Survivre aux pensionnats autochtones

Entretien avec Alice Jerome

La douleur moteur de changement

Alice Jerome est algonquine. Elle a passé huit ans dans le pensionnat autochtone de Saint-Marc-de-Figuery (en Abitibi), un épisode qui a fortement marqué sa vie. Alors que beaucoup tentent d’oublier, Alice parle beaucoup et sublime ses souffrances grâce à l’art et à l’entraide.

Flora LASSALLE, Dossier Autochtones

Le pensionnat a été un passage marquant de ma vie. Après l’avoir vécu, j’ai eu à choisir s’il se devait d’être destructif ou productif. J’ai choisi la deuxième option, même si elle impliquait des moments difficiles.

Vie au pensionnat

pensionnat_indien_autochtone residence amerindien ecole federalePendant huit ans, Alice a passé dix mois par an dans un pensionnat autochtone, de septembre à juin. «Quand le mois d’août arrivait, j’y repensais déjà avec horreur». Durant cette période, elle ne rentre pas chez elle et ne voit pas ses parents: «Une séparation fait toujours mal. Quand t’es jeune, tu ne le comprends pas vraiment, mais pour mes parents, ce fut très difficile. Nous étions trois enfants et les pensionnats ont détruit ma famille alors que nous n’avions aucun problème.»

Dans les pensionnats, les religieux n’ont qu’un seul mot d’ordre, celui de «tuer l’Indien qui réside dans chaque enfant». Tout est mis en place pour dénigrer leur culture et leurs traditions. Alice en témoigne: «Rien ne nous était expliqué, on devait faire les choses, sinon on était punis. Tout était fait par la force, nous vivions toujours dans l’angoisse de la punition. Régulièrement, on nous coupait les cheveux, tout le monde avait la même coiffure. Même à ce moment-là, les religieux ne faisaient preuve d’aucune douceur. On aurait dit qu’ils faisaient exprès de nous faire mal.»

pensionnat autochtone indien amérindien résidence«Les choses du quotidien, comme se brosser les dents, je n’ai jamais eu de plaisir à les faire parce que les religieux vérifiaient toujours si on l’avait fait comme il faut. On n’était jamais sûr de nous. Et puis rien n’était à notre portée, car on ne nous faisait pas confiance. Tout ce dont on avait besoin était enfermé dans des placards auxquels nous n’avions pas accès.» Alice reste pensive un moment: «Je me demande si j’avais une brosse à cheveux… non, je crois que je n’en avais pas. Une petite fille qui n’a même pas sa propre brosse à cheveux… C’est dire à quel point on manquait d’intimité!»

Dans ces écoles, les enfants n’ont pas le droit de se forger d’attaches. «J’ai été séparée de mon frère et de ma sœur, les religieux s’assuraient que nous n’avions aucun lien avec personne. On séparait les familles, les garçons des filles et les enfants d’âges différents. Ils faisaient tout pour casser les liens affectifs et familiaux. Ils ont bien réussi. Je n’ai plus de contact avec mon frère.» Les parents d’Alice vivent alors à une vingtaine de kilomètres du pensionnat dans la ville d’Amos, mais jamais ils ne viennent leur rendre visite. Alice le comprend, car selon elle, les religieux étaient très hypocrites. Accueillants lorsque les parents étaient là, ils écoutaient toutes les conversations et redevenaient violents à la seconde où la famille passait la porte pour partir.

pensionnat autochtone indiens amérindien résidenceAu fil des jours, ces pensionnats apprennent aux enfants à dénigrer leur identité. On dénigre leur culture en leur imposant les aspects les plus pompeux de la culture occidentale. On prie à genoux chaque jour, mais l’amour, l’art et la spiritualité sont prohibés. Les enfants n’ont même pas le droit de dessiner. «On éteint la créativité, car elle permet de trouver des solutions. Ils nous voulaient sans ressource, tristes et dépendants. Si j’ai plein de ressources aujourd’hui, c’est parce que je suis résiliente.» Pourtant, Alice garde en elle un traumatisme profond. Comme elle le dit elle-même: «Je ne me sens pas en sécurité, j’ai toujours peur et je me protège beaucoup, même à ce jour. Je me demande souvent: “Qu’est-ce qu’on va penser de moi?” J’ai peur d’avancer, de la façon dont les autres perçoivent mes différences.»

Les photos de classe de ces pensionnats en témoignent toutes: «Aucun enfant ne sourit jamais.»

«Dans mon entourage, peu arrivent à parler des pensionnats. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être ne sont-ils pas prêts à faire face à la douleur… c’est comme aller sur le bloc opératoire.»

Prendre du recul

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphopAprès le pensionnat, ses parents tiennent à ce qu’elle finisse l’école secondaire à Amos. À dix-huit ans, Alice part de chez elle. «Je voulais m’éloigner de tout ce qu’il se passait. Mes parents buvaient beaucoup et il y avait trop de violence.» Elle va rejoindre sa sœur qui travaille dans une manufacture aux États-Unis. «Je suis partie, mais je n’ai jamais oublié ma culture. Malgré les moyens mis en œuvre dans les pensionnats, l’Indien est invincible, car il est une partie inhérente de notre personne. Le tuer, c’est tuer le corps qu’il habite.».

«Lors de mon retour des États-Unis, en 1980, je suis revenue dans ma communauté. J’ai alors été intervenante en toxicomanie. Les aléas de la vie m’ont poussée à m’investir dans divers programmes d’aide et de soutien. J’ai voulu défendre les plus démunis.» C’est ainsi qu’Alice commence une longue carrière en intervention sociale. Elle a été directrice en santé communautaire dans un Centre d’amitié autochtone, directrice des services sociaux, directrice de santé et directrice au Wanaki Center, centre spécialisé entre autres dans les problèmes de drogue et d’alcool.

«Je suis grand chef depuis juillet 2012 et à ce titre, je participe au conseil tribal de la nation algonquine. Avant ça, j’ai eu un mandat de quatre ans en tant que chef. En 2007, j’ai pris une année sabbatique. C’est grâce à mes expériences professionnelles que j’ai pu m’investir autant dans ma communauté.».

Valeurs algonquines

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphopAider les autres permet à Alice d’aller de l’avant et de réconcilier les Algonquins avec leur culture. À défaut d’avoir tué le petit Indien en elle, les pensionnats l’on ressuscité. «Quand je parle algonquin, je n’ai pas besoin de penser parce que ça vient du cœur.»

L’enseignement du français dans les pensionnats lui permet quand même de se libérer de ses maux et de les partager avec le plus grand nombre: «Pour rester saine, j’écris des poèmes dans lesquels je décris le cœur blessé, l’enlèvement. Je fais aussi des abat-jours en tipi sur du papier de soie et de la peinture. Tout cela, c’est sans but lucratif. Je le fais pour moi. Je participe aussi à beaucoup d’échanges, car ça m’encourage de voir que je ne suis pas la seule à m’épanouir. Le partage m’aide beaucoup.»

La libération par l’art, par l’entraide, c’est ce qui réconforte Alice. Des horreurs qu’elle a vécues, elle en tire le positif. On peut constater dans son témoignage que les valeurs de la culture algonquine l’ont beaucoup aidée. «Chaque nation contribue à la société. Il faut toutes les accepter. Moi, même en pensionnat, j’ai toujours été convaincue que j’avais quelque chose d’unique. J’ai toujours partagé, j’ai toujours aidé les autres. Et, surtout, je ne comprends toujours pas la destruction. Si tu respectes la nature, tu te respectes toi-même. Je crois en la force humaine, au pouvoir de l’union. On se met ensemble, car on a besoin des autres. Après, c’est au choix d’un peuple de voir s’il utilise cette force pour construire ou pour détruire. Les Premières Nations ont choisi de se construire parce que cette idée est très proche de leurs valeurs. Par exemple, l’éducation de quelqu’un se fait toujours à plusieurs. Montrer l’exemple, tous se doivent de le faire. Une erreur est nocive pour toi, mais aussi pour ceux qui te voient comme un modèle.»

À bon entendeur…

Alice exprime continuellement l’importance de la parole et de la mémoire. C’est pourquoi lorsque je lui ai demandé un entretien, elle l’a accepté de bon cœur. Mais son enthousiasme explose lorsque je lui propose, par l’intermédiaire de Reflet de Société, de faire passer son opinion concernant le gouvernement canadien: «Si j’avais un message à faire passer au gouvernement, ce serait le suivant: Pourquoi voulez-vous garder les Premières Nations pauvres? Le gouvernement se plait à conserver l’apartheid et il n’utilise jamais les bons mots pour décrire ses actions à notre encontre. Il nous ignore en utilisant la loi sur les Indiens, il se sert des subventions pour nous faire chanter et nous menacer. Il cherche à faire de nous des Indiens dociles.»

«Au Canadien qui ne nous connaît toujours pas, ni nous, ni notre histoire, je conseillerais de se renseigner sur son voisin. Quand tu pars faire du tourisme, tu te renseignes sur les peuples qui habitent le territoire que tu visites. Pourquoi ne pas le faire chez toi?

En raison des médias, beaucoup de Canadiens généralisent et ne voient en nous que des alcooliques à problèmes. C’est absurde!»

«Je voudrais que justice soit faite. Je veux une justice qui nous soit propre, car aujourd’hui, la balance est déséquilibrée. Je rêve chaque jour à l’égalité. J’ai une voix, je vais l’utiliser parce qu’on est chez nous. J’ai été enlevée de ma famille et personne ne s’est préoccupé de moi. Le système fait en sorte que les Autochtones soient ignorés. Pourtant, on a beaucoup à dire parce que nous sommes les premiers sur cette terre. Les ressources du pays nous appartiennent. Le gouvernement et les entreprises privées pillent ces ressources, détruisent la nature. Ils sont aveuglés par l’argent. Comment peux-tu être heureux d’être riche lorsque ton voisin est pauvre ? Ils pensent sans penser, leurs pensées sont vaines. La nature a besoin de se reproduire et un Autochtone raisonne beaucoup en fonction de ça. Pas besoin d’aller à l’école pour en avoir conscience!»

Toiles autochtones par Fanny Aïsha

Photos pensionnat autochtone Bibliothèque et archives Canada.

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Histoire des pensionnats autochtones

Ce que les autochtones ont subi de nos gouvernements

Je me souviens… et ne peut oublier

La loi sur les Indiens; Le gouvernement sud-africain s’est inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940. 

Flora Lassalle, Dossier Autochtones

  • pensionnat_indien_autochtone-amerindien-residencesEn 1831, le gouvernement canadien décide d’instaurer des pensionnats pour les enfants autochtones afin de «tuer l’Indien en eux». Dirigés par des religieux, les pensionnats avaient pour but de les assimiler à la culture des Blancs. Pendant 167 ans, 150 000 Autochtones, soit cinq générations, ont passé leur enfance dans ces institutions.
  • Dans la version de la Loi sur les Indiens adoptée par le Parlement canadien en 1876, l’État criminalise les cérémonies spirituelles, empêche les Indiens de sortir de leur réserve sans autorisation, impose des lois sur la chasse, les ventes, la culture des Autochtones et réprime considérablement leurs droits d’expression.
  • pensionnat autochtone indiens amérindien résidenceEn 1907, une enquête réalisée par le périodique Montreal Star prouve que 24% des enfants mourraient dans les pensionnats et que ce chiffre s’élevait à 42% si l’on comptait aussi les enfants qui mourraient dans leur famille, après avoir été renvoyés à cause d’une maladie grave.
  • Les Inuits subissent des déplacements en Arctique à partir de 1934 sous l’ordre du ministère de l’Intérieur du Canada pour des raisons économiques, puis militaires. Un bouleversement énorme pour ce peuple vivant sur les mêmes terres depuis 6 000 ans! insécable
  • pensionnat autochtone indien amérindien résidenceMise à mort de 20 000 chiens huskies en 1950 sans consultation préalable de leurs maîtres inuits afin «d’assurer la protection des collectivités contre les maladies et les attaques attribuées aux chiens» (Fondation autochtone de guérison, 2007).
  • «À mesure qu’on découvre l’ampleur de l’abus sexuel commis sous le régime des pensionnats, certains avancent même que le régime des pensionnats n’était rien de moins que de la “pédophilie institutionnalisée”» Vivian Tait, 2003.

Le Gouvernement du Canada reconnaît le rôle qu’il a joué dans l’instauration et l’administration des écoles. Particulièrement pour les personnes qui ont subi la tragédie des sévices physiques et sexuels dans les pensionnats et pour celles qui ont porté le fardeau en pensant, en quelque sorte, en être responsables, nous devons insister sur le fait que ce qui s’est passé n’était pas de leur faute et que cette situation n’aurait pas dû se produire. À tous ceux d’entre vous qui ont subi cette tragédie dans les pensionnats, nous exprimons nos regrets les plus sincères (Gouvernement du Canada, 1998).

Pensionnats autochtones et clergé
La loi sur les indiens et l’apartheid

Photos bibliothèque et archives Canada

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Cérémonie du soleil levant

Réconciliation autochtone

Pensionnat autochtone: processus de guérison

Flora Lassalle. Dossier Autochtones

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphopPendant trois jours s’est tenu à Montréal l’«Évènement national du Québec» organisé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Une occasion d’entendre des histoires de personnes venues des quatre coins du pays pour parler de ce qu’ils ont vécu et subi. Une rencontre bouleversante.

Malgré leurs souvenirs cauchemardesques, tous semblaient optimistes concernant l’avenir. Cet évènement fut l’occasion de témoigner afin de «fermer les portes de l’enfer». Certains discours débordaient d’émotions.

Devant les témoignages, l’une d’entre elles leva les bras au ciel et hurla de désespoir face à une scène de viol. Cinq personnes accoururent pour l’embrasser et la réconforter. La notion de collectivité s’est faite fortement ressentir: le but étant d’affronter cette mémoire ensemble.

Les cérémonies du soleil levant organisées chaque matin permirent à toutes les personnes qui le souhaitaient de se recueillir.

Ces trois journées aidèrent certains à continuer leur processus de guérison et à d’autres de le débuter, entourés de gens de confiance. Cette guérison est incontournable. Selon un chef algonquin: «Pour que la cure fonctionne, tout le monde doit arriver à assumer le passé.»

Les Événements nationaux

Quatre Évènements nationaux ont eu lieu avant celui de Montréal. Au début de chacun, un feu sacré était allumé et entretenu par le gardien du feu. Il perdurait jusqu’à ce que la rencontre s’achève, permettant d’offrir chaleur et protection à tous les participants pour favoriser leur guérison. Des cendres étaient prélevées pour être reversées dans le feu suivant à la fin de chaque évènement, tradition qui a perduré lors de l’Évènement national organisé à Montréal. Ainsi le feu sacré qui brûla à Montréal regroupait les cendres de tous les évènements précédents.

La cérémonie du soleil levant, lorsque les premiers rayons de soleil se font entrevoir. Les participants se placent autour du feu pour rendre hommage aux victimes des pensionnats par des prières et des offrandes. Après s’être purifié et recueilli, tous les participant qui en éprouve l’envie sont invités à venir prendre le bâton de parole et partager leur ressenti avec les personnes présentes dans le cercle.

Les participants s’expriment 

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphop«Nous sommes les plus pauvres dans l’un des pays les plus riches.»

«Ce n’est pas en détruisant que l’on va réussir, c’est en construisant ensemble.»

«Un évènement de quelques minutes peut rester pour toujours dans notre cœur. La seule façon de le dépasser serait de nous arracher le cœur.»

«Si l’on n’a plus de respect pour la nature, on n’en a pas non plus pour les hommes.»

«L’école résidentielle était faite de briques. Sur chaque brique, on pouvait lire l’inscription “Canada”.»

«Je parle de mon passé pour fermer les portes de l’enfer.»

«Prendre un enfant, c’est arracher le cœur d’une famille.»

«I believe truth will set me free

«Vivre comme si échouer n’était pas possible…»

Toiles de l’artiste Fanny Aĩshaa

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La loi sur les indiens et l’apartheid

Loi sur les Indiens

Le gouvernement sud-africain s’est inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940. 

Flora Lassalle. Dossier Autochtones

autochtones indiens loi indien autochtone réserve loiLa loi sur les Indiens a été mise en vigueur en 1867. Elle avait officiellement pour but de protéger les terres ancestrales des Premières Nations des colons. Malheureusement, cette loi permettait surtout d’assimiler et de contrôler les Autochtones. Le gouvernement sud-africain s’est d’ailleurs inspiré de cette législation canadienne pour créer l’apartheid en 1940.

Par cette loi, l’État criminalise les cérémonies spirituelles, empêche les Indiens de voter, de posséder des terres et de sortir de leur réserve sans autorisation. Il impose aussi ses lois sur la chasse, les ventes, la culture des Autochtones. Elle décharge les parents de leurs droits sur leurs enfants, et réprime considérablement leur droit d’expression.

autochtones indiens amérindiens loiMême si la majorité de ces articles ne sont plus en vigueur aujourd’hui, la loi sur les Indiens existe toujours. Un Indien ne peut toujours pas être propriétaire. Les réserves appartiennent intégralement au gouvernement fédéral qui peut saisir les biens d’un individu à tout moment s’il y voit un intérêt public. Les résidents peuvent, au mieux, se voir accorder un certificat de possession attestant le droit d’occuper une propriété pour un certain nombre d’années.

Les banques ne peuvent pas saisir de biens sur les réserves. Les Premières Nations se voient donc refuser, de façon quasi automatique, leurs demandes de prêts.

Jusqu’en 1985, si une femme non Indienne se mariait et enfantait d’un homme Autochtone, elle et sa progéniture se voyaient attribuer le statut d’Indien. Par contre, si un homme non Indien se mariait avec une Autochtone, ni lui, ni leurs enfants ne pouvaient acquérir ce statut. La loi sur les Indiens fut particulièrement nocive pour les femmes. Encore aujourd’hui, si l’une d’entre elles divorce de son mari, elle peut être expulsée de son logement sans aucun recours. Elles ne possèdent pas non plus l’égalité du droit de parole dans les conseils de bandes. L’association des femmes autochtones du Canada tente de lutter contre les nombreuses injustices dont elles sont victimes.

La loi sur les Indiens perpétue la discrimination. Amnistie internationale et les Nations Unies l’ont dénoncée à plusieurs reprises car elle va à l’encontre des droits fondamentaux de la personne.

Toiles de l’artiste Fanny Aĩshaa,

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Pensionnats autochtones et clergé

Juin, mois des autochtones

Clergé et pensionnats autochtones

Depuis le début de la colonisation, l’éducation des enfants autochtones a été assurée par le clergé, par les missionnaires qui souhaitaient les convertir au christianisme.

Normand Charest Dossier Autochtone

pensionnat autochtone indien amérindien résidenceMais la conversion signifiait changer leur manière de penser et d’agir, car en faire de «bons chrétiens» impliquait de les transformer en Blanc, c’est-à-dire de «tuer l’Indien en eux», comme on disait souvent à l’époque, autant aux États-Unis qu’au Canada.

Une petite Sioux américaine nommée Zitlaka-Ša est devenue Gertrude Simmons Bonnin pour les missionnaires. On a coupé court ses longs cheveux et on a remplacé ses mocassins par des souliers à semelle rigide, dont les talons résonnaient sur les planchers de bois.

pensionnat_indien_autochtonebibliothe_que_et_archives_canadaAu Canada, les écoles résidentielles ou pensionnats «indiens» ont été fondés par le ministère des Affaires indiennes et administrées par les Églises chrétiennes, catholique et anglicane. De telles écoles existant depuis la mise en vigueur de la Loi sur les Indiens en 1867 sont devenues obligatoires pour les enfants amérindiens, métis et inuits en 1920. La plupart des pensionnats ont fermé leurs portes durant les années 1970, le dernier en 1996.

On reconnaît désormais que ces institutions ont nui aux enfants autochtones:

  • en les séparant de leur famille et de leur communauté;
  • en leur interdisant de parler leur langue maternelle et de pratiquer leur culture propre;
  • en les exposant fréquemment à des sévices physiques et sexuels commis par le personnel des établissements.

pensionnat autochtone indiens amérindien résidenceLe 11 juin 2008, le gouvernement fédéral, ainsi que tous les chefs de parti, ont présenté officiellement des excuses au nom du peuple canadien aux Autochtones dans l’enceinte de la Chambre des communes. Quelques jours plus tôt a été formée la Commission de vérité et réconciliation du Canada, dont les travaux se poursuivent dans tout le pays depuis.

Dans un article publié sur le site de Radio-Canada le 29 avril 2009 intitulé

«Le pape exprime des regrets», on peut lire: «À Rome, le pape Benoît XVI a exprimé ses regrets — mais pas ses excuses — pour les sévices subis par des milliers d’enfants autochtones dans les pensionnats dirigés par des prêtres catholiques lors d’une audience privée accordée à une délégation de l’Assemblée des Premières Nations et de la Conférence des évêques catholiques du Canada.»

Les parents des peuples nomades, notamment les Innus, auxquels on avait enlevé de force leurs enfants, étaient désemparés. Ils se sont sédentarisés pour se rapprocher des écoles. C’était la fin de leur vie traditionnelle et de leur autonomie. La fin de la fierté et du bonheur, remplacés par la douleur et l’absurdité qui menèrent bien souvent à la fuite dans l’alcool.

Les enfants sortis des écoles ne savaient plus parler leur langue maternelle. Ils étaient désœuvrés. Les générations ne se comprenaient plus entre elles. Alcool, drogues, violence, abus et incarcérations en ont résulté, sans compter le haut taux de suicide chez les Autochtones.

Cependant, aussi étonnant que cela puisse paraître, les Autochtones sont encore soumis à la Loi sur les Indiens, qui fait d’eux d’éternels mineurs sous la tutelle du gouvernement canadien.

Au Québec, il y a eu des pensionnats à Amos, Fort-George, Rivière-George (Kangiqsualujjuaq), Poste-de-la-Baleine (Kuujjuarapik, Whapmagoostui), Payne-Bay (Kangirsuk), Port Harrison (Inukjuak), La Tuque, Pointe-Bleue et Sept-Îles (Maliotenam).

Commission de vérité et réconciliation du Canada: http://www.trc.ca/websites/trcinstitution

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