Dons de sperme et l’anonymat des pères

Connaître son père biologique est-il fondamental?

L’insémination artificielle

Les enfants issus d’un don de sperme sont de plus en plus nombreux à réclamer la levée de l’anonymat du donneur. Pour certains, connaître leur père biologique est fondamental.

Julie Philippe   Dossier Famille

insémination-artificielle-don-sperme-bebe-eprouvette Quelle serait votre réaction en apprenant que vous devez la vie non pas à votre père mais à un inconnu? Les enfants issus d’un don de sperme sont de plus en plus nombreux à réclamer la levée de l’anonymat du donneur. Pour certains, connaître leur père biologique est fondamental.

Au Québec, l’insémination artificielle par donation anonyme est une technique de fécondation courante, généralement utilisée par les couples infertiles. En grandissant, beaucoup d’«enfants éprouvettes» souhaitent connaître leur parent biologique.

Olivia Pratten, jeune Britanno-Colombienne de 28 ans, aimerait rencontrer son géniteur. Elle pense que cela pourrait expliquer certains de ses traits de caractère et éclairer ses antécédents médicaux. Selon elle, on ne peut pas savoir où l’on va, si l’on ne sait pas d’où l’on vient. En octobre 2008, elle a déposé un recours collectif au nom de tous les Britanno-Colombiens conçus par don anonyme de sperme, d’ovocyte (cellule féminine présente dans les ovaires) ou d’embryon pour empêcher le transfert ou la destruction des dossiers médicaux des donneurs. La Cour suprême de Colombie-Britannique a prononcé une injonction en ce sens. À ce jour, la jeune femme n’a toujours pas reçu de réponse.

Des avis qui divergent

En décembre 2009, la Commission de l’éthique, de la science et de la technologie du Québec a remis un rapport sur l’éthique et la procréation assistée au ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette commission est rattachée au Conseil de la science et de la technologie dont la mission est de mettre en discussion des questions éthiques, notamment par voie de forum, pour dégager des orientations. Elle était présidée par Édith Deleury, professeure en droit à l’Université Laval et composée pour l’essentiel, de médecins et spécialistes.

Concernant la levée de l’anonymat des donneurs, les experts ont estimé que la connaissance «des informations insémination-artificielle-don-sperme-bebe-eprouvette-fecondationà caractère médical peuvent être nécessaires à la préservation de la vie et de la santé de l’enfant». La commission a recommandé d’informer l’ensemble de la famille ainsi que le donneur, des effets potentiels du secret sur l’enfant. Elle propose que des conseillers issus des cliniques de fertilité soient chargés de transmettre ces informations. Selon la Commission, la mise sur pied d’un organisme de données à «des fins de surveillance du développement des enfants issus de la procréation assistée» serait une bonne chose.

Édith Deleury revient sur l’un des points essentiels du rapport: «Nous proposons de procéder par étape, il est préférable de laisser la possibilité aux donneurs de briser l’anonymat concernant leur don, plutôt que de proposer une levée complète de l’anonymat». Le rapport suggère néanmoins de donner les mêmes droits aux enfants issus d’un don qu’à ceux qui ont été adoptés. «Comme les enfants adoptés, l’enfant créé par insémination pourrait avoir la possibilité de connaître le donneur si celui-ci y consent», explique Mme Deleury. Depuis la publication de ce rapport, d’autres travaux ont été publiés.

En juin 2010, une étude américaine intitulée  My daddy’s name is donnor a permis de comparer l’expérience et l’opinion d’adultes ayant été conçus par don de sperme à celles de personnes adoptées ou ayant grandi avec leurs parents biologiques. Pour les besoins de l’enquête, 1687 individus ont été interrogés.

Cette étude a été réalisée par Internet pour la Commission sur l’avenir de la condition parentale entre les 10 et 28 juillet 2008. Un groupe d’universitaires et d’experts s’est penché sur «la situation juridique, éthique, sociale et scientifique des parents dans la société contemporaine». 38,5 % des personnes conçues grâce à un don disent ne pas être d’accord avec l’idée qu’on puisse «délibérément concevoir un enfant sans père». De ce nombre, 52 % des hommes et 48 % des femmes estiment même avoir subi un préjudice. Pour 67 % d’entre eux, il faudrait que le don ne soit plus anonyme. Cette fin de l’anonymat est d’ailleurs l’une des dix-neuf recommandations formulées par la Commission sur l’avenir de la condition parentale.

Une annonce choc

La réaction des enfants à l’annonce de leur mode de conception sont variables. Selon Chantal Collard, chercheuse en anthropologie sur l’adoption et la procréation assistée au Québec, «Certains jeunes ont de fortes réactions en apprenant que leur père biologique est un inconnu», constate-t-elle. L’enfant peut se sentir amputé d’une part de lui-même selon Phyllis Creighton, chercheuse sur les questions éthiques, ancienne membre du Comité consultatif sur les techniques de reproduction et de génétique à Toronto.«Le monde est si anonyme qu’on a besoin de connaître son identité. Ces personnes ne cherchent pas un père, mais à connaître d’où leur viennent leurs caractéristiques», soutient-elle.

Pour Shelley Deacon, 30 ans, originaire de Kamloops en Colombie-Britannique, la nouvelle a été fracassante. «Ma mère me l’a dit vers l’âge de 11 ans, ça a été un vrai choc! Malgré tout, c’était peut-être plus facile pour moi que pour d’autres car je n’avais pas de père. J’aimerais savoir qui est le donneur car c’est difficile d’être dans l’ignorance. Une moitié de moi est inconnue. Je n’ai pas choisi, ce n’est pas juste! De plus, je viens d’avoir un enfant. Je suis inquiète par rapport à la méconnaissance de mes antécédents médicaux», confie la jeune femme.

En revanche, la nouvelle de sa conception,  n’a pas posé de problème à Olivia Pratten. «J’ai découvert comment j’avais été conçue à l’âge de 5 ans en demandant à ma mère comment l’on faisait les bébés. Elle m’a expliqué que mon papa n’avait pas assez de graines. Je pensais que j’étais unique, j’étais contente», raconte-t-elle.

Plusieurs experts comme Édith Deleury, conseillent aux parents de ne rien cacher à leurs enfants et d’éviter les non-dits. «Il faut encourager les parents à en parler assez tôt. Il ne s’agit pas, pour les enfants, de renier ceux qui les ont élevés. C’est un besoin de savoir d’où l’on vient qui est surtout ressenti à l’adolescence et au moment de devenir parents», estime Édith Deleury.

Un don du ciel?

Beaucoup de personnes issues d’un don souhaitent avant tout la levée de l’anonymat. «Si le donneur y consent, l’enfant pourrait connaître son identité. Dans les pays où ce n’est plus anonyme, les donations ne sont pas moins nombreuses. Il faut surtout une bonne information et une valorisation du donneur. Il ne faudrait pas qu’il soit simplement considéré comme un instrument mais que son geste soit plus responsable», affirme Mme Deleury. Elle souhaite aussi que les donneurs soient informés. Reste à savoir s’ils accepteront.
Pour Joseph, un Montréalais de 26 ans et donneur occasionnel, il n’est pas question de devenir le père de l’enfant. En revanche, il considère que les parents sont libres d’offrir la possibilité aux enfants de le voir. Suzanne Charland, coordinatrice de la banque des donneurs de la clinique Ovo à Montréal pense que l’absence d’anonymat peut nuire au nombre de donations. «Les donneurs sont difficiles à recruter. Pour 200 hommes à qui l’on va parler, un seul va accepter», mentionne-t-elle.

Rechercher son géniteur n’est pas une priorité pour tous les individus conçus par insémination. Certains s’en moquent complètement. «Des jeunes qui pourraient connaître le donneur ne cherchent pas à savoir qui il est, ou activent la recherche plus tard», déclare Chantal Collard.

Donneurs sollicités

Depuis le 5 août 2010, le Québec est le premier gouvernement d’Amérique du Nord à offrir gratuitement des traitements de procréation assistée aux couples infertiles. Les donneurs de sperme risquent d’être encore plus sollicités. Édith Deleury se demande si ce nouveau service est vraiment une nécessité. «Dans le contexte actuel, avec un manque de personnel au niveau des services de santé, on peut se demander s’il s’agit du moment approprié», déclare-t-elle.

Illustration Renart L’Éveillé

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Coûts sociaux du jeu compulsif

Impacts et conséquences du gambling

Loto-Québec encaisse chaque année des centaines de millions de dollars de profits. Qu’en est-il des coûts sociaux reliés au jeu compulsif?

Gabriel Alexandre Gosselin            Dossier loto_quebec_gambling_jeu_compulsif_joeurs_pathologiques_casino_preventionGambling et jeu compulsif

Les coûts sociaux suivants sont entraînés par le jeu compulsif:

  • Traitements (publics et privés), prévention et recherches
  • Coûts judiciaires (ex.: délit pour dettes non payées d’un joueur voulant continuer à jouer)
  • Coûts juridiques (ex.: divorce dû au comportement d’un joueur pathologique)
  • Coûts en service policiers et pénaux (ex.: vol à la caisse pour faire de l’argent rapidement)
  • Soins pour problèmes de santé (ex.: stress, drogue, alcool, tentative de suicide)

Le problème d’un joueur pathologique crée inévitablement des répercussions négatives sur ses proches, et sur sa famille particulièrement. Celle-ci peut vivre à son tour des problèmes du même type que ceux décrits précédemment, et engendrer des coûts supplémentaires.

Les coûts sociaux associés au jeu n’ont pas encore été évalués au Québec. En 2002-2003, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) faisait de ces recherches sur le sujet une des quatre priorités de son plan d’action sur le jeu. Ces études n’ont toujours pas été entamées

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La coopérative de santé

La coopérative de santé

Dossier Coopérative de Santé.           Dominic Desmarais

Modèle nouveau genre au Québec, la coopérative de santé met le citoyen au cœur des décisions sur sa santé. Terminé, le simple rôle de consommateur. Regard sur une autre façon de rendre des soins.

Aux prises avec la détérioration de services de santé à Aylmer, dans la ville de Gatineau, deux médecins mobilisent la population. Pratiquant à la clinique privée Aylmer-Lucerne, les Dr Bernard Gélinas et Claude Archambault cherchent à éviter le pire: la fermeture de leur centre médical et la perte pour la population de services indispensables.

La décision est prise. Plutôt qu’une clinique privée, qui n’a pas fonctionnée, on formera une coopérative où les utilisateurs, les travailleurs et les médecins seront membres avec le même pouvoir, soit un vote chacun. La réponse est telle que 3 ans plus tard, le 1er janvier 2004, la Coopérative de santé devient propriétaire de la clinique Aylmer-Lucerne.

Grâce à l’implication de la communauté, non seulement la clinique reste-t-elle en opération, mais les services s’améliorent. Tous mettent l’épaule à la roue, ce qui permet de recruter des médecins, de se doter de meilleurs équipements, offrir de meilleurs services et mettre sur pied des programmes de prévention. Des services que l’ancienne clinique, privée, n’aurait jamais pu fournir aux gens d’Aylmer.

Médecins recherchés

Le nombre de cliniques a chuté dramatiquement ces dernières années. Alors qu’on en comptait 1500 il y a quelques années, ce nombre est passé à 800 aujourd’hui. La rémunération des médecins, avec leur quotas, a diminué, alors que le coût d’opération a augmenté. De plus, le ministère de la Santé et des Services sociaux oblige les médecins à délivrer des actes médicaux prioritaires dans les institutions hospitalières. Ces heures passées à l’hôpital enlèvent du temps à la gestion de la clinique par le médecin.

À la Coop d’Aylmer, la mobilisation du milieu a permis de créer nombre de comités, dont un spécifique au recrutement de médecins. «On offre un service clé en main, explique Martin Van Den Borre, administrateur de la coop. On n’exclut pas les médecins du développement de la santé, mais de l’administration.» Libérés de cette tâche, les praticiens, en cette époque de loisirs, ont davantage de temps à consacrer à eux-mêmes ou à leur famille. Ou à offrir des services à la population.

De meilleurs équipements pour de meilleurs services

Avec ses 4337 membres qui déboursent chacun 50$ pour leur part sociale, la coopérative possède un fonds avoisinant les 250 000$. «On l’utilise comme un levier financier qui nous permet d’aller chercher d’autres capitaux», souligne M. Van Den Borre, qui soutient que de meilleurs équipements attirent les médecins. Avec plus de médecins, plus d’entrées d’argent et plus de membres, la possibilité d’améliorer les services augmente.

Les besoins ciblés sont l’agrandissement de la clinique, l’augmentation du nombre d’heures pour les urgences, l’amélioration des services de radiologie et la création d’un Groupe de médecine familiale (GMF).

Prévenir plutôt que guérir

L’ensemble des membres, donc la population, décide des besoins à combler. En ce sens, des programmes de prévention, en partenariat avec d’autres organismes de la communauté, sont mis sur pied. Un projet pour la communauté latino-américaine, aux prises avec des problèmes d’isolement, de pauvreté, de manque d’estime et le manque de connaissances des services offerts est maintenant offert. Des cours de sensibilisation au diabète, un programme de prévention et de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, des cours de santé alimentaire, l’offre ne manque pas. On fait même de la prévention pour les chutes des personnes âgées par le biais d’un programme d’éducation physique et des conseils pour adapter leur domicile.

«Souvent ça ne coûte pas bien cher. Il suffit simplement d’avoir du temps. Souvent, c’est fait en partenariat avec les groupes communautaires. Il y a beaucoup d’initiatives dans ce milieu. Ils ont des ressources, mais pas médicales. Les médecins, dans les cliniques, n’ont pas le temps», fait remarquer l’administrateur de la coopérative.

Une réponse à l’engorgement des hôpitaux

Ces programmes de prévention ont pour effet direct de désengorger les urgences. Avec ses 39 000 visites en 2004, la coopérative commence à connaître les besoins de sa population. Prochaine étape, désengorger les cas moins lourds des hôpitaux, tels les grippes, les pneumonies, les coupures et les brûlures. «Nous avons 2 salles où l’on peut faire des chirurgies mineures», raconte M. Van Den Borre.

Avec de tels services, qui a dit que le citoyen ne pouvait pas s’impliquer activement pour sa propre santé?

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

Un médecin récalcitrant.

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Ensemble pour vaincre le suicide

Ensemble pour vaincre le suicide     

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6              Dossier  Suicide

vaincre-suicide-dossier-suicide En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Prévention du suicide, une tribune pour les jeunes

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté et le suicide des jeunes

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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Tous ceux qui succombent à leur vague à l’âme ne font pas la une des journaux. Certains sont d’avis que présenter quotidiennement dans les médias un baromètre de la détresse sociale inspirerait et inciterait certains à passer la frontière de l’irréversible. D’autres croient qu’en parler banaliserait le geste. On en parle donc un peu, parfois, pas trop souvent, et peut-être juste assez?! Après tout, qui sait vraiment ce qu’on a le droit d’en dire?

Détenteur du plus haut taux de suicide au Canada, le Québec se classe bon premier. Quelle distinction! Et il semble que ce n’est pas demain la veille qu’il cédera sa place. Le nombre de suicides a fait marche arrière partout au pays, sauf au Québec, et ce, depuis quelques hostiles hivers déjà. Quant à l’ensemble des pays industrialisés, le Québec occuperait le troisième rang.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) est agacé par la situation. En 1992, il se donnait pour objectif de réduire de 15% le taux de suicide. De 16%, le pourcentage à l’époque, est aujourd’hui de 19%. On comprend pourquoi il est embarrassé.

Le MSSS avait alors choisi quelques stratégies «préventives», parmi lesquelles figurait: «diminuer l’accès aux «instruments» de suicide, notamment les armes à feu. Confiant, en 1998, le MSSS réitérait cette mesure dans sa Stratégie québécoise d’action face au suicide. Depuis, le nombre de suicides par pendaison et strangulation a doublé depuis les deux dernières années! Il faut tout de même reconnaître que cette mesure dite «préventive» a sauvé la vie de quelques personnes.

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet
Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Autres livres pouvant vous intéresser:

On parle enfin des coopératives de santé!

On parle enfin des coopératives de santé!

Dossier Coopérative de Santé, Journal de Montréal, Philippe Couillard

En avril 2006, il y a presque 2 ans, Reflet de Société présentait un dossier sur les alternatives en matière de santé. Cela nous a permis de présenter un reportage sur les coopératives de santé . Les coopératives de santé existent depuis maintenant 25 ans. Des rapports qui datent aussi de 25 ans mentionnent que les coopératives sont une voix importante à explorer en matière de santé.

Nous avions aussi présenté Jonquière Médic. Un système de médecins à domicile qui s’autofinance depuis 25 ans. Nos lecteurs du Saguenay avait été heureux et surpris qu’enfin un média provincial parle d’eux en dehors de leur région. C’était la première fois que Jonquière Médic était mis de l’avant sur la scène provinciale dans un média!

Pour compléter le dossier sur les alternatives en matière de santé, nous avions tenté d’obtenir une entrevue du Ministre de la Santé et des Services Sociaux, Philippe Couillard. Les dates possibles d’entrevues ont toujours été repoussé et nous n’avons jamais eu l’entrevue. Nous avons présenté un article sur les questions demeurées sans réponses que nous voulions poser à M. Couillard.

En décembre 2006, nous vous présentions le livre de Jean-Pierre Girard: Comment demeurer maître de notre santé?

. M. Girard y présentait les coopératives de santé dans son livre publié en septembre 2006.

Lors du débat des chefs, Mario Dumont avait questionné André Boisclair et par la suite Jean Charest sur l’avenir des coopératives de santé comme alternative à exploiter. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont répondu à Mario Dumont. Ils n’ont même pas prononcé le mot coopérative de santé! J’avais souligné en mars 2007 ma joie d’entendre enfin le mot coopérative de santé dans la bouche d’un politicien.

En juin 2006, Reflet de Société présentait un article avec le Dr Bernard Gélinas. Ce médecin à la Clinique Un médecin récalcitrant  en avait long à dire. Il lance la question: « La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif? »

En avril 2006, L’actualité présentait un reportage de Véronique Robert sur les réussites du système de santé à Alma. Encore une fois, le Saguenay-Lac-St-Jean nous ouvre la porte à des propositions alternatives en matière de santé qui fonctionnent.

Après tous ces écrits et questionnements sur la réalité des alternatives en matière de santé, voilà que nous pouvons lire, sous la plume de Jean-François Coderre, le 21 février 2008 dans le Journal de Montréal que le concept des coopératives de santé a inspiré le rapport Castonguay!

Ce qui m’a cependant surpris dans cet article c’est le commentaire de Marie-Joelle Brassard du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui fait la promotion des coopératives de santé: elle est vexée de voir le concept s’étendre!

Va-t-on vraiment finir par étudier les alternatives en matière de santé? D’ou vient cette résistance à parler librement? Nous le saurons peut-être dans un autre 25 ans.

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

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Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
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