Famille autochtone de Mistassini et la prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Loin de chez soi

Colin McGregor, prison de Cowansville. Dossiers PrisonAutochtones

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansvilleNous nous tenons à l’entrée des blocs cellulaires, mon jeune ami et moi. La récréation vient juste de commencer ; les gens nous bousculent en passant.

B* a 22 ans, il est grand, calme et il apprend à lire. Mais aujourd’hui, nous ne lisons pas. Son attention est centrée sur une pile de photos qu’il tient à la main. Il me les montre, une à la fois.

«Le voici», me dit-il. «Mon fils.» Penché de façon précaire sur une table, un enfant de deux ans danse, pendant que ses yeux brun clair regardent directement l’appareil photo. Devant le garçon à la tête ronde, on voit un très grand gâteau. On peut lire, écrit en glaçage: «(le nom du garçon) marche». Sur le gâteau, on a posé un tipi et une épinette, les deux faits de sucre.

B* arbore le large sourire que partagent tous les pères. «C’est mon fils», dit-il.

enfant-prison indiens mistassini autochtones pénitencierIl m’explique que seuls les Cris de Mistassini procèdent à cette cérémonie avec leurs fils, aussitôt qu’ils peuvent marcher. Le voisinage se rassemble pour fêter l’occasion. On élève une tente dans laquelle toute la famille prend place. On sort le garçon de la tente pour le faire marcher sur un lit d’aiguilles de pin. C’est là toute la cérémonie. Après vient le gâteau. Dans la photo que je regarde, un garçon souffrant d’embonpoint, deux fois plus gros que le fils de B*, se tient à côté du gâteau qu’il dévore des yeux. En arrière, on voit de grands bungalows en bois et une allée boueuse.

Il y a toujours quelques jeunes Cris de Mistassini, ici; ils sont fiers, polis et réservés. Leur ville est perchée sur le bord du plus grand lac du Québec, et entourée par des épinettes noires et chevelues (leurs branches sont couvertes par une sorte de lichen). Notre prison en Montérégie est bien éloignée de cette communauté: onze heures de route. B* ne verra pas son fils avant de sortir de prison.

Comme la plupart des Cris de Mistassini qui se trouvent ici, B* purge une peine pour une des choses idiotes que font les jeunes hommes ivres un samedi soir, dans une ville pleine de fusils. Lorsque B* quittera le système carcéral pour retourner chez lui, il n’aura pas besoin de quêter. Là où le ciel nordique sans fin touche les rives du grand lac, les rues sont pavées d’or: à cause de l’uranium, des diamants, de la pêche et de l’argent de l’entente de la Baie-James. Des maisons de briques comme on pourrait en voir à Outremont. Une communauté où règnent la solidarité et le pardon.

Une grande affiche sur le mur de la salle de rédaction du Washington Post affirme ceci: «L’argent est la réponse à toutes vos questions». Mais parfois, ce n’est pas vrai. Les écoles françaises et anglaises de Mistassini sont incroyablement bien équipées; et pourtant, au cours des 4 dernières années, seulement 2 étudiants ont réussi leurs études. Et c’était des femmes au commencement de la vingtaine. Dès le début du secondaire, les enfants respirent de la colle et de l’essence dans les bois derrière l’école. Les enseignants appellent les parents. Les parents se souviennent des brutalités des pensionnats autochtones de leur enfance. Et rien n’est fait. Ceux qui veulent étudier ne peuvent se réfugier nulle part: la plus proche bibliothèque publique se trouve à Chibougamau, à 89 kilomètres de là. Une fois rendus en prison, loin des tentations, les jeunes hommes de Mistassini commencent à se concentrer. Ils apprennent les mathématiques, ils apprennent à lire et à écrire, en anglais, en français et parfois même dans leur langue natale, le cri.

De leur côté, les Inuits des prisons du Sud viennent de 14 villages disséminés le long de la côte, comme les perles sur un collier de plusieurs centaines de kilomètres. Chaque village parle son propre dialecte inuktitut. Pendant les longs voyages de chasse qui peuvent durer des semaines, les Inuits apprennent les langues des villages voisins. L’anglais représente probablement leur quatrième ou cinquième langue; et les verbes français avoir et être leur sont étrangers. Qu’on le veuille ou non, le Grand Nord est un monde anglophone.

Des enseignants et des conseillers de la prison, des tuteurs volontaires de l’extérieur et même des «bagnards» négligés participent à l’éducation des Autochtones. Il y a des programmes fédéraux et des lieux spécifiques réservés aux Autochtones en prison. À l’intérieur des limites municipales de Cowansville se trouve la ferme de Paul Martin, qui fut jadis le premier ministre canadien. Il dirige une fondation qui se consacre à l’éducation autochtone et subventionne le Conseil de l’alphabétisation de Yamaska, le groupe de volontaires qui soutiennent les prisonniers autochtones dans leur apprentissage. Par le biais de ce Conseil, la Fondation de M. Martin paye pour beaucoup de nos livres d’alphabétisation.

