Paris, Belle Époque mais pour qui?

Musée de la civilisation à Québec

Paris 1889-1914: la Belle Époque, mais pour qui ?

Si vous passez par Québec ou que vous y habitez, vous pourriez être intéressés par l’exposition « Paris en scène 1889-1914 », présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 23 février 2014. Vous y retrouverez le Paris fin 19e et début 20e siècles, par delà les clichés du Moulin Rouge, des Folies-Bergère et des bourgeois qui allaient y faire la fête.

débats société réflexions sociales communautaire citoyen

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers SociétéCulture

L’occasion nous est donnée, cette fois, de regarder cette « Belle Époque » sous l’angle des classes populaires qui gagnaient chichement leur vie dans les cirques, les foires et même dans la prostitution.

On pense au roman à caractère social Les Misérables (1862) de Victor Hugo, un auteur immensément populaire, à cette époque. Un million de personnes assistèrent à son cortège funèbre en 1885.

Misère et divertissement

Famille_d_acrobate_avec_singe picasso art cultureLe cirque tel qu’on le connaît naît à cette époque, mais il ne fait que poursuivre la tradition des saltimbanques pauvres qui s’exhibaient pour presque rien, de l’enfance à la vieillesse. Toulouse-Lautrec, Picasso, Chagall, Rouault et bien d’autres peintres se sont inspirés des cirques et de la vie triste des saltimbanques.

Durant cette période, on trouvait quatre cirques permanents à Paris. Ils étaient populaires à cause de leur prix réduit, mais ces bas prix reposaient sur la misère des employés. Même chose pour les foires itinérantes, tout aussi misérables avec ses femmes à barbe, siamois, nains, géants et autres attractions humaines. C’est dans ces foires qu’on a montré les premières « vues animées » et les bouts de film des frères Lumière au nom prédestiné.

Art populaire

Grâce à l’évolution des techniques d’imprimerie, il devient moins coûteux d’imprimer en couleur et les affiches publicitaires envahissent les rues. Elles sont l’œuvre de peintres, comme Toulouse-Lautrec. Tout en étant commerciales, elles représentent en même temps une nouvelle forme d’art populaire très apprécié.

Le progrès ?

Depuis Napoléon, Paris a été rénovée. Les rues moyenâgeuses, qui servirent longtemps d’égouts à ciel ouvert, sont percées par de larges et clairs boulevards bordés d’arbres. La population grandissante augmente les risques d’épidémies. Mais grâce à de nouveaux aménagements, l’hygiène s’améliore. C’est aussi l’ère des expositions universelles, comme celle de 1889, pour laquelle on a construit la tour Eiffel.

Parmi les nouveautés, la bicyclette est adoptée par le peuple, tandis qu’on commence aussi à produire des tricycles à moteur (des Dion-Bouton) ainsi que des voitures automobiles (des Renault) et que l’on construit le premier Métropolitain, souterrain et électrique.

C’est le progrès, on semble riche, mais d’où vient toute cette richesse ? L’Europe la puise dans les ressources de ses colonies, situées aux quatre coins du monde. D’un côté, la beauté fascinante du progrès, accessible en premier lieu aux riches. Mais de l’autre côté se cache une réalité moins reluisante : celle du travail dangereux et abrutissant dans les nouvelles usines, celle de tous les petits métiers comme ceux du cirque, ainsi que l’exploitation des colonies.

Le plus beau défi

picasso-periode-bleue art cultureDe nos jours, on a un peu perdu de notre naïveté, devant le progrès et la consommation illimitée des ressources naturelles. On y voit plus clair, en général. Ce n’est plus le magasin de jouets. Mais est-ce vraiment le cas ? Ou choisit-on plutôt de se fermer les yeux devant des problèmes apparemment insurmontables, qui nous démoralisent ? Que de mauvaises nouvelles partout, cela use l’enthousiasme. Or, le plus beau défi, en ce moment, le plus courageux, est de garder l’espoir malgré tout, et d’œuvrer pas à pas à l’amélioration de nos sociétés. Et pas seulement du côté matériel, puisque sans culture et sans véritable vie intérieure, tout n’est que superficialité.

Musée de la civilisation
85, rue Dalhousie
Québec (Québec) G1K 8R2

  • Illustrations : deux tableaux de Picasso qui ne font pas partie de l’exposition, mais qui représentent des saltimbanques.

Autres textes sur Culture

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Vandalisme dans le métro et les transports en commun

Entrevue avec Serge Savard de la Société de Transport de Montréal

Vandalisme dans le métro et les transports en commun

La Société de transport de Montréal (STM) consacre annuellement 1,3 million de dollars à l’enlèvement des graffitis dans son réseau. Ça peut sembler énorme et pourtant, c’est encore insuffisant.

Martin Ouellet   Dossiers : Graffiti, Hip-Hop

graffiti dans le metro de montreal

En effet, une évaluation faite en 1999 a révélé qu’il aurait coûté 5 millions pour nettoyer complètement l’intérieur de toutes les stations du métro de Montréal. C’est sans compter ce qu’il aurait fallu débourser pour remettre à neuf tous les autobus de la flotte, la surface extérieure des stations ainsi que les abribus…

Où frappent les vandales?

Le vandalisme est généralisé à l’ensemble du réseau. Même les œuvres d’art ne sont plus respectées par la nouvelle vague de graffiteurs, qui les trouvent démodées. Certains produits chimiques très puissants utilisés pour enlever les graffitis risquent de dégrader la surface des murales ou autres pièces de notre patrimoine artistique. À la station Snowdon, entre autres, les murales représentant les quatre saisons ont été très abîmées par l’enlèvement de graffitis à répétition.

Les conséquences?

Toute personne surprise à souiller une station de métro est passible d’une amende de 75 à 500$. Depuis peu, il faut savoir également que la STM poursuit systématiquement au civil les graffiteurs pris sur le fait pour leur réclamer le montant total qu’aura coûté la réparation de leur vandalisme.

Comment évaluer les coûts?

Pour déterminer à combien s’élève la facture pour les dommages subis, la Société de transport prend en considération différents facteurs: le type de matériel utilisé pour le graffiti, la nature de la surface à nettoyer multiplié par la superficie en pouces carrés et finalement le salaire de la main-d’œuvre chargée de l’effacement. Il existe d’autres pertes reliées au graffiti, impossibles à récupérer. Par exemple, lorsque des voitures de métro sont graffités, on les retire de la circulation jusqu’à ce qu’elles soient nettoyées ou repeintes, ce qui cause une perte de productivité.

Serge Savard affirme que les sommes réclamées par la STM aux vandales sont toujours évaluées de cette façon. Ceux qui prétendent que les chiffres sont gonflés font fausse route car la méthode de calcul est approuvée par l’industrie.

Verra-t-on la fin de la guerre au graffiti un jour?

«Depuis longtemps, notre objectif n’est pas d’éliminer le graffiti, ce qui est utopique, mais de le réduire. Il faut contenir le problème, ne pas laisser déborder la situation. Une grande partie de notre clientèle n’apprécie pas le graffiti et est intimidée par sa présence dans les transports. Cela donne l’impression que le service est négligé et ça crée un sentiment d’insécurité chez la population.»

La prévention?

La STM organise des activités de sensibilisation auprès des jeunes dans les milieux scolaires et produit des brochures pour responsabiliser les citoyens. La Société de transport a également des représentants qui siègent à la table de concertation Alliance Métropolitaine Graffiti et Affichage, où elle travaille en partenariat avec entre autres la Ville de Montréal et le Café-Graffiti.

Un message pour les graffiteurs?

«Vous faites partie de la société vous aussi, vous payez pour vos propres méfaits» «On ne porte pas de jugement artistique sur les graffitis. Si Picasso avait été surpris à peinturer sur les murs du métro, nous l’aurions arrêté. Il faut enlever les graffs, même si certains sont beaux. De tous temps, il y a eu des artistes incompris, rejetés. Ils n’ont pas nécessairement imposé leurs œuvres à tout le monde pour autant… Dites-vous bien que nous n’arrêterons jamais de nettoyer…»

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

Autres textes sur le Graffiti:

Arpi: Muraliste et designer d’intérieur

Inauguration de la fresque de Fluke avec RFF

Vidéo murale graffiti pour l’agence de communication ID3 (idées aux Cubes)

Murale graffiti, animation de foule, peinture en direct, T-shirt

Mural de Michael Jackson au Festival de Jazz avec les graffiteurs Fluke et Omen

Mural graffiti en direct par Fluke

Fluke pour Oxygen

Video clip graffiti hiphop et breakdance gratuit

Projet graffiti pour Oakley

Graffiti calligraphie El Seed

Le mural Jean Talon

Rencontre avec Nawlz: Graffeur du monde

Breakdance, hip hop, rap, graffiti: présentation des artistes

Vandalisme au métro Sherbrooke: un graffiteur réagit

Québec et Gatineau en mettent plein les murs

Graffiteur recherché pour les tags dans le métro

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Sociétéédité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

 

%d blogueurs aiment cette page :