Un lit d’hôpital à 35 000$, défectueux et mal conçu!

L’hôpital Ste-Mary’s les refuse et les retourne

Royal Victoria les conserve

Raymond Viger dossier conflit d’intérêtSanté

Potins d’une infirmière à un patient.

cusm-campus-glen-royal-victoria-hopitalJe ne vous parle pas ici en tant que journaliste mais en tant que patient hospitalisé pour une double chirurgie cardiaque et qui a reçu des commentaires d’une infirmière.

Le Ste-Mary’s et le Royal Victoria, deux hôpitaux reliés à McGill. Les deux hôpitaux commandent le même lit… à 35 000$ la copie.

Je me plaints du lit pour ses difficultés à opérer. D’une part, il n’est pas assez long. À partir de 5 pieds 11 pouces, vous devez demander d’enlever le pied de lit! Avec mes 6 pieds 2 pouces, j’ai donc 3 pouces de pied qui dépasse du lit. Pas confortable quand tu passes la grande majorité de tes journées dans ce super lit à 35 000$.

lit d'hôpital cusp royal victoria set-mary's hôpitaux Autre grande problématique, malgré la longueur de mes bras, je ne suis pas capable d’atteindre les contrôles pour monter et descendre le lit. Il faudrait pour cela que je me contorsionne dans le lit et que je me relève. Comme je vous ai partagé au début du billet, j’ai été opéré pour une double chirurgie cardiaque, le chirurgien s’est amusé à couper en deux ma cage thoracique et j’ai 98 broches qui me la retient pour le prochain mois. Se contorsionner ne fait plus parti de mon vocabulaire pour l’instant.

Je suis donc prisonnier de ce luxueux lit haut de gamme. Une prison de 35 000$.

Ste-Mary’s aurait retourné les lits parce qu’ils sont défectueux et non opérationnel.

Royal Victoria les conserve.

Autres textes sur Santé

Publicité D’un couvert à l’autre: être un entrepreneur communautaire

D'un couvert à l'autre livre bistro le ste-cath journal de la rue Café GraffitiLe livre retrace les 25 ans d’histoire de l’organisme Journal de la Rue, les principaux évènements que l’organisme a traversé et parle avec émotions et réalisme de la réalité de l’intervention auprès des jeunes.

Une section est dédiée au dernier projet de l’organisme, le bistro Ste-Cath, l’histoire quotidienne de ce lieu mais également la relation entre les artistes et le public, notamment Elizabeth Blouin-Brathwaite, Pascal Dufour, Sule Heitner, B.U, Davy Boisvert,…

Une co-publication entre Delphine Caubet et Raymond Viger. Photographies Georges Dutil. Une couverture de l’artiste Geneviève Lebel. Le livre est disponible en édition de luxe (30 pages en couleur) à 24,95$ ou en noir et blanc à 19,95$ (plus 4,95$ taxe et livraison). Aux Éditions TNT. (514) 256-9000.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant où manger bonne bouffe est montréal souper spectacle bistronomiqueUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

4264, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1V 1X6.     www.stecath.com.

Correspondance entre un détenu et un moine

Une amitié canado-australienne

Le détenu et le moine australien

Au début des années 80, je faisais partie d’une équipe de débats oratoires. La McGill Debating Union qui était, et est encore, une des meilleures équipes de débat du monde anglophone.

Colin McGregor, dossier Chronique du prisonnierReligion et spiritualité

Catho-anti-capotePersonne n’en connaît vraiment la raison. Peut-être est-ce le climat politique tendu dans lequel McGill baigne. Une île anglophone dans une mer francophone effrénée, qui permet à ses étudiants de déjouer leurs homologues d’Harvard et d’Oxford sur n’importe quel thème. De la peine capitale au prix de la pizza.

Personne n’a jamais compris pourquoi nous performions si bien, mais cela m’a permis de parcourir le monde. Je ne serai plus jamais aussi intellectuellement intimidant que je l’étais avant, lorsque je brillais en tant que débatteur de la célèbre université McGill.

