Décrochage scolaire: Entre la rue et l’école

Jeunes et décrocheurs

Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.

Annie Mathieu          Dossier  Famille , Éducation

Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.

Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.

«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»

Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»

Responsabilité partagée
Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle.

Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.

Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.

Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».

Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».

Marie a été chanceuse, ses parents sont compréhensifs. «Mes parents savent que mon but, c’est de retourner à l’école. Ils ne sont pas frustrés. Ils m’ont dit ‘‘ok, si t’as besoin d’un break’’. Peut-être qu’en septembre prochain, je vais recommencer à l’école aux adultes, avance Marie. Je travaille mieux de mon propre gré. Je vais peut-être aussi me sentir plus libre.»

Des coupables?
«Coupable» n’est pas le mot à employer, selon Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES). Il est plutôt question d’une conjoncture de facteurs lorsqu’il est question de décrochage scolaire.

D’une part, beaucoup d’élèves entrent au secondaire avec un niveau de lecture équivalent à la 3-4e année du primaire, indique-t-il. Les professeurs ne doivent pas laisser filer de tels élèves, croit-il. C’est malheureusement trop souvent le cas. Un faible niveau de lecture entraîne des retards importants dans toutes les matières scolaires, précise-t-il.

Les enseignants, pour leur part, ne manquent pas de bonne volonté. Ils sont souvent très bien formés mais manquent de ressources ou de connaissances pour encadrer ceux qui sont en difficulté, indique Égide Royer. Avec des classes de 25 élèves qui en comptent au moins 5 en difficulté, la situation tend à dépasser le personnel enseignant.

Finalement, M. Royer note une hausse importante de jeunes affichant un comportement d’incivilité, manifestant l’ignorance ou un rejet des règles élémentaires de la vie sociale. Les relations des jeunes avec les adultes se sont profondément modifiées, ajoute-t-il. C’est le problème actuel des enfants rois.

On parle aussi des parents rois qui «prennent fait et cause pour leurs enfants alors que le travail d’un parent c’est de tenir le fort», précise-t-il. Les parents devraient être plus attentifs dans le suivi de l’éducation de leur enfant, croit M. Royer. Ceci commence, par exemple, par la simple lecture d’histoires avant le coucher. Un bon moyen pour initier les jeunes à la lecture et éviter qu’ils accusent un retard crucial au primaire.

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QUAND PLEURENT NOS JEUNES D AUJOURD’HUI

QUAND PLEURENT NOS JEUNES D’AUJOURD’HUI

Patricia Turcotte, internaute de St-Georges de Beauce

Voici un titre plutôt triste je l’avoue, mais aussi réaliste et d’actualité. Rares sont les familles où on ne compte même plus sur les doigts d’une seule main les enfants qui versent des larmes de sang, suite au divorce de leurs parents. Parce que l’amour entre un homme et une femme peut aussi durer le temps d’une période indéterminée.

Certains de ces jeunes enfants du divorce ont versé en cachette de tous trop de larmes de sang sur l’oreiller, mais quelquefois, fort heureusement, sur l’épaule d’un véritable ami de route. Plusieurs d’entre eux auront tout de même eu cette formidable chance à travers leurs malheurs d’avoir des parents assez humains et détachés de leurs propres blessures pour ne pas se servir de leurs enfants comme des otages ou des boucliers humains. Leurs exemples peuvent aussi servir à apprendre subtilement à leurs enfants que le véritable amour entre deux personnes qui s’aiment vraiment peut aussi prendre fin légalement, civilement et religieusement sans toujours mettre fin au véritable amour fraternel. Ainsi, les blessures de tous seraient beaucoup moins profondes et bien moins longues à cicatriser; quand ce beau rêve est humainement possible, évidemment.

Jeunes et familles d’accueils

De plus en plus, il y aura pour les jeunes autant de familles encore unies que de parents divorcés, des familles d’accueils qui se multiplieront à travers les communautés ou des personnes extrêmement charitables, humaines, professionnelles et ouvertes sur les dures réalités que vivent nos jeunes enfants du divorce. À tous les niveaux, ceux-ci auront besoin des meilleurs soutiens possibles: affectif, émotif, psychologique, social et spirituel. Le ministère de la famille verra, j’en suis certaine, à apporter un soutien entier et une approche globale en mettant sur pied des équipes multidisciplinaires pour soutenir nos jeunes qui, après tout, sont nos travailleurs et nos députés de l’avenir.

Le réseau de la santé mentale

Bientôt viendra le temps d’agrandir et de moderniser nos réseaux de la santé mentale, et ce, autant à travers le Québec et le Canada qu’à travers les pays du monde entier. Parce que les centres de crises des maladies mentales, les maisons de réhabilitations et de thérapies intensives, les départements de la santé mentale dans les hôpitaux, les institutions psychiatriques à courts et moyens termes, ainsi que les prisons de chaque pays verront s’alourdir, hélas, l’entrée de nouveaux arrivants ayant à peine atteints l’âge de la majorité. Ces lieux devront être de plus en plus accueillants et chaleureux, afin d’apporter un baume temporaire à nos jeunes, tout en leur donnant le sentiment véritable d’avoir enfin trouvé une véritable place d’accueil et d’hébergement dans la communauté et dans la société.

Jeunes et paradis artificiels

Plusieurs de nos propres enfants et petits-enfants, du divorce ou non, s’en sortiront très bien dans la vie, peu importe quelles difficultés ils auront à traverser. D’autres jeunes n’auront pas d’autres choix que d’engourdir leurs souffrances morales inconsolables à travers les illusions et les mirages que procurent parfois les paradis artificiels tels, la boisson à outrance, la dépendance affective, la sexualité débridée, les jeux de hasard, les sciences occultes outre mesures, quand ce ne sera pas le découragement et les tentatives de suicides. Certains des jeunes, venant de toutes catégories aussi, mais moins chanceux, pataugeront à travers les tas de paradis artificiels causés par les multiples drogues sur le marché, sans compter qu’ils chercheront peut-être à expérimenter et abuser des multiples drogues illégales, sans compter que par la suite, ils risquent de côtoyer des gangs de rues et des milieux criminalisés, etc, etc.

Quand ils auront atteint le fond du baril de la souffrance humaine, les plus éveillés, débrouillards et généreux de nos jeunes de familles divorcées ou non, et cela est important à préciser, auront tout de même atteint à travers ces grands brouillards une sagesse nouvelle qui servira sûrement de tremplin pour venir au secours des jeunes plus miséreux qu’eux-mêmes. Avec une note humoristique, j’ose écrire que plus d’un de ces jeunes devenus adultes, n’auront même plus le goût de visiter au quotidien l’enfer sur terre.

Quand le jeune devient parent

Sortiront alors de ces mille douceurs ou misères, des intervenants sociaux, des journalistes, des écrivains, des policiers, des professionnels de la santé, des gardiens de prison, de casinos ou de résidences d’accueil, des spécialistes en aménagement du territoire dans les MRC et les villes, des diacres pour les paroisses, des coiffeuses, des menuisiers, des artistes, etc. Et oui, il y aura des papas et des mamans qui répéteront possiblement les mêmes scénarios, tant et aussi longtemps qu’ils ne comprendront pas leurs propres parents qui ont simplement donnés le meilleur d’eux-mêmes, y compris avec le contenu de leurs bagages de vie personnels.

Soyons compatissants, humains et accueillants avec tous nos jeunes, peu importe les multiples chemins qu’ils choisiront. Ayons confiance en eux le plus possible, en ayant surtout confiance que la vie les guidera mieux que n’importe qui d’entre nous; en s’assurant quand même de leur fournir tous les outils dont ils auront besoin dans leurs familles, dans la communauté et dans la société. Peut-être aussi verra-ton le ministère de la famille inclure une section spécialisée qui viendrait en aide directement à ces jeunes adolescents (es) et jeunes adultes en devenir? Il est nécessaire de leur apporter des équipes multidisciplinaires pour mieux les soutenir. Après tout, ce sont nos futurs travailleurs et travailleuses. Vaut mieux rêver en couleurs que de ne plus rêver du tout!

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Rencontre avec Pierre Verville

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Rencontre avec Pierre Verville

Chapitre 5   Histoire complète.       Dossier Humoriste

Rencontrer des jeunes qui vont bien dans leur vie, des parents qui les soutiennent, déjà c’est pas facile. Voilà qu’un artiste, Pierre Verville fait parti de la salle. J’ai rencontré une bonne cinquantaine d’artistes pour des entrevues de toutes sortes. Je n’ai jamais eu de difficulté avec eux. Je les rencontrais en tant que personnage public qui avait un message à livrer.

Mais voilà que Pierre Verville est présent, non pas comme artiste, mais comme parent. Pour soutenir sa famille qui participe à ce concert. Lorsque je prends le micro, j’essaye de regarder les gens droit dans les yeux et de balayer la salle. Mon regard tente de prioriser les endroits stratégiques des gens qui sont devant moi. Je suis là, premièrement pour les jeunes. C’est sur eux que mon regard se doit d’être le plus présent. Mais la présence des parents m’intimide et mon regard ne cesse de balayer ceux des parents. Pire, je ne cesse de m’attarder à la présence de Pierre Verville.

Prioriser les parents n’est pas juste et honnête pour les jeunes. Prioriser Pierre Verville, n’est pas juste pour les autres parents présents et encore moins pour les jeunes. Conscients de cette difficulté, je me promets que je vais rencontrer Pierre Verville pour lui exprimer ce que je ressents, une façon d’exorciser ce malaise qui me poursuit d’une année à l’autre. Je n’ai pas eu l’occasion de le croiser avant le début du concert.

Lors de la pause, je vois Pierre Verville jaser avec un des amis de Normand. Je ne veux pas m’imposer. Ensuite il se dirige vers sa conjointe, Johanne, qui a pris la responsabilité de la technique. Je n’ai pas osé le déranger à ce moment-là. Je n’ai pas eu d’occasion de le rencontrer. J’essayerais à la fin du concert. Je retourne à ma place rejoindre Danielle.

