Google met fin à la vie privée: il lit nos courriels

Gmail espionne les courriels des utilisateurs

Paranoïa ou fait divers?

La nouvelle est tombée le 5 août 2014. Un pédophile a été arrêté grâce au module de surveillance Google. Coup de chance pour l’enfant, information dramatique pour les utilisateurs. Google espionne nos courriels.

Delphine Caubet dossiers InternetCriminalité.

Google espionnage courriels vie privéeDepuis plusieurs années, Google lutte contre les images pédopornographiques. Pour cela, leur module de surveillance scanne continuellement les images sur la toile pour arrêter les criminels.

Mais ce «fait divers» vient révéler un tout autre détail: Google ne fait pas que scanner les sites Internet, il se charge également des boites Gmail.

Les faits

L’américain qui vient de se faire arrêter est un pédophile déjà condamné. Si son arrestation est amplement justifiée, il est bon de noter que cette fois-ci l’homme n’a fait «qu’échanger» des images et des vidéos par courriels.

Entendons-nous, si je dis «qu’échanger», ce n’est nullement pour amoindrir son crime (bien au contraire!). Mais cette histoire révèle que Google lit nos courriels «par mesure de sécurité».

Vie privée?

Gmail espionnage pédophile module surveillanceAprès l’affaire Snowden qui a révélé que la NSA espionnait les conversations de Facebook et Skype, il est maintenant confirmé que Google lit nos emails.

Cette nouvelle autour de l’arrestation du pédophile vient en réalité confirmer des soupçons déjà présents depuis un moment. Le 14 avril dernier, dans la mise à jour des conditions d’utilisation de la messagerie, il était clairement stipulait que Google dispose d’un système automatique pour accéder au contenu des messages, afin d’offrir un des publicités adaptées.

Certains diront probablement que Google a permis l’arrestation d’un pédophile, et que si l’on n’a rien à cacher, on n’a rien à craindre.

Mais nous reste-t-il encore une vie privée sur la Internet? Si l’on compare les courriels aux lettres papiers, Google irait dans notre boîte et lirait nos messages.

Aux dernières nouvelles, seuls les États totalitaires ont ce type de pratiques.

Référence sur l’affaire Snowden.

Autres textes sur Internet

 Le référencement:

L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

Comment assurer d’être bien référencé pour votre blog ? Comment fidéliser les internautes ? Comment augmenter son trafic ? Comment interagir avec un Throll qui commente votre blog ?

guide-referencer-blog-referencement-naturel-livreMaintenant disponible, le livre Référencer son blogue, un mot à la fois. Un livre sur l’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé.

Écrire pour un blogue est différent que pour un magazine ou un journal. Comment maîtriser une technique simple et efficace pour que votre billet soit bien référencé par les moteurs de recherche tout en étant pertinent et cohérent pour les internautes? Les techniques d’écrire qu’il faut maîtriser sont expliqués dans ce guide.

Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

Pour commander le livre, par Internet aux Éditions TNT, par téléphone au (514) 256-9000 au coût de 9,95$.

Agression sexuelle d’un enseignant sur une jeune

Pédophilie et agression sexuelle

Lettre à mon agresseur

À la demande de plusieurs lecteurs, je présente ici un texte touchant que nous avions publié en 2008 dans Reflet de Société et dont les gens voulaient avoir accès à une version électronique.

Maline                                Dossier Sexualité

LETTRE AGRESSEUR2

Huit années séparent la jeune femme que je suis de l’enfant que j’étais. Tu étais mon enseignant. Je n’ai pas eu la chance de te regarder dans les yeux pour te dire ce qui  suivra, mais je crois, que, par l’encre et le papier, j’arriverai à te faire ressentir toutes les larmes qui ont mouillé mes joues, toute la rage que j’ai eue au cœur pendant presqu’une décennie, et toute la peur que j’ai eue de parler et d’être. Parce qu’en tant qu’enfant, on peut éprouver un certain malaise dans une situation donnée. Moi j’ai su, j’ai oublié, puis je me suis souvenue.

C’était en août 2000. J’étais une grande de cinquième année. Il faisait encore chaud, ça sentait le début de l’année. J’adorais l’école, j’étais une curieuse de nature, une fouine. Je suis entrée dans la classe, un peu nerveuse à l’idée de tout recommencer, de voir qui seraient mes compagnons pour l’année à venir.

L’acuité des souvenirs que j’ai de cette première journée en ta compagnie est impressionnante. Je me souviens de tout, de l’emplacement des bureaux à l’ombrage que créaient les deux arbres derrière les fenêtres de la classe. J’étais assise face à ton gros bureau brun de professeur. Tu nous as dit bonjour, puis tu t’es présenté.

