Pensionnats autochtones

Commission de vérité et de réconciliation du Canada

L’impact du rapport

Reflet de Société s’était rendu en 2013 à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada (CVRC) lors d’une audience à Montréal.

Flora Lasalle   Dossiers  AutochtonePolitique

Cet événement avait regroupé des Autochtones venus de tout le Québec, bouleversés par le fait de se replonger dans leur histoire vécue au pensionnat. À quoi ont servi tant d’efforts? Suite à la sortie du rapport de la CVRC en juin, des changements se préparent.

Retour sur les traitements

cvrc rapportDepuis 2009, la CVRC s’est déplacé à travers le Canada pour récolter des témoignages concernant les pensionnats indiens. Elle fut mandatée par le gouvernement canadien afin de relater la réalité des pensionnats entre 1874 et 1996. Le 3 juin 2015, la CVRC a diffusé son rapport, mettant en lumière cette époque de l’histoire du Canada.

Comme il lui a été demandé, la CVRC ne fait aucune interprétation des paroles des survivants. Elle expose des faits le plus objectivement possible, en offrant l’anonymat aux victimes qui le désirent, ainsi qu’aux prêtres, enseignants et religieuses n’ayant pas avoué leurs méfaits ou ayant été condamnés pour ces derniers. Les auteurs décrivent les kidnappings d’enfants dans les familles, les traitements violents au sein des pensionnats, en utilisant telles quelles les paroles des survivants.

Le rapport de 274 pages est capital pour l’histoire du Canada. Pour la première fois, un organisme mandaté par l’État affirme sa volonté d’anéantir la culture des Autochtones. On parle enfin de «génocide culturel», un terme faisant débat et que certains politiciens et médias rechignent encore à employer. Ils préfèrent parler d’assimilation forcée ou d’ethnocide. Pourtant, il s’agissait bien d’extermination volontaire et planifiée d’une culture.

Selon la définition du génocide de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU, il y a bien eu atteinte à l’intégrité physique et psychique des personnes (violences, abus sexuels, sous-alimentation, enfants numérotés, cheveux coupés courts, habits traditionnels jetés…), soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe (séparation des membres d’une même famille, interdiction de parler la langue maternelle) et des transferts forcés d’enfants du groupe visé vers un autre (150 000 enfants envoyés de force dans des pensionnats religieux entre 1872 et 1996, menaces aux parents qui s’opposent au départ de leurs enfants vers les pensionnats).

La CVRC souligne aussi qu’au moins 1 enfant sur 25 mourrait dans ces pensionnats, ce chiffre ne faisant pas état de ceux morts après leur expérience traumatisante.

Incidences politiques

pensionnats autochtonesL’Assemblée nationale du Québec a voté à l’unanimité la motion affirmant le fait que «les pensionnats autochtones étaient un outil de génocide culturel à l’égard des nations autochtones du Québec».

Philippe Couillard en a lui aussi employé l’expression: «On parle d’une tentative délibérée d’effacer l’identité, la langue et la culture d’un peuple, on peut appeler ça un génocide culturel».  Mais au fédéral, Stephen Harper et Bernard Valcourt (ministre des Affaires autochtones) évitent d’utiliser cette expression dans leur discours. Serait-ce le fait que la reconnaissance d’un génocide implique juridiquement un devoir d’intervention?

En effet, sur les 94 recommandations de la CVRC pour l’insertion sociale des Autochtones, le gouvernement fédéral s’est pour l’instant engagé à en appliquer deux. Il a déjà versé des compensations financières aux anciens élèves entre 2007 et 2011. Il s’engage à ouvrir un Centre national de vérité et de réconciliation dans l’Université de Manitoba (Winnipeg) et d’offrir un apport financier pour faire connaître l’histoire des pensionnats au Canada, en particulier dans les écoles.

Même si ces deux mesures sont primordiales pour ouvrir le chemin vers une réconciliation, le gouvernement fédéral est resté silencieux face aux autres recommandations.

Parmi elles: la préservation des langues autochtones, la transparence sur les difficultés sociales auxquelles font face des Autochtones, la protection de l’enfance, le respect des traités avec les Autochtones, l’ajustement du droit des Autochtones d’ici au droit international, la diminution des écarts en matière de santé, de justice, d’éducation et d’égalité des chances entre les Autochtones et le reste de la population canadienne.

