Les Francos Underground, l’autre visage des Francofolies

Entretien avec le rappeur Charles Trudel

La scène underground hip-hop

Delphine Caubet  Dossiers CultureRap,

Les Francos Underground : un festival underground réalisé en marge des Francofolies. Pendant 5 ans, de 1998 à 2002, Charles Trudel alias Rou Fou (son nom de rappeur) a travaillé sur l’événement. Rencontre avec le cofondateur du festival qui a permis de démocratiser la culture hip-hop.

Comment en es-tu arrivé à organiser un festival de culture hip-hop ?

C.T : Mon nom d’artiste c’est Rou Fou, j’ai 34 ans et je fais dans l’underground. J’ai commencé à organiser des événements assez jeune, vers 17 ans. Je cartais des gens, alors que je n’étais pas encore majeur. Avec d’autres artistes du milieu (MGM, Arnak, Dj Mini Rodz, Dj Crowd, Chilly D, Dj Wreck), nous avons été les premiers à importer du rap d’Europe, grâce à un gros label. À ce moment-là, il n’y avait pas de rap québécois.

Puis avec une petite équipe de 5, nous montions des événements hip-hop. On faisait ça dans des clubs, comme les Foufounes électriques par exemple. Il y avait une personne dans chaque élément du hip-hop (rap, graffiti, break-dance, DJ). Avant de se séparer, en 2000, nous étions 12 hommes et une femme à travailler sur les événements. Plus le Café Graffiti. Car, sans l’aide de Raymond Viger, Danielle Simard, et les jeunes du Café Graffiti (entre autres Bboy Skywalker, Squid et Fievel), rien de tout cela n’aurait été possible.

Entre 1998 et 2002, j’ai été le directeur artistique du Café, et j’organisais des événements. C’est moi, qui ai eu l’idée de proposer un projet aux Francofolies. Et le Café Graffiti m’a aidé à présenter un dossier bien structuré, par souci de professionnalisme. Et c’est ce qui nous a permis d’avoir une scène.

La première année aux Francos, on avait juste un tapis, un haut-parleur et un micro. Puis, progressivement le matériel a augmenté, comme notre notoriété. Pendant les 8 jours du festival, il y avait continuellement des animations hip-hop.

Pourquoi avoir choisi les Francofolies pour un festival underground ?

C’est un rap québécois, donc en Français. Et pour nous, un festival entièrement consacré à la francophonie était une chance.

C’était la première fois que des artistes émergeants pouvaient se produire devant un grand public. Et certains rappeurs québécois étaient déjà là. Comme Loco Locass. C’était une opportunité pour nous de faire découvrir nos artistes et la culture hip-hop.

Est-ce que les Francos Underground ont permis de populariser la culture hip-hop au Québec ?

Oui, la preuve. I AM va se produire au Québec avec un jeune artiste local en première partie. Avant nous, les Francofolies ne voulaient pas de rap québécois, ils cherchaient les talents en Europe. On a permis que ces arts soient reconnus.

Comme le graffiti par exemple. Pendant les Francos Underground, des panneaux étaient installés pour que des artistes viennent graffer. C’était légal comme façon de procéder, et c’était la première fois que cela se faisait. Pendant que les artistes graffaient sur nos murs, nous posions des questions aux spectateurs. Voir ce qu’ils en pensaient, ce qu’ils connaissaient,… On voulait les sensibiliser. Notre objectif était de montrer que le graffiti n’est pas de la délinquance, mais un art.

Comment faisiez-vous pour sensibiliser les spectateurs ?

À l’époque, nous voulions favoriser les marginalisés. Travailleurs ou artistes. L’idée était qu’ils s’expriment par la poésie.

Il y avait une volonté de faire du rap engagé. Pas nécessairement politique, mais qui ait du sens.

Donc, cela se ressentait dans les artistes qui se produisaient. Et il y avait des interventions auprès de la foule.

Nous souhaitions sensibiliser les jeunes également. À l’occasion du festival, le Café Graffiti embauchait une dizaine de jeunes par été. Et la charge de travail était lourde. Il fallait faire les chandails, les pamphlets, passer des coups de téléphone,… Et tous ces jeunes, c’était des marginaux.

Qui sait à quoi ils auraient passé leur été si le Café Graffiti ne les avait pas embauchés. C’est tous ces types de sensibilisation qu’on effectuait.

Il y a eu peu de publicités sur l’événement. C’est volontaire ?