Rencontre

Il y a plusieurs années de cela, je me suis retrouvé en Australie. Durant des débats à l’Université de Sydney, je suis devenu l’ami d’Anthony, un débatteur nerd. Un être tranquille et passionné de lecture comme moi, dont on se moquait beaucoup – comme c’était aussi mon cas. Et pour que les membres du club de débat se moquent de vous, vous devez être vraiment très nerd.

Nous dînions et nous allions au cinéma, Anthony et moi; nous parlions de philosophie et de Dieu, des sujets peu à la mode, même à cette époque; et nous nous émerveillions du monde à haute voix. Blond, tranquille, au visage d’enfant, il avait grandi, comme moi, surtout en lisant des livres dans sa chambre. Il me montra son bureau, un sanctuaire dédié à l’étude, impeccablement rangé, dont la fenêtre donnait sur une baie lumineuse de l’océan Indien. Nos deux mères étaient mortes alors que nous étions encore jeunes; par conséquent, nous avions dû découvrir par nous-mêmes beaucoup de choses sur la vie.

Chaque fois que nous passions la journée ensemble, Anthony s’habillait de façon formelle, en vêtements bien pressés, souvent avec une cravate et un veston; ce qui est, en Australie, une manière réellement bizarre de se vêtir.

Lorsqu’il croisait des prostituées dans le quartier de Kings Cross au centre-ville, où elles faisaient le trottoir, Anthony exprimait sa frustration de ne pas pouvoir les en empêcher. Il se promit qu’un jour, il travaillerait en ce sens.

Hé, hé, je suis moine…

Des années plus tard, de retour à la maison, on m’a dit qu’il était devenu un moine dominicain. Je me demandais bien, dans ma prison, ce qu’il lui était arrivé.

Un jour, en lisant un magazine, je suis tombé sur une critique d’un de ses livres: Catholic Bioethics for a New Millenium, «Bioéthique catholique pour un nouveau millénaire». Publié en 2012 par les Presses de l’Université de Cambridge, cet ouvrage présente le point de vue de l’Église catholique romaine en matière de santé. On y trouve aussi des propos très francs sur le sexe et les procédures médicales. On reconnaissait bien Anthony sur la photo, avec peut-être le double du poids de sa jeunesse, mais avec le même visage d’enfant bien déterminé.

Ce que les vieux prêtres et les moines pensent à propos de sexe et de médecine peut sembler sans importance pour notre quotidien. Mais cela compte à l’échelle mondiale. En effet, personne sur Terre ne traite plus de patients et ne dirige autant d’hôpitaux que l’Église catholique romaine.

Seulement aux États-Unis, 77 millions de patients par année fréquentent des établissements catholiques; et dans beaucoup de pays, la plupart des hôpitaux sont dirigés par l’Église du pape. Alors, si vous souhaitez subir une opération pour changer de sexe dans ces contrées, vous devez respecter les règles établies par de vieux prêtres et des moines.

Comme Anthony l’explique dans son livre, l’Église ne favorise pas l’avortement et les condoms, pas plus que l’euthanasie pour les patients en phase terminale ou pour les condamnés à la peine capitale. Par contre, elle accepte les transplantations d’organes et elle cherche généralement à prolonger la vie à tout prix. Et oubliez les opérations de changement de sexe. L’Église catholique croit que vous n’êtes pas né homme ou femme sans raison; et que vous ne pouvez pas décider de changer d’équipe en cours de route.

Le magazine The Economist soutient que l’Église catholique a causé le plus grand génocide de l’histoire, par son opposition à la contraception et par la propagation du sida. Beaucoup plus de personnes sont mortes en n’utilisant pas le condom, qu’on en a tué dans les camps de concentration nazis, affirme The Economist.

Péripéties

Dans son livre, Anthony Fisher n’hésite pas à se servir d’un humour australien assez cru pour prouver son point. Il pèse, par exemple, le pour et le contre du sexe avec les poules. Et il en conclut que c’est mal. Car vous ne pouvez pas savoir si la volaille consent aux actes sexuels, écrit-il. Le «non, c’est non» est impossible à déterminer, si les poules ne peuvent que glousser.

