Communautaire et agriculteurs contre le gaspillage

Sécurité alimentaire

L’Escouade anti-gaspillage

Depuis le printemps 2014, l’Outaouais a son Escouade anti-gaspillage. Une armée de bénévoles prêts à sillonner les champs et les marchés pour récolter les fruits et légumes destinés au gaspillage. Rencontre avec sa coordonnatrice, Nathalie McSween.

Delphine Caubet dossiers EnvironnementCommunautaire

Escouade-anti-gaspiAu Canada, 40% des denrées sont gaspillées. C’est 183 kg d’aliments par an et par personne d’après la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais (TCFDSO). L’autre réalité est que depuis 2008, la région connait une augmentation de 25% de ses besoins en urgence alimentaire.

Deux solitudes qui se rencontrent en Outaouais.

Ignorance

Lorsque le projet a débuté en 2014, l’Escouade n’avait aucun contact avec les agriculteurs. Elle savait juste que les membres de la TCFDSO étaient pris à la gorge. Les demandes augmentaient tandis que les subventions diminuaient.

Alors ils ont fait un pari: glaner les fruits et légumes dans les champs et les invendus des marchés publics. «Le problème est que les gens ne se connaissaient pas, explique Nathalie McSween. Les agriculteurs ne connaissaient pas les organismes en sécurité alimentaire, et ces derniers ne pensaient pas aux producteurs. On a fait le pari que les agriculteurs seraient prêts à donner leur surplus si des bénévoles venaient les récolter. Et ça a été le cas!» Le projet a été un vif succès.

Complicités

«En été, les agriculteurs travaillent beaucoup, explique Nathalie. Parfois jusque 14h à 16h par jour. Ils n’ont ni le temps ni l’argent de récolter des produits pour les banques alimentaires.» Alors un modèle à la carte leur est proposé: ils ne signent pas d’engagement, mais passent des appels sur une base volontaire pour que des bénévoles viennent chercher les surplus. Et ce modèle a séduit une vingtaine d’agriculteurs.

En 2014, ce n’est pas moins de 7 tonnes de fruits et légumes qui ont été glanés par l’Escouade. Menée par Nathalie McSween, mais surtout appliquée par 75 bénévoles, «des gens avec une conscience écologique».

C’était également une activité familiale qui permettait d’expliquer aux enfants l’agriculture, la nature et le fonctionnement des banques alimentaires. Un autre succès à la carte.

Redistribution

Quand l’Escouade part glaner des produits, elle appelle les banques alimentaires de la région pour les récupérer. Le reste va en ville ou à Moisson Outaouais. «Mais on a besoin de transformations», explique Nathalie McSween.

L’Escouade a déjà récolté 1 000 kg de courgettes, mais les organismes en sécurité alimentaire n’étaient pas capables d’en recevoir autant. «Et cela fait du gaspillage», ponctue la coordonnatrice. Leur projet à l’avenir est de faire une cuisine collective autonome et amicale pour les aînés. Un gros mot pour un projet complémentaire à l’Escouade.

Il s’agira d’une cuisine anti-gaspillage: les produits que les organismes ne pourront pas récupérer seront cuisinés par des bénévoles. «Les cuisines collectives sont stigmatisées comme étant pour les pauvres. Mais d’autres personnes aiment cuisiner ensemble. Ici notre cuisine anti-gaspillage sera amicale, car redistribuée à des absents. En l’occurrence pour les personnes âgées.»

À l’avenir, l’Escouade anti-gaspillage voudrait étendre ses activités aux supermarchés et restaurants pour ramasser les invendus.

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Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

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Bistro le Ste-Cath

bistro est montréal restaurant où manger quoi faire salle spectacleUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

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Radiothérapie et cancer du sein en région

Service de radiothérapie

De Mont-Laurier à l’Outaouais

Suzie nous a fait parvenir un cri du coeur sur une injustice qu’elle vit pour le transport de sa mère de 70 ans qui demeure à Mont-Laurier et qui doit suivre ses traitements en radiothérapie pour un cancer du sein dans l’Outaouais.

Dossier Santé

Ma mère doit subir des traitements en radiothérapie pour un cancer du sein. Elle a 70 ans et demeure à Mont-Laurier. Moi je suis de l’Outaouais. Ces traitements n’étant pas donné à Mont-Laurier, elle a donc choisi de se faire traiter dans l’Outaouais.

J’ai fais une demande pour de l’aide au transport. Ma mère n’a pas de voiture, (mon père doit rester à Mont-Laurier) pour les 16 jours de traitements. Même si elle en n’a pas vraiment les moyens, elle devrait débourser +/- 400$ pour le service. Un service gratuit n’est offert qu’aux personnes handicapées, immigrantes, autochtones, assistées sociaux et bien sûr aux prisonniers avec escorte.

NON MA MERE EST JUSTE UN QUÉBÉCOISE DE 70 ANS QUI A TOUJOURS HABITÉE LE QUÉBEC. DOMMAGE.

Il y a un service de bénévolat qui coûte 25.00$ par transport. Je trouve cela bien correct. Mais c’est la différence entre nous et tous les autres qui ME CHOQUE.

Autres textes Santé

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Ensemble pour vaincre le suicide

Ensemble pour vaincre le suicide     

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6              Dossier  Suicide

vaincre-suicide-dossier-suicide En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Prévention du suicide, une tribune pour les jeunes

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté et le suicide des jeunes

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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