Oui, tout à fait. Car, nous faisions la nôtre et selon nos moyens. Avec les revenus du Café Graffiti, on faisait des pamphlets. On a aussi participé à l’émission Au son de la rue, de CIBL. On fonctionnait beaucoup au bouche-à-oreille.

Comment a évolué le hip-hop depuis les Francos Underground ?

Le festival a été lancé en 1998. Depuis le hip-hop s’est popularisé. Mais c’est comme dans tout. Il y a du bon et du mauvais. Même si aujourd’hui, il y a davantage de « gangsters hip-hop »… enfin, ça a changé.

À mes débuts, il n’y avait pas internet. Et puis la cyberintimidation a commencé. Personnellement, je ne me suis pas laissé atteindre. Mais cela peut être difficile. Après un battle avec moi, Charles Mc Clure (un autre rappeur) a subi de l’intimidation. Le monde a ri de lui. Il a fini par se suicider… Les réseaux sociaux ont diminué le hip-hop. Il n’y a plus d’entre aides aujourd’hui.

Mais il reste quant même du bon hip-hop. Koriass par exemple. C’est du rap engagé qu’il fait et il est vraiment bon.

Comment faisiez-vous pour choisir les artistes ?

Avant, c’était essentiellement par le bouche-à-oreille. Les artistes apportaient leur démo au Café Graffiti. Nous les écoutions, puis choisissions ceux qui étaient déjà un peu connus. C’est un petit milieu, donc c’est signe de qualité si le rappeur a déjà une notoriété. Sauf, si bien sûr, il avait du talent, on lui laissait une chance lors de la journée à micro-ouvert. Car pendant le festival, nous souhaitions donner l’opportunité à tous d’essayer. Ce pour quoi était organisée la journée à micro-ouvert. C’est comme ça que je conçois le hip-hop. Ouvert. Et j’en ai vraiment gardé de bons souvenirs.

Pour les graffeurs, c’est un petit milieu également. Le bouche-à-oreille fonctionnait beaucoup. Ceux qui graffaient sur nos panneaux étaient volontaires. Il faut dire que c’était la première fois que les artistes pouvaient graffer légalement. Généralement, c’était les plus talentueux qui venaient. Comme Monk-e par exemple. L’idée était d’être ouvert à tous. Donc, si dans le public quelqu’un nous disait qu’il était graffeur, on le laissait s’installer et montrer son art. Puis à la fin du festival, toutes les toiles étaient revendues à des boutiques. Cela permettait de contribuer au financement.

Comment faisiez-vous pour vous financer ?

Les Francofolies ne nous aidaient pas. Sauf en 2002, puisque la scène leurs appartenait. Sinon, on se finançait à la débrouille. Par exemple, on n’avait pas le droit de distribuer des pamphlets, donc on les a imprimés sur nos chandails. Puis, il y avait les revenus du Café Graffiti, les ventes des toiles,…

Peux-tu résumer les Off-Francos ?

Oui. Les Francos Underground ont duré 4 ans. De 1998 à 2002. C’était environ 150 000 spectateurs par jour. L’idée était de montrer que le hip-hop est de l’art, et non du vandalisme. C’était l’apogée du hip-hop au Québec. Le festival a permis de découvrir des graffeurs comme Naes et Zek ou des rappeurs comme Cédrik et Manu Militari.

En quelques chiffres, les Francos Underground c’était 60 démos de rap par festival, entre 20 et 25 graffeurs, et plus de 150 artistes au total.

Aujourd’hui, le hip-hop est au milieu des autres spectacles des Francofolies. Et les artistes émergents n’ont plus une scène à eux. En fait, les Francos nous ont remplacés : elles produisent des artistes émergents, et recherchent de nouveaux talents. Mais le hip-hop a changé également. C’est de la dance hip-hop qu’ils font. Le hip-hop c’est toute une culture, un mode de vie. Ce n’est pas juste un style musical. Et puis, les Francos n’ont gardé que le vocal. Le graffiti a disparu du festival.

Le Queb et C-Drik (Complys)

Réorganiserais-tu un événement de culture hip-hop à l’avenir ?

Oui, pourquoi pas en refaire un à l’avenir. Mais avec le partenariat du Café Graffiti. Car c’est une bonne combinaison et ils ont le professionnalisme. Et puis, il faut une personne dans chaque élément de la culture hip-hop aussi. Ce serait à voir.

