L’indépendance de la Fondation Mise sur toi

Loto-Québec et le gambling

Mise sur toi a-t-il déjà été indépendant?

La fermeture de la Fondation Mise sur toi par Loto-Québec ne fait que confirmer ce que nous savions depuis fort longtemps.

Raymond Viger Dossiers Gambling et jeu compulsif, Loto-Québec

gambling jeu compulsif loterie gambler joueur conséquences jeuNotre position envers Loto-Québec et la Fondation Mise sur toi est très clair. La Fondation Mise sur toi nous avait contacté pour prendre de la publicité dans notre magazine. En prenant leur publicité, le représentant de la Fondation Mise sur toi avait souligné que Loto-Québec n’aimait pas nos éditoriaux et nos positions sur le jeu. Une façon indirecte de nous dire que la Fondation Mise sur toi prenait de la publicité pour contrôler notre contenu.

En voyant que cette stratégie ne fonctionnait pas, la Fondation Mise sur toi a retiré ses publicités de notre magazine.

Les 20 millions de Loto-Québec

Loto-Québec a toujours gardé une main-mise sur les 20 millions qu’elle donnait à la Fondation Mise sur toi. Une main-mise sur l’orientation des campagnes, sur qui pouvait recevoir de la publicité…

Maintenant que le gouvernement de Pauline Marois demande à Loto-Québec d’être encore plus agressif et d’augmenter les revenus de cette  »taxe volontaire », Loto-Québec n’a plus d’autres choix que d’éliminer la Fondation Mise sur toi qui ne ferait que ralentir ses objectifs de vente. Loto-Québec n’aura plus à se cacher. Il pourra faire directement ce qu’il faisait en cachette.

Merci à Alain Dubois d’avoir attiré notre attention sur les nouvelles réalités de Loto-Québec et de la Fondation Mise sur toi.

Article d’Alain Dubois et du Devoir.

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

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Loto-Québec et la Fondation Mise sur Toi

Le gouvernement et le jeu compulsif

Rien ne va plus pour la Fondation Mise sur toi

La Fondation Mise sur toi, tel que présenté sur son site, a pour mission de favoriser le jeu responsable. Alain Dubois, un spécialiste en prévention du jeu compulsif de longue date, souligne une importante différence entre jeu responsable et jeu sécuritaire.

Raymond Viger Dossiers Gambling et jeu compulsif, Loto-Québec

gambling prevention jeu compulsif joueur pathologique gamblerFavoriser le jeu responsable, c’est limiter la responsabilité du jeu au joueur seulement. Le jeu sécuritaire prend en compte l’ensemble de tous les facteurs qui peuvent influencer le comportement du joueur. C’est-à-dire, la dangerosité des jeux offerts, le contexte, les cadeaux de fidélisation et toutes les techniques de marketing que Loto-Québec pourrait inventer pour arriver à ses fins.

Pour les intervenants impliqués dans la prévention du jeu compulsif, favoriser le jeu responsable est une façon de camoufler la responsabilité de Loto-Québec dans la gestion du jeu.

Finance, Loto-Québec et Mise sur toi

gambling jeu compulsif loterie gambler joueur conséquences jeu compulsifEt la chaîne de commandement dans la gestion du jeu au Québec est très courte et directe. Le gouvernement, via son ministre des Finances, donne des commandes de dividendes à Loto-Québec. Loto-Québec, pour atteindre ses objectifs, court-circuite la Fondation Mise sur toi qu’il a créé et financé.

Depuis fort longtemps, les timides campagnes de prévention de la Fondation Mise sur toi ont été décriées et questionnées par les intervenants en prévention du jeu compulsif.

Selon M. Alain Dubois et le quotidien Le Devoir, le gouvernement péquiste de Pauline Marois aurait demandé à Loto-Québec d’augmenter les rendements de sa taxe volontaire. Ce qui aura comme conséquence la fermeture, par Loto-Québec, de la Fondation Mise sur toi.

Parce qu’on ne peut pas faire la prévention du jeu compulsif et chercher à en augmenter ses revenus.

Article d’Alain Dubois et du Devoir.