Provenant d’une grande famille de la région de Québec, croyant, pratiquant, un enseignant de 52 ans. Tu semblais très intéressant, voire attachant. Tu as parlé de beaucoup de choses, très longtemps. De ce que Dieu t’avais apporté, de ce qu’il t’avait fait découvrir, de la passion que tu avais pour l’enseignement…

Je dois avouer que la suite m’échappe un peu, mais tu en es venu à nous parler de pédophilie. Que ce n’était pas correct, mais que, de nos jours, c’était plutôt courant. Puis tu as dit: «Ça m’arrive souvent d’accrocher des p’tites filles dans les parties intimes, mais j’m’excuse toujours.» Tu as dit ça exactement comme ça. Pourquoi ça m’a marquée? Pourquoi je m’en suis sou-venu six ans plus tard dans un cours d’éthique et culture religieuse? Je ne sais pas.

Septembre a passé comme l’éclair. J’aimais la façon dont tu partageais ton savoir, le temps passait rapidement à l’école.

Tes parents sont décédés en octobre si je ne m’abuse. Tu as été absent pendant quelques semaines, pour revenir vers la fin du mois d’octobre. C’est à partir de là que je t’en ai voulu, que je t’en veux encore.

Aurais-je tort de prétendre que j’étais ta chouchou? J’avais un accès presqu’illimité à la classe, quand j’en avais envie. Tu m’offrais de rester aux récréations et sur l’heure du midi pour jouer à l’ordinateur. J’avais même le privilège suprême de laver le grand tableau à la fin de la journée. Tu me gardais toujours près de toi. Quand tu organisais des concours de dessins, je gagnais. À l’heure de l’improvisation, je gagnais. J’avais tout ce que tu voulais me donner. À un certain point, j’en étais profondément mal à l’aise. Peut-être, toutefois, avais-je réellement du talent, peut-être…

Souvenirs de l’agression

Puis, tu te souviens de novembre? Novembre est froid, pluvieux, triste. C’est ce que je retiens de novembre. Quand il arrive, je me terre dans un coin jusqu’en mars. Tu te rappelles de novembre? Moi oui.

J’étais au troisième étage, en direction de ta classe. Tu te souviens de ce corridor? Sur la gauche, il y avait cinq ou six casiers. À la droite, l’escalier menant au deuxième. C’était très étroit et sombre. Puis tu es apparu. Tu marchais dans ma direction. Tu veux savoir ce que j’ai vu de mes jeunes yeux? Tu veux savoir ce que mon petit corps a ressenti? Tu veux savoir ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment-là? Je te l’offre.

Tu ne m’as pas saluée. Tu ne m’as pas regardée. Mais arrivé à ma hauteur, tu m’as attirée contre toi et tu as placé ta main entre mes cuisses. Entre les cuisses d’une enfant. Tu as pris deux de tes doigts que tu as forcés à travers mon pantalon. Tu voulais les entrer en moi, n’est-ce pas? Dans une enfant, c’est ça? Tu as forcé, forcé, jusqu’à ce que j’aie mal, parce que j’avais mal, oui. Tu t’es retiré et tu es parti. J’ai eu du mal à marcher. Je me suis arrêtée. «Il ne s’est pas excusé.»

J’ai fait le lien. Mais j’avais dix ans. J’ai osé penser que tu étais peut- être pédophile. C’était ça, non, la pédophilie? La définition que tu en avais donnée… Je me suis traitée de folle. J’avais dix ans, je me suis traitée de folle. Tu ne pouvais pas être pédophile, tout le monde t’adorait! Moi aussi, d’ailleurs. Sauf qu’à ce moment, j’ai commencé à angoisser vis-à-vis l’école. Tu ne m’as pas aidée, pour être franche. D’abord, il y a eu le clavardage sur l’heure du midi avec des étrangers sur internet. Tu trouvais ça bien drôle qu’un homme dans la trentaine face des avances sexuelles à une enfant. Tu te souviens des autres jeunes? K…, J…, D…, A… et J…. Tu nous avais inscrites sur un site de clavardage et tu nous regardais faire. Tu as poussé l’audace jusqu’à demander à ma mère de signer une lettre qui te donnais l’autorisation de me garder en classe sur l’heure du midi pour me faire travailler à l’ordinateur. Félicitations!

Cours de sexualité

Tu te souviens des cours de sexualité? Combien de fois tu nous les as présentés comme des cadeaux? «Si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas de cours de sexualité. M’dérange pas, moi, j’enseigne pas à des bébés.» Tu nous as donné un papier, à chaque élève. Tu nous as obligé à poser des questions. Tu les lisais à l’avant, celles qui n’étaient pas assez explicites, tu les jetais. Je t’ai même dis: «J’en ai pas de questions, moi!» Tu m’as répondu, que tout le monde avait des questions et qu’on était obligés d’en poser une. Je n’avais pas besoin, à dix ans, de savoir ce qu’était une fellation.

Chaque fois que tu m’approchais, je me crispais toute entière. Quand tu passais tes mains sur mes épaules, dans mes cheveux, j’arrêtais de respirer, de parler, mon cœur faisait un bond. Le traumatisme de la victime face à son agresseur, c’est ça?