P.S. Plusieurs des artistes qui ont passé sur la scène des Off Francos se retrouvent aujourd’hui sur la scène du Ste-Cath: Le Queb, B.U…

Autres textes sur le Rap:

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Convention internationale graffiti à Santo Andre au Brésil

Suite au vernissage du Château Frontenac

Retour sur le graffiti au Brésil

Le Café-Graffiti avait envoyé une délégation de 9 graffiteurs au Brésil pour une convention internationale graffiti.

Raymond Viger Dossiers Hip-hop,   Culture, Graffiti,   Porte-folio, Murales, Vidéos

Suite au reportage sur Fanny Aïshaa qui sera publié en septembre prochain ainsi que le vernissage de Monk-e1 et Bjorn au Château Frontenac, il a été question à plusieurs reprises du voyage au Brésil que le Café Graffiti avait organisé en 2002.

J’ai fouillé les archives de Reflet de Société pour vous présenter aujourd’hui un reportage que Martin Ouellet nous avait préparé avec les artistes muralistes de l’époque.

Il est intéressant de voir la perception de Monk-e1 sur le graffiti à Montréal en 2002 et aujourd’hui. De plus, c’était un des premiers événements qui regroupaient des graffiteurs de Montréal et de Québec dans un projet commun. Une complicité qui n’a pas cessé depuis.

En plus des 9 graffiteurs cités, l’artiste muraliste Julie Bernier s’était jointe au projet.

Martin Ouellet

santo andré 2002 graffiti convention dme frango graffiteur brésilDu 3 au 11 août 2002 avait lieu la convention de graffiti de Santo Andre, au Brésil. Le Café-Graffiti a été invité à dépêcher des artistes pour prendre part à l’événement. En tout, ce sont neuf graffiteurs de Montréal et de Québec; Naes, Stare, Monk-e, Rasa, Grindjül, Cheeb, Dyske, Bjorn et Some, accompagnés de Raphaëlle Proulx, caméraman et interprète, qui ont représentés le Café Graffiti lors de cette fête haute en couleurs.

Comment avez-vous trouvé la ville de Santo Andre?

Monk-E: Santo Andre est une banlieue assez aisée, une ville pleine de côtes et de reliefs. L’aspect de la ville est assez européen, avec beaucoup de toits en tuile rouge. La sécurité est très présente partout (chiens de garde, clôtures hautes et hérissées de bouts de verres, gardiens de sécurité au coin des rues, etc.).

Rasa: En général, le béton règne en roi. Il y a énormément d’affichage qui se fait directement sur le béton; publicités, affiches électorales, etc. Il y a pas mal de pollution atmosphérique aussi, beaucoup de diesel dans l’air.

Combien d’artistes étaient présents à la convention?

Naes: Il y avait plus de 200 artistes présents, d’origines diverses. En plus de notre «crew», de nombreux graffiteurs et muralistes du monde entier étaient présents, dont quelques Autrichiens, plusieurs Chiliens et bien sûr, une majorité de Brésiliens.

En quoi a consisté votre participation à la convention?

Naes: Nous avons réalisé deux murales à Santo Andre. De plus, nous avons assisté à des débats sur le graffiti et donné des conférences sur notre art. Nous avions un horaire hyper-chargé, parfois de 8h à 22h… À travers tout ça, nous avons fait de petites excursions organisées, entre autres au parc national, à la plage et nous avons visité une gare anglaise abandonnée à Paranapiacaba, qui signifie «endroit où on peut voir la mer», en portugais.

santo andré 2002 graffiti convention dme frango graffiteur brésil street art

Comment avez-vous aimé la collaboration entre les artistes de Montréal et de Québec?

Naes: En tant que directeur artistique du Café-Graffiti, j’ai décidé de rassembler plusieurs graffiteurs et muralistes qui ne se connaissaient pas et n’avaient jamais travaillé ensemble. Pour moi, cela représente un beau défi de faire collaborer ces gens-là et de rapprocher les artistes de Montréal de ceux de Québec.

Monk-e: Moi, j’ai passé la semaine avant le départ à faire de la murale avec les artistes de Québec, question de créer un premier contact. Une super bonne complicité s’est installée entre nous et nous sommes tous devenus amis au cours du voyage.

Avez-vous remarqué une différence entre la façon de travailler des graffiteurs de là-bas et celle des Canadiens ou des Américains?

Naes: Pour des raisons économiques, beaucoup de graffiteurs brésiliens travaillent au pinceau, au rouleau et au mini-rouleau. Les cannettes de peinture coûtent très cher, alors parfois, ils commencent à la cannette ou au «airbrush» et terminent au pinceau ou au rouleau.

