Témoignage: condamné à garder ses distances

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Témoignage: condamné à garder ses distances

Jean-Pierre Bellemare      Dossiers Prison, Criminalité

En prison, nos façons de faire et notre comportement répondent à un code propre au milieu carcéral. Traiter un codétenu de «cochon» ou de «rat» est considéré comme une provocation pouvant entraîner la mort. S’adresser à un gardien comme un ami est une erreur grave. Il existe plein de petites choses qui, sous des apparences anodines, cachent des problèmes potentiels.

prisonnier systeme carceral prisons penitencier bagne toleUne catégorie de détenus s’adapte plutôt mal à la culture en place: les auteurs de drames passionnels. Par exemple, des pères de famille qui ont sauté les plombs à cause d’un événement dramatique ou d’une accumulation de frustrations. Dans un délire momentané, ils commettent l’irréparable. Ces condamnés sont dénommés citoyens en prison. Ils ne connaissent pas la barrière qui existe entre les gardiens et les autres détenus. Ces citoyens croient à tort que les gardiens sont là pour les aider. Ceux-ci profitent de leur naïveté pour soutirer des informations. Ce faisant, ils ne réalisent pas les risques auxquels ils s’exposent.

prisons penitencier prisonnier tole bagne systeme carceralLe mandat des gardiens est d’empêcher les détenus de s’échapper pour protéger le public. Le bien-être du détenu n’est pas inclus dans ce mandat. Quand un gardien adoucit la détention d’un prisonnier, c’est pour améliorer sa propre qualité de vie au travail. Un détenu satisfait est moins provoquant ou injurieux envers les gardiensjurieu

Les histoires reliées à la dangerosité de leur travail sont surfaites. C’est un préjugé que les syndicats utilisent pour revendiquer des salaires plus élevés. Les armes artisanales qu’ils affichent devant les caméras ne sont que de la poudre aux yeux. Au pénitencier, lorsqu’un incident violent survient, c’est généralement entre les détenus. Il y a tellement de caméras de surveillance au pénitencier que ceux qui passent à l’acte sont pratiquement toujours pris.

Le pénitencier Leclerc est connu pour ses récidivistes et ses motards criminalisés. Pourtant, de jeunes secrétaires traversent souvent la cour intérieure alors que des centaines de détenus s’y trouvent.

Trop souvent, les gardiens qui désirent des augmentations de salaire poussent les détenus à bout, en utilisant différents stratagèmes. Retarder les repas, faire attendre les familles qui visitent leurs proches, déclencher des fouilles en brisant des choses personnelles, etc. Puis, lorsqu’un détenu crache sur un gardien, ce qui est extrêmement rare, on le transfère dans une prison à sécurité «super maximum». L’événement est considéré comme un assaut. Cela donne du poids à leurs revendications. Les gardiens ont beau jeu: qui nous accorderait de la crédibilité? Ils se permettent des libertés et utilisent les détenus comme boucs émissaires.

Si on comparait leur travail aux dangers qu’affrontent les chauffeurs d’autobus, de taxis ou même les facteurs, on constaterait rapidement que le travail d’un gardien est une vraie sinécure. Beaucoup d’universitaires traînent leurs travaux et complètent leurs devoirs pendant leur quart de travail. J’ai personnellement émis des plaintes pour que les membres du personnel ne lisent pas de magazines, de journaux ou écoutent la télévision pendant leur quart de travail.

Le jour où les détenus seront récompensés pour l’amélioration de leurs comportements plutôt que pour les informations qu’ils donnent, le travail de gardien pourra retrouver un peu plus de dignité. La victime de ce marchandage restera toujours la sécurité du public.