Il soutient aussi qu’il ne suffit pas d’écouter sa conscience. Les nazis étaient convaincus de leur bon droit, lorsqu’ils construisaient les chambres à gaz et qu’ils envahissaient des nations. On a commis des crimes horribles pour des raisons que leurs auteurs croyaient justes. L’Église catholique se contente de donner son opinion; c’est à prendre ou à laisser, écrit-il.

Par delà les mers et les continents, je fais parvenir mes livres à Anthony et il m’envoie les siens. Il m’écrit, sur un admirable papier gaufré, qu’il prie pour «la paix de mon esprit».

C’est un homme bien qui organise des groupes de jeunes dans les quartiers pauvres de Sydney… Quoiqu’être pauvre à Sydney signifie que votre famille n’a que deux voitures dans l’entrée, plutôt que les habituels trois voitures et un bateau.

L’Australie est un pays vaste et riche où chacun vit loin de l’autre, sur de larges terrains remplis d’équipements sportifs qui le séparent de ses voisins. Vivants entourés de serpents et d’araignées venimeuses, les Australiens tendent à être indépendants, insouciants… et anti-intellectuels.

Anthony progressait dans sa carrière. Vers la fin de 2014, il fut nommé archevêque de Sydney. Sa plus grande préoccupation, lors de sa prestation de serment, tournait autour d’un énorme scandale de pédophilie.

Mais seulement deux jours après son élévation à ce poste, une prise d’otages eut lieu à deux rues de la cathédrale où il travaillait. Un sympathisant du groupe terroriste État islamique, Haron Monis, venait de prendre en otages 17 personnes innocentes au Lindt Chocolate Café, dans le quartier commercial de Sydney.
À la fin d’un siège de 16 heures, les policiers ont foncé: 2 otages sont morts, en plus du tireur. On pouvait voir tout cela en direct à la télé. Je l’ai suivi de ma cellule en prison. Le monde est plus petit qu’avant.

Blessures profondes

Les Australiens étaient bouleversés. Quelques heures après la fin du siège, le 16 décembre, Anthony célébra une messe à sa cathédrale de Saint Mary.

«Nous n’avons pas l’habitude d’entendre des mots comme “siège”, “terroriste” et “otages” associés à notre ville disait-il. Pourtant, le jour dernier, nous avons été soumis à des images et à des bruits provenant habituellement de pays étrangers… À l’aube, des coups de feu ont éclaté ; les policiers sont intervenus pour sauver des vies; il y a eu des évasions miséricordieuses, mais aussi des morts. L’enfer nous a touchés… La toile de fond de la lumière, qui se lèvera pour nous à Noël, est tissée de ténèbres… La vérité et la vie souvent viennent à ceux qui se sont égarés… dans ce qui est une culture de la mort plus qu’une culture de la vie.»

Que vous soyez ou non religieux, cela touche un point. Car c’est souvent dans le noir que la lumière nous apparaît plus rayonnante.

Une fresque de graffitis colorés illumine un quartier délabré. Une bonne action accomplie dans une prison, un hôpital ou un faubourg misérable a plus de valeur pour ceux qui en bénéficient que pour celui qui ne manque de rien.

Et parfois, de grandes épreuves sont nécessaires pour amener des personnes à changer. Pour qu’elles réalisent à quel point elles ont de la chance. Pour apprécier ce qu’elles reçoivent. Si vous ne perdez jamais, vous ne pouvez comprendre ce que cela signifie de gagner.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Magazine The Social Eyessocial-eyes-web

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Site Glen, Centre de Santé McGill

    Investissements questionnables en Santé

    Publicité inutile et déplacée

    Dépenser en publicité au lieu d’investir dans la santé

    Raymond Viger Dossiers Santé

    On dit que la Santé coûte de plus en plus cher. Mais certaines dépenses me questionne au plus haut niveau.

    Deux grands panneaux routiers annoncent, dans l’est de Montréal, l’ouverture en 2015 du site Glen du Centre de Santé de l’université McGill.

    Les questions qui tuent

    Qui payent pour ces panneaux publicitaires?

    Quel est la pertinence de ces panneaux?

    Les importants coûts de ces panneaux publicitaires auraient-ils dus être mieux investi en matière de Santé?

    Quel est la pertinence d’annoncer, dans l’est de Montréal, deux ans à l’avance, l’ouverture du site Glen dans l’ouest de la ville?

    Autres textes sur Santé

    L’amour en 3 dimensions.

    l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

    Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

    Le livre est disponible au coût de 19,95$.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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    Survivre au suicide de son enfant

    Santé mentale et suicide

    La douleur d’un père

    Dominic Desmarais Dossier SuicideSanté mentale

    Jean est défait. Il a perdu son fils Michel qui s’est suicidé à 47 ans. Une douleur trop grande pour les frêles épaules d’un père. Michel, aux prises avec des problèmes de santé mentale, s’est enlevé la vie. Il avait trop peur d’être stigmatisé par les autres. Il a refusé toute forme d’aide. Jean est allé aussi loin qu’il le pouvait pour tenter de le sauver. Il a échoué. Aujourd’hui, il ne souhaite à personne de connaître une souffrance comme la sienne.

    «Mon fils n’est pas né avec la maladie. Il a aimé la vie», raconte Jean sans cesse au bord des larmes. Son fils, diplômé en commerce de l’université McGill, était toute sa richesse. Jean se sent vide, pauvre. Il se questionne, se demande s’il n’aurait pas pu en faire plus. Tout a commencé il y a 4 ans, lorsque Michel s’est mis à raconter des histoires étranges de gens qui lui voulaient du mal. Jean ne veut pas nommer la maladie qui affectait son fils. «Il était différent, bizarre», se limite-t-il à dire, soucieux de ne pas banaliser le désarroi de son enfant par une étiquette.

    Peur de l’étiquette

    L’absence d’aide n’a pas tué Michel. Bien au contraire. Employé d’une institution financière, il avait droit aux soins d’une thérapie avec congé payé. «Je voulais qu’il en parle avec une personne responsable, aux ressources humaines. On lui a offert de l’aide. Ça l’a inquiété. Il a refusé de peur d’être stigmatisé. S’il avait accepté, ses collègues auraient su qu’il avait un problème. Il était en position de rester à la maison pendant quelques mois tout en recevant son salaire.» Malgré cette proposition honorable, Michel avait peur du regard des autres. Il comptait s’en sortir seul, fier qu’il était.

    Devant son refus, Jean doit puiser au fond de son amour. Sa femme et lui offrent une thérapie à Michel. Un autre refus et Jean se sent encore plus impuissant. «Que faire comme parent? Je lui disais : “J’ai toujours été fier de toi. Je vais l’être encore si tu acceptes d’aller chercher de l’aide. Si tu étais un enfant, je ferais ce qu’il faut. Mais tu es un adulte, c’est à toi de décider.” »

    Michel reconnaît l’amour inconditionnel de son père et sa mère. Il ne repousse pas l’appui de ses parents pour leur faire mal. Il voulait s’en sortir seul. «Il me disait: “Papa, donnez-moi du temps. Je ne suis pas encore prêt. Quand je le serai, je le ferai.” C’était un homme fier. Il ne voulait pas que les autres sachent qu’il avait un problème. Mais il avait peur d’en parler. Il ne voulait pas être étiqueté.» S’il accepte d’en discuter avec ses parents, Michel refuse de voir son jeune frère. «Il ne voulait pas qu’il le voie dans cet état», dit Jean les yeux rougis.

    Au travail, on lui donne 6 mois pour corriger la situation. Passé ce délai, voyant l’absence d’améliorations, il est mis à la porte. Jean, propriétaire d’un restaurant familial, lui propose d’y travailler avec lui. Il essuie un autre refus qui le chamboule. Jean est désemparé. Il aimerait forcer son fils à suivre une thérapie pour se soigner, mais respecte sa décision en constatant les efforts de son garçon pour s’en sortir. «Il a arrêté de fumer et de boire du café par lui-même. Il essayait de s’aider. Mais il n’a pas réussi. S’il avait su qu’il n’y aurait pas de stigmatisation, peut-être qu’il aurait suivi une thérapie. Mais il savait qu’il y en aurait…»

    Tentatives de suicide

    Michel a tenté de se suicider. Il est interpellé par des policiers qui ne croient pas à ses explications. Ils l’emmènent sur-le-champ à l’hôpital Notre-Dame pour y être examiné. Trois psychiatres le rencontrent et diagnostiquent un état dépressif, pas suicidaire. «Ils l’ont laissé sortir la journée même», raconte Jean qui, plus tard ce jour-là, rencontre son fils sans se douter de ce qui venait de se passer.

    Une semaine plus tard, Michel récidive. Découvert par les policiers, il est conduit à l’hôpital Général de Montréal, où il décède quelques heures plus tard.

    En insistant auprès des médecins, Jean a pris connaissance de ces deux tentatives de suicide. Dans les deux hôpitaux, Michel avait demandé de ne pas communiquer avec sa famille. «Je ne blâme pas les médecins. J’ai parlé à l’un d’eux. Il m’a dit que son travail était de garder mon fils en vie, pas de communiquer avec moi. Il a raison. Mais l’hôpital devrait avoir quelqu’un pour rejoindre la famille. Notre fils était encore vivant et ma femme et moi n’étions pas là, près de lui», dit-il en sanglotant.

    Jean est encore sous le choc d’avoir perdu son fils. Il cherche une raison pour justifier cette mort qui l’a déchiré. D’abord, il se dit que la loi devrait être plus flexible et permettre aux hôpitaux de communiquer avec la famille d’un patient. Et, surtout, il espère une meilleure sensibilisation de la société sur les maladies mentales et les effets de la stigmatisation. «Nous sommes en 2012. Nous devons arrêter d’appeler ces êtres humains des fous, des tordus. Je n’ai pas sauvé la vie de mon fils. Si je peux sauver celle d’autres fils ou filles, de frères ou sœurs, ce sera une grande satisfaction.»

    Ressources en prévention du suicide:

    Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

    La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

    La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

    La Suisse: Stop Suicide.

    Autres textes sur le Suicide:

    Survivre, un organisme d’intervention et de veille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

    Merci de votre soutien.

    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

    Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

    Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

    Autres livres pouvant vous intéresser:

     

    Chihuly, du verre soufflé aux beaux-arts (MBAM)

    Musée des beaux-arts de Montréal

    Le verre soufflé élevé au niveau d’un grand art

    Cette fois, on ne va pas reprocher au Musée des beaux-arts de Montréal d’être trop sérieux et inaccessible. En effet, avec l’exposition «Chihuly, un univers à couper le souffle», il nous offre une explosion de couleurs aussi pures et sans arrière-pensées que celles des enfants. Ce qui domine ici, cette fois, c’est le bonheur simple de la créativité et de l’énergie exprimée par les formes, le mouvement et la lumière.

    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Culture

    Pour les enfants de tous âges

    débats société réflexions sociales communautéLes enfants sont nombreux parmi les visiteurs aujourd’hui, et je vois l’émerveillement spontané dans le visage d’un jeune garçon à côté de moi. Comme eux, je suis frappé par la grandeur des œuvres et par l’effet de la lumière sur le verre.

    Chihuly, l’artiste au cœur de cette exposition, est comme un enfant auquel on aurait donné de grands moyens et qui les utilise sans barrières, sans théories et sans avoir besoin d’expliquer son travail de manière conceptuelle.

    Au lieu d’une feuille et d’une boîte de crayons, il a à sa disposition du verre à souffler de toutes les couleurs, de grands fours et tout un étage de musée pour exposer ses œuvres. Chihuly est passionné par son travail et son enthousiasme est communicatif. Les enfants sont les premiers à le ressentir.

    Dès l’entrée, en gravissant l’escalier de marbre de l’ancien édifice, les couleurs solaires du verre nous éclairent. Sur le palier, de hautes tiges bleues font contraste. Dans la plupart des salles, la lumière qui éclaire le verre est mise en valeur par les murs noirs.

    «À couper le souffle»

    Chihuly art culture musée beaux arts montréalLa première salle où j’entre me jette à terre, comme dit l’expression. Elle compte 28 grands vases, installés à diverses hauteurs, et porte le titre général de «Forêt de Macchia». Ces vases font penser à de grandes fleurs, plissées de manière irrégulière et naturelle. Chacun nous offre des couleurs différentes, dont les nuances n’envient rien aux meilleurs tableaux. Je pourrais rêver longtemps devant un seul de ces vases.

    L’expression «à couper le souffle» qu’on a utilisée dans la publicité est parfaitement appropriée et on ne saurait trop souligner la virtuosité, la variété, la beauté des formes, des couleurs et des installations.

    Féérique

    plafond persan musée beaux arts montréal art cultureUne autre salle, nommée «Plafond persan», nous réserve une belle surprise par son plafond transparent sur lequel on a empilé des vases et des objets de verre aux couleurs variées (une centaine), éclairés par le haut. La lumière traverse les différentes couches de verre coloré, puis descend sur les murs blancs et sur nous de manière totalement féérique. On peut d’ailleurs se coucher par terre pour admirer, puisque l’on a disposé quelques larges coussins pour le faire. Cela nous fait penser à une sieste sous un arbre dont le feuillage est traversé par le soleil d’été.

    Chihuly est né en 1941 à Tacona, dans l’État de Washington. Il a étudié le design d’intérieur, la sculpture, la céramique et le verre soufflé qu’il a élevé au sommet des beaux-arts, comme le montre cette exposition. Par les formes il est un fameux sculpteur, mais par son utilisation de la couleur il est un grand peintre. Il écrit d’ailleurs :

    Je suis obsédé par la couleur – je n’en ai jamais vu que je n’aimais pas.

    On trouvera à la fin de l’exposition l’habituelle boutique de souvenirs : des livres, des cartes, des calendriers pour tous… mais aussi, pour les amateurs sérieux, de véritables vases du studio Chihuly, plus petits que ceux de l’exposition, avec des prix sur l’étiquette dans les trois ou cinq mille dollars.

    Expositions permanentes : beauté durable

    Le Musée présente aussi plusieurs expositions permanentes gratuites. On peut y voir des tableaux anciens qui ont toujours quelque chose à nous apprendre : que ce soit par leur composition, la touche du pinceau, le dessin ou le jeu de la lumière et de l’ombre. Et peu importe que le tableau soit figuratif ou abstrait.

    McGill_College_art culture musée beaux arts montréal

    «Devoir de mémoire»

    À quelques rues de là, sur l’avenue McGill College, le Musée McCord, en collaboration avec la Commission vérité et réconciliation du Canada, présente une exposition en plein air de photos anciennes sur le thème des pensionnats autochtones. C’est à voir. Nous avons déjà beaucoup écrit sur ce thème dans le magazine Reflet de Société et sur le Web, mais le titre «Devoir de mémoire» est très éloquent : il faut se souvenir des erreurs du passé pour en tirer des leçons et ne pas les répéter.

    _____________

    Chihuly, un univers à couper le souffle, au MBAM du 8 juin au 20 octobre 2013. Entrée : 12 $ pour les 13-30 ans, 20 $ pour les 31 ans et plus (10 $ le mercredi soir). MBAM

    Devoir de mémoire – Les pensionnats autochtones du Canada, Musée McCord, sur l’avenue McGill College à Montréal, du 19 juin au 20 octobre 2013.

    Autres textes sur Culture

    Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

    publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

    Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

    Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

    Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

    www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

    Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

    Histoire de français pour une tête carrée

    Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

    Présentation en français de LOVE in 3D

    Témoignage d’une tête carrée

    Histoire de français

    Lorsque vous avez été isolé du monde par un long séjour en prison, vous cherchez des façons de vous reconnecter à la vie que vous avez laissée derrière vous. Cette soif d’appartenance peut prendre plusieurs formes. L’une d’elles implique un jeu télévisé que je regarde depuis mon adolescence.

    Colin McGregor, prison de cowansville  Dossier Prison, Criminalité, Francophoniefrancophone francophonie francophile français langue française

    En grandissant dans l’enceinte d’une école où j’ai aussi été éduqué, à Westmount, je n’ai eu accès que très rarement à la langue de Molière telle qu’elle est parlée au Québec. L’école Selwyn House est aujourd’hui mieux connue pour ses professeurs que j’ai eus et qui étaient des pédophiles. On ne parle pas de la piètre qualité de son éducation.