Avant son départ, Naes me disait qu’il était curieux de découvrir si les Brésiliens avaient un style de graffiti propre à eux . Est-ce que c’est le cas?

Naes: Oui, nous avons découvert le pichacaoes, un style de graff unique à la ville de Sao Paulo qui consiste en des lettres hautes, très allongées, souvent peintes dans des fenêtres d’édifices. C’est une sorte de signature assez répandue dans cette ville.

Monk-e: Dans l’ensemble, les graffiteurs de là-bas utilisent davantage de couleurs vives, moins sombres, qu’on a baptisé le style «arc-en-ciel»! Les «flops» (lettres balloune, très arrondies) sont très originaux, le 3-dimensions est un peu moins sophistiqué qu’ici, mais les lettrages sont assez complexes.

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Est-ce que le graffiti est bien perçu au Brésil? Est-ce qu’on est plus tolérants, plus ouverts ici?

Monk-e: C’est vraiment pas comparable! De jour, tu peux travailler tranquille, les policiers sont plutôt relaxes. Mais, la nuit, c’est une tout autre histoire… Ils tirent d’abord et posent des questions après. Faire du graffiti illégal là-bas, ça peut vouloir dire risquer sa peau. Nous avons entendu des histoires d’horreur: à Rio, un groupe de graffiteurs se serait fait tirer dessus par la police (sans être touchés, une chance!), d’autres policiers corrompus accepteraient des pots-de-vin pour fermer les yeux, etc.

Naes: Cela dit, le graffiti est quand même bien vivant au Brésil. Nous avons été étonnés de découvrir des artistes qui travaillent depuis aussi longtemps que 15 ans. Nous autres, on était invités pour la convention, alors, évidemment, on n’a pas eu trop de problèmes, on était faciles à identifier et on travaillait aux endroits légaux. La convention de graffiti, avec ses débats et son caractère international, permet de croire que la culture sera de plus en plus acceptée au Brésil, mais il reste du chemin à faire.

Est-ce que le public du Brésil était différent de celui que vous rencontrez habituellement au Québec?

Monk-e: Ici, les gens sont plutôt indifférents envers les graffiteurs à l’oeuvre. À la convention, tout le monde était chaleureux, enthousiaste, même un peu «colleux» dans certains cas. Comme nous étions les seuls à avoir une radio, la musique les attirait et ils venaient nous poser des questions, nous demandaient de dessiner dans leurs calepins, nous regardaient travailler.

Rasa: Il nous est aussi arrivé des affaires assez particulières. Entre autres, un itinérant qui poussait un carrosse nous a demandé de «tagger» son chariot. Nous l’avons entièrement redécoré et il était très fier du résultat.

Nous avons aussi adopté un enfant de la rue, Anderson, âgé de six ans, très attachant. On lui a offert notre lunch (des sandwiches au jambon et du riz, le menu de tous les jours!), on le traînait un peu partout. Je pense souvent à lui et je me demande ce qu’il fait maintenant… Je ne sais pas vraiment quelles ressources existent pour les jeunes de la rue là-bas, mais ça doit être assez difficile…

Si vous aviez le choix d’une autre destination où aller en tant qu’ambassadeurs du graffiti, ce serait où?

Monk-e: Je voudrais aller en Europe, au Maroc et en Égypte.

Naes: En Europe aussi.

Rasa: Moi, ce serait l’Afrique du Nord.

Naes: En terminant, nous tenons à remercier chaleureusement l’Office Québec-Amérique pour la Jeunesse, Nicole Viau et la Ville de Montréal, M. Genest et la Ville de Québec, ainsi que M. Jefferson, de la mairie de Sao Paulo, qui ont tous rendu possible cet échange culturel vraiment enrichissant!

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DJ Naes, Éphiks et Payz Play à Tout le monde en parle

Musique Hiphop

Rap music à Tout le monde en parle

L’équipe de Guy A. Lepage a choisi l’album Magic Touche pour accueillir l’un de leurs invités.

Raymond Viger Dossiers Hip-HopRapTout le monde en parle

dj naes dj ephiks rap music musique hiphop payz play supa deejayzToujours plaisant de voir les anciens du Café Graffiti prendre leur place sur la scène de Montréal. Lors de l’émission Tout le monde en parle de dimanche dernier, pour accueillir un des invités de Guy A. Lepage, la musique choisie était celle de DJ Naes et Éphiks, Breathe ans stop, un remix de Éphiks tiré de l’album The Magic Touche.

