Corruption, collusion et financement des partis politiques

Commission Charbonneau

Construction et politique, réglons la corruption

Raymond Viger Dossiers Politique, Criminalité

La commission Charbonneau fait ressortir des faits que nous connaissions tous depuis fort longtemps. Le financement des partis politiques favorisent la corruption, les pots de vin, les fraudes et tous les autres mots pas beau et pas fin qu’on ne voudrait pas entendre.

Et le monde de la construction, qui est la vedette de la commission Charbonneau, n’est pas le seul monde où la corruption prend beaucoup de place. Sans vouloir être négatif à outrance, je considère qu’il y en a partout, même dans le communautaire.

Imputabilité des politiciens

Ce qui me désole beaucoup dans ces faits, c’est le manque d’imputabilité. Les politiciens sont tenus à l’écart. Ils ne sont au courant de rien. Ils ne voient rien. Ça va nous prendre des politiciens qui ont le goût et la capacité d’être responsables et imputables.

Même si certains me disent que les partis politiques sont importants pour rassembler les gens de même affinités et de même orientation politique, je suis obligé de questionner, encore une fois, la pertinence des partis politiques. Si nous avions des députés libres, autonomes et indépendants, travaillant pour le bien-être de leurs électeurs, est-ce que nous aurons de meilleurs politiciens que lorsque ceux-ci doivent suivre la ligne de parti, pourvoir au financement du parti avec des quotas financiers à rencontrer…?

Corruption à répétition

Jean Drapeau avec Pacifique Plante, devant le juge Caron s’est élevé contre la mafia et les fraudes à la Ville de Montréal au début des années 1950. Nous avons eu la commission d’enquête sur le crime organisé (Ceco) en 1972 ensuite la commission Cliche en 1974. Maintenant nous avons la commission Charbonneau. Nous le savons qu’il y a fraude dans la construction et en politique.

Que pouvons-nous faire maintenant pour que ça n’arrive plus? Que pouvons-nous faire pour éviter une autre commission dans 10 ou 20 ans?

Autres articles sur la Politique:

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Enquêtes avec Alain Gravel, mafia et criminalité au grand jour

Les politiciens dénoncent les fraudes et font appel à la police

Politique et mafia

Alain Gravel soulève de grandes questions lors de l’émission Enquêtes.

Raymond Viger Dossiers Média, Protection du consommateur

Lors de l’émission Enquêtes d’hier, Alain Gravel nous présente les différentes tractations entre des contracteurs, des fonctionnaires de la ville, la mafia… Une série de pot de vin, de ventes et de contrats privilégiées mis à jour. Félicitations à Alain Gravel pour ce travail de longues haleine.

L’évidence de fraude dans l’arrondissement de Rivières-des-Prairies Pointe-aux-Trembles est tellement grande que la mairesse, Chantal Rouleau, a même demandé à la police d’intervenir. Le projet domicilaire Marc-Aurèle Fortin semble n’être qu’un suite de fraudes à tous les niveaux. De l’achat du terrain à prix plus qu’avantageux jusqu’à la construction des infrastructures et des maisons, la mafia semble être parti prenante de toutes les étapes de la réalisation du projet. Et les pots de vin à des fonctionnaires semblent être présent tout au long de la démarche.

Le reportage d’Alain Gravel n’est pas tendre envers le Groupe Petra, propriété de Giuseppe Borsellino, appelé Jos Borsellino. Il réussi à gagné des offres publics même en présentant la pire soumission. Mais comme par hasard, les 2 enfants du fonctionnaire en charge du dossier reçoivent des  »cadeaux ». 100 000$ chacun. Pas cher payé pour obtenir des terrains 5 millions moins cher que le prix payé par la ville!

La question qui tue

Si la mairesse Chantal Rouleau demande à la police d’intervenir parce qu’il y a de la fraude évidente dans son arrondissement, si l’équipe de l’émission Enquêtes et Alain Gravel sont capables de faire sortir au grand jour les tractations complètement aberrantes entre fonctionnaires et mafia, comment se fait-il qu’il n’y a pas 23 auto patrouilles pour faire des arrestations et placer des gens en prison?

Devrions-nous demander à Alain Gravel de se présenter comme chef de police pour mettre un peu d’ordre et d’honnêteté dans notre société?

