Hypersexualisation et viols en Inde

Le fléau du viol en Inde

Un mélange explosif d’hypersexualisation et d’indifférence envers le sort des femmes

Le viol collectif et le décès d’une jeune femme en Inde, en décembre dernier, ont mobilisé la population et donné lieu à des manifestations peu habituelles, principalement de la part de la classe moyenne.

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Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Hypersexualisation, Sexualité

Logo_chronique 2 (ajusté)Il en a résulté une sorte de deuil national spontané, pas du tout encouragé par les autorités politiques accusées d’indifférence, et un bon nombre de festivités prévues pour le Nouvel An 2013 ont été annulées.

À ce propos, Santosh Desai, un des plus importants chroniqueurs du pays (The Times of India) résume bien la situation. Selon lui, la solution aux nombreux problèmes de viols en Inde ne réside pas seulement dans une police plus efficace, mais aussi dans le changement d’attitude de la société envers la femme.

« Le problème ne peut être séparé de la culture dans laquelle nous vivons… des films que nous regardons, des célébrités que nous admirons, tout cela vibrant d’une électricité pornographique », écrit-il. « L’importance accordée au désir crée un climat qui justifie sa satisfaction par l’argent ou même par la force… La démocratisation du désir est accompagnée par la légitimation de la luxure… Les médias jouent un rôle aux deux extrémités du spectre, en créant d’un côté le climat de désir, tout en s’adonnant à une critique virulente après l’événement. »

Cela commence par le désir exacerbé, suivi de regards et de paroles obscènes, avant de passer violemment aux actes. Car les viols – suivis de meurtres pour ne pas laisser de traces, ou du suicide de la victime envahie par la honte et l’horreur – sont nombreux et fréquents.

Les autorités ont surtout blâmé les femmes plus libérées qui sortent sans chaperon, qui empruntent les transports publics et ainsi de suite. Pourtant, la jeune victime en question était bien accompagnée d’un homme, de son ami qui, malgré tous ses efforts, n’a pas pu la protéger des agresseurs qui l’ont jeté en dehors de l’autobus, après l’avoir battu à coup de barre de fer.

Lors d’un autre événement, un passant a été tué par les violeurs en défendant une mère de famille. Ailleurs, dans le nord de l’Inde, une femme a été agressée dans son domicile par un politicien. Dans son cas, heureusement, c’est le village au complet qui est venu à sa rescousse, en réponse à ses cris d’alarme.

Si le gouvernement et les autorités semblent insensibles ou résignés devant de telles horreurs, la classe moyenne, par contre, exprime clairement sa volonté de changement. Espérons que ce mouvement populaire prenne de l’ampleur et qu’il réussisse à secouer une complaisance aux conséquences insoutenables.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

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La communauté tibétaine de Montréal

Le Tibet à travers le monde

Immigrer au Québec

La communauté tibétaine de Montréal s’implique se dévoue corps et âme dans une cause désespérée : faire survivre la civilisation de ses aïeux malgré sa petite taille. Le combat se vit au quotidien, non seulement au pays mais aussi à travers un réseau mondial. Jampa Barshee vit depuis 40 ans au Canada. Il cultive toujours un amour profond pour la culture tibétaine.

Lucie Barras dossier Dalai Lama Tibet, Religion et spiritualité

tibet-tibetan-community-communaute-tibetaine-jampa-barsheeMontréal la cosmopolite… Dans les rues de China Town ou de la petite Italie, les discussions vont de bon train en anglais ou en portugais. Les expatriés du monde entier  ne se comptent pas, tous se côtoient entre les rives du Saint-Laurent.

L’une de ces innombrables communautés a accueilli son chef spirituel le 7 septembre 2011 à Montréal: le Dalaï-Lama. L’Histoire des immigrés tibétains du Québec est enracinée dans le même terreau: l’exode, en 1959. Ils sont environ 150 dans tout le Québec, à peine 500 pour tout le Canada.

Jampa Barshee a voulu témoigner en tant qu’immigré politique. Les pieds sur la terre canadienne, il s’attelle à préserver la culture Tibétaine dans la métropole, sa ville d’adoption. Au Tibetconference-dalai-lama-montreal, il n’en aurait pas le droit.

