La prostitution mise à nue

Dossier prostitution

L’imposture, documentaire sur la prostitution

«L’imposture», un documentaire réalisé par la cinéaste engagée Ève Lamont.

Annabelle Bouanchaud Dossier Prostitution

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-lc3a9galisation-prostitutionDès mon entrée en salle, j’ai été agréablement surprise par l’hétérogénéité du public: femmes, hommes, jeunes et personnes âgées étaient présents. Ève Lamont commence par expliquer, avec émotion, le contexte du documentaire pour lequel elle a rencontré plusieurs femmes, d’âges et de cultures différentes, à travers tout le Québec. Elle souligne que chacune d’entres elles «avaient beaucoup de courage. Généralement les femmes ayant fait de la prostitution ont des difficultés à en parler».

J’ai été saisie par l’émotion de ces femmes, par leur sincérité troublante et leur courage. Ces femmes démontrent avec authenticité les difficultés, la pauvreté et la solitude auxquelles elles doivent faire face, même après être sorties de la prostitution. Une grande finesse se dégage de chaque scène. L’envers de la prostitution est brutalement mis à nue.

Survivre

Ces femmes luttent quotidiennement pour survivre alors que, paradoxalement, l’industrie du sexe se fait beaucoup d’argent avec leurs services sexuels. Elles subissent des dégradations morales et physiques importantes: «la première fois, j’ai tué quelque chose de mon âme, quelque chose de profond», témoigne une ancienne prostituée. La prostitution est un véritable fléau social.

L’étincelle s’est éteinte dans la plupart des cœurs de ces femmes. Le milieu les tue à petit feu: «À chaque jour que tu fais ça, l’ambition d’être quelqu’un, d’avoir un avenir… s’éteint». Le milieu de la prostitution a un véritable impact sur leur identité: «ce n’est pas un travail, c’est un mode de survie qui nous tue au lieu de nous aider».

Elles doivent apprendre à se faire une carapace, à se dissocier de leur corps au risque d’en perdre la sensibilité du toucher. Une femme expliquait que «dans le monde du sexe, il n’y a pas de limites, plus les hommes donnent de l’argent, plus il faut leur en donner». C’est un cercle vicieux dont il est difficile de se défaire. La consommation de drogue et d’alcool n’arrangent rien et solidifie ce cercle destructeur.

Si la prostitution est le travail le plus vieux du monde, est-ce une raison de le légitimer? Devons-nous accepter qu’un tel travail ait cet impact sur des personnes vulnérables?

En fait, la prostitution n’est un travail que parce ce que des clients l’exigent. Ceux-ci sont rarement pointés du doigt ou incriminés, contrairement aux femmes que l’on accable si facilement.

La prostitution un choix?

La prostitution «ce n’est pas un choix» mais plutôt un manque de choix. Lorsqu’une femme se retrouve en situation de grande précarité, avec ou sans enfants, la notion de survie (nourriture, logement, soin…) la mène à gagner l’argent facilement. Ce manque de choix la conduit vers l’industrie du sexe.

Un grand nombre d’entre elles ont été victimes d’abus sexuel. Est-ce acceptable que ces femmes vulnérables n’aient pas d’autres solutions? La société doit réorganiser ses politiques sociales et s’équiper de programmes pour aider de façon efficace et pragmatique ces femmes aux prises avec de grandes difficultés.

Après le visionnement, un débat s’organise avec le public. La réalisatrice y participe ainsi que quatre panélistes: Julie Miville-Deschênes, présidente du Conseil du statut de la femme du Québec, Maria Mourani, députée d’Ahuntsic et porte parole du Bloc Québécois en matière de justice, de sécurité publique, d’environnement, de transport et de condition féminine, Stéphanie Charron de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) et Justine, une survivante de la prostitution.

Décriminaliser la prostitution

Le documentaire permet de mieux comprendre l’importance de la décision du 26 mars 2012 de la Cour d’Appel de l’Ontario. Selon la revue Prostitution et Société, la décision «reconnaît que la prostitution est toujours dangereuse en soi mais opte pour la décriminalisation des maisons de débauche. Elle maintient en revanche l’interdiction de la sollicitation dans la rue. En clair, les bordels sont légitimés. D’autant plus que le racolage dans la rue reste interdit. La prostitution devra donc être cantonnée derrière des murs».

Les panélistes en viennent à se poser la question suivante: est-ce vraiment plus sécuritaire? Légaliser les maisons closes viendrait à «rendre invisible la violence faite aux femmes et décriminaliser le comportement des clients» expliquent-elles.

Justine démontre par son courage et sa détermination, qu’il est possible de sortir de cet enfer. Sa vie a pris un tout autre chemin lors de la naissance de son enfant: «tu vois tout différemment, la musique, la télévision… Tu te bats».

Chaque femme devrait avoir la possibilité de retrouver le contrôle sur sa vie et la force de s’aimer pour ne plus se détruire. Stéphanie Charron souligne à plusieurs reprises le courage et la force de ces femmes.

Projet de loi

Sur le plan politique, Maria Mourani a présenté son projet de loi visant à lutter contre la traite et le proxénétisme en imposant des peines plus sévères. On peut régler le problème en profondeur en s’attaquant directement aux consommateurs du sexe, même hors des frontières canadiennes (législation extraterritoriale) afin d’aider les immigrantes forcées de se prostituer.

Il est important de rappeler qu’il y a un vide politique manifeste sur ce sujet. Il n’existe pas réellement de politique sociale pour lutter contre la prostitution, permettant à ces femmes vulnérables d’être aidées et soutenues dans leur combat. Une thérapie pour lutter contre la drogue et retrouver une vie sexuelle normale, des groupes d’entraide avec des pairs… devraient leur être proposés afin de leur permettre de se réinsérer socialement et professionnellement. Pour expliquer ce manque de moyens, il faut voir le laisser-faire de l’industrie du sexe et la banalisation de la violence sexuelle sous toutes ses formes.

La prostitution est une véritable problématique sociale au Canada. Il est important de rappeler la difficulté à laquelle doivent faire face les prostituées lorsqu’une action en justice est lancée. Devant la difficulté à trouver des preuves et parce qu’elles ont peur de la violence de leurs proxénètes et de l’inefficacité de la justice, elles préfèrent se taire.

Il est grand temps de prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène sociétal.

À en juger par les réactions du public, l’œuvre d’Ève Lamont s’avère être un «coup de poing» social empreint d’émotion et de sincérité à l’état brut, grâce aux témoignages de ces femmes courageuses!

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

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Maria Mourani et Mario Dumont chez les Francs-tireurs Richard Martineau et Patrick Lagacé

Maria Mourani et Mario Dumont chez les Francs-tireurs Richard Martineau et Patrick Lagacé

Dossier: Richard MartineauPatrick LagacéMario DumontSexualité et Prostitution, Égalité hommes-femmes

On annonce une émission des Francs-tireurs qui portera sur la prostitution. Ayant déjà écrit beaucoup sur le sujet, je décide d’écouter cette émission animé par la nouvelle équipe Richard Martineau et Patrick Lagacé.

Même si ce n’était pas la raison de ma présence devant mon téléviseur, l’émission débute avec Mario Dumont et Patrick Lagacé. J’ai admiré le travail et la présence de Patrick Lagacé. Une excellente recherche au préalable a permis à Patrick Lagacé de poser les bonnes questions. Après que la question était lancé, Patrick Lagacé laisse son invité se démener avec, ce qui permet au téléspectateur de se faire une idée de la vision et de la philosophie de l’invité.

Richard Martineau, prostitution et Maria Mourani

En ce qui concerne le sujet qui m’intéressait, la prostitution débattu entre Maria Mourani et Richard Martineau, désolé, je n’ai aucune félicitation à faire à Richard Martineau. Un spectacle style « derby de démolition », il passe d’un sujet à l’autre, coupe son invité pour faire son spectacle… Ce n’est pas le genre de débat que je trouve intéressant. Ça n’aide en rien la réflexion sur la légalisation de la prostitution et cela ne fait qu’entretenir une série de préjugé sur la question.

J’airais préféré que ce soit Patrick Lagacé qui reçoive Maria Mourani. Richard Martineau compare la légalisation de la prostitution avec le débat sur la légalisation des drogues, de l’alcool et du jeu. Pourtant il n’y a rien de comparable. En ce qui concerne la drogue, l’alcool et le jeu, on parle d’un individu qui a une attirance envers un produit. Pour la prostitution, la grande différence est que le produit est un être humain. On ne peut mettre sur le même pied d’égalité un 40 onces de rhum à la régie des alcools avec une femme que l’on met dans une vitrine.

Grosse généralité de Richard Martineau quand il lance que tout le monde fume du pot! C’est vrai que beaucoup de gens en consomme, mais cela demeure une minorité. Richard Martineau extrapole et lance des affirmations gratuites pour faire son spectacle.

Richard Martineau et la Mafia

Autre jugement lancé par Richard Martineau, « la Mafia ont un code d’honneur, ils règlent ça entre eux ». Est-ce à dire que Richard Martineau n’a pas entendu parlé des juges et des avocats qui ont été tué ou enlevé par la Mafia? C’est vrai que la Mafia tue moins gratuitement que des gangs de rue qui tire partout, mais n’en demeure pas moins qu’ils sont des criminels prêt à tuer toutes personnes, en poste d’autorité ou non, qui se mettent en travers de leur chemin.

Fort peu probable que le citoyen ordinaire se fasse harceler par la Mafia. Mais ils vont infiltrer le pouvoir, la politique, le commerce, la police… D’une façon indirecte, nous subissons l’influence de la Mafia.

Richard Martineau et Stella

Autre généralité de Richard Martineau quand il parle de Stella, un organisme qui représente des personnes qui se prostituent. C’est vrai que cet organisme se bat pour des changements de règlementation et qu’on cesse le harcèlement envers les personnes prostituées. D’une part, cet organisme représente combien de personnes qui se prostituent? D’autre part, Stella n’est pas d’accord avec la légalisation de la prostitution que Richard Martineau voudrait avoir. Entre autre, contrairement à Richard Martineau, ils ne veulent pas subir d’examen médicaux et ne subir aucune ingérence de l’autorité dans la prostitution. Très différent de ce la légalisation à la Martineau.

J’aurais tant préféré que cette entrevue avec Maria Mourani se passe avec Patrick Lagacé. Cela aurait permis de faire un vrai débat.

Patrick Lagacé et Richard Martineau VS Wikipédia

Autres textes Prostitution et Sexualité.

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Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Définition et historique de la prostitution

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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