Gambling et jeu compulsif, quand les machines à sous te prennent tout

Témoignage d’un joueur compulsif

Gambling et jeu compulsif

Ali est d’origine algérienne. Travailleur infatigable, courtois et la bonne humeur contagieuse, le mi-trentenaire traîne un boulet dont il est peu fier. Un fort penchant pour les machines à sous. Le jeu lui a tout pris. Son argent, sa dignité et ses espoirs.

Dominic Desmarais  Dossier Gambling et jeu compulsif

jeu compulsif gambling joueur pathologique gambler loterie résultats«J’ai abandonné toutes mes ambitions, tous mes rêves, pour jouer. J’avais 25 000$. J’ai tout flambé. J’ai tellement eu de misère à me pardonner.»

Ali ne pensait jamais vivre un tel cauchemar. Lui qui, depuis l’adolescence, travaillait avec acharnement pour bien vivre et mettre de l’argent de côté a vu les efforts de toute une vie disparaître. Pour des machines qu’il a côtoyées sans les voir pendant 7 ans, dans les bars où il travaillait au début de la vingtaine. «Je passais devant, je les nettoyais. Mais je n’avais aucune idée de ce que c’était, jouer, comment cela pouvait affecter la vie des gens que je voyais devant les machines. L’envie de jouer ne m’avait jamais pris.»

Un petit 10$

casino gambling jeu compulsif gambler joueur pathologiqueLes déboires commencent en 2003. Ali a 27 ans. Il vit tantôt chez sa petite amie quand elle n’est pas de garde comme infirmière la nuit, tantôt en appartement avec son frère. Par une nuit d’angoisse, il décide de se rendre dans un bar où il va régulièrement jouer au billard. Un des employés le convainc de jouer, sans penser mal faire. «Il m’a dit que ç’avait été une journée payante, que tout le monde gagnait aujourd’hui. Je n’avais jamais joué, ça ne me disait rien. Il m’a proposé d’essayer 10$. J’ai mis 10$. Et j’ai gagné 150$. C’est là que mon cauchemar a commencé. Trois semaines plus tard, j’avais perdu 5000$. Et trois mois plus tard, c’était toutes mes économies : 25 000$. Je jouais et je ne réalisais pas ce que je faisais. La piqûre m’a pris d’un coup.»

Ali n’a jamais été un gambler. Il joue sans se rendre compte qu’il a un problème. «Je suis devenu accro. Tout mon argent y passait. Moi qui ai toujours eu peur de gager de l’argent! Je travaillais et j’allais jouer. Parfois 7 à 8 heures d’affilé. J’avais trouvé un nouveau passe-temps. Devant la machine, tu oublies tout. Les priorités, le temps. Tu es énervé, stressé. Dès que je commençais à jouer, mon humeur changeait. Je me sentais bien aussitôt.»

Quand la compulsion s’installe

casino loterie loto-québec gambler gambling joueur pathologique jeu compulsifAli commence avec des petits montants puis joue de plus en plus gros. «Tu joues un 20$, tu le perds. Tu veux le récupérer. Tu le perds. Tu veux ensuite aller chercher ton 40$. Et tu le perds. Et tu veux le récupérer… Jusqu’à ce que tu flambes tout jusqu’à la dernière cenne.»

Sa relation avec sa copine se dégrade. Elle lui suggère de suivre une thérapie. «Même si j’avais perdu 25 000$ en 3 mois, je ne considérais pas que j’avais un problème.» Ali cesse de manger. Il perd son appétit. Plus il dilapide son argent, plus il devient de mauvaise humeur. «Je paniquais toujours pour rien. Je m’énervais. Je travaillais de jour comme cuisinier et de soir dans les clubs et les festivals comme Juste pour Rire. Je travaillais 7 jours sur 7. Et tout allait dans le jeu.»

Quand Ali finit de travailler le soir, à 22h, il lui reste quelques heures pour rentrer se changer et aller jouer au bar jusqu’à la fermeture. Jusqu’à ce qu’il entende parler d’un endroit où le joueur est roi à toute heure du jour. «Quelqu’un m’a demandé pourquoi, tant qu’à perdre 1200$ au bar, je n’irais pas au casino… Ç’a été ma mort.

