Des noirs dans l’histoire du Québec

Une histoire du Québec méconnue

Pendant longtemps, nos livres d’histoires n’en n’ont pas parlé mais c’est un fait avéré que les Noirs ont été présents chez nous depuis le début de la colonie.

Normand Charest Dossier Racisme

Un Noir, Mathieu Da Costa, accompagnait déjà Samuel de Champlain en 1606-1607, avant la fondation de la ville de Québec. Il agissait comme interprète, parce qu’il connaissait la langue des Micmacs, avec lesquels Champlain faisait la traite des fourrures.

Esclaves et domestiques

Le premier cas d’esclavage documenté en Nouvelle-France est celui d’un jeune noir ayant «appartenu» à des Anglais et «acheté» par Guillaume Couillard. En 1709, une ordonnance légalise l’esclavage. Les deux tiers des esclaves sont des Amérindiens, tandis que les Noirs forment l’autre tiers (soit 1400 sur une période d’un siècle) travaillant surtout comme domestiques.

On connaît maintenant le cas tragique de la jeune domestique Marie-Joseph-Angélique, pendue près de la Pointe-à-Callière, après avoir prétendument allumé un feu qui brûla la moitié de Montréal. Elle aurait réagi ainsi après que sa maîtresse l’ait empêché de marier celui qu’elle aimait.

L’esclavage continue sous le régime anglais. On annonce même la vente d’esclaves dans la Gazette de Québec. La première marche contre l’esclavage a lieu à Montréal en 1793, mais son abolition officielle ne se fait qu’en 1833. Les Noirs libérés se mêlent alors à la population, se mariant à des Amérindiens ou des Français.

Il existe maintenant une rue Mathieu-Da-Costa à Québec et une autre à Montréal, dans le quartier Pointe-aux-Trembles. On a aussi inauguré, en février 2012, une place Marie-Josèphe-Angélique à côté du métro Champ-de-Mars, à proximité du Vieux-Montréal.

Chemin de fer et jazz

La révolution industrielle amène de grands changements à Montréal. Le canal Lachine est creusé en 1825, le rail apparaît autour de 1850, le pont Victoria en 1860, tandis que les usines se multiplient, attirant beaucoup de travailleurs.

Le chemin de fer est le principal employeur des Noirs qui s’installent à proximité des gares, dans Saint-Henri et la future Petite-Bourgogne. Ils travaillent d’abord à sa construction pour ensuite devenir «porteurs», une appellation qui inclue les postes de service à l’intérieur des trains. L’habitude de réserver ces postes à des Noirs vient des compagnies américaines. Cette tradition sera encore bien vivante chez nous jusqu’à la fin des années 1950.

Mais les Noirs de Montréal se font surtout connaître par la musique. Dès l’ouverture du Rockhead’s Paradise en 1928, le jazz de Montréal attire des amateurs de partout, bien avant l’actuel Festival de jazz. Les célèbres Oscar Peterson et Oliver Jones sont tous deux des «petits gars de Saint-Henri».

Vie militaire

On remarque la participation de la communauté noire à la vie militaire au Canada dès la guerre de 1812 contre les États-Unis, durant laquelle la Company of Coloured Men combat dans la région des Grands Lacs. Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), on voit même un Canada’s Black Battalion basé en France.

Ils sont aussi nombreux à vouloir s’engager pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), à cause de la crise économique et du chômage, mais la discrimination est encore très présente. À certains endroits, on affiche même: «Negroes need not apply», ce qui change tout de même à partir de 1941, autant au Canada qu’aux États-Unis.

Jusqu’au début des années 1950, les Noirs ne peuvent être servis dans certains établissements de Montréal. D’un autre côté, les Canadiens français sont aussi mal accueillis dans certains restaurants et commerces de l’ouest montréalais où ils sont obligés de parler anglais, et cela, jusqu’à la fin des années 1960.

Immigration noire

De 1900 à 1930, la communauté noire de Montréal est formée en grande partie d’Américains travaillant pour le chemin de fer et de domestiques antillaises, les vieilles familles noires canadiennes ne représentant pas plus de 10% de leur communauté.

Pendant longtemps, le gouvernement canadien décourage l’immigration noire. Jusqu’à l’instauration d’une politique non discriminatoire en 1967, qui favorise une entrée massive d’Antillais à Montréal. En 1967, il s’y trouve aussi 3000 étudiants Noirs provenant du tiers-monde.

De 1963 à 1972 arrivent 3539 professionnels haïtiens, des «exilés politiques volontaires», qui travaillent pour la plupart comme professeurs, médecins, infirmières, etc. Une proportion moins importante est due à l’immigration d’Américains voulant échapper aux préjugés du sud ou au service militaire.

Une deuxième vague d’immigration haïtienne, à partir de 1968, place ce groupe culturel au premier rang de la communauté noire de Montréal.

Contrairement à la première, cette deuxième vague est surtout composée de travailleurs peu ou pas spécialisés.

Les Antillais forment la moitié de la communauté noire anglophone. Tandis qu’une immigration africaine, moins importante, s’est ajoutée, autant anglophone que francophone, dont les représentants sont en général très instruits ou riches.

Depuis longtemps, les communautés noires ne sont plus limitées à leurs anciens quartiers. Elles se sont déplacées dans tous les quartiers de Montréal, mais aussi sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord.

Éloge de l’autre, TAHAR BEN JELLOUN

«Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil

C’est toi

C’est moi

Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme

Qu’importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes

L’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux

Aucun arbre arraché

Ne donne l’ombre qu’il faut

Ni le fruit qu’on attend

La solitude n’est pas un métier

Ni un déjeuner sur l’herbe

Une coquetterie de bohémiens

Demander l’asile est une offense

Une blessure avalée avec l’espoir qu’un jour

On s’étonnera d’être heureux ici ou là-bas.»

(Que la blessure se ferme, poèmes, Gallimard, 2012)

Biographie

Français d’origine marocaine, Tahar Ben Jelloun est surtout connu comme romancier. Mais il a aussi publié de nombreux essais, ainsi que de la poésie. Il faut aussi souligner deux de ses petits livres destinés à la jeunesse, dont le thème convient bien à notre dossier. Ce sont

Le racisme expliqué à ma fille (1998 et 2009) et L’islam expliqué aux enfants (2002 et 2012). Deux excellentes publications.

Un Noir à Québec au 18e siècle

Le plus grand roman québécois du 19e siècle, Les Anciens Canadiens (1863), par Philippe Aubert de Gaspé père, était jadis au programme de nos écoles secondaires. Ce n’est peut-être pas très frappant, mais on peut tomber par hasard sur une note vers la fin du livre où il est question d’un Noir vivant à Québec au 18e siècle: «À mon arrivée à Québec, vers l’âge de 9 ans [en 1795], pour aller à l’école, on semblait regretter un bon bourreau nommé Bob; c’était un nègre dont tout le monde semblait faire des éloges. Cet Éthiopien aurait dû inspirer l’horreur qu’on éprouve pour les gens de son métier; mais tout au contraire, Bob entrait dans les maisons comme les autres citoyens, jouissait d’un caractère d’honnêteté à toute épreuve, faisait les commissions, et tout le monde l’aimait. Il y avait, autant que je puis me souvenir, quelque chose de bien touchant dans l’histoire de Bob: il était victime de la fatalité, qui l’avait fait exécuteur des hautes œuvres à son corps défendant. Il versait des larmes quand il s’acquittait de sa cruelle besogne.»

La présence des Noirs dans la société québécoise d’hier et d’aujourd’hui, Gouvernement du Québec, 1995. Dorothy W. Williams, Les Noirs à Montréal (Blacks in Montreal: 1628-1986), VLB Éditeur, 1998.

 Références, voir aussi:

Denyse Beaugrand-Champagne, Le procès de Marie-Josèphe Angélique, Libre Expression, 2004, 295 p.

Paul Fehmiu Brown, Marie-Josèphe-Angélique, 21 juin 1734, Saint-Léonard, Éditions 5 continents, 1998, 122 p.

Les Mains noires, réalisation Tetchena Bellange, scénario Bianca Bellange et Tetchena Bellange, documentaire, 52 minutes, 2010.

Angélique, réalisation Michael Jarvis, scénario Peter Farbridge, court-métrage (en anglais), 22 minutes, 1999.

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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Mois de l’histoire des Noirs 3

Mois de l’histoire des Noirs 3

François Richard

Dossier Mois des Noirs

Mathieu Da Costa Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Troisième personnage, Mathieu Da Costa, interprète africain, ou d’origine africaine, pour les navigateurs français et hollandais auprès des autochtones canadiens au début du 17è siècle.

3. Mathieu Da Costa

Avant de raconter l’histoire de Mathieu Da Costa, il est important de préciser qu’il existe très peu d’informations à son sujet. Son nom n’apparaît en effet que dans quelques documents juridiques français et hollandais datant du dix-septième siècle et sa biographie est essentiellement inconnue. L’histoire de Mathieu Da Costa est donc intéressante surtout en ce qu’elle permet de prendre conscience d’une présence noire méconnue en Amérique du Nord aux tous débuts de la colonisation européenne, soit avant l’avènement de la traite des Noirs à grande échelle qui marquera l’histoire américaine au cours des deux siècles suivant. Mathieu Da Costa était un homme libre, venu travailler en Amérique en échange d’un salaire qui, pour l’époque, était élevé.

Existence officielle de Mathieu Da Costa

Le nom de Mathieu Da Costa apparaît dans le compte-rendu d’un procès qui a eu lieu à Amsterdam au cours du mois de février 1607. Le litige porte sur un crime commis à Tadoussac quelques mois auparavant. Le bateau de l’explorateur français Pierre Dugua De Mons, qui a travaillé avec Samuel Champlain à l’époque, est alors attaqué par une flotte hollandaise. Selon le peu d’information disponible, l’interprète Mathieu Da Costa aurait à cette occasion été pris par les Hollandais, qui souhaitaient l’avoir à leur service. Il fait parti de ce que De Mons réclame au tribunal hollandais en réparation de l’attaque dont lui et ses hommes ont été victimes. Ces documents permettent d’établir que Mathieu Da Costa n’était pas d’origine européenne, puisqu’il y est affublé du qualificatif « nègre ». Son statut d’interprète entre les Européens et les Autochtones d’Amérique y est également précisé.

Mathieu Da Costa en prison

Le nom de l’interprète apparaît ensuite sur un contrat d’embauche pour des voyages en Amérique qu’il a conclu avec De Mons à Amsterdam en 1608. Mathieu Da Costa est mentionné deux dernières fois sur des documents européens, au cours des années 1608 et 1609, notamment lorsqu’il purge une peine de prison dans la ville normande du Havre pour « insolence ».

S »il n’existe pas de preuve qu’il ait effectivement foulé le sol américain, le fait qu’il ait été à l’emploi de De Mons lors de l’attaque de Tadoussac permet de penser qu’il a accompagné l’explorateur dans ses voyages en Acadie et dans la vallée du Saint-Laurent.

Interprète et Africain

La question qui surgit à l’esprit lorsque l’existence de Mathieu Da Costa est évoquée est : mais comment un Africain pouvait-il servir d’interprète entre les Européens et les Amérindiens? La côte Atlantique de l’Afrique est à cette époque visitée depuis près de deux siècles par les navigateurs et marchands portugais. Ces derniers ont établis des comptoirs de commerce permanents en Afrique et un dialecte de commerce, à mi-chemin entre le portugais et les langues africaines, s’y est développé. Comme les autres métiers à l’époque, celui d’interprète se serait transmis de père en fils, dans ce cas-ci de père en fils métis, issus des unions entre portugais et africaines. Ces métis étaient les mieux placés pour faire le pont entre deux cultures ayant peu à voir l’une avec l’autre et sont devenus au fil du temps autant des commerçants professionnels que des interprètes. Le nom Da Costa a d’ailleurs une consonance latine et permet de penser que Mathieu pourrait avoir eu des ancêtres portugais.

Il faut savoir de plus que les équipages des navires d’exploration européens étaient composés de gens d’origines diverses. Les « professionnels » de l’exploration étaient rarement attachés à leur pays d’origine et vendaient plutôt leurs services au plus offrant, à l’instar de l’Italien Christophe Colomb, qui a découvert les Antilles au nom de la couronne d’Espagne.

L’embauche d’interprètes africains procurait plusieurs avantages aux explorateurs européens, dont leur expertise de négociants interculturels professionnels, les similitudes entre les patois de commerce d’Afrique et d’Amérique et le fait que, puisqu’ils n’étaient pas Blancs, ils pouvaient constituer un équilibre dans les relations qui, déjà à l’époque, se dégradaient rapidement entre Européens et Amérindiens.

