Louis-Philippe Bernatchez, la Gaspésie en peinture

Sauver du temps aux prisonniers

Le peintre Louis-Philippe Bernatchez

Regard bleu perçant, veste en cuir et dents en colliers. Louis-Philippe Bernatchez passe les portes du Café Graffiti, son accent gaspésien envahit la salle. L’homme, âgé de 73 ans, est artiste et a eu une existence mouvementée. Aujourd’hui, s’il rédige son autobiographie c’est pour offrir son message.

Delphine Caubet    Dossier Croissance personnelleCulture

peinture gaspésie péninsule gaspésienne art culture tourismeLouis-Philippe est entré pour la première fois en prison à 17 ans. Il en sortira définitivement le 16 avril 1969, à 9 heures, à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui avec le recul et l’âge, il veut passer un message à ceux qui sont «en dedans»: «Profitez du temps pour vous améliorer. La raison en dedans c’est toi.»

Pénitencier

Louis-Philippe a toujours eu un rapport conflictuel avec l’autorité. Que ce soit l’école ou la police. À 17 ans, après une bagarre, il est envoyé pour la première fois en prison. Pendant les 3 jours où il est incarcéré, le jeune homme est heureux: sa mère lui rend visite et lui apporte des cigarettes. «À l’extérieur je n’avais rien, et là, on m’apportait des cigarettes.»

Pendant les années suivantes, il va faire de nombreux allers-retours en prison. Progressivement les peines s’accumulent et augmentent. De 3 jours à 1 mois. De 1 mois à 2 mois. Puis finalement de 2 ans et 8 ans. Cette dernière peine lui est value pour un coffre-fort.

À l’intérieur, on lui dit qu’en prison «tu n’as pas de droit, que des privilèges. Ici, on dompte les lions et on plie l’acier.» Le ton est donné. Alors, pour éviter d’avoir plus de temps, les détenus jouent au «bon gars». Mais, il n’y a rien de sincère précise Louis-Philippe.

Pendant sa peine de 2 ans (pour avoir battu un policier), il apprend que le pénitencier est obligé d’accepter si un détenu veut étudier. Chose qu’il mettra en œuvre pendant les 8 années de sa dernière sentence, au pénitencier de St-Vincent-de-Paul. Avant celle-ci, il était dans le bois, recherché avec des amis armés qui s’étaient évadés de prison. À ce moment-là, l’artiste peintre à un déclic. Il veut reprendre sa vie en main.

Éducation

peinture gaspésie tourisme péninsule gaspésienne«Au pénitencier j’ai étudié jusqu’en 11ème année.» «Certains à mes côtés se pendaient, moi je voulais m’en sortir. Je voulais contredire le juge qui m’avait dit de pourrir en prison.»

Par correspondance, Louis -Philippe suit des cours. «C’était gratuit avec l’Éducation nationale.» Ses cours seront divers, notamment un de lettrage d’enseignes où il obtint 99.4%. «C’est parce que j’avais le temps», s’amuse-t-il. L’artiste fait son chemin et n’hésite pas à tenter de nouvelles choses: Louis-Philippe va suivre par correspondance des cours de la Famous Artists School. Il aura notamment comme professeur Norman Rockwell, célèbre illustrateur américain.

En 1967, Louis-Philippe pense à sa réhabilitation, et il demande à être transféré à Dorchester, au Nouveau-Brunswick. 2 raisons le motivent. La première, suivre un cours de lettrage d’enseignes. De quoi avoir un métier à sa sortie. La seconde, apprendre l’anglais. L’homme qui avait toujours été en conflit avec l’autorité suit désormais des cours d’anglais offerts par l’armée. Le changement est progressif, mais réel. Le rebelle s’instruit.

Ces changements, le personnel du pénitencier les remarque, et on lui propose une libération conditionnelle. Mais l’artiste n’est pas encore prêt, il continue à peaufiner sa sortie. «Je leur ai dit que je leur ferai signe le moment venu.» Chose qu’il a faite.

Louis-Philippe a d’abord obtenu une bourse d’études. Le ministre de l’Éducation du Québec fait une visite à Dorchester, et Robert en profite pour lui offrir un tableau. Quelques semaines plus tard, il fait une demande de bourse et il est accepté.

Prochaine étape: l’admission à l’université. Encore une fois, les évènements se déroulent sans accroc. «J’ai rencontré le recteur de l’université et il était prêt à m’admettre immédiatement dans son établissement. Je lui ai dit de me faire une lettre de preuve.»

Dernier point pour sortir, trouver un travail. Louis-Philippe se rend dans une boutique d’enseignes et montre son porte-folio au patron. «C’était un bon gars.» Un ancien militaire qui avait été fait prisonnier de guerre. Tous les astres sont alignés, Louis-Philippe peut demander sa conditionnelle. «Le vendredi mon dossier est étudié et accepté. Le lundi, je sors de prison et le mardi je commençais à travailler.»

La vie après la prison

Bien que préparé pour sa sortie, Louis-Philippe reconnaît que ça a été difficile. Lui est toujours au Nouveau-Brunswick, alors que ses amis et sa famille sont au Québec. Mais l’homme est décidé à changer de vie, et tous les jours il travaille pour payer le loyer et l’université. «À l’époque, je gagnais 50$ par semaine.» Mais le travail en lettrage d’enseignes est aléatoire. Alors, il monte un atelier mobile pour se déplacer dans les petits villages, «là où les grandes industries n’allaient pas.»

C’est un fait, Louis-Philippe Bertnachez a changé de vie. Il a étudié, travaillé, voyagé… Avec une règle d’or, oublier les «amis» du pénitencier. «Un jour j’en ai croisé un à Montréal. Il voulait que je me joigne à lui sur un coup. Je lui ai donné un faux rendez-vous, et le soir même j’ai pris le train. J’avais peur de le recroiser.»

Aujourd’hui, Louis-Philippe veut aider ceux qui sont en prison. «Si je peux sauver ne serait-ce qu’une minute à l’intérieur, c’est déjà bien.» Car, d’après lui, le système pénal ne fait rien pour aider les détenus. C’est à eux de prendre avantage de ce qui est à leur disposition: du temps. «La seule raison en dedans, c’est toi», conclut-il.

Louis-Philippe Bernatchez est un artiste peintre de plus de 50 ans d’expérience. Ses médiums sont multiples: la peinture à l’huile, l’acrylique, la sérigraphie,… autant de variété qu’il peut enseigner.

Louis-Philippe débute la peinture à 20 ans en prison. D’abord comme un passe-temps, puis une passion qui lui permettra de gagner sa vie. Le Gaspésien peint particulièrement du surréalisme, «car le réalisme c’est pas assez intense et l’abstrait on n’y comprend rien.»

Actuellement, Louis-Philippe rédige son autobiographie pour offrir son message aux prisonniers: «Profitez du temps qui vous est donné!»

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Prison: quand la souffrance rassemble

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Chronique du prisonnier

Les enfants handicapés de l’établissement Leclerc

Si le sens moral des détenus est parfois élastique, il y a des moments où le besoin d’aider son prochain refait surface.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville. Dossiers Prison, Criminalité

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansvilleLe plus connu est sans doute l’organisation biannuelle d’une journée consacrée aux enfants handicapés de l’établissement Leclerc.

Pour réaliser cet événement, tous les détenus joignent leurs efforts dans un élan de solidarité afin de rendre ce moment inoubliable. Cette activité est financée directement par les détenus avec leur minuscule salaire.

Ainsi, les enfants, qui arrivent en fin de matinée, passent une journée à s’amuser avec des détenus déguisés en clowns. De plus, à l’aide d’une tombola, on offre des cadeaux à tous ces enfants prisonniers à l’année longue de leur handicap. Cette fête donne un peu de répit aux parents de ces enfants dont les soins nécessitent un travail exigeant.

Lors de cette journée, tous les détenus, sans exception, contribuent solidairement à faire oublier le handicap. Les prisonniers, comme les jeunes, retirent des enseignements personnels; leurs propres blessures deviennent subitement insignifiantes.

Concerné et impliqué

Dans d’autres établissements, comme le Centre fédéral de formation, le Leclerc et à la prison de Cowansville, les détenus procèdent à des collectes de fonds avant la période des Fêtes. La somme ramassée sert à acheter des sacs de provisions pour les familles les plus pauvres de la région.

La conscience collective est également ressentie à travers la participation d’enfants de certaines écoles qui conçoivent des cartes de souhaits avec des dessins et des messages d’encouragement. Elles sont remises aux détenus pendant les fêtes.

Les détenus réalisent qu’ils ne sont pas complètement oubliés par les gens du dehors. Tout le monde n’est pas indifférent à leur sort.

Aussi, les bénévoles qui donnent de leur temps pour nous rendre visite au pénitencier contribuent à élargir l’expression de cette solidarité humaine. La chapelle et le socioculturel sont deux endroits de rassemblement pour ceux qui désirent comprendre ou ressentir ce qui s’est passé dans leur vie afin d’apporter les correctifs nécessaires.

Un soutien, une communauté, une fraternité

Les laïcs qui communiquent leurs cheminements spirituels contribuent à augmenter notre conscience. Tout comme les membres des fraternités qui comptent pour beaucoup dans le soutien que reçoivent les détenus lors de leur remise en question. Pour la majorité d’entre nous, les expériences d’entraide sont pratiquement inexistantes. C’est pourquoi il est si difficile de reproduire un comportement que l’on ignore.

Mais ce qui unit ou rassemble le plus la communauté carcérale, c’est la souffrance vécue sous toutes ses formes. En commençant par celle que plusieurs vivent secrètement dans la honte. Oser rechercher de l’aide, de la compréhension ou du soutien serait un aveu de notre incapacité à surmonter la difficulté. Pourtant, cette souffrance devrait être le maillon principal pour nous entraider. Peut-être que la fragilité, la vulnérabilité que peuvent ressentir les détenus font resurgir un passé où la demande d’aide fut cataloguée comme de la faiblesse, trop souvent associée à la lâcheté.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

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Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Sécurité d’emploi pour un prisonnier

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Prisonnier et système carcéral

Colin McGregor, prison Cowansville. Dossiers Prison, Criminalité

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansvilleUn long champ, recouvert de gazon brun, s’étend entre la manufacture de la prison et la cellule où j’habite. Pendant des années, ce terrain était abandonné. Récemment, il a repris vie. C’est en revenant de mon quart de travail, un avant-midi, que je l’ai remarqué. Il y avait de nombreux camions bennes remplis de sable, des ouvriers pelletaient, creusant d’énormes trous. Je pouvais voir la terre noire empilée comme des pyramides qui pointaient vers le ciel.

Aux abords du site, des ingénieurs rassemblés en cercle échangeaient amicalement, les yeux rivés sur les camions. En regardant les ouvriers travailler, une femme s’est mise à sourire. Tous étaient à la fois décontractés et concentrés sur leur travail. Personne sur le chantier ne semblait craindre la présence de prisonniers dans leur dos.

Une résidente des environs m’a écrit une lettre à laquelle je pensais en me rendant à la cafétéria. Elle me racontait les problèmes économiques que vivait sa région, autrefois envahie de consommateurs. Ils provenaient des États-Unis, à quelques kilomètres de là, motivés par l’avantage de leur dollar et la facilité à passer les douanes. Ils arrivaient aussi des quartiers fortunés de Montréal, attirés par l’aspect bucolique des lieux. À l’époque, magasiner à Knowlton était une sortie prisée par les familles d’Outremont ou de Baie- D’Urfé. Plus maintenant.

Le dollar canadien est élevé. Les États-Unis sont en récession. Traverser la frontière est plus compliqué. Avec l’Internet, les gens peuvent acheter tout ce qu’ils désirent sans sortir. Depuis des années, la foule anglophone de Montréal, mon ancien monde, ne vient plus visiter la région. Les entreprises de la région de Granby et des environs ferment.

De retour à la prison

J’ai délaissé la lettre pour aller dîner. Il se faisait tard. Arrivé à la cafétéria, il ne restait plus de salade. J’ai dû me contenter d’un ragoût de fèves et d’une orange. De la bonne nourriture pour un système digestif de 50 ans! Les hommes avec qui je mange tous les jours, du même âge que moi, étaient toujours à la table. Une cafétéria de prison, c’est très territorial. Nous avons pris possession d’une petite table ronde, située dans un coin.

prisons-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansvilleEn les regardant, je me suis mis à sourire. Tous les jours, ces deux francophones de Montréal se moquent de mon écriture et de mon accent quand je parle français. Je leur réponds alors qu’ils sont jaloux parce que je regarde TV5 et que j’essaie d’imiter mes héros de l’émission Des chiffres et des lettres. Ils me disent que je suis une tête carrée délirante. Je me plains d’être pris avec mes deux gros caves. On s’amuse en mangeant.

En quittant la cafétéria, quelqu’un me demande «quand est-ce que le gouvernement va nous habiller en tenues orange?». Pour le moment, nous portons des jeans et des t-shirts blancs ou bleus. En haussant les épaules, je lui réponds ne rien en savoir et espère que ce ne soit pas pour bientôt.

Derrière la prison, les camions s’activent toujours, dans le champ. Ils ont commencé avant l’aube et creusent bien après le coucher du soleil. Dans mon aile, de nouveaux prisonniers ont été placés dans des cellules doubles. Ils sont jeunes, de style hip-hop, avec des casquettes de baseball qu’ils portent sur le côté. Ils ont des jeans larges portés bas. Ils parlent trop fort et sont plein d’enthousiasme. La prison est excitante pour eux, comme s’il s’agissait d’une aventure. Mais, très tôt, ils vont comprendre que leur énergie n’a pas d’endroit où se dépenser, que la prison n’est pas une vidéo de rap.

Je ferme la porte de ma cellule et j’allume ma petite télévision. Aux nouvelles, on annonce une autre fermeture d’usine, dans la région. Hommes et femmes sont atterrés. Certains travaillaient depuis 20–30 ans pour la compagnie. Ils ne comprennent pas. Mais la fermeture n’est qu’une petite nouvelle dans le bulletin. On passe rapidement à la politique.

Une cloche sonne. Le son est plaisant, harmonieux. La porte de ma cellule s’ouvre. C’est l’heure d’aller travailler. Je purge une sentence à vie. Je ne serai pas congédié de ma peine. J’ai la pleine sécurité d’emploi.

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À quel moment un prisonnier mérite-il son pardon?

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Prison, travaux communautaires et réhabilitation

Le crime est-il du domaine public?

Notre organisme reçoit régulièrement des gens qui ont reçus des sentences, qui entrent en prison ou qui viennent d’en sortir. Collègues de travail, membres qui utilisent nos services et journalistes me demandent souvent quelle a été leur crime?

Raymond Viger Dossiers Prison, Criminalité

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-pen-tole C’est le genre de question qui n’obtiendra pas de réponse de ma part. Ni de Danielle Simard qui partage la philosophie d’intervention de notre organisme. Parce que très souvent, je ne le sais pas. Et cela ne m’intéresse pas de le savoir.

Après un certain temps d’intervention avec la personne il arrive que la personne ressente le besoin d’en parler. Je vais l’écouter sans la juger, me limitant à intervenir que si cela peut être bon pour son cheminement. Dans d’autres occasions, la personne me livre dès le départ son vécu et ses crimes. Par besoin d’honnêteté envers moi. Comment pourrais-je juger une personne qui a besoin d’être honnête dans sa relation avec moi? À part de le remercier pour la confiance qu’il me témoigne ou encore de le féliciter pour ce besoin d’honnêteté, je n’ai pas grand-chose à rajouter. Juste l’écouter.

Mohamed Lotfi, qui réalise l’émission des Souverains Anonymes auprès des détenus de la prison de Bordeaux, nous a livré un très beau témoignage sur la réhabilitation du prisonnier. Un courrier du lecteur qui a été publié sur le site Internet du journal Voir.

Félicitations à Mohamed Lotfi pour le travail qu’il fait à la prison de Bordeaux et pour cette philosophie de vie qui permet d’aider et de soutenir la réhabilitation des prisonniers.

Lettre de Mohamed Lorfi.

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Les petits services rendus qui mènent à la prison

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La prison: reflet d’une société

Profil d’un prisonnier: monsieur et madame tout le monde

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossier Prison, Criminalité

prison-prisonniers-penitencier-bagnard-vie-carcerale Ici, à la prison de Cowansville, nous avons un joueur de hockey professionnel, un docteur, quelques comptables, un ingénieur en informatique, des gars de la construction, des mécaniciens, des préposés, un journaliste, un professeur de collège… La liste est longue. J’oubliais, des BS, des chômeurs, des cancéreux, des handicapés, des diabétiques, des délinquants provenant de centres d’accueils. Ha oui, un policier, un gardien, un rapper, un ou deux curés… La liste est vraiment longue.

Comme vous pouvez le constater, c’est bien représentatif de l’ensemble de la société. Pour ceux qui n’ont pas été nommés, n’allez pas croire que votre profession n’est pas présente. Je me suis seulement contenté de nommer ceux que je connais personnellement.

Personne n’est à l’abri d’un drame passionnel, d’un hit and run ou, plus rare, d’une erreur judiciaire.

L’image que nous renvoient les films sur le prisonnier au visage patibulaire avec des bras gros comme des jambons n’est vraiment pas la réalité. Il existe quelques mastodontes, mais plusieurs sont dans la moyenne. Je m’en voudrais d’oublier les obèses et les chétifs. Tout ce beau monde devait croire comme moi qu’ils ne viendraient jamais au pénitencier, croyant à tort qu’ils ne correspondaient pas du tout au profil du prisonnier.

Ce qui nous amène en prison

Je sais, je sais. Ce n’est pas ce qu’on a l’air qui nous mène en prison. Je croyais que si je faisais attention, je ne pouvais pas me faire prendre. Je ne suis quand même pas le seul à penser de cette manière. Une petite consommation de drogue avec des amis ne devait pas avoir de conséquences. C’était bien naïf de ma part. Celui qui fournit la dope a souvent besoin d’un petit service etc. Puis, les chemins menant au crime sont multiples et souvent au détour d’un petit sentier, on se retrouve rapidement derrière les barreaux pour une raison qui nous semblait bien insignifiante.

Ceux qui aboutissent ici sont habituellement les premiers surpris des conséquences de ces petits services rendus. À leur grand désarroi, leurs premières  impressions se révèlent inexactes. C’est pourquoi il est important de bien évaluer la portée, et surtout les conséquences, de nos gestes. Les imprévus n’existent pas dans le monde des petits services rendus. Même si on veut nous le faire croire. Se fermer les yeux en croyant bêtement ce qu’on nous raconte est idiot. Demandez-vous pourquoi on fait appel à vous. S’il n’y a pas de risques comme le prétendent souvent ces amis, alors pourquoi ils vous offrent des cadeaux?

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Impasses d’un prisonniers

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Développement personnel

Le mur invisible

À force de se planter face à un mur on finit naturellement par se décourager et abandonner.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossier Prison, Criminalité, Développement personnel

développement personnel cherminement croissance personnelle La persistance à l’effort pour atteindre un but exige parfois un peu trop de nous ou, qui sait, nous n’arrivons plus à trouver cette énergie, ce courage nécessaire pour finaliser un parcours engagé. La question est de savoir: avions-nous raison d’abandonner ou au contraire tort d’avoir lâché prise trop tôt?

Étendu confortablement sur mon lit, j’écoutais attentivement la description d’une expérience réalisée à l‘intérieur d’une piscine. Le bassin était divisé en deux parties égales avec une vitre transparente, créant un mur invisible. D’un coté,  des soles et du bar (poisson commun) y furent déversés. On répéta le même geste dans la seconde moitié, cette fois avec leurs prédateurs naturels; des barracudas. Les bars et les soles se réfugièrent aussitôt dans un coin sans bouger, paralysés par la peur d’être dévorés. Les barracudas se fracassèrent le nez à de multiples reprises sur la vitre divisant le bassin.

Cela dura un certain temps. Puis, les poisson les plus téméraires reprirent confiance graduellement et sortirent de leur coin. Les barracudas avec le nez légèrement aplati et endolori finirent par se convaincre que cette nourriture apparemment accessible ne l’était plus…ils abandonnèrent. Le temps passa encore un peu puis ceux qui avaient mit en place la vitre qui divisait la piscine la retirèrent. Ce qui se produisit me renversa. Aucun des poissons ne traversa sa moitié respective. Chacun croyant à tort que les expériences passées décidaient définitivement du reste de leur vie à venir. Le chemin semblait déjà tout tracé.

Existerait-il une moitié de notre vie que nous n’avons jamais explorée ou découverte par cause d’un abandon trop rapide? La réponse est lourde de signification. Pour ma part, combien de fois ai-je hésité, reculé ou simplement rien fait parce que j’avais la certitude de me river le nez sur un mur invisible. Une palissade construite de désappointements, de rejets, d’échecs cimentés avec douleur et souffrance.

Constatant la manière de réagir des poisson face à un obstacle qui n’existait plus, je me suis revu devant tous ces carrefours de ma vie que j’avais transformés en impasses. Certaines expériences difficiles de mon passé m’ayant convaincu de ne plus réessayer, je réagissais exactement comme ces poissons devant ce mur…qui n’existait plus.

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Roman de cheminement, L’amour en 3 Dimensions

Recueil de textes à méditer

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l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.Le livre est disponible au coût de 19,95$.Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Faire son entrée dans une prison

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

La vie dans une prison

Le saccage d’une vie

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Le sadisme des prisonniers envers les nouveaux arrivants dans les pénitenciers. Quand la violence engendre la violence.

Dossier Prison, Criminalité

prison-prisonniers-penitencier-bagnard-vie-carcerale Les jeunes prisonniers qui débaquent pour la première fois au pénitencier le font avec beaucoup d’appréhension et pour cause. Secoué par une lourde condamnation, ils doivent tenter de se reprendre en main le plus rapidement possible pour se préparer à un changement de vie radical. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les compagnons d’infortune exercent un sadisme qui dépasse l’entendement.

Les récidivistes, qui connaissent bien le tabac, identifient les plus faibles et s’amusent à les terroriser. Pour y arriver, ils utilisent tous les moyens possibles et imaginables. Ces jeunes, avec des craintes et une imagination déjà enflammées, représentent des proies faciles et vulnérables! Le stratagème le plus souvent employé est la description d’histoires scabreuses de viols collectifs et de meurtres sanglants avec détails. Il ne faut pas s’étonner que certains craquent et se suicident, lamentable réalité carcérale.

Faire son entrée en prison

Lorsque j’ai fait mon entrée au pénitencier, âgé d’à peine 19 ans, beau bonhomme, svelte et blagueur, j’avais beau me préparer psychologiquement à cet enfer, une odeur fétide provenant de mon arrière-train trahissait ma peur. Je me sentais semblable à un morceau de viande accroché, attendant la découpe d’un boucher maladroit équipé d’un couteau mal aiguisé. Des images d’horreur aveuglaient toute objectivité. Je ne voulais qu’une chose, me protéger. Pour y arriver, je pensais m’équiper d’un objet piquant ou tranchant à la première occasion. J’avais la ferme intention de défendre chèrement ma peau contre le premier qui essayerait de jouer au loup avec moi.

Mon second réflexe fut d’effacer mon sourire idiot (nervosité) pour des années à venir. Le remplacer par un masque d’allure patibulaire avec l’espoir que cela découragerait tout carnassier en mal de chaire humaine. Désirant mettre toutes les chances de mon côté, j’ai ignoré mon hygiène, espérant qu’un être dégoûtant en dégoûterait quelques-uns.

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Prisons et vautours sexuels

Toutes ces années passées, je suis resté sur mes gardes. Aujourd’hui encore, à 43 ans je me sens parfois dévoré du regard par quelques-uns de ces vautours sexuels qui chassent tout ce qui bouge.

Ce qui me ramène très loin dans un recoin de ma tête où j’avais coupé volontairement l’éclairage, un souvenir trop sinistre. J’avais à peine douze ans lorsque mes parents, en instance de divorce, tentaient pour la énième fois de se réconcilier. Mon père, un alcoolique violent et désespéré, n’arrivait pas à s’imaginer refaire sa vie sans ses enfants. La séparation était bien au-dessus de ce qu’il était capable d’accepter. Il mit fin à ses jours.

Avant d’en arriver là, il a commis une grave erreur de jugement aux conséquences désastreuses. Réfugiée dans le joli petit village de Ste-Clothide, ma mère essayait de retrouver un peu de quiétude et de sécurité auprès de sa famille. De mon côté, j’en garde de très bons souvenirs, ce n’était qu’une autre aventure d’enfant. J’étais un premier de classe et sortais avec une belle fille. Je m’amusais souvent à taquiner mes deux adorables sœurs et mon grand frère. La vie normale d’un jeune pré-adolescent qui grandit.

DPJ, centre d’accueil et prison

Jusqu’au jour où, deux fonctionnaires de la protection de la jeunesse (aujourd’hui DPJ) débarquent chez moi. Je voyais ma mère discuter fortement avec eux. Ils m’invitent à monter à l’arrière de leur voiture. Je pleurais tel un veau arraché à sa mère mais rien ne semblait les arrêter. Ma mère, impuissante, me regarde partir. On venait de m’enlever de force, devant ma mère, moi qui n’avais rien fait. Des années plus tard, j’ai découvert que mon père, en guerre contre ma mère, avait inventé une histoire abracadabrante pour qu’elle perde la garde de ses enfants.

Inconsolable, je fus placé dans un centre d’accueil, conçu pour me protéger, m’éduquer et m’aider à compléter mon développement, qui était, selon eux, compromis. C’est là que je fus abusé et agressé sexuellement par ceux qui devaient me protéger et m’éduquer! Trente ans plus tard, ces souvenirs pèsent encore très lourd et compromettent mon épanouissement. Plus jamais personne ne violerait mon intimité sans en payer le prix.

Se préparer à la prison

C’est avec ce genre de bagages que je m’apprêtais à affronter l’enfer de la prison. Les principaux outils utilisés par les rapaces sexuels sont tristement les mêmes que ceux utilisés par les gens qui désirent véritablement nous aider. Les sourires, l’aide apportée, le support offert, toutes ces approches n’avaient qu’un but précis, voir, toucher, posséder ma fragilité d’homme.

La principale conséquence engendrée par cette manière de faire a été la confusion qu’elle fit naître chez moi. Comment reconnaître la bienveillance de la malveillance lorsque quelqu’un s’approche d’un peu trop près? C’est l’élément déclencheur d’une méfiance permanente. Ce qui endommage aussi la plupart des relations affectives que j’ai eues par la suite. Pour moi, tout contact avec des personnes en autorité se révèle souvent catastrophique.

Ce drame a contribué en bonne partie à me rebeller contre toute forme de pouvoir. Incapable de gérer ma propre colère, je la déversais sur les autres. Mon malheur a provoqué beaucoup de peines, de tristesses et de blessures. J’en suis profondément désolé. Mon seul vœu est de donner un sens constructif à ma vie à travers mes chroniques, mes pièces de théâtre et mes projets d’émission de télévision, dans l’espoir de susciter une réflexion. Je ne serai jamais un saint, car c’est aussi sous cette couverture que certains abuseurs se cachent. Je me contente d’aider mon prochain de mon mieux, en respectant mes propres limites.

Grâce au magazine Reflet de Société, je vous renvoie un reflet sans miroitement d’une réalité que beaucoup d’hommes renient. J’espère transmettre aux lecteurs une meilleure compréhension de l’agir criminel.

Puissent les saboteurs de vie prendre conscience un jour des graves conséquences de leurs gestes. Tuer l’âme d’une personne n’est pas moins grave que de tuer le corps humain.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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