Liberté, prison et emprisonnement

Deux années de liberté

Rétrospection d’un ex-tolard

Jean-Pierre Bellemare, ex. tolard   dossiers  PrisonCroissance personnelle

Réinsertion liberté prisonMon passé d’ex-tolard devient parfois insoutenable. Une bonne partie de mon entourage qui me perçoit comme une réussite flagrante de réhabilitation m’étouffe un peu.

Ce trop-plein d’éclairage complique ma progression vers mon rétablissement psychologique, car j’ai encore de la difficulté avec mon estime personnelle. Ingrédient essentiel pour de l’autosabotage. C’est pourquoi, je me dois de parfois tourner mes miroirs à l’envers, ainsi je respire mieux et la pression diminue un peu.

Cette fameuse pression ou tension reste sournoise parce que sans faire de bruit, elle rajoute du poids, des attentes et des espoirs. Je voudrais bien rendre heureux tout ce beau monde. Mais je reste un homme qui, avec ses faiblesses, doit reprendre un chemin rempli d’embuches.

J’entame ma deuxième année de liberté et il me reste encore beaucoup de fausses idées à déprogrammer. En commençant par l’amour, qui est peut-être le sujet le plus délicat et complexe à saisir.

Ayant été privé aussi longtemps de caresses charnelles, mon manque me fait parfois sentir comme un véritable vampire ou un vulgaire maringouin qu’on chasse d’une taloche dès qu’elle s’approche d’un peu trop près.

Je voudrais bien que les préliminaires soient plus simples, que les discussions ne soient pas remplies de sous-entendus, que les gestes prennent un sens clair. Je m’y perds si souvent que j’ai l’impression d’être un pur idiot.

Pour mes autres interactions avec mes collègues de travail ou amis, les choses se déroulent relativement bien. J’ai fait une demande d’augmentation de salaire à mon patron en bon et due forme avec de bonnes raisons.

R-E-F-U-S-É.

Je sais que je la mérite amplement. Cela me choque un peu. Je préfère quand même ma situation sociale et culturelle à celle de mon patron. Ses sourires, aussi rares que sa générosité, nourrissent sa cupidité qui le dévore de l’intérieur. Il donne l’impression de travailler si fort pour son malheur. Pourquoi irais-je lui compliquer un peu plus la tâche?

Il me fait sentir véritablement bien dans ma peau, et ça n’a pas de prix.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    social-eyes-web Magazine The Social Eyes

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Suicide des jeunes

    Suicide des jeunes

    Le nombre de suicides a légèrement diminué au Québec. Derrière cette bonne nouvelle se cache toutefois la réalité des 1 091 personnes qui sont passées à l’acte, de ceux qui ont tenté de s’enlever la vie et de ceux qui y pensent. Adolescents, adultes et personnes âgées, ce mal de l’âme n’a pas d’âge. Pour le contrer, les approches sont différentes. Reflet de Société s’est penché sur une façon de prévenir le suicide chez les jeunes.

    Dominic Desmarais   DOSSIERS Suicide, Santé mentale

    Au Canada et au sein des pays industrialisés, le Québec fait figure d’enfant récalcitrant dans la lutte contre le suicide. Ce problème de société ne fait pas souvent l’objet de débats. On en parle peu. Trop peu, au goût de Claude Poirier, pas le célèbre chroniqueur judiciaire, mais le président et fondateur de Réseau Ado, un organisme qui s’implique dans la prévention du suicide en visitant des écoles secondaires de la province. «Il y a deux écoles de pensée, précise M. Poirier: ne pas en parler pour ne pas donner des idées à ceux qui seraient tentés de mettre fin à leurs jours, ou en parler pour que ceux qui vivent avec des idées suicidaires puissent s’exprimer. Je suis de la deuxième école, mais au niveau des professionnels et des institutions, le suicide est un sujet tabou.»

    suicide jeunes suicidaire jeune depression statistiques taux Claude Poirier travaille depuis 50 ans pour l’entreprise familiale de salons funéraires Magnus Poirier. Il rencontre constamment des gens touchés par le suicide. «Qui ne connaît quelqu’un ayant vécu une dépression ou fait une tentative de suicide?» demande-t-il avec sérieux. Depuis 1997, M. Poirier et le Mouvement Richelieu s’investissent dans la prévention du suicide chez les jeunes. Dans un élan passionné, il parle des tendances suicidaires chez les adolescents. «Pourquoi ont-ils ces idées? Pourquoi n’en parlent-ils pas? Des recherches menées par un psychologue et un psychiatre auprès de jeunes ont démontré qu’ils étaient plus à l’aise de s’en ouvrir à des gens de leur âge.»

    De là est né Réseau Ado. Des jeunes adultes, étudiants en travail social, en psychologie ou en animation culturelle, s’intègrent, le temps d’un cours, dans la vie d’élèves de troisième secondaire pour les faire parler du stress qu’ils vivent. Ils sont deux animateurs pour une quinzaine d’élèves. Pas de professeur, de psychologue ou de directeur. Que des jeunes qui discutent entre eux.

    Santé mentale

    L’approche des animateurs est axée sur la bonne santé mentale. Le but est d’encourager les élèves à discuter.

    Sous forme de jeu, les animateurs de Réseau Ado créent avec les jeunes une définition de la santé mentale. «On demande aux élèves ce qui fait que, certains jours, notre santé mentale ne va pas bien. Le stress sort très souvent. On les aide à le verbaliser et à prendre des moyens pour le régler ou le diminuer. Le stress est abordé par rapport à la définition qu’ils en font, par des sujets qui viennent d’eux. On n’abordera pas le suicide nous-mêmes, il n’y pas de priorité sur cette question. Si l’un d’entre eux en parle trop ouvertement, il sera rencontré après, en post-groupe, pour qu’il ne monopolise pas toute l’attention», explique Patrick Chaput, le coordonateur de l’équipe.

    Stress à cause de la famille

    Les problèmes familiaux sont régulièrement mentionnés comme principale source de stress. Ce sont les différends entre les parents qui affectent le plus les jeunes. Pour Claude Poirier, les plus à risque sont les jeunes inscrits dans les programmes internationaux. «Ils se mettent de la pression pour leurs notes scolaires. Ils en reçoivent de leurs parents et de leurs professeurs, qui veulent les voir réussir. Certains, en raison de leur réussite scolaire, sont au-dessus de tout soupçon. On les laisse circuler librement dans l’école. Alors, les pushers passent par eux pour entrer la drogue en douce dans l’école. S’ensuit l’intimidation et la menace de dénonciation. Là, ils sont pris avec un gros problème qu’ils n’osent confier à personne.»

    C’est là l’objectif de Réseau Ado: découvrir les jeunes aux prises avec des problèmes et les diriger vers les ressources d’aide offertes par la polyvalente. Les élèves se confient plus facilement aux animateurs, des jeunes à leur image. «C’est cool parce que je ne cadre pas dans un rôle de professionnel. Je peux parler aux jeunes comme un jeune. Pour nous, les animateurs, c’est libérateur. Et le jeune le sent, dit Rachel, 20 ans, qui aspire à devenir médecin. Moi, le secondaire 3, c’est pas loin. Je me souviens comment j’étais. Ça me replonge dans mes souvenirs. Même moi, en secondaire 3, je ne savais pas qu’il y avait des ressources pour m’aider. Je n’ai jamais pensé y aller.»

    Repérer les jeunes à risque: prévenir le suicide

    La rencontre permet aux animateurs de présenter l’intervenant de l’école et de faire le pont entre l’élève et les ressources pouvant l’aider. Les élèves brisent leurs préjugés envers les psychologues. Au grand plaisir de l’équipe de Réseau Ado, ce que les jeunes retiennent le plus de leur visite, c’est comment aider un ami qui aurait des problèmes. Les animateurs font ainsi des petits en multipliant le nombre de jeunes pouvant établir un pont entre élèves et ressources.

    Si l’animation de Réseau Ado permet de parler de certains problèmes, c’est le questionnaire rempli pendant la rencontre qui cible les cas plus lourds. Une des questions s’articule ainsi: «t’es-tu déjà senti mal au point de vouloir mourir?» Si un jeune répond par l’affirmative, il est systématiquement rencontré après la discussion de groupe. Les animateurs demandent à l’étudiant à quel moment il a ressenti l’envie de mourir et s’il a des idées concrètes pour mettre son projet à exécution.

    «Le jeune va être référé s’il démontre une certaine planification. S’il n’a pas un niveau de dangerosité élevé, on va seulement faire le suivi avec l’intervenant de l’école pour le mettre au courant. On ne cherche pas les solutions ou les raisons, mais plutôt cibler la problématique, pour ensuite référer l’élève. En deux à cinq minutes, le problème peut facilement être cerné. Ce n’est pas une intervention. On veut éviter de faire répéter le jeune deux fois», dit le coordonateur de l’organisme, qui précise que tous les animateurs ont reçu de Suicide Action Montréal une formation avancée, créée sur mesure pour leurs rencontres post-groupe afin de détecter les signes, le vocabulaire et le niveau de dangerosité des jeunes, afin de mieux prévenir le suicide.

    Travail avec les psychologues

    L’équipe de Réseau Ado n’offre pas de services pouvant remplacer ceux d’un psychologue. Les animateurs sont formés pour détecter les cas problématiques et les référer. Pour éviter d’être aux prises avec des problèmes qui dépassent les capacités de ses jeunes employés, l’organisme s’assure de créer un filet de sécurité pour chaque établissement visité. Le filet de sécurité, ce sont toutes les ressources qui s’appuient entre elles pour intervenir.

    Le premier maillon, c’est l’intervenant de l’école. «S’il est absent, on ne rencontre pas de groupe, car il doit toujours y avoir quelqu’un – travailleur social, psychologue ou autre professionnel de la santé», explique Patrick Chaput. Ce filet permet de mieux mobiliser la communauté. «L’accord du directeur de l’école et du conseil d’établissement, quand c’est possible, est recherché. On veut que le programme soit accepté et compris de la même façon par tout le monde», poursuit-il. Le CLSC, et parfois même la police, sont intégrés à la démarche.

    Le problème du suicide chez les jeunes demande une mobilisation générale de la communauté, un filet de sécurité élargi. Redonner le goût de vivre à ces adolescents pourrait peut-être servir à conscientiser les adultes de tous âges à leur bonne santé mentale.

    Le site de Réseau Ado

    prévention suicide intervention crise suicidaire Ressources:

    Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

    La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

    La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

    La Suisse: Stop Suicide

    Autres textes sur le Suicide:

    Survivre, un organisme d’intervention et de veille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

    Merci de votre soutien.

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    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
    Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

    Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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    L’année 2005 a été fort éprouvante. Avec deux expulsions de notre projet Café-Graffiti, deux déménagements, remaniement du personnel… Il y a à peine 48 heures, je me promenais à 100 milles à l’heure, d’une rencontre à l’autre pour tenter de tout terminer avant Noel.

    Puis soudain, tout craque. La pression, le stress, la tension ont eu raison de mon corps. Lire la suite

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