’il s’agit de tristesse ou de colère, tant que c’est fait dans la non-violence, précise Estelle Drouvin. La colère est perçue comme une libération de la personne ici.»

Du côté du détenu

Stéphane et Terry se taquinent. Ils rient, ils sont amis. Stéphane et Terry se sont connus au CSJR. Terry en tant que victime, Stéphane en tant que détenu.

«Je ne peux pas expliquer qu’une victime et un ex-détenu soient amis, révèle Mme Lavallée. Toutefois, ici au CETAS, il est commun de voir des victimes être en couple avec des délinquants sexuels. Il ne s’agit pas de leurs agresseurs personnels, mais d’hommes qui ont réussi à se réhabiliter et qui leur démontrent qu’ils ont changé.»

Pendant que j’étais à Port-Cartier, le 10 février 1991, mon meilleur ami, également incarcéré, s’est fait tuer violemment. Ils l’ont torturé.

Elle précise toutefois que cette situation n’est pas non plus toujours fonctionnelle, mais qu’elle ne demeure pas rare.

Stéphane est entré en prison en 1986 pour un homicide d’enfant, ainsi que plusieurs charges d’agressions sexuelles sur mineurs et une charge d’enlèvement. «J’ai passé 24 ans en prison, dévoile le septuagénaire. Au début de mon incarcération, j’étais profondément égoïste. Je n’avais pas de remords. C’était moi la victime qui avait perdu son emploi, sa maison, son bateau et sa famille».

C’est un événement au pénitencier qui a ouvert les yeux de Stéphane sur l’horreur de ses crimes.

«Pendant que j’étais à Port-Cartier, le 10 février 1991, mon meilleur ami, également incarcéré, s’est fait tuer violemment. Ils l’ont torturé. C’était une mort horrible. C’est là que j’ai pris conscience que les gestes que j’avais posés n’étaient pas mieux. J’ai finalement compris que j’avais fait des victimes.»

À la suite du décès de son ami, Stéphane a cessé de consommer de l’alcool et de la drogue. Puis, il a suivi deux programmes de sensibilisation pour délinquants sexuels.

«Dans ma première thérapie, ils me sacraient dehors quand je commençais à parler de moi, se rappelle-t-il. Je racontais toujours mes propres traumatismes. Je mettais tout sur le dos du fait qu’enfant j’ai été abusé par mon père, qu’il m’a mis dehors et que j’ai été prostitué pendant 2 ans après.»

Au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, Stéphane a véritablement commencé à améliorer son ouverture d’esprit.

«La psychologue là-bas a parlé avec moi des abus physiques de mon père, ajoute-t-il. Elle et les gens du CSJR sont des anges de compassion qui m’ont permis de m’ouvrir aux autres. Dans les premières rencontres avec les victimes, je voulais quand même me cacher en dessous de la table.»

Chaque année, le CSJR et l’Institut de guérison des mémoires de Cape Town organisent Guérison des mémoires, un événement où 24 personnes ayant subi ou été témoins de violences se rencontrent le temps d’une fin de semaine. Là-bas, une victime d’inceste a réussi à détruire les dernières réticences de Stéphane à s’ouvrir.

«Il avait beaucoup de peine et d’agressivité, se souvient l’ex-détenu. Il faisait son témoignage et je sentais qu’il savait que c’était moi le gars dans le groupe qui avait commis le même crime dont il a été victime. J’ai pu lui parler en compagnie d’Estelle, une semaine après notre rencontre détenus-victimes. Il a demandé à Estelle de faire un face à face avec moi. J’ai accepté. Avec cette rencontre-là, j’ai débloqué. Je ne vivais plus les rencontres comme des accusations. Le gars s’est confié à moi. Il ne me jugeait pas.»

Stéphane s’est fait une promesse depuis la mort de son ami et ses multiples thérapies : plus aucune victime. Promesse qu’il a réussi à tenir à ce jour.

Pour rejoindre le Centre de services de justice réparatrice: 514-933-3737

Justice réparatrice en bref

Il s’agit d’une alternative à la justice traditionnelle qui est axée sur la réparation des torts causés par des activités criminelles. Ainsi, des victimes de crimes violents et des détenus ayant commis des crimes de la même nature se rencontreront une fois par semaine dans un local sous la supervision d’un animateur pour discuter.