Si la majorité des détenus provient de milieux dysfonctionnels et pauvres où leur voix n’a jamais été entendue, cela ne change pas lorsqu’ils arrivent au pénitencier.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

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Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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Témoignage: Profils du meurtrier

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Témoignage: Profils du meurtrier

Jean-Pierre Bellemare           Dossier Chronique du prisonnier

Prison de Cowansville

profils-meurtrier-prison-prisonnier-systeme-carcéral Après avoir côtoyé autant de meurtriers pendant plusieurs années, je me suis fait une bonne idée sur ce qui les a entraînés à commettre l’irréparable. Les meurtriers que je connais ne réagissent pas de la même manière ni pour les mêmes motifs. Il est important de les différencier. Celui qui a tué pour une dette d’argent ou pour un affront ne ressemble en rien à celui qui a sauté les plombs à cause de son divorce.

Le drame passionnel

Une souffrance constante combinée à une douleur lancinante nous dirige vers le blackout (la personne ne voit plus rien). La réalité devient floue. Les alternatives semblent inexistantes. On en vient sérieusement à désirer la mort de quelqu’un. Poussé dans nos derniers retranchements, le bouchon saute, la soupape éclate. Une réponse à une accumulation incroyable de tourments et de malheurs.

L’erreur ou l’accident

Les criminels de quartier se forgent des réputations de durs et seront éventuellement mis à l’épreuve dans des circonstances inattendues. Pour ne pas perdre la face, ils commettront l’irréparable à leur grand dam. Un cas typique: croire qu’en menaçant d’une arme sa victime, l’agresseur obtiendra ce qu’il veut sans que celle-ci ne se défendent. L’imprévisible brouille les cartes. La victime se débat et réagit sans réfléchir, attaque ou crie. L’agresseur, dépassé par les événements, tire, frappe ou poignarde. Mauvais réflexe.
Le tueur n’a jamais eu l’intention de tuer. Il lui sera pratiquement impossible d’en convaincre un jury. L’utilisation d’une arme est considérée comme une admission de culpabilité. Les gars que je connais et qui ont été pris dans ces circonstances regrettent amèrement ce manque de jugement ainsi que la perte d’une vie humaine. Ils n’ont jamais souhaité la mort de l’autre. Leur maladresse dans le maniement d’une arme mêlée au stress intense qu’ils vivent pendant un vol provoque ce genre de meurtre. Ce sont des accidents impardonnables parce qu’ils auraient pu être évités.

Pour le meurtrier qui vit avec les autres détenus, admettre que ce n’était pas le but recherché re-viendrait à reconnaître son étourderie. Il tente de minimiser la gravité des événements. En prison, les autres détenus admirent avec crainte et respect ceux qui ont déjà tué.

Le tueur à gages

Le meurtre étant réservé à une élite de confiance, les erreurs probables sont inadmissibles. Elles entraînent des sentences à perpétuité ou purement l’élimination du tueur, ce qui justifie une méticulosité presque paranoïaque dans ce milieu. Ceux qui travaillent pour les organisations criminelles doivent passer différentes épreuves avant d’être engagés comme tueur. Celui qui a le désir d’accéder à un rang supérieur devra participer automatiquement à des actes répréhensibles.
En vingt ans, j’en ai connu trois ou quatre au maximum. Si je me fie à ce qu’on me raconte, il devrait y en avoir au minimum une centaine. Au pénitencier, le mensonge est une chose commune. Les véritables professionnels n’attirent pas l’attention et sont d’une discrétion totale. Ils ne cherchent pas la renommée. C’est considéré comme un vilain défaut par ceux qui octroient les contrats. Les hommes avec qui j’ai pu échanger ont renversé plusieurs de mes propres croyances. La plupart du temps, les gens qu’ils doivent exécuter ne sont pas des enfants de chœur.

On donne systématiquement tort à celui qui mange une correction en prison. Pourtant, les meilleurs batailleurs n’ont pas nécessairement raison. C’est souvent à tort que nous pensons ainsi. Pour les exécutants, peu importe qui a raison ou tort, c’est celui qui paie qui décide, point final.