Naes, en plus d’être DJ est aussi un graffiteur. Naes était le DJ de la défunte  formation Atach Tatuq qui avait remporté un Félix au Gala de l’Adisq en 2006. Avec 3 autres membres d’Atach Tatuq, il faisait parti d’un groupe d’artistes que nous avions envoyé en France pour développer leurs contacts. Naes,  avait dû se désister du voyage en France pour recevoir son prix à l’Adisq.

Salut Naes et bonne continuité.

J’en profite pour vous présenter quelques reportages où Naes avait participé.

Son entrevue: DJ et graffiteur professionel: Naes

Le Félix de l’Adisq: Atach Tatuq et l’Adisq

Son voyage à Fermont: Graffiti à Fermont pour le Festi-Mur

Le débat sur le Festival Juste pour rire: Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon

À noter que lesDJ Naes et Éphiks nous invite à télécharger gratuitement leur mix tape.

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Graffiti à Fermont pour le Festi-Mur

Graffiti et culture Hip hop en région

Le Café-Graffiti à l’assaut de Fermont

Fermont est un village au nord de Sept-Îles, près du Labrador. C’est une ville minière, protégée des vents violents et des tempêtes de neige par un immense mur de plus d’un kilomètre de long. Tous les commerces, l’école, la bibliothèque, l’hôtel, la piscine et l’aréna se retrouvent à l’intérieur de ce fameux mur.

Martin Ouellet   Dossiers Hip-Hop, Graffiti

À l’occasion du Festi-Mur de Fermont, trois délégués du Café-Graffiti, DJ Mini Rodz, Naes (DJ et graffiteur) et Back175 (graffiteur), ont été invités par la maison de jeunes de l’endroit pour animer cette ville nordique. Nous les avons rencontrés à leur retour afin qu’ils nous parlent de leur expérience d’ambassadeurs de la culture hip-hop…

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous étiez invités à Fermont?  Aviez-vous déjà entendu parler de cet endroit-là?

DJ Mini Rodz: Évidemment, on était super enthousiastes!  Raymond Viger (le directeur du Café-Graffiti) nous avait déjà parlé du mur de Fermont et ça nous avait pas mal intrigués. Le Café-Graffiti est depuis longtemps en contact avec la maison de jeunes là-bas. Ils ont été parmi les premiers abonnés du Journal de la Rue en 1992 et ils étaient déjà venus à Montréal, visiter le Café en 2000. Suzanne, la coordonnatrice, a donc pensé aux artistes du Café-Graffiti pour animer la Fête du Mur. Et comme nous sommes toujours prêts à relever de nouveaux défis, nous avons accepté immédiatement!

Comment s’est passé le voyage en avion?

Dj Mini Rodz: Je n’avais jamais pris l’avion de ma vie et j’avais très hâte de voler! Le vol durait cinq heures, avec une escale à Québec et une autre à Sept-Îles. Ensuite, nous avons atterris à Labrador City et de là, une voiture nous attendait pour nous amener à Fermont. Pour un baptême de l’air, c’en était tout un: trois décollages et trois atterrissages!  En plus, au décollage, Naes a renversé son café sur moi. Résultat: le vol a été retardé de près d’une heure pour nettoyer les bancs. Disons qu’à mon arrivée, j’empestais pas mal le café!

En parlant de Dj Naes et de café, j’ai une autre anecdote pour toi! Imagine-toi donc que durant notre séjour, Dj Naes a acheté du café à l’épicerie. Jusque-là, ça va. Sauf que, distrait comme d’habitude, il avait oublié de moudre les grains!  Le lendemain matin, aux petites heures, il a eu beau rouspéter, nous l’avons obligé à retourner avec son petit sac de grains à l’épicerie faire ce qu’il avait oublié de faire la veille!

Dj Naes: Pour en revenir au voyage en avion, tout s’est bien passé, sauf que nous avons eu des sueurs froides en constatant que les cannettes de peinture pour les murales n’étaient pas arrivées à destination. Elles étaient restées à Sept-Îles. Heureusement, après plusieurs coups de fil, nous les avons récupérées à temps et tout est rentré dans l’ordre.

Vous deviez contraster pas mal avec les gens de la place à votre arrivée à Fermont?

Dj Mini Rodz: Disons qu’on ne passait pas inaperçus! On portait tous une combinaison hip-hop identique, avec le logo d’un commanditaire, et la tuque de Naes intriguait pas mal les curieux. La mode vestimentaire hip-hop n’existe pas à Fermont, alors, on attirait forcément les regards. Tout le monde savait, juste en nous voyant, qu’on était les animateurs de Montréal. Dans les différents endroits où nous sommes passés, les gars surveillaient leur blonde de près… Ceci dit, les réactions étaient très positives, les jeunes étaient contents de recevoir de la visite et de découvrir la culture hip-hop, à laquelle ils n’ont pas accès habituellement autrement que par la télévision.

