Jumelles Fokkens: prostituées de 70 ans, syndicalistes et retraitées

Louise et Martine Fokkens les plus vieilles prostituées

Non à la légalisation de la prostitution

Pour avoir vécu de la prostitution pendant 50 ans, les soeurs jumelles Fokkens d’Amsterdam qui ont connu l’avant et l’après légalisation de la prostitution sont formelles: non à la légalisation de la prostitution.

Raymond Viger  Dossiers  Prostitution, Journal de Montréal

jumelles fokkens soeurs prostitution amsterdam légalisationSamedi dernier, Lise Ravary dans le Journal de Montréal souligne la retraite des soeurs jumelles Fokkens.  Avec leurs 70 ans, Louise et Martine Fokkens étaient les plus vieilles prostituées d’Amsterdam!

Syndicat de prostituées

Ces deux prostituées d’expérience avaient fondé le premier syndicat de prostituées. Elles ont été prostituées avant et après la légalisation de la prostitution à Amsterdam. Leur position est claire: la légalisation n’a rien apporté de bon.

Le crime organisé a pris la majeure partie de la place ainsi légalisé. Malgré la légalisation de la prostitution, plus de 90% des prostituées sont forcées de le faire. La clandestinité n’a pas disparu pour autant puisque seulement 5% des prostituées s’enregistrent auprès de l’État. Passé 21 ans, les prostituées sont tout simplement jeté à la rue.

Jumelles Fokkens VS Jean-Claude Lord

La position des jumelles Fokkens est intéressante à entendre et détonne avec le dernier documentaire de Jean-Claude Lord sur la prostitution: Les Criminelles.

Les jumelles Fokkens avaient fait un documentaire en 2011 sur leur vie. Ils ont publié un livre en Hollandais en 2011, en Anglais en 2012 et sera disponible en avril prochain en français.

Pour les références, je vous laisse le lien vers le texte de Helena Kaznowska dans The Telegraph, dans le Daily Mail. Je vous laisse le lien vers l’article de Lise Ravary en soulignant que le Journal de Montréal en n’autorise plus la lecture gratuite sans abonnement.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

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Pourquoi le travail du sexe entre adultes consentants est criminel?

Jean-Claude Lord répond avec Les criminelles

Prostitution: légalisation, décriminalisation ou la prison?

Un documentaire réalisé par Jean-Claude Lord vient de prendre l’affiche au Cinéma Beaubien: Les Criminelles. Le travail du sexe entre adultes consentants est criminel. Incarne-t-il le MAL qu’il faut abolir? Ou est-il un travail bénéfique pour la société? Jean-Claude Lord lance le débat.

Raymond Viger  Dossiers  Prostitution, Cinéma

Je ne reprendrais pas aujourd’hui l’ensemble du débat touchant la légalisation de la prostitution. Le but de ce billet est une critique du documentaire que Jean-Claude Lord a préparé sur le sujet.

Une très belle qualité d’images, un son excellent démontrant que même si personne n’a voulu financer le documentaire, Jean-Claude Lord l’a réalisé en le finançant personnellement n’a pas lésiné sur la qualité qu’il a voulu nous offrir.

Je ne cacherais pas que j’avais les jambes en compottes bien avant la fin du documentaire. Deux heures pour ce documentaire: trop long et trop de répétitions. À plusieurs reprises je pensais que le documentaire terminait mais ça repartait de plus belle. Mais sur ce point, il ne faut pas se fier à moi. Cela fait 20 ans que non seulement j’écris sur le sujet mais que je rencontre autant des prostituées, leurs clients, que leurs intervenants… Ce qui peut être une répétition pour moi peut être tout à fait acceptable pour un public moins initié.

À la fin, le long plaidoyer de la prostitutée transexuelle était le clou final d’un trop long documentaire. Sa présentation était intéressante, touchante et est venue me rejoindre à plusieurs endroits. Mais après deux heures, il aurait été intéressant de peut-être couper ailleurs pour mieux l’apprécier ou encore de l’avancer plus au début.

Nudisme et prostitution

Trop de sujets se sont entrechoqués sans que leur pertinence n’en soit faite. On présente à plusieurs occasions le nudisme et on demande pourquoi la nudité est perçu comme immorale. Quel est le rapport entre les images présentées d’une famille qui fait du nudisme dans un endroit prévu pour cela et la prostitution?

