La place des papas

En soutenant l’intégration de la réalité des pères dans l’offre de services à la famille, le Regroupement pour la valorisation de la paternité (RVP), en quelques années d’existence, a réussi à rejoindre tout le Québec.

Un texte de Mahdia Mellal  – Dossier Famille


Père lui-même de deux enfants, Raymond Villeneuve a eu le coup de cœur pour la cause. S’investir dans la valorisation de la paternité lui est apparu comme une évidence. «J’en suis venu rapidement à réaliser qu’il y avait beaucoup de choses à faire à ce niveau-là. Oui, on souhaitait l’engagement paternel, mais dans les services, les politiques, les pères étaient très peu présents.»

Après avoir découvert l’organisme, il s’y investit, dans un premier temps bénévolement puis de façon permanente. Il en est aujourd’hui le directeur.

Diane Dubeau, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie à l’Université de Québec en Outaouais, a rejoint le train en marche en 2010. Elle y a trouvé sa place en tant que présidente: «Mon intérêt pour les pères et leurs rôles dans le développement de l’enfant remonte à 25 ans. J’en ai fait mon sujet de thèse, mais n’ayant pas répondu à toutes mes questions, j’ai décidé de continuer à travers d’autres projets: l’évaluation de l’intervention auprès des pères et la façon de les rejoindre. »

… la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Le RVP est un organisme qui a réussi à rassembler les acteurs ayant à cœur l’engagement paternel et qui est porteur d’un même objectif: valoriser le rôle des pères dans l’épanouissement familial et sociétal. Pour cela, ils organisent des conférences sur différentes réalités paternelles (être père gay, beau-père, la séparation conjugale, etc.), tout en organisant des activités pour célébrer le rôle du père et le promouvoir, comme lors de la fête des Pères.

Changements sociétaux

Au Québec, de nombreux changements sociaux se sont opérés autour de la représentation du père; elle est passée de l’image du père pourvoyeur à celle du père affectif et impliqué dans la vie de ses enfants.

Même si la mission première du RVP est la valorisation de la paternité, elle n’exclut pas pour autant les mères. Bien au contraire, Raymond Villeneuve rappelle que promouvoir l’engagement paternel profite à tous, autant aux enfants qu’aux mères. Dans un souci de respect de ce principe, il tient à ce que l’organisme y soit fidèle: «Dans les conseils d’administration, des membres et des partenaires, il y a toujours des femmes et des hommes, ce n’est pas une démarche sectaire, c’est beaucoup du ensemble pour le bien de tous.»

La coparentalité et l’égalité femmes / hommes sont mises en avant: «Il ne suffit pas de parler de valeurs, mais les vivre et les incarner soi-même. L’image que nous projetons, la présidente et moi, est lourde de sens, elle reflète la démarche commune homme-femme pour faire avancer les choses.»

Le cœur du sujet et l’âme de l’organisation reposent sur la co-construction de la famille: «Avant, il y avait le rôle du père et les tâches de la mère. Aujourd’hui cette répartition s’est atténuée. On est plus dans le partage des rôles, la coparentalité et le ensemble. C’est une toute nouvelle gestion de la vision familiale qui pose un certain nombre de défis.»

Sur la perte de l’autorité paternelle telle que conçue dans les sociétés traditionnelles, les représentants s’accordent à dire que cette question est peu d’actualité au Québec: «Les pères Québécois se préoccupent très peu de cela, du moins les jeunes pères. Ceux-ci sont préoccupés par l’encadrement de leurs enfants, qui leur semble essentiel pour le développement de leurs enfants.»

Diane Dubeau avoue tout de même que la tâche n’est pas facile; cela nécessite du temps et des efforts pour faire des choix, par exemple: comment concilier travail et famille, surtout lorsque les enfants sont en bas âge? Qui devra s’absenter du travail lorsque cela est nécessaire?

Elle maintient tout de même que cette nouvelle façon d’aborder la parentalité est un gain considérable pour la famille.

La stratégie du RVP est d’accompagner les pères dans cette nouvelle démarche via des partenaires membres du secteur communautaire en contact direct avec les familles. Il y a 10 ans, Centraide du Grand Montréal a saisi le potentiel du RVP et a été la première instance à le soutenir financièrement. Les ministères de la Famille, de la Santé et des Services sociaux ainsi que le Secrétariat de la condition féminine ont ensuite suivi le pas.

Avec seulement deux employés permanents et des projets d’envergure provinciale, le Regroupement pour la Valorisation de la Paternité doit faire face à un défi interne important : la croissance de ses activités sans une croissance correspondante de ses ressources humaines.

En complément à Reflet de Société +

Écoutez cette vidéo humoristique de Naître et grandir sur le moment présent des enfants.

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Stressant, être parent ?

Stress, dépression, burnout… Ce sont maintenant des mots que l’on retrouve souvent dans les articles qui traitent de parentalité. Ils suscitent aussi beaucoup de réactions de la part des parents sur les réseaux sociaux. De l’extérieur, on peut se demander si ça va mal à ce point sur la planète parents. Bien sûr que non, mais ça pourrait aller mieux.

Un texte de Julie Fortier, responsable éditoriale, Naître et grandir – Dossier Santé mentale

Course contre la montre…

Est-ce le manque de temps qui cause le plus de stress aux parents? Les facteurs de stress varient d’une personne à l’autre, mais ce serait l’impression de ne pas avoir le contrôle sur le temps – plutôt que le manque de temps en soi – qui serait stressante. Or, cette sensation de manquer de temps, plusieurs parents d’aujourd’hui la ressentent, comme le démontrent les statistiques.

Selon un récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), 20 % des parents ont dit ressentir une « forte pression liée au manque de temps ». Avoir du temps pour soi a aussi été identifié comme une des trois situations les plus difficiles par 46 % de parents d’enfants de 0 à 2 ans, rapporte une étude menée auprès de 1 126 mères et 160 pères par le Réseau des Centres de ressources périnatales du Québec.

De plus, 62 % des parents considèrent la conciliation famille-travail comme une source de stress importante, révèle un récent sondage réalisé pour l’Observatoire des tout-petits. Selon d’autres chiffres de l’ISQ publiés en 2016, 37 % des parents ont aussi affirmé être épuisés quand arrive l’heure du souper et 55 % ont dit manquer de temps libre pour eux.

Trop de pression?

L’engagement des parents d’aujourd’hui dans leur vie de famille peut aussi faire augmenter le niveau de stress. Pas étonnant que le terme burnout parental ait fait son apparition il y a quelques années. Il ne s’agit pas d’un trouble officiellement reconnu, mais il a été étudié sérieusement par des chercheuses belges.

Plusieurs parallèles peuvent d’ailleurs être faits avec le burnout professionnel, selon le psychologue du travail Nicolas Chevrier. Comme il l’explique, les exigences que s’imposent les parents, les mères surtout, alors qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires (temps, argent, humeur stable…), peuvent causer du stress. Et lorsque le stress devient chronique, il peut mener à l’épuisement.

À la recherche de solutions

Oui, il existe des solutions pour aider les parents, et elles sont connues. Plus de mesures de conciliation travail-famille (et des parents qui s’autorisent à les utiliser quand ils y ont droit), un meilleur partage des tâches ménagères, des soins aux enfants et de la charge mentale entre les parents, un meilleur accès aux professionnels de la santé et aux psychologues font, entre autres, partie des moyens souvent cités.

Diminuer les attentes que l’on s’impose comme parent, briser l’isolement, demander de l’aide aux proches, prendre du temps pour soi sont aussi des conseils souvent donnés pour faire diminuer le stress et prévenir la détresse parentale.

Aller chercher du soutien, surtout quand on n’a pas la chance d’être bien entouré, est une autre façon de faire baisser la pression. Malheureusement, 25 % des parents d’enfants de 0 à 5 ans ne connaissent pas les ressources offertes dans leur région, selon des données de l’ISQ.

Peut-être que les jeunes parents ont aussi le réflexe de se tourner davantage vers les réseaux sociaux pour trouver des solutions. Les groupes de parents sur Internet peuvent d’ailleurs être positifs, selon la spécialiste du stress Sonia Lupien. Quand les parents vivent des moments difficiles, les encouragements et conseils des autres peuvent donner « l’impression de reprendre du contrôle sur la situation », explique-t-elle.

Un sujet encore tabou?

Évidemment, quand on a l’impression de sombrer, que plus rien ne va, il est important d’aller chercher de l’aide professionnelle. Plusieurs cas de dépression postnatale ne seraient d’ailleurs pas diagnostiqués ou traités. Bien des femmes taisent leur détresse parce qu’elles ont peur de passer pour de mauvaises mères. Comme en témoignent les nombreuses réactions que suscite un texte comme Maman est en dépression, juste en parler semble faire énormément de bien. Souvent, les commentaires se résument à « merci de mettre des mots sur comment je me sens ».

Références

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Valeurs des enfants: reflet des parents?

Vie de guide touristique

La confrontation de valeurs et de populations

J’exerce le métier de guide touristique depuis presque 8 ans. Je fais des circuits guidés dans un site historique du Vieux-Montréal et l’été, à l’occasion, je fais des visites thématiques de quartier.

Annie Dion-Clément | Dossiers Culture, Éducation

valeurs enfants parents sociétéCe que j’aime de ce travail c’est qu’il m’apporte beaucoup sur le plan humain. Je rencontre des gens de différents pays, de toutes les classes sociales et de tous les âges. Ces rencontres me nourrissent et me font réfléchir aux valeurs que je respecte. Parfois, certaines rencontres peuvent m’amuser ou me troubler. Ce fut le cas l’été dernier, lors d’une visite du Vieux-Montréal, avec de jeunes enfants de niveau scolaire.

La question qui tue

Dans le gazon en mangeant une crème glacée, je discutais avec les petits lorsqu’une fillette de 8 ans me demanda:

«Est-ce que t’as une voiture Madame?»

Je lui répondis que non je n’en avais pas parce que vivant à Montréal et habitant à proximité de mon lieu de travail ce n’était pas nécessaire.

Elle poursuivit en disant:

«As-tu une maison?»

Non, je ne possède pas de maison. En ville, il n’est pas nécessaire d’avoir une maison. Il y a des immeubles à appartements ou des logements où on peut vivre.

«T’as quel âge?»

J’ai 31 ans.

«Wow, t’as pas l’air de ça! Ma mère a 30 ans et elle a deux enfants. Est-ce que t’as des enfants?»

Non.

«Est-ce que t’as un mari?»

Non et je ne suis pas certaine d’en vouloir un!

Elle lèche son bol de crème glacée d’un air songeur en me regardant et en ajoutant:

«Tu as les dents croches.»

Silencieuse, je pensais, oui, j’ai les dents légèrement croches depuis mon adolescence.

Sans avoir eu le temps de lui répondre, elle me dit:

«Les itinérants ont les dents croches aussi! Est-ce que t’es pauvre?»

Suis-je pauvre? C’est une excellente question! Je ne crois pas lui répondis-je.

Question de point de vue

Même si je n’ai pas de maison, pas de voiture, ni d’enfant et de mari et que j’ai les dents un peu croches, je me considère riche en exerçant un métier que j’adore, en m’impliquant bénévolement dans des projets créatifs passionnants, en ayant fait des études en histoire de l’art et en tourisme, en vivant dans un petit appartement, en voyageant régulièrement et en étant entouré de gens vrais. C’est là que je vois ma richesse!

Avec ses grands yeux, la fillette me fixa et demeura surprise de cette réponse. Elle mit fin à notre conversation abruptement pour retourner jouer avec ses amis.

L’équation que la fillette faisait entre l’apparence des choses et la pauvreté me stupéfiait. C’était probablement ses parents qui lui avaient transmis ce regard sur les autres. Ayant été élevé dans un milieu modeste à Montréal, je n’avais pas les mêmes valeurs.

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Pour les 15 ans du Café-Graffiti, son histoire

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graffOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants.

Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.


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Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant où manger bonne bouffe est montréal souper spectacle bistronomiqueUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Internet : l’intimidation à la maison

Cyberintimidation

L’encadrement parental

Si jusqu’à récemment, l’intimidation ne franchissait pas les portes de la maison, Internet a fait voler en éclats cette barrière.

Éléonore Genolhac | Dossier Intimidation

Cyberintimidation-internet-maison-contrôle-parentalAujourd’hui, les enfants victimes d’intimidation le sont en permanence. Nous avons tous en mémoire les cas dramatiques d’adolescents mettant fin à leurs jours, car victimes de cyberintimidation.

Mais parce que l’école ne peut pas être la seule à lutter contre ce fléau, les parents doivent apprendre à accompagner leur enfant à l’heure du tout numérique.

Génération connectée

Martine est la maman d’un garçon de 6 ans, Arthur, une adorable tête blonde, mais qui comme de nombreux autres enfants de son âge, une fois l’école terminée, se rue sur l’ordinateur familial.

Arthur fait partie de cette génération née avec un ordinateur au bout des doigts, un pur natif numérique selon le terme du sociologue Mark Prensky. Preuve en est, du haut de ses 3 pommes, l’enfant sait se servir de sa console de jeu vidéo, de l’ordinateur et du vieil iPhone de sa mère.

Écran comme gardienne

L’Association canadienne des pédiatres préconise pourtant de ne pas laisser un enfant jouer plus de 30 min par jour devant un écran avant ses 7 ans. Beaucoup de parents aimeraient respecter cette recommandation, mais tout le monde court après le temps. L’écran a cette fabuleuse fonctionnalité d’occuper l’enfant et de le tenir tranquille.

Il est important de trouver un juste milieu entre l’écran et le temps en famille. La solution n’est pas dans l’interdiction, mais dans l’éducation qu’il faut en faire, affirme Thierry Plante, spécialiste en éducation aux médias chez Habilo Medias.

Modèle parental

Au moment de l’enfance, jusqu’aux alentours de 11/12 ans, les parents sont perçus comme des modèles. Le comportement qu’ils ont est celui adopté par l’enfant et leur usage d’Internet va l’influencer. Si très tôt l’enfant comprend qu’il y a des règles à respecter, qu’il ne peut pas tout dire sous prétexte que l’écran le protège, il y a fort à parier que plus âgé, il fera plus attention à ses propos.

Thierry Plante confirme qu’il existe «une corrélation positive entre le fait d’avoir des règles sur Internet et le comportement des jeunes quand ils surfent.» Car, les nouvelles technologies empêchent les signes de communication non verbale (gestes, expressions faciales…) qui représentent 70% du message, et en conséquence diminuent l’empathie. Il est plus facile d’être méchant derrière son écran.

Confiance

Il serait illusoire de penser pouvoir maîtriser l’utilisation des nouvelles technologies. À cet âge, l’ordinateur familial a cédé sa place au téléphone intelligent ou à la tablette, sur lesquels l’adolescent peut se connecter quand il le veut. Il est primordial d’installer un lien de confiance avec l’adolescent et de l’entourer, même s’il veut voler de ses propres ailes.

Il existe une multitude de réseaux sociaux, Facebook et Twitter étant les plus connus, et les parents peuvent vite se sentir dépassés. Mais s’il n’est pas nécessaire de les connaître dans le détail, il faut néanmoins que les parents cherchent à s’y intéresser, déclare Gaston Rioux, président de la Fédération des parents du Québec. Les parents ne doivent pas chercher à poser de jugement, mais s’efforcer à comprendre ce qui occupe leurs enfants.

Réseau à risque

Il existe des réseaux sociaux qui effraient plus que d’autres. Notamment Ask.fm. Basé en Lettonie, Ask.fm est un réseau social où chaque utilisateur reçoit des questions d’autres utilisateurs, qui peuvent être anonymes. Ce site a été largement critiqué en raison du cyberharcèlement qu’il peut provoquer. Le Premier ministre anglais David Cameron a lui-même appelé au boycott de ce site, responsable selon lui du suicide de 4 adolescents au Royaume-Uni en 2013.

Pour Thierry Plante, la solution n’est toujours pas dans l’interdiction, même s’il reconnait la dangerosité d’un tel réseau. Là encore, il insiste sur la nécessité d’avoir des discussions régulières avec son jeune, sur ce qu’il fait et où il va sur Internet.

Surveillance

Pour le spécialiste en éducation, il vaut mieux discuter et non interdire. S’il ne condamne pas l’utilisation de logiciels de contrôle parental, il invite à beaucoup de prudence à leur égard. «Si la surveillance est opérée à l’insu du jeune, cela risque d’avoir de lourdes répercussions et de briser le lien de confiance qu’il a envers ses parents», dit-il.

À cette forme d’espionnage, une solution pragmatique basée sur la confiance peut être privilégié. Thierry Plante préconise la création d’une tirelire à mots de passe: l’adolescent donne l’ensemble de ses mots de passe à ses parents, qui ne les utiliseraient qu’en cas d’urgence, si l’adolescent exprime un malaise face à une situation.

Un parent ne pourra jamais s’assurer de tous les agissements de son enfant. C’est pourquoi, et plus que jamais, l’enfant doit avoir confiance pour qu’il sache qu’il n’est pas seul, et qu’il peut librement en parler avec ses parents. Avant que les choses ne se gâtent.

Logiciels de contrôle parental

Il en existe 2 catégories : ceux de filtrage et ceux de surveillance.

Dans le premier cas, il s’agit de programmes qui interdisent l’accès à différents contenus définis par les parents (pornographie, violence…). Un tel dispositif est disponible dans les nouveaux systèmes d’exploitation (Windows Vista, Mac OS X …)

Dans le deuxième cas, il s’agit de logiciels espionnant l’utilisation d’Internet par l’enfant. Ces programmes agissent comme des mouchards.

Certains vont aller loin en enregistrant les saisies sur le clavier, les mots de passe, et prendre des captures d’écran… le tout envoyé régulièrement sur une adresse courriel. Les concepteurs arguant que c’est le devoir des parents de protéger leurs enfants.

S’il est recommandé l’installation de filtres parentaux pour garantir une connexion sûre au jeune public, il est déconseillé d’avoir recours à la seconde catégorie qui est de l’espionnage et mettrait en danger la relation parents-enfants.

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L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

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Poser des questions comme les enfants

La puissance du pourquoi

Toute invention, toute créativité découlent de la question que posent si souvent les enfants : « Pourquoi ? » Une habitude créative que les adultes devraient retrouver, que nous devrions tous retrouver.  

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers Famille, Croissance personnelle

Logo_chronique 2 (ajusté)À la radio de CBC, le pendant anglophone de Radio-Canada, le 31 décembre 2012, on interviewait Amanda Lang, l’auteure du livre The Power of Why, la puissance du pourquoi, qui soulignait l’importance de la curiosité à la base de toute créativité.

« Tous les enfants de cinq ans sont créatifs », affirmait-elle. « Ils n’ont pas d’ego. Pour eux, aucune question n’est stupide, toutes les questions sont fascinantes parce qu’elles représentent le début d’une aventure. »

Selon elle, les inventions proviennent du pourquoi, et donc du fait de remettre en question les manières convenues de faire les choses. Un pourquoi suivi le plus souvent d’un comment : comment améliorer une situation, comment trouver une solution à un problème identifié par le questionnement.

C’est ainsi que l’on a inventé les vêtements pour se protéger du froid, en récupérant en premier lieu les fourrures des animaux. C’est ainsi que l’on a inventé des semelles pour pour marcher. Que l’on a découvert comment conserver le feu qui réchauffe et qui éclaire.

Redevenir comme des enfants

dessin d_enfant famille familiale parent enfants jeunes père mèreTous les enfants dessinent et chantent, alors que beaucoup d’adultes n’osent plus le faire. Parce qu’ils dessinent mal, parce qu’ils ne savent pas chanter, pensent-ils. Alors que les enfants n’ont pas peur de se tromper. Ils dessinent avec bonheur des bonshommes pas très ressemblants et chantent sans se poser de question sur la justesse de leurs chants.

Les enfants n’ont pas encore ce genre d’orgueil pour les entraver. Ils comprennent qu’ils sont en apprentissage et cette souplesse leur permet d’écouter, d’observer et d’apprendre tout en s’amusant.

Rien ne nous empêche de les prendre en exemple. Au contraire, nous avons tout à gagner en « redevenant comme des enfants » en cette matière. En retrouvant la curiosité, la créativité de l’enfance… et le bonheur qui les accompagne.

Et en rejetant les affirmations du genre : « On a toujours fait les choses de cette manière » ou « Je suis trop vieux pour changer » qui nous empêchent d’évoluer.

Amanda Lang disait aussi, dans cette interview : « On se plaint du fait que les enfants posent trop de questions, mais le meilleur moyen de les faire taire, c’est bien de leur répondre ! » Ce qui nous amène à beaucoup travailler sur nous-mêmes, lorsque nous réalisons que nous n’avons pas toujours réponse à leurs demandes.

Et voilà déjà deux énigmes, deux questions importantes que beaucoup d’entre nous se posent en tant qu’adultes :

  • Pourquoi l’injustice sociale ?
  • Pourquoi vivons-nous sur Terre ? Ou en d’autres mots : Quel sens pouvons-nous trouver à notre vie d’être humain ?

Pourquoi l’injustice sociale ?

Pour autant qu’on observe un peu, on s’aperçoit forcément qu’il y a des inégalités sociales. On doute vite de l’existence du Père Noël dès qu’on réalise que nos cadeaux n’ont pas tous la même valeur.

On se pose des questions lorsqu’on voit d’une part le gaspillage de certains riches, et d’autre part les besoins des gens qui meurent de faim et de froid, couchés sur les trottoirs.

Pourquoi faut-il constamment baisser les salaires des ouvriers et augmenter la productivité, tandis que la petite minorité des très riches s’enrichit constamment ? Aux États-Unis, les républicains prétendent que seul l’enrichissement des riches peut relancer l’économie.

On pose beaucoup de questions sur la raison d’être des inégalités sociales et aucune réponse ne nous satisfait. Puisque les très riches dominent l’économie, ils dominent aussi la politique et ainsi, les réponses qu’on nous donne ont un petit quelque chose de biaisé qui les favorise toujours.

Les riches nous disent qu’ils méritent leur richesse, que celle-ci découle de leur travail et de leur créativité, qu’ils sont créateurs d’emplois, qu’ils font rouler l’économie. Ce qui laisse sous-entendre que les pauvres sont, à l’opposé, paresseux, sans créativité et qu’ils méritent leur indigence.

egalite famille familiale parent père mère jeune enfantLa vie en société repose sur l’empathie, c’est-à-dire sur la « capacité de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui, de s’identifier à lui », selon le dictionnaire du correcteur Antidote.

En se mettant à la place de l’autre, on comprendra que personne n’aime se retrouver dans une situation de passivité où on doit dépendre de la charité et de l’aide sociale, tout en continuant de vivre dans la misère. Une telle situation va à l’encontre d’une saine estime de soi et d’une confiance en la vie nécessaires à l’épanouissement de la créativité.

Sans estime de soi, sans confiance, sans espoir d’amélioration, l’aide monétaire donnée aux démunis risquent effectivement d’être détournée vers la bière, le tabac, les drogues, c’est-à-dire vers des évasions qui sont en fait des moyens d’autodestruction ou de suicide progressif.

Une meilleure répartition des richesses signifie plutôt de redonner aux pauvres des chances d’améliorer leur sort par le travail, par les études qui permettent d’accéder au travail, par un milieu de vie stimulant, etc. Autrement dit, il s’agit de redonner non seulement des biens, mais plutôt des chances égales à tous.

On pourrait nous dire que nous rêvons, qu’il s’agit d’une utopie, d’un idéalisme naïf. Et c’est vrai que la situation ne semble jamais s’améliorer de façon durable. C’est vrai que le chemin est long qui mène à une meilleure justice sociale et qu’on n’en voit pas le bout. Mais c’est le seul chemin qui vaille, le seul chemin qui puisse mener à une paix sociale et à une vie digne d’un être humain.

Pourquoi vivons-nous ? Comment trouver un sens à notre vie ?

famille parents enfants père mère jeunesNous souhaitons tous mener une vie créative qui puisse nous satisfaire. Mais nous nous rendons bien vite compte que nous ne pouvons pas être heureux seul et de manière égoïste. Tout bonheur naît d’un partage, et donc aussi d’une justice sociale.

Dès le départ, la vie repose sur la collaboration. Tout participe au grand échange naturel. L’énergie du soleil, l’air et les minéraux du sol permettent la formation des plantes. Et les plantes à leur tour nourrissent les animaux, puis les humains et ainsi de suite.

La plupart des organismes s’insèrent dans le mouvement de la vie sans se poser de questions. Seul l’homme le fait grâce à sa conscience. Une conscience qui lui permet d’avoir une grande influence sur son entourage, sur l’environnement, sur le monde.

Mais l’être humain ne peut trouver le bonheur de manière égoïste. Il ne peut le trouver que dans l’union, la collaboration, et donc dans le partage et l’empathie. En d’autres mots : par l’amour dans son sens le plus large. Empathie et amour pour ses semblables, mais aussi pour l’univers au complet, un univers qu’il doit de toute façon respecter pour survivre.

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4


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Quoi offrir à son père pour la Fête des pères?

La famille et les enfants

Dimanche le 19 juin 2011 plus que la Fête des pères

Que ce soit la Fête des mères ou la Fête des pères, ces fêtes sont de belles occasions de rapprochement familial.

Raymond Viger | Dossier Famille

351272_7257 Dimanche dernier je me retrouvais dans un concert de piano organisé par Ginette Charest-Cyr. Un spectacle de fin d’année pour les élèves de Ginette dédié au Journal de la Rue et à notre intervention auprès des jeunes. Une vraie journée de vacance annuelle à Danielle et moi.

Félicitations à tous ses élèves qui ont travaillé fort toute l’année pour nous présenter ce spectacle de piano: Arnaud Bourbonnais-Jean, Dylan Jérome, Laurence Dufresne, Sylvestre Lefrançois-Sabourin, Geneviève Paul-Hus, Noémie Paul-Hus, Laurence Robitaille, Laurence Tassot-Landry, Geneviève Savoir, Jeanne Trudeau, Justine Trudeau, Marianne Verville et Karyne Virgile.

43233_1576 Il est intéressant de souligner que ces pianistes ne ce sont pas seulement contentés de nous présenter leur travail au piano. Ils se sont amusés à nous présenter leur chorale. Pour le chant, une invitée spéciale, Élisabeth Robitaille. Pour la technique, merci à Johanne Pelletier et Pierre Verville. À noter que Johanne Pelletier m’a fait comprendre que je roulais les fils comme un garagiste. Johanne m’a montré la vraie technique pour rouler un fil et éviter de les casser.

Pour cette occasion, Danielle et moi avons pris le micro pour féliciter et remercier Ginette et ses élèves pour cet événement piano et chorale de haute qualité.

lettre-mere-enfant-famille J’ai aussi pris le temps de remercier et féliciter tous les parents et amis des élèves venus les soutenir et les entendre. Un merci à toutes ces familles d’être présentes et significatives dans la vie de ses jeunes.

Pour un jeune, d’avoir un parent qui prend le temps de le conduire à toutes les semaines un cours de piano ou à un match de hockey peut devenir un acquis. Un parent qui sacrifie une soirée avec ses propres amis pour être présent aux obligations de ses enfants peut aussi passer inaperçu. Parfois il faut soi-même devenir parent pour réaliser tous les sacrifices que les rôles de père et de mère peuvent comporter.

En cette Fête des pères, je veux dire un gros merci à tous ses papas et ses mamans qui se dévouent avec amour et passion pour leurs enfants. Comme le dit si bien un proverbe Africain, ça prend tout un village pour élever un enfant. Un village remplit de papas et de mamans. Des papas et des mamans qui ne comptent ni leur temps, ni leur énergie pour offrir cet environnement sain à leurs enfants.

Merci Ginette d’avoir permis ce beau rassemblement de pères, de mères et de parents autour de tes élèves. Merci à toutes ces familles pour le bonheur que vous rayonnez.

Le plus beau cadeau qu’un père puisse recevoir ne serait-il pas simplement…

Merci papa pour tout ce que tu fais. Je t’aime papa. Accompagnez le tout d’un gros calin.

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L’amour en 3 Dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Meurtres et victimes avec Claude Poirier

Portrait du négociateur Claude Poirier

Claude Poirier, l’homme derrière les nouvelles

Été 1975, j’ai douze ans. Ma famille vit un drame épouvantable. Ma petite sœur, treize ans, vient de décéder, victime d’un horrible meurtre. C’est ma première rencontre avec Claude Poirier.

La Belle au Bois Dormant | Dossiers Criminalité, Média

claude-poirier-le-negociateur-journalisme-criminelsJe n’ai jamais revu Claude Poirier depuis. Le matin, j’écoute son émission où il fait une capsule d’information. Il a toujours été présent dans mes pensées.

Une journée d’automne, je le rencontre par hasard. Il sort d’un magasin. Ma première réaction spontanée est de l’interpeller: «M. Claude Poirier». Il répond simplement: «Oui». Je perds mon assurance, je ne sais plus quoi dire ou quoi faire. Il me demande gentiment ce que je voulais. Surprise totale, je m’entends dire que j’aimerais faire une entrevue avec lui! Moi qui ne suis pas journaliste, qui écrit seulement avec mon cœur et qui ne cherche jamais la “bébitte” noire chez les gens!

Je lui explique que je travaille pour l’organisme Journal de la Rue, que notre mission est de venir en aide aux jeunes qui ont des problèmes et que j’ai une chronique peu conventionnelle dans le magazine Reflet de Société. Ça ne sera pas une entrevue comme il peut avoir l’habitude de faire. Claude Poirier m’offre sa carte pour prendre un rendez-vous lorsque je serai prête.

Une entrevue avec Claude Poirier

claude-poirier-le-negociateur-journaliste-criminaliteDéchirée entre la fierté et l’inquiétude, je rencontre mon rédacteur en chef et lui raconte ce qui m’arrive. Je ne sais pas pourquoi, mais Raymond Viger est toujours optimiste face à ma capacité d’offrir un papier d’une sensibilité et d’une franchise propres à mon style. Il trouve que c’est une bonne idée et une belle expérience pour moi de faire une entrevue avec Claude Poirier. Ma première entrevue!  Avec son encouragement et la curiosité aidant, je garde les coordonnées de Claude Poirier.

La torture mentale commence. Presque trois mois s’écoulent avant que je n’ose appeler Claude Poirier, lui qui est si populaire. Difficile de l’oublier, il est partout; à la radio, à la télé, je vois sa “bette” presque tous les jour.

Une journée, j’appelle Claude Poirier et lui demande un rendez-vous. En attendant son rappel, j’appelle ma maman pour lui raconter mon histoire. Elle me demande pourquoi je veux passer Claude Poirier en entrevue. Je lui réponds qu’il a toujours l’air fâché contre Jean-René Dufort, qu’il a toujours l’air sérieux et enragé lorsqu’il fait les nouvelles. Je me suis fait remettre à ma place par ma mère. Elle me dit d’abord que c’est un homme profondément humain qui a un grand cœur et à la bonne place à part ça.

Le meurtre de ma sœur

Ma mère me raconte, qu’au moment où ma petite sœur a été retrouvée sans vie, elle était dans son auto. Fidèle à son habitude d’être le premier arrivé sur les lieux du crime, Claude Poirier est venu chercher ma mère, il l’a fait sortir gentiment et a pris grand soin d’elle, avec beaucoup de compassion. Ma mère était durement atteinte par la mort de sa toute petite jeune fille. Claude Poirier l’a prise dans ses bras pour lui annoncer la nouvelle. Il l’a gardé un long moment dans ses bras, essayant de la consoler et de calmer son cœur de mère déchiré avant de la remettre aux soins des ambulanciers.

Au début de l’entrevue, je voulais savoir s’il garde souvenir de ce qu’il voit, jour après jour, depuis presque 40 ans de métier. Il a dû en voir des choses horribles, des moment où le cœur veut te sortir de la poitrine, un métier qu’il exerce dans une ville où presque tous les jours il arrive des choses atroces, autant aux personnes âgées qu’aux enfants, aux gens sans histoire qui, du jour au lendemain, se retrouvent avec une  blessure irréparable au cœur. Je demande à Claude Poirier s’il se souvient de notre blessure à nous, celle de la disparition tragique de ma petite sœur. Eh bien, sans hésitation, Claude Poirier me répond que oui. Il se souvient de ma mère, assise dans sa voiture lorsqu’ils ont trouvé ma petite sœur. Il a eu la gentillesse de ne pas me raconter certains détails. Avec humilité, Claude Poirier m’a seulement dit que cela avait été difficile pour tous les gens présents.

La sensibilité de Claude Poirier

Cet instant de relation me permet de vous certifier qu’il n’a pas un cœur de pierre. On lui a déjà offert de se présenter en politique. Il a refusé. Il ne veut pas dire des mots ou des discours qui ne sont pas de lui. Lorsqu’il commente une nouvelle, on lui propose un sujet. Mais tout ce qu’il dit au petit écran vient de ses tripes. Claude Poirier dit ce qu’il pense, que cela fasse l’affaire ou non des autres n’a aucune importance. Claude Poirier croit en ce qu’il dit et personne ne peut lui faire dire autre chose que ce qu’il pense. Claude Poirier ne lit pas les nouvelles, il les commente et cela demande d’être clair et précis.

Moi qui pensais qu’après avoir vu autant de meurtres, de misère, de souffrance et de violence, qu’on pouvait s’y habituer. Pourtant non, cela continue de le toucher. Claude Poirier réussit à départager les choses. Ce n’est pas une machine, il a des sentiments nobles. Quand Claude Poirier a l’air enragé, c’est qu’il est choqué de ce qu’il voit et entend. Il se donne le droit de partager cette émotion avec son public. C’est un homme qui aime son métier, intègre, qui ne camoufle rien et qui n’est pas achetable.

Il a souvent une expression sarcastique quand il parle des jeunes; les jeunes-incompris-de-la-société. Ce n’est pas plus pardonnable qu’un jeune assassine ses parents que de voir des parents battre à mort leurs enfants. Ça le choque aussi de voir des jeunes briser les biens publics, faire du vandalisme, car il trouve qu’ils ne réfléchissent pas assez aux conséquences de leurs gestes.

J’ai été privilégié d’avoir cette entrevue avec cet homme et je le remercie.

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