En quoi consistait votre contrat d’animation?

Dj Naes: Nous avons animé une première soirée le vendredi, à la maison de jeunes. Durant l’après-midi, Rodz a complètement redécoré le local, qu’il trouvait un peu terne, déprimant. Il a installé une boule disco, a réaménagé l’espace pour donner une ambiance de «party». Devant une quarantaine de jeunes de 18 ans et moins, qui n’avaient, pour la plupart, jamais vu de DJ’s à l’œuvre, DJ Big Rodz et moi, on a «spinné» et j’ai réalisé une murale de 12 pieds de long avec Back175. Tout le monde était hyper enthousiaste et tripait. Même les rockers dansaient!

Le lendemain, nous avions le mandat d’animer un autre «party», à l’aréna, cette fois. Il y avait plus de monde présent et également davantage d’ambiance, car la soirée était aussi ouverte aux adultes. Des gens se sont même déplacés de Labrador City pour y assister. Nous avons donné un cours de DJ à deux jeunes filles de la place et nous avons permis à un jeune MC de 12 ans, Yoan Castillou originaire de Montréal, mais résidant à Fermont, de devenir une star d’un soir en lui cédant le micro! Disons que ses camarades étaient pas mal impressionnés, surtout qu’ils ne le prenaient pas très au sérieux avant… Dommage quand même, que ça prenne la reconnaissance d’artistes de l’extérieur pour faire respecter le talent local…

À l’aréna, j’ai également fait une murale avec Back175 sur des panneaux géants. Notre œuvre représentait le nom de la ville de Fermont, avec dans le O stylisé un mineur en train d’opérer un marteau-piqueur. Les mineurs nous ont regardé «graffer» avec beaucoup d’intérêt. Nous avons même entendu dire, entre-temps, que les panneaux avaient été exposés au centre d’achat de Fermont!

Est-ce que c’est différent de faire bouger les jeunes d’une ville comme Fermont?

Dj Mini Rodz: Premièrement, les gens sont beaucoup plus attentifs, ils participent davantage que dans les grandes villes, où le monde est un peu blasé. Là-bas, ils ne connaissent pas beaucoup le hip-hop, il n’y a jamais de spectacles et les jeunes s’ennuient car il y a peu d’activités pour eux. C’était donc un super beau défi pour nous autres de venir les divertir et leur faire partager notre culture.

Ensuite, au niveau du choix musical, nous n’avons pas mixé avec les mêmes vinyles que d’habitude. Il fallait nous adapter à notre public, c’est pourquoi nous avons opté pour des «hits», des valeurs sûres, des morceaux qui ont tourné à Musique Plus, par exemple, et moins de nouveautés.

Vous êtes vous demandés comment ça serait d’être jeune et d’habiter un endroit comme Fermont?

Dj Mini Rodz: J’imagine que j’aurais fait comme les autres jeunes de la place, je serais parti à dix-sept ans, pour poursuivre mes études ailleurs! Ou, qui sait, peut-être que je serais devenu travailleur de rue ou pourquoi pas propriétaire d’une des deux tavernes de la place!!!  Sans blague, il y a peu d’options possibles au niveau de l’emploi à Fermont. Tous les hommes travaillent à la mine, les femmes travaillent dans les commerces, les restaurants, les services, les bars, les services publics…

Pensez-vous que ça peut aider à la croissance du hip-hop d’aller animer en région?

Dj Mini Rodz: Tout à fait. Ça aide à promouvoir la culture. Les gens sont heureux qu’on se déplace pour aller les rencontrer chez eux et leur présenter notre art. Ça suscite la curiosité et c’est sûr qu’il va y avoir des retombées. Déjà, des jeunes de la place nous ont demandé une liste de CD’s qu’ils vont commander à leur disquaire. Malheureusement, il est difficile pour eux de se tenir au courant des parutions récentes, car il n’y a pas de scène locale et même la radio accuse un certain retard. Les jeunes ont presque tous internet, on imagine qu’ils «downloadent» (téléchargent) pas mal de MP3, mais nous sommes contre ça. Sauf que présentement, ils n’ont pas tellement le choix.