Le début du documentaire présente longuement les danses nues, qui sont légalisées, soit dit en passant. Des danses nues qui se font sur scène devant un large public. Ensuite on parle de la prostitution, qui est illégal et qui se fait entre deux adultes consentants derrière une porte close. Deux mondes similaires mais pas pareil. Difficile de suivre le raisonnement compte tenu des différences de ces milieux. Tant qu’à inclure ces deux mondes, pourquoi ne pas avoir parlé des films pornos pour nous mélanger encore un peu plus.

La véritable identité de Karine

Ma plus grande déception se situe au final. Pendant que j’ai l’impression d’être à peut près le seul à avoir encore la force d’écouter le documentaire, le générique souligne que Karine, contrairement à tous les autres témoignages est une comédienne et que son rôle est constitué de témoignages de plusieurs prostituées. À la fin dans le générique, combien de personnes se sont rendu compte de cette réalité?

Quand on présente le témoignage d’une personne qui veut conserver son anonymat, dans l’écrit, dès les premières phrases du texte, on le mentionne pour éviter la confusion avec les lecteurs. À la télévision, quand on fait une reconstitution, c’est aussi inscrit des la présentation des premières images. Suis-je une des rares personnes à savoir que Karine est tout simplement un comédienne qui représente plusieurs prostituées?

Le vrai débat sur la prostitution

Dans un tel documentaires, le vrai débat aurait dû être plus circonscrit. Doit-on légaliser la prostitution? Quelles sont les alternatives telle que la décriminalisation? Dans ces deux questions, il y a suffisamment de matières pour en discuter longtemps. La preuve, cela fait 20 ans qu’on en discute et rien n’a encore avancé.

Un documentaire centré très fortement sur l’organisme Stella. Les profits du film iront même à financer l’organisme.

Cinéma Beaubien: 2396 Rue Beaubien Est  Montreal, QC H2G 1N2. (514) 721-6060

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

L’histoire de l’escorte Britanny

1ere partie: Une escorte se raconte
2e partie Agence d’escorte à domicile
3e partie Agence d’escorte et prostitution à domicile
4e partie: Viols et agressions sexuelles d’une prostituée

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Le C.A.P. St-barnabé: intervenir auprès des itinérants

Pauvreté, itinérance et isolement

Le C.A.P. St-Barnabé: au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve

Le Carrefour Alimentation et Partage (C.A.P.) St-Barnabé vient en aide aux résidants d’Hochelaga-Maisonneuve depuis 1991. Ces gens doivent constamment se battre contre les problèmes qu’engendrent la pauvreté, l’isolement ou l’itinérance.

Anders Turgeon Dossiers Communautaire,

Outre les familles pauvres, le C.A.P. St-Barnabé vient en aide auprès de diverses clientèles marginalisées. «Nous sommes en première ligne pour aider les exclus: les itinérants, les toxicomanes et les prostituées», explique Jeannelle Bouffard, fondatrice, directrice et coordonnatrice de l’organisme.

Une église pour la communauté

Depuis sa fondation, le C.A.P. St-Barnabé a ses bureaux au sein de l’ancienne église St-Barnabé. Mais il a fallu attendre 2000, lors du décès d’Yves Poulin, dernier curé de la paroisse, pour que l’organisme songe à occuper l’ensemble de l’église. Après avoir reçu les fonds nécessaires pour acquérir et transformer la bâtisse, l’organisme l’occupe en entier dès 2005. «L’église reste fidèle à sa vocation: elle offre un milieu de vie pour l’accueil et le partage», affirme Mme Bouffard.

Les services de l’organisme se sont multipliés au cours des années. «Au magasin alimentaire se sont ajoutés d’autres volets d’aide. Ils se comptent aujourd’hui au nombre de cinq: un lieu d’accueil pour socialiser et briser l’isolement, un service de contrôle des aliments, un service de dépannage alimentaire d’urgence, un service de magasin d’alimentation et un lieu d’information et d’action citoyennes», ajoute Mme Bouffard.

Cette multiplicité des services fait en sorte que le C.A.P. St-Barnabé reçoit beaucoup de demandes d’aide annuellement. L’organisme fournit divers services, allant de l’accueil au dépannage alimentaire, à quelques milliers de personnes dans Hochelaga. Il procure aussi le nécessaire à de nombreuses familles du quartier à l’occasion de Noël et de la rentrée scolaire.

Pour assurer la vitalité et le dynamisme de ses activités, le C.A.P. St-Barnabé compte sur une équipe d’une centaine de bénévoles à chaque année. L’organisme s’appuie également sur une action concertée avec d’autres organismes comme le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ). «Cette action concertée entre organismes a pour but d’améliorer la santé des habitants du quartier en plus de lutter contre la pauvreté par le biais de l’alimentation», expose Mme Bouffard.

Lutter contre les pauvres ou contre la pauvreté?

Afin de financer ses services, le C.A.P. St-Barnabé reçoit des fonds de Centraide et des subventions du gouvernement provincial. Il reçoit aussi de l’argent grâce aux revenus locatifs de ses coopératives d’habitation.

Malgré ces sources de financement, Mme Bouffard croit qu’il n’y a pas de vision à long terme pour lutter contre la pauvreté. «Il y a davantage une lutte contre les pauvres que contre la pauvreté. Notre système économique capitaliste ne prêche que des valeurs de charité afin que ceux qui donnent aient bonne conscience», s’insurge-t-elle.

Mme Bouffard juge qu’il est difficile de s’attaquer à la pauvreté dans le contexte social et politique actuel. «Dans notre société, on sacrifie les plus pauvres. Ce qui leur fait perdre l’espoir de s’en sortir. Nous devons travailler plus fort pour les aider à croire à leur dignité», constate-t-elle.

Néanmoins, Mme Bouffard a foi dans le C.A.P. St-Barnabé. En tant que gestionnaire principale, elle s’assure que son personnel garde le cap sur la mission de l’organisme et reste fidèle aux valeurs de don de soi et d’altruisme qui le caractérisent. Par ailleurs, deux projets majeurs attendent la directrice: l’ouverture de lits d’urgence pour les itinérants et la mise en place d’un lieu de répit pour les prostituées. Le C.A.P. St-Barnabé demeure un lieu de partage et d’ouverture pour tous, comme l’église qui abrite l’organisme.

Des aquarelles pour le Cap St-Barnabé avec Albec.

Autres textes sur Communautaire

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Ne pas légaliser la prostitution ou la garder illégale?

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Légal ou illégal la prostitution?

Malgré tout ce qui a déjà été dit, parfois un commentaire vient donner une nouvelle orientation au débat sur la légalisation de la prostitution.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-internet-escorte-web-proxenetisme-proxenete-legalisation-pour-contreDepuis 20 ans, le débat sur la prostitution fait partie de nos écrits. Nous avons eu la chance de recevoir différents commentaires de prostituées, de clients de prostituées, de féministes, de pro-prostitution… En opposition les uns des autres, plusieurs commentaires se rassemblent derrière des idées et des valeurs qui leurs sont communes. Suite à mon dernier billet sur la légalisation de la prostitution, j’ai reçu un commentaire de Dael soulignant des questions intéressantes et qui méritent qu’on s’y attarde plus attentivement.

Je vous présente en gras les points que j’ai soulevé dans mon billet sur la légalisation de la prostitution de la semaine dernière. Suivi, en citation, du commentaire de Dael et, finalemement, de ma réponse.

Certains pensent pouvoir régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution

À mes yeux, le but premier de la légalisation, ce ne serait pas de régler quoi que ce soit; ce serait de ne pas s’arroger le droit de décider pour autrui de ce qu’il peut faire ou pas (dans la mesure où cette personne ne porte pas elle-même atteinte aux droits d’autrui). Je ne me reconnais aucune autorité morale à cet égard, et je n’en reconnais donc pas non plus à l’État en mon nom.

pour-contre-legalisation-prostitution-domicile-escorte-agenceQuand on parle de prostitution, est-ce que le droit de choisir existe vraiment? Même si elles ne sont pas toutes dans le même panier, certaines personnes se prostituent avec des problèmes de santé mentale, d’autres avec des problèmes de santé psychologique ou encore avec de fortes dépendances. Et pas seulement aux drogues. La luxure peut aussi être une grande dépendance.

Le droit de choisir ou non la prostitution suppose qu’on a des choix. Combien de personnes se prostituent par manque de choix?

La liberté de choisir ou non de se prostituer implique qu’il n’y a aucune pression de la part d’un parent, d’un conjoint ou d’un pimp pour que la personne ramène de l’argent.

Que nous dit la définition de liberté? La liberté est l’état d’une personne qui ne subit aucune contraintes, soumissions ou servitudes exercées par une autre personne qui n’est ni prisonnière ni sous la dépendance de quelqu’un. La liberté c’est l’autonomie et la spontanéité d’une personne douée de raison. La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté dans la mesure où l’on ne porte pas atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionPrendre position contre la légalisation de la prostitution n’est pas une ingérence dans le droit individuel de décider pour sa vie. Se positionner contre la légalisation de la prostitution c’est permettre à des personnes qui n’ont pas le choix d’être mieux protéger contre un environnement qui peut leur être hostile.

D’autres disent que nous avons diminué les conséquences de l’alcool en la légalisant en 1919 ou en légalisant le jeu en 1969. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains.

C’est de la légalisation de la prostitution dont on parle? En quoi la prostitution est-elle plus un être humain que l’alcool ou le jeu? Par ailleurs, quand on parle d’alcool et de jeu, il y a aussi des humains en question, non?

Il est vrai que pour l’alcool et le jeu il y a un être humain qui consomme le produit. Mais quand on parle de prostitution, il y a un être humain qui en consomme un autre. Ce n’est plus une simple relation entre un humain et un produit mais la marchandisation d’un être humain au profit d’un autre. En légalisant l’alcool en 1919, nous avons mis des bouteilles d’alcool sur les tablettes. En légalisant la prostitution, ce sont des humains qui se retrouveront sur les tablettes.

En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état!

La légalité, c’est le fait de ne pas risquer de subir les persécutions de l’État (de droit). Il ne découle pas de la légalité qu’on doive s’enregistrer auprès de l’État. Cet enregistrement relève de notions ou de principes complètement différents. Il est légal de faire plein de choses (pour lesquelles nous ne risquons donc la persécution de l’État de droit) pour lesquelles aucun enregistrement n’est nécessaire. Certes, on considère dans notre société que l’Administration publique doit être informée du travail des gens (pour déterminer combien d’argent ils doivent lui donner), mais cette idée, avec laquelle il est d’ailleurs tout à fait possible d’être en désaccord, est distincte de celle de la simple légalité.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitution-légaliserRegardons les chiffres différemment. Quand l’Allemage a décidé de légaliser la prostitution en pensant pouvoir régler tous les problèmes, 99% des personnes qui se prostituaient ont continuées à le faire dans l’illégalité. La légalisation de la prostitution non seulement n’aura rien réglé mais elle aura augmenté l’isolement d’un très grand nombre.

Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je ne suis pas du tout sûr de comprendre ce que vous voulez dire ici. Vous dites qu’une prostituée malade ne trouverait pas d’emploi de prostituée? Mais qu’elle continuerait de se prostituer sans employeur, directement dans la rue? En outre, il faudrait expliquer en quoi vous estimez que l’illégalité aide les prostituées.

Légaliser la prostitution ce n’est pas une absence de législation. Légaliser c’est autoriser en donnant des normes, des critères, une législation qui définit dans quel contexte c’est légal et ce ne l’est pas. Et la grande question qui est trop souvent éludée demeure entière. Certains pronent la légalisation de la prostitution pour protéger les plus faibles et les plus démunis. Mais ce sont justement ces personnes qui subiront le plus de conséquences d’une légalisation de la prostitution.

Incapable de rencontrer les normes mises en place pour légaliser la prostitution, elles n’arrêteront pas pour autant. Elles vont continuer dans des endroits encore plus clandestins, à la merci de mauvais clients ou de pimps abusifs.

Quelques prostituées, disant parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue.

L’avez-vous, ce soutien de la majorité? Vous l’avez-vous obtenu comment? Une majorité des prostituées et prostitués du Québec se sont prononcés en faveur du maintien de l’illégalité? Même si c’était le cas, le maintien de l’illégalité serait tyrannie pour les autres prostituées. La tyrannie peut être décidée par une majorité. Et les majorités peuvent être décrétées de bien des façons…

Voici une nuance très importante à souligner. Se positionner contre la légalisation de la prostitution ne veut pas dire conserver le statu quo. Nous proposons une augmentation des services et des ressources offerts aux personnes qui se prostituent. Nous croyons qu’une société doit aussi offrir un accès à un travail décent à ses citoyens pour leur permettre de faire leur choix sans contraintes.

