La BD entre enfin au Musée (MBAM)

Pour les 15 ans de La Pastèque

La BD entre enfin au Musée ?

Le Musée des beaux-arts de Montréal présente « La BD s’expose au Musée », une exposition préparée par La Pastèque pour fêter le 15e anniversaire de ses éditions. Du 6 novembre 2013 au 30 mars 2014.

Normand Charest –  dossier IllustrationsCulture

La-Pasteque-au-Musée beaux arts montréal bandes dessinées bd illustrations

Les illustrateurs sont aussi des artistes

La BD entre enfin au Musée ? Ce n’est pas la première fois, cependant. Tintin y est déjà passé et Astérix. Et franchement, c’est logique puisqu’elle y est déjà passé par œuvres interposées : je pense à celles du Pop Art, de Lichtenstein, par exemple.

En fait, tout est passé, parce qu’on ne sait pas dire non à l’avant-garde depuis dada (début du 20e siècle), qui expose des objets « ready made » à la Duchamp : des objets industriels sur lesquels on se contente de mettre un titre et un nom. Le propre de dada était de nous confronter à des non-sens, une manière de remettre en question les valeurs des institutions savantes et du marché de l’art… qui finissent quand même par récupérer tout cela.

Après la poterie et la photographie

D’où les installations qui ont suivi après : des tas de planches exposées dans les musées si coûteux. On a aussi accueilli la photo en tant qu’art noble. Puis la poterie. Et le verre soufflé de Chihuly – qui le mérite bien. On hésite pourtant à reconnaître la valeur des illustrateurs contemporains, alors que l’on expose des gravures anciennes qui n’étaient elles-mêmes que des illustrations, ainsi que les affiches commerciales fin 19e et début 20e siècles.

Là, les gens des Beaux-Arts se sont « peinturés dans le coin », pour parler en image de comics dans les journaux. Et c’est dans cette logique que la BD s’expose au Musée, à l’occasion du 15e anniversaire des éditions La Pastèque. L’idée est de juxtaposer le travail de 15 bédéistes et les œuvres du Musée desquelles ils se sont inspirés.

Parmi les différents pairages, celui de Michel Rabagliati – le père de la série Paul, le héros principal de La Pastèque – avec une toile de Miró est le plus réussi.  Un personnage nommé Javier colle une grande affiche sur un mur de Barcelone : on y annonce des sardinas. Ensuite, tous les carrés qui la composent partent au vent. Il n’en reste qu’un. Un marchand d’art qui passe s’extasie devant cette œuvre et l’expose dans sa galerie : ce morceau correspond exactement à la toile de Miró (que l’on peut voir exposé sur le mur d’en-face). Javier, le colleur d’affiche, est promu artiste malgré lui et il semble en avoir honte. Un clin d’œil aux dessinateurs qui se moquaient de l’art abstrait autrefois dans les journaux, le tout en harmonie avec le côté rétro des dessins de Rabagliati. Un voyage dans le temps, en quelque sorte. Délicieux.

C’est ce que j’ai préféré de cette petite exposition, même s’il y a aussi d’autres belles choses à voir. Comme les vues du port de Montréal depuis les villages amérindiens jusqu’à maintenant, juxtaposées à une gravure de Marc-Aurèle Fortin : une vue du port avec le pont Jacques-Cartier en construction.

À voir, quand même. Surtout que l’entrée est gratuite pour cette exposition.

_____________

Mon frère est né un 9 novembre, comme aujourd’hui. Permettez que je lui dédie ce billet, puisque nous partagions tous les deux l’amour de la peinture et du dessin, depuis notre petite enfance et jusqu’à son départ pour cause de maladie en 1982. — N.C.

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

L’art indigène du Pérou MBAM

Musée des Beaux-Arts de Montréal

L’art indigène du Pérou

Normand Charest — chronique Valeurs de société — Dossier AutochtoneCulture

Les musées étaient autrefois des endroits sérieux qui ne changeaient pas souvent et qui dépendaient des bienfaiteurs, des mécènes pour survivre. Si on pouvait leur reprocher quelque chose, ce n’était jamais d’être trop commerciaux.

société social débats sociaux réflexions communauté communautaireOr, on dirait que tout cela a changé depuis quelques décennies. C’est ainsi qu’on propose, chaque année, de grandes expositions très médiatisées et présentées comme des spectacles. En plus d’augmenter les coûts, et par conséquent le prix de l’entrée, cela donne l’impression que l’on accorde plus d’importance au contenant qu’au contenu de l’exposition.

Le Pérou, du soleil à l’ombre

culture autochtone pérou indien culturel art péruvien musée beaux arts montréalDepuis le 2 février 2013, l’exposition vedette du Musée des Beaux-Arts de Montréal, qui s’est terminée le 16 juin, était consacrée au Pérou (Les royaumes du Soleil et de la Lune). Il faut souligner le prix d’entrée de 20 $ par adulte, qui ne met pas l’art à la portée de tous, et puis la boutique qui nous attend à la sortie. Cela peut faire un peu attraction touristique, un peu voyage organisé avec, en plus, l’audioguide sur les oreilles.

De mon côté, je préfère porter attention aux œuvres elles-mêmes, plutôt qu’au décor, et sans que celui-ci leur fasse ombrage. D’ailleurs, beaucoup de salles étaient plongées dans la pénombre, au point de ne pas pouvoir observer à notre goût les nombreuses poteries, souvent fascinantes. Je n’ai pas compris pourquoi on avait fait ce choix.

Nos terres perdues

J’ai aimé, par contre, la grande photo de Machu Picchu, la cité des montagnes bien connue (couvrant tout un mur) avec des terrasses si étroites qu’on se demande bien à quoi elles pouvaient servir. On dit qu’on y cultivait du maïs, des pommes de terre et autres plantes comestibles.

En comparaison, quel gaspillage faisons-nous de nos grandes terres ! Les terre-pleins de nos boulevards, beaucoup plus larges que leurs terrasses, demeurent inutilisés, sans parler de ceux des autoroutes et de tous les terrains vagues qui attendent qu’on y construise des maisons et des édifices.

Que de belles terres avons-nous sacrifié, chez nous, pour la construction des villes en expansion, car nos villes ont bien souvent été implantées sur les meilleures terres agricoles. Le contraste est saisissant, entre l’ancien Pérou des Andes et nos sociétés actuelles.

Indigenismo : la redécouverte des racines autochtones

autochtone pérou péruvien art culture indien musée beaux arts montréal

L. V. Canturias, Pérou, 1944

La deuxième partie de l’exposition nous montre les œuvres religieuses de la période coloniale, avec ses saints et ses légendes venues d’Espagne, qui devaient replacer la culture amérindienne que l’on tentait d’éradiquer.

La troisième partie offre des gravures et des toiles plus intéressantes. Dans les années 1920, un nouveau courant artistique, nommé indigenismo (l’indigénisme) vit le jour au Pérou. Ce courant s’insérait dans les tendances nouvelles de la peinture européenne, au début du 20e siècle, mais on y trouvait aussi l’influence de l’art populaire.

Or, il s’agissait, avant tout, d’un retour aux valeurs autochtones et de leur revalorisation. Ce courant fut amorcé au Pérou par le peintre José Sabogal (1888-1956) qui avait découvert, lors de son voyage au Mexique en 1923, l’art nationaliste mexicain tourné vers le patrimoine indigène et populaire. De retour au pays, il a souhaité faire de même en puisant dans le patrimoine péruvien.

La grande toile de Leonor Vinatea Canturias, «Pastoras» (Bergères), de 1944, est remarquable. Elle nous fait penser à l’art des murales, si important dans la peinture mexicaine (dans les fresques de Diego Rivera, par exemple) et sud-américaine. Cela se prolonge par la popularité actuelle, dans ces pays, du travail des jeunes graffiteurs qui s’en rapproche.

Diego Rivera, Mexique, 1950 autochtone art culture musée beaux arts montréal

Diego Rivera, Mexique, 1950

______________

Indigénisme  sur Wikipédia)

Autres textes sur Autochtone

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Une boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Impressionnisme au MBAM

Musée des Beaux-Arts de Montréal

L’impressionnisme, une contre-culture fin 19e siècle ?

Une exposition qui nous permet de retrouver la fraîcheur d’un art dont on oublie qu’il fut hors norme en son temps.

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossier Culture

reflet de société débat reflexion socialeUne collection exceptionnelle de tableaux impressionnistes fait le tour du monde, en ce moment, pendant que l’on agrandit les locaux du Sterling and Francine Clark Institute du Massachusetts. Et son seul arrêt au Canada se fait au Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013. En tout, 74 tableaux dont 21 de Renoir.

L’exposition occupe quatre salles de l’ancien édifice dont l’ancienneté lui convient parfaitement. Dès le départ, avouons notre préférence pour les œuvres de Renoir, ainsi que pour quelques Monet et Pissarro.

1. Les précurseurs

La première salle est réservée aux précurseurs, les peintres paysagistes Millet et Corot. On est aussi content de voir une petite toile bien vivante d’Honoré Daumier, dont on connaît surtout les gravures, les illustrations de livres qui se rapprochent de la caricature.

