Victimes d’actes criminels

Agression sauvage

Le 21 mars 2004, Mathieu a été sauvagement battu dans une ruelle à Montréal. Nez fracturé, yeux pochés qu’il ne pourra ouvrir pendant deux jours, oreilles tailladées par des coups de poignard, ses assaillants l’ont laissé pour mort. Sans savoir comment il s’est déplacé, Mathieu s’est réveillé trois heures plus tard dans un banc de neige de la rue Prince-Arthur. Maculé de sang, mal en point, les passants de cette artère achalandée sont passés à ses côtés en l’ignorant.

Dominic Desmarais Dossier Criminalité

Après un séjour à l’hôpital, Mathieu s’est rendu compte qu’il peinait à marcher. Un mois après l’agression, son état se détériorant, il doit déménager, incapable de grimper les escaliers le menant à son appartement au 3e étage. Moins de 6 mois plus tard, il doit se résoudre à passer le reste de ses jours en fauteuil roulant. Mathieu a développé la maladie de la sclérose en plaques qui affecte sa motricité. En l’espace de quelques mois, sa vie chavire. Il perd son emploi et la possibilité de subvenir à ses besoins. Encore sous le choc de l’agression dont il a été victime, il doit affronter sa dégénérescence qui le rend handicapé.

Justice à tout prix

Mathieu est amer. Il aimerait bien obtenir justice. Mais il n’a aucune idée de l’identité de ses agresseurs qui ne paieront jamais pour ce crime gratuit. Il en veut à tous ceux qui sont passés près de lui sans broncher, le laissant dans sa mare de sang. Il a été reconnu comme victime d’un acte criminel par l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) qui lui a accordé 17 000$ pour des consultations psychologiques. Il n’a rien obtenu pour son incapacité physique qui le rend invalide à vie.

À ses frais, au coût de 600$, il a produit une expertise médicale pour démontrer que l’agression a causé sa sclérose. «Mes médecins, quatre neurologues, ont dit qu’il y avait une très grande probabilité que l’agression ait causé cette maladie dégénérative. Ils ne voient aucun autre événement dans mon dossier médical.» Devant le tribunal administratif de l’IVAC, l’expertise médicale doit être certaine à 100%. Une exigence impossible à remplir au sujet de la sclérose en plaques, une maladie dont personne ne connaît la source. «Mon cas est incompréhensible. Je déjoue les diagnostics. Après trois heures dans la neige, je devrais être mort. Si j’étais décédé, l’IVAC m’aurait dédommagé.»

La décision de l’IVAC assomme Mathieu. Déjà en choc post-traumatique pour son agression et son handicap, chaque coup dur amplifie son ressentiment et sa colère. Le jeune trentenaire veut réparation, mais n’accumule que des échecs. On le refuse à l’aide juridique, il n’a pas les moyens de s’offrir un avocat. Sans vraiment y croire, il a laissé son dossier au Protecteur du citoyen. «Je veux justice. Je suis vraiment fâché. Je me sens comme une bombe humaine. Je suis endetté, mes cartes de crédit sont remplies.»

Mathieu reçoit 60% du salaire qu’il recevait en 2004 de sa compagnie d’assurance et 300$ par mois de l’IVAC pour ses soins psychologiques. Ses revenus s’élèvent à 19 000$ par année. Le jeune homme sait qu’il ne pourra jamais gagner sa vie. Sa bataille contre l’IVAC, c’est sa survie financière qui est en jeu.

Handicap onéreux

Devenu handicapé, Mathieu s’est rapidement aperçu du coût qu’engendrait son état physique. Il lui fallait un logement adapté. Il énumère quelques exemples de ce dont il a besoin pour sa vie quotidienne. «Pour se brosser les dents, ça prend un lavabo avec de l’espace en dessous pour le fauteuil roulant. Pour la douche, il faut un lève-personne et un banc pour s’asseoir. Ça me prend un lit pour handicapé. C’est super cher!» S’il s’est senti impuissant et ignoré devant le tribunal de l’IVAC qui a refusé de voir un lien entre l’agression et la sclérose, Mathieu n’était pas au bout de ses peines. Comme personne handicapée, il s’est aussi senti démuni devant le ministère de la Santé et le CLSC qui s’occupe de son cas. Avant d’avoir accès à sa douche, Mathieu a dû attendre un an et demi. «Je ne sais pas combien de malades il y a au Québec, mais le gouvernement n’a jamais de budget.»

Mathieu a eu droit à des complications, pour sa douche. Quand son lève-personne est enfin arrivé, il s’est aperçu qu’il n’était pas fait pour lui. «On en a commandé un autre pour moi. Ce n’était toujours pas le bon. Mais là, on me dit que le CLSC est hors budget. Ce n’est pas mon erreur, mais c’est moi qui paie pour. Aïe, j’ai passé 18 mois sans prendre de douche. J’ai tellement crié pour en prendre une!»

Ce genre d’irritants, Mathieu les accumule. «Mon fauteuil roulant est trop petit. Ça fait 5 ans que je l’ai. On m’a dit que j’en aurais un autre. Mais il faut que j’attende 6 mois. Pendant ce temps, c’est moi qui suis pris à l’étroit.» Depuis qu’il est handicapé, Mathieu a l’impression de se battre pour exister. Il se sent comme un miséreux abandonné à son sort qu’on aide par pitié quand il n’y a rien d’autre à faire.

Cette impuissance, il la vit avec son logement adapté. Pendant trois mois, il n’a pu ouvrir la porte qui donne sur son balcon. Personne n’est venu réparer la seule porte de son appartement qui donne vers l’extérieur et qui permettrait de changer l’air chargé de la fumée du cannabis qu’il consomme à longueur de journée. «On m’a dit que la porte n’était plus sous garantie. L’immeuble a été construit par une compagnie qui a fourni le prix le plus bas et le moins bon produit. Il n’y a rien de durable, ici!»

Médicaments coûteux

Comme bien d’autres malades, le coût des médicaments grève son mince budget et fait monter son stress. Son médicament à lui, c’est la marijuana. Sans ce remède, Mathieu serait confiné à se tordre de douleur dans son fauteuil roulant. Il ne consomme pas pour fuir le cauchemar qu’est devenue sa vie. Mathieu fume joint par-dessus joint pour délier ses doigts. Pour lui, tout geste est un effort. De son fauteuil roulant, il égraine son herbe sur un plateau poussiéreux de pollen. Il utilise une rouleuse où il glisse son papier à rouler. Cette simple tâche lui demande un effort et une concentration considérables. Des gestes qu’il répète pourtant plusieurs fois par jour. Pour fumer, il enserre son joint entre des ciseaux, plus faciles à tenir, mais qui l’éteignent plus souvent. Et chaque fois qu’il le rallume avec son briquet, sa main lui fait mal.

Sa consommation lui coûte 15 000$ par année. Le gouvernement lui rembourse 20%, soit 3000$. Avec des revenus de 19 000$, il lui en reste peu pour vivre. L’endettement, pour Mathieu, est un problème omniprésent et les pistes de solution sont nulles.

Pour obtenir ce remboursement de 20%, Mathieu va chercher son cannabis dans des centres de distribution autorisés. Mais les descentes policières dans les centres Compassion, en 2010, l’ont empêché de recevoir cette déduction. «La police a conservé tous les dossiers. C’est injuste. Je pète les plombs, je n’en peux plus.» Mathieu est furieux contre le gouvernement du Québec qui accepte de rembourser une partie de ses dépenses de marijuana tout en fermant les endroits qu’il accepte pour remettre ses déductions.

Mathieu ne sait que faire. «Je n’ai plus de vie, je l’ai perdue dans l’accident. Je suis emprisonné dans ma chaise roulante. Je sens que je vais bientôt mourir. Je ne suis plus capable de rien, plus rien ne bouge. Mes mains, mes jambes, mes pieds: je suis comme un spaghetti. Mon tronc est en train de s’enfoncer. Ça va vite, la maladie.»

L’amour fout le camp

Dans une autre vie, Mathieu était le plus heureux des hommes. Il filait le parfait amour avec une jeune femme avant d’être tabassé sévèrement. Par amour, ils se sont mariés après l’agression. Ils auront une fille. Un enfant conçu comme un don offert à la vie.

Mais la maladie qui affecte Mathieu aura raison de cette vie idyllique. Après 6 ans passés à prendre soin de son époux immobile et démoralisé, sa conjointe le quitte et demande le divorce. Mathieu est dévasté. Il pense mettre fin à ses jours.

«Elle m’a dit qu’elle n’était plus capable. J’étais trop malade: incontinent, dur à laver, incapable de marcher. Pour les raisons du divorce, elle a indiqué que j’étais trop handicapé. Pas qu’elle ne m’aimait plus. Simplement que j’étais trop difficile à vivre.»

Mathieu encaisse le coup difficilement. «Elle a commencé à me faire de la violence physique et psychologique. Elle levait mes jambes bien hautes et les laissait retomber. C’était rendu que j’avais peur d’aller me coucher. Car c’est là qu’elle pétait sa coche. Elle vivait une dépression.» Sa conjointe est débordée. Elle doit s’occuper d’un enfant en bas âge et d’un adulte invalide qui n’est d’aucun secours pour les charges familiales.

L’appartement est dans un état insalubre. En découvrant des couches sales dans le linge à laver, des préposés portent plainte. La conjointe de Mathieu est au bout du rouleau. «Ce n’était pas sa faute. Elle partait travailler à 7 heures et rentrait à 19 heures. Elle devait se lever la nuit pour la petite, elle s’occupait de moi.»

Mathieu est totalement dépendant de sa conjointe. Il est incapable de garder leur enfant, faire à manger, le ménage ou rapporter de l’argent à la maison. Il n’arrive même pas à se laver seul. Il marche constamment sur des œufs pour éviter la catastrophe. Surtout, il veut épargner à sa fille les crises conjugales. Il doit refouler ses plaintes, sa colère, et encaisser les débordements de son épouse.

Le 12 juin 2010, Mathieu dit adieu à sa petite famille et quitte l’appartement de Longueuil. Il comprend la décision de sa conjointe. «Elle m’a donné un bon support. Je ne lui en veux pas, je sais que c’est terminé. Mais mon amour pour ma fille, lui, ne disparaîtra jamais.»

Si Mathieu est rejeté par sa conjointe, il sent la même attitude auprès de ses proches et de sa famille. Mathieu pense être devenu un objet de honte pour sa famille. «C’est comme si on m’en voulait. Comme si c’était moi le criminel. Mes proches sont écœurés de m’entendre me plaindre.»

Traité comme un bébé

Mathieu s’est déniché un loyer dans un immeuble adapté pour personnes handicapées à Montréal. «J’aurais préféré à Longueuil pour être plus près de ma fille mais je n’ai rien trouvé. C’est super dur. Je suis passé à un cheveu d’aller en centre d’hébergement. Là, tu ne décides de rien. Ce n’est pas ta bouffe, tu es lavé deux fois par semaine. Toi, tu prends ta douche à tous les jours? Pourquoi un handicapé ne le pourrait pas?»

Seul dans son appartement, Mathieu ne peut subvenir à ses besoins sans l’aide de préposés qui le lèvent et le couchent à tous les jours. Le jeune homme ne choisit pas l’heure à laquelle il se lève ni quand il va dormir. «Le soir, il vient à 20h30. Même si je voulais me coucher plus tard, je ne pourrais pas. Et le matin, on vient me lever à 8h. Si j’avais envie de faire la grasse matinée, ce serait impossible.» Mathieu a beau être un adulte, il est traité comme un enfant qui ne décide de rien.

Pour prendre sa douche, il a besoin d’aide. «J’ai besoin de la prendre une fois par jour. Je n’ai pas le choix, j’ai un problème d’incontinence majeur. Je me réveille la nuit avec des cauchemars. Dormir, c’est l’enfer. J’ai mal, je tremble, j’ai des spasmes. Et je suis seul.» À chaque jour, Mathieu appréhende le moment d’aller au lit, période d’angoisse extrême pour lui. «Chaque fois que je me couche, je me demande si je vais me réveiller le lendemain. Et quand je me réveille, je me pose toutes sortes de questions. Suis-je encore en vie? Est-ce vrai ce qui m’arrive?»

Un matin, il a attendu la venue de son préposé jusqu’à midi. Il téléphone au CLSC pour y apprendre qu’on l’avait oublié. Quatre heures prisonnier d’un lit, à attendre pour éviter d’avoir l’air de se plaindre. Lorsque le préposé, dépêché à toute vitesse, est débarqué, Mathieu s’est senti intimidé. En se faisant demander comment il allait, d’un ton menaçant, il a répondu qu’il avait envie de se jeter en bas du 3ème étage. Le préposé a appelé au CLSC pour qu’un intervenant s’occupe de ses idées suicidaires. «Comment j’aurais pu me jeter par la fenêtre? Je suis en chaise roulante, j’ai besoin d’aide pour me sortir du lit… » Mathieu en profite pour dire à l’intervenant qu’il trouve le préposé violent. Le préposé l’a mal pris. «Je suis violent moi? Tu vas voir quand je vais te laver», lui aurait-il dit. Mathieu a eu peur. Il s’est senti à la merci d’un homme qu’il ne connaît pas.

Le CLSC lui accorde un préposé pour 6 heures de nettoyage par semaine, incluant le lavage. Il fait coïncider les visites de sa fille avec la présence de ce préposé, incapable d’assurer une supervision parentale minimale.

Mathieu songe à une opération miraculeuse. Au coût de 6800$, la chirurgie qui, croit-il, lui permettrait de retrouver ses sens, est offerte aux États-Unis. Ottawa vient de s’ouvrir à l’idée de financer des essais cliniques. Pour combler un mauvais drainage sanguin au cerveau, les traitements à l’étude débloqueraient des veines à l’aide d’une prothèse vasculaire. Mathieu ne voit aucune autre issue. Il compte sur l’opération pour se rétablir. Il vit d’espoir, c’est tout ce qui lui reste. Et, encore une fois, il ne décide pas de son sort.

Mais il s’accroche en pensant à sa petite fille. «Je pense que je vais m’en sortir, mais c’est long.»

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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Hépatite C et transfusion de sang contaminé

Bénévolat

FACE À FACE AVEC L’HÉPATITE C

Laurent Pontbriand se bat pour les victimes de l’hépatite C, contaminées comme lui par transfusion sanguine.

France-R. Lemelin, Dossiers Bénévolat, MTS-Sida

‘En 1990, j’ai été victime d’un accident d’automobile et j’ai dû recevoir une transfusion sanguine. Malheureusement, le sang que l’on m’a donné contenait le virus de l’hépatite C (VHC). C’est seulement six ans plus tard que j’ai appris que j’avais le virus, ce qui explique les malaises et la fatigue que j’ai vécus durant toutes ces années.

Tels sont les propos de Laurent Pontbriand de Cap-de-la-Madeleine, un homme engagé dans son milieu. Ce qui nous attire chez Laurent, c’est sa bonne humeur contagieuse. C’est un homme sympathique, chaleureux et franc. Son engagement inconditionnel et son empathie à l’égard des autres font de lui un être attachant avec qui il est agréable de converser. Ces quelques années de souffrances et d’inquiétudes avant le verdict fatal l’ont propulsé vers une maturité et une compréhension de la vie comme jamais auparavant.

Le choc: l’annonce de la mauvaise nouvelle

Loin de se refermer sur lui-même, Laurent a décidé de prendre les choses positivement. Il s’investit dans cette cause. Le fait de partager avec d’autres ce qu’il vit lui apporte une grande sérénité.

Mon épouse et moi avons décidé de mettre en place, en 1998, une fondation pour venir en aide aux personnes qui, comme nous, s’interrogent sur le virus de l’hépatite C.

À partir de 1998, les évènements se déroulent rapidement. Avec le soutien de Santé Canada, la nouvelle fondation a pu faire exécuter une recherche afin de connaître les besoins régionaux du Centre-du-Québec et de la Mauricie par rapport à la maladie. En 2001, le couple Pontbriand ouvre un bureau à Cap-de-la-Madeleine et s’entoure de personnel pour offrir des services aux personnes infectées ainsi qu’à leur famille.

Au début, la Fondation et ses ressources desservaient presqu’exclusivement nos deux régions mais, peu à peu, le territoire s’est agrandi. Il m’arrive assez souvent d’être appelé à me déplacer un peu partout au Québec. Je me suis même rendu jusqu’à Blanc Sablon, sur la Côte-Nord, de préciser Laurent.

Il donne des séances d’information à des organismes, des clubs sociaux. Il se rend dans les pénitenciers. Le cœur de son message repose sur son expérience et ses connaissances sur l’hépatite C. Ceux et celles qui se déplacent pour l’écouter sont loin d’être déçus.

Victoire contre les gouvernements

La plus grande récompense de Laurent est sa victoire remportée après une chaude lutte contre les gouvernements provincial et fédéral, afin d’obtenir une indemnisation pour les personnes contaminées par transfusion sanguine

 »Vous n’êtes plus seuls avec cette maladie de l’hépatite C, puisque la Fondation existe », de conclure Laurent en invitant toutes les personnes infectées et leurs proches à le contacter. Précisons que Laurent Pontbriand est président de la Fondation Hépatite C et coordonnateur bénévole à Hépatite ressources.

Autres textes sur MTS-Sida

 

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Assurances personnelles et casier judiciaire

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Le casier judiciaire

Impacts et conséquences sur les assurances personnelles

L’impact du casier judiciaire n’est plus à démontrer. En effet, plusieurs études ont analysé les conséquences du casier judiciaire sur l’emploi, sur les déplacements transfrontaliers ainsi que sur la protection de la vie privée.

Jean-Claude Bernheim et Jean-François Cusson Dossier Chronique du prisonnier, Protection du consommateur

casier judiciaire prison prisonnier systeme carceralDe plus, il semble que les locateurs de logement s’informent de plus en plus fréquemment à propos du casier judiciaire de leur futur locataire.Étant donné le nombre élevé de personnes possédant un casier judiciaire au Canada, il s’agit là d’une situation fort préoccupante, qui touche une grande proportion de la population. En 2004, parmi les personnes de 15 ans et plus, plus de 20% des hommes (2 902 533) et plus de 5% des femmes (798 486) possèdent un casier judiciaire.

Le casier judiciaire punit aussi la famille immédiate

Nous désirons porter votre attention sur le problème de l’assurance personnelle. De plus en plus de personnes ayant un casier judiciaire éprouvent des difficultés avec les compagnies d’assurance.

Plusieurs personnes se voient refuser à titre de clients par des compagnies d’assurance dites «standard». Ou encore, elles voient leurs réclamations rejetées, parce qu’elles n’ont pas précisé, au moment de la demande d’assurance, qu’elles ont un casier judiciaire. Ou plus grave encore, elles sont refusées parce que leur conjoint ou leur enfant qui vit sous leur toit a dossier.

Selon la Loi sur le casier judiciaire, la réhabilitation (le pardon) devrait en principe effacer les conséquences de la condamnation. Dans les faits, on remarque que la réhabilitation a surtout une valeur symbolique et, qu’au mieux, elle peut mitiger les effets de la condamnation (Cour d’appel du Québec). Le casier judiciaire, tel que nous le connaissons au Canada, est un obstacle important en matière d’assurance, et la notion de réhabilitation demeure tout à fait théorique.

Au cours des dernières années, certains tribunaux ont durci leurs jugements envers ceux qui possèdent un casier judiciaire. Ainsi, la Cour du Québec a statué que le droit à l’assurance, ça n’existe pas en soi.

Des compagnies d’assurance de plus en plus réticentes

Les données recueillies, jusqu’à présent, font ressortir que les compagnies d’assurance sont de plus en plus réticentes à assurer les détenteurs d’un casier judiciaire, et ce, même si la couverture d’assurance demandée n’a rien à voir avec la nature du casier judiciaire. En fait, elles tendent à considérer que le simple fait de posséder un casier judiciaire a pour effet d’augmenter le niveau de risque non seulement de l’assuré, mais de sa famille immédiate. Cette façon de faire, tout en étant discriminatoire, fait fi de la notion de réhabilitation.

Les cas qui nous ont été jusqu’ici soumis soulèvent les questions suivantes. Pourquoi ne pas inscrire directement dans la documentation et sur les contrats l’obligation qu’a la personne qui demande une assurance de préciser si elle a un casier judiciaire? Pourquoi la présomption d’innocence n’est-elle pas applicable dans le cas d’une personne qui détient déjà une assurance? Pourquoi, dans la perspective où le contrat d’assurance est un contrat de bonne foi, l’assureur n’a-t-il pas l’obligation de faire clairement connaître ses critères de refus avant d’assurer et de faire inclure dans les exclusions le fait d’avoir un casier judiciaire?D’ailleurs, devant l’attitude des compagnies en matière d’assurance automobile, la Cour d’appel du Québec a mentionné, dans une décision récente (8 février 2005, 2005 QCCA 197), que «si les assureurs ne souhaitent pas assurer les personnes ayant un casier judiciaire non relié à la conduite d’un véhicule ou à sa possession, qu’ils posent directement les questions appropriées». Malgré tout, elles refusent de le faire depuis des décennies.

L’attitude des compagnies d’assurance nous conduit à nous poser la question suivante: s’il est justifié de refuser d’assurer les personnes ayant des antécédents judiciaires, de même que leur conjoint et éventuellement leurs enfants qui demandent directement une assurance, est-il déraisonnable de se demander si la situation devrait être la même pour des locataires qui ont un casier judiciaire? Le locateur est-il, ou encore sera-t-il, en mesure d’obtenir une assurance?

En effet, les employeurs qui envisagent d’embaucher une personne ayant un casier judiciaire peuvent voir leur prime augmenter considérablement ou leur couverture diminuer comme une peau de chagrin. Alors, pourquoi pas les locateurs? Jusqu’où allons-nous continuer cette discrimination? Autoriser la discrimination des personnes ayant des antécédents judiciaires peut-il contribuer à maintenir une société plus juste, paisible et sûre? Nous en doutons.

Vol d’automobiles

  • Une compagnie refuse d’indemniser un assuré parce que, d’une part, il n’a pas déclaré qu’il possède un casier judiciaire (sentence à vie pour meurtre), et, d’autre part, pour une faillite survenue sept ans auparavant. L’assuré est en libération conditionnelle depuis 10 ans. En conséquence, l’assuré doit continuer à payer son auto volée (528$ par mois). Mais, le plus important, selon lui, c’est l’impact psychologique de se faire répéter qu’il est un criminel dans une affaire qui n’a rien à voir avec son passé et sa vie depuis sa libération.
  • Condamné pour meurtre et en libération conditionnelle, il se fait voler son automobile d’une valeur de 10 000$ environ. La compagnie refuse de l’indemniser. Après le dépôt d’une requête à la Cour du Québec (chambre civile), il y a règlement hors cour et la compagnie lui verse un montant de 7 710$ en capital-intérêts et frais.
  • Un jeune homme, sous le coût d’un engagement de ne pas troubler l’ordre public à la suite d’une accusation de vol et de fraude, voit la compagnie d’assurance refuser d’indemniser ses parents après qu’il ait commis un vol d’auto. Une compagnie d’assurance refuse d’indemniser le propriétaire d’une automobile volée sous prétexte qu’il n’a pas déclaré que son fils, majeur et domicilié dans une autre région que le père, désigné conducteur principal, avait été condamné pour fraude quatre ans auparavant, pour avoir émis un faux chèque. La Cour du Québec accueille l’action et condamne la compagnie à verser une indemnité de 9 400$.
  • Une compagnie refuse d’indemniser le propriétaire d’une automobile, qu’il ne conduit pas, et dont la conjointe est désignée à titre de conductrice principale, sous prétexte qu’il a omis de déclarer ses antécédents judiciaires qui n’ont rien à voir avec l’utilisation et la conduite d’un véhicule automobile. La Cour du Québec accueille l’action et condamne la compagnie à verser une indemnité de 16 295$.

Demande d’assurance feu et responsabilité civile

Le demandeur a une assurance automobile depuis six ans. Les compagnies 1 et 5 lui demandent s’il a un casier judiciaire (une condamnation pour culture de marijuana, en 2001). Devant sa réponse positive, il essuie deux refus. Il se retrouve à devoir envisager de fermer sa compagnie informatique, parce qu’il ne peut obtenir d’assurance responsabilité pour répondre aux exigences de ses clients.

Difficultés d’une conjointe de détenu

L’ex-conjointe d’un détenu a subi une série d’injustices dont l’expulsion de son logement et un refus d’assurance habitation. Cette personne se sent victime et pénalisée du fait qu’elle n’a commis aucune infraction et qu’elle n’a plus de contact avec le condamné.

Résiliation de contrat

Après la diffusion d’un reportage dans le cadre de l’émission La Facture (Radio-Canada, janvier 2003), un ex-détenu contacte sa compagnie d’assurance pour l’informer qu’il a un casier judiciaire et que sa dernière condamnation, pour vol qualifié, remonte à 1993. La compagnie lui envoie une lettre l’informant qu’elle résilie le contrat d’assurance.

À la suite d’un appel téléphonique, la compagnie accepte de poursuivre une partie de la couverture, le feu seulement, mais avec une franchise de 1000$ et en excluant le vol. Évidemment, la conjointe ne peut se prévaloir d’une assurance avec une couverture plus large. Les compagnies sollicitées ont refusé de l’assurer.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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