Gouvernement du Canada

Si les historiens se montrent extrêmement prudents quant à l’existence et au rôle historique de Mathieu Da Costa, le gouvernement canadien n’hésite pas, pour sa part, à en faire un symbole de sa politique multiculturelle. Ainsi, un concours scolaire intitulé le Défi Mathieu Da Costa, visant à souligner le Mois de l’histoire des Noirs, se déroule depuis 1996 dans les écoles du pays. En 2009, la Chambre des communes a institué la Journée Mathieu Da Costa, à être célébrée à travers le pays la première journée de février. La mémoire de l’interprète africain est aussi soulignée au musée de l’Habitation du lieu historique national du Canada de Port-Royal à Annapolis, en Nouvelle-Écosse.

Ce billet est largement inspiré du texte Mathieu Da Costa et les débuts du Canada: possibilités et probabilités de A.J.B. Johnston, que vous pouvez consulter gratuitement en ligne.

Mary Ann Camberton

Le dernier personnage présenté dans le cadre de cette série sera Mary Ann Camberton, réfugiée américaine au Canada qui a vécu au dix-neuvième-siècle. Elle fut journaliste, fondatrice d’un journal en Ontario, recruteur pour l’armée du Nord durant la Guerre de Sécession, enseignante et militante de la cause noire.

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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Mois de l’histoire des Noirs 2

Mois de l’histoire des Noirs 2

François Richard Dossier Mois des Noirs

jackie robinson joueur baseball Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Deuxième personnage, Jackie Robinson, premier joueur noir de la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs aux États-Unis.

Jeux Olympiques et nazisme

Avant de débuter le récit de la vie de Jackie Robinson, il est important de souligner l’apport symbolique de son frère aîné, Matthew, à la lutte pour la reconnaissance des Noirs comme êtres humains à part entière aux États-Unis et dans l’ensemble du monde occidental. Matthew Robinson est en effet monté sur le podium comme gagnant de la médaille d’argent à la course de 200 mètres lors des infâmes Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Ces Jeux ont servi de vitrine mondiale au régime nazi d’Adolf Hitler, deux ans seulement avant le début de l’extermination des Juifs d’Europe.

Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Enfant pauvre, famille monoparentale

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Débuts au baseball

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la « ligue blanche », Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis.

Succès au baseball

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

Discrimination raciale

Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

Banque pour les Noirs

Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

Jackie Robinson est décédé d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972. Une statue honorant sa mémoire a été érigée devant le Stade Olympique de Montréal, sur la rue Pierre-de-Coubertin, en 1987.

Pour en savoir plus sur Jackie Robinson, visitez le site Internet officiel ou celui des Minutes Historica du gouvernement du Canada.

Mathieu Da Costa

La personnage présenté la semaine prochaine sera Mathieu Da Costa, interprète d’origine africaine au service des navigateurs européens du seizième siècle auprès des Premières Nations du Québec et de l’Acadie.

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François Richard

jackierobinson Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Deuxième personnage, Jackie Robinson, premier joueur noir de la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs aux États-Unis.

Jeux Olympiques et nazisme

Avant de débuter le récit de la vie de Jackie Robinson, il est important de souligner l’apport symbolique de son frère aîné, Matthew, à la lutte pour la reconnaissance des Noirs comme êtres humains à part entière aux États-Unis et dans l’ensemble du monde occidental. Matthew Robinson est en effet monté sur le podium comme gagnant de la médaille d’argent à la course de 200 mètres lors des infâmes Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Ces Jeux ont servi de vitrine mondiale au régime nazi d’Adolf Hitler, deux ans seulement avant le début de l’extermination des Juifs d’Europe.

Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Enfant pauvre, famille monoparentale

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Débuts au baseball

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la “ligue blanche”, Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis. 

Succès au baseball

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

Discrimination raciale

Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

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Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

Jackie Robinson est décédé d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972. Une statue honorant sa mémoire a été érigée devant le Stade Olympique de Montréal, sur la rue Pierre-de-Coubertin, en 1987. 

Pour en savoir plus sur Jackie Robinson, visitez le site Internet officiel ou celui des Minutes Historica du gouvernement du Canada.

Mathieu Da Costa

La personnage présenté la semaine prochaine sera Mathieu Da Costa, interprète d’origine africaine au service des navigateurs européens du seizième siècle auprès des Premières Nations du Québec et de l’Acadie.

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