Déboires au Casino

gambling-gambler-jeu-compulsif-joueur-pathologique-loterieAu Casino, les dépenses sont devenues plus imposantes. Ça ne ferme pas, le casino. J’ai joué, une fois, à partir de 7h30 le matin jusqu’à 2h30 dans la nuit. J’ai manqué ma journée de travail. J’ai perdu 5000$, cette journée-là. J’étais tellement furieux contre moi… J’ai voulu récupérer mon argent. J’ai commencé à espacer mes visites au casino pour y jouer avec des sommes plus grosses. J’ai économisé pendant un mois 10 000$. Je suis allé le jouer au complet. J’allais toujours jouer seul. Jamais je n’ai appelé quelqu’un pour m’accompagner.»

Ali devient obsédé par le jeu. La nuit, il voit des cloches et des 7 dans son sommeil. Il a toujours une pensée pour sa prochaine sortie en solitaire au casino. «Dans ma tête, je savais que j’irais jouer gros prochainement. Dès que je me prévoyais une journée de congé, j’y allais. J’y pensais longtemps à cette journée. Je me voyais déjà gagner un gros montant.»

La famille et le gambling

loto-québec jeu en ligne conférence de presse casino virtuel gambling jeu compulsifAli avoue ses pertes d’argent à sa famille qui minimise le problème. «J’avais mis la faute sur eux. J’ai essayé de m’enlever la responsabilité. Eux se sentaient mal. Toute la famille savait. Mais personne ne savait que la maladie du jeu, ça existait. Et chez nous, le jeu, c’est péché. Pour un musulman, ce n’est pas bien.» Les problèmes d’Ali sont enterrés, au grand bonheur de tous. L’honneur de la famille est sauf. Ali n’a pas à se sentir mal devant les autres et confronter ses démons.

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Jeux vidéos et industrie numérique

Science et jeux, le meilleur des mondes

Quelles relations entretiennent la science et le jeu? À l’occasion du Sommet international du jeu de Montréal (SIJM), l’Agence Science-Presse a enquêté sur la validité scientifique des jeux vidéo.

Odile Clerc, Agence Science-Presse

Si jusque-là, leur qualité scientifique n’était pas la préoccupation principale des producteurs — divertissement oblige —, elle devient centrale pour le secteur des «jeux sérieux», véritable passerelle entre industriels et laboratoires de recherches.

Un marché qui monte, qui monte, qui monte

«Au Québec, le marché du jeu vidéo a été multiplié par 4 en 4 ans», annonce d’entrée de jeu Jean-Pierre Boucher, directeur d’Alliance numériQC, le réseau de l’industrie numérique du Québec et organisateur du SIJM. Fini les consoles à manettes qu’il faut manipuler plus vite que son ombre ! «Aujourd’hui, l’heure est à la mobilité, l’interactivité et la jouabilité. Le marché attire de plus en plus de joueurs et s’ouvre sur un nouveau segment en pleine croissance, les serious game».

Jeu sérieux = jeu scientifique?

Le jeu sérieux, thématique présente pour la première fois au SIJM, réunit chercheurs, universitaires, scientifiques, concepteurs et producteurs pour débattre de sujets aussi délicats que nouveaux : comment le définir précisément, comment le valider, quelles sont ses finalités, ses références scientifiques, etc. «Nous ne sommes pas tous d’accord sur sa définition. Disons qu’il s’agit d’un jeu qui a d’autres finalités que le divertissement, mais il peut être divertissant ! On est proche du ludoéducatif!» explique Samuelle Ducrocq-Henry professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Quoi qu’il en soit, tous les protagonistes s’accordent à dire que son contenu scientifique fait sa spécificité. «Et pas question de faire des concessions sur la rigueur scientifique au nom du e-marketing!»

Souriez, c’est bon pour moi

Jeu scientifique ne veut pas dire jeu ennuyeux et inutile! Prenez l’exemple de MindHabits, un jeu conçu par Mark Baldwin, PhD et professeur au département de psychologie de l’Université McGill. En pratiquant ce jeu régulièrement sur votre ordinateur, vous augmenterez votre estime de vous-même et votre résistance au stress. «Mes recherches démontrent que le stress est fortement relié à l’estime de soi. Si vous vous sentez critiqué ou peu apprécié des autres, vous avez deux fois plus de risque de tomber malade», explique Mark Baldwin. «MindHabits joue sur trois procédés psychologiques : l’activation – faire émerger une idée positive de soi, l’association – s’associer un concept positif, et l’inhibition – rompre un processus de pensée négative. Le jeu composé de différents modules consiste à reconnaître, parmi une série de visages, celui qui sourit. Les études montrent que les joueurs ayant une faible estime d’eux-mêmes mettent plus de temps à repérer les visages souriants. L’idée est donc d’exercer le cerveau à reconnaître en priorité les visages souriants.» Et ça marche. D’après les tests, il suffit de pratiquer 5 minutes par jour pendant une semaine pour améliorer son estime de soi et réduire son stress.

