Colloque international sur la consommation

Colloque international sur la consommation

Lisa Melia        Dossier Protection du consommateur, Santé, Économie

Endettement des consommateurs: chronique d’une catastrophe annoncée

En 50 ans, nous sommes passés d’une culture d’épargne à une culture de crédit. Aujourd’hui, 36% des québécois entre 25 et 44 ans n’ont pas un sou de côté. En 2008, 22 000 familles ont été déclarées en faillite personnelle et la dette moyenne par ménage canadien est de plus de 90 000 $. Ces chiffres inquiétants sont avancés par les experts qui se sont réunis les 12 et 13 mars à Montréal pour un colloque international, organisé par Option Consommateurs et Les Editions Protégez-vous, sur la consommation et le problème du crédit dans la société nord-américaine.

Une société de consommation qui fonctionne sur le crédit

L’accès au crédit serait devenu beaucoup trop facile. Avec le système du paiement différé, chacun peut dépenser ce qu’il ne possède pas. “Le crédit a réponse à tout, explique le comptable et chercheur Rock Lefebvre, les gens ne planifient plus leur vie”. Les canadiens possèdent ainsi quelques 64 millions cartes VISA ou Master Card pour un peu plus de 33 millions d’habitant. Entre 2002 et 2007, les transactions avec ces cartes ont augmenté de 60%. Fin 2008, la dette des ménages a atteint le niveau record de 1,3 milliard de dollars et le taux d’épargne diminue. Pour André Laurin, retraité de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), il y avait de quoi s’alarmer depuis des années. M. Laurin affirme que dans les années 60, les familles en difficulté à cause du surendettement étaient déjà très nombreuses. Il avait prévu l’écroulement du système.

Or, aujourd’hui, la crise économique a accéléré le processus. Jusqu’en 2008, le marché de l’immobilier permettait aux Canadiens de maintenir un équilibre entre leurs prêts hypothécaires et leurs actifs résidentiels. En clair, le prix de leur maison garantissait la possibilité de rembourser toutes les dettes de la famille en cas de problèmes financiers. Mais avec la crise du marché immobilier américain, qui s’est étendu sans mal au reste du monde, la valeur des maisons est en chute libre et les familles se trouvent dans l’incapacité de rembourser ce qu’elles ont consommé.

Plus de cartes de crédit

Pour André Laurin, cette situation est le résultat de l’endettement du consommateur, qui ne connait pas sa capacité d’épargne, c’est-à-dire son pouvoir d’emprunt: 70% des emprunteurs pensent connaître les conditions de leurs crédits, mais seulement 40% savent effectivement ce qu’ils doivent rembourser. D’autant plus que les banques ne se soucient pas de la solvabilité de leurs clients. Beaucoup basculent donc dans le crédit pyramidal: pour payer les créances de la carte A, on prend une carte B. Puis, pour payer les cartes A et B, on acquiert une carte C, et ainsi de suite. Manon Lacourse, directrice des communications des Éditions Protégez-vous, se souvient par exemple d’un consommateur ayant accumulé près de 173 cartes de crédits! “Et je ne me trompe pas de chiffre!” précise-t-elle. Et comment éviter le surendettement? Les invitations à consommer à crédit assaillent littéralement les consommateurs jusque dans leurs boites aux lettres. Mme Lacourse cite le cas extrême d’une femme dont même le mari décédé recevait des propositions de crédit. Et, de plus en plus, les institutions de crédit exploitent le filon Internet. En s’insérant dans les nouveaux médias, ils touchent ainsi de nouveaux consommateurs.

Aujourd’hui, un quart des Canadiens seraient incapables d’assumer une dépense imprévue de 5 000 $ et 10% auraient des difficultés à composer avec une dépense imprévue de 500 $. En négligeant l’épargne, les ménages n’avaient aucune capacité d’absorption du choc économique, ce qui explique l’ampleur des conséquences de la crise. Clarence Lochhead, directeur exécutif de l’Institut Vanier de la famille, avance quelques chiffres: entre 1990 et 2008, le salaire moyen des ménages a progressé de 12% alors que les dépenses ont augmenté de 24%. La dette totale, elle, a augmenté de 71% et l’épargne est passée de 7 000 $ à 2 000 $.

Le surendettement: les conséquences sur la santé des individus

Cette situation a des effets désastreux sur les individus et leur famille. Bertrand Rainville, conseiller budgétaire du Centre d’intervention budgétaire et sociale (CIBES) de la Mauricie, indique que lors d’une étude réalisée sur le surendettement, 97% des sondés estimaient que leurs situations financières affectaient leur santé, sans compter les conflits avec la famille et les sentiments d’injustice, d’incompétence et d’échec, qui participent largement à développer des tendances suicidaires. “L’industrie bancaire, bien qu’elle s’en lave les mains, est la première responsable de ses malheurs et de ceux qui acceptent ses offres. Or, les pires conséquences ne seront pas subies par les banques mais par tous ceux qui, sans subir de faillite, doivent supporter les effets négatifs de l’endettement sur leur santé”.

La crise et l’endettement: quelles solutions?

Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques, cherche des solutions pour protéger les consommateurs. Faire augmenter la consommation individuelle pour relancer l’économie est une erreur. Il faut selon lui investir dans les structures collectives qui ont été négligées depuis 30 ans et dans le commerce international, d’une part pour augmenter les exportations, mais aussi pour venir en aide aux pays en développement. Il envisage la possibilité d’une baisse de 10% de l’économie, et un taux de chômage de 10%. Il insiste: il ne faut pas attendre de solutions à l’échelle planétaire, et plutôt favoriser les initiatives à l’échelle locale. La véritable priorité, pour lui, est de redéfinir la consommation et les comportements des consommateurs pour sortir de la spirale de l’endettement.