Dj Naes et Dj Mini Rodz: En finissant, on voudrait offrir un  «Big up» à Nady Sirois, Kathy Laplante et Suzanne Synott, les responsables de la Maison de jeunes de Fermont!  Gros merci également à tous les jeunes et aux parents qui sont venus fêter avec nous!  À la prochaine!

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DJ et graffiteur professionel: Naes

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Dossier Hip Hop

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

Naes a fait partie d’une école spécialisée en musique. Il a pratiqué, pendant 6 années, de la musique classique au violon, violoncelle, percussion et contrebasse! Il abandonne tout pour jouer de la basse dans un groupe instrumental! Il commence des études en Art au collégial, il abandonne encore une fois et devient un graffiteur. Il troque par la suite sa guitare pour des tables tournantes Hip Hop. Son bonheur il le trouve en apprenant par lui-même à faire partie de la culture Hip Hop.

Ton cheminement contredit cette rumeur qui veut que la musique de les cultures Punk ou Hip-Hop appartiennent à des jeunes qui n’ont pas le talent d’apprendre la musique conventionnelle

Dj Naes: En général c’est vrai, oui et non. Aux États-Unis, certains rappeurs ont fait le Fine Arts University (équivalent des Beaux-Arts) et se donnent, malgré tout, une image de gros gangsters. Je me demande si ces Américains ne content pas des histoires. C’est peut-être juste un «show off» commercial comme la lutte. Ce qui est malheureux c’est que beaucoup de jeunes pensent que c’est vrai et ils essayent de jouer au «bad boy» pour percer.

Pour en revenir à la culture musicale, il en faudrait encore plus dans notre milieu. Pour moi, c’est une chance que j’ai eue et ça me permet d’aller plus loin. Tout le monde peut faire des «beats» mais ils deviennent vite limités. En essayant par soi-même, certains peuvent se débrouiller mais il y a un risque de se répéter.

C’est plus facile si tu écoutes différentes sortes de musique, que tu en cherches à travers toutes les cultures. Tu crées et tu élargis ta culture en prenant de petits éléments un peu partout.

La musique Hip Hop provient des ghettos américains. On jouait du «beat-box» (bruits musicaux fait avec la bouche), on rappait et on dansait sur un carton dans la ruelle. Est-ce encore une culture qui se pratique à peu de frais?

Dj Naes: Aujourd’hui ça te prend 15 000 $ d’équipement (vinyles, tables, mixer…) pour être un DJ. Tu dois avoir ton équipement disponible avec toi, autant pour te pratiquer que pour faire des spectacles. Même chose pour le graffiti, j’ai mis tout l’argent que j’avais là-dessus: crayons, peinture, magazines… J’en mangeais 24 heures sur 24.

Dirais-tu que c’était une obsession ou une passion?

Dj Naes: Une passion obsessive peut-être. C’est comme avec une fille, au début tu veux toujours être avec elle.

Au cégep en arts plastiques tu as eu de la difficulté à t’intéresser à ce que tu avais à apprendre, comment as-tu réussi à être autodidacte dans une culture alternative?

Dj Naes: C’est curieux, mais à l’école je me battais avec mes pinceaux. Il fallait faire toutes sortes de travaux pratiques, des études de couleurs, des cercles chromatiques. Je n’étais pas prêt et je voulais faire du dessin. J’ai commencé à comprendre comment ça marchait quand j’ai pu expérimenter par moi-même. Tu dois être très discipliné, il faut bûcher jusqu’à ce que tu arrives à ce que tu veux.

Quelle que soit ta culture, pour réussir, il faut que tu pratiques à tous les jours, plusieurs heures par jour. Quand je suis 4 jours sans jouer, ça me prend une soirée juste pour reprendre ma forme et commencer à pouvoir évoluer. Je préfère apprendre en jouant avec des gens plus expérimentés que moi.

Malgré tout, je tiens à le répéter, les études que j’ai faites m’ont été d’une grande aide et je me considère chanceux d’avoir eu ce cheminement, cette base derrière moi. C’est peut-être ce qui m’a permis de pouvoir bien maîtriser et de découvrir d’autres cultures.

Au cégep en Art, c’était une petite gang et je ne «fitais» pas dans le décor. Le cégep préconisait l’art abstrait, moi je voulais faire des bandes dessinées. La transition entre le secondaire et le cégep a été difficile. La charge de travail est très différente et je ne me sentais pas bon. Pourtant, dès que j’ai laissé l’école je suis devenu muraliste.

Tu as eu beaucoup de courage de vouloir jouer avec des gens beaucoup plus fort que toi en musique.