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Multiples thérapies pour un joueur compulsif

Quand le gambling nous envahit

Pour régler ses problèmes de jeu compulsif, Ali a tout tenté. La première fois, en 2006, Ali s’est rendu dans un établissement de Laval pour une thérapie d’un mois, à raison de 2 rencontres par semaine. Il venait de dérober 3400$ à son frère et était prêt à tout pour se faire pardonner.

Dominic Desmarais   Dossier Gambling et jeu compulsif

casino joueur compulsif gambling gambler jeu pathologique loto loterie vidéo poker préventionMais la première tentative ne fut pas la bonne. «Ça n’a rien changé. J’avais encore l’obsession du jeu. Alors j’ai demandé à suivre une thérapie à l’interne pour 3 semaines. J’ai été abstinent pendant 6 mois parce que j’étais alors entouré de ma famille. Il y avait toujours du monde avec moi. On faisait attention à moi.»

Mais l’envie de converser avec les machines vidéopoker est irrésistible. Ali rechute. «Peut-être que je n’ai pas fait tout ce qu’il y avait à faire, comme me tenir éloigné des bars où il y a des machines», reconnaît-il. À cette époque, Ali avait un emploi. Les 6 mois d’attente lui ont permis de se renflouer. «Le jeu est revenu plus fort que jamais. C’était devenu un besoin. Je ne peux pas me l’expliquer…»

gambler jeu compulsif joueur pathologique gambling loterie casino vidéo pokerAbstinence du jeu

Le jeu revient dans la vie d’Ali et ses vilaines habitudes refont surface. En 2007, Ali vole encore son frère. «Je ne suis pas allé tout de suite en thérapie. Je venais de rencontrer une fille. J’ai plutôt déménagé chez elle à La Prairie pour m’éloigner, me changer les idées. Je travaillais 6 jours sur 7 dans la restauration, à Delson. Je m’abstenais. Je ne ressentais pas le besoin d’aller jouer jusqu’à ce que ça aille mal dans le couple. J’ai recommencé à jouer.». Ali dépense tout son argent, ce qui cause encore plus de frictions dans sa relation. Il revient à Montréal moins d’un an plus tard.

À son retour, il décide de consulter un psychiatre à l’hôpital Louis-Hyppolyte Lafontaine. Il en sort déçu. «Ça n’a pas donné grand-chose. Il a tout mis sur ma faute. C’est moi qui voulais aller jouer. Pour lui, ceux qui mettent la faute sur leur enfance, il n’y croit pas. Tu es responsable, tu veux jouer, tu y vas. C’est ta faute.»

gambling jeu compulsif gambler joueur pathologique casino loterie machines vidéos pokerRechute

Ali est bien embêté. Malgré son bon vouloir, le jeu l’obsède toujours. Sa famille décide de l’envoyer vivre en plein désert marocain pendant 7 semaines. «Ils pensaient que ça m’aiderait, un endroit sans machines à sous. Ils pensaient que ça me guérirait. Dans le désert, ce n’était pas la joie. Mais j’ai réussi à oublier le jeu. Mais quand j’ai senti que mon retour était imminent, j’avais hâte d’aller au casino. Je niais, je mentais sur mon envie de jouer, sur le fait que j’allais jouer sitôt rentré.» Le lendemain de son arrivée, Ali ira dans un bar dépenser 750$ dans une machine vidéopoker.

Le jeune homme est bien décidé à trouver un remède à ses problèmes. Il entend parler du centre Dollar Cormier qui offre un an de suivi, à raison d’une rencontre par semaine. Sur les conseils des intervenants, Ali assiste également à des réunions de Gamblers Anonymes (GA). «Mais le jeu était toujours en moi. Parfois, après les rencontres, j’allais jouer. C’est con, mais quand j’allais jouer ces temps-là, je gagnais tout le temps. Quoiqu’on n’est jamais gagnant, à jouer. Parce qu’on finit toujours par en remettre plus que ce qu’on gagne. J’en ai parlé, aux intervenants de Dollar Cormier, que je continuais à jouer. J’avais besoin de plus d’encadrement.»

En 2009, Ali suit une thérapie à l’interne à la Maison Jean Lapointe. «Je voulais un endroit plus solide pour m’encadrer, m’enfermer.» Ali y séjourne 3 semaines avec un suivi de 3 mois par la suite. «Je suis sorti de mes trois semaines cassé en deux. Je me suis débarrassé d’un boulet que je traînais depuis l’enfance. J’y ai appris à pardonner. À me pardonner. Je n’avais pas d’emploi, je me sentais malade.

Le boulet d’Ali

gambling-prevention-jeu-compulsif-joueur-pathologique-gamblerAvec les intervenants de la Maison Jean Lapointe, Ali réalise qu’il a refoulé beaucoup de rage parce qu’il a été élevé en se faisant battre. «J’ai été frappé pour étudier, pour aller à l’épicerie, pour prier. Tout ce que ma famille savait faire, c’est de me battre.»

Ali repense à cette journée où son grand frère l’a sauvagement battu. «J’avais 14 ans. Mon frère avait la trentaine passée. Il m’a battu pendant que mes parents étaient à l’étranger. Il m’a battu de 15h à 21h. Il m’a donné des coups de genoux, il m’a brisé une chaise sur la tête. J’avais le visage tout boursouflé, comme un éléphant. J’ai reçu des coups de ceinture dans le dos. J’étais coupé à vif. Le lendemain, j’étais incapable de m’assoir. J’avais trop mal. Le pire, c’est que je ne l’avais pas vu depuis 8 mois!»

Son frère l’enferme dans la maison et le force à étudier. «Quand il rentrait, il venait me voir en me donnant une violente gifle derrière la tête, me demandant si j’avais bien appris mes leçons. La claque me faisait perdre tout ce que j’avais appris. Alors comme il pensait que je n’avais rien fait de la journée, il en profitait pour me battre. J’ai été élevé en me faisant traiter de bon à rien.» Quand l’histoire vient aux oreilles de sa mère, elle tente de se poser en arbitre. «Peut-être qu’Ali l’a mérité?» Cette phrase est restée gravée dans la mémoire d’Ali. «Je le lui ai souvent reproché. Je l’ai mérité, c’est ça maman? T’étais même pas là, tu ne sais même pas pourquoi il m’a battu.»

Ali envie ses amis, la façon dont ils sont traités par leurs parents. «Moi, on me forçait à apprendre mes tables de multiplication en une journée. Étudier sous la pression, manger sous la pression… Chez moi, c’était toujours ma faute. Ça ne servait à rien que je me défende. C’était une histoire entendue, j’allais quand même manger une volée. Te faire battre sans raison, quoi que tu fasses, il faut le vivre pour savoir comment ça peut affecter psychologiquement un être humain. C’était tellement rough chez nous.»

Il aura fallu bien des thérapies à Ali pour qu’il comprenne la rage qui ne le quitte jamais. Le jeune homme n’a pas encore fait la paix avec son enfance. Mais savoir qu’il a refoulé des traumatismes pourra le guider vers la guérison.

Première parti du témoignage

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Mensonges d’un joueur compulsif

Gambling et jeu compulsif

La vie d’un joueur compulsif

Un joueur compulsif s’arrête-t-il de miser lorsqu’il n’a plus les moyens? Pour Ali, la réponse est non. Le jeu est devenu une obsession qu’il nourrit en volant son entourage. Voici la descente aux enfers d’un homme qui a entraîné sa famille dans sa chute.

Dominic Desmarais   Dossier Gambling et jeu compulsif

gambling-prevention-jeu-compulsif-joueur-pathologiqueAli a perdu 25 000$ en 3 mois dans les machines de vidéo-poker. Pour assouvir sa dépendance, il devient aveugle. Tous les moyens sont bons pour qu’il puisse s’installer devant une machine qui lui murmure à l’oreille qu’elle va combler ses désirs. Malgré le deuil des économies d’une vie, Ali persiste à jouer. Sa vie est toute orientée vers le jeu.

«Je vivais au jour le jour. Je n’avais plus d’argent de côté. J’en empruntais souvent. 300$  à mon frère, 500$ à ma sœur, un autre 400$ à ma mère. Je disais que j’allais le remettre tel jour. Au début, j’y arrivais. Mais ça n’a pas été long avant que je devienne incapable de respecter ma parole.» Bien que la famille connaisse ses problèmes antérieurs de jeu, personne ne songe à lui poser des questions. Et on ne lui fait pas de reproches s’il tarde à rembourser. «Ce n’était pas grave. Par chez nous, on peut remettre l’argent plus tard.»

Le jeune homme peut passer deux jours sans dormir, à alterner entre le casino et ses quarts de travail. «Après ma journée de travail, je passais la nuit au casino pour retourner travailler le matin et ensuite revenir jouer toute la nuit.» Ali a un sursaut. Ces moments qui refont surface lui déplaisent. Il digère encore mal tout ce temps dépensé en vain et est rempli de remords. Il se retient d’éclater en sanglots. Une scène qu’il a jouée mille et une fois depuis toutes ses misères. Pleurer son mal-être, Ali y a goûté.

Un gambler qui vole son frère

gambling-gambler-jeu-compulsif-joueur-pathologique-loterieLes emprunts sans remboursements ne contentent pas Ali. Il lui faut toujours plus d’argent pour jouer. Il en devient obsédé. Un jour, en l’absence de son frère, il s’infiltre dans sa chambre. «J’ai fouillé. J’ai mis la main sur 3400$. Je me suis mis à courir jusqu’au casino.»

Le lendemain, repentant, Ali obtient l’appui de sa mère qui rembourse la malheureuse victime. «J’ai pleuré, j’ai demandé pardon. Ce n’était pas moi, voler mon frère. Ma famille sait bien que je ne suis pas une mauvaise personne. Que le jeu m’avait changé. J’ai dit que j’allais faire tout ce qu’il fallait. Je me suis brûlé auprès de toute ma famille.» Ali prend du recul sur son récit. «Ça me semble si loin. Mais ça a été un moment tellement difficile», dit-il en retenant ses larmes.

Les stratégies d’un joueur compulsif

Après cet incident, son frère prend la responsabilité de gérer son argent. La prestation de chômage d’Ali, virée en dépôt direct, est versée sur un compte administré par le frangin. Ali est plein d’astuces. Il fait changer le compte sur lequel son chômage est versé. Puis, avec des papiers officiels, il fait croire à son frère que son allocation chômage a été supprimée. «Je lui ai menti pour recevoir le dépôt direct. J’avais de la misère à payer mon loyer. J’avais perdu 20 livres. Je ne mangeais plus. Je ne me nourrissais que du jeu. Et quand je perdais, je me punissais en ne mangeant pas pendant 2 ou 3 jours. Jusqu’à ce que mon corps n’en puisse plus.»

«Une autre fois, mon frère a oublié son portefeuille dans la chambre de bain. Je suis passé après lui pour me laver les mains. J’ai ramassé le portefeuille et les 1800$ qu’il contenait. Je me suis habillé et je suis allé au casino. Mon frère n’a pas arrêté de m’appeler. J’ai fermé mon cellulaire. J’étais parti de l’appartement à 22h, je suis rentré à 8h en pleurant, en m’excusant. Mon frère voulait me sortir de l’appartement. Ma mère m’a encore appuyé. Elle lui a remis l’argent que j’avais volé. Ils m’ont pardonné. En me faisant bien comprendre que c’était la dernière fois.»

Puis, il y a eu cette fois où Ali s’est servi dans les poches de son employeur. «J’ai préparé mon vol pendant des semaines. J’ai trouvé une façon d’ouvrir la porte de son bureau. J’ai attendu le moment propice pour y entrer. Pendant qu’il dînait à la cafétéria, je suis descendu en coup de vent. Je suis entré dans son bureau. J’ai trouvé les clés du coffre-fort sur son bureau. Il y avait quelques centaines de dollars. Mon patron n’a jamais parlé du vol. Il ne m’en a rien dit. J’ai tellement honte. Tout ça par obsession du jeu…»

Ali, de nature enjouée et serviable, complote pour voler son employeur. Ses pensées, son stress, sont dirigés vers le jeu. Et vers les façons qui lui permettront de se sentir apaisé devant sa machine à sou.

Un joueur compulsif arrêté pour vol

Ali n’en finit plus de s’enfoncer. En 2006, Dans un bar où il va jouer de temps à autre, en prévision de ses virées au casino, le jeune homme fait la connaissance d’individus qui lui propose de l’argent facile. 300$ pour qu’il aille les chercher en voiture à un lieu convenu d’avance. «Ils savaient que je perdais beaucoup d’argent, que j’en avais besoin. Au rendez-vous, ils ont embarqué dans ma voiture des choses volées. Ils avaient volé une voiture et la vidaient quand quelqu’un les a vus. La police nous a arrêtés. J’ai été relâché car je n’avais aucun antécédent. Eux étaient en probation pour vol de voiture. Ils ont abusé de ma faiblesse, de ma vulnérabilité. J’étais devenu un criminel pour avoir voulu assouvir mon obsession du jeu.»

Ali est accusé sous 8 chefs. En plaidant coupable, les accusations tombent à trois. Il est passible d’une peine maximale de 10 ans pour vol. Comme il n’a aucun antécédent, il obtient une sentence de 12 mois de probation et 120 heures de travaux communautaires. Mais l’accusation pèse lourd. Elle permet à Immigration Canada d’entamer des procédures d’expulsion car Ali, bien que vivant au Québec depuis 25 ans, n’a pas demandé sa citoyenneté. «L’immigration veut me déporter en Algérie. Je n’ai pas de famille là-bas. J’ai passé plus de la moitié de ma vie ici. Je ne connais rien de l’Algérie. Je sais juste que c’est dangereux. Tout ça m’arrive à cause du jeu. Pour un 300$ que je n’ai même pas eu.»

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Gambling et jeu compulsif, quand les machines à sous te prennent tout

Témoignage d’un joueur compulsif

Gambling et jeu compulsif

Ali est d’origine algérienne. Travailleur infatigable, courtois et la bonne humeur contagieuse, le mi-trentenaire traîne un boulet dont il est peu fier. Un fort penchant pour les machines à sous. Le jeu lui a tout pris. Son argent, sa dignité et ses espoirs.

Dominic Desmarais  Dossier Gambling et jeu compulsif

jeu compulsif gambling joueur pathologique gambler loterie résultats«J’ai abandonné toutes mes ambitions, tous mes rêves, pour jouer. J’avais 25 000$. J’ai tout flambé. J’ai tellement eu de misère à me pardonner.»

Ali ne pensait jamais vivre un tel cauchemar. Lui qui, depuis l’adolescence, travaillait avec acharnement pour bien vivre et mettre de l’argent de côté a vu les efforts de toute une vie disparaître. Pour des machines qu’il a côtoyées sans les voir pendant 7 ans, dans les bars où il travaillait au début de la vingtaine. «Je passais devant, je les nettoyais. Mais je n’avais aucune idée de ce que c’était, jouer, comment cela pouvait affecter la vie des gens que je voyais devant les machines. L’envie de jouer ne m’avait jamais pris.»

Un petit 10$

casino gambling jeu compulsif gambler joueur pathologiqueLes déboires commencent en 2003. Ali a 27 ans. Il vit tantôt chez sa petite amie quand elle n’est pas de garde comme infirmière la nuit, tantôt en appartement avec son frère. Par une nuit d’angoisse, il décide de se rendre dans un bar où il va régulièrement jouer au billard. Un des employés le convainc de jouer, sans penser mal faire. «Il m’a dit que ç’avait été une journée payante, que tout le monde gagnait aujourd’hui. Je n’avais jamais joué, ça ne me disait rien. Il m’a proposé d’essayer 10$. J’ai mis 10$. Et j’ai gagné 150$. C’est là que mon cauchemar a commencé. Trois semaines plus tard, j’avais perdu 5000$. Et trois mois plus tard, c’était toutes mes économies : 25 000$. Je jouais et je ne réalisais pas ce que je faisais. La piqûre m’a pris d’un coup.»

Ali n’a jamais été un gambler. Il joue sans se rendre compte qu’il a un problème. «Je suis devenu accro. Tout mon argent y passait. Moi qui ai toujours eu peur de gager de l’argent! Je travaillais et j’allais jouer. Parfois 7 à 8 heures d’affilé. J’avais trouvé un nouveau passe-temps. Devant la machine, tu oublies tout. Les priorités, le temps. Tu es énervé, stressé. Dès que je commençais à jouer, mon humeur changeait. Je me sentais bien aussitôt.»

Quand la compulsion s’installe

casino loterie loto-québec gambler gambling joueur pathologique jeu compulsifAli commence avec des petits montants puis joue de plus en plus gros. «Tu joues un 20$, tu le perds. Tu veux le récupérer. Tu le perds. Tu veux ensuite aller chercher ton 40$. Et tu le perds. Et tu veux le récupérer… Jusqu’à ce que tu flambes tout jusqu’à la dernière cenne.»

Sa relation avec sa copine se dégrade. Elle lui suggère de suivre une thérapie. «Même si j’avais perdu 25 000$ en 3 mois, je ne considérais pas que j’avais un problème.» Ali cesse de manger. Il perd son appétit. Plus il dilapide son argent, plus il devient de mauvaise humeur. «Je paniquais toujours pour rien. Je m’énervais. Je travaillais de jour comme cuisinier et de soir dans les clubs et les festivals comme Juste pour Rire. Je travaillais 7 jours sur 7. Et tout allait dans le jeu.»

Quand Ali finit de travailler le soir, à 22h, il lui reste quelques heures pour rentrer se changer et aller jouer au bar jusqu’à la fermeture. Jusqu’à ce qu’il entende parler d’un endroit où le joueur est roi à toute heure du jour. «Quelqu’un m’a demandé pourquoi, tant qu’à perdre 1200$ au bar, je n’irais pas au casino… Ç’a été ma mort.

Déboires au Casino

gambling-gambler-jeu-compulsif-joueur-pathologique-loterieAu Casino, les dépenses sont devenues plus imposantes. Ça ne ferme pas, le casino. J’ai joué, une fois, à partir de 7h30 le matin jusqu’à 2h30 dans la nuit. J’ai manqué ma journée de travail. J’ai perdu 5000$, cette journée-là. J’étais tellement furieux contre moi… J’ai voulu récupérer mon argent. J’ai commencé à espacer mes visites au casino pour y jouer avec des sommes plus grosses. J’ai économisé pendant un mois 10 000$. Je suis allé le jouer au complet. J’allais toujours jouer seul. Jamais je n’ai appelé quelqu’un pour m’accompagner.»

Ali devient obsédé par le jeu. La nuit, il voit des cloches et des 7 dans son sommeil. Il a toujours une pensée pour sa prochaine sortie en solitaire au casino. «Dans ma tête, je savais que j’irais jouer gros prochainement. Dès que je me prévoyais une journée de congé, j’y allais. J’y pensais longtemps à cette journée. Je me voyais déjà gagner un gros montant.»

La famille et le gambling

loto-québec jeu en ligne conférence de presse casino virtuel gambling jeu compulsifAli avoue ses pertes d’argent à sa famille qui minimise le problème. «J’avais mis la faute sur eux. J’ai essayé de m’enlever la responsabilité. Eux se sentaient mal. Toute la famille savait. Mais personne ne savait que la maladie du jeu, ça existait. Et chez nous, le jeu, c’est péché. Pour un musulman, ce n’est pas bien.» Les problèmes d’Ali sont enterrés, au grand bonheur de tous. L’honneur de la famille est sauf. Ali n’a pas à se sentir mal devant les autres et confronter ses démons.

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Loto-Québec: ravages, impacts et conséquences

L’ouragan Katrina et Loto-Québec

Loto-Québec, la société d’État qui gère les jeux de hasard et d’argent au Québec, les appareils de loteries vidéos et les casinos peut être comparé à l’ouragan Katrina. L’économiste Pierre Péloquin nous en fait la démonstration.

Pierre Péloquin         Dossier Loto-Québec, Gambling et jeu compulsifloto_quebec__casino_jeu_compulsif_prevention_gambling

On peut établir un troublant parallèle entre les effets de l’ouragan Katrina en Louisiane et les effets des activités de Loto-Québec chez nous.

Katrina nous renseigne sur la gestion du risque par les riches et les pauvres. Les riches achètent la sécurité et paient; les pauvres achètent le risque et paient. Le lien avec Loto-Québec? La stratégie de survie. La stratégie des riches et des pauvres du Québec, face au jeu, est identique à ce qu’on a constaté chez les riches et les pauvres de la Nouvelle-Orléans face à la tempête.

Rappelons que l’ouragan tropical Katrina, de niveau 5 (le plus haut niveau), a frappé la Louisiane et les États voisins à la fin août 2005. Le phénomène naturel a fait de terribles dommages. Des digues à la Nouvelle-Orléans ont cédé, la ville inondée à 80%. Le malheur est devenu cauchemar. Mais ce n’était pas la fin du pire. La manière dont les diverses administrations ont répondu aux événements a transformé cette catastrophe météorologique en tempête culturelle et politique.

Suite au constat de faillite des institutions à cerner les besoins des gens les plus mal pris, une conviction s’est formée chez beaucoup d’Américains: les dégâts les plus graves qu’on impute à Katrina ont une origine culturelle et politique. Culturelle parce que la constatation que la société américaine ignorait ce monde d’exclus et ignorait chez celui-ci l’existence de règles de fonctionnement et de survie distinctes de celles qu’on retrouve dans le reste de la population. La révélation à la télévision de ce sous-monde a causé tout un choc chez les Américains. Depuis, les enquêtes des divers médias ont prouvé de toutes sortes de manières que le système politique (jusqu’au sommet) ignorait les réalités de ces gens et que nombre de décisions politiques du passé ont fragilisé le système.

Avant le désastre; la Louisiane et le Québec

La Louisiane aime l’eau qui la fait vivre. L’eau du Mississipi qui transporte les richesses du pays, l’eau des bayous cajuns, l’eau des marais et l’eau des marées qui amène les touristes. L’eau conditionne la vie de cette région. Avec l’eau vient le danger. La saison des tempêtes fait partie depuis toujours de l’expérience des Louisianais et la culture locale en fait foi. Au Québec, on aime Loto-Québec. Loto-Québec soutient des activités culturelles, appuie le secteur communautaire. On fait la fête au Casino. On écoute Télé-Loto en famille. Au centre commercial, il y a souvent la file au Guichet-Loto. Les gens ont besoin de leur Loto et font la file quand il le faut. Mais, avec le jeu, vient le danger. Le jeu cause des problèmes et cette réalité fait partie de l’expérience des Québécois. La culture locale en fait foi.

Dans les deux sociétés, on gère le danger, celui des tempêtes ou du jeu. Avec le temps sont apparues des mesures d’alerte, de précaution et de prévention. Dans le cas d’une forte tempête, on évacue et une grande partie de la population suit la consigne. Bien sûr, à chaque occasion, des gens décident de rester sur place et de courir le risque que le cyclone passe droit sur eux. Parfois, certaines personnes restées sur place périssent, mais les décès restent sans grandes conséquences; la population est habitée par la certitude tranquille que les mesures de précaution, de prévention et d’évacuation sont globalement pertinentes et suffisantes et que les victimes ont causé eux-mêmes leur perte, en voulant affronter la tempête.

Au Québec, les cas problématiques en rapport avec le jeu ont provoqué avec le temps des campagnes de prévention sur les dangers du jeu, la mise en place de services d’écoute, le traitement de clients à problèmes… Parfois, la mort de personnes reliée au jeu est rapportée. Mais les décès restent sans grandes conséquences. La population en général est habitée par la certitude tranquille que les mesures de précaution, de prévention et d’évacuation sont globalement pertinentes et suffisantes et que les victimes ont causé eux-mêmes leur perte, en voulant affronter leur démon du jeu…

Katrina et la prise de conscience collective de la nature de la pauvreté

Puis vient Katrina. Un peu par surprise, l’ouragan, parti de la Floride, s’élance vers la Louisiane et la Nouvelle-Orléans. L’évacuation avait été fortement recommandée à la population. Une stratégie coûteuse en essence, en hébergement, en temps (la congestion routière), en efforts (fermer et barricader la maison), en risques (la quitter pour quelques jours). Devant la réalité du risque et la gravité de la situation, la vaste majorité de la population disposant de moyens financiers et de moyens de transport opte pour une coûteuse évacuation et achète la sécurité.

Restent sur place les immobiles, les citoyens qui ne peuvent se payer aucune stratégie de précaution, de prévention ou d’évacuation. Sans argent et/ou sans moyens de transport, ils affrontent la réalité du risque et la gravité de la situation au moyen de la seule stratégie qu’ils peuvent s’offrir: espérer que la tempête se soucie de leur précaire condition. Mais l’ouragan est venu et a vaincu. Les sans-moyens sont frappés physiquement, leur environnement social et familial détruit. Leur mode de vie s’est interrompu; survivants, il ne leur reste que leur état de fragilité.