Certains criminels auraient fait d’excellents soldats car ils ont cette rare capacité d’obéir froidement aux ordres donnés, sans questionner l’autorité. Ils n’ont pas choisi le bon groupe.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

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Prisonniers incapables de demander de l’aide

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Prisonniers incapables de demander de l’aide

Ce texte a été rédigé par Jean-Pierre Bellemare. Détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville, l’auteur signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société. Il explique ici les difficultés qu’éprouvent les prisonniers de parler de leurs tourments intérieurs et l’incapacité pour eux d’obtenir de l’aide qui en découle.

Manque de jugement et humilité

Il faut avoir suffisamment de lucidité pour d’abord reconnaître que nous avons un problème. Cela sous-entend que nous avons manqué de jugement en ce qui concerne nos limites à un moment donné. De s’admettre dépassé ou surchargé demande une humilité que nous les hommes percevons trop souvent comme de la fragilité, de la vulnérabilité.

Dangers au pénitencier

Pourtant, ce point de départ est incontournable pour avoir de l’aide. Au pénitencier, de s’ouvrir ainsi représente un véritable danger car plusieurs d’entre nous avons coupé les ponts avec cette fragilité intérieure que nous confondons avec notre vulnérabilité. Nos passés furent souvent des suites de drames qui nous ont exacerbés au maximum.

Coups et malheurs

À force de manger des coups, il devient normal de marcher avec les «baguettes en l’air» pour se protéger. Tristement, la vie nous apparaît beaucoup moins attrayante qu’elle ne devrait l’être et notre souffrance et notre malheur nous semblent alors être la norme.

Laisser l’aide s’approcher

L’amélioration et le changement deviennent presque impossible parce qu’avec les «baguettes en l’air» de manière défensive, nous maintenons en place des barricades empêchant toute aide extérieure de s’approcher.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Le prisonnier et la religion

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Le prisonnier et la religion

Ce texte sur la spiritualité a été rédigé par Jean-Pierre Bellemare. Détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville, l’auteur signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société.

Jean-Pierre Bellemare, Dossier Religion et spiritualité

La fois où j’ai raisonné.

Étant du genre Thomas, tout ce qui implique une grande croyance, comme la foi catholique, m’a longtemps causé de l’urticaire. Pourtant, depuis de nombreuses années, je fréquente assidûment la chapelle de la prison et je n’hésite jamais à débattre de religion.

Albert Enstein et les croyants

Récemment, une déclaration d’Albert Einstein concernant les croyants est venue chatouiller ma fierté. En résumé, il concluait que les religions servaient de béquilles pour les faibles d’esprits. Nous avons aussi au Québec un adage qui dit: «heureux les creux car les cieux sont à eux». Voilà une seconde affirmation qui mérite réponse.

Guerre de religion

Il est vrai que trop souvent les religions furent des engins de guerre. Armées d’idéologies réductrices et envoûtantes, elles ont charmé des milliers de personnes à faire le mal au nom du bien. Ce phénomène se produit encore de nos jours dans les pays émergents. Cette façon historique de faire a fini par devenir un excellent argument d’achat pour les athées. Malgré cela, je suis resté fidèle; pourquoi donc?

Famine, sida, cancer

Témoin de nombreuses injustices durant ma vie, je ne suis jamais arrivé à trouver d’explications acceptables, ou à tout le moins rationnelles, à la famine, au sida et au cancer qui tous frappent sans distinction des gens aimants, aidants et bons. La maladie frappe avec une violence sans vergogne. Ces malheurs dépassaient mon entendement.

Une bonne partie des explications données par l’Église ne rejoignent plus la majorité de ceux que je connais. Ils ont besoin de raisonner leur foi, ce qui rend la religion beaucoup moins achetable.

J’ai pour ma part trouvé une explication qui me rassure sans que j’aie à faire abstinence de mon raisonnement. De plus, c’est rationnel et plausible.