Des jeux au service des hommes

Dans le secteur de la santé, nombreux sont les jeux sérieux qui ont fait leurs preuves. À l’Institut des grands brûlés de l’Hôpital de Washington, on a remarqué par exemple que le seuil de tolérance à la douleur est modifié de 37 % à 97 % sous l’effet du jeu virtuel SnowWorld. Autre exemple, Escape from Diab est un jeu très efficace qui aide les enfants diabétiques à gérer leurs contraintes médicales.

Est-ce que pour autant le jeu pourrait remplacer la relation interpersonnelle avec un professeur ou un thérapeute ? «Pas du tout, répond Samuelle Ducrocq-Henry. Nos recherches montrent que le jeu est un soutien à l’apprentissage, mais pas un substitut ; cependant, il est une valeur ajoutée certaine.» Conclusion convergente avec les résultats de recherche de Terry Lavender, diplômé de l’École des arts interactifs et de la technologie de l’Université Simon-Fraser en Colombie-Britannique. «J’ai conçu un jeu interactif afin de voir si le jeu pouvait modifier le comportement des joueurs. Mes résultats montrent que, dans le cas de mon jeu axé sur la problématique des personnes sans domicile fixe, le comportement des joueurs ne change pas, mais la sensibilisation à leur cause est grandement modifiée», commente Terry Lavender.

Que les scientifiques mettent leurs connaissances au service du jeu ou que le jeu fasse appel aux compétences des chercheurs – comme dans le cas du jeu vidéo My Word Coach développé avec l’aide d’un linguiste par Ubisoft – l’industrie du jeu et la recherche ont tout intérêt à travailler main dans la main. «Si les sociétés de production s’intéressaient à notre savoir, nous pourrions les aider à développer des jeux vraiment bénéfiques pour les joueurs», conclut Mark Baldwin.

Et peut-être pourrions-nous rêver d’un monde où la violence serait bannie des jeux, preuves scientifiques de sa nocivité sociale à l’appui?

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniers CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/musique-hiphop-rap.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

.

Le jeu compulsif chez les jeunes

Taux de joueurs compulsifs chez les jeunes

La perception des conséquences et des impacts du jeu compulsif pour un jeune est différente de celle d’un adulte. Avec moins de responsabilités familiales, on pourrait croire que le jeune est moins à risque.

Gabriel Alexandre Gosselin            Dossier Gambling et jeu compulsif

Les adultes ont une sorte de patrimoine, explique une spécialiste en prévention pour le jeu chez les jeunes de l’Université McGill, Isabelle Martin. Leurs problèmes de jeu ont un impact sur leur conjoint ou leur conjointe, sur leurs enfants, et même sur leur famille élargie. Ils vont aussi pouvoir parier leur voiture, leur maison, ce qui peut avoir un plus gros impact sur une vie. Les jeunes n’ont pas ces responsabilités. Il se sentent moins à risque.

Cette insouciance qu’ils ont à l’égard du jeu ne rend les jeunes que plus vulnérables à développer une dépendance. Des études de l’Institut de la statistique du Québec le démontrent: il y a plus de joueurs pathologiques chez les jeunes (2,5 %) que chez les adultes (environ 1 %).

“C’est connu, les jeunes de 16-17 ans peuvent entrer dans les bars. Ils aiment spécialement les appareils de loterie vidéo”, donne en exemple Isabelle Martin, qui croit qu’une prévention est de mise auprès des jeunes, mais aussi chez les parents, qui ont grandi dans un univers de normalisation du jeu.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Autres textes sur l’Environnement.

 Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/Abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Poker, comment être un joueur habile

La main du hasard

Le hasard aurait une plus grande part dans le résultat d’une partie de poker que l’habileté du joueur. Bien que ce dernier pense plutôt que son adresse au jeu influence la partie en sa faveur et que les mauvaises cartes le font perdre.

Isabelle Burgun, agence science presse    Dossier Gambling et jeu compulsif

http://www.journaldelarue.com/gambling-jeu-compulsifOn entend dire que plus on s’améliore, plus on gagne gros. C’est plutôt quand l’on est favorisé par le hasard que l’on gagne, soutient pourtant Serge Sévigny, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

Le chercheur s’appuie sur les résultats d’une étude qu’il a menée avec le chercheur Robert Ladouceur de l’École de psychologie. Elle était présentée début juin au colloque Les multiples facettes du jeu du Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu.