Un long voyage

Né au Tibet en 1960, Jampa traverse les cols de l’Himalaya encore bébé, sur le dos de sa mère, pour rejoindre Dharamsala en Inde. C’est là bas que le Dalaï-Lama a trouvé refuge des Chinois.

En 1968, le premier ministre canadien Pierre-Elliot Trudeau, en visite en Inde, accepte l’accueil de 500 Tibétains au Canada. À 11 ans, Jampa quitte l’Inde avec son oncle, sa mère et son frère et sa demi-soeur. Son père reste. «Il avait des problèmes psychologiques. Je crois qu’en réalité, il ne s’est jamais remis de l’invasion des Chinois. Il a demandé à mon oncle de prendre soin de nous.» Quant aux deux plus jeunes de la fratrie, ils sont envoyés en Suisse où ils seront adoptés. La famille se retrouve éclatée dans le monde entier. «Ma mère? Elle n’a jamais eu de regrets. Elle croyait au rêve du Tibet Nouveau. Notre place était auprès du Dalaï-Lama».

Dans l’idée de tout reconstruire, la famille recomposée arrive au Québec. «Mes parents ne savaient même pas où se trouvait le Canada.» Aujourd’hui, il n’y a pas plus de 200 ou 300 tibétains répartis dans tout le Québec. Principalement à Montréal, mais aussi Granby, Drummondville, Farnham, Ste-Hyacinthe ou Longueuil. Beaucoup d’entre eux poursuivent leur chemin vers l’ouest, dans la région de Toronto.

Avant de démarrer une nouvelle vie, les nouveaux arrivants passent neuf mois dans un Centre d’orientation et de formation des immigrants – à la Prairie. Les enfants partent la journée étudier à Montréal, pendant que les parents ont classe sur place. «Notre situation était unique au Québec.»

Cultiver les origines

«À notre arrivée, nous avons essayé de faire survivre la culture tibétaine dans notre quotidien. Nous parlions tibétain à la maison. Ma famille était très pieuse, elle a poursuivi les rituels.»

Jampa est Bouddhiste encore aujourd’hui. À Montréal, deux temples ont été crées depuis l’arrivée de la vague tibétaine. L’un se trouve à Verdun. L’autre, le plus important, à Longueuil. Les deux moines officiants sont Tibétains. Les fidèles viennent de tous les horizons, notamment du Vietnam: pas facile de prier ensemble lorsqu’on prône des branches et des écoles différentes! Au fil du temps, les temples se développent. Un réel intérêt pour le bouddhisme se développe non seulement par la communauté vietnamienne mais aussi par la communauté blanche. De véritables échanges se créent, des liens durables aussi.

Cultiver ses attaches au Tibet passe aussi et surtout par l’engagement politique. «Au début, organiser la vie politique au Québec a été chaotique. Chacun voulait la place de leader, et nous venions tous de branches religieuses, de classes sociales différentes.»

Dans les années 90, Jampa Barshee s’implique à fond dans la vie politique. «Nous avions crée un branche locale de la Tibetan Youth Association (un mouvement mondial pour la revendication d’un Tibet libre). Nous ne manquions aucun événement : le jour de l’an, la marche annuelle du 10 mars à Ottawa. Après la venue du Dalaï-Lama en 1993, je me suis un peu retiré. Mon implication affectait trop ma vie de famille.»

La communauté montréalaise se réunit tous les dimanches. L’association culturelle donne un cours de langue, suivi d’un atelier d’histoire, de religion ou de karaté. «Ça peut paraître drôle, mais c’est un premier pas pour que nos jeunes sachent d’où ils viennent, tout en fraternisant.»

Famille interculturelle

«Je me suis marié à une jeune Québécoise. Au début ma famille n’a pas accepté. Ma mère voulait que je fasse ma vie avec une Tibétaine. Pour elle, cette liaison était un nouveau déracinement. Elle a bien été obligée d’accepter… Par contre, une fois marié, nous avons pris conscience, mon épouse et moi, que nos valeurs étaient trop différentes. Elle ne pouvait accepter ma culture à sa juste valeur, je me sentais incompris.» De cette union naissent 3 filles. «Ils sont bien plus Québécois que Tibétains. Elles sont restées avec leur mère, c’était important pour moi.»

Cette deuxième génération ne renie pas ses racines, bien au contraire: «elle revendique ses origines. S’il lui manque le volet Tibet, la plupart des enfants sont plus éduqués que leurs parents, et s’impliquent pour le Tibet.»

Jampa est retourné une fois en Inde, en 1992, pour voir le Dalaï-Lama. Un retour «nostalgique». Le passé ressurgit toujours. Avec la communauté locale chinoise, les rapports sont plus détendus depuis Tienanmen, comme si soudain on pouvait se comprendre.

«Avant, les relations étaient suspicieuses.  Aujourd’hui, j’ai une amie chinoise, il y a 20 ans, je n’y aurais jamais songé. Bien sûr, nous réclamons notre identité. Mais, on se respecte,  du moins au niveau individuel. Sur le plan gouvernemental, c’est encore une autre histoire. Le Tibet intérieur a été changé par les Chinois, dénaturé. Malgré l’intégration subie par les Tibétains, nous ne sommes pas un seul et même peuple. Ça se voit jusqu’ici: nous ne mangeons pas, ne prions pas, ne vivons pas de la même façon.»

Une diaspora active

Aujourd’hui, les Tibétains sont bien moins nombreux au Québec qu’en Ontario. « Nous aimerions faire venir d’autres Tibétains. Mais, ils sont freinés par la barrière de la langue. Ils préfèrent les États-Unis, parce qu’ils connaissent déjà un peu l’anglais. Arriver au Québec, c’est sacrifier les premiers temps à l’apprentissage de la langue. Les gens veulent trouver du travail tout de suite. Par contre, ceux qui sont partis tester l’American dream ont tendance à revenir. Il fait bon vivre au Québec.»

La diaspora tibétaine est principalement dispersée en Inde, au Népal, au Bhoutan, et aussi en Suisse, aux États-unis et au Canada. Au fil des années, elle a tissé un réseau mondial. Fondé sur une Histoire et un destin commun, ce lien s’est accentué avec Internet et les réseaux sociaux.

L’engouement des occidentaux pour la cause tibétaine va en grandissant. «Le charisme du Dalaï-Lama », d’après Jampa. Les membres de la communauté sont régulièrement sollicités pour des festivals. Le 7 septembre prochain, Montréal accueillait le Dalaï-Lama. La fête s’est tenue à l’Université Mc Gill, sur le thème «Paix à travers les religions». Est-ce que Jampa était de la partie ? «Bien sûr, j’y étais en tant que bénévole. Pour tout Tibétain, c’est toujours un honneur de travailler pour Dalaï-Lama. Alors, c’est un sentiment d’honneur et de grande responsabilité qui m’anime.»

Le bouddhisme ici et ailleurs

L’invasion du Tibet par la Chine débute en 1949 sous l’ordre de Mao Zedong, qui le considère comme un territoire chinois. En 1959, la résistance tibétaine est violement réprimée par l’armée chinoise et le Dalaï-Lama s’exile en Inde. Le Tibet devient alors une région autonome chinoise.

Plus de 100 000 Tibétains choisissent de suivre le Dalaï-Lama et son gouvernement en exil plutôt que de voir leur civilisation détruite. D’autres réfugiés les rejoignent dans les années qui suivent les suivent. En 1967, le Dalaï-Lama lance un appel à la communauté internationale lui demandant d’accueillir les réfugiés tibétains. Le Canada ouvre ses portes à la première vague d’émigration. Une deuxième vague afflue dans les années 1990 : à la fin des années 80, les États-unis acceptent 1000 immigrés Tibétains, dans la région de New York. Il en arrive autant  illégalement. Ceux-là vivotent sans situation régulière. Des militants canadiens pour les droits des tibétains les exhortent alors à tenter leur chance à la frontière canadienne. La plupart d’entre ceux qui les écoutent sont naturalisés et partent dans la région de Toronto qui compte aujourd’hui la plus importante communauté tibétaine du Canada.