Corps humain, cellules et Dieu

Le corps humain est composé de milliards de cellules vivantes et chacune d’entre-elle remplit une fonction bien précise. Chaque jour, des millions de ces cellules meurent pour laisser la place à d’autres, et cela, indépendamment de leur grosseur, leur âge ou leur couleur. Voyez-vous un début d’explication? Ces cellules accomplissent un travail qui dépasse leur entendement: celui de nourrir et de faire fonctionner un être au-dessus de ses capacités de compréhension.

La vie de l’homme est aussi au service d’une fonction qui est bien au-delà de sa propre compréhension. À une échelle un peu plus réduite, la terre se nourrit de lui par son labeur et parfois l’élimine pour faire place à un autre, et cela, sans distinction précise. Les notions de mal et de bien donnent uniquement une structure et une dynamique à notre société pour la rendre contrôlable. Cela n’en fait pas une qui serait nécessairement meilleure ou mauvaise.

Il existe un nombre incalculable de parallèles entre ce qui se passe a l’intérieur d’une personne et le fonctionnement de notre planète. Les rivières qui coulent dans les fleuves et les veines qui coulent dans les artères; la composition d’un corps humain et celui de la planète… L’Être supérieur ne résonne pas en fonction des bénéfices qu’il pourrait apporter aux hommes. Cela va bien au-delà.

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La prison n’est pas un camp de vacances

La prison n’est pas un camp de vacances

François Richard          Dossier Journal de Montréal

Une lettre signée par un détenu anonyme a été publié dans Le Journal de Montréal le 6 mars dernier. Dans cette  «confession», l’auteur affirme avoir accès en prison à des services de santé et des installations de loisir d’une qualité qu’une grande partie de la population n’est pas en mesure de se permettre. Il compare même son incarcération à un camp de vacances et affirme que, dans ces circonstances, la peine infligée n’a aucun effet dissuasif sur lui.

La lettre a fait réagir plusieurs lecteurs du Journal de Montréal, indignés des propos de l’auteur ou en désaccord avec lui. Jean-Pierre Bellemare, détenu de la prison de Cowansville qui signe la Chronique du prisonnier dans le magazine Reflet de Société, a souhaité lui aussi répondre à l’auteur de ce texte.

Un prisonnier répond

Je m’appelle Jean-Pierre Bellemare. Je suis prisonnier depuis plus de 22 ans et chroniqueur au magazine Reflet de Société depuis deux ans. Des codétenus, surpris par la confession d’un prisonnier anonyme publiée dans Le Journal de Montréal, m’ont demandé mon opinion.

J’apporte d’abord une correction à ce qui a été décrit dans la «confession». Effectivement, les détenus ont accès aux services décrits. Ce qui n’est pas dit, c’est que tous ceux travaillant en milieu carcéral aussi, qu’il s’agisse de l’équipement sportif, du terrain de tennis, de l’hôpital, etc. Et vous pouvez me croire, lorsqu’un achat d’équipement est fait, ce n’est pas pour satisfaire les caprices des détenus. Notre pouvoir décisionnel est nul.

Pauvreté et mort en prison

De plus, le salaire des détenus est le même depuis plus de 20 ans et cela malgré la fait que les prix aient augmenté et qu’une bonne partie de la population carcérale paie des frais d’hébergement à même son salaire. Si les détenus ont accès à certaines commodités, elles doivent toujours être approuvées par un comité de gestionnaires et de citoyens.

En dernier lieu, plusieurs détenus passeront leur vie entière en prison et y mourront. La comparaison avec les camps de vacances est donc faible puisque l’on paie pour y aller, alors que la prison, on paierait cher pour ne pas y aller.

Regrets pour les victimes de crime

Je veux profiter de la publication de ce texte pour présenter mes regrets, ainsi que ceux de plusieurs de mes codétenus, aux victimes de nos actes. C’est le maximum que nous puissions faire pour l’instant. En terminant, je souhaite rappeler qu’il n’y a pas plus de prisons sur terre que nous pouvons en trouver en nous et que la liberté reste le pouvoir de choisir ses barreaux.

