Mensonges d’un joueur compulsif

Gambling et jeu compulsif

La vie d’un joueur compulsif

Un joueur compulsif s’arrête-t-il de miser lorsqu’il n’a plus les moyens? Pour Ali, la réponse est non. Le jeu est devenu une obsession qu’il nourrit en volant son entourage. Voici la descente aux enfers d’un homme qui a entraîné sa famille dans sa chute.

Dominic Desmarais   Dossier Gambling et jeu compulsif

gambling-prevention-jeu-compulsif-joueur-pathologiqueAli a perdu 25 000$ en 3 mois dans les machines de vidéo-poker. Pour assouvir sa dépendance, il devient aveugle. Tous les moyens sont bons pour qu’il puisse s’installer devant une machine qui lui murmure à l’oreille qu’elle va combler ses désirs. Malgré le deuil des économies d’une vie, Ali persiste à jouer. Sa vie est toute orientée vers le jeu.

«Je vivais au jour le jour. Je n’avais plus d’argent de côté. J’en empruntais souvent. 300$  à mon frère, 500$ à ma sœur, un autre 400$ à ma mère. Je disais que j’allais le remettre tel jour. Au début, j’y arrivais. Mais ça n’a pas été long avant que je devienne incapable de respecter ma parole.» Bien que la famille connaisse ses problèmes antérieurs de jeu, personne ne songe à lui poser des questions. Et on ne lui fait pas de reproches s’il tarde à rembourser. «Ce n’était pas grave. Par chez nous, on peut remettre l’argent plus tard.»

Le jeune homme peut passer deux jours sans dormir, à alterner entre le casino et ses quarts de travail. «Après ma journée de travail, je passais la nuit au casino pour retourner travailler le matin et ensuite revenir jouer toute la nuit.» Ali a un sursaut. Ces moments qui refont surface lui déplaisent. Il digère encore mal tout ce temps dépensé en vain et est rempli de remords. Il se retient d’éclater en sanglots. Une scène qu’il a jouée mille et une fois depuis toutes ses misères. Pleurer son mal-être, Ali y a goûté.

Un gambler qui vole son frère

gambling-gambler-jeu-compulsif-joueur-pathologique-loterieLes emprunts sans remboursements ne contentent pas Ali. Il lui faut toujours plus d’argent pour jouer. Il en devient obsédé. Un jour, en l’absence de son frère, il s’infiltre dans sa chambre. «J’ai fouillé. J’ai mis la main sur 3400$. Je me suis mis à courir jusqu’au casino.»

Le lendemain, repentant, Ali obtient l’appui de sa mère qui rembourse la malheureuse victime. «J’ai pleuré, j’ai demandé pardon. Ce n’était pas moi, voler mon frère. Ma famille sait bien que je ne suis pas une mauvaise personne. Que le jeu m’avait changé. J’ai dit que j’allais faire tout ce qu’il fallait. Je me suis brûlé auprès de toute ma famille.» Ali prend du recul sur son récit. «Ça me semble si loin. Mais ça a été un moment tellement difficile», dit-il en retenant ses larmes.

Les stratégies d’un joueur compulsif

Après cet incident, son frère prend la responsabilité de gérer son argent. La prestation de chômage d’Ali, virée en dépôt direct, est versée sur un compte administré par le frangin. Ali est plein d’astuces. Il fait changer le compte sur lequel son chômage est versé. Puis, avec des papiers officiels, il fait croire à son frère que son allocation chômage a été supprimée. «Je lui ai menti pour recevoir le dépôt direct. J’avais de la misère à payer mon loyer. J’avais perdu 20 livres. Je ne mangeais plus. Je ne me nourrissais que du jeu. Et quand je perdais, je me punissais en ne mangeant pas pendant 2 ou 3 jours. Jusqu’à ce que mon corps n’en puisse plus.»

«Une autre fois, mon frère a oublié son portefeuille dans la chambre de bain. Je suis passé après lui pour me laver les mains. J’ai ramassé le portefeuille et les 1800$ qu’il contenait. Je me suis habillé et je suis allé au casino. Mon frère n’a pas arrêté de m’appeler. J’ai fermé mon cellulaire. J’étais parti de l’appartement à 22h, je suis rentré à 8h en pleurant, en m’excusant. Mon frère voulait me sortir de l’appartement. Ma mère m’a encore appuyé. Elle lui a remis l’argent que j’avais volé. Ils m’ont pardonné. En me faisant bien comprendre que c’était la dernière fois.»