Dj Naes: J’ai toujours voulu jouer avec des gens meilleurs que moi. Même si je me plante ou que je parais moins bon que l’autre, c’est la seule façon d’apprendre, de devenir meilleur et de me dépasser.

Que ce soit quand j’ai commencé à être graffiteur ou DJ, il n’y avait pas de techniques, je ne savais pas comment «mixer». C’est par l’exemple que j’ai appris et développer mon art.

Je n’avais même pas réalisé à cette époque que graffiteur et DJ faisait partie de la même culture. C’est en cours de route que je l’ai compris.

Est-ce que les autres membres de ton groupe de musique Traumaturges ont un cheminement artistique semblable au tien?

Dj Naes: 2 de pique a un DEC en guitare classique tandis que Kiro est en intervention auprès des jeunes. En plus d’études très différentes, on n’a pas le même style de vie, on n’a pas la même opinion. Mais c’est la musique qui nous rejoint et nous rallie. De plus, notre groupe est très multi-ethnique.

Les critiques ont décrit votre musique comme étant sombre, très sombre, des «beats» lents et caverneux.

Dj Naes: Nous avons été les premiers à Montréal de dénoncer le rap à la française. Nous sommes de Montréal, il faut donc prendre les couleurs de notre milieu. Nous n’avons pas à copier ou imiter, ni la France, ni aucune autre culture. C’est correct de se faire influencer par les autres cultures, mais tu dois développer la tienne. Nous avons notre propre langage et c’est notre culture que nous devons promouvoir.

Dans nos textes, il y a beaucoup de dénonciations sociales telles que les abus de pouvoir, les problèmes de racisme et d’immigration. Même après 5 ans, nos textes sont encore bons et d’actualité.

Vous avez déjà un CD sur le marché qui s’appelle Suce mon index. C’est pas vulgaire comme titre, quel message vouliez-vous lancer avec ça?

Dj Naes: Ça veut dire absorbe le contenu. On fait référence ici à l’index d’un livre. Dans le Hip Hop il ne faut pas s’attarder à la première impression que nous avons. Il faut écouter et réécouter les textes, chercher à comprendre. Le Hip Hop est très allégorique. Il ne faut jamais juger ce que l’on pense comprendre. Mieux vaut vérifier auparavant.

Maintenant que votre premier CD est en réimpression pour une troisième fois et que vous avez déjà deux vidéoclip à votre actif, à quand le deuxième CD

?

Dj Naes: Nous y travaillons depuis deux ans déjà. Il sera disponible à la fin de l’été 2002. Il s’intitulera La guerre des tuques, la famille élargie de Traumaturges. Douze artistes très représentatifs de la culture internationale. Même si le Québec est notre dénominateur commun, nous y retrouvons des pays d’origines comme Haïti, Franco-libanais-palestinien, Égypte, Trinidad, France et Italie

Je remarque aussi que vous avez tous des formations très variées.

Dj Naes: Oui, très variées: sciences pures, sciences humaines, intervention en délinquance, enseignement, arts plastiques, informatique, graphisme, électronique, communication, théâtre, conceptions sonores… Ce n’est pas si exceptionnel que cela. Dans les années 90, MC Solaar de France avait fait de grosses études en philosophie avant de commencer à rapper. C’est sûrement ce qui a influencé les Français à avoir un vocabulaire plus recherché dans leurs textes. Remarque qu’ils ont aussi un système d’éducation scolaire beaucoup plus rigoureux qu’au Québec. Il y a de la place pour du rap intelligent, même si aux États-Unis et en France le rap de gangster semble fonctionner un peu plus.

As-tu l’impression que le Hip Hop au Québec a atteint son apogée?

Dj Naes: On ne peut pas comparer. Ici, il n’y a pas grand chose de fait encore. La culture boite. On n’a pas beaucoup de choix. Je suis DJ et quand je travaille dans un club je n’ai pas assez de matériel provenant du Québec pour faire un «set» complet. Je ne sais pas quand la culture Hip Hop du Québec aura atteint sa maturité.

Merci Julien pour ta présence et ton implication. Comme plusieurs autres graffiteurs, Julien fait partie d’une équipe pouvant faire des murales autant intérieures qu’extérieures. Pour plus d’informations, contactez le Café-Graffiti (514) 259-6900. Julien est un des DJ présent sur le CD Ill Légal disponible par la poste auprès du Journal de la Rue. Une autre façon originale et dynamique de supporter notre travail auprès des jeunes.

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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