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Un prisonnier dans les écoles et au Salon du livre de Montréal

Un prisonnier dans les écoles et au Salon du livre de Montréal

Dossier Chroniques d’un prisonnier

Jean-Pierre Bellemare, chroniqueur carcéral pour le magazine Reflet de Société est maintenant en maison de transition. Il profite d’une nouvelle liberté. Une nouvelle vie s’amorce pour lui.

Jean-Pierre sera présent au Salon du livre de Montréal du 19 au 24 novembre 2008 à la place Bonaventure. Il pourra rencontrer directement les gens qui ont lu ces chroniques et qui lui ont fait parvenir des mots d’encouragement.

Jean-Pierre va continuer sa chronique dans Reflet de Société. Non pas une chronique de l’ex-prisonnier, mais plutôt une chronique sur un homme nouvellement libre et qui redécouvre le monde dans lequel nous vivons.

Jean-Pierre a plusieurs projets sur la table. Il a écrit 2 pièces de théâtre. Il est en négociation pour leur publication et leur réalisation.

Jean-Pierre a le goût de partager son vécu avec les plus jeunes. Il débute une tournée de conférence dans les écoles. Il a un message de prévention à faire passer et il est une personne crédible pour le faire.

Bonne chance Jean-Pierre dans ta nouvelle vie et merci d’être présent aux plus jeunes. Pour rejoindre Jean-Pierre Bellemare pour une conférence, (514) 259-4926

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Dernière rencontre avec Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville

Dernière rencontre avec Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville

Dossier: Chroniques d’un prisonnier , La PressePatrick Lagacé

Samedi, 5 :00 heures le matin. C’est l’heure à laquelle je doive me lever pour être à la prison de Cowansville. Une belle journée s’annonce avec un soleil radieux. Ça Sample_Pic_07 sent la liberté à plein nez. Parce qu’aujourd’hui, c’est la dernière fois que mon horaire me permet de visiter Jean-Pierre à la prison de Cowansville. Après, c’est dans une maison de transition que je vais le rencontrer.

C’est à regret que ma conjointe, Danielle, n’a pu m’accompagner. Elle aurait bien voulu, mais demain c’est la fête de Rose, la fille d’une amie et elle l’aide à faire les préparatifs pour une fête d’enfants. Bonne fête Rose de la part de Jean-Pierre et de moi.

Tout va bien pour se rendre à Cowansville. Je vais pouvoir profiter du temps maximum de visite, de 9 :00 à 11 :15. Après cela, les lumières clignotent pour annoncer la fin des visites du matin.

Je suis nerveux, fébrile. En avril dernier Jean-Pierre a gagné le prix de la meilleure chronique pour l’Association des médias communautaires (Amecq) et finalistes pour l’association des éditeurs de magazine (AQEM). Deux honneurs qui ont été fortement appréciés. Il y a 4 jours à peine, Patrick Lagacé a fait un article dans La Presse sur images22 Jean-Pierre. Sur le blogue de Patrick Lagacé Jean-Pierre avait reçu autant de message de soutien que de message voulant l’envoyer à la peine de mort. Il y a 3 jours, j’ai écrit un billet pour me vider le cœur sur certains commentaires reçus. Un billet qui demandait que je sois complice dans la réhabilitation des gens et que si c’est criminel de croire en la réhabilitation des gens, et bien, j’accepte d’être pendu le premier.

J’ai eu à vivre beaucoup d’émotions dans le dernier semestre. Me diriger à la prison de Cowansville, aujourd’hui, ce sont de vraies vacances. Pas de blogues, pas de téléphones, personnne, sauf Jean-Pierre et moi pendant plus de 2 heures. Pour être honnête, je dois dire qu’heureusement que Danielle ne soit pas venu. Jean-Pierre et moi avons été comme 2 vraies pies. Nous n’avons pas arrêté de parler. Nous avions tellement de chose à partager.

Jean-Pierre avait reçu les copies du blogue de Patrick Lagacé et des commentaires qu’il avait reçu. Je l’avais avisé que je ne lui avais fait parvenir que la moitié des commentaires, ceux qui étaient positifs. Je ne voulais pas qu’ils reçoivent les commentaires négatifs sans m’assurer que Jean-Pierre était prêt à les recevoir. Il aurait préféré tout avoir en même temps. Jean-Pierre, possiblement plus réaliste que moi, s’attendait à pareille réaction. Il était prêt. Il les lira quand il sera arrivé à sa maison de transition.

Il m’a décrit la maison de transition qu’il a choisi. C’est plaisant, je la connais et elle n’est pas loin de chez moi. Belle maison de transition, beaucoup d’espace, tranquille, près d’un parc et du fleuve.

Sa date de sortie approchant, Jean-Pierre aussi est nerveux et fébrile. Il a écrit beaucoup. Comme pour noyer sa nervosité. Il a écrit 2 pièces de théâtre complète! Jean-Pierre m’avait préparé des copies que je pourrais lire. Il veut rencontrer Michel Brulé des Éditions l’Intouchable et François Avard qu’il a déjà rencontré dans un atelier à l’Institut Leclerc. Ces rencontres vont lui permettre de voir qu’est-ce qu’il peut faire avec ces manuscrits et comment s’y prendre.

Pendant que nous parlions, j’ai jeté un coup d’œil rapide sur son manuscrit. Il m’a donné les grandes lignes de son scénario. Superbe. Par l’entremise des Éditions TNT, la maison d’édition de notre organisme, je lui ai garanti qu’il sera publié. S’il reçoit d’autres offres dans sa démarche, il aura le choix.

Jean-Pierre m’a aussi montré un synopsis de conférence pour les écoles. Il a le goût de sensibiliser les jeunes, de faire de la prévention autant auprès des jeunes dans les écoles Secondaire que pour les universités en criminologie et en travail social. Dans l’édition de novembre du magazine Reflet de Société, l’offre sera lancée aux écoles. Une belle occasion pour le présenter au Salon du livre de Montréal où notre organisme aura un kiosque. Cette idée, je viens juste de l’avoir. Je n’ai pas eu le temps d’en parler encore à Jean-Pierre. C’est lui qui décidera quelle expérience il voudra bien vivre et à quel rythme. Ah! Je viens de me rappeler que j’ai une conférence en février avec les étudiants du Cegep Édouard Montpetit. Une belle occasion pour faire une conférence en duo. Ça non plus Jean-Pierre n’est pas encore au courant. Ouf! On vient de parler pendant plus de 2 heures et j’ai encore plein de choses à lui dire. Il est trop tard pour retourner pour les visites de l’après-midi. Je vais devoir garder mes idées pour la prochaine rencontre à la maison de transition.

C’est drôle ces idées de conférence et de salon du livre pour présenter Jean-Pierre au public, ses réalisations actuelles et futures, ça me fait penser un peu à Loft Story. Depuis maintenant plus de 2 ans que nous avons rendu public Jean-Pierre par ses écrits et que plusieurs médias ont parlé de lui. Pendant tout ce temps, il était en prison et il n’est pas au courant de tout ce qui s’est dit sur lui. Certains Lofteur ont eu la surprise de leur vie en quittant l’émission. J’espère que la surprise ne sera pas trop forte pour Jean-Pierre.

Le temps file, les lumières clignotent, Jean-Pierre et moi devons nous séparer. Prochain rendez-vous à la maison de transition. J’ai bien hâte de vous en reparler.

Pour le retour, je vis comme une extase toute particulière. Je roule lentement, je profite du soleil, de l’air pur. Comme si je goûte par procuration cette liberté qui attend Jean-Pierre dans les prochaines semaines.

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