Puis, il y a eu cette fois où Ali s’est servi dans les poches de son employeur. «J’ai préparé mon vol pendant des semaines. J’ai trouvé une façon d’ouvrir la porte de son bureau. J’ai attendu le moment propice pour y entrer. Pendant qu’il dînait à la cafétéria, je suis descendu en coup de vent. Je suis entré dans son bureau. J’ai trouvé les clés du coffre-fort sur son bureau. Il y avait quelques centaines de dollars. Mon patron n’a jamais parlé du vol. Il ne m’en a rien dit. J’ai tellement honte. Tout ça par obsession du jeu…»

Ali, de nature enjouée et serviable, complote pour voler son employeur. Ses pensées, son stress, sont dirigés vers le jeu. Et vers les façons qui lui permettront de se sentir apaisé devant sa machine à sou.

Un joueur compulsif arrêté pour vol

Ali n’en finit plus de s’enfoncer. En 2006, Dans un bar où il va jouer de temps à autre, en prévision de ses virées au casino, le jeune homme fait la connaissance d’individus qui lui propose de l’argent facile. 300$ pour qu’il aille les chercher en voiture à un lieu convenu d’avance. «Ils savaient que je perdais beaucoup d’argent, que j’en avais besoin. Au rendez-vous, ils ont embarqué dans ma voiture des choses volées. Ils avaient volé une voiture et la vidaient quand quelqu’un les a vus. La police nous a arrêtés. J’ai été relâché car je n’avais aucun antécédent. Eux étaient en probation pour vol de voiture. Ils ont abusé de ma faiblesse, de ma vulnérabilité. J’étais devenu un criminel pour avoir voulu assouvir mon obsession du jeu.»

Ali est accusé sous 8 chefs. En plaidant coupable, les accusations tombent à trois. Il est passible d’une peine maximale de 10 ans pour vol. Comme il n’a aucun antécédent, il obtient une sentence de 12 mois de probation et 120 heures de travaux communautaires. Mais l’accusation pèse lourd. Elle permet à Immigration Canada d’entamer des procédures d’expulsion car Ali, bien que vivant au Québec depuis 25 ans, n’a pas demandé sa citoyenneté. «L’immigration veut me déporter en Algérie. Je n’ai pas de famille là-bas. J’ai passé plus de la moitié de ma vie ici. Je ne connais rien de l’Algérie. Je sais juste que c’est dangereux. Tout ça m’arrive à cause du jeu. Pour un 300$ que je n’ai même pas eu.»

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

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Impacts et conséquences du jeu compulsif sur les aînés

Quand le jeu devient compulsif

Histoire du jeu compulsif d’une veuve qui a perdu tous ses placements et ses REER au main du bingo, du Casino et des machines à sous.

Diane Pelletier                                   Dossier Gambling et jeu compulsif

prevention_gambling_jeu_compulsif_joueur_pathologique_loterie_casino_pokerFrançoise, une veuve de 60 ans, a eu recours aux services de La Maison Jean Lapointe. Sa situation financière était peu reluisante, et elle se demandait comment elle parviendrait à subvenir à ses besoins les plus pressants. Elle avait dépensé tous ses placements au jeu et accumulé des dettes dont le total dépassait les 50 000$. Elle n’était même pas en mesure d’assumer les taxes et les autres frais d’entretien de sa maison.

Sa santé était devenue précaire: douleur intense et chronique au niveau des jambes, perte de poids à cause de troubles digestifs et d’une mauvaise alimentation, palpitations… Ignorant ses problèmes de jeu, son médecin avait diagnostiqué une dépression majeure. Même ses deux enfants ignoraient l’obsession qui lui rongeait le cœur. Comme la plupart des joueurs, elle protégeait jalousement le secret qui était en train de la détruire.

Comment devient-on un joueur compulsif?

Rien ne prédisposait Françoise à devenir une joueuse problématique. D’ailleurs, les jeux de hasard et d’argent ne faisaient pas partie des activités familiales. Mariée pendant 35 ans et mère de deux enfants, elle devint veuve à 57 ans. Après le décès de son conjoint, sa situation financière ne lui causait aucun souci. Elle demeurait dans la maison familiale totalement payée, n’avait aucune dette, recevait une pension de conjoint et avait un REÉR bien garni.

Le jeu s’est installé insidieusement dans sa vie. Au début, elle achetait occasionnellement des billets de loterie et, à quelques reprises, elle avait accompagné une voisine à une soirée de bingo. Après le décès de son conjoint, elle éprouvait beaucoup de solitude. Elle a donc commencé à faire du bénévolat dans un centre pour personnes âgées et les accompagnait occasionnellement au Casino.

Les machines à sous et le jeu compulsif

Lors de ses premières expériences avec les machines à sous, la chance lui sourit et un billet de 5$ introduit dans une machine au hasard lui procura un gain rapide de 500$. L’excitation de ce premier gain et les félicitations de ses amis, qui la trouvaient «chanceuse», avaient suscité chez elle un sentiment de bien-être qui l’avait réconfortée.

Pour combler une solitude qu’elle supportait difficilement, elle accompagnait maintenant sa voisine au bingo deux à trois fois par semaine. Elle se disait «chanceuse», et le jeu prenait de plus en plus de place dans sa vie. Avant de rentrer à la maison après une soirée au bingo, elle ne manquait pas une occasion de s’arrêter au dépanneur du coin pour acheter quelques «gratteux». Son passe-temps lui coûtait maintenant entre 150$ et 200$ par semaine.

Casino et machines à sous

Elle préférait le Casino et ses machines à sous. Ces appareils sont vite devenus une obsession qu’elle ne pouvait plus contrôler. Le problème s’est aggravé rapidement: elle pouvait passer la journée, même parfois la nuit complète devant les machines à sous, sans même s’arrêter pour manger!

Si le jeu a pris autant de place dans sa vie, c’est que Françoise disposait de trop de temps et ne savait pas comment le meubler. Elle n’avait pas su trouver de loisirs constructifs pour combler le vide laissé par le départ de son mari. Celui-ci avaient eu des problèmes de santé qui avaient occupés presque tout le temps de Françoise. Et puis ses deux enfants, qui étaient maintenant sa seule famille, habitaient loin de chez elle.

Dépression et jeu compulsif

Lorsqu’elle jouait, Françoise avait l’impression de s’évader et d’oublier le poids de sa solitude. En outre, le jeu était devenu un remède contre sa douleur physique; lorsqu’elle jouait, elle était moins consciente de ses douleurs articulaires et autres maux. Finalement, le jeu lui permettait de socialiser et de se divertir, tout en lui procurant une excitation que l’idée de gagner décuplait.

Juste avant de consulter, elle avait commencé à jouer seule, soi-disant afin de mieux se concentrer. Elle vivait maintenant des périodes de dépression qui la plongeaient dans un désespoir sans fond.

Finalement, elle devint secrète, évitant les situations de confrontation, et mentant à sa famille et ses amis. Pire, elle, une femme si fière qui entretenait sa maison impeccablement et s’occupait bien de sa personne, s’était mise à négliger ce qui jadis était si important.

Afin de se procurer de l’argent pour «se refaire», elle empruntait auprès de ses amis et déposait même des enveloppes vides au guichet automatique, pour ensuite retirer le montant du dépôt. Ses comptes d’électricité et de téléphone étaient en souffrance depuis plusieurs mois. En bout de piste, sa personnalité et son attitude face à la vie avaient drôlement changé: elle était devenue irritable, anxieuse, stressée et dépressive. Elle pleurait souvent et ne ressentait plus aucun plaisir dans la vie. Un soir, elle avait même pensé au suicide à la suite d’une perte de 800$.

Rétablissement du joueur compulsif

Au bout de son rouleau, Françoise a entrepris une thérapie à La Maison Jean Lapointe. Elle a depuis recouvré la santé et le goût de vivre. Elle mène maintenant une vie sereine et s’abstient de jouer. Elle assiste régulièrement aux réunions de Gamblers Anonymes et elle est même de-venue l’une de leurs bénévoles assidues.

Ce nouveau groupe d’amis a remplacé le jeu et même si le sentiment de solitude réapparaît parfois, elle sait qu’elle n’est plus seule et qu’elle peut recevoir du support. Malgré sa fragilité, elle se surprend à penser que le pire est derrière elle et que cette embellie est là pour durer.

Le traitement du jeu compulsif à La Maison Jean Lapointe

La Maison Jean Lapointe offre un ensemble de services pour les personnes qui vivent des difficultés liées au jeu. Son programme de traitement vise à mener les joueurs problématiques à s’abstenir de jouer et à retrouver leur équilibre personnel. Ce programme est gratuit et subventionné en totalité par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Une personne peut effectuer un stage externe ou interne, ou se prévaloir de services sur une base individuelle.

La Maison dispose également d’un programme d’aide à la famille et offre des services budgétaires et de fiducie. Les délais d’admission sont courts et une réponse est fournie rapidement, selon les besoins exprimés. Tous les services sont gratuits et dispensés par une équipe de conseillers spécialisés.

Activités de sensibilisation au jeu compulsif

En plus des services de traitement, La Maison Jean Lapointe a mis en place un programme de sensibilisation aux risques associés aux jeux de hasard et d’argent. Elle offre gracieusement des ateliers d’une durée de 45 à 90 minutes sur cette problématique. Ces ateliers traitent des mythes et réalités des diverses formes de jeu, des signes de jeu pathologique et des ressources d’aide disponibles.

Ces activités s’adressent à tout public qui s’intéresse au jeu et à ses conséquences, notamment les enseignants et les élèves du secondaire, les parents, les personnes retraitées, les communautés ethnoculturelles et les employés des petites, moyennes et grandes entreprises.

La Maison Jean Lapointe : (514) 288-2611

Centres adolescents : (514) 381-1218

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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