Les arts en prison pour les femmes

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Le système carcéral pour les femmes

Femmes au pénitencier

En moyenne 6 % des détenus au Canada sont des femmes. Et leurs conditions de détention ne sont pas forcément idéales pour une réinsertion, pour reprendre goût à la société. Comment montrer les dessous d’une réalité carcérale au féminin? Comment reprendre la parole lorsqu’on est une prisonnière? La rencontre entre les arts et la prison, dans la région de Montréal, a commencé à lever les voiles d’un tabou.

Lucie Barras   Dossiers Culture, Prison, Criminalité

femmes-prison-tole-penitencier-femme-bagneIl y a quatre ans, est né le projet Agir par l’imaginaire, initié par la société Elisabeth Fry du Québec et rejoint par l’organisme Levier/Engrenage noir. En juin dernier, 49 femmes ont exposé le fruit de leur travail au public, à la galerie Eastern Bloc.

Des artistes pas comme les autres: leurs œuvres, elles les ont réalisées en prison. Huit artistes sont venues collaborer avec ces femmes dans quatre centres de détention du Québec. La prison provinciale Tanguay, l’établissement Joliette, l’Institut psychiatrique Philippe-Pinel et la maison de transition Thérèse-Casgrain. Une réussite inespérée, inattendue, qui a inspiré d’autres projets…

SONY DSC chronique prisonnier prison système carcéral pénitencier femmeGeneviève Fortin était en prison lorsqu’elle est entrée dans le projet Agir. Avant la prison, elle était déjà artiste «dans la mesure où peut l’être une junkie» dit-elle d’un air entendu? Lorsqu’Agir se termine, elle est libérée de prison mais elle refuse de laisser toute cette expérience retomber au point mort. «J’étais devenue accro au succès».

À bout de bras, avec son amie Julie Chantale, elle démarre un nouveau projet Art Entr’elles qui intervient cette fois à la sortie. Regroupant d’anciennes détenues, l’équipe crée des bouteilles de bière sur le thème de l’itinérance, des cartes postales et des films d’animation. Un tremplin vers la réinsertion. «Il ne faut pas oublier qu’à la sortie, c’est la survie. Les anciennes détenues ont perdu leur réseau social, et sont rejetée par tous les employeurs. Ce qui prime, c’est trouver de l’argent à tout prix», rappelle Geneviève, qui sait de quoi elle parle.

centre-jeunesse-prison-dpj-systeme-carceral-prisonnier-penitencierUne année passe. Lorsque les subventions accordées au projet sont supprimées, Geneviève et Julie se lancent un nouveau défi, avec le projet Donner une seconde chance. Trois fois par semaine, une vingtaine de femmes sorties de prison se réunissent autour d’ateliers artistiques, en général à partir de matériaux de récupération, et sont payées 10 dollars de l’heure. «Nous voulions à tout prix être équitables. Les artistes professionnelles sont rémunérées. Elles aussi devaient l’être. Et puis, c’est un coup de pouce financier à la sortie de prison.» Lorsque Geneviève explique comment «les filles ont performé», des étoiles brillent dans ses yeux.

Des numéros de cellules

L’originalité de ces différentes initiatives? Pour la première fois, les femmes incarcérées ou en voie de réinsertion, ont un rapport d’égal à égal avec les intervenants et artistes professionnels. Pas d’art thérapie, ou autre atelier bricolage. Cette fois les femmes sont des artistes engagées.

Aleksandra Zajko, de la Société Elisabeth Fry, est co-fondatrice du projet Agir. Un bout de femme qui avoue avoir été bouleversée au fil de l’aventure. «Au début, lorsque nous avons lancé Agir, nous avions une vision très clinique, thérapeutique des choses. Lorsque le collectif Levier/Engrenage noir est entré dans l’aventure, ils nous ont gentiment remis à notre place. Ce que nous cherchions à mettre en place portait un nom depuis longtemps: l’art communautaire. Et les femmes n’avaient pas besoin d’être assistées, elles pouvaient porter leur voix toutes seules.»

Au point que les rapports ont été chamboulés: «Elles sont les porte-parole de leur travail. Avant, il y avait une limite. Nous étions intervenantes, elles étaient clientes. Elles sont devenues des personnes à part entière, je suis devenue amie avec certaines d’entre elles et ce, grâce à l’art.»

Superviser les femmes en prison

Geneviève, encore dans la rue il y a deux ans, n’en revient toujours pas. «C’est bizarre, j’ai connu beaucoup de ces femmes avant la prison, des filles avec qui je consommais. Et là, je me retrouve à les superviser. Moi, je ne finissais jamais ce que je commençais. Cette fois, non seulement je termine quelques chose, mais en plus je suis fière de moi. Je n’imaginais pas vraiment faire ma vie dans les arts, il y a quelques temps. Aujourd’hui, je suis inscrite à l’université en arts plastiques.»

Le projet pilote Agir a coïncidé avec l’arrivée du gouvernement fédéral conservateur majoritaire qui prône un système carcéral lourd, à l’américaine. Raison de plus pour les femmes de faire passer leur message: les prisons ne sont pas adaptées aux femmes et surtout, ne sont pas un moyen de réinsertion.

Ces projets enchaînés les uns aux autres veulent redonner la parole confisquée aux femmes emprisonnées, et leur rendre leur place dans la société. «Y’a-t-il une place pour moi?» scande une des femmes dans un film projeté lors de l’exposition Agir. D’autres ont choisi la réalisation plastique et représentent des numéros de cellules à la place des têtes de personnages.

La fin d’une omerta?

«Les femmes emprisonnées se sentent bonnes à rien.», explique Geneviève Fortin. Et la sortie, loin d’être plus facile, tourne souvent à la survie. «Les employeurs ne veulent pas d’ex-tolardes». Aleksandra Zajko confirme: «La prison appauvrit et humilie. Les femmes entrent pauvres, socialement, affectivement, et en sortent dépouillées. De leurs vêtements, de leur famille, de leurs liens sociaux, et de leur santé physique et mentale.»

Les rencontres artistiques ont d’abord permis de casser le quotidien. «Ça leur a fait du bien de savoir que quelqu’un prenait le temps de venir les voir en prison. De savoir que le soir, lorsque les artistes feront le montage, elles penseront à elles.»

Les enfants des femmes en prison

prison-prisonnier-penitencier-tole-bagnardElles ont aussi amené les filles à réfléchir sur les facteurs et tenants sociopolitiques de leur incarcération. Pour Agir, Geneviève avait été inspirée par le thème de la folie. «Comment peut-on rester saines dans un lieu aussi malsain que la prison? Comment peut-on nous demander cela? Pour l’exposition de Donner une seconde chance, le thème de la maternité est souvent revenu. Beaucoup de mères perdent la garde de leurs enfants.»

En effet, d’après une étude de 2002, 60 % des femmes sous sentence fédérales seraient des mères.

Le tableau n’est pas simple et n’a pas révolutionné la vie de toutes ces femmes, ni fait d’elles des artistes professionnelles. «Je suis malheureusement un cas à part. Pour la plupart des femmes, l’aventure s’est arrêtée avec la fin du projet», admet Geneviève. Mais osons croire à un petit miracle: au moins pour un temps, ces femmes ont réussi à se reconnaître, à s’estimer par les arts.

Lorsqu’on leur demandait de composer deux phrases pour l’atelier du lendemain, elles revenaient avec un texte entier. Toutes. La plupart d’entre elles garde contact régulièrement avec les associations. Ces dernières veulent continuer l’aventure, d’une manière ou d’une autre.

Quant au public, et aux familles, on peut parler de prise de conscience. «Voir, écouter, vibrer à ce que tu as vécu ma fille et t’aimer encore plus. Ta mère. (Extrait du livre d’or de l’exposition Agir par l’imaginaire.)»

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

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Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

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Maison de transition et Centre jeunesse

Un prisonnier VS un jeune d’un Centre jeunesse

Un jeune a-t-il le droit au même soutien qu’un prisonnier?

Un prisonnier termine sa sentence. Il aura droit à une maison de transition avant d’entreprendre sa nouvelle vie. Qu’en est-il du jeune qui quitte à 18 ans un Centre jeunesse?

Raymond Viger Dossier Communautaire

centre-jeunesse-prison-dpj-systeme-carceral-prisonnier-penitencierOn dit souvent que le jeune qui atteint ses 18 ans se faire sortir du Centre jeunesse et qu’il est livré à lui-même. Tu es un adulte, et bien débrouille-toi maintenant.

J’accompagne un prisonnier qui termine sa sentence. Pour les 14 premiers mois de sa nouvelle vie, il est nourri et logé dans une maison de transition. Il reçoit 40$ par semaine pour ses petites dépenses. Il est suivi par un intervenant. Ce prisonnier n’a pas à stresser sur la recherche d’un emploi et de trouver l’argent nécessaire pour payer le loyer et sa bouffe. On le soutient dans la réappropriation d’une nouvelle vie. On lui donne la chance de pouvoir prendre le temps de se placer.

Qu’en est-il du jeune qui sort d’un Centre jeunesse? Pourquoi se sent-il abandonné par le système quand il atteint ses 18 ans? Est-ce qu’on demande à un jeune de 18 ans d’être un adulte accompli et prêt à affronter toutes ses responsabilités?

Un Centre jeunesse est la famille sociale d’un jeune. En tant que parent social, si notre jeune n’est pas prêt à être autonome à 100% dans sa nouvelle vie, doit-on le laisser seul ou avons-nous encore une responsabilité envers lui? Est-ce que toutes les familles mettent à la porte leurs jeunes pour qu’ils se débrouillent seul quand ils arrivent à 18 ans?

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Témoignage: Mes remords

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Témoignage: Mes remords

Témoignage de Pierre, Michel  et Jean-Pierre Bellemare
Dossier Prison, Criminalité
 chronique prisonnier, prison, prisonnier 1

Système carcéral à deux vitesses

Pierre

J’ai habité plusieurs maisons de transition. Les écarts entre le privé et le public sont énormes. Une maison de transition privée: trois intervenants pour dix-huit pensionnaires. Des ordinateurs datant quasiment de la guerre. Une maison de transition publique: 18 intervenants pour 30 pensionnaires. Chacun a un ordinateur des plus performants. L’espace de cuisine pour les intervenants est plus grand que les espaces réservés aux prisonniers.

Aussi, je trouve que le système carcéral est comme une entreprise privée. Actuellement, il y a moins de prisonniers. Au lieu d’accepter que les prisons ne se vident et qu’elles perdent leur budget, l’administration est sur le dos des prisonniers et, au moindre écart, elle les accuse de bris de conditions. Tout est passé au peigne fin et on vous ramène en dedans pour terminer la sentence.

Vous étiez là, accomplissant un travail intègre
J’ai soudain donné un goût amer à votre existence
J’aimerais pouvoir revenir en arrière et changer les choses
Pour vous, la vie ne doit pas toujours être rose

Je prends conscience des torts que je vous ai causés
Comment pourrais-je les atténuer?
Que puis-je faire pour mettre un baume sur vos cœurs blessés?
Prier et vous écouter, du plus profond de mon cœur
Vous dire que je suis sincèrement désolé

Si cela peut vous consoler, ne croyez pas que je m’en sois tiré
Aujourd’hui je paye pour les fautes de mon passé

À toutes ces victimes innocentes, j’adresse une prière de guérison intérieure
Si vous me le permettez, un jour, je vous ouvrirai mon cœur
Je prie en silence, pour que vous puissiez me pardonner
Afin que, de mes remords, je sois libéré

par Michel Morin

Jeunesse à l’ombre

Jean-Pierre Bellemare

Pour protéger un enfant, lorsqu’il n’y a pas de famille d’accueil disponible, l’enfant est retiré de son milieu familial et remis dans un établissement de détention juvénile. Entouré de jeunes délinquants, ce n’est pas une combinaison idéale. Selon le juge Jacques Lemarche du Tribunal de la jeunesse, 80% des jeunes en centres de détention finissent dans les pénitenciers fédéraux (sentence de plus de deux ans).

L’institutionnalisation des enfants les déresponsabilise et les infantilise. Les enfants en besoin de protection sont punis pour des comportements adultes. Dans leur tête, des questionnements ambigus alimentent la confusion. Pourquoi doivent-ils subir une mise à l’écart dans un groupe aussi perturbé qu’eux? Mis avec des délinquants, ils deviennent eux-mêmes à risque. Ce traitement engendre en quelques années des adolescents qu’il est préférable d’éviter sur la rue.

Est-ce que les fonctionnaires se comportent comme les infirmières et les médecins, qui sont continuellement confrontés à la douleur? Deviennent-ils immunisés et moins sensibles aux besoins et aux droits des jeunes? Plus l’institution est grosse et plus la relation avec le jeune est dépersonnalisée.

Dans le cas d’un jeune qui utilise la menace ou le chantage, une approche humiliante de la part du parent ou de la personne en autorité risque de ne pas porter ses fruits. À mon avis, il faut utiliser des moyens plus subtils que les parents doivent adapter à la personnalité de leur enfant.

Je privilégie une approche étroite, une relation directe avec le jeune. Lui manifester de l’attention. Après avoir établi une relation de confiance avec le jeune, le temps offrira des occasions d’intervenir. Il n’y a rien de mystérieux dans le soutien aux jeunes. Impossible de se tromper en manifestant un désir sincère de protection et de relation. Cela permet de cicatriser toutes les souffrances antérieures et de rétablir la confiance.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

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Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Dernière rencontre avec Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville

Dernière rencontre avec Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville

Dossier: Chroniques d’un prisonnier , La PressePatrick Lagacé

Samedi, 5 :00 heures le matin. C’est l’heure à laquelle je doive me lever pour être à la prison de Cowansville. Une belle journée s’annonce avec un soleil radieux. Ça Sample_Pic_07 sent la liberté à plein nez. Parce qu’aujourd’hui, c’est la dernière fois que mon horaire me permet de visiter Jean-Pierre à la prison de Cowansville. Après, c’est dans une maison de transition que je vais le rencontrer.

C’est à regret que ma conjointe, Danielle, n’a pu m’accompagner. Elle aurait bien voulu, mais demain c’est la fête de Rose, la fille d’une amie et elle l’aide à faire les préparatifs pour une fête d’enfants. Bonne fête Rose de la part de Jean-Pierre et de moi.

Tout va bien pour se rendre à Cowansville. Je vais pouvoir profiter du temps maximum de visite, de 9 :00 à 11 :15. Après cela, les lumières clignotent pour annoncer la fin des visites du matin.

Je suis nerveux, fébrile. En avril dernier Jean-Pierre a gagné le prix de la meilleure chronique pour l’Association des médias communautaires (Amecq) et finalistes pour l’association des éditeurs de magazine (AQEM). Deux honneurs qui ont été fortement appréciés. Il y a 4 jours à peine, Patrick Lagacé a fait un article dans La Presse sur images22 Jean-Pierre. Sur le blogue de Patrick Lagacé Jean-Pierre avait reçu autant de message de soutien que de message voulant l’envoyer à la peine de mort. Il y a 3 jours, j’ai écrit un billet pour me vider le cœur sur certains commentaires reçus. Un billet qui demandait que je sois complice dans la réhabilitation des gens et que si c’est criminel de croire en la réhabilitation des gens, et bien, j’accepte d’être pendu le premier.

J’ai eu à vivre beaucoup d’émotions dans le dernier semestre. Me diriger à la prison de Cowansville, aujourd’hui, ce sont de vraies vacances. Pas de blogues, pas de téléphones, personnne, sauf Jean-Pierre et moi pendant plus de 2 heures. Pour être honnête, je dois dire qu’heureusement que Danielle ne soit pas venu. Jean-Pierre et moi avons été comme 2 vraies pies. Nous n’avons pas arrêté de parler. Nous avions tellement de chose à partager.

Jean-Pierre avait reçu les copies du blogue de Patrick Lagacé et des commentaires qu’il avait reçu. Je l’avais avisé que je ne lui avais fait parvenir que la moitié des commentaires, ceux qui étaient positifs. Je ne voulais pas qu’ils reçoivent les commentaires négatifs sans m’assurer que Jean-Pierre était prêt à les recevoir. Il aurait préféré tout avoir en même temps. Jean-Pierre, possiblement plus réaliste que moi, s’attendait à pareille réaction. Il était prêt. Il les lira quand il sera arrivé à sa maison de transition.

Il m’a décrit la maison de transition qu’il a choisi. C’est plaisant, je la connais et elle n’est pas loin de chez moi. Belle maison de transition, beaucoup d’espace, tranquille, près d’un parc et du fleuve.

Sa date de sortie approchant, Jean-Pierre aussi est nerveux et fébrile. Il a écrit beaucoup. Comme pour noyer sa nervosité. Il a écrit 2 pièces de théâtre complète! Jean-Pierre m’avait préparé des copies que je pourrais lire. Il veut rencontrer Michel Brulé des Éditions l’Intouchable et François Avard qu’il a déjà rencontré dans un atelier à l’Institut Leclerc. Ces rencontres vont lui permettre de voir qu’est-ce qu’il peut faire avec ces manuscrits et comment s’y prendre.

Pendant que nous parlions, j’ai jeté un coup d’œil rapide sur son manuscrit. Il m’a donné les grandes lignes de son scénario. Superbe. Par l’entremise des Éditions TNT, la maison d’édition de notre organisme, je lui ai garanti qu’il sera publié. S’il reçoit d’autres offres dans sa démarche, il aura le choix.

Jean-Pierre m’a aussi montré un synopsis de conférence pour les écoles. Il a le goût de sensibiliser les jeunes, de faire de la prévention autant auprès des jeunes dans les écoles Secondaire que pour les universités en criminologie et en travail social. Dans l’édition de novembre du magazine Reflet de Société, l’offre sera lancée aux écoles. Une belle occasion pour le présenter au Salon du livre de Montréal où notre organisme aura un kiosque. Cette idée, je viens juste de l’avoir. Je n’ai pas eu le temps d’en parler encore à Jean-Pierre. C’est lui qui décidera quelle expérience il voudra bien vivre et à quel rythme. Ah! Je viens de me rappeler que j’ai une conférence en février avec les étudiants du Cegep Édouard Montpetit. Une belle occasion pour faire une conférence en duo. Ça non plus Jean-Pierre n’est pas encore au courant. Ouf! On vient de parler pendant plus de 2 heures et j’ai encore plein de choses à lui dire. Il est trop tard pour retourner pour les visites de l’après-midi. Je vais devoir garder mes idées pour la prochaine rencontre à la maison de transition.

C’est drôle ces idées de conférence et de salon du livre pour présenter Jean-Pierre au public, ses réalisations actuelles et futures, ça me fait penser un peu à Loft Story. Depuis maintenant plus de 2 ans que nous avons rendu public Jean-Pierre par ses écrits et que plusieurs médias ont parlé de lui. Pendant tout ce temps, il était en prison et il n’est pas au courant de tout ce qui s’est dit sur lui. Certains Lofteur ont eu la surprise de leur vie en quittant l’émission. J’espère que la surprise ne sera pas trop forte pour Jean-Pierre.

Le temps file, les lumières clignotent, Jean-Pierre et moi devons nous séparer. Prochain rendez-vous à la maison de transition. J’ai bien hâte de vous en reparler.

Pour le retour, je vis comme une extase toute particulière. Je roule lentement, je profite du soleil, de l’air pur. Comme si je goûte par procuration cette liberté qui attend Jean-Pierre dans les prochaines semaines.

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 Quand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible dans toute bonne librairie.
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Les maisons de transition vu par un prisonnier de l’institut Leclerc

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Les maisons de transition vu par un prisonnier de l’institut Leclerc

Raymond Viger   Dossier Prison, Criminalité,

Danielle Simard, ma conjointe et co-directrice du Journal de la Rue, m’accompagne dans mes visites à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous sommes bénévoles pour rencontrer les prisonniers et faciliter leur éventuelle sortie. Nous avons rencontré un prisonnier qui a fait une réflexion sur son expérience sur les maisons de transition. Voici son témoignage:

J’ai fait plusieurs maisons de transition. Les écarts sont énormes. Une maison de transition privée; 3 intervenants pour 18 prisonniers. Des ordinateurs datant de la guerre. Une maison de transition publique; 18 intervenants pour une trentaine de pensionnaires. Chacun leur ordinateur des plus performants. L’espace cuisine pour les intervenants est plus grand que les espaces réservés aux prisonniers.

Le système carcéral est une vraie business. Présentement, il y a moins de prisonniers. Au lieu d’accepter que les prisons se vident et qu’ils perdent leur budget, ils sont sur notre dos pour les bris de conditions. Tout est passé au peigne fin. Le moindre petit écart et on vous ramène en dedans pour terminer notre sentence.

Réflexion intéressante sur la gestion de nos taxes.

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Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

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L’institut Leclerc s’exprime

L’institut Leclerc s’exprime

Dossier Chronique du prisonnier

Danielle Simard et moi sommes bénévoles à l’institut Leclerc, une prison fédérale. Nous avons la chance d’y cotôyer des gens sympathiques qui apprécient la présence de bénévoles. Dans le magazine Reflet de Société du mois d’août dernier, nous avions publié six textes de prisonniers remerçiant les bénévoles.

Avec près d’une année d’implication à l’institut Leclerc, nous avons de la difficulté à nous imaginer que les gens que nous rencontrons aient fait des choses méritant l’incarcération. Certains sont en prison depuis 21 ans. C’est évident qu’il y a eu un passé qui les a amené là. Ces prisonniers, ces gens que nous avons exclus de la société, s’intéressent à ce qui s’y passe.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Jean-Pierre. Sur plusieurs sujets, il est plus renseigné que moi. Vous direz qu’il a beaucoup de temps pour lire et s’informer. Possiblement plus que moi. Mais, même si vous avez le temps, si vous n’avez pas la curiosité et la passion de vous y intéresser, rien n’y paraîtra.

À partir du numéro d’octobre prochain de Reflet de Société, vous pourrez y lire une chronique de Jean-Pierre. Comment devient-on criminel? Quelle est la différence entre une prison fédérale et une prison provinciale, entre une prison à sécurité médium et une autre à sécurité maximum? Comment fait-on sa vie en prison? Comment y survit-on? Quelle est la différence entre une maison de transition privée et une maison de transition publique?… Autant de sujets que Jean-Pierre nous entretiendra dans sa chronique.

Un témoignage touchant d’une autre réalité de notre société.

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operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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Les maisons de transition vu par un prisonnier de l’institut Leclerc

Raymond Viger   Dossier Chronique du prisonnier, Criminalité

Danielle Simard, ma conjointe et co-directrice du Journal de la Rue, m’accompagne dans mes visites à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous sommes bénévoles pour rencontrer les prisonniers et faciliter leur éventuelle sortie. Nous avons rencontré un prisonnier qui a fait une réflexion sur son expérience sur les maisons de transition. Voici son témoignage:

J’ai fait plusieurs maisons de transition. Les écarts sont énormes. Une maison de transition privée; 3 intervenants pour 18 prisonniers. Des ordinateurs datant de la guerre. Une maison de transition publique; 18 intervenants pour une trentaine de pensionnaires. Chacun leur ordinateur des plus performants.

L’espace cuisine pour les intervenants est plus grand que les espaces réservés aux prisonniers. Le système carcéral est une vraie business. Présentement, il y a moins de prisonniers. Au lieu d’accepter que les prisons se vident et qu’ils perdent leur budget, ils sont sur notre dos pour les bris de conditions. Tout est passé au peigne fin. Le moindre petit écart et on vous ramène en dedans pour terminer notre sentence.

Réflexion intéressante sur la gestion de nos taxes.

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