Au coeur du Tsunami

Témoignage de rescapés, Valarmathy: les enfants disparus

Au coeur du Tsunami

Par Patrick Alleyn    Dossier International

En pleine nuit, les enfants réveillaient tout le monde dans le camp. «Les vagues! Les vagues arrivent!», hurlaient-ils. Il y a eu jusqu’à douze vagues, qui ont ravagé les côtes de leurs villages. Quatre étaient des vagues géantes emportant tout sur leur passage, y compris leurs pères, leurs mères, leurs frères et leurs sœurs. Après, dans les dortoirs, les enfants terrorisés s’enfuyaient, la nuit, et leurs parents survivants, en pleurs, les rattrapaient dehors.

Je ne peux oublier ces nuits terribles, au Collège central de Batticaloa, avec les autres survivants, un mois après le tsunami, raconte Valarmathy. Un jour, alors que des coopérants japonais fumigeaient le refuge contre les moustiques, leurs vaporisateurs faisant le bruit d’une vague, une petite fille s’est évanouie.

Butterfly Peace Garden

Je suis en formation pour devenir animatrice au Butterfly Peace Garden (le Jardin de la paix). L’organisation va bientôt ouvrir un centre pour les enfants traumatisés vivant dans notre immense camp de rescapés, près de Batticaloa.

J’ai 27 ans. Je suis étudiante. Le tsunami a emporté ma mère et ma maison. Mon village, Navalady, n’existe plus. Je vis dans ce camp avec 5000 autres personnes. Les maisons temporaires, fabriquées par Oxfam, Vision Mondiale du Canada et les Tigres tamouls, sont minuscules. Les enfants y ont du mal à étudier. D’ailleurs, le Jardin de la paix veut y installer une salle d’études.

Nous ne savons rien de notre future maison. Ma sœur dit que le prochain raz-de-marée va venir détruire nos abris avant que les maisons permanentes ne soient construites. À Batticaloa, la construction vient à peine de commencer, un an après le tsunami, à cause de l’ampleur de la tâche – 100 000 maisons détruites -, des lenteurs bureaucratiques et de la difficulté à trouver des terrains constructibles loin de la mer.

Tsunami et guerre

Ici, en plus du tsunami, il y a la guerre, continue Valarmathy (le gouvernement et les Tigres tamouls ont signé un cessez-le-feu en 2002, mais des attentats ont lieu régulièrement). Dans le camp, un voisin a été assassiné parce qu’il livrait les journaux d’un parti politique avec son taxi à trois roues.

Les formateurs du Jardin de la paix nous apprennent à composer des chansons avec les enfants, à les guider dans la peinture imaginative. Paul Hogan, le Canadien, nous enseigne la méditation pour que nous nous sentions plus libres.

J’ai hâte de commencer à jouer avec les enfants, dit Valarmathy. Cinq enfants de ma famille sont morts, ceux de ma sœur et le petit dernier de mon frère. J’aimais m’en occuper. Nous ne faisons pas que leur fournir des jouets. Nous apprenons à développer une relation de confiance avec eux, et nous partageons leur peine.

Suthakaram: la colère contre le tsunami

Je lavais des colliers de fleurs dans le grand temple hindou de mon village Navalady, un village de pêcheurs, raconte de son côté Suthakaram, 24 ans, étudiant de philosophie et de culture hindoue. La terre s’est ouverte devant nous. L’eau est arrivée et j’ai grimpé sur le toit. Là-haut, j’ai vu la maison de ma sœur s’effondrer, comme au ralenti. Puis, la troisième vague, gigantesque, m’a emporté comme un oiseau jusque sous le pont de Kallady. On m’a retrouvé parmi les cadavres sur la plage.

Quarante-cinq de mes proches sont morts. Après le tsunami, j’étais dégoûté de tout. J’ai retrouvé ma confiance durant la formation d’animateur du Jardin de la paix (Butterfly Peace Garden). Pour les enfants, ce sera comme un médicament pour reprendre confiance eux aussi.

Nous en sommes à planifier les activités thérapeutiques pour les enfants, explique Suthakaram. Peut-être leur demanderons-nous de dessiner des vagues et des maisons pour les amener à parler de leur peine. D’autres organisations leur fournissent des ballons de football ou des bâtons de cricket. Mais nous, nous voulons toucher leurs émotions.

Je suis allé à la commémoration du tsunami, le 26 décembre. Dans les ruines de mon village, j’avais l’impression que le tsunami reviendrait pour tuer les survivants. Je n’irai plus à aucune commémoration. Avant la formation du Jardin de la paix, j’étais en colère contre le tsunami. Maintenant, je suis plus calme.