L’animateur peut être un travailleur social, une victime ou un ex-détenu qui a fait ses preuves dans l’organisme qui gère les rencontres. Des membres de la communauté et un membre de l’organisme sont toujours présents pendant ces rencontres pour en assurer le bon déroulement.

Les participants à ces rencontres sont tous volontaires et les victimes viennent accompagnées pour assurer un bon retour à la maison par la suite. Les victimes se libèrent ainsi de charges émotives lourdes pendant que les criminels cheminent vers une prise de conscience.

En complément à Reflet de Société +

La résilience est souvent mentionnée après un drame comme un passage obligé. Si le mot est souvent nommé, son concept reste parfois difficile à appréhender. Écoutez ce témoignage de la psychologue, Brigitte Lavoie.

Crédit vidéo : TEDx Talks

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est livre_lintervention_de_crise_aupres_dune_personne_suicidaire_raymond_viger_editions_tnt.jpg

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Prostitution de luxe: Les hauts et les bas d’une escorte

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Raymond Viger | Dossiers Prostitution et Sexualité.

Après avoir entendu l’histoire de Sonia (nom fictif), j’ai hésité entre écrire ce témoignage ou écrire un livre complet sur la prostitution de luxe et les agences d’escorte. Adoption, inceste, prostitution, consommation… Sonia a finalement quitté le tourbillon de la prostitution pour reprendre une nouvelle vie. Ses études universitaire sera cependant un rêve qui ne se réalisera pas.

Je suis une enfant de la guerre. Née en pays arabe, je suis abandonnée vers l’âge d’un an. Je n’ai jamais su ni mon âge exact, ni ma date de naissance. Mise en adoption internationale, une famille du Québec m’adopte. Cette journée deviendra ma journée de fête.

Dans cette famille, se retrouve un père qui travaille toujours, deux frères qui sont les seigneurs de la famille et une mère qui s’occupe de tout ce monde. Devenant une femme, j’ai aidé ma mère à prendre soin de la famille. Mais à la fin, étais-je devenue la servante de mes frères? Bonne question. Est-ce que je faisais vraiment partie de la famille ou n’étais-je que cette petite fille adoptée d’un pays lointain?

Sous l’aile de mon frère

Au début de l’adolescence, mon frère Michael, de 8 ans mon aîné, me porte une attention toute particulière. Il me protège, me fait sentir importante, me complimente. Je n’étais pas habituée à cela. J’étais ravie d’avoir enfin quelqu’un qui veillait sur moi.

Le soir, il venait m’aider à faire mes devoirs dans ma chambre. Il passait sa main dans mes cheveux et ne cessait de me complimenter sur la femme que je devenais. D’un soir à l’autre, ses caresses passaient des cheveux pour doucement devenir des massages. Je me sentais bien et épanouie sous le charme de sa présence.

Il a pris le temps de m’apprivoiser et de me faire sentir femme. Il m’a fait découvrir ma sexualité sous tous ses angles. Avec douceur et tendresse, je lui appartenais. Il pouvait me demander tout ce qu’il voulait. Il était mon prince charmant.

Une princesse abandonnée

Pendant un souper, juste avant mes 18 ans, j’apprends que Michael va se marier à l’été et qu’il va quitter la maison. Comment un homme qui disait m’aimer pouvait me quitter pour une autre femme? Pourquoi ce n’était pas avec moi qu’il se mariait? Je n’étais plus sa princesse? Il ne me soufflerait plus cette douce parole à l’oreille? J’ai fait une série de crises sans fin. J’étais dans tous mes états, incapable de comprendre ce qui se passait. Incapable d’accepter de perdre l’homme de ma vie, ce frère qui m’avait tant aimée.

Je ne pouvais plus demeurer dans cette famille. Personne ne me comprenait. Personne ne voulait entendre ou croire ce que j’essayais de dire, d’expliquer. J’ai quitté la maison pour me débrouiller seule.

