Réseau cyclable en Montréal

Vélo à Montréal

Vélorues: la méthode Ferrandez en question

Le maire de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez, a annoncé une série de mesures visant à améliorer le réseau cyclable au début du mois de juin 2014. Si l’intention est louable, sa façon de faire n’est pas du goût de tout le monde.

Éléonore Genolhac dossiers  Ville de Montréal,Politique

Vélo Montréal cycliste accident protectionL’arrondissement du Plateau Mont-Royal est celui où la pratique du vélo comme mode de transport est la plus répandue. Selon l’étude sur les ménages de 2011 de Statistique Canada, 11,6% de ses habitants utilise le vélo pour se rendre à leur travail quotidiennement. Un chiffre qui n’a de cesse d’augmenter et qui ne va pas sans poser de problèmes.

Vélorues

Les cyclistes du Plateau sont aujourd’hui trop nombreux pour les infrastructures en place. Certaines pistes cyclables, notamment celle longeant la rue Brébeuf, se retrouvent saturées aux heures de pointe. Et la cohabitation avec les voitures devient elle-aussi délicate.

Luc Ferrandez a décidé de prendre le taureau par les cornes en annonçant la création de vélorues dans son arrondissement. Il affirme lors de cette conférence de presse que «si nous n’arrivons pas à implanter ces mesures ou à réduire le nombre de morts et de blessés sur nos rues, ça voudra dire que nous sommes inutiles et moi, je vais offrir ma démission.»

Ces «nouvelles» rues donneront la priorité aux bicyclettes et aux piétons sur les véhicules motorisés. Le but est de fluidifier le trafic de certaines pistes cyclables et de permettre aux vélos de rouler en toute sécurité, loin des artères jugées dangereuses. La création de ces vélorues s’accompagnera d’une réduction de la vitesse à 30km/h dans les rues et à 40km/h sur les grandes artères du Plateau.

Effet d’annonce

Annoncé en grandes pompes lors d’une conférence de presse, certains acteurs du Plateau déplorent néanmoins «un effet d’annonce». «On nous Effet annonce nouvelles rues annonce en trombe la création de ces vélorues, mais on ne sait pas ce que ça va donner dans les faits. M. Ferrandez ne nous donne pas de détails. C’est cavalier de sa part» déclare un des membres de l’Association des commerçants et des résidents du Plateau Mont-Royal qui préfère garder l’anonymat, se disant victime d’intimidation de la part de certains membres du parti de M. Ferrandez.

Le Plateau Mont-Royal doit maintenant travailler avec la ville centre (Montréal) pour la mise en œuvre de ce projet. Car si l’arrondissement peut décider de réaliser des aménagements de la vitesse, le développement du réseau cyclable quant à lui relève de la compétence de Montréal, comme le souligne Marc Jolicoeur, directeur de la recherche chez VéloQuebec.

C’est là que le bât blesse pour certains qui reprochent à l’équipe de M. Ferrandez de mettre la charrue avant les bœufs: «on nous rapporte quelque chose qui n’est même pas travaillé», continue ce représentant.

Manque de concertationVélorues, Ferrandez, Plateau Mont-Royal

Ce n’est pas le seul grief qui est adressé à l’équipe municipale: «Personne n’a été consulté avant que M. Ferrandez ne donne cette conférence de presse, pas même les services d’urgence», affirme le membre de l’Association des commerçants et des résidents du Plateau Mont-Royal.

Interrogé sur le sujet, le service des Pompiers nuance quelque peu ces propos. Si l’arrondissement n’avait effectivement pas échangé avec eux avant de présenter cette série de mesures, il semble que le contact soit maintenant établi: «le Service de sécurité incendie de Montréal a été mis au courant des projets de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal dernièrement. Il faut rappeler que ces mesures ne sont pas encore instaurées» nous confiait Mélanie Drouin, chargée de communication du Service de sécurité incendie de Montréal.

Elle ajoute: «nous sommes en attente d’un retour de l’arrondissement quant à une future rencontre ainsi que pour tout document relatif au projet. Nous devrions donc être amenés à contribuer au projet afin d’évaluer tous les impacts en tenant compte de notre réalité opérationnelle et législative.»

Argument que reprend Michel Tongay, chargé de communication à la mairie du Plateau Mont-Royal: «Nous en sommes encore au tout début du projet. Il est encore trop tôt pour la concertation. Il va falloir maintenant voir avec la ville centre pour son implantation.»