À la fin de la pause, Pierre Verville regagne sa place à l’avant. Pour se faire, il passe devant mon banc. Il s’arrête pour me féliciter de mon allocution. J’en profite pour exprimer le fait qu’il m’intimidait. Bon je sais, vous allez me dire que ce n’était pas parfait comme instant de relation, que je n’étais pas à l’écoute de Pierre Verville et de ce qu’il me partageait. C’est vrai. J’en suis conscient. Mais j’ai au moins réussi à briser la glace. Si je me suis laissé intimider par Pierre Verville, je veux tout de même vous rassurer. Pierre Verville est un chic type et il est entouré d’une belle famille. Ce n’est pas lui qui est intimidant, c’est le regard que j’avais de lui qui l’était.

Être une vedette ne doit pas toujours être facile. Je veux m’assurer que je respecte les lieux et les moments où une vedette n’est pas une vedette, mais un papa et un conjoint dans sa vie intime.

En partageant ce vécu sur mon blogue, cela va me permettre d’être encore plus vigilant si une autre occasion similaire se présente. Cela démontre d’une part, que je ne suis pas parfait et que je dois continuer à travailler sur la qualité des relations que je développe avec les gens. D’autre part, que je dois continuer à utiliser des moyens pour m’aider à me dépasser d’une fois à l’autre. L’écriture est l’un de ces moyens. Que ce soit dans un livre ou sur un blogue, j’écris premièrement pour m’aider à mieux me connaître. Et si cela peut aider quelqu’un dans son cheminement, tant mieux pour lui.

Merci à Ginette, Normand, Soeur Marie-Paule, Dylan, Arnaud, Laurence R., Marianne, Noah, Noémie, Geneviève, Audrée, Karyne, Laurence D., Laurence T.L., Carl, Élisabeth, Hugo, François, Nadine et tous les parents et amis présents à cette magnifique journée.

À suivre… Chapitre 6 Le concert.

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La réforme et le français; dérapage?

La réforme et le français; dérapage?

Un témoignage intéressant paru dans L’actualité du 15 octobre. «Une suppléante se vide le coeur». J’y ai appris les nouvelles normes du français. Un adjectif ne s’appelle plus un adjectif, mais «noyau du groupe adjectival».

D’une part, la directrice qui avait engagé la suppléante ne savait même pas la nouvelle appellation des adjectifs. Comment peut-on aider un suppléant, quand on ne parle déjà plus le même langage?

Mais le problème que je vise ici, n’est pas la directrice. Cette rupture de communication entre la directrice et la suppléante, elle vient de cette fameuse réforme. La dernière ou l’une des dernières. Parce que j’entends parler de réforme depuis des décennies. Et il semblerait que rien ne se soit amélioré d’une réforme à l’autre.

Je suis auteur et rédacteur en chef. À la lecture de cet article, j’appréhende maintenant le jour où je vais engager un journaliste qui ne saura pas ce qu’est un adjectif et qu’il me parlera d’un «noyau du groupe adjectival»!

Désolé, mais ça sera une raison pour ne pas l’embaucher. Je dois être capable de communiquer avec mes employés! Je me considère très avant-gardiste. Mais il semble que sur certains points je suis vieux jeu et conservateur. Un adjectif, c’est un adjectif. En quoi cela peut aider un jeune de tenter d’apprendre que c’est un «noyau du groupe adjectival»?

Pire, il y a le décrochage des parents dans l’aide qu’ils peuvent apporter à leurs enfants. Tant que ceux-ci apprennent des matières de base, le parent peut donner un coup de main. Arrive un jour où le parent, dépassé par les notions ou connaissances à maîtriser, ne peut plus aider l’enfant. Après tout, ce ne sont pas tous les parents qui ont fait du «calcul différentiel et intégral». Et c’est bien correct ainsi.

Mais là, en changeant des termes de bases, connu d’à peu près tout le monde, le parent risque de décrocher beaucoup plus rapidement.

Ces fichues réformes scolaires, ça me rappelle ce que nos gouvernements ont fait aux Inuits. Dans les années 60, le fédéral les envoyaient apprendre l’anglais et ils n’avaient plus le droit de parler Inuktitut. Question de les assimiler. Ensuite, dans les années 70, le provincial veut reprendre ses droits dans le Grand Nord et exige que l’école se passe en français. Cela donne comme résultat, un grand-parent qui ne parle qu’Inuktitut, un parent qui parle anglais et Inuktitut et un enfant qui parle français et Inuktitut. Vous croyez peut-être que tout ce beau monde réussit à se comprendre en parlant Inuktitut. Pas toujours. Non seulement parce que certains ont perdu leur Inuktitut en fréquentant les écoles fédérales, mais aussi parce que l’Inuktitut parlé se laisse influencé par la langue seconde apprise!

L’objectif initial de cet exercice avec les Inuits étaient de les assimiler et de faire disparaître une culture. Quel est l’objectif du ministère de l’Éducation avec ses réformes bizaroïdes? Avait-il une direction précise avant de déraper?

En ce qui me concerne, je resterais fidèle aux adjectifs. Désolé pour les réformistes.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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