Dons et Contes du singe

Le Butterfly Peace Garden est en quête de partenaires financiers. L’organisme humanitaire hollandais HIVOS termine son engagement de dix ans avec le Jardin, en 2006. Une campagne de financement s’organise depuis Toronto. War child Canada y contribue. Le Jardin met sur pied le Centre des contes du singe pour l’art contemplatif et la narration, ouvert aux intervenants d’autres organismes, du Sri Lanka ou de l’étranger.

Pour les dons au Peace Garden, contactez Laurie Edwards au Stupid School studio à Toronto Courriel: ble@thestupidschool.ca Site Internet: thestupidschool.ca.

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Produit équitable: 5 principes

Produit équitable: 5 principes

Carle Bernier-Genest     Dossier EnvironnementProtection du consommateur

Pour être étiqueté produit équitable, il faut que le produit respecte 5 principes: le juste prix, le commerce direct, un engagement à long terme et l’accès au crédit, un développement communautaire et écologique ainsi qu’une gestion démocratique et transparente.

Pour s’assurer du respect de ces 5 principes, un système de certification est mis en place afin de vérifier que toute la chaîne d’approvisionnement correspond aux critères du commerce équitable.

Certification des producteurs

En premier lieu, le contrôle s’effectue auprès des paysans qui cultivent la matière première ou conçoivent le produit. La certification est effectuée par Fairtrade Labelling Organizations International (FLO) dont les agents se rendent directement dans les champs. Idéalement, les producteurs devraient recevoir la visite des agents de FLO une fois par année. Présentement, la norme tourne autour d’une fois aux deux ans, sans compter les visites surprises. Les coopératives n’ont pas le choix d’ouvrir leurs livres si elles veulent conserver leur certification équitable.

FLO, un organisme indépendant qui établit les normes et les procédures du commerce équitable, ne vend aucun produit. Il joue le rôle de chien de garde.

Certification des acheteurs

Une fois le produit acheté par un commerçant d’un pays industrialisé, le contrôle se poursuit. FLO laisse à d’autres organismes le soin de s’assurer du respect des règles du commerce équitable. TransFair Canada est l’organisme au pays chargé de contrôler les entreprises. TransFair regarde les achats, les activités de transformation et les ventes de produits équitables des entreprises canadiennes. L’organisme certifie qu’il n’y a pas de différence entre ce que FLO a vérifié et ce que le consommateur achète.

Une certification contournable?

Le commerce équitable ne peut souffrir d’un scandale sans que sa crédibilité ne soit entachée. Pour le bien du système, FLO ne peut se permettre d’être laxiste. Également, d’autres organismes internationaux vont vérifier sur le terrain par eux-mêmes. Par exemple, Équiterre fait de la contrevérification. Oxfam-Québec, qui achète du café équitable pour le revendre ici, fait également de la vérification de son côté. Personne ne peut se permettre un scandale.

Un système qui favorise toute la communauté

L’effet du commerce équitable ne touche pas que le producteur mais toute sa communauté. Tous les producteurs,  y compris ceux qui ne font pas partie du système, en profitent grâce aux informations des producteurs du commerce équitable. L’analphabète, dupé par les intermédiaires, a maintenant des informations sur le prix de son produit sur le marché, le coût du transport et bien d’autres renseignements. Il détient un certain pouvoir, grâce au producteur du commerce équitable, pour mieux négocier. On se rend compte que, là où le commerce équitable est présent, les producteurs locaux ont vu leurs prix augmenter. Raison de plus pour acheter équitable!

Produits du commerce équitable: café, thé, riz, bananes, cacao, sucre, miel, jus de fruits, ballons de sport

À venir: fruits, vins, huiles, beurre de karité

Café équitable: 3% des ventes de café au Québec, 2% au Canada

Production par environ 800 000 travailleurs dans les pays du Sud

Les ventes de produits certifiés équitables augmentent de 10 à 20% par année depuis 1997

Autres textes sur Protection du consommateur

Ressources

Office de la protection du consommateur du Québec
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Québec: 418-643-1484
Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

Option consommateurs
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Prostitution asiatique: racoleuse ou prostituée? 3 de 3

Prostitution asiatique: racoleuse ou prostituée? 3 de 3

Voici des informations qui pourront éclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant le texte Racoleuses ou prostituées, 2e partie.

Dominic Desmarais   Dossier Prostitution et Sexualité.

Mme Dion demandait si l’économie au Viêt-nam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus à se prostituer. L’économie vietnamienne, au même titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives à toutes les femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les échoppes au bord des rues, à gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui fréquentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phénomène ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

Je ne sais si au Viêt-nam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement est très chatouilleux à ce sujet. Mais lorsque j’étais à Hô Chi Minh-Ville (Saigon), j’ai rencontré deux Australiens quittant mon hôtel après leur première nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien un tourisme sexuel. Là, j’ai desprostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-2 informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi contre le trafic d’humains, d’autres affirment qu’il n’y a qu’un énoncé à cet effet, adopté tout récemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche à valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est doté d’une police spécialisée dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de découvrir que cette police, par manque de moyens et de formation, en plus des problèmes logistiques, peine à faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article. Disons que peu de gens ont été arrêtés concernant le trafic sexuel. On m’a même dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de procès arrangés. Le gouvernement peut ainsi démontrer qu’il s’attaque au problème du trafic sexuel. C’est très complexe, une fois qu’on commence à gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois également que les idées que j’avais avant de venir au Cambodge étaient décalées de la réalité.

À savoir que si la mentalité de marier un Occidental provient de la mentalité americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y répondre adéquatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaillé dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit être allé dans des pays qui n’avaient pas d’influence américaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage à un riche homme local. Il a même vu une fille de 16 ans offerte à un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres provenant de pays pauvres, d’améliorer leur sort et par le fait même celui de la famille. Il n’ont pas énormément de possibilités pour se sortir de la misère.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le régime des Khmers Rouges, je suis encore, hélas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une réponse claire, chiffrable. D’autant que le contrôle des migrations, dans la region, est un problème criant.

Les femmes cambodgiennes choisissent-elles leur mari? Pas vraiment. Elles ont parfois leur mot à dire et peuvent refuser avec des raisons valables. Mais généralement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme – ou l’homme – peut signifier à sa famille qu’elle est interressée à l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis deux ans et fiancé avec une fille du pays, c’est généralement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique que, bien que je ne veuille pas généraliser, les couples sont composés d’un homme plus âgé (5 à 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espère avoir pu apporter un peu plus de clarté!

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Prostitution asiatique: racoleuses ou prostituées? 2 de 3

Prostitution asiatique: racoleuses ou prostituées? 2 de 3

Dominic Desmarais               Dossier  Prostitution et Sexualité.

Je suis allé, à ma première soirée au Cambodge, prendre une bière avec un chauffeur de taxi de la place. Il m’a amené dans un endroit qui ressemblait un peu à celui où j’étais allé à Hô Chi Minh-Ville, au Viêt-nam.

Cette fois, les filles sont derrière le bar. Elles s’assoient devant les clients, discutent avec eux, les font boire. Elles sont payées au rendement, soit à ce que le client achète.

Cette fois, pas de matronne. Les filles sont plus indépendantes. Elles voguent d’un client à l’autre, échangent leur place entre elles. Elles sont toutes vêtues d’un t-shirt Tiger, une marque de bière populaire en Asie. La tenue est complétée d’une jupe qui n’est pas mini, de même que des talons hauts.

Encore une fois, il y avait une petite jeunesse sans expérience. Authentique, à laprostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-1 difference des autres serveuses. Mais pour combien de temps…

J’en discutais avec Normand, un cooperant pour Oxfam au Cambodge. Il m’a dit que ces jeunes filles, en y mettant le prix – 20$US – terminent la soirée avec le client. Il m’a également dit que la petite, rencontrée au Viêt-nam dans des circonstances similaires, avait été baptisée avant même de commencer son travail au bar.

Il m’expliquait que ces filles ne se voient pas comme des prostituées. Elles ont trouvé un moyen leur permettant de subvenir tant à leurs besoins qu’à ceux de leur famille. Ici, vu les possibilités d’emploi, c’est une façon de vivre qui vaut mieux – selon elles – que de passer sa journée à vendre n’importe quoi sur le bord de la rue pour 1$ la journée.

D’autant plus, m’explique Normand, que ces filles se cherchent surtout un mari. Un étranger de préférence, qui pourrait assurer leur bien-être et celui de leur famille.

J’ai vu la même chose en Afrique. Ces gens, qui se lèvent tous les jours dans le but de trouver assez de quoi manger et vivoter, voient l’amour comme une façon de se sortir de leur misère. Ici, malheureusement, l’amour est synonyme d’argent.

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Prostitution: le Cambodge se mobilise

Prostitution: le Cambodge se mobilise

Dominic Desmarais                    Dossier Prostitution et Sexualité.

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-2 C’est jour de célébration à Monteay Banteay, au Cambodge. Des centaines de personnes célèbrent le 10e anniversaire de l’organisme Cambodgian Women’s Crisis Centre (CWCC) et l’ouverture de son nouveau refuge pour femmes. Pour l’occasion, les 130 pensionnaires du centre, des femmes sorties de la prostitution ou aux prises avec la violence conjugale, ont préparé les repas, dressé le chapiteau et monté la tribune des invités de marque.

Oung Chanthol, présidente de l’organisme, est aux anges. Pendant une journée, elle écarte les histoires malheureuses de ses pensionnaires qui ont marqué les 10 années de CWCC. L’intimidation, les passages à tabac et les meurtres qui ont touché son personnel. Oung Chanthol sait bien que la violence faite aux femmes demeure toujours problématique.

L’égalité des sexes est encore un concept vague au Cambodge. Les prostituées y sont toujours mal vues. Les possibilités de réinsertion sont minces. L’économie du pays est toujours chancelante après 30 ans de conflits. Les femmes ont un accès limité à l’éducation. Elles trouvent difficilement du travail. La police est sous-payée, elle est mal formée pour contrer le trafic et peine à mettre les trafiquants en prison. Sans oublier que la corruption est au cœur du système de justice.

Aujourd’hui, Oung Chanthol se réjouit pour elle, ses employés, le CWCC et, surtout, pour son combat en faveur des droits des femmes. La présence de hauts dignitaires venus dénoncer la traite et la violence qui accablent plusieurs Cambodgiennes est à ses yeux une grande victoire. Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister aux cérémonies: signe évident que la question préoccupe la population. La coopération s’améliore entre le gouvernement, les organismes internationaux et les ONG locales. Les gens s’impliquent. Ils sont de plus en plus attentifs aux discours sur les droits de la femme.

Des ONG indispensables

Les pressions internationales, dont celles du Canada, et le lobbying des ONG locales expliquent la mobilisation de plus en plus grande des pays de l’Asie du Sud-Est contre le trafic des personnes. Il y a quelques années, la présence de jeunes filles offertes sur Internet par de grands bordels a alerté des organisations internationales. Sous leurs pressions, le gouvernement cambodgien a fermé les portes de ces établissements. Des ONG recueillent des informations sur les lieux de prostitution qu’elles refilent ensuite à la police anti-trafic. Difficile, pour les forces de l’ordre, d’ignorer ces demandes. Les organismes ont derrière eux le poids de leurs donateurs occidentaux.

C’est le cas de l’organisation Agir pour les femmes en situation précaire (AFESIP). Porté par sa présidente, Somaly Mam, elle-même vendue à deux occasions par son grand-père à des bordels, l’AFESIP est incontournable dans la région. Avec des bureaux au Viêt Nam, au Laos, en Thaïlande et au Cambodge, l’organisme peut suivre les lieux du trafic mieux que les polices nationales.

Débarqué au Cambodge il y a un an, Emmanuel Colineau voulait participer à la lutte contre la traite. Grâce à son diplôme de droit, il est aujourd’hui secrétaire général de l’organisme. Le jeune Français explique que l’AFESIP découvre les victimes de trafic grâce à une équipe d’enquêteurs qui se rend sur les lieux de prostitution. Ils recueillent des informations qu’ils refilent au département juridique de l’organisme.

«Quand on est prêt, on donne les renseignements à la police, qui effectue le sauvetage des femmes trafiquées.» La police anti-trafic, avec qui l’organisme a noué de bons liens, arrête toutes les personnes présentes sur les lieux repérés par les enquêteurs. Cette coopération permet à l’AFESIP de limiter les dégâts. «On observe chaque descente pour nous assu-rer du respect des personnes arrêtées, continue Emmanuel. Des entrevues sont ensuite menées pour distinguer les victimes des intermédiaires et des propriétaires des lieux de prostitution.»

Les raids menés par la police sont souvent traumatisants pour les prostituées. Elles sont acheminées vers des refuges d’ONG adaptés pour les accueillir. «Les victimes sont envoyées dans notre centre de courte durée pour 14 jours. Elles veulent juste sortir. Elles sont libres et retournent à la prostitution, consentantes. Mais, c’est parce qu’elles ne connaissent pas d’autres solutions, estime Emmanuel. On demande à chacune quel est son rêve, ce qu’elle voudrait faire? Ce sont des questions importantes. On veut les aider à le réaliser.»

En montant des dossiers contre les trafiquants, en découvrant les lieux de la prostitution et en assistant les victimes qui désirent porter plainte contre leurs exploiteurs, l’organisme pallie le manque de formation de la police et des procureurs.

La clé de cette réussite est l’approche coopérative. L’AFESIP veut changer, petit à petit, la mentalité des dirigeants du pays. «On maintient la pression, résume Emmanuel Colineau, mais on souligne aussi les bons coups du gouvernement. On ne croit pas à la confrontation.»

Des pressions contre le gouvernement

L’approche consensuelle ne fait cependant pas l’unanimité. Pour la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO), le gouvernement ne fait rien. On préfère le talonner. «Le gouvernement fait beaucoup de déclarations. Ça ne coûte rien et ça fait plaisir à tout le monde. Mais, il y a peu d’actions. On a une loi contre le trafic qui n’a que 10 articles… On a un département anti-trafic, mais la femme à sa tête ne fait rien.»

Ces propos tranchés sortent de la bouche du Dr Kek Galabru, présidente de
LICADHO. Contrairement à AFESIP, elle n’apprécie guère la police anti-trafic. L’escouade n’a pas voulu effectuer de descentes dans des bordels désignés par son organisme. Cette dame à l’allure aristocratique travaille sans arrêt. Attablée un vendredi soir à son bureau, Kek Galabru corrige des documents avec un assistant, multiplie les appels et répond aux questions de Reflet de Société. Après, elle assiste à une réception. «C’est très difficile de faire bouger le gouvernement. On a tellement essayé, soupire-t-elle. Si le gouvernement canadien exerçait une pression plus forte, peut-être que ça pourrait améliorer la situation des femmes ici.»

Changer les moeurs

Dans la région, la fille aînée travaille traditionnellement au bordel pour subvenir aux besoins du reste de la famille. «Si elle accepte, est-ce du trafic? se demande le Dr Bruno Maltoni, consultant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dans certaines provinces, la prostitution est la seule façon de s’en sortir. Il s’agit d’un problème socio-économique. En Occident, on croit que les filles ont été kidnappées. Mais, souvent, ce n’est pas le cas. Plusieurs jeunes femmes veulent faire ce travail. Pas besoin de les forcer.»

Conseiller pour Oxfam Québec au Cambodge, Normand Champoux met en place un nouveau programme contre le trafic à la grandeur de la région du sud-est de l’Asie. «Quand on parle de trafic humain, on a notre perception occidentale, dit-il, corroborant l’idée du Dr Maltoni. Aux yeux de plusieurs Cambodgiens, si la famille ne vend pas sa fille, toute la famille meure. Je n’ai pas de solution au problème… Surtout que la famille ne le voit pas comme du trafic. Leur fille travaille pour leur bien.» La luttes aux réseaux de prostitution demeure essentielle, mais l’amélioration du niveau de vie et l’évolution des mentalités le sont tout autant.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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RueFrontenac.com, une presse libre et indépendante en Haïti

RueFrontenac.com, une presse libre et indépendante en Haïti

Raymond Viger  Dossiers Rue Frontenac.com, Médias et Internet, Journal de Montréal

rue-frontenac-com-blogue-journaliste-journal-de-montreal On se souvient que les journalistes du Journal de Montréal sont en lock-out. Les journalistes, passionnés par leur travail, ont créé un site Internet et des blogues: RueFrontenac.com. Une façon originale de montrer à la direction du Journal de Montréal, Québécor et Pierre-Karl Péladeau que les journalistes ont à coeur la relation qu’ils ont développés avec leur lectorat. Et à la limite, que la direction du Journal de Montréal a plus besoin de ses journalistes que les journalistes ont besoin de leur direction!

Haïti vit des heures tragiques. Pour continuer dans leur lancés journalistiques, et rien ne les arrêtant, les journalistes de Rue Frontenac ont sollicité tous leurs amis, réels ou virtuels, pour ramasser les argents nécessaires pour se rendre en Haïti pour couvrir les événements. Nouvelle forme de financement possible pour une presse libre et indépendante en vue. Les lecteurs peuvent maintenant s’impliquer dans le financement des reportages qui les tiennent à coeur.

Pour soutenir RueFrontenac.com dans la couverture des événements qui se déroule en Haïti, ils ont un système d’amis à vous offrir. Si Haïti vous tient à coeur, vous pouvez voir sur RueFrontenac.com certains endroits pour trouver où donner pour Haïti. Cécile Gladel vous en présente d’autres.

Est-ce que Pierre-Karl Péladeau serait bon prince et ferait un don aux journalistes de Rue Frontenac pour couvrir le séisme en Haïti? Les journalistes du Rue Frontenac ne cessent de nous épater et de nous démontrer que le journalisme et l’intérêt du public sont importants pour eux. Cela mériterait sûrement un petit geste courtois de Pierre-Karl Péladeau? Qu’en dites-vous?

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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