Si l’intention de l’équipe Ferrandez est louable par son innovation, l’idée des vélorues n’est encore qu’un projet et elle laisse perplexe sur sa mise en pratique.

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Le 4e mur d’une prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Les visites en prison

Le quatrième mur d’une prison

Colin McGregor, prison de Cowansville. Dossiers Prison

4e mur colin mcgregor prison prisonnier miroirC’est une courte promenade, par un jour ensoleillé. Environ 30 mètres, le long d’un agréable sentier, tout en montée. De l’herbe verte de chaque côté; quelques grands arbres feuillus; et parfois, l’été, un massif de fleurs. L’odeur de la pelouse fraîchement coupée. Des couleurs qui vous changent des nuances de gris.

Je me dirige vers un édifice qui ressemble à un chalet de ski à étage, long et étroit, et couvert de baies vitrées du côté qui se présente à moi. Ça me fait penser au pavillon du lac des Castors sur le mont Royal, où j’allais me réchauffer l’hiver, après avoir patiné. En une autre saison de l’année et de ma vie.

Derrière l’édifice, en partie caché par de hautes clôtures: un stationnement rempli d’autos et de camions, dont les plus remarquables brillent au soleil en couleurs pastel. Je me souviens des voitures. Elles sont synonymes de liberté. Elles vous permettent d’aller où vous voulez. L’odeur des sièges d’auto qui ressemble à du cuir. De l’autre côté de la clôture…

Pavillon des visiteurs

Il s’agit du pavillon des visiteurs de ma prison. Je n’y vais pas très souvent. Mais il y a quelques semaines, une lettre adressée à mon attention est apparue à la fenêtre du poste de garde, qui joue aussi le rôle de bureau de poste dans mon bloc cellulaire.

La calligraphie me rappela une ancienne connaissance. Là d’où je viens, historiquement et géographiquement, il est impoli de taper à la machine ou d’imprimer une lettre personnelle. Le ton de la lettre est chaleureux et sans jugement. Un ancien ami du secondaire a lu un de mes articles, une critique de livre dans un magazine religieux. Comme la plupart des gens que j’ai connus, il me croyait mort.

«Nous sommes tous pécheurs», me dit-il. «Tout comme toi, je pourrais me retrouver en prison.» J’ai pensé que ce n’était pas très probable. Je le revois: blond, grand, toujours souriant, portant la cravate rayée et le veston noir de notre école privée… Si ce genre de surfeur angélique pouvait réellement se retrouver un jour en détention, il faudrait se pincer pour être certain qu’on ne dort pas.

Il est curieux. Il souhaite me visiter. Et puis il ajoute: «Colin, que diable t’est-il arrivé?» Sauf qu’il n’utilise pas le mot «diable».

Jour de visite en prison

Aujourd’hui, je suis tendu. La dernière fois où nous nous sommes croisés, lors d’un dîner-bénéfice, nous étions dans la vingtaine. J’en ai maintenant 50, et comme j’étais toujours le plus jeune de ma classe, je réalise qu’il doit être encore plus vieux que moi.

La salle des visiteurs, au rez-de-chaussée, est plus propre que les autres pièces de la prison proprement dite. Ça sent le shampoing à tapis. Et ça me rappelle la civilisation. Dans un coin, des jouets d’enfants empilés, près d’une aire de jeu. Dans un autre coin brillent des machines distributrices de bonbons et de sodas. Le plancher, qui doit faire 25 mètres de long, est couvert de tables comme on en trouve dans les restaurants de hamburgers, placées bien en ordre. Quatre chaises pivotantes attachées à l’unique patte massive de chaque table.

Le 4e mur

Un mur de la pièce est complètement vitré, avec vue sur le sentier par lequel je suis venu. Deux autres murs offrent des paysages champêtres, sous forme de murales. Le quatrième mur est sombre. C’est le plus imposant. Un grand miroir obscur, comme ceux qui permettent à un officier de nous observer de l’autre côté.

Le voilà, souriant. Mince, légèrement voûté à la taille. Des mèches grises sur le crâne et au menton. Il ressemble à l’un de nos professeurs, le plus sympathique, celui qui nous laissait remettre nos devoirs un jour plus tard, à condition qu’on n’en parle pas aux autres. Le monde a vieilli sans moi.

Au cours de la première heure, il déborde de questions; je parle comme un encanteur, des centaines de mots jaillissent de ma bouche. Il s’excuse presque de sa curiosité. Je lui dis : demande-moi n’importe quoi. Il veut connaître tous les détails de la vie de prison, que je trouve banals. Comment peut-on ignorer l’heure des décomptes? Nos repas sont servis dans quelle sorte de plateau? L’image du stationnement me revient à l’esprit. Ça me rappelle que nous ne vivons pas tous de la même manière.

Il me questionne sur mon crime. «Les journaux disent que tu étais devenu fou.» Je lui parle du temps où je vivais sans abri, rejeté par tous ceux que j’avais connus. «Les journaux ont parlé de cela, aussi», ajoute-t-il. «Mais comment en ont-ils parlé?» que je lui demande en haussant les épaules… C’est vrai qu’ils n’avaient rien fait à personne. Alors que moi, oui.

L’éclairage du plafond clignote. Mon ami me serre les mains dans les siennes. Ensemble, nous prions. Il est religieux. C’est ce genre de personnes qui visitent les prisonniers. L’éclairage clignote à nouveau. Nous nous levons. Les familles et les enfants se regroupent près d’une porte blanche quelconque, à l’autre bout de la salle, loin des baies vitrées. Certains s’embrassent. D’autres, pas.

Il ouvre ses bras. Et puis il est parti. En direction de ce stationnement que je ne peux atteindre. Mon grand moment est passé.

Je me dirige vers ma porte, du côté le plus proche de la vraie prison. Nous, les détenus, nous serons fouillés un à la fois. En chemin, je passe devant le quatrième mur. J’observe mon reflet. Moi aussi j’ai 50 ans. Je me demande ce que les gardiens pensent de tout cela, de l’autre côté du miroir sombre. Ils pensent probablement à leur retour à la maison, vers la télé, la famille et le lit.

Ils ont déjà vu tout cela, avant.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Le réseau vert des arbres de la ville

Environnement et espaces verts

Pourrions-nous vivre dans une ville sans arbres ?

Les grands arbres des rues de Montréal participaient beaucoup au charme de la ville, autrefois. Est-ce encore le cas ?

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Environnement

société social réflexions sociales débatLorsque je retourne au lieu de mon enfance à Montréal, je trouve ma rue bien grise et un peu misérable. Bien sûr, tout cela paraissait plus grand alors… quand j’étais petit. Mais il y a plus.

Je me souviens d’une certaine pauvreté, des maisons en mauvais état, des terrains vagues où s’accumulaient des camions défaits, parmi les chardons sans cesse accrochés à nos vêtements.

Mais ce dont je me souviens le plus, c’est de la présence de grands arbres qui recouvraient les rues en été. Et de la couleur de leurs feuilles qui inspiraient nos dessins, lors du retour en classe en automne.

Les grands arbres forment une couverture verte sur la ville. Ils nous offrent l’oxygène, la fraîcheur, la beauté et une présence vivante qu’aucune invention humaine ne pourrait remplacer.

Les arbres offrent aussi une dimension historique aux enfants. Ils ont vu grandir leurs parents, leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents. Ils n’ont jamais été remis à jour. Ils n’ont jamais suivi les courants ou les tendances, et ils ne sont jamais démodés.

Ils incarnent, pour nous, la notion de permanence, de durabilité. Leurs grandes formes tranquilles nous apportent la paix et nous rappellent que nous faisons partie d’un large réseau d’éléments et d’êtres vivants dont nous dépendons pour notre existence.

Au pied du mont Royal (phot o N. Charest) environnement nature

Au pied du mont Royal (photo N. Charest)

Les grands arbres de la forêt sont magnifiques, mais ils sont loin de la ville. Ceux des grands parcs et du Jardin botanique sont déjà plus proches. Mais les plus utiles, les plus près de nous, ceux qui accompagnent la vie quotidienne des citadins, ce sont les arbres des rues et des ruelles.Ils ont la vie dure, pourtant, et même les modes ont fini par les affecter. Ils étaient devenus difficiles d’entretien, il fallait les tailler, ils nuisaient aux fils électriques. Certains, comme les ormes, ont souffert de maladies. D’autres avaient des racines trop importantes en surface.

On les a remplacés par des arbres plus petits qui n’offrent plus de grands ombrages, qui ne couvrent plus les rues en été. Souvent, d’ailleurs, ils meurent avant de parvenir à maturité. Les grands arbres, par contre, valent la peine qu’on s’occupe d’eux. Car ils nous donnent beaucoup plus que ce qu’ils coûtent à entretenir et à protéger.

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fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

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