La police devrait-elle engager Alain Gravel pour faire le travail qu’elle devrait faire?

Alain Gravel sera à l’émission Tout le monde en parle demain avec Fabrice de Pierrebourg pour répondre à cette question.

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Le business de la guerre dans les gangs de rue

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Criminalité et gang de rue

Quand les gangs de rue entrent en guerre

Journal intime d’un membre de gang de rue qui veut s’en sortir. Général, membre très actif d’un gang de rue, change son fusil d’épaule et quitte le gang. À travers l’histoire de Général, Reflet de Société raconte la vie dans un gang de rue.

Dominic Desmarais  Dossier Gang de rue, Criminalité

guerre-gangs-rue-montreal-nord-crips-bloods La vie de Général dans les gangs de rue a commencé au primaire, alors qu’il s’amusait à personnifier ses aînés. Puis, dès le secondaire, il s’identifie aux plus vieux en se bagarrant avec les ennemis de son clan. En vieillissant, Général est initié à la criminalité par le biais de son gang. La guerre prend un nouveau sens. Il ne défend plus une famille mais un butin. À mesure que l’argent entre, les ennemis se multiplient.

Général passe son adolescence à vouer une haine à ses ennemis, les Bleus. Petit à petit, il est embrigadé par les plus vieux qui l’initient au crime: vol, recel, vente de drogue, passage à tabac, incendie de commerces.

La rage dans un gang de rue

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pascal Sa rage se détourne peu à peu de ses rivaux. Il commence à prendre conscience de son goût pour l’argent. Il aime l’indépendance qu’il s’achète et le regard respectueux qui l’accompagne. À 17 ans, il n’écoute plus ses parents et s’éloigne de la maison. Il est un adulte qui gagne fort bien sa vie. Il couvre ses petites amies de cadeaux, s’offre une voiture de l’année, des bijoux, des vêtements. Il a de la classe. Ses amis, avec qui il roule, vivent de la même façon. Quand il les regarde, il voit sa réussite. Un dur au portefeuille bien garni qui a tout ce qu’il désire.

«J’ai remarqué que le danger et l’argent, ça attire le monde. Surtout les femmes! À chaque soir on faisait le party. On préparait nos crimes en chillant.» Le clan de Général compte quelque 70 membres. Le jeune voyou a l’embarras du choix s’il a envie de s’amuser. Et il possède l’argent pour festoyer comme il l’entend. «Je pouvais appeler un ami qui était déjà avec 5 gars. J’en appelais un autre, et c’était la même chose. Finalement, on se retrouvait à 30! On sortait et on ne faisait jamais la file. On pouvait dire n’importe quoi, faire du vacarme, être détestables, prendre toute la place dans le bar, personne n’osait nous dire de sortir. À Montréal-Nord, aucun bar ne pouvait nous refuser.» Général et son gang agissaient comme des tyrans même sur leur territoire. Rien à voir avec la guerre contre les Bleus où ils se posaient en défenseurs de leur quartier. La guerre changeait de visage.

Les Bloods et l’argent

rapper-general-rap-montreal-nord-hip-hopLa famille rouge se soude contre l’ennemi mais agit selon les intérêts de chacun. Il n’y a pas de structures, d’organisation. Les jeunes se rassemblent selon leurs amitiés et leurs affinités. «Il y en a qui veulent juste porter un gun. Ils entrent dans le gang avec leur haine. Ils sont là pour la violence. Ils veulent juste commettre des crimes. D’autres veulent une appartenance. Moi, c’était l’argent. J’étais plus un hustler qu’un trigger happy (gâchette facile). Mon crew, c’était le cash en premier.»

Au début du secondaire, Général se levait le matin pour mater du bleu à l’école. À la fin de son adolescence, c’est au pognon qu’il pense en se réveillant. «Moi je me lève le matin et je me dis: je veux une voiture. Mais si je n’ai pas gagné d’argent de la journée, je n’en dors pas! Ce n’est pas tout le monde qui fait de l’argent. Faut être wise, faut le vouloir. La majorité des membres de gang, je dirais 60 %, est pauvre. Vraiment pauvre. Ils dorment au gaz, ils ne font que traîner. Ils n’y pensent pas jour et nuit. Ils vivent dans la rue, vont dormir d’un appart à l’autre, chez des amis. On est une minorité à avoir un appart, un condo, une maison. Ceux qui traînent dans le métro, les petits revendeurs, ce ne sont pas des leaders. Ils ne sont pas sérieux.» Les centres d’intérêts des membres divergent en vieillissant. Les unions d’hier, la cause, s’effritent.

Le territoire des Bloods

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pelletier Le gang de Général cherche un territoire plus vaste à contrôler pour écouler sa drogue. Une drogue qu’il achète toujours aux plus vieux de son clan, la première génération des Rouges. De tous les groupuscules de sa génération, celui de Général roule le plus. «On faisait plus d’argent que les autres. Et on était les plus fous. Ça roulait. Le centre-ville, le West Island, Montréal-Nord. Juste avec 5 gars solides, tu peux contrôler un territoire. Et appeler du renfort au besoin.»

Quand il ne s’occupe pas lui-même de régler tout contentieux, le petit groupe de Général n’a qu’un appel à faire pour dénicher un membre qui peut faire un vol, intimider une personne ou même la descendre. «N’importe qui du groupe peut prendre une décision. Mais on les prend généralement ensemble. On s’appelle.»

Les Bloods au Centre-Ville contre les motards

gang-de-rue-rapper-general-hip-hop-gang Avides, Général et ses amis lorgnent du côté de la rue Saint-Denis, une artère importante à Montréal, pour agrandir leur territoire. «On savait que la rue appartenait aux motards. On y est allé à 20 pour attirer leur attention, montrer qu’on était là.

On vendait notre drogue. Jusqu’à ce que le boss du quartier nous aperçoive. Alors, on le confrontait. Et d’habitude, il n’y a pas grand monde pour s’opposer à lui.» Le groupe utilise un camé pour qu’il appelle son fournisseur et attend son arrivée. Ils l’ont ligoté et appelé son patron devant l’otage. «Si le boss ne voulait pas céder son territoire, on faisait passer notre message en battant son pusher.»

Général n’a pas d’émotion, quand il raconte cette partie de sa vie. Pour lui, c’est business as usual. «Nous, on tapait tout le monde. On s’en foutait, qu’ils aient des patchs. On était un gang, nous aussi. On a tapé deux ou trois de leurs gars. Ils ont dit ok, mais ne touchez pas à la rue Saint-Laurent. Vous abuseriez. Ce sont des guerriers, les motards», dit-il avec respect.

Général et son groupe, en plus de leurs visées expansionnistes, doivent protéger ce qu’ils contrôlent. Ce qu’ils ont fait aux motards, sur St-Denis, d’autres les imitent pour leur voler ce qu’ils possèdent.

La violence attire la violence

general-blood-gang-de-rue-montreal-nord-gangs Si l’un de ses jeunes vendeurs se fait tabasser par des ennemis qui lui envoient un message, Général doit réagir. «Je n’ai pas d’autre choix que de répliquer. Sinon, mon jeune n’aura plus confiance en moi. Et les autres non plus. On devait régler le problème. Dans ce milieu, tu sais qui ne t’aime pas, qui te surveille. C’est facile de faire parler quelqu’un. Si on juge que ça prend une raclée pour se faire comprendre, on le fait. Mais ça peut mal tourner. Car si on débarque dans un endroit et que les gens sont armés, tout peut arriver.»

Général et son gang se battent pour leur business d’abord. Ils marchent sur les plates-bandes des Bleus, des motards et de la mafia. Et leur affiliation aux Rouges les amène aussi à épouser les guerres des autres membres du clan. Les business des uns créent des problèmes à tous. «Les motards n’ont peur de rien. Ils ont des gangs qui existent juste pour tuer. Ils sont aussi salauds que nous. Eux aussi vont tirer dans le tas, peu importe qui est là. Ça a été nos plus grosses guerres. En fait, la guerre avec les motards a duré un an. C’était celle des plus vieux Bloods.» Général parle avec respect de ces ennemis avec qui il a croisé le fer. Mais le ton change quand il aborde le sujet de la mafia.

Mafia, police et politiciens

«Ce sont des peureux! Côté bagarres, ils ne peuvent pas répondre. Ils ont beaucoup plus que nous à perdre. On peut détruire leurs commerces. Eux ils peuvent juste nous tuer. Et ça va leur coûter 50 000$ pour engager un tueur qui va assassiner un seul gars! Nous, ça ne nous prend rien! Pendant la guerre avec les Italiens, en une soirée, on leur a brûlé sept bars! Ils perdent beaucoup. Ce qui les sauve, c’est qu’ils sont partout. Ils ont la police et les politiciens dans leur manche.»

Mais l’ennemi, quand on fait la guerre pour l’argent et le pouvoir, peut prendre les traits d’un ami. Même au sein de la famille, les frictions surviennent. Le meilleur ami de Général, très ambitieux et productif, s’est fait tirer dans la jambe par l’un de leurs bons camarades après que celui-ci lui ait fait comprendre qu’il ne rapportait pas assez d’argent. «Ils sont restés les deux dans le gang mais ils ne se parlent plus. Ça a divisé le groupe. Ils se parlaient dans le dos. Mais on vient de la même clique. Celui qui a tiré, on lui a fait comprendre qu’on n’était pas d’accord avec son acte. Je ne le voyais plus autant, après. Il a pris son trou.»

Le cycle des générations se poursuit. Les amis de Général, avec leur business, vont se distancer de la guerre, mauvaise pour les affaires. Ils vont laisser aux plus jeunes le soin de faire les mauvais coups pendant qu’ils font fructifier leur argent. La violence se poursuit.

Introduction Histoire des gangs de rue

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Louis-François Marcotte, la restauration et la mafia

Le chef Louis-François Marcotte, Ça finit bien la semaine

Peut-on avoir un restaurant sans être mêlé à la mafia?

Lors de l’émission Ça finit bien la semaine de vendredi dernier, animée par Isabelle Racicot et Varda Étienne, le Chef Louis-François Marcotte se fait demander: “Peut-on avoir un restaurant à Montréal sans être mêlé à la mafia?”

Raymond Viger Dossier Criminalité

louis-francois-marcotte-chef-mafia-restaurant-montrealJ’ai été saisi par la question. Sans hésiter, le Chef Louis-François Marcotte répond que restauration et mafia est une légende urbaine. Ça s’arrête-là et on change rapidement de sujet.

Cependant, j’ai été intrigué par le regard que Varda Étienne a eu à cette réponse catégorique du chef Louis-François Marcotte. Un regard qui en disait long mais que je n’oserais interpréter. J’aurais aimé que Varda Étienne élabore et requestionne Louis-François Marcotte, que le débat continue.

Un gros sujet a été touché, mais nous n’avons pas eu le fond de la pensée de toutes les personnes présentes.

Dommage! La question est arrivée comme un cheveu sur la soupe, mais je suis resté sur mon appétit!

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Bistro In Vivo est maintenant fermé et fait place au Bistro le Ste-Cath.

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Les enfants de la rue en Amérique Centrale

Les enfants de la rue en Amérique Centrale…

Les mots «Mexique, Guatemala, Costa Rica, Honduras» projettent dans nos imaginaires, des destinations exotiques et des voyages. D’autres, ingénieurs ou administrateurs pensent aux nouveaux marchés, à de belles opportunités pour le commerce. D’autres encore, historiens, politologues ou économistes évoquent une zone d’influence américaine, éventuellement membre de l’ALENA. Peu d’entre nous, en entendant prononcer les noms de ces États, penseront aux enfants de la rue, ni même les dirigeants de ces pays. Les enfants de la rue représentent un fardeau pour l’Amérique Centrale. Il est plus facile de les ignorer!

Par Mathieu Chagnon, Waterloo. Dossiers Communautaire, Commerce équitable, Enfants-soldats.

enfants-de-la-rue-amerique-centrale Les problèmes humains sont énormes en Amérique centrale. La pauvreté fait des ravages. Dans cette région, les enfants qui n’ont pas de famille se comptent par milliers. Ils affluent de la campagne après que leurs parents, incapables de pourvoir aux besoins de leur famille devenue trop nombreuse, ne puissent plus les nourrir.

Les conditions de vie pour les enfants de la rue

Devenus de plus en plus nombreux, la plupart d’entre eux sont trop jeunes pour se débrouiller dans la société. Ils quêtent, volent ou vendent leur corps pour un repas chaud, une douche ou un lit propre. Vivant non pas au seuil de la pauvreté, mais bien au seuil de la mort, ils sont faciles à entraîner vers la violence. Ils sont les victimes privilégiées des touristes sexuels, des trafiquants d’organes, des policiers et des agents de sécurité ayant la gachette facile.

Les conditions de vie qui les attendent dans les villes sont misérables et, au dire de Bruce Harris, directeur exécutif de Casa-Alianza, une organisation indépendante, sans but lucratif, vouée à la réhabilitation et à la défense des enfants de la rue: «Les enfants de la rue sont les plus pauvres des pauvres sans même que ce soit de leur faute».

Un espoir pour les enfants de la rue

enfants-rue-amerique-centrale-enfants-guerre-enfant-soldat C’est dans ce contexte qu’œuvre Casa-Alianza. Fondée en 1981 au Guatemala, puis étendue par la suite au Honduras, au Mexique et au Nicaragua, Casa-Alianza prend en charge 9 000 enfants par année. La plupart d’entre eux sont devenus orphelins par la guerre civile, sont abusés ou rejetés par leurs familles vivant la pauvreté. Ils sont tous traumatisés par la société dans laquelle ils vivent. De même que «Covenant House», la fondation mère située aux États-Unis, Casa-Alianza procure des repas, des abris, des soins médicaux, une éducation de base et des formations techniques à ses protégés. Grâce à ses programmes, Casa-Alianza réussit à réinsérer environ 60% des enfants dans la société latino-américaine qui pourront avoir un travail de base et un revenu suffisant. C’est le plus grand organisme humanitaire autofinancé en Amérique centrale.

L’organisme réalise sa mission de protection et de développement par le biais de plusieurs dispensaires, dortoirs, écoles, hôpitaux de fortune. Les travailleurs y sont bénévoles et proviennent de partout à travers le monde, ils sont de tous niveaux de scolarité et de tous âges. Si les besoins en main-d’œuvre, matériel et financement sont grands, la nécessité d’une prise de conscience de la part des citoyens du monde l’est d’autant plus.

Les problèmes rencontrés

Casa-Alianza est aux prises avec des problèmes beaucoup plus graves que le manque matériel pour les enfants. Plusieurs réseaux criminels abusent des enfants de la rue. Les pédophiles et les mafias organisent la prostitution, sans compter les trafiquants d’organes. Les enquêtes menées par l’organisme révèlent des violations incroyables des droits humains. On croirait plus à une fiction policière qu’à la réalité.

Casa-Alianza poursuit les policiers, les gardes de sécurité et les touristes sexuels auteurs de violence contre les enfants. Au Honduras et au Guatemala, plus de mille assassinats de jeunes de moins de 21 ans ont été répertoriés par l’organisme dans les 45 derniers mois. En février dernier, plus de 18 enfants de la rue sont morts au Honduras. Les enfants sont anonymes, les morts ne sont pas rapportés aux autorités. Les gens là-bas sont dépassés par le problème. Il n’y a même pas de guerre en Amérique Centrale actuellement. Rien aux bulletins de nouvelles! En fait, elles sont étouffées pour ne pas nuire aux relations économiques de ces pays. Ces pays sont nos partenaires économiques.

Casa-Alianza est aussi impliquée dans une lutte à finir contre l’inaction des gouvernements du Guatemala et du Honduras. Plusieurs poursuites judiciaires ont été intentées contre ceux-ci. Pendant les procès, Bruce Harris a reçu des menaces de mort. On l’a sommé de démissionner, on a tiré sur sa maison au fusil-mitrailleur et on a tenté de lui faire perdre le contrôle de sa voiture.

En Amérique centrale, la cause des enfants de la rue est oubliée. Dans tout ce que je peux lire à ce sujet, les enfants de la rue sont considérés comme un fardeau pour la société. Je suis très délicat dans mes propos parce que les textes sur lesquels je m’appuie font état de cas d’enfants traités comme des déchets humains.

Autres textes sur les enfants-soldats:

AK-47 et enfants-soldats

Enfants soldats et leurs victimes à la même école

Enfants-soldats: traumatismes de guerre

Une soirée avec les enfants-soldats à Freetown

Enfants-soldats: de la guerre à la rue

Enfants soldats: les anges de la guerre

Enfant soldat et Cause: de la guerre à la rue

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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Témoignage: Profils du meurtrier

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Témoignage: Profils du meurtrier

Jean-Pierre Bellemare           Dossier Chronique du prisonnier

Prison de Cowansville

profils-meurtrier-prison-prisonnier-systeme-carcéral Après avoir côtoyé autant de meurtriers pendant plusieurs années, je me suis fait une bonne idée sur ce qui les a entraînés à commettre l’irréparable. Les meurtriers que je connais ne réagissent pas de la même manière ni pour les mêmes motifs. Il est important de les différencier. Celui qui a tué pour une dette d’argent ou pour un affront ne ressemble en rien à celui qui a sauté les plombs à cause de son divorce.

Le drame passionnel

Une souffrance constante combinée à une douleur lancinante nous dirige vers le blackout (la personne ne voit plus rien). La réalité devient floue. Les alternatives semblent inexistantes. On en vient sérieusement à désirer la mort de quelqu’un. Poussé dans nos derniers retranchements, le bouchon saute, la soupape éclate. Une réponse à une accumulation incroyable de tourments et de malheurs.

L’erreur ou l’accident

Les criminels de quartier se forgent des réputations de durs et seront éventuellement mis à l’épreuve dans des circonstances inattendues. Pour ne pas perdre la face, ils commettront l’irréparable à leur grand dam. Un cas typique: croire qu’en menaçant d’une arme sa victime, l’agresseur obtiendra ce qu’il veut sans que celle-ci ne se défendent. L’imprévisible brouille les cartes. La victime se débat et réagit sans réfléchir, attaque ou crie. L’agresseur, dépassé par les événements, tire, frappe ou poignarde. Mauvais réflexe.
Le tueur n’a jamais eu l’intention de tuer. Il lui sera pratiquement impossible d’en convaincre un jury. L’utilisation d’une arme est considérée comme une admission de culpabilité. Les gars que je connais et qui ont été pris dans ces circonstances regrettent amèrement ce manque de jugement ainsi que la perte d’une vie humaine. Ils n’ont jamais souhaité la mort de l’autre. Leur maladresse dans le maniement d’une arme mêlée au stress intense qu’ils vivent pendant un vol provoque ce genre de meurtre. Ce sont des accidents impardonnables parce qu’ils auraient pu être évités.

Pour le meurtrier qui vit avec les autres détenus, admettre que ce n’était pas le but recherché re-viendrait à reconnaître son étourderie. Il tente de minimiser la gravité des événements. En prison, les autres détenus admirent avec crainte et respect ceux qui ont déjà tué.

Le tueur à gages

Le meurtre étant réservé à une élite de confiance, les erreurs probables sont inadmissibles. Elles entraînent des sentences à perpétuité ou purement l’élimination du tueur, ce qui justifie une méticulosité presque paranoïaque dans ce milieu. Ceux qui travaillent pour les organisations criminelles doivent passer différentes épreuves avant d’être engagés comme tueur. Celui qui a le désir d’accéder à un rang supérieur devra participer automatiquement à des actes répréhensibles.
En vingt ans, j’en ai connu trois ou quatre au maximum. Si je me fie à ce qu’on me raconte, il devrait y en avoir au minimum une centaine. Au pénitencier, le mensonge est une chose commune. Les véritables professionnels n’attirent pas l’attention et sont d’une discrétion totale. Ils ne cherchent pas la renommée. C’est considéré comme un vilain défaut par ceux qui octroient les contrats. Les hommes avec qui j’ai pu échanger ont renversé plusieurs de mes propres croyances. La plupart du temps, les gens qu’ils doivent exécuter ne sont pas des enfants de chœur.

On donne systématiquement tort à celui qui mange une correction en prison. Pourtant, les meilleurs batailleurs n’ont pas nécessairement raison. C’est souvent à tort que nous pensons ainsi. Pour les exécutants, peu importe qui a raison ou tort, c’est celui qui paie qui décide, point final.

Certains criminels auraient fait d’excellents soldats car ils ont cette rare capacité d’obéir froidement aux ordres donnés, sans questionner l’autorité. Ils n’ont pas choisi le bon groupe.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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Prostitution: un fléau international

Prostitution: un fléau international

Dominic Desmarais      Dossier Prostitution et Sexualité.

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-1 Le trafic des êtres humains ne se limite pas qu’aux pays d’Europe de l’Est, d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique. Le Canada aussi doit composer avec ce phénomène. Les Nations Unies estiment à près d’un million les victimes à l’échelle planétaire, dont une majorité de femmes et d’enfants. Ce commerce générerait des revenus de 10 milliards $ annuellement. L’argent généré est tel que ce crime est florissant. Il dépasserait même le trafic des armes, en deuxième position derrière celui de la drogue.

«Le problème du trafic des femmes et des enfants est international, plaide le Dr Kek Galabru, présidente de la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO). Le trafic est l’œuvre de la mafia. Pour transporter un être humain, il faut des ressources: une personne, c’est plus difficile à dissimuler que du matériel. Comme les victimes n’ont pas de papiers à jour, il faut la complicité des ceux qui appliquent la loi, comme la police. Sinon, comment voulez-vous passer la frontière?»

Accrochées sur le mur, tout près de son bureau, des photographies du docteur en compagnie de François Mitterrand, de Jacques Chirac, de Bill Clinton et de la princesse Diana témoignent de l’importance de son lobby. De grosses pointures pour lutter contre de grands réseaux criminels.

Traite des femmes au Canada

En septembre 1997, le Canada goûtait à la triste réalité de la traite des personnes. Une opération policière visant des salons de massage à Toronto débouchait sur l’arrestation de 23 prostituées de Thaïlande et de Malaisie. Un an plus tard, la police en appréhendait 68 autres. Le Canada perdait son innocence. Le Code criminel, inadapté à cette réalité, ignorait les crimes de trafic. Ces immigrantes asiatiques, dont celles victimes de trafic, étaient perçues comme des criminelles. Même si elles étaient forcées à la prostitution. Présentes sur un lieu de débauche, elles ont été arrêtées.

Ces femmes devaient en moyenne 35 000 $ à 40 000 $ à leur «acheteur». Elles devaient travailler 7 jours sur 7. Elles ne connaissaient pas l’anglais, sortaient peu de leur lieu de travail. Certaines avaient reçu de faux papiers. Dans plusieurs cas, le proxénète conservait les visas. Plusieurs d’entre elles savaient qu’elles immigreraient au Canada pour grossir les rangs de la prostitution. D’autres ont été trompées sur la nature de l’emploi promis.

Arrêtées dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni la culture, hormis les mœurs sexuelles de leurs clients, elles n’ont eu droit à aucune aide de la police. Des groupes de défense pour femmes et pour immigrants se sont réunis à pied levé. Dans l’attente de leur procès, il fallait leur trouver un toit, de la nourriture, des vêtements, de l’aide psychologique et juridique, des interprètes, etc.

Des actions contre les trafiquants

Pour faire face à cette nouvelle réalité, le gouvernement fédéral s’est adapté. Huit ans après les descentes de Toronto, le trafic des personnes devenait criminel. Depuis novembre 2005, les forces de l’ordre du pays peuvent ainsi arrêter des gens pour crime de trafic.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’est également mise à jour. Le caporal Sylvain Saint-Jacques, responsable du Centre national de coordination contre la traite des personnes, dispose désormais de 5 agents. En plus, chaque division de la GRC, réparties dans les différentes provinces, affecte deux agents à ce type de crime.

Le changement des mentalités sera toutefois plus long. Les policiers ne connaissent pas les réalités du trafic humain. Les descentes policières, dans les lieux de prostitution, incombent aux corps municipaux qui ne sont pas formés pour distinguer les victimes de traite des prostituées. Seule la police de Winnipeg, au Manitoba, élabore actuellement une politique pour ses agents afin de contrer la menace.

«Un des problèmes, c’est que les gens n’ont pas encore allumé», prétend le sergent Jacques Morin, de la GRC. Il pointe ainsi les organismes qui travaillent avec les femmes et les policiers qui arrêtent des immigrants. «Ils ne sont pas sensibilisés, continue-t-il. Ils ne savent pas reconnaître les signes de la traite, qui se trouvent dans l’histoire de la victime. La fille a besoin de dénoncer qu’elle a été exploitée et qu’on lui a confisqué ses documents pour faire comprendre qu’elle est victime de trafic. Or, elle est accueillie au pays, nourrie et logée par un inconnu, puis elle habite ou travaille dans un endroit qu’elle ne connaît pas.»

À l’instar de ce qui se fait en Asie, l’État a compris qu’il devait agir de façon concer-tée. Constitué au début des années 2000, le Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes regroupe 17 ministères et agences gouvernementales. Il a publié une brochure de sensibilisation à l’intention des ressortissants de pays à risque pour les informer des dangers du trafic. Il organise des colloques et des formations, finance des projets de recherche pour mieux comprendre la problématique au pays, publie une brochure pour sensibiliser aux dangers du trafic les ressortissants de pays à risque, etc.

Prostitution: permis à l’immigration

Les immigrants illégaux arrêtés sont remis à Citoyenneté et immigration Canada (CIC). Depuis mai 2006, le Ministère peut émettre un permis de séjour temporaire (PST) pour les présumées victimes de la traite. D’une durée de 120 jours, il octroie à son détenteur des soins de santé gratuits, régularise son statut légal et lui procure des services pour l’aider à surmonter ses traumatismes.

Pour Jean Bellefeuille, chercheur au Comité d’action contre le trafic humain interne et international (CATHII), ce permis a une double vocation. Permettre à la police de vérifier si l’immigrant a bel et bien été victime de la traite et donner à la présumée victime un temps de réflexion pour qu’elle envisage de témoigner contre le trafiquant. M. Bellefeuille y voit une condition pour l’obtention d’un visa plus long, ce que réfute CIC. Sa porte-parole, Mélanie Carkner indique que les victimes n’ont pas à témoigner pour obtenir le statut de résident temporaire ou permanent. À ce jour, une seule victime a demandé un tel permis. CIC en a proposé à 4 autres, qui ont plutôt opté pour retourner dans leur pays d’origine.

Cette situation ne surprend guère les membres de groupes de défense des victimes comme sœur Sue Wilson, active en Ontario. «Sur papier, on dirait que le Canada agit. Mais il n’aide pas les victimes. Personne ne demande ce permis. La plupart des victimes vont plutôt demander un statut de réfugié, car ils ont droit à davantage de support. Au Canada, on veut surtout les renvoyer dans leur pays.»

Une aide inadaptée pour la prostitution

En demandant le statut de réfugié, les immigrants reçoivent de l’aide à l’emploi, peuvent retourner à l’école, obtenir de l’assurance-emploi. Ils demeurent également au pays plus longtemps. Avant d’obtenir une audience devant un commissaire d’Immigration Canada, le candidat attend environ un an. «Après une décision négative, il peut attendre des années avant qu’on le renvoie», affirme Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés.

Le Canada a été très actif pour la défense et le respect des droits des femmes à l’échelle internationale. Il a signé des conventions contre le trafic des êtres humains qui octroient protection et assistance aux victimes. Or, le pays ne possède aucun centre d’héber-ement adapté aux besoins et réalités des victimes de la traite.

«Actuellement, il n’y a pas de places pour les héberger. On utilise les centres pour victimes de violence pour une nuit ou deux, raconte Louise Dionne, qui siège au sous-comité pour l’hébergement au CATHII. Ce sont des personnes terrorisées, victimes de violence physique et psychologique. Elles sont isolées. Elles ne comprennent pas notre société.» Louise Dionne a aidé trois victimes à trouver un refuge d’urgence: une Éthiopienne, une Haïtienne et une Marocaine.

C’est à l’Auberge Madeleine et au Chaînon qu’elle a pu les placer. Ces centres d’aide sont tous débordés. L’Ontario vit la même problématique. Les refuges opèrent à pleine capacité. Pour aider et assister les victimes de la traite, le Canada devrait se tourner vers les pays du Tiers-Monde. Aujourd’hui, ce sont eux qui possèdent les connaissances.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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