    Selwyn House

    Des portraits de la Reine ornaient les murs des corridors et pas une syllabe de joual ne devait être entendue dans l’enceinte de ces couloirs marbrés. En effet, Selwyn House recrutait ses professeurs francophones partout sauf au Québec pour ne pas être contaminée par l’accent régional. Ainsi, ma classe a parlé une année un français marqué par l’accent du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre: «Bon-jurrr…». Puis, pendant deux ans, alors que notre professeur de français était une princesse russe, nous prononcions le subjonctif avec un chuintement guttural.

    Plus tard, nous sommes tombés entre les mains d’un professeur venant de Lyon qui, dès son premier jour, nous a dit que dans la Rome antique, les esclaves faisaient office de professeurs pour les enfants fortunés et qu’il n’avait pas l’intention de s’abaisser à être traité comme un auxiliaire embauché pour servir une bande de gosses gâtés.

    Des chiffres et des lettres

    francophone francophonie francophile francophilie français Bientôt, nous nous sommes mis à parler comme de petits bouquinistes des bords de Seine en cravate rayée jaune et blanche. On nous a demandé d’éviter d’écouter les émissions télévisées dans lesquelles les gens du coin parlaient un mauvais français québécois populaire. Quand la télévision câblée nous a finalement relayé «Des chiffres et des lettres», on nous a toutefois dit qu’il était acceptable de la regarder. Ce que j’ai fait. J’ai participé au jeu dans ma tête, et j’ai constaté avec fierté qu’un ti-gars tête carrée comme moi pouvait égaler ou même surpasser les candidats en parvenant à extraire un mot français à la fois étrange et exotique des neufs lettres tirées au hasard et disposées sur une étagère étroite.

    J’ai regardé cette émission longtemps après avoir quitté Selwyn House. Je la regardais l’été que j’ai passé en Champagne, envoyé là-bas pour renforcer mes adorables «r» roulés et échapper au péril que représentait le français de Robert Charlebois. Je l’ai regardée lorsque j’étais à McGill.

    Au cours de mon emprisonnement à vie, voilà qu’apparaît sur le câble télévisé de la prison, courtoisie de TV5, ce que j’ai reconnu comme un souvenir de jours meilleurs et libres. Une chose à laquelle me raccrocher, une demi-heure pendant laquelle je pouvais faire ce que je faisais jadis, avant de devenir un numéro. Je la regarde aussi souvent que possible depuis la saleté et l’isolement de ma prison.
    Chaque jour, les animateurs présentent deux «duels», des casse-têtes envoyés par des auditeurs. Un jour, j’ai envoyé mon propre casse-tête. J’ai écrit que j’étais un «condamné à vie» emprisonné dans un pénitencier canadien et que je regardais leur émission tous les jours.

    Environ un mois plus tard, pendant le premier des deux duels du jour, un des juges de l’émission a fixé ses pieds, presque honteux : «Vous savez, il y a des gens dans les prisons qui nous regardent tous les jours. Des moins chanceux que nous.» La co-animatrice a esquissé un sourire charitable. «Oui, a-t-elle dit, C’est vraiment très triste. Nous pensons souvent à eux. Nous recevons souvent du courrier de détenus à travers le monde. On ne leur souhaite que le meilleur», a-t-elle ajouté en secouant la tête.

    Je ne suis pas mort!

    Ils avaient l’air attristés, comme s’ils venaient d’apprendre la mort d’un des leurs ou une tragédie semblable. Je me suis adressé au téléviseur, souhaitant presque attirer leur attention: «Mais je ne suis pas mort», ai-je dit. «Je suis juste ici et je vous regarde tous les jours.» Jamais mon isolement ne m’a paru aussi total.

    Le lendemain, ils ont utilisé mon idée. Mon nom n’a pas été mentionné. Je regarde toujours l’émission les soirs de semaine, lorsque la journée de travail à l’usine de la prison est terminée. Je n’ai jamais envoyé d’autres suggestions. De nos jours, elles arrivent toutes par courriel de toute façon et les détenus n’ont pas accès à Internet.

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    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

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    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

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    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    social-eyes-web Magazine The Social Eyes

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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