Faire face à la réalité

Impossible cependant d’en arriver à payer un appartement, de vivre ma vie et, surtout, de ne pas quitter l’école. J’étais déterminée à terminer mes études, c’était le rêve de ma vie. Une amie, Claudia, voyant mes difficultés, me propose de m’héberger quelques temps.

Elle aussi étudiante à l’université, Claudia avait un train de vie que je ne réussissais pas à m’expliquer. De belles robes, un bel appartement. Toujours sortie pour faire la fête. Elle n’avait pas d’emploi. Mais comment faisait-elle pour payer tout cela?

Claudia, m’explique qu’elle est escorte. Surprise, choquée, dérangée, je me suis exclamée: «Tu es une pute!». Elle me répond que non. «Je suis une escorte. Une escorte de luxe. J’accompagne des gens biens et qui payent cher pour le service. On fait la fête, toutes dépenses payées, de belles grandes sorties. Et surtout, c’est payant. Très payant. Je suis payée pour m’amuser.»

Avec un boulot au salaire minimum et les études qui prennent beaucoup de place, je n’ai ni l’argent, ni le temps pour m’amuser. La vie commence à être lourde. L’objectif de réussir mon cours m’apparaît de plus en plus lointain.

Les débuts comme escorte de luxe

Claudia m’invite à une fête. Elle m’explique qu’un de ses bons clients veut avoir plusieurs filles autour de lui. Pas de sexe. Juste ma présence. Être belle et m’amuser, un point c’est tout. L’offre est tentante. J’ai le goût de sortir, de faire la fête, mais je n’ai pas l’argent nécessaire. La présence de Claudia me rassure, alors j’accepte.

Pour l’occasion, elle me prête quelques vêtements de sa garde-robe. Les plus beaux, les plus sexy. Je me pomponne, je me fais belle. Je suis tout excitée et anxieuse. Je me sens femme. Je me sens revivre.

La soirée se déroule tel que promis par Claudia. J’ai fait la fête, mangé et bu. Rien de vraiment déplacé. J’ai cependant senti quelques regards pénétrants. Claudia avait choisi des vêtements qui attiraient l’œil. Les gens m’approchaient, avaient tendance à se coller très près de moi. Je sentais leurs corps qui trouvaient toutes les occasions pour m’effleurer. À quelques reprises, des mains se sont un peu trop aventurées.

Le lendemain, je remercie Claudia. J’ai eu du plaisir et cela m’a fait du bien. Elle me sourit et me tend 1 000$. Je suis toute surprise. Elle me félicite d’avoir eu mon premier contrat comme escorte de luxe.

Je demeure en état de choc pendant plusieurs jours. D’un côté, j’ai fait la fête et je me suis amusée. De l’autre, j’ai fait de l’argent facile et vite gagné pour m’aider à payer mes études. Un déchirement m’agace à l’intérieur de moi: je ne cesse de me répéter que je ne suis pas une prostituée. Je suis une escorte. Une escorte de luxe.

Finalement, je demande à Claudia d’avoir d’autres contrats. Des contrats où le client ne veut pas de sexe, mais juste la présence de belles filles. Claudia m’explique que les contrats comme la dernière fois sont tout de même rares. Il faut accepter d’en donner un peu plus pour avoir des contrats plus réguliers.

Études de luxe d’une escorte de luxe

Petit à petit, je vais participer et devenir officiellement une escorte. Je bois comme une défoncée. La cocaïne fait partie de la fête et des habitudes de vie. Nous sommes 5 étudiantes québécoises. Pour étudier et nous reposer, nous avons acheté un condo dans un pays chaud. Nos études de luxe se font sans casse-tête financier. Entre deux examens, nos soirées nous permettent de rencontrer des hommes d’affaires, certains connus dans différents milieux.

Claudia m’offre un contrat pour tout un week-end: 4 000$ pour faire la fête. J’accepte sans hésiter. C’est pour un homme bien en vue. La consommation roule à son maximum toute la fin de semaine. Je ne me sens pas à l’aise. Il loue mes services, mais j’ai l’impression qu’il veut me posséder, se venger, se défouler. Un manque de respect total. J’ai tenté de mettre des limites, de me faire respecter, mais il avait loué mes services et considérait que j’étais son esclave, qu’il pouvait faire ce qu’il voulait de moi. Je suis sortie de ce week-end, détruite. Autant physiquement que psychologiquement.