Popularité du poker et des jeunes en ligne

Les jeux de hasard en ligne gagnent en popularité, principalement le poker. « La télévision nous montre des champions qui remportent des millions. C’est devenu tellement populaire que les États-Unis commencent à légiférer les jeux en ligne », souligne le chercheur.
Serge Sévigny évalue que 4% de nos voisins jouent par Internet, soit près de 12 millions d’américains !

Et les sites francophones se multiplient : PokerStars, PrincePoker, NoblePoker et même DrummondPoker ! De nombreuses tables virtuelles vous proposent de passer quatre ou cinq heures à remporter des sommes alléchantes. Sans vous déplacer.

Quinte, brelan ou paire

Loin des salles enfumées des casinos, 80 joueurs de poker chevronnés étaient conviés à venir se mesurer les uns aux autres sur les ordinateurs de l’université Laval. Au total, dix tournois de huit joueurs se sont animés les lundis soirs.

Isolés chacun dans un bureau, ces « as des as » ne pouvaient ni se voir ni se parler. « Nous voulions voir si l’habileté des joueurs influençait leur score », explique le chercheur. Pour cela, l’ordinateur a rejoué la même partie dix fois. Il a distribué les mêmes cartes aux mêmes positions, tandis que les joueurs se succédaient.

Résultat, peu importe le joueur, les positions 2, 3 et 7 étaient gagnantes dans 77% des cas. Et le joueur de la position 7 – celle aux meilleures cartes ! – figurait cinq fois sur dix dans les trois premiers. « On gagne lorsqu’on a de bonnes cartes en main. Ce n’est pas une question d’habileté », sanctionne Serge Sévigny.

Joueur de poker habile ou chanceux?

Le chercheur convient qu’il est difficile de définir l’habileté d’un joueur. « Si je gagne, est-ce par ce que je suis habile ou que l’autre ne l’est pas ? », relève le chercheur. Plus agressif, plus expérimenté, moins impulsif… le bon joueur s’avère capable de mettre ses connaissances en pratique et surtout de faire peu d’erreurs.

Les joueurs débutants – appelés « pigeons » à la table de poker – représentent une vraie bénédiction pour les joueurs expérimentés. Actuellement, la publicité pour les tournois en ligne connaît une recrudescence. Recrutés pour alimenter les tournois de poker en argent frais, les novices doivent veiller à leur budget pour ne pas perdre trop d’argent, pense le chercheur.

Car, même si le hasard a plus d’importance qu’on le croit, les gagnants restent ceux qui ont en main de bonnes cartes et qui savent les abattre.

(1) Comportements de jeu et de jeu pathologique suivant le type de jeu au Québec en 2002, par Robert Ladouceur, Jacques Christian, Serge Chevalier, Serge Sévigny, Denis Hamel et Denis Allard, février 2004: http://gambling.psy.ulaval.ca/docs/comportements_jeu_quebec_2002.pdf

Tu suis ou tu te couches ?

Rêver-vous d’avoir la main d’Al Capone ou de Bill Gates, deux fameux adeptes de poker ? L’Association des joueurs de tournois de poker du Québec dénombre actuellement 1545 joueurs actifs dans la belle Province. En attendant la prochaine étude sur la prévalence des habitudes de jeu des Québécois, prévue pour 2008, celle de 2002 (1) affichait peu d’engouement pour les jeux d’argent en ligne – 0,3%, soit 14 000 joueurs. Pourtant, à y regarder de plus près, les jeux de hasard sur Internet présentent le plus fort taux d’addiction, soit 9,1 %. Il s’agit d’une dépendance aussi élevée que celle des paris sportifs et plus importante que n’importe quel jeu de casino, loterie et autres machines à sous. De plus, les sommes dépensées pour ce plaisir solitaire atteignent près de 1500 $ par année en moyenne, soit trois fois plus que n’importe quel autre jeu. Seule les sommes allouées au marché boursier dépassent cette cagnotte!

Pour en savoir plus

La conférence

« Le hasard et le poker par Internet. Le poker par Internet : jusqu’à quel point le gain dépend du hasard » par Serge Sévigny et Robert Ladouceur, Colloque Les multiples facettes du jeu, organisé par le Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu. Une étude financée par le Fonds pour la prévention et le traitement du jeu de la Fondation de l’Université Laval, juin 2007.

À lire et à consulter

Prévalence des habitudes de jeu et du jeu pathologique au Québec en 2002, par Robert Ladouceur, Jacques Christian, Serge Chevalier, Serge Sévigny, Denis Hamel et Denis Allard, février 2004. URL : http://gambling.psy.ulaval.ca/docs/prevalence_habitudes_jeu_2002.pdf

Le Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu http://gambling.psy.ulaval.ca/

Autres textes sur le Poker Texas hold’em.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/Abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Témoignage: les victimes de mon passé

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Témoignage: les victimes de mon passé

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossiers Prison, Criminalité

Les victimes de mon passé

J’ai une longue sentence à purger. Très longue. J’ai commencé à analyser ce qui s’est passé dans ma vie. Voici le début de mes réflexions. Je suis conscient qu’elles ne sont pas encore terminées et qu’il me reste encore un bout de chemin à faire.

Mes condamnations

Histoire de vous aider à mieux comprendre, évaluer, juger ou condamner mes propos, voici mes condamnations: Enlèvement, séquestration, extorsion, possession d’armes, utilisation d’armes, vol de banques, vol de véhicule, évasion, tentative d’évasion, outils de cambriolage, complot, délit de fuite, résistance à mon arrestation, usurpation d’identité…

Jamais, au plus profond de moi-même, je n’ai eu envie de faire du mal à qui que ce soit. Je ne vous demande pas d’accepter mais d’essayer de comprendre tous ces gestes inacceptables aux conséquences douloureuses et surtout non méritées pour mes victimes. Des gestes qui sont l’aboutissement d’une accumulation de souffrances et de douleurs.

Après l’arrestation

Ma principale préoccupation: comment ai-je pu me rendre là? Comment ai-je pu devenir cet être sans âme, sans amour? Froid et distant, dangereux et violent, mes yeux à la dérive reflétaient mon vide intérieur. Comment aurais-je pu considérer la vie d’un autre si la mienne n’existait plus vraiment?

La détention

Des années d’incarcération m’ont donné le temps de trouver des explications pour découvrir un sens ou des raisons d’être à ces crimes. Au début, les raisons semblent louables: aider ma famille, gâter ceux que j’aime.

Puis, un jour, une pénible réalité fait surface. Un drame caché, qui, de l’intérieur, est venu gruger ma raison, mon amour et mon empathie pour les autres, jusqu’au moment où tout s’effondre. La période de crise qui s’ensuit est étouffée avec la drogue, le jeu, la boisson.

Puis, un découragement si profond qu’on se déconnecte de la réalité, rendant notre comportement irréfléchi et dangereux pour tous ceux que nous rencontrons et pour soi-même. Résultat final ou échappatoire temporaire, le meurtre, le suicide, l’overdose, le vol…

L’homme est un loup pour l’homme

Un animal blessé, apeuré, affamé, et qui est seul, est un danger pour tous ceux qui pourraient le croiser son chemin. Il se balade au gré du vent, cherchant une proie faible et sans défense. Il n’a même plus la force d’attendre ou de réfléchir à une stratégie quelconque. Son seul but est d’oublier le mal qu’il vit.

L’homme devient cet animal. Lorsqu’on lui retire sa dignité, sa pitance, il revient à sa nature profonde d’animal. La plupart du temps, on ne choisit pas de devenir criminel. Une suite d’événements nous entraîne vicieusement là où personne ne voudrait aller de son plein gré.

Un criminel est généralement quelqu’un de désemparé qui, pour se tenir à flot, s’accrochera à tous ceux qu’il croisera sur son chemin, exactement comme quelqu’un qui se noie. Sa peur de mourir, de souffrir, est si forte qu’elle l’empêche de réfléchir. Il panique, rendant son comportement incompréhensible.

La souffrance ne s’apprend pas à l’école!

Contrairement au criminologue, je n’ai pas étudié l’histoire du crime. J’en suis un des auteurs. Mes explications ne proviennent pas d’une interprétation analytique, mais de mon vécu. Étudier la souffrance ou la douleur à travers des livres ne vous donne pas la mesure exacte des effets qu’elle procure.

Certaines personnes choisiront la mort, d’autres prendront les armes. La désorganisation chez certains les rendra agressifs, tandis que d’autres réagiront en se soumettant au premier venu.

Je ne crois pas qu’étudier le cancer vous aide à mieux comprendre les douleurs physiques et mentales du malade. Je crois qu’il en est de même avec la criminalité. Dans la majorité des fraternités, groupes de soutien entre individus qui partagent une même dépendance, tous reconnaissent qu’il n’y a pas mieux qu’un dépendant pour en comprendre un autre. Mes longues années à fréquenter les alcooliques anonymes, narcotiques anonymes, gamblers anonymes et autres, confirment que je ne suis pas unique. Il existe des ressources pour faire une sérieuse remise en question, de façon constructive et efficace. Seul le désir sincère de changer fera la différence.

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

Voir les autres textes sur Prison.

Drogue et paradis artificiel en prison

Un détenu ministre de la Justice …

Pénitencier: sexualité des prisonniers

Esquisse ensoleillée d’une petite prison

Le prisonnier et la religion

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Témoignage: … pour de nouvelles aspirations

Témoignage: … pour de nouvelles aspirations

Miguel                  Dossier Toxicomanie, Alcool

Une chance qu’il existe un magazine comme Reflet de Société pour se livrer. Mon intention, en écrivant ce texte, est de me libérer de mon problème de consommation. C’est le pot, ici, qui est en cause.

On dit que la dépendance cache un autre problème qu’on oublie en s’abandonnant, peu importe envers quoi. Jeu, alcool, drogue, nommez-les. Aussi bizarre que ça puisse paraître, c’est le contraire qui s’est produit pour moi…

Je fumais des joints pour relaxer, décrocher. Ma dose de bonheur. Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle un party animal. Je pouvais boire quantité impressionnante de bière, quand je sortais. Mais ça s’est terminé du jour au lendemain. Comme ça, sans aucun effort, je me suis tanné. Plus le goût.

Le pot, pour moi, est plus insidieux. Il m’a aidé à régler mes problèmes d’insomnie,toxicomanie-drogue-3 pour commencer. Puis faisait en sorte que chaque soirée en était une de bonheur. C’est l’effet que je recherche. J’aime être heureux. J’ai donc commencé innocemment, sans vouloir cacher un problème. J’ai continué parce que j’aimais ça. J’ai arrêté quand ma consommation est devenue un peu trop régulière… Et en raison du souci de mes proches.

Je suis resté plus ou moins sobre pendant un bon moment, me contentant de consommer en des occasions plus festives. Puis, les choses tournant davantage en ma faveur, j’ai recommencé: j’étais heureux!

Je fume comme d’autres boivent une bière au retour du travail. Jamais le jour, que le soir. J’ai de grosses semaines, il m’arrive souvent même de travailler 7 jours. Toujours à la course, avec 36 millions de choses à faire, j’arrêtais le temps en allumant mon joint. J’arrêtais le temps pour la soirée.

Mais voilà. Si j’apprécie ce moment, je me rend bien compte que ce n’est que court terme. Ces bons moments ont un effet sur ma vie de tous les jours. Je suis moins efficace dans mon travail, bien que je m’y donne quasi-totalement. Je sais que je pourrais en faire beaucoup plus. On ne m’a pas dit si on était insatisfait de moi, au boulot. À mes yeux, ce n’est guère important. JE suis insatisfait. JE sais que je peux – et je veux – en faire davantage.

Je réalise que je suis entré dans un cercle vicieux. La drogue, à la longue, m’abrutit. Je suis plus fatigué. Alors après une journée à bien besogner, je suis sur le carreau. Meilleur moyen de relaxer? Et oui… Alors oubliez-moi si vous voulez sortir! Socialement, je n’existe plus vraiment…

J’imagine qu’il y a toutes sortes d’approches pour cesser de consommer. J’ai pas envie de me morfondre, me dire pourquoi j’en suis arrivé là… Je vais assumer: je considère avoir un problème mais je ne peux revenir en arrière et tout effacer. Je préfère grandir de cette dépendance, me dire qu’il y a une raison pour laquelle je devais passer par là.

J’ai arrêté il y peu, du moins sur semaine, et j’ai vu une grande différence. Bien que je ne sois pas encore aussi productif que je pourrais, j’ai vu ce que je pouvais accomplir, avec une vraie nuit de sommeil. Avec une soirée pour voir des amis ou tout simplement travailler.

De bien belles choses se présentent pour moi. J’ai de grandes aspirations. Je ne veux surtout pas passer à côté d’une vie qui s’annonce aussi riche en expériences. Pour ça, faut que j’oublie que le bonheur de cette drogue n’est que court terme… Et que je garde en tête qu’il me faudra un peu de temps avant que les effets nocifs – fatigue, moins bonne concentration, perte de drive – s’estompent complètement.

Je le fais pour moi. Pour cesser de me donner des excuses qui ne sont là, au fond, que par peur de rater mes objectifs. Aussi bien me planter parce que j’aurai réellement essayé. Si j’ai à me planter!

Autres textes sur Alcool .

À Anne-Marie, ma mère alcoolique.