Après plusieurs décennies de travail terrain auprès de personnes prostituées, elles sont unanimes à dire qu’elles ont subi la prostitution et que cela n’aura pas été un choix valable. Nous en avons retrouvé plusieurs, mortes d’épuisement et de l’accumulation des conséquences physiques et psychologiques qu’elles avaient subies. Et pour celles qui ont réussi à s’en sortir, nous avonss pu voir la fièreté qu’elles témoignaient.

Quand nous abordions le débat sur la légalisation de la prostitution, aucune ne voulaient en faire un débat politique, aucune ne voulaient endosser une telle position.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Témoignages de Prostituées.

Illustrations Mabi

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Prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Les enjeux de la prostitution

Dans le Journal de Montréal, Lise Ravary signe un texte sur les enjeux touchant la prostitution. Un débat qui ne cesse de revenir dans l’actualité depuis des décennies mais dont nous devrons éventuellement trancher.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionSuite à l’essai de Réal Ménard de parker les prostituées d’Hochelaga-Maisonneuve sur un terrain vague pour y tolérer la prostitution, le 21 juin dernier, Lise Ravary, dans son blogue du Journal de Montréal, se positionne sur la légalisation de la prostitution.

Lise Ravary fait un excellent résumé de l’état de la situation. Des positions que nous décrions depuis des décennies. Les points soulevé par Lise Ravary ont déjà fait parti de nos écrits depuis longtemps. Il est intéressant qu’ils soient maintenant accessibles à un plus grand nombre. Mais je m’attriste que nous ayons à répéter si souvent et si longtemps les argumentaires pour en arriver à faire le débat social sur la prostitution.

Légaliser la prostitution?

Je suis toujours sidéré de lire des commentaires de gens qui pense régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution. Comme la légalisation de  l’alcool en 1919 ou encore du jeu en 1969, certains diront. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains. On ne peut pas mettre une personne qui se prostitue sur le même pied d’égalité qu’une bouteille de bière!

Les gens qui sont en faveur de la légalisation de la prostitution ne semblent pas lire les rapports provenant des pays qui l’ont fait. En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état! Mme Ravary souligne aussi très bien les augmentations du nombre de prostituées de rue provenant de la légalisation de la prostitution.

Témoignages de prostituées

En tant que travailleur de rue et intervenant, j’ai accompagné plusieurs prostituées dans leur cheminement. Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je suis aussi navré d’entendre quelques prostituées parler du  »travail du sexe » et de vouloir en faire un travail comme les autres. Ces quelques prostituées, qui disent parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue. Quelles sont leurs réelles motivation dans ce débat politique?

Illustration Mabi. Blogue de Lise Ravary.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

 Témoignages de Prostituées.

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Ma vie dans les agences d’escortes

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

Les agences d’escortes

Prostitution: vivre dans la nuit

Britanny a gagné sa vie pendant des années en se prostituant. Prostitution dans la rue, pour des agences d’escorte et à son domicile. Dans ce témoignage, elle dévoile les dessous de son expérience dans une agence d’escorte.

Dominic Desmarais Dossier Prostitution

prostitution-escorte-prostituee-bordel--sexualiteBritanny a quitté le monde de la prostitution il y a quelques années. Cette belle grande blonde de 36 ans, qui en paraît 10 de moins, ne correspond pas à l’archétype de la prostituée maganée. Avec sa haute taille, ses vêtements à la mode, son maquillage finement retouché, elle affiche une assurance qui détonne avec son passé.

Britanny ne joue pas à la victime. Elle est consciente de son vécu. C’est purement pour l’appât du gain qu’elle a choisit cette vie. Pour faire de l’argent rapidement. «Connais-tu beaucoup d’emplois qui rapportent 120 à 140$ l’heure», demande-t-elle avec aplomb.

L’éveil à la prostitution

Ambitieuse et pleine de rêves, la jeune Britanny voulait goûter, dès l’adolescence, à la vie de luxe. Une vie que lui faisait miroiter la société mais qui lui était refusée. Placée en foyer de groupe de 11 à 13 ans, elle a vécu ensuite en centre d’accueil jusqu’à sa majorité. «J’avais une paie minable, au centre d’accueil. Ça payait à peine le rouge à lèvres. Je voyais des filles qui se prostituaient et je les admirais. Je les trouvais chanceuses d’avoir de beaux vêtements. J’en voulais aussi!»