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Fausses représentations de certaines cartes de crédit

Fausses représentations de certaines cartes de crédit
Texte écrit pour Reflet de Société 

Dossier Protection des consommateurs, Économie

Je suis assommé de voir que des institutions qui font tant de profits n’ont aucun respect pour leur clientèle. Oui. Encore un texte pour aviser des fausses représentations faites par certaines institutions financières pour nous arracher quelques dollars.

Je suis quelqu’un qui aime utiliser les cartes de crédit, mais qui paie son compte en 948659_33502399 entier pour éviter de payer les frais d’intérêts. Je reçois mon compte et, dès réception, j’envoie un chèque du montant complet à la date demandée sur le relevé. Ce faisant, je suis sûr de ne pas oublier le compte et je m’assure qu’il sera là à temps.

J’ai toujours fonctionné comme cela depuis près de trente ans et je n’ai jamais eu ni frais d’intérêts, ni problème. Tout récemment, malgré que mon compte soit payé à temps, Master Card MBNA et Master Card Canadian Tire me facturent des frais d’intérêts. J’appelle pour relever l’erreur qu’ils ont faite. On m’explique qu’ils n’ont pas fait d’erreurs. Le compte était dû pour le 22 du mois. J’ai fait parvenir un chèque pour le 22. Le 22 étant un samedi, ils n’ont pu l’encaisser avant le lundi 24. Ils me chargent donc l’intérêt comme si je n’avais jamais payé.

Après m’être obstiné vertement avec les préposés, ils ont fini par me créditer les intérêts. Une mention apparaît encore une fois dans mon dossier. Si cela se reproduisait, je ne pourrais plus faire créditer les intérêts. Même s’ils nous demandent un paiement pour le 22, c’est notre responsabilité de s’assurer que le 22 est une journée où les banques sont ouvertes!

Je trouve cela tout simplement écœurant (excusez-moi l’expression) que des institutions financières s’amusent à chercher des détails comme ceux-là pour nous facturer plus d’intérêts. Dans mon cas, j’ai pu m’en rendre compte parce que je paie le compte au complet. Mais pour celui qui garde un solde, il n’aurait sûrement pas vu la fumisterie.

Ce que je remarque c’est qu’il y a différentes sortes de cartes de crédit Master Card. Je n’ai jamais eu de tels problèmes avec des cartes émises par des banques reconnues et bien implantées. J’en ai eu cependant avec MBNA et Canadian Tire. La gestion de la carte de crédit Master Card varie selon l’émetteur. MBNA et Canadian Tire sont des joueurs qui ont plus faim et qui ont une conscience bien moins propre que les banques conventionnelles. Je remarque aussi que dans les autres problèmes que nous avons relevés avec les cartes de crédit, les problèmes étaient plus fréquents et plus agaçants avec ces deux institutions.

J’espère que Master Card sera gêné d’avoir donné accès à sa carte de crédit à ces deux institutions. Une carte de crédit a déjà un fonctionnement qui n’avantage que très peu le consommateur. Quand elle est gérée par des institutions de dernier ordre, c’est encore pire.

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La Banque Nationale et le tourisme

La Banque Nationale et le tourisme

Dossier Banque 

Un article de La Presse du 11 décembre dernier nous rapporte que la Banque Nationale (BNC) de St-Donat a donné bien du fil à retordre à des touristes Européens. Pour couper dans leurs frais d’opération, la BNC a décidé de ne plus changer l’argent au comptoir pour les touristes qui n’ont pas de compte à la BNC. Les touristes de St-Donat se sont fait référé à un bureau de change à Mont-Tremblant, soit plus de 100 kilomètres de là! Ces touristes se sont fait refuser leur carte de crédit Master Card, le commerçant n’acceptant que Visa!

Pendant ce temps, la ville de St-Donat fait de la publicité pour attirer les touristes dans son patelin. Cela démontre bien qu’un effort individuel ne vaut pas grand chose quand la communauté ne suit pas en arrière. Une banque fait partie d’une communauté. Elle ne peut imposer des règles qui vont à l’encontre du bien-être de sa communauté. Une banque peut avoir des règles centralisées, mais elle se doit de s’adapter et d’être flexible en fonction de la communauté qu’elle sert.

Si on se retrouve dans le Centre-Ville de Montréal et que le touriste a des alternatives telles des bureaux de change à tous les coins de rue, on pourrait tolérer cette règle, même si je ne la trouve pas très attirante. Mais quand on est à St-Donat et que l’alternative proposée est à 100 km. de là, c’est pas pareil.

C’est la convivialité d’une entreprise qui fait sa force. Je suis obligé de sympatiser avec ces touristes. Il m’arrive à moi aussi d’en être un. Et j’espère ne pas avoir à subir ce traitement lorsque je serais en voyage. La Banque Nationale perd un point dans la qualité de son service.

Six touristes de passage à St-Donat ne pèsent peut-être pas lourd dans la balance de la BNC. Mais si j’étais commercant de ce secteur et que j’avais un compte à cette banque, je passerais le mot pour que collectivement, nous fermions nos comptes à cette institution. Une façon claire de démontrer l’importance de la concertation et de la communauté que nous représentons.

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