Dans son autobiographie, M. Martin décrit la vallée idyllique dans laquelle il vit, avec les moutons qui paissent dans les prés verts. À l’intérieur de nos blocs cellulaires de béton gris, tout près de là, on ne peut qu’imaginer cette vallée. De temps en temps, un tuteur de la région, venu de Bromont, s’assoit dans la chapelle de la prison avec B*.

Ensemble, ils se penchent sur des histoires illustrées de raquettes et de mocassins dans un livre payé par l’ancien premier ministre. La vie peut être étrange.

Dans le corridor du bloc cellulaire, B* me montre une autre photo de son fils. Le garçon émerge d’une tente remplie de parents. Il est soutenu par le frère de la mère.

«Si j’étais là», me dit B* en souriant tristement, «c’est moi qui l’aiderais à marcher. Le garçon me ressemble, hein?»

Le garçon regarde encore une fois directement vers l’appareil photo, et avec beaucoup de force pour un enfant de deux ans. Je regarde ses yeux. Je vois B*.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Autres textes sur Autochtone

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une partie de son oeuvre chez vous.

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Publicités

Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal

L’art et la culture autochtones

Rencontre avec Sylvie Paré

Depuis quelques années, lorsque je me rends au Jardin botanique de Montréal,  je m’arrête d’abord au lieu nommé «Jardin des Premières-Nations». Parmi tout le reste, c’est celui qui me plaît le plus.

Normand Charest Dossier AutochtonesEnvironnementJardin botanique

jardins premières nations indiens amérindiens culture amérindienne

Pourtant, le jardin des Premières-Nations n’a rien de spectaculaire, contrairement à celui de la Chine, par exemple, plein de bâtiments d’allure ancienne et exotique et de grands massifs de vivaces qui demandent beaucoup d’entretien.

Le jardin dédié aux Autochtones de chez nous est tout autre. À première vue, il n’a même pas l’air d’un jardin. Plutôt qu’une seule grande entrée triomphale, il en compte plusieurs, chacune d’elles discrète et passant facilement inaperçue.

Si on n’y porte pas attention, ce jardin peut ressembler à n’importe quel boisé. Et à bien y penser, c’est peut-être là le but. Celui de nous ralentir un peu, puis de nous rapprocher de l’essentiel. C’est-à-dire de la nature et de l’authenticité.

Un jardin symbolique

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienLe Jardin des Premières-Nations est sillonné de petits sentiers. Sous les grands arbres matures, on a planté des végétaux indigènes. Et tout y reprend graduellement un air sauvage. Sauf pour les plaquettes identifiant les plantes, qui nous rappellent que nous sommes dans un jardin botanique, jouant ainsi leur rôle éducatif.

On voit des pierres gravées couchées sur le sol, et des aménagements discrets çà et là. Une grande tente de toile, des poteaux de tipi, une hutte de sudation, une palissade…

Les régions du Québec y sont symboliquement représentées. La forêt décidue (comme elle l’est dans la région de Montréal et tout le sud du Québec; le terme «décidu» qualifiant les arbres qui perdent leurs feuilles en automne, comme l’érable et le chêne), la forêt de conifères (à feuilles persistantes) plus au nord, et puis un tout petit échantillon de la toundra où il n’y a plus de forêt.

La particularité aquatique du territoire québécois est représentée par un grand étang où l’on trouve des canards, des tortues et des moules d’eau douce sous une abondance de nénuphars en fleurs. Il n’y manque que l’orignal.

Des Autochtones accueillant

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indien amérindiensLe pavillon lui-même est effacé. On a évité le rustique et la pacotille. On n’y trouvera pas d’«Indien» à plumes. L’essentiel se trouve ailleurs. Dans la nature, bien sûr, mais par-dessus tout, dans l’accueil chaleureux des animateurs: toujours de jeunes Autochtones.

Mais sa plus grande richesse, repose dans le travail de ses jeunes animateurs. C’est là, peut-être, que se trouve le concept le plus original et réussi de ce jardin. À chaque fois, je suis frappé par leur accueil patient et enthousiaste, par leur disponibilité et leur douceur. Il faut souligner cette réussite! D’ailleurs, il me semble qu’on ne parle pas assez de ces qualités autochtones, d’accueil et de douceur, dont j’ai pu faire l’expérience à d’autres occasions.

Dans la culture amérindienne, l’homme est le frère des animaux, des plantes, et des éléments. Il en est indissociable, et c’est lui qui nous guide dans ce jardin des Premières-Nations, dont le rôle est à la fois éducatif et social.

Rencontre avec Sylvie Paré

jardin premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienMme Sylvie Paré, en tant qu’agente culturelle, est le maître d’œuvre de tout l’aspect humain de ce jardin. Sa tâche inclut le recrutement puis la formation des jeunes Autochtones dont le travail d’animation fait parler positivement d’eux.

Nous avons rencontré Mme Paré dans ce jardin pour une entrevue. La forêt vivante nous entoure, dans ce bureau, où elle entre par deux murs vitrés qui nous englobent.

Racines amérindiennes

Malgré son apparence physique qui lui vient de son père (elle est blonde aux yeux bleus), Mme Paré est elle-même autochtone: Wendat par sa mère. Un grand-père et un arrière-grand-père maternels ont d’ailleurs été chefs à Wendake, près de Québec.

Certes, il y a beaucoup de métissage chez nous, depuis le début de la Nouvelle-France. Or, «la culture ne se transmet pas de manière génétique», nous dit Mme Paré. C’est aussi une question de choix personnel et de vouloir retrouver ses racines identitaires.

Mme Paré possède une formation en art ainsi qu’une maîtrise en muséologie. Ses origines amérindiennes ont influencé ses orientations professionnelles. Elle a été conservatrice de l’art autochtone pendant 2 ans pour le Musée canadien des Civilisations à Gatineau. Mais elle préfère la «culture vivante», nous dit-elle, c’est-à-dire «le processus de création de la culture», à la conservation d’objets dans un musée.

Au départ, son intérêt pour le jardin des Premières-Nations reposait justement sur «la revalorisation de la culture autochtone». Car à son arrivée à Montréal en 1989, elle avait bien remarqué qu’on n’en trouvait pas beaucoup de traces dans cette ville.

Naissance du jardin des Premières-Nations

Curieusement, ce lieu consacré à la culture autochtone est venu bien tard au Jardin botanique. Quand on lui demande pourquoi, Mme Paré explique: le frère Marie-Victorin (1885-1944), fondateur du Jardin botanique, et Henry Teuscher (1891-1962), son architecte paysagiste, voulaient un jardin amérindien depuis le début (un jardin de plantes médicinales «indiennes»). Cela faisait partie des plans. Et il y a bien eu quelques tentatives, mais aucune n’a duré.

C’est lorsque Pierre Bourque était maire de Montréal en 2001 que le projet fut finalement accepté. On se souviendra que M. Bourque avait dirigé avec passion le Jardin botanique avant d’être maire (le jardin de Chine fut son plus grand projet).

Et puis la volonté politique municipale, souligne Mme Paré, était peut-être appuyée par le 300e anniversaire (1701-2001) de la Grande Paix de Montréal, un important traité signé entre les nations amérindiennes et les Français, que l’on se proposait de célébrer.

La planification du projet avait débuté en 1999, avec la participation d’un comité autochtone et d’un comité scientifique. L’organisme Tourisme Montréal contribua au financement de ce jardin avec la Ville. Mais on n’a bénéficié d’aucune subvention fédérale.

Insécurité identitaire

Peut-être parce que les Québécois sont eux-mêmes en quête d’identité, ils ont longtemps semblé moins ouverts à la culture autochtone que le reste du Canada, comme si celle-ci se trouvait pour eux «dans un angle mort», nous dit Mme Paré. On trouve, par exemple, de l’art amérindien à l’aéroport de Vancouver, mais pas à celui de Montréal.

Le Québec s’est ouvert à l’apport des immigrants et à leur influence, mais pas assez aux Autochtones. Ainsi, on a eu un Jardin japonais, puis un Jardin chinois avant d’en avoir un consacré aux Premières Nations.

On note quand même, récemment, un intérêt plus grand des auteurs québécois pour cette culture et l’émergence d’une littérature autochtone chez nous. Il faut que ce rayonnement se poursuive.

«Si les Québécois reconnaissaient la part amérindienne qui est en eux et dans leur culture, ils comprendraient mieux les Autochtones», nous dit Mme Paré. «Les premiers arrivants européens ont survécu grâce à l’assistance des Amérindiens, qui leur ont appris à s’adapter à un nouveau climat. Si l’on voulait dresser l’inventaire de tous nos emprunts à leur culture, la liste serait longue.»

Protéger la Terre Mère

Nous pouvons encore beaucoup apprendre des valeurs autochtones. Des valeurs communautaires basées sur l’écoute et le respect de l’autre. Mais aussi des conceptions écologiques, à l’opposé de la surexploitation commerciale de la pêche, des forêts et des mines, qui a déjà fait tant de dommages au pays.

«Le message de protéger la Terre Mère est naturellement toujours au centre de notre action», nous dit Mme Paré. «Les communautés du Nord ont beaucoup souffert de la pollution par les mines et de l’oppression des grandes entreprises. On pense aussi au cercle vicieux de la surexploitation des forêts. Bravo à Richard Desjardins pour ses deux films [en collaboration avec Robert Monderie], L’erreur boréale (1999), qui dénonce les coupes à blanc et Le peuple invisible (2007), sur les Algonquins et le pillage de leurs ressources naturelles. Il est un véritable allié des Autochtones et l’on se doit de souligner son travail.»

Un lieu de guérison

L’aspect spirituel est important dans la culture autochtone et, par conséquent, il l’est aussi pour ce jardin. Dans le cadre de l’animation, Mme Paré s’assure de la collaboration de personnes qualifiées dans ce domaine, et elle accueille des aînés, des personnes-ressources qui peuvent procéder aux cérémonies traditionnelles.

De plus, le sacré et l’art sont intimement liés: «L’art est sacré pour moi. C’est une activité qui vient de l’intérieur, une recherche d’absolu, un travail sur soi, une façon d’avancer dans nos valeurs.»

Apprendre à s’exprimer

Au départ, beaucoup de jeunes Autochtones éprouvent des difficultés à s’exprimer. Parfois, ils ne maîtrisent pas suffisamment ni le français, ni leur langue maternelle. Puis ils se sentent déracinés en ville, loin des valeurs communautaires de leur réserve.

Des organisations les aident à s’exprimer, par exemple: «Ondinnok», une compagnie de théâtre amérindien fondé à Montréal en 1985 ou «Wapikoni Mobile», initiée par la cinéaste Manon Barbeau, fille du peintre Marcel Barbeau (signataire du Refus global). Le Wapikoni offre des studios mobiles de vidéo et d’enregistrement qui parcourent les réserves et donnent l’occasion aux jeunes de faire l’expérience du cinéma et de la musique.

«Il est urgent de valoriser les jeunes des réserves et leurs talents. Car ces peuples ont dû affronter d’énormes difficultés d’adaptation. Il y a eu une véritable cassure et un rejet de part et d’autre», nous dit Mme Paré. «D’autre part, ce qui est bien avec le jardin des Premières-Nations, c’est qu’il est permanent, alors que l’avenir de beaucoup de projets n’est pas toujours assuré.»

Valoriser sa culture

«Avec nous, et à travers leur formation et leur travail, les jeunes apprennent à se valoriser et à valoriser leur culture. Dans leur travail, on leur demande de partir de leur histoire, de leur passé, mais aussi de leur présent. Dans tout ce que nous faisons, nous souhaitons mettre en valeur les artistes et les artisans actuels, ceux d’aujourd’hui, et la beauté de leurs œuvres.»

Jeunes animateurs

En ce moment, la plupart des jeunes animateurs sont des Innus. Mais presque toutes les onze nations autochtones du Québec ont été représentées au cours des années.

Les jeunes sont heureux de pouvoir échanger entre eux et de nouer des amitiés. Le Jardin offre un «support solide pour intégrer une vie saine et protégée au cœur de la ville. Sinon, c’est difficile pour eux», nous dit Mme Paré. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un emploi saisonnier, de mai à octobre. Et avec les règles de plus en plus sévères de l’assurance-emploi, ce travail peut devenir plus précaire.

«J’essaie d’être à leur écoute. Je leur demande de partir de leur propre culture, de leurs valeurs pour entrer en contact avec le public. Et ils prennent tout le temps nécessaire pour écouter et parler avec les visiteurs. Car il y a beaucoup de stéréotypes et de clichés à déconstruire, et il s’agit de travailler sur le changement des mentalités.»

Groupes scolaires

«Beaucoup de groupes scolaires visitent le jardin, parce que l’histoire autochtone est maintenant devenue obligatoire au deuxième cycle du primaire. Mais ce serait mieux si elle l’était déjà au premier. Car il s’agit de désamorcer les fausses perceptions dès le plus jeune âge, autant que possible. Et ainsi, le travail des jeunes animateurs se fait beaucoup au niveau de la tradition orale.

Mais ce n’est pas facile de recruter des jeunes pour travailler au jardin. Parce qu’ils doivent quitter leur communauté et leur famille. C’est la même chose, d’ailleurs, pour les jardins de la Chine et du Japon», nous dit Mme Paré.

Les Premières Nations en France

En 2010, le Jardin botanique de Montréal a été invité à établir un jardin amérindien en France. Sylvie Paré fut chargée de ce projet que l’on nomma «Ohtehra» (ce qui signifie «racines» en langue wendat). Ce lieu se trouve dans les «Jardins fruitiers» de Laquenexy, une petite ville près de Metz, en Moselle.

On y découvre les cultures amérindiennes du maïs, des haricots et des courges (les Trois Sœurs), ainsi que du tabac et des plantes médicinales. Les animateurs du jardin des Premières-Nations y travaillent depuis 2010, et ils contribuent à donner aux Français une image plus juste et actuelle des Amérindiens, loin des stéréotypes habituels.

__________________

Programmation du Jardin des Premières-Nations

L’animation à l’intérieur du Jardin des Premières-Nations commence le 22 juin, (le lendemain de la «Journée nationale des Autochtones» au Canada) et se termine le 3 novembre.

L’animation comprend des expositions, des ateliers et des rencontres, en plus des conversations entre les animateurs et les visiteurs.

Rappelons que juin est aussi le «Mois national de l’histoire autochtone» (Canada). Tandis que le 9 août correspond à la «Journée internationale des peuples autochtones», telle qu’établie par l’Assemblée générale des Nations unies en 1995.

(Pour une programmation plus détaillée du jardin des Premières-Nations.)

Regrouper les forces

Mme Paré participe au «Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal» dont le but est d’améliorer la qualité de vie des Autochtones en milieu urbain. Ce réseau regroupe plusieurs organismes et leur donne une plus grande influence, en regroupant les forces.

Son action au cœur de ce réseau, à un niveau artistique et culturel, lui a permis de développer un fonds pour les arts et la littérature autochtones, en collaboration avec le ministère de la Culture du Québec.

Autres textes sur Autochtone et Jardin botanique

Abonnement au magazine Reflet de Société

magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet:http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Cérémonie du soleil levant

Réconciliation autochtone

Pensionnat autochtone: processus de guérison

Flora Lassalle. Dossier Autochtones

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphopPendant trois jours s’est tenu à Montréal l’«Évènement national du Québec» organisé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Une occasion d’entendre des histoires de personnes venues des quatre coins du pays pour parler de ce qu’ils ont vécu et subi. Une rencontre bouleversante.

Malgré leurs souvenirs cauchemardesques, tous semblaient optimistes concernant l’avenir. Cet évènement fut l’occasion de témoigner afin de «fermer les portes de l’enfer». Certains discours débordaient d’émotions.

Devant les témoignages, l’une d’entre elles leva les bras au ciel et hurla de désespoir face à une scène de viol. Cinq personnes accoururent pour l’embrasser et la réconforter. La notion de collectivité s’est faite fortement ressentir: le but étant d’affronter cette mémoire ensemble.

Les cérémonies du soleil levant organisées chaque matin permirent à toutes les personnes qui le souhaitaient de se recueillir.

Ces trois journées aidèrent certains à continuer leur processus de guérison et à d’autres de le débuter, entourés de gens de confiance. Cette guérison est incontournable. Selon un chef algonquin: «Pour que la cure fonctionne, tout le monde doit arriver à assumer le passé.»

Les Événements nationaux

Quatre Évènements nationaux ont eu lieu avant celui de Montréal. Au début de chacun, un feu sacré était allumé et entretenu par le gardien du feu. Il perdurait jusqu’à ce que la rencontre s’achève, permettant d’offrir chaleur et protection à tous les participants pour favoriser leur guérison. Des cendres étaient prélevées pour être reversées dans le feu suivant à la fin de chaque évènement, tradition qui a perduré lors de l’Évènement national organisé à Montréal. Ainsi le feu sacré qui brûla à Montréal regroupait les cendres de tous les évènements précédents.

La cérémonie du soleil levant, lorsque les premiers rayons de soleil se font entrevoir. Les participants se placent autour du feu pour rendre hommage aux victimes des pensionnats par des prières et des offrandes. Après s’être purifié et recueilli, tous les participant qui en éprouve l’envie sont invités à venir prendre le bâton de parole et partager leur ressenti avec les personnes présentes dans le cercle.

Les participants s’expriment 

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphop«Nous sommes les plus pauvres dans l’un des pays les plus riches.»

«Ce n’est pas en détruisant que l’on va réussir, c’est en construisant ensemble.»

«Un évènement de quelques minutes peut rester pour toujours dans notre cœur. La seule façon de le dépasser serait de nous arracher le cœur.»

«Si l’on n’a plus de respect pour la nature, on n’en a pas non plus pour les hommes.»

«L’école résidentielle était faite de briques. Sur chaque brique, on pouvait lire l’inscription “Canada”.»

«Je parle de mon passé pour fermer les portes de l’enfer.»

«Prendre un enfant, c’est arracher le cœur d’une famille.»

«I believe truth will set me free

«Vivre comme si échouer n’était pas possible…»

Toiles de l’artiste Fanny Aĩshaa

Autres textes sur Autochtone

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Une boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

La loi sur les indiens et l’apartheid

Loi sur les Indiens

Le gouvernement sud-africain s’est inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940. 

Flora Lassalle. Dossier Autochtones

autochtones indiens loi indien autochtone réserve loiLa loi sur les Indiens a été mise en vigueur en 1867. Elle avait officiellement pour but de protéger les terres ancestrales des Premières Nations des colons. Malheureusement, cette loi permettait surtout d’assimiler et de contrôler les Autochtones. Le gouvernement sud-africain s’est d’ailleurs inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940.

Par cette loi, l’État criminalise les cérémonies spirituelles, empêche les Indiens de voter, de posséder des terres et de sortir de leur réserve sans autorisation. Il impose aussi ses lois sur la chasse, les ventes, la culture des Autochtones. Elle décharge les parents de leurs droits sur leurs enfants, et réprime considérablement leur droit d’expression.

autochtones indiens amérindiens loiMême si la majorité de ces articles ne sont plus en vigueur aujourd’hui, la loi sur les Indiens existe toujours. Un Indien ne peut toujours pas être propriétaire. Les réserves appartiennent intégralement au gouvernement fédéral qui peut saisir les biens d’un individu à tout moment s’il y voit un intérêt public. Les résidents peuvent, au mieux, se voir accorder un certificat de possession attestant le droit d’occuper une propriété pour un certain nombre d’années.

Les banques ne peuvent pas saisir de biens sur les réserves. Les Premières Nations se voient donc refuser, de façon quasi automatique, leurs demandes de prêts.

Jusqu’en 1985, si une femme non Indienne se mariait et enfantait d’un homme Autochtone, elle et sa progéniture se voyaient attribuer le statut d’Indien. Par contre, si un homme non Indien se mariait avec une Autochtone, ni lui, ni leurs enfants ne pouvaient acquérir ce statut. La loi sur les Indiens fut particulièrement nocive pour les femmes. Encore aujourd’hui, si l’une d’entre elles divorce de son mari, elle peut être expulsée de son logement sans aucun recours. Elles ne possèdent pas non plus l’égalité du droit de parole dans les conseils de bandes. L’association des femmes autochtones du Canada tente de lutter contre les nombreuses injustices dont elles sont victimes.

La loi sur les Indiens perpétue la discrimination. Amnistie internationale et les Nations Unies l’ont dénoncée à plusieurs reprises car elle va à l’encontre des droits fondamentaux de la personne.

Toiles de l’artiste Fanny Aĩshaa,

Autres textes sur Autochtone

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Une boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Musée de la civilisation à Québec: Premières Nations et autochtones

Musée de la civilisation à Québec

Nous, les Premières Nations

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Autochtone, Environnement,

chronique sociale société communauté socialLe Musée de la Civilisation est situé dans le Vieux-Québec et dans la Basse-Ville, avec vue sur le fleuve et sur les glaces flottantes en cette première semaine de mars où nous l’avons visité.

Il s’agit d’un grand musée, au hall spacieux et vitré, qui offre plusieurs expositions en même temps. Impossible, en général, de toutes les visiter en une seule journée, car il y a trop de choses à voir et à entendre.

premières nations autochtones indien réserves indiennes autochtoneNous allions surtout visiter «Nous, les Premières Nations», une exposition permanente que nous avions vue annoncée de l’extérieur, de notre chambre dans une auberge de la rue Saint-Pierre, à l’arrière de l’édifice.

Nous n’avons pas été déçus. Comme c’est souvent le cas dans les musées actuels, en plus des objets exposés – comme un énorme canot d’écorce atikamekw –, on peut écouter plusieurs courts documentaires qui nous aident à mieux comprendre. Et aussi à briser certains préjugés.

Comme celui des Amérindiens qui se laissent vivre de l’aide sociale. Il faut comprendre qu’ils n’ont pas choisi cette situation qui leur a été imposée par les administrations gouvernementales. Les peuples nomades vivaient plutôt bien sur leurs larges territoires de chasse, de pêche, de cueillette et de trappe.

Ils ont été sédentarisés de force et contre leur gré. De plus, l’accès à leurs territoires de chasse a été entravé ou même empêché par les agents territoriaux et par la coupe de bois intensive qui ne respectaient pas leur mode de vie.

Ajoutons à cela la tutelle du ministère des Affaires indiennes, les règlements, la gouvernance ne correspondant pas à leurs cultures, les chefs de bande et les pensionnats imposés par le gouvernement… Et nous avons tout à coup une autre vision des responsabilités respectives, dans l’état actuel de la vie des réserves.

Nos anciens livres d’histoire nous présentaient aussi une image de Sauvages naïfs que les premiers Blancs pouvaient facilement rouler avec leur pacotille. C’était complètement faux, nous dit-on maintenant dans cette exposition. Car les autochtones avaient, depuis toujours, l’habitude du commerce entre leurs nations, et ils pouvaient être de fins marchandeurs. Ils se servaient aussi habilement de la concurrence entre les Blancs pour la tourner à leur avantage.

Le temps est venu de rejeter toutes les fausses notions, les préjugés. En même temps que nous prenons conscience des dégâts causés par l’exploitation des ressources naturelles, dans cette grande Nature que l’on croyait jusqu’alors, naïvement, encore sauvage et inépuisable.

Musée de la civilisation à Québec
85, rue Dalhousie, Québec, QC  G1K 8R2
418 643-2158 – www.mcq.org

Autres textes sur Autochtone

Boutique des jeunes artistes

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une partie de son oeuvre chez vous.

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

 

Une histoire centrée sur les Blancs

Ethnocentrisme *

Une Histoire trop blanche

Les concepts d’Histoire et de civilisation tels qu’on les a enseignés pendant longtemps ne sont pas aussi universels qu’on voulait bien le prétendre. Ils étaient fortement teintés par une vision européenne et blanche du monde.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Interculturel, Mois de l’histoire des Noirs

réflexions sociales débats sociaux sociétéNous connaissons bien l’anthropologue Serge Bouchard par sa belle voix profonde et chaleureuse. Par ses propos éloquents que l’on a pu entendre à la radio ou à la télévision. Et aussi par ses écrits publiés dans Le Devoir et dans diverses revues, puis regroupés en de nombreux livres bien appréciés.

Son livre C’était au temps des mammouths laineux (2012), une collection de 25 essais, ne se lit pas nécessairement d’un seul coup. C’est un peu comme du sucre d’érable : très bon, mais riche et concentré. On en prend un morceau et on le laisse fondre dans la bouche. De la même manière, on lit un des essais de l’auteur, puis on y réfléchit.

Serge Bouchard nous fait réaliser à quel point l’Histoire, telle que nous l’avons apprise, ne correspond pas à ce qui a été réellement vécu par nos ancêtres. Comment la présence française aux États-Unis a été oubliée ou effacée. Comment les Amérindiens sont absents des mémoires, alors qu’ils peuplaient tout le continent que nous avons accaparé.

Ce que l’on nous a présenté comme une Histoire universelle objective et raisonnée n’était, en fait, qu’une épopée à la gloire des Blancs d’origine européenne qui se posaient en héros. Les autres peuples se fondant totalement dans le paysage.

Nos guides sur ce continent

On a occulté la présence des Noirs dans notre Histoire, comme le raconte Lilian Thuram dans son livre Mes étoiles noires, dont nous avons parlé dans le magazine Reflet de Société de février 2013.

Mais on a fait la même chose pour les Amérindiens, nos guides sur ce continent. Un Nouveau Monde pour les Européens, mais une vieille terre pour les Autochtones bien enracinés.

On a probablement sous-estimé, aussi, les effets du métissage sur notre société, des effets peut-être plus importants qu’on n’a pu le reconnaître jusqu’à maintenant. Métissage physique par le mariage, mais aussi culturel, par l’adoption de pratiques autochtones par les colons d’origine française.

L’Histoire telle qu’on l’a connue reposait sur une vision centrée sur l’Européen « civilisé » considéré comme supérieur aux autres « races », toujours inférieures à la sienne à divers degrés.

Cela faisait souvent partie du non-dit et de l’implicite, jusqu’à tout récemment. Tintin au Congo ou les films de cowboys et d’Indiens ne constituent pas que des exceptions, mais plutôt une norme encore présente dans les années 1950 et au début des années 1960, par exemple.

Le premier homme à se rendre au Pôle Nord, un Blanc américain ? Il dépendait plutôt de son assistant Noir sans lequel il n’aurait pas réussi. Et, encore plus ridicule, on ne parle même pas de la présence des Inuits dans ce pays qui était le leur.

Le premier homme à atteindre le sommet de l’Himalaya, un Blanc ? Grâce aux guides sherpas locaux, encore là. Sans eux, il ne se serait pas rendu bien loin.

Les explorateurs Lewis & Clarke aux États-Unis, les premiers à atteindre le Pacifique ? Pas sans leurs deux guides et interprètes, une Amérindienne et son conjoint Canadien français, qui faisaient le lien avec les peuples autochtones dont ils traversaient le territoire.

oiseau canard environnement foretEn 1534, Jacques Cartier découvre ce coin l’Amérique et en prend possession au nom du roi de France ? Il ne s’en est surement pas vanté devant les Amérindiens qui l’ont accueilli pacifiquement, dans ce qui était déjà leur propre pays. Ce sont aussi des « Indiens » qui les soigneront par les plantes, lorsque lui et ses hommes seront atteints du scorbut.

