À la croisée de 2 buzz

Toxicomanie

Toxicomane à 10 ans

Dans son habit de danseur hip-hop, Kenhell, 32 ans, est venu avec sa compagne Nikou, son ange. Après 20 ans de consommation, 16 thérapies et une sacrée dose de persévérance, il voit le bout du tunnel. C’est la musique qui l’a sauvé.

Lucie Barras Dossier Drogue

drogue toxicomanie thérapie toxicomane junkie sevrage dépendance consommation«J’avais 10 ans lorsque j’ai touché à la drogue pour la première fois. J’ai pris des champignons hallucinogènes avec des amis. J’y ai pris tant de plaisir! Mais, mon premier contact avec la drogue, j’avais 3 ans. Ma mère m’a fait garder par des personnes qui consommaient du cannabis. J’ai cru, ce jour-là, qu’elle m’abandonnait. J’ai arrêté de manger et de dormir. Je suis devenu hyperactif.»

À trois ans, une rage s’empare de Kenhell. En grandissant, il la canalise en jouant de la batterie. Mais ses parents ne veulent pas en entendre parler. Très vite, la musique ne lui suffit plus. À l’entrée dans l’adolescence, il se tourne vers la drogue, pour combler le manque.

Drogues et suicide

«J’ai commencé avec du cannabis. Un ou deux ans plus tard, je suis passé à la cocaïne. Ça a été le coup de foudre. J’y ai trouvé mon calme. La coke apaisait mes angoisses et mon hyperactivité. À cette époque, je réussissais, j’avais ce que je croyais être des amis. J’étais loin d’être conscient de ma dépendance. Comment la drogue aurait-elle pu m’arrêter? En même temps, mes idées suicidaires faisaient leur chemin, tranquillement. Je voulais vivre ma vie à fond, et la terminer à fond.»

«À quinze ans, ma famille tentait d’avoir un peu d’autorité sur moi. Je ne voulais rien écouter. J’ai perdu la tête. J’ai fini en centre d’accueil pour voie de fait contre mes parents et vente de stupéfiants. Puis, on m’a envoyé en centre de thérapie. J’y ai fait une tentative de suicide.»

À sa sortie, Kenhell rencontre le groupe de punk rock Impact. «J’avais une faible estime de moi, ils m’ont donné ma chance. Impact m’a fait comprendre que la musique pouvait devenir un métier et me sauver la vie. Mais entre temps, j’avais remis le nez dans la drogue.

Les mêmes amis m’attendaient à la sortie… Je sentais la pression de mes parents. Ils voulaient que je gagne ma vie. Je ne voyais pas d’autre option que vendre. Le jour de mes 16 ans, je suis allé voir le directeur de mon école pour lui demander à combien s’élevait son salaire. Il gagnait autant que moi avec mon deal. Je lui ai dit adieu.»

Kenhell poursuit ses activités musicales. Il se tourne vers les drogues dures. Le crack et l’héroïne, surtout. «J’ai commencé à fuguer pour éviter mes parents et la police. Je partais pendant des mois. Je revenais seulement pour me laver et manger lorsque tout le monde était au travail. Je dormais à droite, à gauche, dans des squats ou chez des compagnons de trips

Psychose et prison

Un soir, Kenhell voit la police débarquer dans l’immeuble où il se trouve avec des amis. Il a sur lui une grosse quantité de drogues. La police vient pour les autres mais Kenhell ne le sait pas. Pris au piège, il consomme tout, one shot… et fait une psychose.

Il a 20 ans. C’est un choc, pour Kenhell qui perd ses repères, pour ses proches également, qui perdent confiance en lui. «On me croyait fou. Les membres de mes groupes de musique sont devenus suspicieux. Alien Fœtus, pour qui je jouais, m’a fait porter le chapeau d’un vol de guitare qui n’avait en fait jamais été volée, elle a été retrouvée par la suite. J’ai voulu me défendre. J’y ai été un peu trop fort. L’un des membres du groupe a porté plainte. Il m’accusait de cannibalisme pour une morsure. J’ai atterri en prison, pour voie de fait aggravé. La drogue m’avait rendu psychiquement vulnérable. Je n’avais pas la force de comprendre ce qui m’arrivait, encore moins de me défendre. Le juge a réalisé que j’étais intoxiqué, il m’a envoyé en thérapie. J’en étais déjà à ma huitième.»

