DK, artiste muraliste et peintre professionnel

Artiste muraliste et peintre professionnel

DK, un artiste décapant

Le muraliste choisi deux simples lettres comme pseudonyme d’artiste. Cette frugalité se retrouve dans l’allure générale du jeune homme de 26 ans. Toutefois, sobriété ne veut pas dire tranquillité: DK  bouillonne d’idées et de projets. D’abord graffiteur, désormais peintre, la palette de compétences de l’artiste est large.

Julie Philippe   Dossier  DK, MuralesGraffiti

dk-dcae-jean-francois-gagnon-artiste-peintre-muraliste Aux débuts artistiques de DK en 2003, graffiti était souvent synonyme de délit. Vers l’âge de 21 ans, il est même arrêté par deux policiers allemands à Berlin alors qu’il décore un train. Toutefois, au lieu de finir au poste, DK se voit offrir une bière! Il en est convaincu: une bonne étoile veille sur lui. Il est vrai que jusqu’à présent, la chance a souvent été de la partie.

La découverte du graffiti

Originaire d’un petit village de 200 habitants dans les Cantons-de-l’Est, le jeune homme déménage à Montréal à l’âge de 20 ans. C’est à cette occasion qu’il se prend de passion pour le graffiti. Un style coloré caractérise alors les graffs de l’artiste. Ses créations? De simples lettres qu’il «trouve belles». Les lettres D et K sont les plus prisées du jeune homme, il décide d’en faire son pseudonyme.

En revenant dans sa campagne natale, le graffiteur initie quelques kids au graffiti: «Certains habitants ont dû se poser des questions en voyant les graffs sur les murs», raconte-t-il. Pour ce village tranquille, les créations de DK étaient une grande première!

Peindre: entre réalité et monde imaginaire

À présent, DK s’adonne à sa nouvelle passion: la peinture à l’huile. Son style a mûri: «Le graffiti est fait pour être tape-à-l’œil, la peinture c’est le contraire. J’aime qu’une œuvre soit agréable à regarder, c’est pourquoi j’utilise des tons pastels», explique le jeune homme qui a rangé ses couleurs criardes au placard au profit de coloris plus doux. Les paysages et la rue sont de véritables sources d’inspiration.

Les détails sont souvent nombreux. Dans l’une de ses toiles, une foule d’objets insolites et réalistes tapissent les trottoirs: pots de peintures et pinceaux côtoient avec naturel des automobiles. Une certaine nostalgie ressort de ces oeuvres. Pour l’artiste, les nombreux éléments permettent d’accrocher le regard.

Voyager pour s’inspirer

Voyager est l’une des grandes passions de DK. Les déplacements qu’il a effectués en Europe et en Amérique du Sud nourrissent son imagination. Ces voyages ont, d’une certaine façon, contribué à l’éloigner du graff: «Dans certaines grandes villes d’Amérique du Sud, il n’y a absolument aucun graffiti, j’ai trouvé ça beau», admet l’artiste.

Les rêves de DK? Avoir une première exposition puis vivre de son art. Cet été, une virée à vélo ou en moto jusqu’au Mexique attend le jeune homme. Un périple dont compte bien se servir DK  pour peaufiner ses créations et illustrer le monde à sa façon.

DK et la Fondation Colart

Depuis 2 ans, DK vend des toiles à la Fondation Colart qui encourage les artistes de la relève. Vous pouvez consulter le site du Café-Graffiti pour voir quelques-unes des réalisations de DK. Pour rejoindre un artiste, (514) 259-6900.

Photos de Murales et fresques urbaines.

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Misericordia mode de luxe, produits équitables et bioéthique

Misericordia

Mode de luxe made in bidonville

150$ pièce. C’est le prix qu’affichent de prestigieuses boutiques à Paris et Tokyo pour les vestes de sport confectionnées par des jeunes issus des bidonvilles de Lima, au Pérou. Un pari improbable qu’avait fait Aurelyen en 2002, cofondateur de l’atelier de mode équitable Misericordia.

Guillaume Brodeur   Dossier Commerce équitable

misericordia-commerce-equitable-perou-bioethique Apprendre à utiliser des outils sans donner tout cuit dans le bec. Voilà le principe qui a guidé Aurelyen, un jeune Français avide de solidarité internationale, lorsqu’il a démarré le projet Misericordia. Cet atelier de mode éthique initie de jeunes déshérités de Lima aux rudiments de la couture. Une expertise qui leur permettra ensuite de se sortir de la misère des pueblos jovenes, ces bidonvilles poussiéreux –parfois sans eau potable ni électricité– qui bordent l’autoroute panaméricaine.

«Au début, les filles qui arrivent des bidonvilles ne sont pas mignonnes… «Après deux mois, si!» assure Aurelyen, chef d’orchestre de l’atelier fleuri. Des propos en apparence paternalistes pour qui ne connaît pas leurs conditions de vie déplorables. «On soigne notre outil de travail chez Misericordia. Organiser l’espace, c’est organiser sa vie. Notre philosophie est axée sur le respect et la noblesse humaine», ajoute cet architecte de formation.

