Prix Leviers: les jeunes à l’Assemblée nationale

Prix Leviers du ROCAJQ

Jeunes à l’honneur

Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) décerne les Prix Leviers à des jeunes qui se sont distingués par leur implication et leur réussite dans un organisme.

Pour une meilleure reconnaissance, Reflet de Société a choisi de publier ces jeunes dans ses pages pour souligner leur engagement et leur détermination.

Dossiers Communautairejeunes.

Michaël Thibault

ROCAJQ prix Léviers

Photos: Regroupement des organismes communautaires du Québec (ROCAJQ)

Le député de Chicoutimi, Stéphane Bédart, la Corporation Adolescents et vie de quartier de Chicoutimi (AVQC) et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont fiers de remettre un Prix Levier à Michaël Thibeault.

Michaël est un jeune âgé de 17 ans impliqué au sein de la Corporation depuis maintenant plus de 6 ans. Il participe aux diverses activités et services offerts. Michaël a pris davantage la place d’un leader et d’un modèle positif pour nos autres jeunes.

Grâce à sa détermination et à sa prise en charge, Michaël a cofondé le média d’information régionale Info-Saguenay (infosaguenay.com). La route n’a pas été facile… Embûches et apprentissages ont fait partie de cette réalisation.

Tellement passionné par ce super projet, Michaël n’a jamais baissé les bras. Lui et son frère jumeau (cofondateur) sont allés chercher le support et les ressources nécessaires pour y parvenir et ils y sont parvenus.

Vincent LauriePrix Leviers ROCAJQ

Le député de Granby, François Bonnardel, Atelier 19 et le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont fiers de remettre un Prix Levier à Vincent Laurie.

Originaire de Granby, Vincent a quitté son coin de pays pour étudier en animation de jeux vidéo à Montréal.

Avec l’Atelier 19, il s’est totalement impliqué dans un projet de murale et tous ont su apprécier son dévouement, son ouverture et son engagement.

Vincent a fait une énorme différence dans ce projet, comme dans d’autres où il s’est beaucoup investi. Il est devenu un jeune significatif pour les autres.

Actuellement, Vincent enseigne la modélisation 3D au collège LaSalle de Montréal. À l’avenir, il veut continuer à s’impliquer dans des projets créatifs qui propagent la vie et l’art.Son rêve est de créer un espace où les citoyens pourraient apprendre à vivre en harmonie avec leur environnement. Granby est toujours dans ses projets, mais la terre entière est son terrain de jeux.

Sylvain Masse

Prix Leviers ROCAJQLe député de Masson, Mathieu Lemay, le Journal de la Rue – Café Graffiti et Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec sont fiers de remettre un Prix Levier à Sylvain Masse.

Dès 1992, Sylvain Masse est un des premiers jeunes avec qui les deux travailleurs de rue de l’époque (Père André Durand et Raymond Viger) ont fait leur intervention dans le cadre du Journal de la Rue.

Avec quelques rechutes et un cheminement qui lui a été bien particulier, Sylvain a pris le temps d’assumer son vécu. Il recherche maintenant à redonner à sa communauté ce qu’il a reçu des autres, autant bénévolement que professionnellement.

Aujourd’hui, Sylvain est intervenant jeunesse pour le Centre Jeunesse de Montcalm. Il traîne encore sa guitare avec lui, ce qui lui permet d’exprimer différentes émotions.Il envisage de publier des livres de poésie et son premier album de musique dans un proche avenir. Depuis 1992, la poésie et la musique lui ont permis de laisser sa trace.

Autres textes sur Communautaire

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Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Retour à la rue, aider pour mieux s’aider

Entrevue avec Alex Chassagne, alias Ace

Retour à la rue: Aider, pour mieux s’aider

Benson Deverze et Wendy Isson, Droit de Réplique

Dossier : Graffiti, Hip-Hop, Culture

Alex Chassagne, alias Ace, est un ancien participant du stage de La Réplique. Il est également DJ, MC, musicien et graffiteur, en plus de travailler pour les Pairs Aidants, au Bon Dieu dans la Rue. Comme si ce n’était pas suffisant, il est aussi un des organisateurs du Festival Expressions de la Rue, qui a lieu chaque année à Montréal, Place Pasteur, en plus d’en assurer l’animation. L’équipe Droit de Réplique rencontre Ace, un jeune impliqué socialement, artiste dans le milieu hip-hop, et pour qui la vie semble être un tourbillon de motivations.

Ace, t’es toujours impliqué dans un paquet de projets créatifs. Qu’est-ce qui se passe dans ta vie artistique?

Ace:Plein de bonnes choses! J’ai longtemps parlé de monter mon propre studio. C’est presque fini; j’ai mon ordinateur, ma console, etc… Je travaille sur un démo hip-hop avec un de mes amis. Je fais beaucoup d’art, des graffs surtout, ici dans le cadre de l’atelier d’art avec les jeunes du Bon Dieu dans la rue, où je suis Pair Aidant. J’ai aussi travaillé pour La Conscienza; j’ai créé un logo pour eux. Ils ont bien aimé et veulent me donner d’autres contrats. En plus, je suis DJ de temps en temps dans des bars au centre-ville.

Parle-nous un peu de ton travail avec les Pairs Aidants?

Ace: Le projet des Pairs aidants a commencé en 1996. On forme des anciens jeunes de la rue pour faire de l’intervention et de la sensibilisation auprès d’autres jeunes qui vivent présentement cette réalité. Dans le fond, il s’agit de faire le lien entre les services offerts par les organismes et les jeunes de la rue. C’est le CLSC des Faubourgs, dans Centre-Sud, qui a lancé l’initiative.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer auprès des jeunes de la rue?

Ace: Malgré les difficultés que je vivais moi-même, j’ai toujours essayé d’aider les autres. En me retrouvant dans la rue, j’ai été surpris de constater l’étendue des ressources disponibles pour les jeunes. La plupart des jeunes de la rue recherchent d’autres modèles à suivre que des intervenants. Ils cherchent quelqu’un qui a vécu ce qu’ils vivent, qui est passé par le même chemin qu’eux, et qui s’en est sorti.

Y a-t-il un lien entre ta vie créative et ton intervention communautaire?

Ace: Les deux vont super bien ensemble. Ma culture, c’est le hip-hop et j’ai toujours été quelqu’un qui rappait pour dénoncer. Vu que je baigne dans la pauvreté toute la journée, ça sert à m’inspirer et ça me donne des sujets à  développer pour ma musique. C’est la base du mouvement hip-hop: dénoncer la pauvreté et les injustices de la société; le fait qu’il y ait des gens coincés en bas et ceux au-dessus qui profitent d’eux. Aussi, pour être un artiste, il faut avoir l’esprit ouvert. D’être ainsi exposé à toutes sortes de monde: punks, gais, hippies, etc, ça m’amène à mieux les connaître et à faire tomber les préjugés… autant les leurs que les miens! Les jeunes que je rencontre sont eux aussi confrontés à mon style. On m’étiquette fresh, avec tous les préjugés qui viennent avec… En m’approchant, ils voient que j’ai une conscience, ça ouvre leur esprit au mouvement hip-hop. C’est ce que j’aime de mon travail. Ça ne s’arrête pas à de l’intervention, je peux aller plus loin que ça…c’est un partage.

Qu’est-ce que tu retires du contact avec les jeunes marginaux?

Ace: Ça amène à grandir, man… Ça m’ouvre les yeux sur la vie, sur d’autres vies. Ça m’amène à être reconnaissant, aussi, parce que j’ai passé par ce chemin-là, et je peux voir mon évolution à travers les autres. Certains des jeunes auprès de qui j’interviens étaient dans la rue quand j’étais moi-même dans la rue. Ça m’aide à voir où j’en suis et où je m’en vais. En connaissant mieux les autres, je me rends compte que peu importe quel style on a, on vit tous les mêmes problèmes!

C’est quoi ta première source de motivation dans la vie? Qu’est-ce qui te booste?

Ace: Ce qui me motive le plus, c’est de rencontrer du monde bien, faire de la musique avec des nouveaux musiciens, partager avec les autres. Si ma vie était basée sur une routine, toujours avec le même monde, je ne ferais même pas de musique, au fond.

Où tu espères être rendu dans une dizaine d’années?

Ace: J’espère pouvoir vivre de ma musique, de mon art, de mes peintures, de ce que j’aime faire. L’intervention, ça me pose des difficultés parce que je vis tout le temps avec les problèmes des autres. Je passe ma journée à donner de l’énergie. C’est bien, mais à la fin de la journée, si les autres sont boostés, moi, je suis vidé! Pour intervenir auprès du plus grand nombre possible, je dois le faire à travers la musique.

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Festival d’expression de la rue à Montréal: punks, hip-hop, jeunes de la rue, policiers

Festival d’expression de la rue à Montréal: punks, hip-hop, jeunes de la rue, policiers

François Richard   Dossiers Festival d’expression de la rue, Jeunes de la rue et Organismes communautaires

Rencontre avec Kim Heynemand, organisatrice du Festival d’expression de la rue (FER)

L’équipe organisatrice du FER a vécu son lot de difficultés cette année. Le Festival aurait bien pu ne pas avoir lieu suite au refus de l’Université du Québec à Montréal d’accueillir l’événement sur son terrain de la Place Pasteur (rue Saint-Denis). Depuis sa création il y a 12 ans, toutes les éditions du FER s’étaient déroulées à cet endroit. Le Festival aura finalement lieu au Parc de la Paix, rue Saint-Laurent, lors du dernier week-end du mois d’août et ses organisateurs peuvent enfin mettre de côté la recherche d’un terrain pour consacrer leurs énergies à la préparation de l’événement. Malgré les délais qui raccourcissent, l’une des organisatrice du FER, Kim Heynemand, a accepté de laisser de côté son travail quelques minutes afin de s’entretenir avec Reflet de Société. Elle nous parle de l’organisation du FER, du milieu des jeunes de la rue auquel il s’adresse et des difficultés de cohabitation entre marginaux et autres citoyens dans le centre de Montréal.

FER, Pairs Aidants, Jeunes de la rue à Montréal

Kim est une Pair Aidante. Les jeunes participant à ce programme ont tous un vécu marqué par la vie dans la rue. Ils sont jumelés avec un organisme communautaire du centre de Montréal et viennent en aide aux jeunes de la rue. Les Pairs Aidants doivent de plus organiser chaque année le FER, un événement mariant spectacles musicaux, projection de films et ateliers sur différentes problématiques telles les maladies transmises sexuellement et les drogues dures. Les organisateurs du FER ont consulté les jeunes de la rue au cours des dernières semaines afin de connaître leurs préférences quant au contenu de l’événement qui leur est consacré. Plusieurs des spectacles présentés au FER mettent d’ailleurs en vedette des jeunes de la rue.

Spectacles, prison, micro ouvert

‘Nous devons avoir une programmation assez souple, car nous sommes souvent confrontés aux imprévus, explique Kim Heynemand. Parfois des jeunes que nous avons embauché sont en prison ou trop éméchés pour jouer quand l’heure de leur spectacle arrive. Le contraire est aussi vrai: des jeunes dont nous n’avions plus de nouvelles refont surface à la dernière minute et veulent participer. C’est pourquoi nous privilégions les soirées de type micro ouvert, comme ça il est plus facile de déplacer des performances au cours d’une soirée.’ Elle précise toutefois qu’une partie importante de la programmation est fixe, notamment les activités de jours comme les kiosques d’information et de sensibilisation.

Hip-Hop, punks, jeunes de la rue

En plus des aléas des horaires de chacun, Kim doit composer avec une difficulté particulière: elle est en charge de l’organisation de la journée hip-hop. Et alors? ‘Bien, dans le comité organisateur, nous sommes tous des punks.’ Kim explique ensuite que de plus en plus de jeunes de la rue adhèrent à la mode hip-hop plutôt que punk. ‘Ça ne créé pas de conflit particulier, mais il y a de grandes différences dans la culture. Contrairement aux punks, les hip-hop ne tirent pas de fierté du fait de vivre dans la rue. Ils ont le même mode de vie, font appel aux mêmes ressources de soutien, mais ils n’en font pas un élément central de leur identité.’

Marqué au FER

La thématique de cette année est ‘Marqué au FER’, en référence à l’attention particulière de la part des policiers dont sont l’objet les jeunes de la rue. ‘Dans le cas des punks, ça m’a toujours semblé évident. Avec les cheveux colorés, les vêtements militaires et les grosses bottes, il est normal qu’ils soient aisément identifiables. J’ai par contre été surprise d’apprendre que les policiers du centre-ville connaissent tous les rappeurs de la rue par leur nom. Quand tu vis dans la rue, tu deviens une espèce de propriété publique. Des tas de gens te connaissent, mais vu le grand nombre de rencontres que tu fais dans une journée, tu ne peux pas te souvenir de tout le monde.’

Expulsion des jeunes, métro de Montréal, UQAM

Paradoxalement, une des raisons pour laquelle les jeunes de la rue deviennent une propriété publique, c’est qu’ils doivent de plus en plus ‘occuper des espaces semi-privés, explique Kim. Les jeunes sont systématiquement expulsés des parcs, ils doivent donc se rabattre sur les entrées de commerce et les institutions, comme l’UQAM ou les stations de métro. Ça exaspère les propriétaires et les utilisateurs, mais on ne peut pas pousser les jeunes dans le fleuve. Si on les bouge d’un lieu, ils en occuperont un autre.’ En ce sens, le déménagement du FER est conséquent. ‘Ça fait des années qu’il n’y a plus de jeunes de rue à la Place Pasteur, l’UQAM les chasse systématiquement de leurs propriétés.’

Jeunes marginaux, satisfaction

Le FER tente d’atténuer les tensions qui surviennent continuellement entre marginaux et autres habitants du quartier. Les résultats sont difficiles à évaluer, selon Kim. ‘Ça peut occasionner de belles rencontres. C’est sûr que pour un non-initié, la soirée punk vers 10-11 heures est peut-être à éviter, mais les activités hip-hop et les ateliers d’après-midi nous permettent de rejoindre un public d’horizons divers.’  Kim affirme que le FER fait un grand bien à des jeunes qui ont des histoires de vie souvent pénibles. ‘Ils peuvent passer trois jours dans un parc sans se faire tasser. Ça les valorise de participer, même si c’est simplement pour donner un coup de main à l’entretien. Ils en parlent encore des mois plus tard.’

                                                                                            ***

Le FER aura lieu les 26-27 et 28 août au Parc de la Paix, situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Nous publierons la programmation complète de l’événement lorsqu’elle sera disponible.

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