La quête du journalisme citoyen

Raymond Viger | Dossier Journalisme et média

Quand les relationnistes ont décidé de se lancer sur Internet et les médias sociaux, les journalistes ont sursauté. Philippe Schnobb de Radio-Canada a déjà déchiré sa chemise sur le dos du journalisme-citoyen. L’éthique du journalisme-citoyen a régulièrement été questionné. Surtout après que Morrow Communication ait créé un faux blogue de citoyens pour mousser l’idée des vélos Bixi de la Ville de Montréal.

Récemment, j’ai réagi à un commentaire de la chercheure Samia Mihoub chercheuse à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. Mme Samia Mihoub laissait sous-entendre, lors du congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) à Ottawa, que des sites tels qu’Agoravox en France, grâce à une politique éditoriale et une charte de rédaction permettait d’obtenir un cadre éthique au journalisme citoyen. Étant moi-même rédacteur et modérateur sur le site d’Agoravox, je ne suis vraiment pas d’accord avec les affirmations de Samia Mihoub.

Il est vrai qu’Agoravox a un comité de modération pour éviter que n’importe qui publie n’importe quelle connerie. Mais est-ce du journalisme citoyen pour autant? Pas en ce qui me concerne. Parce que si un citoyen amène un bon sujet, un bon angle mais qu’il faut le développer plus, faire plus de recherche, vérifier des faits, aucun journaliste n’est affecté pour pouvoir compléter le travail amorcé. Entre le texte brute d’un citoyen et le produit final et publiable, il y a une équipe journalistique, ou du moins, une éthique journalistique qui est employé.

Rien de tel n’existe dans les blogues ou dans les sites tels qu’Agoravox, Cent Papier ou autres. Au Québec, tout citoyen peut faire du journalisme. Il n’existe pas d’association professionnelle et légale pour encadrer la profession. Comment fait-on alors pour séparer le journaliste du journaliste-citoyen? Par son professionnalisme! Même parmi les médias conventionnels il existe parfois des gens qui font du journalisme et qui ne devrait pas en faire. Et certains citoyens, qui ne sont pas officiellement reconnus comme journaliste, ont pourtant une éthique et une rigueur importante et professionnelle.

Un débat qui dure depuis des années et qui n’est pas encore terminé.

love-in-3dLove in 3D

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.  

Journalisme citoyen et les journalistes professionnels vu par Philippe Schnobb de Radio-Canada

Raymond Viger | Dossier Accommodements raisonnables

Philippe Schnobb de Radio-Canada, suite au congrès des journalistes, a fait un blogue sur le journalisme citoyen. Je n’ai pas assisté à l’atelier dont fait référence M. Schnobb. J’étais dans un autre atelier sur les accommodements raisonnables. Cet atelier ou l’on tentait de comprendre tous les dérapages médiatiques sur cette question. L’atelier ou certains médias et journalistes ont été pointé du doigt pour leur manque de rigueur et leur incapacité à suivre un code d’éthique.

Vous comprendrez peut-être mon étonnement lorsque je lis ceci dans le blogue tenu par M. Schnobb :

Quand ces images générées par les citoyens sont placées sur un blogue, elles ne sont pas toujours mises en contexte ou, si elles le sont, cette mise en contexte peut être biaisée. Il n’y a que les journalistes qui peuvent garantir que la mise en contexte n’est pas biaisée parce que les journalistes obéissent à un code d’éthique, à des normes. Si nous ne le faisons pas, nous sommes sujets à recevoir un blâme. De l’ombudsman de Radio-Canada, du Conseil de presse ou, pire, d’un tribunal!

Seuls les journalistes peuvent garantir une mise en contexte qui n’est pas biaisée. Sinon, c’est le blâme. La grosse claque sur les doigts que le Conseil de presse va nous infliger. Pourtant, en 2006, j’ai fait 4 plaintes au Conseil de presse. Je les ai toutes gagnées. Les médias et les journalistes ont tous été blâmés. Est-ce que cela les empêchent de continuer? Certainement pas. Il y a trop d’argent à faire avec le plagiat et le sensationnalisme. Est-ce que quelqu’un pourrait me nommer les 4 médias et les 4 journalistes impliqués dans mes plaintes? Encore moins.

Qu’est-ce qui est mieux? Un mauvais journaliste ou un bon citoyen? Parce qu’il y a de mauvais journalistes. Et il y a des citoyens qui font un excellent travail. Ce n’est pas parce que tu portes le titre de journaliste que tu es obligatoirement bon et meilleur que les autres. Peut-on faire confiance aux lecteurs d’être capables de discernement entre le blogue et le média conventionnel qu’ils lisent?

Une chose est certaine. Les blogues permettent un échange d’information beaucoup plus grand qu’un média écrit conventionnel. Les gens laissent des commentaires, permettant une mise à jour de l’information et offre une variété de sources. Les blogues permettent aussi de donner une permanence à l’information. En page 39 d’un grand quotidien, nous avons lu qu’une grande entreprise a été condamnée par l’Office de la protection du consommateur. Peu de gens l’auront vu ou s’en souviendront une semaine plus tard. Lorsque repris par un blogue, cela permet à tous les consommateurs qui font des recherches de retracer l’information et d’en être avisés avant de compléter ses achats. Et ça, même des années après les faits. Si un consommateur est insatisfait d’un commerçant, même si l’information n’est pas publiée dans un média, même s’il décide de ne pas porter plainte, il pourra fournir l’information à d’autres consommateurs par l’intermédiaire de son blogue. Aucun média conventionnel ne peut nous offrir autant.

J’ai vu des organismes communautaires prendre leurs caméras vidéos et passer en entrevue des politiciens et d’autres acteurs significatifs pour leur communauté. Les vidéos intégraux se retrouvent sur leur blogue. Une entrevue intégrale est-elle meilleure ou pire que le 30 secondes que l’on peut écouter aux nouvelles?

Un bénévole dans une région fait un petit journal distribué à 200 exemplaires dans son patelin. Certains ont leurs cartes de journalistes professionnels. Si le même bénévole décide de tenir un blogue au lieu d’un petit journal, du jour au lendemain, ce qu’il dit serait moins crédible?

Question d’intégrité, je ne cacherais pas mes appartenances. Je suis journaliste pour le magazine Reflet de Société. Je suis blogueur. Je suis intervenant.

Certains journalistes disent que je suis intervenant, donc que je ne peux pas être un journaliste. Certains intervenants disent que je suis journaliste, donc je ne peux être intervenant et respecter le secret professionnel.

Je me sens à l’aise de bloguer. Personne n’a osé me dire que je n’avais pas le droit de bloguer ou que je ne pouvais pas arborer le titre officiel de « blogueur ». Du moins, tant qu’une association professionnelle ne mettra pas le grappin sur le terme.

Blogueurs qui ont débattu ce sujet: Renart L’éveillé, Mario Tout de go, Olivier Niquet, Le canard réincarné.

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couverture  livre jean-simon copiePoésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois.

Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!

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