Un respect du travail et de soi-même essentiel à inculquer aux apprentis couturiers qui débarquent à l’atelier. «Le rôle de Misericordia n’est pas seulement de leur fournir un travail et de leur donner de l’argent. C’est de les éduquer. À travers la création, ils développent un savoir-faire, une confiance en eux.» Au concept de charité – qui maintient trop souvent dans la précarité -, Aurelyen en oppose un de solidarité qui vise l’excellence. Encadrés par des couturières d’expérience (Herminda, Monica et Melina), les nouveaux venus deviennent rapidement des artistes de l’aiguille.

La qualité, une fierté

misericordia-perou-linge-ethique-commerce-equitable «On ne fait pas des vêtements, on fait de beaux vêtements avec notre cœur», clame Aurelyen avec fierté. Un orgueil bien placé si l’on se fie aux façons de faire de l’atelier, dont les pratiques vont à contre-courant des grandes tendances du marché. «Nous sommes une des rares marques à produire elle-même ses vêtements. À l’exception du tissu, on fait tout nous-mêmes, et seulement des vêtements Misericordia.»

«Chaque vêtement est conçu de A à Z par une seule personne, poursuit-il, de la couture des manches jusqu’au zip, comme dans les ateliers de haute couture. Plutôt que d’être des ouvriers à la chaîne, nos jeunes deviennent des artisans: “Je ne suis pas un rouage d’une machine, je suis la machine. Je sais faire une veste.”» Des contraintes qui limitent la production annuelle à 15 000 pièces, faites des meilleurs matériaux. Tout le contraire des habituels ateliers insalubres du tiers-monde qui fabriquent à la chaîne pour les magasins à grandes surfaces.

«Notre modèle d’affaires n’est économiquement pas viable, admet Aurelyen. Mais nos couturiers font LEURS vêtements, avec des messages en espagnol qui racontent LEUR histoire. Des vêtements qu’ils portent, avec des matières qu’ils connaissent, pour des gens qui comprennent le message et qui savent très bien d’où ils viennent.»

Et comment donc concilier dignité du travailleur et rentabilité? Équation simple: en vendant la collection Misericordia dans de prestigieuses boutiques de Paris, Stockholm, New York ou Tokyo. À des prix qui garantissent un niveau de vie décent aux 27 employés de Misericordia, en majorité des femmes dans la vingtaine, et qui permettent à l’entreprise de mettre en œuvre les préceptes du développement durable. Tout cela malgré une méthode artisanale vouée en théorie à l’échec.

Sensibiliser par la beauté

Avec ses produits haut de gamme aux messages évocateurs, Aurelyen se réjouit de «toucher une clientèle qui n’est pas a priori préoccupée par le commerce équitable et les questions sociales. Misericordia a le mérite de conscientiser des gens de l’univers de la mode qui, il faut l’admettre, ne se sentent généralement pas concernés par les problèmes planétaires. On peut convaincre par la beauté!»

«No mas utopia», affichent plusieurs des 250 nouveaux modèles créés annuellement. Si ce n’est pas utopique que de faire payer le prix fort pour le travail « éthiquement correct » des plus humbles, ça prend un sacré culot. Un culot griffé Misericordia.
Site web de Misericordia

Transformation extrême

Patricia Cordova Vilcapaza, 21 ans

À son arrivée chez Misericordia il y a trois ans, Patricia était encore une frêle adolescente qui vivotait dans l’extrême pauvreté du bidonville de Ventanilla. Partie de zéro, c’est aujourd’hui une femme dynamique et ambitieuse. Elle a rapidement gravi les échelons de l’organisation jusqu’à gérer les commandes et remplir le rôle de secrétaire.

«J’ai maintenant une bonne santé à cause de l’assurance maladie [fournie par Misericordia], dit-elle, redevable. J’ai ici une famille qui me permet d’avancer dans l’art de la mode.» Après sa journée de travail à l’atelier, Patricia trouve l’énergie pour suivre des cours de soir à un institut de mode. Et c’est sans compter les deux heures de transport qu’elle doit se taper matins et soirs. «C’est un grand sacrifice, mais c’est le prix à payer. Je suis près de devenir une vraie artiste de la mode, ajoute-t-elle avec confiance. Je ne veux pas travailler uniquement pour l’argent, mais aussi pour m’accomplir.»

Son rêve : posséder un jour sa propre entreprise de mode, avec un style qui sort de l’ordinaire. Un objectif qu’encourage Aurelyen, «car si Misericordia cesse un jour ses activités, nos employés posséderont un savoir-faire qui leur permettra de voler de leurs propres ailes… Quand je regarde Patricia, je me fous de la mode et de l’argent. C’est elle, la vraie réussite!»

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