C’est lors de ses sorties du centre, les week-ends, qu’elle s’ouvre tranquillement à l’univers de la prostitution. Elle a 17 ans. «Quand je n’allais pas chez mes parents, je passais mes fins de semaines chez des gens peu fréquentables. J’ai commencé à en parler. Que j’aimerais faire plus de sous pour m’acheter du maquillage, du linge. Ces gens m’ont présenté des hommes… Mes éducateurs ne les aimaient pas», dit-elle sourire en coin.

Quitter le centre d’accueil

Puis arrive la majorité. Prête ou pas, la jeune femme doit quitter l’institution et voler de ses propres ailes. «J’ai paniqué. Je n’arrivais pas à joindre les deux bouts. L’appart, la bouffe, les comptes… J’ai commencé par la prostitution de rue.» Sur le trottoir de la Sainte-Catherine, elle est rapidement découverte par Terry, qui possède une agence d’escorte. Il lui offre de travailler pour son agence. «Ça m’allait mieux. Sur Sainte-Catherine, c’est plus des junkies.» Terry a 15 filles qui travaillent pour lui. Il prend Britanny sous son aile. Pour ses premiers clients, il l’accompagne jusqu’à la porte et s’assure qu’elle est payée. Le service qu’elle offre est payable d’avance. Sur 140$ pour une heure, 80$ lui reviennent.

«Je voulais de l’argent facile pour pouvoir me payer tout ce que je voulais. Je décidais de mon horaire. Je trouvais ça bien. Je pensais être «maître» de ma vie», se rappelle-t-elle de ses débuts. Britanny a travaillé près de deux ans pour Terry. Ils sont restés amis. Après une pause des agences pour travailler seule, de chez elle, Britanny contacte l’agence de madame Dodo quelle trouve dans les petites annonces d’un journal. «Elle m’a demandé mes mensurations et le nom que j’allais utiliser. Je lui ai demandé si elle voulait me voir avant. Elle m’a dit non, on va te voir quand on va venir te chercher!»

Une soirée comme prostituée

Ses quarts de travail débutaient à l’heure du souper pour se terminer vers les 3 heures du matin. Le nombre de clients variait à chaque soir, entre un et trois. «Si je voulais des clients, j’appelais pour me rapporter. Je n’avais pas de gun sur la tempe pour me forcer à travailler.» Un chauffeur, souvent Dodo et son mari à l’époque où elle travaillait pour cette agence, la prenait chez elle pour l’emmener chez le client ou dans un motel. Pour s’assurer de sa sécurité, le chauffeur attendait dans la voiture. Mais à ses débuts, le cellulaire commence à peine à faire une percée. S’il lui arrive malheur, elle doit se précipiter à l’extérieur pour aviser son protecteur. Chanceuse, elle n’a pas eu de problèmes. «Mais une fois, en rencontrant le client, j’ai eu des doutes. Je ne le sentais pas. Le chauffeur a appelé l’agence. On est reparti aussitôt.» L’histoire ne dit pas si l’agence a envoyé une autre fille satisfaire le client abandonné.

Comme escorte, Britanny a connu tous les genres d’hommes. Le travailleur d’usine, de la construction, l’avocat, le PDG. Des pauvres comme des riches à craquer. Des célibataires, des hommes mariés. Des timides, des tourmentés. Des straights, des pervers. Après avoir reçu l’argent, son travail commence. «Des fois c’est étend toi sur le dos tout de suite. D’autres fois, on m’offrait du vin pour me détendre. Surtout quand il s’agissait d’un nouveau client. J’étais nerveuse. Mais avec la plupart, il n’y avait pas de niaisage. Ils ne m’ont pas fait venir pour parler de la pluie et du beau temps», dit-elle avec candeur.

La jeune femme est consciente qu’elle sert de jouet sexuel. «Ils font ce qu’ils veulent avec nous. On est payées pour ça. Il faut leur donner leur fantasme. Les clients nous demandent ce qu’ils n’oseraient pas demander à leur conjointe. Donc c’est à nous à répondre à leur besoins.» Britanny énumère toutes sortes de demandes des clients sans pudeur. La liste est longue, crue.

Prostitution, drogue et consommation

«Quand j’allais faire des clients, c’est sûr que je me gelais un peu la bette pour me donner du courage. De la coke, des joints, de l’alcool. Je l’ai déjà fait à jeun, mais j’étais très stressée ces fois-là. On pogne pas toujours le top modèle! Il y a des clients qui sont franchement dégueulasses, qui ont des grosses bédaines. Je comprends les filles qui consomment.

C’est dur, psychologiquement. Quand c’est un nouveau client, tu ne sais pas à quoi t’attendre. Va-t-il m’agresser? C’est toujours ta sécurité qui est en jeu. Ce n’est pas nécessairement celui qui fait le plus dur qui est le pire. J’ai rencontré de parfaits salauds qui portent l’habit et la cravate.» Les agences pour lesquelles elle a travaillé ne lui fournissaient pas sa drogue. Dans d’autres milieux, c’est une bonne façon de garder les prostituées sous l’emprise du souteneur. Et s’assurer de récupérer tout l’argent en leur vendant de la came dont elles sont devenues dépendantes.

La vie après le travail

Sitôt le rendez-vous terminé, elle fait le vide. «Pendant que je suis avec le client, c’est comme si je mettais le pilote automatique. J’ai fait semblant de jouir plus souvent qu’à mon tour! Une fois terminé, je ne veux plus y penser.» Pour oublier son travail, Britanny dépense rapidement ce qu’elle gagne. Une façon de justifier l’argent qui remplit son portefeuille. «On pense que parce qu’on est capable de s’acheter de beaux meubles, de fréquenter de bons restaurants, de se payer des chirurgies plastiques, on est heureux. Mais c’est illusoire. Et tu en veux toujours plus. Tu te crées des besoins. Donc tu veux plus de clients. Le cycle infernal commence. C’est le retour au boulot. Avec le stress de voir les clients… pour mieux dépenser l’argent», explique-t-elle.

Sortir d’une agence d’escorte

Britanny n’a eu aucune difficulté à quitter les deux agences pour lesquelles elle a travaillé. Elle a cessé de se rapporter. Et quand elle a reçu un appel pour savoir si elle voulait un client qui la demandait, elle a signifié sa décision d’arrêter. Aussi simplement. «Dodo m’avait dit de me sentir à l’aise d’en sortir quand je voulais.» Mais quitter l’agence est une chose. Tourner le dos au salaire en est une autre. «C’est trop d’argent vite fait. C’est dur de s’en sortir. Aujourd’hui, je ne roule pas sur l’or. Je suis incapable de me payer du luxe. Mais j’ai 36 ans. Je n’ai plus la patience de faire ça. Je cherche toujours l’amour. Mais je ne le trouverai pas avec un client! À l’époque, j’ai eu des aventures, des amants. Mais jamais de petit ami régulier. C’était difficile. Quel gars accepterait que sa blonde couche avec d’autres hommes pour de l’argent? Même s’il n’y a aucun sentiment?»

Suite de ce témoignage: Agence d’escortes à domicile.

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Les joies de la prostitution?

Témoignage d’une prostituée incarcérée

On a vu cette année des lettres ouvertes affirmer que la prostitution devait être traitée comme un métier semblable aux autres. J’ai moi-même été prostituée et je dis Non à de telles balivernes.

Chloé, détenue au pénitencier de Joliette   Dossier Prostitution, Sexualité, Chronique du prisonnier

legaliser-prostitution-legalisation-legalise-prostitution-escorte C’est une sottise de croire que la prostitution est un métier normal. J’ai peine à croire qu’à la fin de 2009, nous ayons encore besoin de dire que la prostitution est une chose épouvantable et profondément dégradante pour les femmes. Personnellement, je ne connais aucune femme qui ait une histoire heureuse à raconter à propos de son «travail de putain». Il faut dire clairement Non à toute forme de prostitution.

Conséquences de la prostitution

Je suis une jeune femme de 35 ans. Pour moi, la prostitution s’est échelonnée sur une durée d’un an et demi en tout. Je n’ai jamais pensé que cette expérience, somme toute pas très longue, laisserait dans ma vie autant de dommages aussi profonds. J’inclus dans ce bilan la dévastation de mes relations interpersonnelles et sociales et des dommages irrémédiables auprès de mes enfants et de ma famille.

Je ne peux estimer les torts causés à mon corps, mon âme et l’estime de moi, mais le constat de destruction est flagrant. Ma sexualité demeure, pour le moment, affligée de dommages irréparables et les ravages sont aussi colossaux dans toutes mes relations avec les hommes.

Les clients de la prostitution

Ces hommes… «mes clients»… Ces exploiteurs, mes abuseurs, ces pervers, mes pourvoyeurs d’argent et de matériel, mes inconscients. Ces hommes… que je ne pourrai plus jamais voir avec les mêmes yeux.

Je suis incarcérée depuis maintenant deux ans et quatre mois. J’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à tout ce qui s’était passé. Des visages de clients me reviennent en tête, avec des scènes de certaines exigences plus que particulières… C’est certain qu’à mes programmes de réhabilitation, le sujet revient souvent sur la table. Lors d’une séance de thérapie, une femme disait récemment que la prostitution n’avait rien changé dans sa vie. Je n’arrive pas à y croire! On ne peut pas vendre sa sexualité, son intimité, son âme, sa sensibilité, sa dignité, sa féminité, son odeur, sans en subir de conséquences. C’est humainement impossible.

Le sexe dans la prostitution

Au moment de l’acte sexuel, il se produisait une dissociation, comme si ce que je ne voulais pas salir allait se réfugier quelque part en moi… Tout devenait mécanique, comme si une autre prenait cette place dégoûtante où je ne voulais pas être… comme si je repoussais mon âme pour pouvoir passer au travers et «faire mon client».

Mais on ne peut pas se détacher complètement, et lorsque le client remontait ses culottes, je n’avais rien oublié de ce qui c’était passé. Et c’est lui qui avait le beau rôle car, une fois ses culottes remontées, il reprenait sa vie là où il l’avait laissée une heure plus tôt. C’est-à-dire qu’il redevenait un père de famille, un «honnête citoyen», un bon travailleur ou un patron super, un mari «aimant», un homme respecté par sa famille et ses amis… Moi, je restais la pute.

Sexualité et pédophilie

Ma sexualité a débuté à l’âge de quatre ans, imposée par un pédophile pervers. Cet événement a complètement marqué ma sexualité, amorcée beaucoup trop tôt.

Plus tard, j’ai vécu une longue relation avec un conjoint. Nous avons été ensemble huit ans et j’en garde des repères d’une sexualité saine et épanouie.

Sexualité et libido

Cela me permet de comparer l’avant et l’après de la prostitution et, croyez-moi, tout a changé… J’étais une femme qui avait une bonne libido et si mon amoureux s’absentait quelques jours, je vivais des pensées érotiques liées à lui.

Aujourd’hui, depuis mon vécu de prostitution, mon imaginaire sexuel se limite à des  flash-backs de situations où je me suis retrouvée avec des clients et dont je ne voudrais jamais parler à qui que ce soit. Ces situations étaient humiliantes et, aussi bizarre que cela puisse paraître, la honte revient frapper à ma porte dès que je repense à ces séquences, qui me font peur.

Je me dis qu’il n’est pas possible que les mères et les grand-mères québécoises souhaitent une telle condition pour leurs filles et leurs petites-filles!

Légaliser la prostitution?

D’autres parlent de réduire la violence en légalisant la prostitution… Quand tu te retrouves dans une chambre de motel ou dans une voiture, le danger sera toujours le même, et ce n’est pas la légalisation de la prostitution qui va faire en sorte que les hommes «malades» ne soient plus en circulation.

Je ne crois pas que l’on puisse quantifier la souffrance qu’entraîne la prostitution, sous une forme ou une autre. Mais je sais que la prostitution de rue, qui est reliée de très près aux toxicomanies, est l’une des plus dangereuses et que les filles qui sont en manque sont prêtes à faire beaucoup pour très peu… Légalisation ou pas, rien ne va changer pour ces femmes. Elles n’iront certainement pas déclarer le vendredi combien de clients elles ont faits dans la semaine!

Bref, je me demande où on s’en va en investissant temps et argent dans ce genre de spéculation! Pourquoi ne pas unir plutôt nos forces et se mobiliser pour venir à bout de ce fléau, de cette bêtise humaine!

Aide et ressources pour les prostituées

Investissons dans des programmes pour venir réellement en aide à toutes ces femmes. Des maisons d’hébergement pour accueillir ces femmes qui souffrent tant, au Québec, il n’y en a pas assez. Moi-même, j’aurais parfois bien voulu, à quatre heures du matin, qu’il y ait une maison où l’on m’aurait tendu la main. Il n’y a rien de disponible à ces heures-là!

La prostitution, ce n’est la place de personne. Que faudrait-il pour qu’on finisse par comprendre que la sexualité ne devrait pas être achetée, mais vécue!

 

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Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

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