Les débuts du breakdance au Urban Element

École de breakdance à Montréal

Nouvelles passions: danse et breakdance

Lors de son arrivée à Montréal, Cindy Goldylocks tombe en amour avec Angelo. Après s’être fait expulser du Canada, Cindy peut revenir sous la condition de marier Angelo.

Dominic Desmarais   Dossiers BreakdanceHip-hop

cindy-goldylocks-break-hip-hop-breakdance-danse-hiphopLes nouveaux époux emménagent dans un appartement. Cindy suit son amoureux partout. Elle assiste à tous les cours qu’il donne. «Je voyais son talent. Et comme j’étais sa blonde, je voulais qu’il ne regarde que moi. C’était le meilleur pour donner un cours de danse. Un artiste, un vrai! Mais Angelo n’a rien d’un entrepreneur. Il n’était pas bon pour le business. Plusieurs de ses élèves s’en plaignaient. J’ai commencé à m’occuper de la partie administrative.»

Cindy s’abandonne dans la danse et l’organisation d’Angelo Dance Productions. Elle s’y investit comme, plus jeune, elle l’a fait pour ses cours de judo et de tækwondo et, plus tard, pour le parachute.

Différents styles de danse de rue

cindy-goldylock-breakdance-danse-hiphop-hip-hop-break-urban-elementAu début, seul Angelo enseigne. Mais Cindy est à l’écoute des autres danseurs. «Je m’entraînais avec d’autres personnes. J’ai commencé à voir le mélange des styles dans le hip-hop. Ce n’était pas clair que tous les mouvements venaient de ce style. J’ai commencé à faire d’autres danses de rue. Et j’ai eu un déclic. Si moi j’ai envie d’apprendre différents styles, d’autres aussi ont ce désir.»

Elle demande à d’autres danseurs d’enseigner des styles différents de celui d’Angelo. «C’est là que j’ai réalisé le problème: le nom de la compagnie. Si tu ne t’entends pas avec Angelo, tu ne veux pas représenter sa compagnie.»

En 2000, Angelo Dance Productions se mû en Urban Element. La nouvelle compagnie offre cinq styles de danse à une centaine d’élèves. La vie lui souriait finalement. Mariée, un toit bien à elle et une entreprise qui tourne rondement.

Une école d’élite

L’école de danse s’agrandit. Aujourd’hui, elle offre une douzaine de styles de danse de rue offerts par 20 professeurs. Des gens qui ont grandi au sein d’Urban Element. Pour le plus grand plaisir de quelque 400 étudiants de tous âges.

En 2003, une troupe de l’école gagne le Hip-Hop Forever, une grosse compétition à Montréal. «Et grâce à ça, nous sommes allés faire des prestations au Mexique!» Cette victoire donne de la renommée à Urban Element. En 2006, 2007, 2009 et 2010, la troupe de danseurs élite de l’école remporte les championnats canadiens de hip-hop et représente le pays aux mondiaux à Las Vegas. À l’image de Cindy, Urban Element ne se contente pas de peu.

«Le but, c’est d’avoir les meilleurs de chaque style de danse. Je les veux pour qu’ils donnent des cours afin qu’Urban Element soit une école de qualité. Un endroit où tu peux te développer et enseigner. Si ta carrière n’a pas avancé ailleurs, tu peux rester avec nous. Et on offre des locaux gratuitement pour pratiquer. Mais les gens le prennent parfois pour acquis. On a été volés, les murs sont taggés», résume-t-elle avec dépit.

Une école de danse communautaire

L’école a vécu sa part de difficultés financières. Le local est gigantesque et le payer est un exploit. «Ce qui est difficile, c’est que la danse hip-hop, sa raison d’être, ce n’est pas un business. Tu peux faire de la danse plus commerciale, des vidéoclips, tu seras bien payé, mais la danse de rue, ce n’est pas pour faire de l’argent. À Urban Element, on a gardé le côté rue, un genre de centre communautaire pour jeunes. Donc si on a des étudiants qui ont besoin des cours dans leur vie et qu’ils n’ont pas d’argent pour les payer, on les garde. Ils ne paient pas tous. Alors on est fauchés depuis 10 ans!»

Les élèves d’Urban Element arrivent bien avant leurs cours. Vers 16h, à la fin des classes, ils débarquent au studio. Ils y font leurs devoirs, socialisent. Comme dans une maison de jeunes. «Nous sommes devenus une petite communauté. Si on fer-me, on va affecter beaucoup de monde», considère Cindy qui a dû envisager à cette éventualité. Mais après s’être battue tout au long de sa vie, elle a la sagesse de reconnaître qu’elle saura bien trouver en elle l’énergie pour survivre.

NDLR: Ce billet est le quatrième d’une série de 4.

Première partie de Violence familiale et famille dysfonctionnelle

Deuxième partie Découvrir sa féminité et le premier amour d’adolescent

Troisième partie Se faire expulser du Québec

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Découvrir sa féminité et le premier amour d’adolescent

Devenir femme et son premier chum

La famille ou son petit copain?

Cindy a quitté son Angleterre natale pour le Canada sans se retourner. En s’établissant au Québec, la jeune femme fermait le livre d’une enfance difficile. Une famille violente et sans amour, une ville terne et dure et une vie de souffre-douleur.

Dominic Desmarais   Dossiers Famille , Développement personnel

cindy-goldylocks-breakdance-24k-danse-hiphop-breakLe passage du primaire au secondaire devait être une bouffée d’air frais pour Cindy. Un nouvel environnement scolaire, un nouveau départ où elle pourrait prendre sa place. Mais la crise d’adolescence a pris le pas sur l’espoir.

«La rage intérieure de ma jeunesse est sortie. Mes parents divorçaient juste au moment où j’avais vraiment besoin de leur aide.» Son père a gardé la maison, sa mère est partie rejoindre sa famille. Les frères et la sœur de Cindy avaient quitté le domicile familial. Elle se retrouvait seule avec son militaire à la retraite de père.

Cindy accepte un emploi dans un café pour soutenir son père financièrement. «Il ne me voyait plus comme sa fille mais comme une coloc. Très jeune, il a fallu que je prenne des responsabilités.»

Alors qu’elle doit tenir la maison, se préparer à manger, voir elle-même à ses études, la jeune fille ne connaît rien de la vie. «Je ne savais rien à propos des menstruations, des garçons.» Elle doit tout apprendre par elle-même du haut de ses 12 ans. Et ne pas montrer ses faiblesses à son père. Cindy doit devenir une adulte avant le temps.

Piercings, cigarette et alcool

Son chemin croise celui d’une autre fille qui vit la même situation. «On a commencé à fumer jeunes, à se saouler la gueule. Je faisais mes propres piercings. Parce que je venais d’une famille extrême, je faisais moi aussi des choses extrêmes!» La Cindy souffre-douleur du primaire disparaît peu à peu. À la place, une punk en crise d’adolescence partage sa vie avec une ado plus vieille que son âge qui travaille. D’un côté elle ressemblait à ses confrères de classe, de l’autre à ses collègues de travail. Une vie en deux temps.

Nouvelle passion extrême

parachute-parachutisme-avion-cours-formation-vol-saut-parachutesCindy n’échappe pas à la tradition familiale qui veut qu’à 16 ans, tous les enfants, encouragés par le paternel, sautent en parachute. Elle se découvre une passion dès sa première descente. L’ardeur qu’elle a mis dans ses cours d’autodéfense se retrouve dans les sauts qu’elle exécute toutes les fins de semaine. À 17 ans, elle devient la plus jeune à obtenir sa qualification. Elle partage son temps entre l’école, le travail et le parachute. Son père est fier. Il l’attend après chaque saut pour aller savourer une pinte de bière avec elle. «Il me traitait comme une adulte!»

Le premier amour d’adolescent

Le temps de quitter la maison approche pour Cindy. Son père se décide à vendre le domicile familial. Les deux décident de se quitter en beauté. Ils partent pour la Tunisie avec leurs sacs à dos. «On ne fêtait pas Noël, chez moi. À la place, mon père et moi on voyageait. Nous sommes  allés au Maroc, en Tunisie, on a fait le tour de l’Europe ensemble en backpack.»

Cette fois, en guise d’adieu, le père et la fille se dirigent vers le désert du Sahara. «On ne faisait pas du tourisme! Mais la dernière soirée, pour fêter la fin du voyage, on est allé dans un hôtel. Et là, j’ai rencontré mon premier vrai chum.» Le jeune garçon est un serveur tunisien. Cindy a le coup de foudre. Mais elle doit rentrer en Angleterre.

Le cœur en Tunisie

De retour chez elle, Cindy termine l’équivalent du cégep. Comme son père a vendu la maison, elle va rejoindre sa mère qu’elle a peu vu depuis cinq ans. «Ma mère n’avait pas d’opinion, elle ne prenait jamais position. Comme si rien ne la dérangeait. Moi, j’étais toujours fâchée contre elle. Je voyais qu’elle m’avait abandonnée, qu’elle ne s’était pas battue pour moi, pour me garder. C’est là que j’ai appris qu’elle avait été abusée sexuellement par son père. Je ne le savais pas. Je me suis sentie bien poche. J’ai commencée à la voir différemment.»

Cindy passait son temps entre les études, son travail dans un bar et les sauts en parachute. Son corps était en Angleterre mais son cœur se trouvait en Tunisie. Comme toujours, elle gardait ses sentiments pour elle. Personne dans sa famille ne connaissait l’existence de cet amoureux qu’elle appelait constamment. Refusée à l’université, elle quitte le pays pour retrouver l’élu de son cœur.

french-cancan-danse-cabaret-resort-tunisie-danseuses-french-cancanElle trouve un emploi au centre de villégiature où travaille son amoureux. «J’étais animatrice pour les touristes. Je donnais des cours de volley-ball et de planche à voile. Et je dansais pour les soirées cabaret. Du country pour la danse en ligne, des remake de Thriller de Michael Jackson ou de Grease.»  Cindy faisait ses premiers pas de danse, loin de s’imaginer que cette passion la ferait vivre des années plus tard.

Découvrir sa féminité

Au contact d’une des danseuses de l’hôtel, Cindy explore sa féminité. «C’était vraiment une poupée. Elle savait utiliser ses atouts. C’est elle qui m’a fait devenir femme, qui m’a appris à me maquiller, m’habiller. Je n’avais aucun style, avant. Moi, personne ne me connaissait. Je pouvais former mon image comme je le voulais. J’y ai trouvé ma confiance.» En Tunisie, la blancheur de sa peau et la blondeur de ses cheveux font tourner les têtes. Les «Cindy Doll t’es même pas belle» sont très loin. Elle se sent renaître.

Racisme et amour interdit

La jeune femme retourne une fois de plus en Angleterre après un séjour de trois mois à travailler au resort. Elle communique sans cesse avec son amoureux. Dans ses rapports avec sa famille, on la sent ailleurs, la tête dans les nuages. Elle ne peut plus cacher son secret. «Ma famille est assez raciste… Ils étaient sur mon cas quand ils ont appris que je sortais avec un Tunisien. Et moi je ne voulais pas dire la vérité: oui, il était très possessif. J’étais en amour, à 17 ans je ne voyais pas que c’était un problème.»

Sa famille, qui l’avait abandonné à son sort toute son enfance, fait pression. Elle a peur que le jour de ses 18 ans, Cindy reparte pour la Tunisie. «Ils se sont cotisés pour me donner de l’argent pour que j’aille passer cinq semaines avec ma sœur, au Québec. Ils étaient unanimes: si je retournais voir mon chum, je perdrais leur respect. C’était ma dernière chance de sauver ma relation familiale.»

Cindy préfèrerait retourner dans les bras de son Tunisien. Elle connaît peu sa grande sœur qui a quitté le foyer alors qu’elle n’avait que 10 ans. Elle est intimidée par celle qui lui envoyait des cartes postales et des cadeaux d’un peu partout dans le monde dans son enfance. Le seul lien qui les relie. Malgré tout, Cindy accepte. Sans se douter une seconde qu’elle laissera toute sa vie, et sa famille dysfonctionnelle, derrière elle pour fonder la sienne.

NDLR: Ce billet est le deuxième d’une série de 4. La suite sera publiée le 26 septembre prochain.

Première partie de Violence familiale et famille dysfonctionnelle

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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