Au retour, au volant de ma voiture, je pleurais. J’avais l’impression que toute ma vie sortait par mes tripes. J’ai arrêté l’auto sur l’accotement. Mon maquillage coulait de partout. Je me sentais affreuse. Dégueulasse. Je suis sortie de la voiture en direction du champ. J’ai enlevé la bague que je m’étais achetée pour me gâter et je l’ai tirée au bout de mes bras. Toute ce luxe ne valait pas les souffrances que je subissais. Je suis retournée chez moi. J’ai pris des douches pendant des heures et des heures. Mon corps avait besoin de se purifier de tout ce qu’il avait subi. J’avais beau me laver, rien ne semblait partir. J’ai soigné ce corps que je ne reconnaissais plus et qui était abîmé.

J’avais abandonné mon cours. Les fêtes et la consommation avait pris toute la place dans ma vie. Comme escorte, j’ai fait beaucoup d’argent. J’étais devenue une acheteuse compulsive. Je manquais de garde-robes pour y entasser tous les souliers et les vêtements que j’avais achetés. La majorité de ces habits, je ne les avais même pas portés.

Une vie de luxe mal acquise. Une cage dorée où j’étais prisonnière.

Une nouvelle garde-robe pour une ex escorte de luxe

J’ai arrêté la vie d’escorte. Fini la fête. Fini la consommation vide de sens. J’ai repris contact avec de bonnes personnes qui m’ont aidée à reprendre une vie normale. Une vie dans laquelle je me sens moi-même. J’ai dû réapprendre à faire du ménage, à faire la cuisine, à laver la vaisselle. Je remercie toutes ces personnes qui m’ont soutenue. Je n’aurais jamais réussi à faire tout cela seule.

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Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle. Le livre, au coût de 19,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Aussi disponible en anglais: LOVE in 3D

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Recherché: prostituées ayant couché avec politiciens de Québec ou Ottawa

Raymond Viger | Dossiers Prostitution et Sexualité

Suite au scandale américain du gouverneur démocrate de New-York Eliot Spitzer qui s’est fait prendre avec la prostituée de luxe Ashley Alexandra Dupre, le Journal de Montréal, sous la plume de Mathieu Bélanger, nous présente l’hypothèse qu’il y aurait à Ottawa un scandale sexuel qui se trame.

Plusieurs agences d’escortes de la région d’Ottawa-Gatineau ont été contacté pour confirmer que certains politiciens fédéraux jouent avec le feu.

Depuis quelques années, dans mes écrits je vous parle d’une prostituée à 4 000$ pour un week-end qui a eu des relations avec des politiciens. L’heure est maintenant venu d’aller un peu plus loin dans la présentation de cette prostituée et de son réseau de clients politiciens.

Reflet de Société prépare pour son numéro de juin un reportage sur l’inceste et la prostitution. Il y sera question d’un des réseaux de prostitution impliqués avec des politiciens provinciaux et fédéraux.

Un reportage qui saura attirer l’attention. En attendant, est-ce que le Journal de Montréal va déguiser Brigitte McCan en prostituée pour tenter de prendre sur le fait l’un de nos politiciens?

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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couverture.jpgVanessa, Voyage dans les Caraïbes

Un roman humoristique sur la sexualité

Un roman qui, je l’espère, pourra être lu autant par des jeunes qui s’éveillent à leur sexualité, qu’à des adultes qui veulent guérir des zones de grandes blessures.

Si vous avez peur que votre jeune ne soit pas encore assez vieux ou mature, accompagnez-le dans sa lecture. Soyez prêts à répondre à ses questions, à en discuter ouvertement avec lui.

Ce roman a été nourri par des années de travail de rue et de thérapie dans différents milieux. Des instants privilégiés qui auront permis de recevoir de grandes quantités de confidences sur un sujet, trop souvent tabou.

Bonne lecture et bon voyage dans les Caraïbes avec Vanessa.

L’amour en 3 dimensions 

Roman sur la relation aux autres

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement
Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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