Dans une interview à la télé, Florent Vollant, lui-même innu, racontait que son père et son grand-père travaillaient comme guides pour les arpenteurs, les géologues, etc.  Tous les explorateurs ont reposé sur des guides locaux, sans vraiment leur donner crédit.

Pendant longtemps, d’ailleurs, les Blancs ont pris le crédit de tout ce qu’ils ont appris des guides locaux et des « primitifs ».

En fait, l’Histoire telle que nous la connaissons est une histoire de Blancs, et non pas une véritable histoire du monde. Une histoire qui s’est approprié tout ce qu’elle a touché, et qu’il est grand temps de remettre en question. Pas pour se flageller, mais pour voir les choses telles qu’elles sont et pour repartir du bon pied.

L’humanité est belle et elle est multicolore, multiculturelle.

______________________

* Ethnocentrisme : « Tendance à prendre comme modèle le groupe ethnique auquel on appartient et à ne valoriser que la culture de celui-ci. Une interprétation historique teintée d’ethnocentrisme » (Dictionnaire Antidote).

Illustration de Normand Charest

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

Abonnement au magazine Reflet de Société

magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Sagesse autochtone : « Tout ce qui est vrai est beau »

Sagesse autochtone

« Tout ce qui est vrai est beau »

 chronique société presse communautaire média écritUn vieux loup au crépuscule – Dans son livre The Wolf at Twilight, l’auteur américain Kent Nerburn accompagne un vieil « Indien » lakota dans son voyage « au pays des fantômes et des ombres ». Dans ces pages, le vieil homme transmet ses réflexions et ses connaissances à l’écrivain blanc qui les note.

Normand Charest – Dossier Autochtone

kent nerburn the wolw at twilight autochtones

E. Curtis, Fillette navajo, 1905.

À propos d’éducation, il dit des choses que l’enfant en nous approuve. Pensez-vous, dit-il en substance, que les petits enfants veulent étudier assis sagement dans des écoles ? Ils le font plutôt en observant tout ce que leur offre la nature, y compris l’exemple des adultes qu’ils tentent d’imiter. Car c’est de cette manière qu’ils apprennent.

Plus loin, il ajoute que le Créateur a donné à chaque peuple des talents qui leur sont propres. Aux Blancs, celui de noter les choses dans des livres. Aux Indiens, le talent d’écouter la nature. « Ce sont des talents différents, tout comme il y a différentes façons de comprendre le Créateur… Voudrais-tu détruire les voies particulières des autres peuples ? Je ne pense pas, parce qu’alors tu détruirais une partie de la vérité du Créateur. »

À l’auteur qui lui dit que ce sont de fort belles paroles, il répond : « Tout ce qui est vrai est beau, parce que tout ce qui est vrai vient du Créateur »… Qui peut dire qu’il ne s’agit pas là d’une grande sagesse ? Qui peut dire que cette pensée est primitive ?

Un retour à nos origines : « Vous avez déjà pensé ainsi, mais vous l’avez oublié »

Si chaque peuple a reçu un talent particulier, il faut bien constater que beaucoup l’ont déformé en cours de route. Il revient à chacun de retrouver son talent oublié. C’est vrai pour chaque individu et pour chaque peuple. Pour cela, nous devons chercher, observer, écouter en nous et autour de nous.

Et des propos sages comme ceux que nous venons de lire peuvent nous inspirer, dans notre recherche de valeurs plus profondes et durables. Parfois, ils nous font remonter à nos origines, d’avant la grande évolution technologique et matérialiste, alors que nous étions encore proches des valeurs naturelles.

Déjà durant l’enfance, nous nous sentions attirés par les histoires d’Indiens qui peuvent lire dans les traces des animaux. Et les contes nous fascinaient, dans lesquels les animaux et les humains se parlaient et se comprenaient, comme des frères. Ainsi que les initiations par lesquelles le garçon devait trouver son nom d’adulte, ainsi que sa mission dans cette vie.

Car l’enfant en nous est proche de ces premiers âges de l’humanité. Et il nous guide dans ce retour vers un lien plus fort avec la nature, et avec notre Créateur. Un lien d’amour et de respect. Si ce n’est déjà fait, nous trouverons alors notre vraie place dans l’univers. À la fois plus modeste et plus grande.

Comme le dit le vieil homme du livre, « laisse cette pensée faire une petite pause en toi, le temps que tu puisses l’observer » et y réfléchir.

Autres textes sur Autochtone

Abonnement au magazine Reflet de Société

magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :