Les premieres lecons de la crise economique

Les premières leçons de la crise économique

Lisa Melia DOSSIER Économie ET Politique

C’est dans un amphithéâtre rempli que Lionel Jospin a fait son entrée, sous les applaudissements, le 20 avril dernier à l’Université de Montréal. Lionel Jospin est une figure politique française très connue dans l’Hexagone, puisqu’il a été Premier ministre du président Jacques Chirac de 1997 à 2002. Affilié au parti socialiste, il a un temps enseigné l’économie, ce à quoi il est revenu le temps de cette conférence, organisée par le Centre d’études et de recherches internationales, sur les enseignements que les gouvernements et les institutions économiques devraient tirer de la crise économique qui secoue la planète depuis le début de l’année 2008.

Une crise d’abord financière

Lionel Jospin a d’abord souligné que la crise était avant tout financière. D’après lui, on a réalisé en 2007 que quelques établissements financiers regroupés à Wall Street pouvaient mener le système entier à la banqueroute. «Aucune zone de la planète n’est épargnée, rappelle M. Jospin. Chacun a sa part de responsabilité dans les dysfonctionnements, mais en vérité, si on va au fond des choses, c’est le système économique et financier lui-même qui est déséquilibré.»

Lionel Jospin - cerium Depuis les années 80, une industrie financière mondiale sans régulation s’est développée. Des crédits sont accordés à des familles qui n’ont pas les moyens de les rembourser. La spéculation, ce jeu qui consiste à anticiper les mouvements de la bourse, et même à les influencer, en achetant ou vendant des produits financiers, a été laissée sans contrôle.

Pourtant, plusieurs alertes auraient dû inquiéter les experts financiers. Dans la décennie 90, les crises financières se sont multipliées au Mexique, au Japon, en Argentine, en Russie. «Elles n’étaient pas tenues pour alarmantes, en dépit de leur ampleur, parce qu’elles survenaient à la périphérie du système», assène Lionel Jospin. C’est pourquoi le choc a été d’autant plus violent en 2008: cette fois, c’est le cœur du système qui était touché, dans le pays du capitalisme, que l’on croyait pourtant inébranlable.

Une crise économique et sociale

Il était pourtant inévitable que la crise financière devienne une crise économique car ces deux mondes sont intimement mêlés l’un à l’autre, ce qui mène à une augmentation des faillites et des licenciements. «La crise économique va entraîner son lot de souffrances, affirme M. Jospin. Subiront le plus ces maux ceux qui en sont le moins responsables.» Il souligne le sentiment d’injustice et de colère parmi les citoyens, qui vont devoir supporter le coût de la crise alors que les grands patrons de la finance continuent à recevoir des salaires et des primes de départ très élevés.

Les réponses gouvernementales à la crise

Les gouvernements se sont empressés de renflouer les établissements financiers, «ce qui était absolument indispensable pour éviter la banqueroute générale et un désastre économique», affirme Lionel Jospin.

Il note d’ailleurs que la crise a conduit à une véritable réhabilitation de l’Etat: ce sont les mêmes experts qui sommaient les Etats de ne pas intervenir dans l’économie qui demandent maintenant des aides pour éviter au système de sombrer. «Les dogmes libéraux ont volés en éclat!» Cependant, les milliards dépensés par les banques centrales et les gouvernements seront, à plus ou moins long terme, payés par les citoyens.

Les solutions de la crise

L’ancien Premier ministre est clair sur la question des solutions de la crise: il faut assainir le système financier global. Contrairement à la crise de 1929, qui a trouvé son origine dans les déséquilibres nés de la pemière guerre mondiale, la crise de 2009 vient du système lui-même. «Sortir de cette crise vraiment et éviter son renouvellement suppose de modifier [le système] profondément.»

Or, le G20, tenu à Londres le 2 avril dernier, est très insatisfaisant, selon Lionel Jospin. Le fait de tenir une réunion «élargie» à 20, qui inclue des pays comme la Chine et le Brésil, des acteurs économiques aujourd’hui incontournables, est un point positif. De même que le refus du protectionnisme et l’affirmation du besoin de contrôle et de régulation. Cependant, les gouvernements ne sont pas allés assez loin, estime M. Jospin.

«La crise ne doit pas nous faire oublier les défis de long terme.» L’ancien Premier ministre a en effet rappelé que d’autres problématiques telles que les ressources naturelles, les catastrophes climatiques dues au réchauffement de la planète, la famine et les problèmes de démographie étaient à prendre en compte aussi. En conclusion, «nous devons chercher un nouveau mode de développement. Il ne faut pas tourner le dos à l’idée de progrès, mais en renouveler le sens.»

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site du CERIUM

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Sarkozy, des graffitis et vandalisme à Montréal

Sarkozy, des graffitis et vandalisme à Montréal

Dossier Président Nicolas Sarkozy, GraffitiJournal de Montréal

Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin que le local montréalais de Nicolas Sarkozy a été vandalisé. Des graffitis plein la vitrine, des affiches collées un peu partout avec des mentions telles que:  » Sarkozy, sacre ton camp d’ici  » ou encore « Lutte sans frontière contre le facisme « . Selon Mme Khadija Doukali, la directrice de campagne de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), cela serait la deuxième fois que les partisans de Sarkozy sont victimes de vandalisme depuis le début de la campagne présidentielle.

Malik Dussaud, secrétaire de la section du Parti socialiste de Montréal se dissocie du vandalisme et trouve regrettable les événements.

Personnellement, je ne suis pas surpris de la tournure des événements. Je suis revenus de France le 23 avril dernier. À mon retour, des jeunes que j’accompagne à Montréal me font part de l’arrogance des gens qui travaillent pour Nicolas Sarkozy à Montréal. Par hasard, ils étaient près de l’ambassade de France et des gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy tentaient d’empêcher des gens de passer des tracts qui dénoncaient les agissements de Nicolas Sarkozy et de ne pas voter pour lui. La police a dû intervenir et mentionner aux gens de Nicolas Sarkozy, qu’au Québec, les gens ont le droit de faire cabale contre un candidat politique et qu’elle ne pouvait pas empêcher les gens de s’exprimer.

Les gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy étaient furieux et arrogants. Les jeunes de Montréal ont été surpris de leurs agissements et de leur façon de faire, comme s’ils étaient les seuls maîtres à bord, que la démocratie leur appartenait et qu’ils pouvaient contrôler les faits et gestes de tout le monde.

D’une part, l’équipe de Nicolas Sarkozy n’a pas été apprécié. Ni dans cette altercation près de l’ambassade, ni pour ses agissements dans les événements incendiaires dans les cités. D’autre part, depuis la venue d’Internet, les jeunes marginalisés sont en contact ensemble à travers le monde. Ils voyagent plus aussi. Quand les jeunes se sentent persécutés et opprimés en France, ce sont tous les jeunes à travers le monde qui se questionnent et qui sont prêts à riposter.

La France est un pays beaucoup plus rigide que le Québec. Sarkozy, tel que vous le verrez dans mon blogue de demain, n’y a pas été de main morte avec les jeunes et les cités. Je suis contre toute forme de violence. Mais nous devons nous questionner à savoir si Sarkozy est en train de récolter ce qu’il a semé? La violence attire la violence.

Après avoir séjourné 15 jours en France, après avoir rencontré des intervenants, des jeunes et avoir visité les cités, je fais des prières pour que Nicolas Sarkozy ne soit pas élu président de la république.

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