Tant que le gouvernement sera réticent à entreprendre ce grand chantier, la réconciliation s’avèrera difficile. Un premier pas a été entrepris, mais il demeurera insuffisant tant qu’il ne sera pas accompagné d’autres mesures. Une affaire à suivre…

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Exposition autochtone à Frontenac

Femmes autochtones

Exposition à Hochelaga sur les disparues

Le 30 avril 2015 a été inaugurée l’exposition « Oubliées ou disparues: Akonessen, Zitya, Tina, Marie et les autres » à la Maison de la Culture de Frontenac à Montréal. Pour cette exposition, 7 artistes autochtones ont été invitées à représenter la condition de ces femmes.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

Femmes autochtones oubliées, disparuesCette exposition a été un choc pour moi, car il y a peu d’œuvres, mais elles percutent.

Celle qui m’a le plus marqué est l’œuvre d’une artiste anonyme. Sur tout un pan de mur, des tableaux de femmes autochtones sont affichés. Elles sont sensuelles, belles, martyres… En dessous se trouvent des portemanteaux avec des noms de femmes. Dont Loretta.

En relevant la tête, je remarque une affiche avec un texte. C’est une jeune fille décédée qui parle. Elle raconte où elle a été aperçue la dernière fois et comment son corps a été retrouvé à l’intérieur d’un sac.

Mon regard redescend sur le portemanteau de Loretta. Ce n’est qu’à cet instant que je remarque le sac. Un grand sac sale. Comme celui dans lequel Loretta a été retrouvé…

Une œuvre qui au premier abord n’attire pas l’attention, mais qui percute lorsque l’on comprend son sens.

Vue d’ailleurs

Je me suis rendue à cette exposition avec 4 amies. 3 Iraniennes et une Française. La majorité d’entre elles ne connaissaient pas la condition des femmes autochtones au Canada, alors forcement, elles n’ont pas compris les œuvres au premier abord.

Après une mise en contexte sur les maltraitances, les disparitions et l’absence d’enquête sur ces femmes, leur regard a changé.

Mais un questionnement est apparu: elles viennent d’Iran et le Canada les a accueillies. Alors comment se fait-il que ce pays, si pacifique vu de l’étranger, traite les femmes autochtones de cette façon?

Après avoir remarqué l’absence de visage dans la majorité des œuvres, l’une de mes amies est arrivée à une dure conclusion: les femmes autochtones ne sont personne.

Une exposition gratuite à voir dans le cadre du Printemps autochtone d’art deux à la Maison de la culture Frontenac. Du 29 avril au 6 juin 2015.

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Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant resto bonne bouffe où manger est montréalUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Suicide des Premières nations

Comprendre le suicide chez les autochtones

Entrevue avec Alain Mindjouk, président de l’association Action prévention santé – villages, à Iracoubo en Guyane. Une association qui vient en aide aux Amérindiens. Lui-même issu de culture autochtone, il partage ses connaissances et son expérience sur l’enjeu du suicide auprès des Premières nations.

Delphine Caubet    Dossier Suicide, Autochtones

Delphine Caubet: Comment peut-on expliquer le suicide des Amérindiens de Guyane?

Alain Mindjouk: Les explications rejoignent celles du Québec. C’est relié à leur identité. Auparavant, les Amérindiens vivaient en harmonie avec l’environnement, et ils n’étaient pas habitués à ce qu’on leur impose des règles. Mais l’évolution moderne et la technologie ont fait changer les choses. L’État français est venu avec un système, un mode de fonctionnement, mais nous n’étions pas prêts. Ils ont changé notre mode de vie. C’est l’origine du mal-être des autochtones.

Certains choisissent de quitter cette identité, mais on reste amérindien au fond. Les jeunes ont voulu entrer dans cette évolution, mais ils se sont mal adaptés. Par le passé, il y avait également des suicides, mais moins nombreux, et nous disions que c’était dû à des esprits maléfiques. «L’épidémie» de suicide est là depuis environ 10 ans, dans les villages isolés de la France.

Quand je suis venu au Québec, j’ai pu comparer la situation des Premières nations avec nous. On se ressemble, on a les mêmes problèmes. Mais au Québec, il y a plus d’organisation et de structures. Pour arriver à ce résultat, nous faisons appel aux institutions françaises. Et le Québec peut nous aider avec son expérience.

DC: Comment intervenez-vous auprès des autochtones pour lutter contre le suicide?

A.M: Certains ne connaissent pas Cayenne [Ndlr: principale ville du département]. Nous, nous voulons les encadrer, car ils se sentent perdus une fois sur le littoral. Ils sont influencés par le mode de vie et la technologie, c’est là où le mal-être commence. Ils ont beaucoup d’obstacles à surmonter avec les études et leur intégration sociale. Car il y a beaucoup d’ethnies différentes dans le département.