Deux associations clés sont dédiées à la communauté tibétaine du Québec:
TCAQ, l’association culturelle tibétaine du Québec.
CTC, – Canadian Tibetan Community – est davantage un lobby politique qui rassemble les Canadiens et les Tibétains.

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Une forêt contre le tsunami

Environnement

Une forêt contre le tsunami

 «Nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés.» Des villageois pauvres du sud de l’Inde racontent comment un projet de conservation de la nature les a sauvés du tsunami et sortis de l’extrême pauvreté.

Patrick Alleyn (texte et photos),  Dossier Environnement, International

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Tamil Nadu, Inde — Nous traversons en chaloupe l’immense forêt marécageuse de Pichavaram, dans le sud de l’Inde. On s’y faufile à travers des canaux, guidés par Nagamuthu, un jeune membre de la tribu Irula. Pichavaram est une mangrove, c’est-à-dire une forêt d’arbres poussant dans l’eau salée et la boue, au bord d’un océan tropical. Dressés, tels des araignées, sur leurs dizaines de racines crochues leur servant de tronc, ils valsent au gré de la houle, réduisant ainsi jusqu’à 90% de l’énergie des vagues. Dans les régions tropicales soumises aux cyclones et ouragans, la nature a heureusement créé cet efficace système de défense des rives.

«Le jour du tsunami, les habitants des villages de Pichavaram ont aperçu trois vagues gigantesques au-dessus de la mangrove, raconte Nagamuthu. Ils ont eu le temps de s’enfuir, car les arbres ont ralenti la violence des vagues. La marée géante a emporté les bateaux, mais sans détruire les maisons. «Un village voisin, situé à la même distance de la mer, mais non protégé par la forêt, a, lui, été dévasté», fait remarquer le pêcheur qui dirige notre barque.

Le tsunami du 26 décembre 2004 a été l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire. L’immense raz-de-marée, provoqué par un tremblement de terre dans l’océan, a fait 280 000 morts dans plusieurs pays d’Asie. «Mais à Pichavaram, nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés», conclut Nagamuthu, non sans fierté. Et non sans raison.

Gardiens de la forêt
tsunami-environnement-arbre-protection-inde Nagamuthu coordonne depuis 1996 un vaste projet de sauvetage des arbres de la mangrove de Pichavaram. Il était à peine âgé de 17 ans quand des biologistes marins de la Fondation Swaminathan, un organisme scientifique indien, ont débarqué dans son village à la recherche d’un meneur. Ils voulaient mobiliser les villageois pour enrayer la dégradation de la forêt après les coupes «sélectives» d’arbres, autorisées par le gouvernement dans les années 1970.

«Nagamuthu était le seul habitant du village sachant lire et écrire. Nous voulions transformer les habitants pauvres de la région en gardiens de la forêt, en leur démontrant que son reboisement allait améliorer leurs revenus», expose Selvam, le directeur de ce projet à la Fondation Swaminathan.

«Les gens ici sont très pauvres. Pour combler leurs besoins de base, ils coupaient les arbres ou faisaient brouter sans contrôle leurs animaux autour de la mangrove, des pratiques néfastes pour son écosystème», poursuit Selvam. Avec un financement de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et du Centre de recherche en développement international (CRDI), deux organismes du gouvernement canadien, les scientifiques indiens ont démarré le chantier environnemental à Pichavaram.

Les villageois ont planté des arbres et, pour les alimenter d’eau fraîche, creusé des canaux. «Des pans entiers de la mangrove ont repris vie. Sous les arbres, les crevettes, les crabes et les poissons se sont multipliés. La pêche est devenue abondante», se rappelle le père de Nagamuthu.

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Pour protéger l’environnement, les scientifiques croyaient qu’il fallait d’abord combattre la pauvreté dans ces villages isolés. Ainsi, les villageois cesseraient les activités nuisibles pour la forêt, mais aussi se mobiliseraient contre tout projet du gouvernement ou de riches investisseurs pouvant la menacer.

La Fondation a donc construit une école. «On s’est aussi battu devant les tribunaux pour faire reconnaître aux membres de la tribu Irula leurs droits comme population indigène discriminée en Inde. Ainsi, des places devaient leur être réservées dans les collèges», rapporte le biologiste.

Et le jeune Nagamuthu d’enchaîner: «Aujourd’hui, les gens de mon village conseillent le ministère des Forêts, et nous avons reçu le mandat de patrouiller la mangrove pour dénoncer toute coupe illégale.»

Le modèle de Pichavaram — gestion de l’environnement par les communautés pauvres elles-mêmes — a ensuite été reproduit pour la protection d’autres mangroves en Inde. C’est aussi un modèle promu de plus en plus dans le monde, en particulier par les Nations unies, pour protéger les écosystèmes en péril — forêts, rivières, terres agricoles… Car, les pauvres sont toujours les premières victimes de la destruction de l’environnement.

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«Quand j’étais enfant, les hommes du village ne portaient que des caleçons qu’ils achetaient usagés au marché!», se souvient Nagamuthu. À 8 ans, je devais conduire les chèvres au champ. Je voyais les enfants d’autres villages se rendre à l’école. De moi-même, j’ai décidé de m’y inscrire. Mais, à 13 ans, j’ai dû retourner dans la mangrove pour pêcher. Sans filet ni bateau, j’étais expert pour attraper les crabes à mains nues!» rigole-t-il. Nagamuthu poursuit maintenant des études par correspondance en sociologie.

Destruction d’une protection naturelle
L’impact du tsunami de 2004 aurait été bien moindre si les humains n’avaient pas détruit les mangroves, estiment les spécialistes du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En effet, plus du tiers de ces écosystèmes côtiers a disparu depuis 20 ans, pour céder la place à des hôtels, des routes ou des bassins d’élevage de crevettes. Souvent dans ces «fermes» à crevettes, les riches investisseurs abandonnent les installations après quelques années à peine, une fois la terre contaminée. Jetés au chômage, les habitants pauvres se retrouvent sans aucune ressource dans un champ de boue et de sel.

Le soir tombe. Nagamuthu nous presse de rentrer, car les filets des petits pêcheurs se dresseront bientôt sur le parcours de notre barque. «Le tsunami a créé auprès des gouvernements un intérêt nouveau pour les mangroves, constate le scientifique Selvam. Mais, je crains que cet intérêt ne s’estompe à mesure que le tsunami s’effacera des mémoires.»

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Le mandat de Barack Obama

Le mandat de Barack Obama

Annie Viger.            Dossier Économie

L’assermentation du président Barack Obama n’est pas passé sous silence. C’est dans une grave crise économique et financière que son mandat a débuté. L’image que lui et sa famille on su projeter ont amener un espoir de renouveau.

Il a su garder l’attention sur lui avec plusieurs mesures de sauvetage et de stimuli économique qui ont été mis en place en quelques mois seulement.

Sa popularité a toutefois retombé à l’automne avec un taux de chômage élevé et des banquiers qui sont vite retombés sur leurs pieds. Il semble que Barack Obama essaie de redorer son blason pour la fin de l’année avec plusieurs coup d’éclats médiatique et une entente dernière minute à Copenhague.

Le chroniqueur économique, Jean Gagnon, nous présente les faits saillants économiques du début de mandat de Barack Obama.

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Maurice Jarre, Wikipédia et des journalistes négligents

Maurice Jarre, Wikipédia et des journalistes négligents

François Richard Dossiers Internet et Médias

Shane Fitzgerald, un étudiant irlandais de 22 ans, a suscité un débat mondial sur la célèbre encyclopédie participative Wikipédia en y publiant une fausse citation attribuée au compositeur de musique de film Maurice Jarre quelques heures après sa mort, le 28 mars dernier. Le but de l’anarque? L’étudiant en sociologie voulait tester les effets de la circulation ultra rapide de l’information au niveau mondial et son influence sur le travail des journalistes. Résultat? La fausse citation, respectueuse de la mémoire de l’auteur, s’est retrouvée en quelques heures dans des médias écrits et en ligne de l’ensemble du monde anglophone, du Canada, au Royaume-Uni, en passant par l’Inde et les États-Unis.

Fiabilité de Wikipédia

Wikipédia a rapidement été décrié avec les arguments habituels: pas une vraie encyclopédie, sources non-académiques, travail d’amateur, etc. Pourtant, les administrateurs du site ont a trois reprises retiré cette fausse citation parce qu’elle n’était pas accompagnée de sources sur son origine. Les retraits ont été effectués dans le pire des cas quelques heures seulement après une des mises en lignes effectuées par Fitzgerald. Ces délais n’étaient apparemment pas assez rapides pour empêcher des journalistes de médias réputés de les copier sans contre-vérifier…

Britannica et Brockhaus

Au moins deux grandes études sur la fiabilité de Wikipédia ont été réalisées au cours des dernières années. Dans les deux cas, les chercheurs ont démontré que le taux d’erreurs sur Wikipédia était équivalent aux prestigieuses encyclopédies britanniques Britannica et allemandes Brockaus. Les bénévoles de Wikipédia seraient-ils plus rigoureux que les journalistes de certains grands médias?

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CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

show_image CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Le micro-crédit

Le micro-crédit

Lisa Melia                      Dossier Égalité Homme-Femmes, Économie

Prix Nobel de la paix 2006: Muhammad Yunus

En 2006, le bangladais Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la paix. Ce qui a pu surprendre ceux qui le connaissaient déjà: Yunus est en effet un économiste. Né en 1940 dans ce qui était encore à l’époque une partie de l’Inde sous colonisation anglaise, il étudie d’abord près de chez lui. Il visite cependant pendant sa jeunesse l’Amérique du Nord, l’Europe, et une partie de l’Asie.

En 1957, il part à l’université de Dakha étudier l’économie, obtient son diplôme et devient enseignant. Il s’essaie à diriger une entreprise, et rencontre le succès. Mais il décide finalement de partir étudier aux États-Unis, où il obtient son doctorat.

Il restera pour travailler, mais en 1971 éclate la guerre de libération du Bangladesh. Muhammad Yunus soutient les indépendantistes Muhammad Yunus le 17 mars à Tokyo. Photo AFP/Yoshikazu Tsunoet s’implique. Il rentrera finalement chez lui en 1972, quelques mois après la déclaration de l’indépendance du Bangladesh.

Une banque pour le développement: la Grameen Bank

Il occupe alors le poste de responsable du département d’économie de l’université de Chittagong. La pauvreté qui règne le choque: «Une terrible famine frappait le pays, et j’ai été saisi d’un vertige, voyant que toutes les théories que j’enseignais n’empêchaient pas les gens de mourir autour de moi.»

En étudiant la situation des pauvres, il en vient finalement à la conclusion que le principal problème vient du fait qu’ils n’ont pas accès à des capitaux. Les banques refusent de prêter et les usuriers locaux pratiquent des taux d’intérêts à la limite de l’indécence. L’idée germe alors. En utilisant son propre argent, ils proposent à quelques villageois des «micro-prêts» de quelques dollars, dont les conséquences s’avèrent très positives. En 1977, il crée finalement sa propre banque, la Grameen Bank, qui se consacre au micro-crédit.

Le micro-crédit: qu’est-ce que c’est?

Le fonctionnement est relativement simple. Lors de ses recherches, Yunus a rencontré un groupe d’artisans ayant besoin de 27 dollars pour acheter du bambou. Les banques refusaient de prêter une si petite somme à des clients soi disant insolvables. Yunus a finalement prêté les 27 dollars de sa propre poche, ce qui a permis aux artisans d’acheter le bambou, donc de produire, et même de créer de nouveaux emplois. Ils ont remboursé le prêt sans difficulté. C’est là tout le principe du micro-crédit.

La Grameen Bank propose à des artisans ou entrepreneurs à l’échelle locale des petits prêts à taux d’intérêt nul, ce qui leur permet de financer leurs activités et d’entrer dans une dynamique de production et de profit. L’impact sur le développement social est considérable car le micro-crédit profite à divers secteurs et directement aux plus pauvres qui peuvent alors améliorer leur situation économique par leurs propres moyens.

Cela a également permis l’accès aux services sociaux de bases, ainsi que la revalorisation de la place et du travail de la femme dans plusieurs pays en développement, car ce sont les femmes qui utilisent en majorité ce système de prêt. Le micro-crédit est donc un vecteur de pacification social et d’amélioration de la vie de ses utilisateurs.