Mais ce que l’on peut retenir de la première salle, ce sont deux natures mortes de Renoir : « Oignons » (1881), des oignons rosés sur fond d’azur, des couleurs modulées comme on lui connaît. Et « Pivoines » (1880) qui est superbe de vie, de spontanéité, de fraîcheur, de naturel.

Renoir_Pivoines art culture peinture artistes

Renoir, «Pivoines»

2. Peindre dehors

Dans la deuxième salle, un merveilleux Monet de 1874, « Les oies dans le ruisseau ». On y trouve déjà les petites touches familières, mais en couleurs automnales, discrètes, sauf pour l’orangé citrouille du toit de la maison.

Un Pissarro surprenant, « La maison de Piette à Montfoucault » (1874). Un paysage de neige gris, vert-de-gris et blanc bleuté, des couleurs ternes en principe. Pourtant, l’effet général est frais et vivant. Beau défi de peindre dehors en hiver. La rapidité d’exécution a donné beaucoup de vie au tableau, avec un coup de pinceau qui va à l’essentiel.

Un autre tableau de Pissarro, un paysage fait de couleurs primaires, cette fois, « Saint-Charles, Éragny » (1875). La belle lumière de l’été, vive mais douce, comme si la petite brume du matin venait juste de disparaître.

Frédéric Back, dans L’homme qui plantait des arbres, a repris un peu ce style – et avec bonheur. Soit dit en passant, on a exposé les œuvres de Frédéric Back dans des musées japonais où on lui a rendu honneur, mais jamais chez nous. Bien sûr, c’est un autre sujet sur lequel il faudrait revenir plus tard. Mais ce n’est pas inutile de le souligner au passage.

Sur les murs des salles, on a écrit des citations de Renoir, qui n’aimait pas se mêler de théorie. En voici une : « La seule récompense que l’on devrait offrir à un artiste, c’est de lui acheter ses œuvres. »

Un autre paysage : « Les falaises à Étretat » (1885). Du grand Monet, mature. Bel équilibre de couleurs, des bleus superbes ravivés par un rose orangé que l’on désespère de reproduire. Outre les couleurs, la composition est remarquable. Des rochers solides, verticaux, par opposition à l’horizontalité des strates rocheuses, de l’eau, des vagues, du ciel. Un tableau à la composition plus forte que d’autres paysages de Monet.

monet falaises artiste peintre art culture

Monet, «Falaises…»

3. Les couleurs magiques de Renoir

Dans la troisième salle, il y a foule. C’est là que se trouvent les portraits bien connus : du Renoir à son meilleur. Le bleu rêveur qui lui est unique, des bleus magiques relevés de violet, de vert. Renoir est à son sommet lorsqu’il peint des portraits féminins et des fleurs. Chez lui, les deux se confondent.

D’accord, on a trop vu ces tableaux en reproduction. Mais en « personne », quelle différence ! On n’en revient pas. Rien, absolument aucune reproduction ne peut rendre la vie de ce genre de tableau. Leurs couleurs, leurs textures, les interactions entre les couches superposées, agissant l’une sur l’autre. Des tableaux qui ont même une sorte d’aura.

4. Du sang neuf en art, hier et aujourd’hui

Dans la quatrième salle, on expose des tableaux non impressionnistes de l’époque pour nous mettre en situation. Des tableaux de Gérôme, par exemple, plein de mélodrames et de mises en scène. Rien de naturel, mais c’est ce que l’on croyait être du grand art, en ce temps-là.

Que l’art puisse se servir de sujets modestes et réalistes, qu’il puisse peindre la vraie vie, tout en prenant des libertés, voilà qui était nouveau dans les milieux artistiques et littéraires. Et c’est ce que les « avant-gardes » allaient changer graduellement, à la fin du 19e siècle et au début du 20e, autant en peinture qu’en poésie et dans tous les arts.

Quel lien peut-on établir avec cette exposition impressionniste et l’art actuel ? L’impressionnisme fut d’abord rejeté par les écoles, les académies, les acheteurs et le public de l’époque. On riait de cet art considéré comme naïf et maladroit, et l’expression « impressionnisme » fut d’abord une insulte inventée par un critique.

De la même manière, l’art urbain ne vient pas des écoles et des académies, mais de la rue. Tout n’est pas de valeur égale, mais en définitive, il faut constater que les arts populaires ont toujours apporté du sang neuf aux différentes cultures et qu’il faut en tenir compte.

  • Exposition « Il était une fois l’impressionnisme » au Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013. L’entrée est de 20 $. (À ce prix, ce n’est pas à la portée de tous. Dommage.)

Autres textes sur Culture

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

poster affiche flyer carte anniversaire cartes souhaits voeux affichage impression t-shirtUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux. Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net.

%d blogueurs aiment cette page :