Certains retournent au village, car ils n’ont pas réussi à s’adapter. Mais au village, il n’y a pas de travail et ils commencent à penser au suicide. On essaye alors de les encadrer au maximum. On essaye de leur expliquer les risques des addictions, et de leur remonter le moral. Mais c’est difficile. Moi je suis bénévole et ce devrait être la responsabilité des institutions.

L’association ADER (Action pour le développement, l’éducation et la recherche) a 2 médiateurs qui interviennent sur le terrain. Ils sont implantés localement. Mais le problème est que les coordonnateurs ne restent pas…. 2 ans en moyenne. En plus de ce roulement [qui rend difficile d’établir un lien de confiance], les Amérindiens ne sont pas habitués à parler à un psychologue.

Même si nous sommes sur le terrain depuis des années, c’est très compliqué…

DC: Quels sont les points forts et les points faibles dans la situation des Premières nations au Québec?

A.M: L’un des points forts est que le gouvernement reconnaît les Premières Nations. En Guyane, ce sont des Français, ils ont les mêmes droits que les autres. La France refuse leur identité spécifique. C’est cela qui est difficile. Alors qu’au Québec, dans la réserve, c’est eux qui gèrent. Nous, nous devons demander l’autorisation pour construire des maisons.

Votre niveau de structures est beaucoup plus développé au Québec. Comme avec les Centres d’amitié autochtone par exemple. Je veux en mettre en place ici. Ils porteraient le nom de Centre d’hébergement pour les Amérindiens de Guyane. J’ai dû faire beaucoup de démarches et de demandes, mais j’ai mis de l’avant les besoins en santé de notre population et notre différence culturelle.

Même si la France ne veut pas reconnaître notre identité, nous avons conscience de nos coutumes et nos langues. Beaucoup d’Amérindiens ne parlent pas français. Et il y a urgence, car lorsqu’un Amérindien arrive à l’hôpital en ville, il est perdu. C’est avant qu’il faut agir et les aider.

Je me suis battu pour ce projet. J’ai montré au préfet [représentant de l’exécutif] la nécessité d’avoir de telles structures spécifiques aux Amérindiens. Je lui ai fait voir la réalité avec toutes les difficultés que nous rencontrons, et avec tous les problèmes comme l’alcool… Le préfet est d’accord, c’est bien parti pour qu’un tel centre voie le jour.

En point négatif au Québec, malheureusement vous avez les mêmes problèmes que nous. L’échec scolaire, l’alcool ou encore la discrimination en ville. Encore que chez nous, cette discrimination est moins accentuée, car il y a beaucoup d’ethnies en Guyane.

Santé et peuples autochtones

À l’automne 2013, Alain Mindjouk est venu au Québec avec plusieurs de ses concitoyens pour une rencontre franco-québécoise sur l’enjeu de la santé des peuples autochtones.

Comme le souligne Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé, la Guyane est le seul département français d’outre-mer avec une population autochtone. Au total, il y aurait environ 12 000 Amérindiens français. Et cette petite population n’incite pas les chercheurs de métropole à étudier leurs enjeux.

Alors, les associations guyanaises regardent le Québec, lisent les recherches et s’inspirent de leurs expériences. Mais elles ne reproduisent pas tout, précise Hélène Lamaison. Elles cherchent un échange et des connaissances. Et dans les 2 contextes, il y a un rapport dominant/dominé.

Lors de la rencontre au Québec à l’automne 2013, Alain Mindjouk est reparti stimulé de cet échange. Hélène Lamaison raconte comment il était épaté de voir des autochtones être avocats ou policiers. «Il faut que nos frères le sachent», telle était sa conclusion.

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Autres textes sur Autochtone

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation

Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

é et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une

partie de son oeuvre chez vous.

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Autochtones: colonisation et réconciliation

Bistro le Ste Cath, restaurant socialement engagé dans Hochelaga-Maisonneuve

Bâtir des ponts à travers la compréhension

Le Village des Premières Nations

Atelier expérientiel sur la colonisation et la réconciliation

Raymond Viger Dossier Autochtones

autochtones indiens premières nations Kathi Camilleri sera présente à Montréal pour animer un atelier expérientiel au sujet des Premières Nations et des effets intergénérationnels de la colonisation.