À sa sortie, Kenhell est sobre. Et seul. Alors qu’il cherche un job, il est engagé comme DJ dans un club de danseuses. Un univers sombre. Il retombe subtilement dans les stupéfiants, la vente de coke, d’ecstasy, de speed ou encore du viagra. «J’étais un bon DJ. On m’a offert plus de travail, un plus gros salaire, et plus de responsabilités. Je n’ai pas supporté cette pression.»

Un pied dans la tombe

Kenhell a 22 ans. Il fait la rencontre du groupe Whisper et commence une double vie, entre les clubs et le groupe. «Jouer avec eux aurait pu me sauver. Mais j’avais déjà un pied dans la tombe. Je ne pouvais plus faire marche arrière.»

Un jour, alors qu’il rentre d’une fugue, il retrouve la maison familiale vendue. Ses parents, endettés, ne pouvaient plus faire tourner leurs 3 commerces. «J’étais déraciné. Je m’étais toujours vu reprendre cette bâtisse plus tard. Je ne suis pas le seul à ne pas l’avoir supporté. En un an, ma famille s’est effondrée. Ma mère est partie.

«Deux loyers et des dettes sont retombés sur mes épaules. J’ai dû vendre le dépanneur familial pour un prix infime. Je me suis retrouvé à la rue. Je travaillais comme aide-cuisinier, dormais sur les terrasses des restaurants que mes patrons avaient la gentillesse de chauffer par grands froids. Ils savaient que j’étais shooté. Mais, je faisais mon boulot. Je travaillais uniquement pour ma consommation de drogue, et ce jusqu’à épuisement.»

Peu après le décès de son père, le chanteur de Whisper et ami de Kenhell meurt subitement. «J’ai pleuré de toutes les larmes de mon corps. Ça m’a désinfecté. C’est comme si après ce chagrin, la drogue ne me satisfaisait plus. La dépression était trop forte.

Je suis allé en thérapie, de mon plein gré cette fois. À reculons, certes, mais je l’avais promis à cet ami. J’espérais y trouver un peu de sécurité aussi. Enfermé, j’ai commencé l’écriture de ce qui allait devenir mon album solo.»

À l’issue de cette thérapie, Kenhell trouve une certaine stabilité. Il continue ses activités de DJ et de vendeur. Plusieurs années passent, il entre comme chanteur dans le groupe de hip-hop Addiktion.

«En deux jours, quatre de mes amis ont perdu la vie dans un accident de voiture. Et mon ami de toujours s’est suicidé. Il était bassiste pour le groupe Arqueslange, comme nos noms de famille: Arbour, Quesnel, Bélanger. Je lui avais présenté sa femme. C’est sa fille de quatre ans qui l’a retrouvé. J’ai pleuré trois jours sans m’arrêter. J’en avais le visage noir. Cette peine m’a fait renaître. Kenhell allait être mon nom, je devenais moi-même. Je ne voulais plus entendre parler de suicide.»

L’album d’une vie

Il y a un an, il rencontre Nikou dans un bar-restaurant. Elle va lui redonner confiance, le pousser à aller au bout de son projet: l’album solo. «Avant, les questions d’argent, de droits, me décourageaient. Mais ça y’est, il est bel et bien sorti. Le double album que j’avais imaginé est devenu deux albums distincts. J’y ai tout mêlé. Mon côté sombre et mon côté clair, mon côté métal et mon côté reggæ, mon côté hip-hop et ma part plus sentimentale.»

Le premier album, Légitime démence, est en vente depuis juin 2010. Plusieurs artistes y ont collaboré: Fatal, Bumperman, Arabouish d’Alien Fœtus, Morin de V-ztoars, Critical Raf, Leaving for LA ou encore le groupe de Kenhell Ogotaï.

Lutte quotidienne

Kenhell n’a pas touché à la drogue depuis plusieurs mois. Son combat, il le mène «un jour à la fois». Il est bénévole pour les Émotifs, Narcotiques et Alcooliques Anonymes. À côté de sa carrière solo, il enseigne la batterie. Il est également batteur pour le groupe de rock progressif V-Ztors qui produit son 1er album, et  DJ… pour les évènements seulement.

«Pour évacuer ma rage, j’avais le choix entre les trois T: la tombe, la tôle ou la thérapie. J’ai choisi. Mon deuxième album porte un message pour les découragés. Il est dédié à ceux qui ont des problèmes de dépendances.

«Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Aux services anonymes, aux structures médicales, et même à Dieu. Il faut s’accrocher à un but, y aller petit pas par petit pas. On peut juste rencontrer un ange.»

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    Plantation et production de cannabis

    Plantations de pot

    Au pays de l’or vert

    Pendant plusieurs années, le seul revenu d’Anna provenait de la culture du cannabis.

    Claire Gaillard    Dossiers Drogue, Criminalité

    Anna a 30 ans et travaille à temps plein pour la même compagnie depuis 3 ans. Elle vit une relation amoureuse stable et est entourée d’amis fiables. Son entourage a pourtant toujours pensé qu’elle ne mènerait jamais cette vie «normale». Pendant plusieurs années, le seul revenu d’Anna provenait de la culture du cannabis.

    À chaque nouvelle récolte, Anna part travailler dans différents coins du Québec.

    Selon la taille de la récolte, on restait de 2 à 5 jours. Il y a des gens de vraiment tous les milieux, de tous les âges. Il y avait même un comptable qui arrangeait mes impôts pour que tout soit officiellement correct. Le transport et les repas étaient fournis et l’on dormait où on pouvait sur place. Je gagnais environ 150 $ par jour, raconte-t-elle.

    Son employeur la prend sous son aile pour lui apprendre à faire pousser elle-même, jusqu’à ce qu’un conflit interrompe leur coopération. Elle a ensuite commencé à trimer pour un autre. À deux reprises, Anna se voit confier une maison de pousse. Elle y vivra, éloignée de la ville et sans voiture, jusqu’à ce que la place devienne chaude.

    La première fois, le propriétaire réclamait de plus en plus d’argent pour se taire. Mais ça a été pour le mieux: le lendemain du déménagement, la police est venue.

    La fois suivante, elle est interpellée par les autorités au moment où elle déménage ses affaires personnelles. Elle décide de retourner récupérer la totalité du stock et du matériel la nuit même. Elle explique que cultiver du pot implique surtout de changer tout son mode de vie.

    L’isolement est difficile, surtout au début. En plus, il faut que tu mentes à tout le monde, sauf à ton entourage très proche. Tu dois t’inventer une vie et être cohérente dans tes histoires. Je vivais dans une très belle maison mais je ne pouvais recevoir personne, soit pour garder le secret, soit pour ne pas risquer de leur créer des problèmes.

    Elle a aussi dû apprendre à gérer l’argent autrement.

    Ton nom vaut rien pour les banques, tu peux faire ni prêt ni gros dépôt. Ta paye, c’est une épaisse liasse de billets. Je les cachais. Il fallait toujours que j’aille dans un dépanneur différent pour pas attirer les soupçons.

    Anna rencontre ensuite quelqu’un qui veut acheter son propre entrepôt. Elle s’associe au projet.

    Ça m’a coûté environ 15 000 $ sur nos premières ventes. Ensuite, on faisait nos propres profits et on a commencé à embaucher des employés. On payait aussi quelqu’un pour utiliser son nom sur le contrat de propriété.

    Elle se rend quotidiennement sur place comme si elle avait un emploi traditionnel. Un jour où il n’y avait personne, la plantation est découverte par la police.

    Le gars dont on utilisait le nom a bien essayé de me soutirer plus d’argent sous peine de me dénoncer, mais je n’ai pas cédé.

    Consciente qu’elle a failli se faire prendre trois fois d’affilée, Anna décide de raccrocher. «Je voulais pas pousser ma luck. J’ai pris ma retraite. J’ai vécu un temps sur mon cash puis je suis retournée à l’école.» Elle a alors 24 ans. Aujourd’hui, Anna se félicite de s’être si rapidement construit une vie plus traditionnelle quand personne ne l’en croyait capable.

    Tout ce qu’il me reste de cette période c’est un char, entièrement payé, et 1000 $ dans mon compte. Arrêter, ça n’a pas été difficile parce que j’avais toujours gardé en tête que ça ne durerait pas. Ça a juste fini soudainement. J’aurais peut-être fait 10 000 $ de plus pour être confortable.

    Depuis quelques mois la jeune femme ne consomme plus de drogue. Elle souligne qu’il aurait été facile de devenir accro à de nombreuses substances auxquelles elle avait accès gratuitement en côtoyant le milieu.

    Je ne voulais pas de ça pour mon avenir. C’était juste une manière de faire de l’argent facilement, d’arriver à mes fins plus rapidement qu’avec une job normale.

    Après avoir cessé ses activités, la plus grosse difficulté d’Anna a été de voir son niveau de vie baisser.

    Mais au final, ç’a été un gros soulagement d’arrêter. Le stress tombe. Tu ne passes plus ton temps à checker tes arrières pour pas te faire stooler. Quand tu fais ça, tu prends le risque de ne pas rentrer chez vous le soir.

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    Jeune, consommation de drogue et décrochage

    Drogue et décrochage

    «La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

    Thomas      DOSSIER Décrochage, Alcool et drogue, toxicomanie,

    Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

    jeune drogue jeunes toxicomanie alcool consommation décrochage C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

    Drogue: les premières fois

    Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

    J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

    J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

    Désintox

    Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

    jeune drogue jeunes toxicomanie alcool consommation décrochage Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

    Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

    Ecole de la deuxième chance

    Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

    Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

    Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

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    Illustrations Renart L’Éveillé.

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    Témoignage: … pour de nouvelles aspirations

    Témoignage: … pour de nouvelles aspirations

    Miguel                  Dossier Toxicomanie, Alcool

    Une chance qu’il existe un magazine comme Reflet de Société pour se livrer. Mon intention, en écrivant ce texte, est de me libérer de mon problème de consommation. C’est le pot, ici, qui est en cause.

    On dit que la dépendance cache un autre problème qu’on oublie en s’abandonnant, peu importe envers quoi. Jeu, alcool, drogue, nommez-les. Aussi bizarre que ça puisse paraître, c’est le contraire qui s’est produit pour moi…

    Je fumais des joints pour relaxer, décrocher. Ma dose de bonheur. Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle un party animal. Je pouvais boire quantité impressionnante de bière, quand je sortais. Mais ça s’est terminé du jour au lendemain. Comme ça, sans aucun effort, je me suis tanné. Plus le goût.

    Le pot, pour moi, est plus insidieux. Il m’a aidé à régler mes problèmes d’insomnie,toxicomanie-drogue-3 pour commencer. Puis faisait en sorte que chaque soirée en était une de bonheur. C’est l’effet que je recherche. J’aime être heureux. J’ai donc commencé innocemment, sans vouloir cacher un problème. J’ai continué parce que j’aimais ça. J’ai arrêté quand ma consommation est devenue un peu trop régulière… Et en raison du souci de mes proches.

    Je suis resté plus ou moins sobre pendant un bon moment, me contentant de consommer en des occasions plus festives. Puis, les choses tournant davantage en ma faveur, j’ai recommencé: j’étais heureux!

    Je fume comme d’autres boivent une bière au retour du travail. Jamais le jour, que le soir. J’ai de grosses semaines, il m’arrive souvent même de travailler 7 jours. Toujours à la course, avec 36 millions de choses à faire, j’arrêtais le temps en allumant mon joint. J’arrêtais le temps pour la soirée.

    Mais voilà. Si j’apprécie ce moment, je me rend bien compte que ce n’est que court terme. Ces bons moments ont un effet sur ma vie de tous les jours. Je suis moins efficace dans mon travail, bien que je m’y donne quasi-totalement. Je sais que je pourrais en faire beaucoup plus. On ne m’a pas dit si on était insatisfait de moi, au boulot. À mes yeux, ce n’est guère important. JE suis insatisfait. JE sais que je peux – et je veux – en faire davantage.

    Je réalise que je suis entré dans un cercle vicieux. La drogue, à la longue, m’abrutit. Je suis plus fatigué. Alors après une journée à bien besogner, je suis sur le carreau. Meilleur moyen de relaxer? Et oui… Alors oubliez-moi si vous voulez sortir! Socialement, je n’existe plus vraiment…

    J’imagine qu’il y a toutes sortes d’approches pour cesser de consommer. J’ai pas envie de me morfondre, me dire pourquoi j’en suis arrivé là… Je vais assumer: je considère avoir un problème mais je ne peux revenir en arrière et tout effacer. Je préfère grandir de cette dépendance, me dire qu’il y a une raison pour laquelle je devais passer par là.

    J’ai arrêté il y peu, du moins sur semaine, et j’ai vu une grande différence. Bien que je ne sois pas encore aussi productif que je pourrais, j’ai vu ce que je pouvais accomplir, avec une vraie nuit de sommeil. Avec une soirée pour voir des amis ou tout simplement travailler.

    De bien belles choses se présentent pour moi. J’ai de grandes aspirations. Je ne veux surtout pas passer à côté d’une vie qui s’annonce aussi riche en expériences. Pour ça, faut que j’oublie que le bonheur de cette drogue n’est que court terme… Et que je garde en tête qu’il me faudra un peu de temps avant que les effets nocifs – fatigue, moins bonne concentration, perte de drive – s’estompent complètement.

    Je le fais pour moi. Pour cesser de me donner des excuses qui ne sont là, au fond, que par peur de rater mes objectifs. Aussi bien me planter parce que j’aurai réellement essayé. Si j’ai à me planter!

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    Témoignage: un nouveau trip

    Témoignage: un nouveau trip

    Par Kevin                Dossier Toxicomanie

    Je reviens de mon premier voyage dans le Sud. Ça été super intéressant. J’ai 23toxicomanie-drogue-2 ans. Avant de partir, je consommais 7 à 10 joints par jour. Dans le Sud, j’ai eu peur de me faire arrêter pour possession de stupéfiants. Les prisons là-bas ne sont pas comme ici. Les avocats, dans une langue étrangère, je n’ose même pas y penser. Je me suis lancé le plus grand défi que je n’ai jamais osé réaliser. Une semaine sans consommer.

    J’ai tripé comme jamais. Du plaisir à toutes les fêtes et les spectacles chaque soir, la plage dans le jour pour récupérer… J’ai fait plein de rencontres. Certains qui quittaient avant moi m’ont offert du pot qu’ils s’étaient acheté. J’ai demandé de prendre la nuit pour avoir le temps de bien y réfléchir. Le lendemain matin, je leur ai dit que je n’en voulais pas. Je voulais atteindre l’objectif que je m’étais fixé. Je me suis rendu compte qu’après une semaine sans consommer, j’avais les idées plus claires, moins dans la brume.

    Après cette semaine de plaisir sans consommer, je me retrouve à Montréal. Pour fêter mon retour, même si je suis seul, je m’allume un bat. Shit! Ç’a fessé comme jamais. En allant me coucher, je n’arrêtais pas de rire. Quand je consomme comme un défoncé, le pot ne me fait même plus d’effet. Mais quand je consomme occasionnellement, ça en vaut la peine.

    J’ai maintenant un nouveau mode de vie. Quand je travaille, je ne consomme plus. Je ne consomme que pour le plaisir les week-ends. Je sais que les intervenants en toxicomanie, les parents, auraient aimé que je lance un message plus drastique aux autres jeunes. Je ne suis pas ici pour conter des menteries, mais partager ce que j’ai vécu dans ce voyage spécial qui a changé ma vie et mon mode de vie.

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    Consommation de pot

    Consommation de pot

    Dossier Alcool et drogue

    En tant qu’intervenant, j’ai eu l’occasion d’accompagner plusieurs personnes toxicomanes. Aujourd’hui je veux vous partager quelques constats concernant les arrêts de consommation que j’ai pu observer.

    On parle ici de jeunes de 16 à 30 ans. Certains ont consommé du pot pendant plusieurs années, pouvant aller jusqu’à 15 ans de consommation continue. Des jeunes devenus irresponsables, voleurs, menteurs, incapables de respecter un rendez-vous ou un engagement, un lever du corps à des heures aléatoires, des promesses, toujours des promesses, mais sans résultat concret, une mémoire de quelques minutes, incapables de planifier plus de 5 minutes à la fois…

    En espérant que vous n’avez pas reconnu trop de monde de votre entourage. Certains de ces jeunes ont dû passer par un centre de thérapie pour en arriver à reprendre le contrôle de leur vie. D’autres ont dû faire plusieurs thérapies avant d’en arriver à une victoire.

    Finalement, il y a ceux qui ont arrêté, tout simplement parce qu’ils n’en pouvaient plus de se voir consommer et d’être des légumes permanents. Des arrêts de consommation sans aucune thérapie, à froid, motivé par une » écoeurantite » aigue de leur mode de vie. Leur motivation: « Je ne veux plus retourner de là d’ou je viens ».

    En peu de temps, moins d’une semaine, ces jeunes se cherchent un emploi, se font un plan d’action, deviennent sérieux et responsables! Ils demeurent différents pour un certain temps. Mais après une semaine d’arrêt de consommation, vous les verriez et vous auriez de la difficulté à me croire si je vous décrivais l’état végétatif dans lequel ils baignaient la semaine d’avant.

    Tout n’est pas toujours aussi beau et miraculeux. Certaines drogues laissent des séquelles à long terme. Je fais 2 constats de ces expériences. D’une part, il est faux de banaliser la consommation de pot et de penser qu’il n’y a rien là. Pendant leur consommation, le mode de vie de ces jeunes n’était pas enviable. D’autre part, l’arrêt de consommation peut permettre un rétablissement rapide et plus facile que l’on peut se l’imaginer.

    Essayez donc, juste pour voir. Vous m’en donnerez des nouvelles dans quelques semaines.

    Autres textes sur Alcool et drogue.

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    Lettre ouverte à Jean-François Lisée de L’actualité

    Lettre ouverte à Jean-François Lisée de L’actualité

    Ré: Égalité pour les vices!, 15 novembre 2006

    Dossiers Prostitution et Sexualité.

    Globalement, je voudrais vous féliciter et vous remercier pour les positions que vous avez pris dans votre chronique. Majoritairement, nous soutenons et avons publié des positions similaires depuis fort longtemps. Je suis content de voir que d’autres journalistes en arrivent à soulever un débat qui doit se faire.

    Seule nuance que je voudrais souligner. Vous mettez sur le même pied la légalisation de la prostitution et celle de la marijuana. J’ai fait de même pendant une vingtaine d’années. En tant qu’intervenant en toxicomanie, je suis conscients des effets pervers de judiciariser le pot. Pendant longtemps, j’ai extrapolé qu’il en était de même pour la prostitution.

    Avec le recul de toutes mes années d’intervention auprès de prostituées, j’en suis arrivé à nuancer ma position. En légalisant le pot, nous arrêtons de judiciariser la relation d’un consommateur avec sa drogue. Il n’y a qu’une personne d’impliquée, le consommateur de pot. Le produit que nous légalisons est un produit réel, sans âme et sans émotion.

    En légalisant la prostitution, il y a une relation à plusieurs niveaux. Le produit que nous légalisons est un être humain. Cette personne qui devient un produit est en relation avec un client, mais doit aussi faire face à la pression de son entourage. Combien de fois ai-je entendu des parents, des proches et des conjoints mettre de la pression sur une fille? Se faire dire: « C’est normal pour une fille d’aller danser ou de se prostituer quand son chum est dans la merde » « T’as juste à te prostituer quelques temps pour te sortir du trou »… En légalisant la prostitution, la pression des proches sur certaines femmes va augmenter, avec l’approbation de la société qui va l’avoir légalisée.

    Cette nuance dans ma réflexion m’amène aujourd’hui à être contre la légalisation de la prostitution. Je suis en faveur qu’on arrête de criminaliser la personne qui se prostitue. C’est une personne qui a besoin d’être aidé et soutenu, qui a besoin de services.

    Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

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