C’est pour cela que Muhammad Yunus et son institution la Grameen Bank ont reçus en 2006 le prix Nobel de la paix. La Grameen Bank a soutenu quelques 2,4 millions d’emprunteurs. Selon la Banque mondiale, il y aurait maintenant près de 10 000 institutions de micro-crédit dans 85 pays qui brassent 30 milliards de dollars. Environ 300 millions de personnes dans le monde en bénéficient.

Profiter de la crise économique pour changer le monde

Muhammad Yunus est intervenu ce mardi à Tokyo, où il a estimé que la crise financière était une opportunité de changer le fonctionnement du monde de la finance à l’échelle mondiale en faveur des plus démunis.

Dans le journal Le Monde, il a ainsi déclaré: «Le système financier doit être entièrement repensé. Il ne fonctionne pas pour le peuple de toute façon ! Pour les riches, oui ! Les grandes entreprises, oui ! Mais pas pour le peuple […]. Un petit nombre de personnes d’un seul pays avaient créé une situation désastreuse pour le monde entier, [ce qui démontre] la fragilité du système capitaliste actuel.»

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Poésie urbaine

L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
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Bières, banques, Maillardville et Hindou à Vancouver

Bières, banques, Maillardville et Hindou à Vancouver

 

Vancouver chapitre 9                  Dossier Ville de Vancouver

Lors de notre première journée de visite dans Vancouver, Danielle et moi remarquons qu’il y beaucoup de rues avec des commerces de toutes sortes. Restaurants, beaucoup de cliniques vétérinaires et beaucoup de banques aussi. C’est comme si Vancouver était composé d’une vingtaine de rue St-Laurent. À certains endroits les commerces sont bas de gammes, puis arrivent les plus luxueux et on recommencent.

Pour terminer cette journée, nous décidons de faire notre première épicerie. Question bière et alcool, nous devons faire un arrêt dans un liquor store, un lieu spécialisé du gouvernement de Colombie-Britannique pour la vente d’alcool.

Je suis entré avec l’idée d’acheter une caisse de bière. Quand j’ai vu le prix de la bière, de 40$ à 50$ pour une caisse de 24, j’ai décidé de forcer sur le vin et le rhum. J’ai été renversé de la différence de prix. La majorité des prix sont similaires. Mais pour la bière, c’est presque le double. Il va falloir que je vérifie pourquoi cette différence est si grande entre le prix au Québec et en Colombie-Britannique. Au Québec, je paye de 21 à 23$

Ensuite c’est le tour de l’épicerie plus alimentaire. Première surprise. Une allée qui annonce des produits mexicains, une autre pour les produits provenant de l’Inde, une autre pour une alimentation asiatique… À Montréal, nous avons accès à de la diversité, mais jamais autant que cela.

Quand arrive le temps de payer, à Montréal, on nous crédite 5 sous par sac que nous avons amené pour notre épicerie. À Vancouver, on vous en charge 4 pour les sacs que vous avez oublié.

En parlant avec la caissière, la cliente de la caisse d’à côté a compris que nous arrivons de Montréal. Elle nous questionne pour savoir si nous nous installons à Vancouver pour de bon. ­­Mais non, nous sommes en vacances pour 15 jours ai-je répondi. Nous continuons à discuter ensemble en nous dirigeant vers les stationnement. Elle était contente de pouvoir s’adresser à quelqu’un en français. Elle aime pratiquer son français. Je suis surpris. Je lui mentionne que la communauté francophone est pourtant bien présente à Vancouver. Elle me répond: c’est vrai qu’il y a une communauté francophone comme à Maillardville. Mais à Vancouver, après l’anglais, c’est plus facile de parler Hindoue que français!!! Ouf! Dure nouvelle pour un journaliste en vacance qui veut faire un reportage sur les francophones hors-Québec!

Bon, demain, c’est la tournée des écoles francophones à Surrey et Vancouver. Comme on dit dans le film Star War lorsque les héros ont une bombe à aller porter et qu’ils ont une série d’ennemis prêts à faire sauter leur vaisseau spatial: STAY ON TRACK!

Histoire complète sur le voyage à Vancouver.

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