Inspiré par les enseignements de Jann Derrick et de son modèle Le cercle et la boîte (The circle and the box) ainsi que par les enseignements de nombreux aînés, cet atelier aide à la compréhension cognitive et émotionnelle des traditions et des valeurs traditionnelles des Premières Nations. Cet atelier marqué par le respect et l’écoute mutuels, cherche à adresser des solutions plutôt que des récriminations et est un excellent forum pour poser des questions.

autochtone premières nations indiensQUAND? Le vendredi 21 février de 9h à 17h
OÙ? Salle 632, YMCA Montréal Centre-ville (1440 rue Stanley) (près de la station de métro Peel)
Un dîner sera servi!

Cet atelier est ouvert à tous les jeunes de 35 ans et moins: autochtones et allochtones!

L’atelier se déroulera en anglais avec traduction en français.

LES INSCRIPTIONS SONT OBLIGATOIRES. VEUILLEZ CONFIRMER VOTRE PRÉSENCE À montreal@canadianroots.ca

Kathi Camilleri

Kathi Camilleri est une femme autochtone, de Colombie-Britannique, qui a travaillé à la coordination de programmes de guérison dans les communautés autochtones pendant 16 ans. Elle a récemment complété une maîtrise à l’Université Royal Roads.

Kathi Camilleri travaille le sujet de la santé mentale des Autochtones et a sa propre entreprise de consultation. Elle anime des ateliers expérientiels sur la politique d’assimilation et de colonisation du Canada avec des travailleurs sociaux, des parents adoptifs, des travailleurs de la santé, des groupes religieux, des étudiants et des éducateurs ainsi que d’autres communautés à travers le Canada.

La puissance de guérison et l’impact personnel de son atelier lui ont apportés des critiques élogieuses.

Autres textes sur Autochtone

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.editionstnt.com
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Biographie de l’auteur

Poésie autochtone au Lion d’Or

Des femmes de la toundra en récital

Le 23 septembre dernier, on offrait au Lion d’Or un récital de poésie féminine autochtone, dont les deux participantes les mieux connues étaient Joséphine Bacon et Rita Mestokosho.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers AutochtoneCulture

réflexions sociales débats société L’événement est présenté dans le cadre du 19e Festival international de la littérature. La salle ouvre une heure avant le spectacle, ce qui nous donne le temps de bien apprécier ce vieux cabaret accueillant, avec ses rideaux de scène de velours rouge et ses petites tables. Un décor d’une autre époque. Mais aucun fantôme dans cette salle, que des ombres douces comme dans les contes de Noël. Au milieu d’un quartier aux maisons de briques rouges.

Dans l’assistance, on aperçoit le député d’origine crie Romeo Saganash, souriant et discret. Beaucoup de visages sympathiques. C’est le nom de Joséphine Bacon qui m’a attiré dans l’annonce de cet événement, puisque je connais déjà son œuvre. Son authenticité, sa présence, sa belle voix, son accent unique autant en français qu’en innu m’avaient déjà séduit dans une vidéo au Musée McCord. Cette impression sympathique sera confirmée, ce soir.

Poésie féminine

josephine-bacon autochtone indien premières nations

Joséphine Bacon autochtone indien premières nations

Quatre femmes poètes entrent en scène. Joséphine Bacon, la première, tient la place de l’aînée dans ce groupe. Elle est si petite que parfois son lutrin la cache. Toute en retenue, jamais affectée. Ses textes parlent d’eux-mêmes. Sa présence et ses yeux s’expriment sans qu’elle ait besoin d’en faire plus. Et c’est dans cette discrétion qu’elle est à son mieux.

À ses côtés, Rita Mestokosho apporte beaucoup de force et de cohésion au groupe. Je la découvre ce soir. Elle est pourtant la première femme innue à avoir publié un recueil au Québec. Elle nous offre, également, un chant innu assez envoûtant.

Une agréable surprise : la chanteuse Kathia Rock qui s’accompagne au tambour à main. Sa voix chaleureuse et puissante est impeccable. Elle complète les deux premières poètes. Jusque là, tout est parfait. Sauf pour l’accompagnement à la guitare électrique de Jean-Frédéric Messier qui devrait être plus discret. Accompagner sans dominer, et sans forcer les lectrices à parler plus fort. La guitare acoustique aurait été préférable, à mon avis.

Moins c’est mieux

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Quatre femmes innues sur scène, en incluant la plus jeune, Natasha Kanapé Fontaine. Malheureusement, son interprétation exagérée ne rend pas justice à ses textes, selon moi.