Les conséquences d’une agression sexuelle

Après le voyage de fin d’année à Québec, j’ai commencé à souffrir d’un trouble psychologique étrange. J’ai cherché, de l’âge de 10 à 15 ans, ce dont il pouvait s’agir. J’ai consulté un psychologue durant 7 ans (une rencontre chaque mois pour 70$ = 5880$) pour mettre le doigt sur mes problèmes, un à un. On m’a prescrit des anti-dépresseurs, que je prends depuis maintenant 2 ans (une bouteille de prozac par mois = 1000$). J’ai fait trois dépressions et une tentative de suicide. Tu veux savoir de quoi j’étais atteinte?

  • Trouble obsessif-compulsif s’étant déclenché suite à un traumatisme durant l’enfance.
  • Attaques de panique récurrentes.
  • Crises d’angoisses sévères.
  • Peur incontrôlable de l’école.

J’ai parlé pour la première fois en novembre 2007. J’ai réalisé le mal que tu m’avais fait lors d’une visite du C.A.L.A.C.S. (Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel). Je l’ai annoncé à ma mère. Je lui ai pleuré dans les bras pendant des heures. Je ne l’ai pas dit à mon père, je ne savais que trop bien qu’il serait parti à Québec en furie, et le mot est faible. Ma mère s’en est chargée et l’a retenu. Tu m’as fait pleurer. Tu as fait pleurer mes tantes, mes cousines, ma sœur. Tu t’en souviens, de ma sœur? Mon père t’aurais tué, mon frère te détestait. Ils t’ont tous fait confiance et tu en as profité. Ma famille entière m’appuyait. Et pourtant…

Porter plainte à la police

En février, j’hésitais toujours à porter plainte à la police. Mes parents nous ont offert des vacances. J’ai porté plainte la veille des vacances. J’ai passé une semaine de rêve, loin de ma tête. À mon retour, j’ai reçu un appel de l’enquêteur qui me disait que le procureur de la couronne avait rejeté ma requête et que l’entrevue que tu devais avoir avec lui était, du même coup, annulée. Tu as eu peur, n’est-ce pas?

Mon anxiété, je la sens dans ma tête à chaque minute. Je doute à chaque seconde. À l’école, j’ai un taux d’absentéisme assez impressionnant. Mais tu sais ce qui me rend fière? Je me sais intelligente. Malgré tout. J’ai toujours gardé une moyenne scolaire aux alentours de 85%, 98% en anglais, 92% en français, 90% en histoire de l’art. J’ai lu Freud, Socrate, Camus et Proust. J’ai étudié Le Bernin, Michel-Ange, Duchamp et Magritte. Mes professeurs me disent que j’ai du potentiel. Ils aiment mes dissertations, eux aussi. Je vais étudier à l’université en communication, branche publicité et relations publiques.

J’apprends tranquillement à vivre avec une nouvelle moi, qui vit chaque jour comme s’il s’agissait du dernier. J’ai appris à ne plus me censurer, à exprimer qui je suis et ce que je ressens, soit par l’art, l’écriture, le théâtre, et maintenant la parole…

Et moi qui n’a jamais été capable d’approcher un garçon, voilà maintenant que j’essaie de mon mieux de lui accorder toute la confiance qu’aucun homme n’a eu de moi. J’ai des passions et des buts. Je n’ai pas oublié.

Et chaque fois que j’entends parler d’un pédophile, je tends l’oreille. Quand j’entendrai parler de toi, je jure que je serai la première au front. Je sais qu’il y en a eu d’autres, j’attends. Et si elles n’arrivent jamais, ce n’est pas grave. Parce que toi, tu sais. Toi, tu vivras chaque jour dans la peur que l’une d’elles se manifeste, encore. Tu auras peur de perdre ton équilibre, de te faire sortir de force de cette jeune retraite. Je ne t’aurais pas souhaité la prison ou la mort. Ta tête est capable elle-même, de te faire justice.

autres textes sur sexualité

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Traitement des pédophiles en prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Un prisonnier à la radio

Les pédophiles en prison

Raymond Viger   Dossier Prison, Criminalité

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-pen-tole Jean-Pierre Bellemare, chroniqueur pour le magazine Reflet de Société et détenu à la prison de Cowansville vient de passer 30 minutes à la radio sur le FM 93 à l’émission Bouchard en parle. Et ce n’est pas Sylvain Bouchard qui a voulu terminer l’entrevue. C’est le système carcéral qui a décidé que 30 minutes d’entrevue était suffisant et qui a mis fin à l’entrevue.

Entrevue très intéressante qui présentait la vie carcérale, la réalité des gangs de rue et des groupes criminalisés dans les prisons et surtout le traitement des pédophiles en prison.

Je ne peux vous donner le lien direct de l’émission sur le site du FM93. Il faut chercher l’entrevue de Jean-Pierre Bellemare le 30 août pour pouvoir l’écouter.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Les joies de la prostitution?

Témoignage d’une prostituée incarcérée

On a vu cette année des lettres ouvertes affirmer que la prostitution devait être traitée comme un métier semblable aux autres. J’ai moi-même été prostituée et je dis Non à de telles balivernes.

Chloé, détenue au pénitencier de Joliette   Dossier Prostitution, Sexualité, Chronique du prisonnier

legaliser-prostitution-legalisation-legalise-prostitution-escorte C’est une sottise de croire que la prostitution est un métier normal. J’ai peine à croire qu’à la fin de 2009, nous ayons encore besoin de dire que la prostitution est une chose épouvantable et profondément dégradante pour les femmes. Personnellement, je ne connais aucune femme qui ait une histoire heureuse à raconter à propos de son «travail de putain». Il faut dire clairement Non à toute forme de prostitution.

Conséquences de la prostitution

Je suis une jeune femme de 35 ans. Pour moi, la prostitution s’est échelonnée sur une durée d’un an et demi en tout. Je n’ai jamais pensé que cette expérience, somme toute pas très longue, laisserait dans ma vie autant de dommages aussi profonds. J’inclus dans ce bilan la dévastation de mes relations interpersonnelles et sociales et des dommages irrémédiables auprès de mes enfants et de ma famille.

Je ne peux estimer les torts causés à mon corps, mon âme et l’estime de moi, mais le constat de destruction est flagrant. Ma sexualité demeure, pour le moment, affligée de dommages irréparables et les ravages sont aussi colossaux dans toutes mes relations avec les hommes.

Les clients de la prostitution

Ces hommes… «mes clients»… Ces exploiteurs, mes abuseurs, ces pervers, mes pourvoyeurs d’argent et de matériel, mes inconscients. Ces hommes… que je ne pourrai plus jamais voir avec les mêmes yeux.

Je suis incarcérée depuis maintenant deux ans et quatre mois. J’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à tout ce qui s’était passé. Des visages de clients me reviennent en tête, avec des scènes de certaines exigences plus que particulières… C’est certain qu’à mes programmes de réhabilitation, le sujet revient souvent sur la table. Lors d’une séance de thérapie, une femme disait récemment que la prostitution n’avait rien changé dans sa vie. Je n’arrive pas à y croire! On ne peut pas vendre sa sexualité, son intimité, son âme, sa sensibilité, sa dignité, sa féminité, son odeur, sans en subir de conséquences. C’est humainement impossible.

Le sexe dans la prostitution

Au moment de l’acte sexuel, il se produisait une dissociation, comme si ce que je ne voulais pas salir allait se réfugier quelque part en moi… Tout devenait mécanique, comme si une autre prenait cette place dégoûtante où je ne voulais pas être… comme si je repoussais mon âme pour pouvoir passer au travers et «faire mon client».

Mais on ne peut pas se détacher complètement, et lorsque le client remontait ses culottes, je n’avais rien oublié de ce qui c’était passé. Et c’est lui qui avait le beau rôle car, une fois ses culottes remontées, il reprenait sa vie là où il l’avait laissée une heure plus tôt. C’est-à-dire qu’il redevenait un père de famille, un «honnête citoyen», un bon travailleur ou un patron super, un mari «aimant», un homme respecté par sa famille et ses amis… Moi, je restais la pute.

Sexualité et pédophilie

Ma sexualité a débuté à l’âge de quatre ans, imposée par un pédophile pervers. Cet événement a complètement marqué ma sexualité, amorcée beaucoup trop tôt.

Plus tard, j’ai vécu une longue relation avec un conjoint. Nous avons été ensemble huit ans et j’en garde des repères d’une sexualité saine et épanouie.

Sexualité et libido

Cela me permet de comparer l’avant et l’après de la prostitution et, croyez-moi, tout a changé… J’étais une femme qui avait une bonne libido et si mon amoureux s’absentait quelques jours, je vivais des pensées érotiques liées à lui.

Aujourd’hui, depuis mon vécu de prostitution, mon imaginaire sexuel se limite à des  flash-backs de situations où je me suis retrouvée avec des clients et dont je ne voudrais jamais parler à qui que ce soit. Ces situations étaient humiliantes et, aussi bizarre que cela puisse paraître, la honte revient frapper à ma porte dès que je repense à ces séquences, qui me font peur.

Je me dis qu’il n’est pas possible que les mères et les grand-mères québécoises souhaitent une telle condition pour leurs filles et leurs petites-filles!

Légaliser la prostitution?

D’autres parlent de réduire la violence en légalisant la prostitution… Quand tu te retrouves dans une chambre de motel ou dans une voiture, le danger sera toujours le même, et ce n’est pas la légalisation de la prostitution qui va faire en sorte que les hommes «malades» ne soient plus en circulation.

Je ne crois pas que l’on puisse quantifier la souffrance qu’entraîne la prostitution, sous une forme ou une autre. Mais je sais que la prostitution de rue, qui est reliée de très près aux toxicomanies, est l’une des plus dangereuses et que les filles qui sont en manque sont prêtes à faire beaucoup pour très peu… Légalisation ou pas, rien ne va changer pour ces femmes. Elles n’iront certainement pas déclarer le vendredi combien de clients elles ont faits dans la semaine!

Bref, je me demande où on s’en va en investissant temps et argent dans ce genre de spéculation! Pourquoi ne pas unir plutôt nos forces et se mobiliser pour venir à bout de ce fléau, de cette bêtise humaine!

Aide et ressources pour les prostituées

Investissons dans des programmes pour venir réellement en aide à toutes ces femmes. Des maisons d’hébergement pour accueillir ces femmes qui souffrent tant, au Québec, il n’y en a pas assez. Moi-même, j’aurais parfois bien voulu, à quatre heures du matin, qu’il y ait une maison où l’on m’aurait tendu la main. Il n’y a rien de disponible à ces heures-là!

La prostitution, ce n’est la place de personne. Que faudrait-il pour qu’on finisse par comprendre que la sexualité ne devrait pas être achetée, mais vécue!

 

PUBLICITÉ.

Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres de croissance personnelle et cheminement:

Autres livres pouvant vous intéresser:

Biographie de l’auteur

Histoire de français pour une tête carrée

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Témoignage d’une tête carrée

Histoire de français

Lorsque vous avez été isolé du monde par un long séjour en prison, vous cherchez des façons de vous reconnecter à la vie que vous avez laissée derrière vous. Cette soif d’appartenance peut prendre plusieurs formes. L’une d’elles implique un jeu télévisé que je regarde depuis mon adolescence.

Colin McGregor, prison de cowansville  Dossier Prison, Criminalité, Francophoniefrancophone francophonie francophile français langue française

En grandissant dans l’enceinte d’une école où j’ai aussi été éduqué, à Westmount, je n’ai eu accès que très rarement à la langue de Molière telle qu’elle est parlée au Québec. L’école Selwyn House est aujourd’hui mieux connue pour ses professeurs que j’ai eus et qui étaient des pédophiles. On ne parle pas de la piètre qualité de son éducation.

Selwyn House

Des portraits de la Reine ornaient les murs des corridors et pas une syllabe de joual ne devait être entendue dans l’enceinte de ces couloirs marbrés. En effet, Selwyn House recrutait ses professeurs francophones partout sauf au Québec pour ne pas être contaminée par l’accent régional. Ainsi, ma classe a parlé une année un français marqué par l’accent du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre: «Bon-jurrr…». Puis, pendant deux ans, alors que notre professeur de français était une princesse russe, nous prononcions le subjonctif avec un chuintement guttural.

Plus tard, nous sommes tombés entre les mains d’un professeur venant de Lyon qui, dès son premier jour, nous a dit que dans la Rome antique, les esclaves faisaient office de professeurs pour les enfants fortunés et qu’il n’avait pas l’intention de s’abaisser à être traité comme un auxiliaire embauché pour servir une bande de gosses gâtés.

Des chiffres et des lettres

francophone francophonie francophile francophilie français Bientôt, nous nous sommes mis à parler comme de petits bouquinistes des bords de Seine en cravate rayée jaune et blanche. On nous a demandé d’éviter d’écouter les émissions télévisées dans lesquelles les gens du coin parlaient un mauvais français québécois populaire. Quand la télévision câblée nous a finalement relayé «Des chiffres et des lettres», on nous a toutefois dit qu’il était acceptable de la regarder. Ce que j’ai fait. J’ai participé au jeu dans ma tête, et j’ai constaté avec fierté qu’un ti-gars tête carrée comme moi pouvait égaler ou même surpasser les candidats en parvenant à extraire un mot français à la fois étrange et exotique des neufs lettres tirées au hasard et disposées sur une étagère étroite.

J’ai regardé cette émission longtemps après avoir quitté Selwyn House. Je la regardais l’été que j’ai passé en Champagne, envoyé là-bas pour renforcer mes adorables «r» roulés et échapper au péril que représentait le français de Robert Charlebois. Je l’ai regardée lorsque j’étais à McGill.

Au cours de mon emprisonnement à vie, voilà qu’apparaît sur le câble télévisé de la prison, courtoisie de TV5, ce que j’ai reconnu comme un souvenir de jours meilleurs et libres. Une chose à laquelle me raccrocher, une demi-heure pendant laquelle je pouvais faire ce que je faisais jadis, avant de devenir un numéro. Je la regarde aussi souvent que possible depuis la saleté et l’isolement de ma prison.
Chaque jour, les animateurs présentent deux «duels», des casse-têtes envoyés par des auditeurs. Un jour, j’ai envoyé mon propre casse-tête. J’ai écrit que j’étais un «condamné à vie» emprisonné dans un pénitencier canadien et que je regardais leur émission tous les jours.

Environ un mois plus tard, pendant le premier des deux duels du jour, un des juges de l’émission a fixé ses pieds, presque honteux : «Vous savez, il y a des gens dans les prisons qui nous regardent tous les jours. Des moins chanceux que nous.» La co-animatrice a esquissé un sourire charitable. «Oui, a-t-elle dit, C’est vraiment très triste. Nous pensons souvent à eux. Nous recevons souvent du courrier de détenus à travers le monde. On ne leur souhaite que le meilleur», a-t-elle ajouté en secouant la tête.

Je ne suis pas mort!

Ils avaient l’air attristés, comme s’ils venaient d’apprendre la mort d’un des leurs ou une tragédie semblable. Je me suis adressé au téléviseur, souhaitant presque attirer leur attention: «Mais je ne suis pas mort», ai-je dit. «Je suis juste ici et je vous regarde tous les jours.» Jamais mon isolement ne m’a paru aussi total.

Le lendemain, ils ont utilisé mon idée. Mon nom n’a pas été mentionné. Je regarde toujours l’émission les soirs de semaine, lorsque la journée de travail à l’usine de la prison est terminée. Je n’ai jamais envoyé d’autres suggestions. De nos jours, elles arrivent toutes par courriel de toute façon et les détenus n’ont pas accès à Internet.

Autres textes sur la Francophonie

Éducation francophone dans l’Ouest du Canada

Éducation francophone en milieu anglophone. École Gabrielle Roy.

Éducation francophone en milieu anglophone. Écoles Rose-des-vents et Jules-Vernes.

Société francophone de Maillardville, bastion de la francophonie en Colombie-Britannique

La qualité du français dans la blogosphère

Meeting francophone. Le français est-il une maladie en voie d’extinction?

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

DOMINIC DESMARAIS. Volume 14-1, octobre 2005

Dossiers Sexualité et Hypersexualisation
hypersexualisation-jeune-sexualite-sexe-education-sexuelle Veut-on vraiment régler le problème de l’hypersexualisation? Les différents acteurs concernés par la problématique se renvoient la balle.

Paul Trottier, vice-président de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ne veut pas que l’hypersexualisation serve de prétexte à renforcer les lois. Il s’accommode de l’état actuel. «Je ne veux pas d’une société où tout est réglementé. En même temps, je suis très conscient qu’il y a un problème d’hypersexualisation du corps des jeunes filles.»

École, hypersexualisation et sexualité des jeunes

Que peut faire l’école? M. Trottier s’est battu contre l’homophobie à l’école en usant de son poste au Conseil de la commission, le fera-t-il pour aider les élèves? «Ce qu’on veut, c’est créer un environnement propice pour qu’ils apprennent la sexualité. En faisant de la restriction, on avance pas. Quand t’es jeune, souligne-t-il, t’aime outrepasser les règlements. Plus ils sont sévères, plus tu as envie de sauter ces barrières-là.»

Le vice-président a en horreur tout ce qui limite les libertés. Il ne sait toujours pas s’il va agir dans le dossier de l’hypersexualisation mais il est catégorique sur un point: «Si la plupart des établissements appliquaient un code de vie hyper restrictif, je m’en inquiéterais. Et peut-être, à ce moment-là, j’interviendrais.»

L’homme oscille entre le sexologue de formation qu’il est et l’ouverture d’esprit caractérisant sa personnalité. À ses yeux, tous les acteurs gravitant autour des jeunes filles doivent s’impliquer. «L’école a un rôle à jouer, reconnaît-il. Mais elle n’est pas la police.»

Cours d’éducation sexuelle

M. Trottier cherche une solution. «Les parents s’en foutent souvent, il n’y a pas de cours d’éducation sexuelle, les écoles ont peu de moyens… C’est une lourde responsabilité et personne ne peut prendre ce poids sur ses seules épaules.» Avec son nouveau programme, le Ministère abandonne le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel s’inséraient quelques heures de formation sur la sexualité. Au ministère de l’Éducation, on préfère prioriser l’essentiel comme la langue, les mathématiques et l’histoire.

Le Ministère se dit préoccupé par l’éducation de la sexualité. Mais sur ses 1506 fonctionnaires, personne ne s’est penché sérieusement sur la question de l’hypersexualisation. Paul Trottier le confirme: il ne sent pas cette préoccupation du ministère de l’Éducation.

«Pour outiller les intervenants afin d’ intégrer l’éducation à la sexualité dans leur action auprès des jeunes», le Ministère a demandé à Francine Duquet, sexologue, de rédiger un document. Il remplacera le cours de FPS. Le Ministère considère les cours de français, d’enseignement moral ou de science et technologie, comme des matières compatibles avec l’objectif de sensibiliser les jeunes à la sexualité. Le Ministère se donne comme défi de permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste, critique et sensible à propos de la sexualité et de son expansion.

Jeune et sexualité

Philippe, enseignant en 6ème année primaire, se demande bien comment il pourra permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste et critique à propos de la sexualité. «Faudrait vraiment qu’on soit formés sur quoi répondre aux enfants ,parce qu’on le sait pas. Alors, on aime mieux rien dire. L’enfant pense qu’on s’en fout, alors il prend ça pour acquis», dit-il en acceptant une partie du blâme. «C’est trop complexe. Comment j’arrive à gérer ma sexualité, c’est une chose. Gérer celle d’une autre personne, c’en est une autre. Moi, si une jeune effleure le sujet, je l’esquive parce que je ne suis pas capable de répondre.»

Le manque de formation masque un problème plus grave dans les écoles: le rapport enseignant masculin et élève féminin. «Depuis que j’ai commencé, il y a 8 ans, je n’ai jamais parlé de sexualité. Parce que je suis un gars. Je vais avoir des problèmes. Je vais me faire congédier. Jamais, jamais, je vais parler de ça. Quand tu apprends que des profs ont ruiné leur carrière parce qu’une petite fille a menti, as-tu le goût de prendre la chance? Je pense que je ne suis pas le seul», déplore Philippe. «Je ne sais pas c’est quoi, la solution. C’est vraiment un sujet tabou parce qu’on est au primaire: on parle de pédophilie.»

«Je me mets à la place d’un enseignant, pas sûr, moi non plus, que je leur répondrais, aux jeunes», avoue le vice-président de la CSDM. «Les plaintes de nature sexuelle non fondées, c’est un sujet très sérieux pour l’Alliance des enseignants.»

Un personnel masculin qui se défile, mais encore? Le manque de ressources ne faciliterait pas la tâche d’éduquer les élèves sur la sexualité. «Des professionnels dans les écoles, il y en a très peu. Quand l’école a un peu de moyens, elle va peut-être prioriser d’autres professionnels qu’un sexologue ou un psychologue», confirme M. Trottier.

L’école peut-elle répondre aux besoins des enfants sur la sexualité?

Paul Trottier répond par une question. «Est-ce que c’est le rôle de l’école? On peut faire porter bien des choses… Notre mission, c’est d’instruire, de socialiser et de qualifier. Dans ces trois mots-là, on peut mettre pas mal ce qu’on veut», explique M. Trottier qui ne sait pas s’il mettra sur pied un comité de la CSDM pour se pencher sur la question. Philippe en rajoute. «Si la société dit que c’est un problème criant, faites de quoi! Ne demandez pas à des profs de régler le problème», s’insurge le jeune enseignant.

Le ministère de l’Éducation semble peu préoccupé, la Commission scolaire ne sait si elle va agir et les enseignants ne peuvent répondre aux besoins des enfants. Et les principaux intéressés, les parents? «Les mères, les pères aussi, pourquoi ils acceptent si facilement ça? se demande le Dr Baltzer qui en voit de toutes les couleurs à sa clinique pour adolescents. «Parce qu’on est dans une époque où on essaie d’atteindre l’idéal de laisser décider nos enfants. On est plus capables de dire non», suggère-t-elle. Ce qui expliquerait, notamment, l’existence d’un marché pour les strings offerts aux fillettes. À 10 ans, on ne prend pas la décision d’acheter des sous-vêtements.

«Souvent, on me demande de donner un conseil aux parents d’ados… Tu peux pas changer ton discours du jour au lendemain. Si tu n’as jamais parlé et là, tu te décides… Ils ne t’écouteront pas si tu ne leur as jamais parlé. En communiquant dès le début, tu lui transmets des valeurs qui font qu’il a une estime de soi. C’est comme ça que tu préviens des dérapages», affirme la directrice de la clinique pour adolescents.

Sexualité et mouvement féministe

Le Dr Baltzer cible d’autres fautifs. Le mouvement féministe. «Il y a eu un temps où le corps féminin était utilisé partout. C’est disparu, mais là c’est revenu. Va-t-il y avoir un autre mouvement féministe qui va régler le problème? Mais le dernier mouvement, comment a-t-il pu laisser aller les choses?»

«Ce qu’on a probablement manqué, c’est de créer un homme fort. Un modèle épanoui. Parce que pour que ce soit si facile de faire retomber la femme dans un objet sexuel…» Mme Baltzer n’a pas besoin de terminer sa phrase. Tout est dit. La femme d’aujourd’hui est un objet sexuel. Ce que le médecin ne peut accepter. Échaudée par certains journalistes qui détournent la question au profit du sensationnalisme, Franziska Baltzer n’en poursuit pas moins son combat.

«Ne rien dire, c’est lâche. Peut-être que j’irai nulle part avec ma croisade…», explique-t-elle en haussant les épaules. «Mais rien faire… Ceux qui font les émissions de télé, ils sont capables de rejoindre la masse. Je suis optimiste.» Son sourire est sincère, ses yeux déterminés. Les réseaux de télé lui donneront-ils raison?

Hypersexualisation et féministe

Jocelyn Deguise ne le pense pas. 6 ans passés à Musique Plus, la chaîne des 12 – 24 ans, lui ont fait comprendre que la télévision, en 2005, a délaissé la notion de conscience. «Musique Plus n’est pas un parent. C’est un business. Aujourd’hui, ils diffusent n’importe quoi. Ils se disent que c’est possible de voir tout ça sur Internet. Oui, il y a une déresponsabilisation. C’est un peu comme donner des armes aux jeunes et dire que c’est aux parents de s’en occuper.»

Malheureusement, Pierre Marchand, président et fondateur de Musique Plus, n’a pu donner sa vision, son horaire ne lui laissant pas le temps de rencontrer Reflet de Société. Le ministère de l’Éducation, l’école, les parents, la télévision, Internet… Ceux qui, comme le Dr Baltzer, veulent s’attaquer au phénomène de l’hypersexualisation auront fort à faire.

autres textes sur sexualité

autres textes sur l’hypersexualisation

 

L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

 

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

 

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

 

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

 

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

 

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

 

Autres livres pouvant vous intéresser:

 

 

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Des meurtriers vendent leur art sur Internet

Des meurtriers vendent leur art sur Internet

François Richard

Dossiers CriminalitéInternet et Prison

Le tristement célèbre meurtrier Roch Thériault a fait parler de lui ces derniers jours. L’ancien leader d’une secte inspirée du christianisme s’est, du fond de sa cellule, recyclé dans la production et la vente aux enchères de poèmes et de tableaux. Les oeuvres de celui qui forçait ses disciples à l’appeler Moïse sont de qualité médiocres et représentent des scènes naïves, par exemple des fleurs ou des oiseaux.

Charles Manson ou Paul Bernardo

Les tableaux étaient jusqu’à la semaine dernière en vente sur un site Internet qui propose des ventes aux enchères d’objets liés aux meurtriers. Les internautes obsédés par les crimes crapuleux peuvent s’y procurer des oeuvres d’arts produites par des tueurs ou des objets leur ayant appartenus, par exemple des documents de justice signés de leur main. Les plus tordus peuvent même acheter des mèches de cheveux ou des rognures d’ongles des Charles Manson ou Paul Bernardo. Au moins deux autres sites offrent présentement ce type de produits. Il est important de souligner que les oeuvres vendues sont sans intérêt au niveau artistique. Les gens se les procurent car ils sont attirés par la notoriété des assassins qui les ont produites.

Roch Thériault: des oeuvres rares

Mis au courant de la situation, le gouvernement fédéral a interdit à Roch Thériault de faire sortir du pénitencier où il est incarcéré ses poèmes et ses toiles. L’interdiction se limite à son cas, aucune réglementation uniforme à ce sujet n’étant pour l’instant prévue. Le responsable du site où les oeuvres étaient mises en vente utilise maintenant le fait qu’il n’y ait plus qu’une seule toile de Thériault en circulation pour en augmenter le prix de vente.

Un trafic comme la drogue et la pornographie infantile

Comme dans le cas de tous les trafics, la législation est peu efficace. Tant qu’il y a une demande pour un certain type de produit, des gens seront prêts à  les distribuer. Le phénomène est semblable à la distribution de drogue, de pornographie juvénile et de tous les autres produits illégaux. La rareté ne fait qu’augmenter le prix de vente et contribue à enrichir le vendeur. Seule consolation dans cette histoire: en se fiant aux nombres de mises pour chacun des objets en vente, on peut conclure que le site est très peu populaire.

Acheteurs anonymes

L’incident Thériault remet à l’avant-plan le problème de la confidentialité sur Internet. Il est peu probable que les oeuvres d’art ou les mèches de cheveux d’assassins trouvent preneur si l’identité des acheteurs était rendue publique. Je suis attaché au respect de la vie privée, mais son application me laisse souvent perplexe. Et pas que dans le cas des déviants et des criminels.

Gens en détresse anonymes

Dans un tout autre ordre d’idées, beaucoup de gens en détresse visitent notre blogue, dont l’auteur principal, Raymond Viger, est un intervenant d’expérience, notamment auprès des personnes suicidaires. L’anonymat des internautes peut être un grave problème lorsqu’ils sont sur le point de commettre l’irréparable et qu’il est impossible de les localiser afin de leur envoyer des secours.

Fournisseurs Internet insensibles

Les fournisseurs de services Internet sont peu sensibilisés à cette problématique et préfèrent souvent se réfugier derrière des principes de confidentialité, en grande partie pour ne pas s’aliéner des clients potentiels qui souhaitent utiliser la Toile pour autre chose que payer des factures ou lire des courriels.

Identité des internautes: un débat social

Même si les fournisseurs offraient une plus grande collaboration, le débat ne devrait pas de toute façon être strictement de nature commerciale et reposer sur leurs épaules. Il est grand temps que les dangers et les abus liés à l’anonymat des internautes soient débattus publiquement et que des solutions aux problèmes que ça engendre soient mises de l’avant. Si tous les fournisseurs étaient tenus de révéler l’identité de leurs clients dans certains contextes, l’argument de la perte potentielle de clients ne tiendrait plus.

PUBLICITÉ

show_image

Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :