Justice réparatrice, briser le cercle de la violence

Terry a 53 ans. Il y a une dizaine d’années, ses nuits ont commencé à être perturbées par d’affreux cauchemars. Ses cauchemars avaient des odeurs du passé. Ces images et ces odeurs se sont avérées être des souvenirs. Terry s’est souvenue qu’elle a été victime d’inceste entre l’âge de 4 et 12 ans.

Un texte de Mélina Soucy publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Justice

La justice réparatrice est une alternative à la justice traditionnelle qui est axée sur la réparation des torts causés par des activités criminelles. Des victimes de crimes violents et des détenus ayant commis des crimes de la même nature se rencontreront sous la supervision d’un animateur pour discuter.

La suite disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Autres textes sur Justice

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Pédophilie, quel humain derrière l’agresseur?

Au Canada, la pédophilie est considérée comme une déviance sexuelle. Les chercheurs estiment que ces hommes et femmes développent leur intérêt pour les enfants à l’adolescence, au même titre que l’hétérosexualité ou l’homosexualité. En revanche, les pédophiles primaires (qui n’auraient d’intérêt que pour les enfants) sont rares.

Un texte de Delphine Causet publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

Un pan de la lutte contre la pédophilie est de comprendre ce qu’il se passe dans la tête de ces hommes et de ces femmes. Car les condamner pour leurs actions est une chose, mais la thérapie est également importante pour éradiquer ce fléau.

La suite disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Autres textes sur Sexualité

Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Des femmes pédophiles?

Pédophilie

Des femmes comme «agresseuses» sexuelles?

Travailler dans un magazine comme Reflet de Société ça change une personne. Quand j’ai commencé mes piges en 2014, un collègue m’avait dit de me fixer des limites de sujets que je ne pourrais pas traiter émotionnellement. «Pour éviter de finir en boule sous mon bureau», comme il disait si bien. Conseil que j’ai suivi.

Delphine Caubet  | Dossiers CriminalitéSexualité, Agressions sexuelles et harcèlement

homme victime femme pédophile

Photo: Jeanbaptisteparis

Je me suis donc mis 2 barrières (qui se rejoignent): les violeurs et les pédophiles. Deux perspectives que je refusais d’ouvrir. Maintenant que j’y repense, c’était assez stupide de ma part. Essayer de comprendre ces 2 phénomènes, c’était comme les tolérer pour moi. Pourtant, en tant qu’être humain, je condamne la violence conjugale, mais ça a toujours été un problème m’a interpellée et sur lequel je me suis intéressée aux agresseurs. En somme, j’avais établi 2 poids, 2 mesures.

Face caché de la pédophilie

Finalement, il y a quelques semaines, il s’est présenté l’opportunité de mieux comprendre la pédophilie et d’écouter ce qu’il se passait dans la tête des agresseurs. D’abord un peu craintive, je m’y suis lancée et j’ai eu 2 surprises : une première bonne, car j’ai pu écouter le récit d’un agresseur sans pour autant lui sauter à la gorge ou partir en courant.

Par contre, la 2e surprise fut différente… Après mon entrevue avec Cathia Lavallée du Centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), elle m’a révélé qu’environ 20% des agressions seraient commises par des femmes. Un chiffre largement supérieur à ce à quoi je m’attendais. Mais ces dernières ne sont pas dénoncées ou les victimes ne sont pas prises au sérieux. Après tout, de quoi se plaindrait le p’tit gars qui a eu son initiation avec une femme qui sait ce qu’elle fait. Je caricature à peine.

Après avoir pris contact avec l’institut Pinel (hôpital psychiatrique), ils n’auraient à l’interne aucune patiente pédophile, et depuis 2012, ils n’ont vu qu’une femme par année avoir un commis délit de la sorte, sans pour autant être considérée comme pédophile.

Banalisation

Un article récent montre bien la différence de traitement entre les pédophiles hommes et femmes. Sur le site du média MCE (Ma chaîne étudiante) est paru un top 10 «des profs [femmes] les plus sexy qui ont abusé de leurs élèves.»

Oui, ce site n’est pas une référence pour de l’information pointue et de l’actualité, mais il n’empêche qu’un billet résumant les hommes les plus hot ayant abusé de leurs étudiantes n’aurait jamais été publié ou aurait fait scandale. Et ce, sur n’importe quel média. Et particulièrement dans les pages d’un destiné aux étudiants.

D’après Cathia Lavallée, les choses commencent à changer dans ce domaine. Auparavant, les femmes étaient vues comme des victimes, où il fallait chercher l’homme derrière ses actes. Mais ces dernières années, nous avons vu quelques procès où l’implication des femmes se dessinait autrement.

Et détail intéressant que j’ai découvert en écrivant ce billet, d’après le dictionnaire Larousse, le nom «agresseur» n’a pas de féminin.

Autres textes sur Agressions sexuelles et harcèlement

Autres textes sur la Sexualité

Autres textes sur Justice

Liberté… Un sourire intérieur

livre liberté poésie recueil sourire intérieurUn livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps. Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

Liberté… Un sourire intérieur. Une façon de souligner les 5 000 exemplaires vendus du premier livre Après la pluie… Le beau temps.

Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 FREE

Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Histoire des pensionnats autochtones

Ce que les autochtones ont subi de nos gouvernements

Je me souviens… et ne peut oublier

La loi sur les Indiens; Le gouvernement sud-africain s’est inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940. 

Flora Lassalle, Dossier Autochtones

  • pensionnat_indien_autochtone-amerindien-residencesEn 1831, le gouvernement canadien décide d’instaurer des pensionnats pour les enfants autochtones afin de «tuer l’Indien en eux». Dirigés par des religieux, les pensionnats avaient pour but de les assimiler à la culture des Blancs. Pendant 167 ans, 150 000 Autochtones, soit cinq générations, ont passé leur enfance dans ces institutions.
  • Dans la version de la Loi sur les Indiens adoptée par le Parlement canadien en 1876, l’État criminalise les cérémonies spirituelles, empêche les Indiens de sortir de leur réserve sans autorisation, impose des lois sur la chasse, les ventes, la culture des Autochtones et réprime considérablement leurs droits d’expression.
  • pensionnat autochtone indiens amérindien résidenceEn 1907, une enquête réalisée par le périodique Montreal Star prouve que 24% des enfants mourraient dans les pensionnats et que ce chiffre s’élevait à 42% si l’on comptait aussi les enfants qui mourraient dans leur famille, après avoir été renvoyés à cause d’une maladie grave.
  • Les Inuits subissent des déplacements en Arctique à partir de 1934 sous l’ordre du ministère de l’Intérieur du Canada pour des raisons économiques, puis militaires. Un bouleversement énorme pour ce peuple vivant sur les mêmes terres depuis 6 000 ans! insécable
  • pensionnat autochtone indien amérindien résidenceMise à mort de 20 000 chiens huskies en 1950 sans consultation préalable de leurs maîtres inuits afin «d’assurer la protection des collectivités contre les maladies et les attaques attribuées aux chiens» (Fondation autochtone de guérison, 2007).
  • «À mesure qu’on découvre l’ampleur de l’abus sexuel commis sous le régime des pensionnats, certains avancent même que le régime des pensionnats n’était rien de moins que de la “pédophilie institutionnalisée”» Vivian Tait, 2003.

Le Gouvernement du Canada reconnaît le rôle qu’il a joué dans l’instauration et l’administration des écoles. Particulièrement pour les personnes qui ont subi la tragédie des sévices physiques et sexuels dans les pensionnats et pour celles qui ont porté le fardeau en pensant, en quelque sorte, en être responsables, nous devons insister sur le fait que ce qui s’est passé n’était pas de leur faute et que cette situation n’aurait pas dû se produire. À tous ceux d’entre vous qui ont subi cette tragédie dans les pensionnats, nous exprimons nos regrets les plus sincères (Gouvernement du Canada, 1998).

Pensionnats autochtones et clergé
La loi sur les indiens et l’apartheid

Photos bibliothèque et archives Canada

Autres textes sur Autochtone

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Agression sexuelle d’un enseignant sur une jeune

Pédophilie et agression sexuelle

Lettre à mon agresseur

À la demande de plusieurs lecteurs, je présente ici un texte touchant que nous avions publié en 2008 dans Reflet de Société et dont les gens voulaient avoir accès à une version électronique.

Maline | Dossier Sexualité

LETTRE AGRESSEUR2

Huit années séparent la jeune femme que je suis de l’enfant que j’étais. Tu étais mon enseignant. Je n’ai pas eu la chance de te regarder dans les yeux pour te dire ce qui  suivra, mais je crois, que, par l’encre et le papier, j’arriverai à te faire ressentir toutes les larmes qui ont mouillé mes joues, toute la rage que j’ai eue au cœur pendant presqu’une décennie, et toute la peur que j’ai eue de parler et d’être. Parce qu’en tant qu’enfant, on peut éprouver un certain malaise dans une situation donnée. Moi j’ai su, j’ai oublié, puis je me suis souvenue.

C’était en août 2000. J’étais une grande de cinquième année. Il faisait encore chaud, ça sentait le début de l’année. J’adorais l’école, j’étais une curieuse de nature, une fouine. Je suis entrée dans la classe, un peu nerveuse à l’idée de tout recommencer, de voir qui seraient mes compagnons pour l’année à venir.

L’acuité des souvenirs que j’ai de cette première journée en ta compagnie est impressionnante. Je me souviens de tout, de l’emplacement des bureaux à l’ombrage que créaient les deux arbres derrière les fenêtres de la classe. J’étais assise face à ton gros bureau brun de professeur. Tu nous as dit bonjour, puis tu t’es présenté.

Provenant d’une grande famille de la région de Québec, croyant, pratiquant, un enseignant de 52 ans. Tu semblais très intéressant, voire attachant. Tu as parlé de beaucoup de choses, très longtemps. De ce que Dieu t’avais apporté, de ce qu’il t’avait fait découvrir, de la passion que tu avais pour l’enseignement…

Je dois avouer que la suite m’échappe un peu, mais tu en es venu à nous parler de pédophilie. Que ce n’était pas correct, mais que, de nos jours, c’était plutôt courant. Puis tu as dit: «Ça m’arrive souvent d’accrocher des p’tites filles dans les parties intimes, mais j’m’excuse toujours.» Tu as dit ça exactement comme ça. Pourquoi ça m’a marquée? Pourquoi je m’en suis sou-venu six ans plus tard dans un cours d’éthique et culture religieuse? Je ne sais pas.

Septembre a passé comme l’éclair. J’aimais la façon dont tu partageais ton savoir, le temps passait rapidement à l’école.

Tes parents sont décédés en octobre si je ne m’abuse. Tu as été absent pendant quelques semaines, pour revenir vers la fin du mois d’octobre. C’est à partir de là que je t’en ai voulu, que je t’en veux encore.

Aurais-je tort de prétendre que j’étais ta chouchou? J’avais un accès presqu’illimité à la classe, quand j’en avais envie. Tu m’offrais de rester aux récréations et sur l’heure du midi pour jouer à l’ordinateur. J’avais même le privilège suprême de laver le grand tableau à la fin de la journée. Tu me gardais toujours près de toi. Quand tu organisais des concours de dessins, je gagnais. À l’heure de l’improvisation, je gagnais. J’avais tout ce que tu voulais me donner. À un certain point, j’en étais profondément mal à l’aise. Peut-être, toutefois, avais-je réellement du talent, peut-être…

Souvenirs de l’agression

Puis, tu te souviens de novembre? Novembre est froid, pluvieux, triste. C’est ce que je retiens de novembre. Quand il arrive, je me terre dans un coin jusqu’en mars. Tu te rappelles de novembre? Moi oui.

J’étais au troisième étage, en direction de ta classe. Tu te souviens de ce corridor? Sur la gauche, il y avait cinq ou six casiers. À la droite, l’escalier menant au deuxième. C’était très étroit et sombre. Puis tu es apparu. Tu marchais dans ma direction. Tu veux savoir ce que j’ai vu de mes jeunes yeux? Tu veux savoir ce que mon petit corps a ressenti? Tu veux savoir ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment-là? Je te l’offre.

Tu ne m’as pas saluée. Tu ne m’as pas regardée. Mais arrivé à ma hauteur, tu m’as attirée contre toi et tu as placé ta main entre mes cuisses. Entre les cuisses d’une enfant. Tu as pris deux de tes doigts que tu as forcés à travers mon pantalon. Tu voulais les entrer en moi, n’est-ce pas? Dans une enfant, c’est ça? Tu as forcé, forcé, jusqu’à ce que j’aie mal, parce que j’avais mal, oui. Tu t’es retiré et tu es parti. J’ai eu du mal à marcher. Je me suis arrêtée. «Il ne s’est pas excusé.»

J’ai fait le lien. Mais j’avais dix ans. J’ai osé penser que tu étais peut- être pédophile. C’était ça, non, la pédophilie? La définition que tu en avais donnée… Je me suis traitée de folle. J’avais dix ans, je me suis traitée de folle. Tu ne pouvais pas être pédophile, tout le monde t’adorait! Moi aussi, d’ailleurs. Sauf qu’à ce moment, j’ai commencé à angoisser vis-à-vis l’école. Tu ne m’as pas aidée, pour être franche. D’abord, il y a eu le clavardage sur l’heure du midi avec des étrangers sur internet. Tu trouvais ça bien drôle qu’un homme dans la trentaine face des avances sexuelles à une enfant. Tu te souviens des autres jeunes? K…, J…, D…, A… et J…. Tu nous avais inscrites sur un site de clavardage et tu nous regardais faire. Tu as poussé l’audace jusqu’à demander à ma mère de signer une lettre qui te donnais l’autorisation de me garder en classe sur l’heure du midi pour me faire travailler à l’ordinateur. Félicitations!

Cours de sexualité

Tu te souviens des cours de sexualité? Combien de fois tu nous les as présentés comme des cadeaux? «Si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas de cours de sexualité. M’dérange pas, moi, j’enseigne pas à des bébés.» Tu nous as donné un papier, à chaque élève. Tu nous as obligé à poser des questions. Tu les lisais à l’avant, celles qui n’étaient pas assez explicites, tu les jetais. Je t’ai même dis: «J’en ai pas de questions, moi!» Tu m’as répondu, que tout le monde avait des questions et qu’on était obligés d’en poser une. Je n’avais pas besoin, à dix ans, de savoir ce qu’était une fellation.

Chaque fois que tu m’approchais, je me crispais toute entière. Quand tu passais tes mains sur mes épaules, dans mes cheveux, j’arrêtais de respirer, de parler, mon cœur faisait un bond. Le traumatisme de la victime face à son agresseur, c’est ça?

Les conséquences d’une agression sexuelle

Après le voyage de fin d’année à Québec, j’ai commencé à souffrir d’un trouble psychologique étrange. J’ai cherché, de l’âge de 10 à 15 ans, ce dont il pouvait s’agir. J’ai consulté un psychologue durant 7 ans (une rencontre chaque mois pour 70$ = 5880$) pour mettre le doigt sur mes problèmes, un à un. On m’a prescrit des anti-dépresseurs, que je prends depuis maintenant 2 ans (une bouteille de prozac par mois = 1000$). J’ai fait trois dépressions et une tentative de suicide. Tu veux savoir de quoi j’étais atteinte?

  • Trouble obsessif-compulsif s’étant déclenché suite à un traumatisme durant l’enfance.
  • Attaques de panique récurrentes.
  • Crises d’angoisses sévères.
  • Peur incontrôlable de l’école.

J’ai parlé pour la première fois en novembre 2007. J’ai réalisé le mal que tu m’avais fait lors d’une visite du C.A.L.A.C.S. (Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel). Je l’ai annoncé à ma mère. Je lui ai pleuré dans les bras pendant des heures. Je ne l’ai pas dit à mon père, je ne savais que trop bien qu’il serait parti à Québec en furie, et le mot est faible. Ma mère s’en est chargée et l’a retenu. Tu m’as fait pleurer. Tu as fait pleurer mes tantes, mes cousines, ma sœur. Tu t’en souviens, de ma sœur? Mon père t’aurais tué, mon frère te détestait. Ils t’ont tous fait confiance et tu en as profité. Ma famille entière m’appuyait. Et pourtant…

Porter plainte à la police

En février, j’hésitais toujours à porter plainte à la police. Mes parents nous ont offert des vacances. J’ai porté plainte la veille des vacances. J’ai passé une semaine de rêve, loin de ma tête. À mon retour, j’ai reçu un appel de l’enquêteur qui me disait que le procureur de la couronne avait rejeté ma requête et que l’entrevue que tu devais avoir avec lui était, du même coup, annulée. Tu as eu peur, n’est-ce pas?

Mon anxiété, je la sens dans ma tête à chaque minute. Je doute à chaque seconde. À l’école, j’ai un taux d’absentéisme assez impressionnant. Mais tu sais ce qui me rend fière? Je me sais intelligente. Malgré tout. J’ai toujours gardé une moyenne scolaire aux alentours de 85%, 98% en anglais, 92% en français, 90% en histoire de l’art. J’ai lu Freud, Socrate, Camus et Proust. J’ai étudié Le Bernin, Michel-Ange, Duchamp et Magritte. Mes professeurs me disent que j’ai du potentiel. Ils aiment mes dissertations, eux aussi. Je vais étudier à l’université en communication, branche publicité et relations publiques.

J’apprends tranquillement à vivre avec une nouvelle moi, qui vit chaque jour comme s’il s’agissait du dernier. J’ai appris à ne plus me censurer, à exprimer qui je suis et ce que je ressens, soit par l’art, l’écriture, le théâtre, et maintenant la parole…

Et moi qui n’a jamais été capable d’approcher un garçon, voilà maintenant que j’essaie de mon mieux de lui accorder toute la confiance qu’aucun homme n’a eu de moi. J’ai des passions et des buts. Je n’ai pas oublié.

Et chaque fois que j’entends parler d’un pédophile, je tends l’oreille. Quand j’entendrai parler de toi, je jure que je serai la première au front. Je sais qu’il y en a eu d’autres, j’attends. Et si elles n’arrivent jamais, ce n’est pas grave. Parce que toi, tu sais. Toi, tu vivras chaque jour dans la peur que l’une d’elles se manifeste, encore. Tu auras peur de perdre ton équilibre, de te faire sortir de force de cette jeune retraite. Je ne t’aurais pas souhaité la prison ou la mort. Ta tête est capable elle-même, de te faire justice.

Autres textes sur Sexualité

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité

Mes Seins, vidéoclip d’Andréanne Martin

livre croissance personnelle bouquin cheminement personnel recueilL’amour en 3 dimensions

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre, au coût de 19,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres pouvant vous intéresser

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Traitement des pédophiles en prison

Un prisonnier à la radio

Les pédophiles en prison

Raymond Viger | Dossiers Prison, Criminalité

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-pen-tole Jean-Pierre Bellemare, chroniqueur pour le magazine Reflet de Société et détenu à la prison de Cowansville vient de passer 30 minutes à la radio sur le FM 93 à l’émission Bouchard en parle. Et ce n’est pas Sylvain Bouchard qui a voulu terminer l’entrevue. C’est le système carcéral qui a décidé que 30 minutes d’entrevue était suffisant et qui a mis fin à l’entrevue.

Entrevue très intéressante qui présentait la vie carcérale, la réalité des gangs de rue et des groupes criminalisés dans les prisons et surtout le traitement des pédophiles en prison.

Je ne peux vous donner le lien direct de l’émission sur le site du FM93. Il faut chercher l’entrevue de Jean-Pierre Bellemare le 30 août pour pouvoir l’écouter.

Autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Les joies de la prostitution?

    Témoignage d’une prostituée incarcérée

    On a vu cette année des lettres ouvertes affirmer que la prostitution devait être traitée comme un métier semblable aux autres. J’ai moi-même été prostituée et je dis Non à de telles balivernes.

    Chloé, détenue au pénitencier de Joliette   Dossier Prostitution, Sexualité, Chronique du prisonnier

    legaliser-prostitution-legalisation-legalise-prostitution-escorte C’est une sottise de croire que la prostitution est un métier normal. J’ai peine à croire qu’à la fin de 2009, nous ayons encore besoin de dire que la prostitution est une chose épouvantable et profondément dégradante pour les femmes. Personnellement, je ne connais aucune femme qui ait une histoire heureuse à raconter à propos de son «travail de putain». Il faut dire clairement Non à toute forme de prostitution.

    Conséquences de la prostitution

    Je suis une jeune femme de 35 ans. Pour moi, la prostitution s’est échelonnée sur une durée d’un an et demi en tout. Je n’ai jamais pensé que cette expérience, somme toute pas très longue, laisserait dans ma vie autant de dommages aussi profonds. J’inclus dans ce bilan la dévastation de mes relations interpersonnelles et sociales et des dommages irrémédiables auprès de mes enfants et de ma famille.

    Je ne peux estimer les torts causés à mon corps, mon âme et l’estime de moi, mais le constat de destruction est flagrant. Ma sexualité demeure, pour le moment, affligée de dommages irréparables et les ravages sont aussi colossaux dans toutes mes relations avec les hommes.

    Les clients de la prostitution

    Ces hommes… «mes clients»… Ces exploiteurs, mes abuseurs, ces pervers, mes pourvoyeurs d’argent et de matériel, mes inconscients. Ces hommes… que je ne pourrai plus jamais voir avec les mêmes yeux.

    Je suis incarcérée depuis maintenant deux ans et quatre mois. J’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à tout ce qui s’était passé. Des visages de clients me reviennent en tête, avec des scènes de certaines exigences plus que particulières… C’est certain qu’à mes programmes de réhabilitation, le sujet revient souvent sur la table. Lors d’une séance de thérapie, une femme disait récemment que la prostitution n’avait rien changé dans sa vie. Je n’arrive pas à y croire! On ne peut pas vendre sa sexualité, son intimité, son âme, sa sensibilité, sa dignité, sa féminité, son odeur, sans en subir de conséquences. C’est humainement impossible.

    Le sexe dans la prostitution

    Au moment de l’acte sexuel, il se produisait une dissociation, comme si ce que je ne voulais pas salir allait se réfugier quelque part en moi… Tout devenait mécanique, comme si une autre prenait cette place dégoûtante où je ne voulais pas être… comme si je repoussais mon âme pour pouvoir passer au travers et «faire mon client».

    Mais on ne peut pas se détacher complètement, et lorsque le client remontait ses culottes, je n’avais rien oublié de ce qui c’était passé. Et c’est lui qui avait le beau rôle car, une fois ses culottes remontées, il reprenait sa vie là où il l’avait laissée une heure plus tôt. C’est-à-dire qu’il redevenait un père de famille, un «honnête citoyen», un bon travailleur ou un patron super, un mari «aimant», un homme respecté par sa famille et ses amis… Moi, je restais la pute.

    Sexualité et pédophilie

    Ma sexualité a débuté à l’âge de quatre ans, imposée par un pédophile pervers. Cet événement a complètement marqué ma sexualité, amorcée beaucoup trop tôt.

    Plus tard, j’ai vécu une longue relation avec un conjoint. Nous avons été ensemble huit ans et j’en garde des repères d’une sexualité saine et épanouie.

    Sexualité et libido

    Cela me permet de comparer l’avant et l’après de la prostitution et, croyez-moi, tout a changé… J’étais une femme qui avait une bonne libido et si mon amoureux s’absentait quelques jours, je vivais des pensées érotiques liées à lui.

    Aujourd’hui, depuis mon vécu de prostitution, mon imaginaire sexuel se limite à des  flash-backs de situations où je me suis retrouvée avec des clients et dont je ne voudrais jamais parler à qui que ce soit. Ces situations étaient humiliantes et, aussi bizarre que cela puisse paraître, la honte revient frapper à ma porte dès que je repense à ces séquences, qui me font peur.

    Je me dis qu’il n’est pas possible que les mères et les grand-mères québécoises souhaitent une telle condition pour leurs filles et leurs petites-filles!

    Légaliser la prostitution?

    D’autres parlent de réduire la violence en légalisant la prostitution… Quand tu te retrouves dans une chambre de motel ou dans une voiture, le danger sera toujours le même, et ce n’est pas la légalisation de la prostitution qui va faire en sorte que les hommes «malades» ne soient plus en circulation.

    Je ne crois pas que l’on puisse quantifier la souffrance qu’entraîne la prostitution, sous une forme ou une autre. Mais je sais que la prostitution de rue, qui est reliée de très près aux toxicomanies, est l’une des plus dangereuses et que les filles qui sont en manque sont prêtes à faire beaucoup pour très peu… Légalisation ou pas, rien ne va changer pour ces femmes. Elles n’iront certainement pas déclarer le vendredi combien de clients elles ont faits dans la semaine!

    Bref, je me demande où on s’en va en investissant temps et argent dans ce genre de spéculation! Pourquoi ne pas unir plutôt nos forces et se mobiliser pour venir à bout de ce fléau, de cette bêtise humaine!

    Aide et ressources pour les prostituées

    Investissons dans des programmes pour venir réellement en aide à toutes ces femmes. Des maisons d’hébergement pour accueillir ces femmes qui souffrent tant, au Québec, il n’y en a pas assez. Moi-même, j’aurais parfois bien voulu, à quatre heures du matin, qu’il y ait une maison où l’on m’aurait tendu la main. Il n’y a rien de disponible à ces heures-là!

    La prostitution, ce n’est la place de personne. Que faudrait-il pour qu’on finisse par comprendre que la sexualité ne devrait pas être achetée, mais vécue!

    Autres textes sur la Légalisation de la prostitution

    Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

    croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

    Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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    Biographie de l’auteur

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