En résumé, le drame Katrina a vu les gens qui en ont les moyens, s’offrir la sécurité et attendre. Les pauvres, les gens trop âgés ou trop fragiles n’ont eu pour seule stratégie que d’affronter le danger et d’espérer.

Dans les enjeux de la survie, le jeu au Québec et le sur-place à la Nouvelle-Orléans constituent la dernière option pour les gens précarisés et les pauvres. Le jeu permet en théorie aux gagnants de s’en sortir et aux perdants de perdre tout leur argent. Le danger du jeu est de perdre son argent. Comme on l’a vu avec Katrina, devant ce danger, les «riches» vont s’offrir la sécurité et attendre; ils vont épargner, investir ou hériter mais avec le temps, dans chacun des cas, ils vont s’enrichir. Les riches, à part l’exception des hyper-endettés, ne sont pas des clients de Loto-Québec; ils ont d’autres moyens de s’enrichir.

Dans la classe des sans-moyens, aucune voie de s‘enrichir n’est disponible. On parle de gens dont la condition de vie, l’âge et la santé font en sorte qu’ils ne peuvent pas évacuer leur pauvreté, sauf par le jeu. Le jeu est la seule voie de salut pour ceux et celles qui n’ont plus le temps de gagner de l’argent, qui n’ont plus la santé, qui n’auront jamais d’héritage ou d’appui de leurs proches.

Chez ceux que la pauvreté menace, le danger de perdre au jeu ne constitue pas un frein à l’espoir de s’en sortir. Acheter un billet de loterie est rationnel chez le pauvre, pas chez le riche. Quand la survie devient fragile, la taxation apparaît comme privilège. Par conséquence, les revenus que Loto-Québec perçoit proviennent dans une grande partie de l’argent misé par les pauvres et les endettés. On est loin de la «taxe volontaire» qu’avait institué le maire Drapeau à Montréal dans les années 1970.

Loto-Québec vise les pauvres gens

Par ses taxes sur le jeu, le gouvernement taxe majoritairement l’épargne des gens pauvres. Le problème est là. Les citoyens dont c’est le seul espoir ont besoin du jeu. Ils ont grand besoin de Loto-Québec. Le jeu constitue chez certains une des seules voies pour conserver la foi en l’avenir. Les conséquences sociales à surtaxer les pauvres sont immenses. La lourde taxation sur le jeu accélère la déchéance économique des gens fragiles économiquement, surtout les retraités et les pré-retraités; des gens dont la stratégie est simplement de conserver leur mode de vie. D’autres plus malades, plus fragiles, comptent également sur des revenus hypothétiques pour corriger leur situation et adoptent le jeu comme tremplin de survie.

Et ce n’est pas tout. L’exemple de la Nouvelle-Orléans nous apprend qu’en cas de problèmes sérieux, l’existence de la métropole toute entière est mise en danger par la dégradation des infrastructures urbaines. Chez nous, les conséquences des ponctions de Loto-Québec sur la qualité de l’habitat urbain sont dévastatrices. Les sommes prélevées sous le lourd niveau de taxation inhérent au jeu vident les poches des gens pauvres et démunis et vident de leur pouvoir d’achat les quartiers où ces gens sont proportionnellement nombreux. Ils s’ensuit une chaîne de conséquences; baisse de la valeur des commerces locaux, diminution des loyers, stagnation des valeurs des immeubles et, en fin de compte, dégradation du quartier. Pour Montréal, on entrevoit surtout des pertes très importantes de revenus en taxes foncières et autres. Il serait intéressant de mesurer les pertes fiscales annuelles de la Ville par tranche de 100 millions de dollars «pompés» en taxes sur le jeu.

Katrina et la prise de conscience collective d’un retard culturel et politique

Katrina a permis à la population nord-américaine de prendre conscience des dimensions réelles de la pauvreté. Par le biais d’une catastrophe régionale, on a vu surgir un débat national, culturel et politique, qui vise à ajuster les protocoles d’interventions fédérales américaines en regard de cette conscience nouvelle.

Personnellement, je nous souhaite de profiter de cette prise de conscience de nos voisins pour améliorer nos manières et façons à l’égard des pauvres. Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas cesser de fragiliser des gens et des quartiers où les besoins sont simplement plus grands et les moyens plus restreints?

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