Je mets aussi à part Laure Morali, Française et Bretonne, dont la présence et l’œuvre (comportant des parties en langue bretonne) ne me semblent pas à leur place dans ce contexte innu.

En résumé, le français et l’innu de Joséphine Bacon et de Rita Mestokosho faisaient tout le charme de cette soirée, avec le chant de Kathia Rock. Et j’aurais préféré un mélange plus simple. Sans rien d’exotique ou de mélodramatique pour gâcher le bon goût de toundra des textes et des voix.

___________

Joséphine Bacon : Ses textes sont mis en musique et interprétés par de nombreux artistes, dont Chloé Sainte-Marie, Kathia Rock et le groupe Mentana. Extrait de son premier recueil, Bâtons à messages : « Quand une parole est offerte,/elle ne meure jamais.//Ceux qui viendront/l’entendront. » À paraître en octobre 2013 : Un thé dans la toundra.

Rita Mestokosho : Son premier recueil vient d’être réédité en Suède avec une préface de J.M.G. Le Clézio. « À la saison froide et silencieuse/les aurores boréales s’allument/comme par enchantement/une lumière qui vient d’ailleurs//je caresse du regard/la beauté du monde… »

Autres textes sur Autochtone

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

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Courts métrages du Wapikoni mobile

Jeunes cinéastes des Premières Nations

L’art autochtone à l’honneur

Le Wapikoni mobile est un studio ambulant de création audiovisuelle et musicale consacré aux jeunes des Premières Nations.

Raymond Viger  Dossiers Autochtone, Artistes,

manon barbeau wapikoni mobile autochtone premieres nationsDepuis 2004, plus de 2500 participants du Wapikoni mobile ont collaboré à la réalisation de 600 courts métrages traduits en plusieurs langues et lauréats de 67 prix dans de prestigieux festivals nationaux et internationaux

Pour le Lancement 2013, le Wapikoni est fier de présenter les derniers films des jeunes cinéastes des Premières Nations. Cette sélection de courts métrages rassemblent des œuvres de qualité remarquable et mettent en valeur une culture contemporaine riche mais trop souvent méconnue.

Lors de cette soirée, le Wapikoni présentera une dizaine de courts métrages parmi lesquels les dernières œuvres de Réal Junior Leblanc et de Délia Gunn, tous deux récipiendaires du Prix coup de cœur et mention spéciale de Télé Québec 2013. Suite à son passage dans la prestigieuse École des Gobelins à Paris, le talentueux réalisateur mi’gmaq, Raymond Caplin, nous fera découvrir son deuxième film d’animation, Traditional Healing, et moment fort de cette projection, un court métrage retraçant la première participation du Wapikoni mobile à l’ONU!

Dans l’esprit des préparatifs de son 10ième anniversaire en 2014, le Wapikoni dévoilera son tout nouveau site Web. La soirée sera animée par Nicolas Bergeron et Melissa Mollen Dupuis, cofondatrice du mouvement Idle No More, qui vous inviteront à commenter en direct vos coups de cœur.

Les représentants des médias sont conviés à rencontrer les réalisateurs et réalisatrices de talent venus de loin pour célébrer avec le public montréalais!

Lancement 2013 du Wapikoni

Projection des meilleurs courts métrages, échanges avec les cinéastes des Premières Nations et remise du Prix du public Canal D

Mardi 15 octobre 2013 à 18 h 00 au Cœur des sciences de l’UQAM
Agora Hydro-Québec – 175, av. du Président-Kennedy (à l’angle de Jeanne-Mance)

info@wapikoni.ca (514) 276- 9274 http://www.wapikoni.tv

Autres textes sur le Wapikoni

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Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal

L’art et la culture autochtones

Rencontre avec Sylvie Paré

Depuis quelques années, lorsque je me rends au Jardin botanique de Montréal,  je m’arrête d’abord au lieu nommé «Jardin des Premières-Nations». Parmi tout le reste, c’est celui qui me plaît le plus.

Normand Charest Dossier AutochtonesEnvironnementJardin botanique

jardins premières nations indiens amérindiens culture amérindienne

Pourtant, le jardin des Premières-Nations n’a rien de spectaculaire, contrairement à celui de la Chine, par exemple, plein de bâtiments d’allure ancienne et exotique et de grands massifs de vivaces qui demandent beaucoup d’entretien.

Le jardin dédié aux Autochtones de chez nous est tout autre. À première vue, il n’a même pas l’air d’un jardin. Plutôt qu’une seule grande entrée triomphale, il en compte plusieurs, chacune d’elles discrète et passant facilement inaperçue.