Drogué à 12 ans.

Témoignage d’un jeune consommateur.

Les écoles, la drogue et le sexe.

Qu’est-ce qu’un alcoolique?

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Vulgarisation du recours collectif Brochu contre Loto-Québec

Vulgarisation du recours collectif Brochu contre Loto-Québec

Dominic Desmarais      Dossiers Gambling et jeu compulsif, Loto-Québec et Recours collectif contre Loto-Québec

recours collectif brochu contre loto-québec Le 15 septembre 2008 débutait officiellement le recours collectif des joueurs pathologiques contre Loto-Québec. Une première mondiale dans le domaine du jeu. Après plus de 6 ans de procédures, la cause est débattue devant la Cour supérieure à Québec. Reflet de Société fait le bilan de cette saga judiciaire qui n’est pas prête de se terminer.

C’est en 2001 que le recours collectif contre Loto-Québec a débuté. Jean Brochu, avocat de profession qui se débattait avec ses problèmes de jeu, a décidé d’intenter des poursuites contre l’institution québécoise qu’il rend responsable de ses déboires. Il demande le remboursement des thérapies suivies par tous les joueurs aux prises avec la maladie de jeu pathologique qui participeront au recours collectif.

L’appel à l’aide de Jean Brochu

Me Brochu a développé une dépendance aux appareils de loterie vidéo (ALV) sur lesquels il a commencé à jouer dès leur apparition sur le marché québécois, en 1993. En 6 ans, il sombre dans l’enfer du jeu. Comme bien des joueurs considérés pathologiques, le jeu prend de plus en plus de place dans sa vie. Tout son argent y passe. Les poches vides, il se sert de ses fonctions de trésorier du syndicat des avocats de l’aide juridique pour assouvir son besoin de jouer. Espérant se refaire, il vole à son Syndicat 100 000$.

Découvert en 1997, il est suspendu de ses fonctions, perd temporairement son titre d’avocat et est accusé au criminel. En consultation auprès d’un psychologue, Me Brochu comprend qu’il est devenu dépendant du jeu. Il suit une thérapie, plaide coupable pour fraude, obtient une absolution conditionnelle, rembourse 50 000$ à son syndicat puis prend action contre Loto-Québec au nom des joueurs pathologiques de la province qu’il estime à 125 000.

C’est quoi, un recours collectif?

gambler gambling jeu compulsif joueur pathologique loto-québec loterie Le recours collectif est une manière économique d’accéder à la justice. Ce recours évite une multitude d’actions ou de procès identiques, similaires ou connexes. Ainsi, un seul juge, dans une seule ville, est chargé d’entendre la cause.

Cette procédure permet également aux demandeurs de se partager les frais d’avocats et les coûts reliés à la justice comme les frais de procédures. Normalement, les avocats sont payés à pourcentage advenant d’une victoire. Ils prennent tous les risques en cas de défaite.

Le recours collectif se divise en trois étapes. Il doit d’abord être autorisé par un juge s’il respecte les conditions du code de procédure civile. Ensuite, la cause est entendue. Finalement, s’il y a lieu, on effectue le recouvrement du jugement pour chacun des membres du recours collectif.

Jean Brochu et les joueurs pathologiques

Brochu reproche à Loto-Québec d’avoir propagé l’usage d’appareils de loterie vidéo (ALV) sans avoir pris les mesures appropriées pour informer les utilisateurs du danger d’en développer une dépendance. En raison de cette faute, Loto-Québec devrait réparer le préjudice qui en découle, sous forme de dommages et intérêts.

Les experts de M. Brochu prétendent que les ALV sont conçues spécifiquement pour exploiter une tendance naturelle de l’esprit humain à développer une impression de contrôle qui constitue l’élément déclencheur de la dépendance pathologique. Cette dépendance serait connue scientifiquement depuis 1990 selon leurs prétentions.

La proximité des ALV serait un facteur d’accélération de développement du jeu pathologique, sinon, une des causes nécessaires.

La défense de Loto-Québec

Dans sa défense, Loto-Québec nie la commission de quelque faute que ce soit dans l’exécution de son mandat, voire même quelques obligations statutaires ou légales assimilables à une obligation de renseignements ou d’informations.

Pour Loto-Québec, il ne saurait y avoir de recours collectif puisque le problème de chaque plaignant est différent. Les causes de la maladie, le trouble de jeu pathologique, proviennent de facteurs multiples. Loto-Québec prétend donc que chaque individu victime de jeu pathologique devrait intenter personnellement une poursuite à son endroit. L’opinion de ses experts, les Dr Robert Ladouceur, psychologue, et Fabien Gagnon, psychiatre, est formelle à ce sujet.