Si on n’y porte pas attention, ce jardin peut ressembler à n’importe quel boisé. Et à bien y penser, c’est peut-être là le but. Celui de nous ralentir un peu, puis de nous rapprocher de l’essentiel. C’est-à-dire de la nature et de l’authenticité.

Un jardin symbolique

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienLe Jardin des Premières-Nations est sillonné de petits sentiers. Sous les grands arbres matures, on a planté des végétaux indigènes. Et tout y reprend graduellement un air sauvage. Sauf pour les plaquettes identifiant les plantes, qui nous rappellent que nous sommes dans un jardin botanique, jouant ainsi leur rôle éducatif.

On voit des pierres gravées couchées sur le sol, et des aménagements discrets çà et là. Une grande tente de toile, des poteaux de tipi, une hutte de sudation, une palissade…

Les régions du Québec y sont symboliquement représentées. La forêt décidue (comme elle l’est dans la région de Montréal et tout le sud du Québec; le terme «décidu» qualifiant les arbres qui perdent leurs feuilles en automne, comme l’érable et le chêne), la forêt de conifères (à feuilles persistantes) plus au nord, et puis un tout petit échantillon de la toundra où il n’y a plus de forêt.

La particularité aquatique du territoire québécois est représentée par un grand étang où l’on trouve des canards, des tortues et des moules d’eau douce sous une abondance de nénuphars en fleurs. Il n’y manque que l’orignal.

Des Autochtones accueillant

jardins premières nations jardin botanique montréal autochtone indien amérindiensLe pavillon lui-même est effacé. On a évité le rustique et la pacotille. On n’y trouvera pas d’«Indien» à plumes. L’essentiel se trouve ailleurs. Dans la nature, bien sûr, mais par-dessus tout, dans l’accueil chaleureux des animateurs: toujours de jeunes Autochtones.

Mais sa plus grande richesse, repose dans le travail de ses jeunes animateurs. C’est là, peut-être, que se trouve le concept le plus original et réussi de ce jardin. À chaque fois, je suis frappé par leur accueil patient et enthousiaste, par leur disponibilité et leur douceur. Il faut souligner cette réussite! D’ailleurs, il me semble qu’on ne parle pas assez de ces qualités autochtones, d’accueil et de douceur, dont j’ai pu faire l’expérience à d’autres occasions.

Dans la culture amérindienne, l’homme est le frère des animaux, des plantes, et des éléments. Il en est indissociable, et c’est lui qui nous guide dans ce jardin des Premières-Nations, dont le rôle est à la fois éducatif et social.

Rencontre avec Sylvie Paré

jardin premières nations jardin botanique montréal autochtone indiens amérindienMme Sylvie Paré, en tant qu’agente culturelle, est le maître d’œuvre de tout l’aspect humain de ce jardin. Sa tâche inclut le recrutement puis la formation des jeunes Autochtones dont le travail d’animation fait parler positivement d’eux.

Nous avons rencontré Mme Paré dans ce jardin pour une entrevue. La forêt vivante nous entoure, dans ce bureau, où elle entre par deux murs vitrés qui nous englobent.

Racines amérindiennes

Malgré son apparence physique qui lui vient de son père (elle est blonde aux yeux bleus), Mme Paré est elle-même autochtone: Wendat par sa mère. Un grand-père et un arrière-grand-père maternels ont d’ailleurs été chefs à Wendake, près de Québec.

Certes, il y a beaucoup de métissage chez nous, depuis le début de la Nouvelle-France. Or, «la culture ne se transmet pas de manière génétique», nous dit Mme Paré. C’est aussi une question de choix personnel et de vouloir retrouver ses racines identitaires.

Mme Paré possède une formation en art ainsi qu’une maîtrise en muséologie. Ses origines amérindiennes ont influencé ses orientations professionnelles. Elle a été conservatrice de l’art autochtone pendant 2 ans pour le Musée canadien des Civilisations à Gatineau. Mais elle préfère la «culture vivante», nous dit-elle, c’est-à-dire «le processus de création de la culture», à la conservation d’objets dans un musée.

Au départ, son intérêt pour le jardin des Premières-Nations reposait justement sur «la revalorisation de la culture autochtone». Car à son arrivée à Montréal en 1989, elle avait bien remarqué qu’on n’en trouvait pas beaucoup de traces dans cette ville.

Naissance du jardin des Premières-Nations

Curieusement, ce lieu consacré à la culture autochtone est venu bien tard au Jardin botanique. Quand on lui demande pourquoi, Mme Paré explique: le frère Marie-Victorin (1885-1944), fondateur du Jardin botanique, et Henry Teuscher (1891-1962), son architecte paysagiste, voulaient un jardin amérindien depuis le début (un jardin de plantes médicinales «indiennes»). Cela faisait partie des plans. Et il y a bien eu quelques tentatives, mais aucune n’a duré.

C’est lorsque Pierre Bourque était maire de Montréal en 2001 que le projet fut finalement accepté. On se souviendra que M. Bourque avait dirigé avec passion le Jardin botanique avant d’être maire (le jardin de Chine fut son plus grand projet).

Et puis la volonté politique municipale, souligne Mme Paré, était peut-être appuyée par le 300e anniversaire (1701-2001) de la Grande Paix de Montréal, un important traité signé entre les nations amérindiennes et les Français, que l’on se proposait de célébrer.

La planification du projet avait débuté en 1999, avec la participation d’un comité autochtone et d’un comité scientifique. L’organisme Tourisme Montréal contribua au financement de ce jardin avec la Ville. Mais on n’a bénéficié d’aucune subvention fédérale.

Insécurité identitaire

Peut-être parce que les Québécois sont eux-mêmes en quête d’identité, ils ont longtemps semblé moins ouverts à la culture autochtone que le reste du Canada, comme si celle-ci se trouvait pour eux «dans un angle mort», nous dit Mme Paré. On trouve, par exemple, de l’art amérindien à l’aéroport de Vancouver, mais pas à celui de Montréal.

Le Québec s’est ouvert à l’apport des immigrants et à leur influence, mais pas assez aux Autochtones. Ainsi, on a eu un Jardin japonais, puis un Jardin chinois avant d’en avoir un consacré aux Premières Nations.

On note quand même, récemment, un intérêt plus grand des auteurs québécois pour cette culture et l’émergence d’une littérature autochtone chez nous. Il faut que ce rayonnement se poursuive.

«Si les Québécois reconnaissaient la part amérindienne qui est en eux et dans leur culture, ils comprendraient mieux les Autochtones», nous dit Mme Paré. «Les premiers arrivants européens ont survécu grâce à l’assistance des Amérindiens, qui leur ont appris à s’adapter à un nouveau climat. Si l’on voulait dresser l’inventaire de tous nos emprunts à leur culture, la liste serait longue.»

Protéger la Terre Mère

Nous pouvons encore beaucoup apprendre des valeurs autochtones. Des valeurs communautaires basées sur l’écoute et le respect de l’autre. Mais aussi des conceptions écologiques, à l’opposé de la surexploitation commerciale de la pêche, des forêts et des mines, qui a déjà fait tant de dommages au pays.

«Le message de protéger la Terre Mère est naturellement toujours au centre de notre action», nous dit Mme Paré. «Les communautés du Nord ont beaucoup souffert de la pollution par les mines et de l’oppression des grandes entreprises. On pense aussi au cercle vicieux de la surexploitation des forêts. Bravo à Richard Desjardins pour ses deux films [en collaboration avec Robert Monderie], L’erreur boréale (1999), qui dénonce les coupes à blanc et Le peuple invisible (2007), sur les Algonquins et le pillage de leurs ressources naturelles. Il est un véritable allié des Autochtones et l’on se doit de souligner son travail.»

Un lieu de guérison

L’aspect spirituel est important dans la culture autochtone et, par conséquent, il l’est aussi pour ce jardin. Dans le cadre de l’animation, Mme Paré s’assure de la collaboration de personnes qualifiées dans ce domaine, et elle accueille des aînés, des personnes-ressources qui peuvent procéder aux cérémonies traditionnelles.

De plus, le sacré et l’art sont intimement liés: «L’art est sacré pour moi. C’est une activité qui vient de l’intérieur, une recherche d’absolu, un travail sur soi, une façon d’avancer dans nos valeurs.»

Apprendre à s’exprimer

Au départ, beaucoup de jeunes Autochtones éprouvent des difficultés à s’exprimer. Parfois, ils ne maîtrisent pas suffisamment ni le français, ni leur langue maternelle. Puis ils se sentent déracinés en ville, loin des valeurs communautaires de leur réserve.

Des organisations les aident à s’exprimer, par exemple: «Ondinnok», une compagnie de théâtre amérindien fondé à Montréal en 1985 ou «Wapikoni Mobile», initiée par la cinéaste Manon Barbeau, fille du peintre Marcel Barbeau (signataire du Refus global). Le Wapikoni offre des studios mobiles de vidéo et d’enregistrement qui parcourent les réserves et donnent l’occasion aux jeunes de faire l’expérience du cinéma et de la musique.

«Il est urgent de valoriser les jeunes des réserves et leurs talents. Car ces peuples ont dû affronter d’énormes difficultés d’adaptation. Il y a eu une véritable cassure et un rejet de part et d’autre», nous dit Mme Paré. «D’autre part, ce qui est bien avec le jardin des Premières-Nations, c’est qu’il est permanent, alors que l’avenir de beaucoup de projets n’est pas toujours assuré.»

Valoriser sa culture

«Avec nous, et à travers leur formation et leur travail, les jeunes apprennent à se valoriser et à valoriser leur culture. Dans leur travail, on leur demande de partir de leur histoire, de leur passé, mais aussi de leur présent. Dans tout ce que nous faisons, nous souhaitons mettre en valeur les artistes et les artisans actuels, ceux d’aujourd’hui, et la beauté de leurs œuvres.»

Jeunes animateurs

En ce moment, la plupart des jeunes animateurs sont des Innus. Mais presque toutes les onze nations autochtones du Québec ont été représentées au cours des années.

Les jeunes sont heureux de pouvoir échanger entre eux et de nouer des amitiés. Le Jardin offre un «support solide pour intégrer une vie saine et protégée au cœur de la ville. Sinon, c’est difficile pour eux», nous dit Mme Paré. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un emploi saisonnier, de mai à octobre. Et avec les règles de plus en plus sévères de l’assurance-emploi, ce travail peut devenir plus précaire.

«J’essaie d’être à leur écoute. Je leur demande de partir de leur propre culture, de leurs valeurs pour entrer en contact avec le public. Et ils prennent tout le temps nécessaire pour écouter et parler avec les visiteurs. Car il y a beaucoup de stéréotypes et de clichés à déconstruire, et il s’agit de travailler sur le changement des mentalités.»

Groupes scolaires

«Beaucoup de groupes scolaires visitent le jardin, parce que l’histoire autochtone est maintenant devenue obligatoire au deuxième cycle du primaire. Mais ce serait mieux si elle l’était déjà au premier. Car il s’agit de désamorcer les fausses perceptions dès le plus jeune âge, autant que possible. Et ainsi, le travail des jeunes animateurs se fait beaucoup au niveau de la tradition orale.

Mais ce n’est pas facile de recruter des jeunes pour travailler au jardin. Parce qu’ils doivent quitter leur communauté et leur famille. C’est la même chose, d’ailleurs, pour les jardins de la Chine et du Japon», nous dit Mme Paré.

Les Premières Nations en France

En 2010, le Jardin botanique de Montréal a été invité à établir un jardin amérindien en France. Sylvie Paré fut chargée de ce projet que l’on nomma «Ohtehra» (ce qui signifie «racines» en langue wendat). Ce lieu se trouve dans les «Jardins fruitiers» de Laquenexy, une petite ville près de Metz, en Moselle.

On y découvre les cultures amérindiennes du maïs, des haricots et des courges (les Trois Sœurs), ainsi que du tabac et des plantes médicinales. Les animateurs du jardin des Premières-Nations y travaillent depuis 2010, et ils contribuent à donner aux Français une image plus juste et actuelle des Amérindiens, loin des stéréotypes habituels.

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Programmation du Jardin des Premières-Nations

L’animation à l’intérieur du Jardin des Premières-Nations commence le 22 juin, (le lendemain de la «Journée nationale des Autochtones» au Canada) et se termine le 3 novembre.

L’animation comprend des expositions, des ateliers et des rencontres, en plus des conversations entre les animateurs et les visiteurs.

Rappelons que juin est aussi le «Mois national de l’histoire autochtone» (Canada). Tandis que le 9 août correspond à la «Journée internationale des peuples autochtones», telle qu’établie par l’Assemblée générale des Nations unies en 1995.

(Pour une programmation plus détaillée du jardin des Premières-Nations.)

Regrouper les forces

Mme Paré participe au «Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal» dont le but est d’améliorer la qualité de vie des Autochtones en milieu urbain. Ce réseau regroupe plusieurs organismes et leur donne une plus grande influence, en regroupant les forces.

Son action au cœur de ce réseau, à un niveau artistique et culturel, lui a permis de développer un fonds pour les arts et la littérature autochtones, en collaboration avec le ministère de la Culture du Québec.

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