Le déni de Loto-Québec

Les interrogatoires hors cours et les dossiers médicaux des membres rencontrés par les avocats de Loto-Québec démontrent que la majorité d’entre eux ont eu des problèmes de dépendance à l’alcool ou aux drogues ou bien ont souffert de problèmes psychologiques ou psychiatriques autre que le jeu pathologique. Plusieurs de ces membres auraient subi des événements traumatiques majeurs. Loto-Québec prétend ainsi que ce sont tous ces problèmes qui ont mené les membres du recours collectif à développer la maladie du jeu pathologique. Ce qui explique que les membres appelés à témoigner soient interrogés par les avocats de Loto-Québec comme le sont les victimes d’agression sexuelle. On fouille leur passé pour les faire parler des traumatismes qu’ils ont vécu.

De plus, l’intensité de l’obligation de mise en garde varie en fonction du degré de connaissance de chaque membre. Selon Loto-Québec, même s’il était démontré un manquement à cette obligation, une preuve du comportement de chaque membre serait nécessaire pour établir le lien de causalité entre la faute et les dommages résultant de ce comportement.

Recours collectif interminable

Difficile de trouver une explication simple justifiant une attente de près de 6 ans entre l’autorisation du recours collectif et le début du procès. C’est qu’à l’intérieur de la cause, une multitude de jugements interlocutoires ont ralenti le processus juridique. Des interrogatoires hors cours – avant le procès – des membres qui finissent devant le juge pour que soient tranchées les objections soulevées lors de ces interrogatoires. Des demandes à la Cour d’appel pour qu’elle casse le jugement autorisant le recours collectif. Des demandes de communications de pièces et interrogatoires entre Loto-Québec et trois fabricants d’ALV forcées d’être parties au procès, la liste est longue.

À plus d’une reprise, lors de ces jugements, les avocats de Loto-Québec ont été rappelés à l’ordre, se faisant sermonner sur leur manque de diligence.

Les causes en jeu dans le recours collectif Brochu contre Loto-Québec

La première étape du recours collectif, l’autorisation, est survenue le 6 mai 2002. Mais la cause, sur le fond, a débuté en septembre 2008, soit 5 ans et demi plus tard.

L’essentiel du débat consiste à déterminer la dangerosité des ALV et l’étendue de l’obligation de mise en garde sur le danger de développer la maladie de jeu pathologique.

Cependant, il sera impossible de déterminer, lors du procès, l’indemnité payable à chacun des membres. Le recours collectif ne se penche que sur deux questions, identiques pour tous les membres:

a) les ALV peuvent-ils causer la maladie du jeu pathologique chez les membres du groupe?

b) Dans l’affirmative, Loto-Québec était-elle soumise à une obligation de mise en garde et si oui, cette obligation a-t-elle été rencontrée?

Mince espoir pour les joueurs compulsifs

En cas de victoire de M. Brochu et des membres du recours collectif, il faudra attendre un bon moment avant que ne leur soit versé quelque dédommagement. Car le jugement ne porte que sur la responsabilité de Loto-Québec. Chaque membre aux prises avec la maladie de jeu pathologique devra faire la preuve du coût de ses problèmes de jeu causés par Loto-Québec.

Mais avant d’en arriver là, Loto-Québec risque de porter la cause en appel et, advenant une autre défaite, demander à la Cour Suprême d’y jeter un coup d’œil.

S’agissant d’une première mondiale, une institution du jeu poursuivie pour avoir développé la maladie du jeu pathologique, il est fort possible que la plus haute instance du pays accepte d’entendre la cause.

Ressources pour le jeu compulsif:

Gamblers Anonymes et Gam-Anon (514) 484-6664 ou 1-800-484-6664
Narcotiques Anonymes
(514) 249-0555 ou 1-800-463-0162
Nar-Anon
(514) 725-9284
Alcooliques Anonymes
(514) 376-9230

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Reflet de Société, Vol.17, No 2

PUBLICITÉ

T-Shirt promotionnel disponible avec votre logo

tshirt_cafe_graffiti Soutenez le Café-Graffiti, affichez vos couleurs.

Votre T-shirt Café-Graffiti pour seulement 9,95$. Disponible en rouge, noir ou blanc.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: cafegraffiti.net
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc.

H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Pour votre T-shirt promotionnel avec votre logo: Café-Graffiti: (514) 259-6900

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 1  491 followers

%d bloggers like this: