Autisme et troubles de comportements

Les difficultés des soins aux autistes

Chaque enfant est unique

Mme Sylvie Norris est très impliquée dans le milieu communautaire, puisqu’elle travaille pour le «Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec», le ROCAJQ, qui a son bureau rue St-Hubert à Montréal.

Normand Charest, dossiers AutismeSanté mentale

autisme illustration santé mentale autisteElle est aussi mère de famille. Nous l’avons rencontrée parce qu’un de ses quatre enfants souffre d’un «trouble dans le spectre de l’autisme». Le témoignage de ses expériences nous apporte matière à réflexion dans ce dossier.

Raphaël, le fils de Mme Norris, n’avait que 3 ans lorsque son comportement est devenu préoccupant. Il faisait des colères incontrôlables qui duraient 4 ou 5 heures.

«Si la maternelle a été difficile, la première année fut une horreur, car pour lui, le simple fait d’être assis dans la classe était une épreuve», nous dit la mère. Commença alors un laborieux processus d’évaluation qui dura près de deux ans. Trois spécialistes, trois examens et trois diagnostics différents.

«La psychologie n’est pas une science exacte», nous dit-elle. «Je le sais, parce que j’ai moi-même étudié en psychologie. Ainsi, on peut trouver des critères communs à divers troubles, comme la dyslexie sévère et l’autisme, mais c’est la prévalence des critères qui aide à établir un diagnostic.»

Un cas pas assez «caractéristique» pour recevoir de l’aide

«Le cas de notre fils n’est pas assez “caractéristique”. Bureaucratiquement, sa situation semble moins grave parce qu’il s’exprime assez bien. Il n’a pas de problèmes de socialisation, il se soucie des autres et il a des amis, contrairement à beaucoup d’autistes.

Par conséquent, nous n’avons pas eu droit à des services à travers le système de la santé. Nous sommes sur une liste d’attente pour voir un ergothérapeute depuis 6 ans. Ainsi, nous avons dû payer de notre poche 700$ par mois, au début, pour trois spécialistes: orthophoniste, ergothérapeute et psychologue. Sans compter les pertes de revenus.

Après deux ans à ce rythme, j’ai laissé tomber tous les spécialistes et je me suis occupé moi-même de mon enfant, en utilisant un système de renforcement positif. (Mme Norris détient un diplôme d’éducatrice spécialisée, même si elle ne travaille pas en ce domaine.) Pour cela, ça ne me prenait qu’un nouveau bloc de legos par semaine. Il est fou des legos. Mais mes trois autres enfants avait de la misère à comprendre que Raphaël puisse avoir droit à un cadeau par semaine et pas eux.»

Les critiques de l’entourage

«Certains critiquaient ma méthode à base de cadeaux, comme si j’achetais la tranquillité. Mais au moins, ça fonctionnait. Parfois, à les entendre, c’était comme si tout le monde savait mieux s’y prendre que moi, avec mon fils.

Lorsqu’on s’occupe d’un enfant en difficulté, il y a toujours des tensions avec l’entourage. Avec la parenté, les frères et sœurs, le conjoint, l’école, les spécialistes ou même en public. Les conseils des autres, ça devient lourd.»

Tous les parents peuvent comprendre ce problème, car chaque enfant doit affronter des difficultés qui lui sont personnelles. «La seule différence», nous répond Mme Norris, «c’est que, pour un enfant autiste, les difficultés sont beaucoup plus fréquentes.

Les enfants autistes souffrent d’un malaise de communication qui a l’apparence d’une manipulation, pour ceux qui ignorent ce genre de troubles. Et souvent, ils vous jugent et prétendent que votre enfant vous manipule.

D’autre part, le gardiennage était impossible à l’époque, quoique les services semblent meilleurs maintenant. Je ne sais pas, car en ce moment, à 12 ans, il n’en a plus besoin.»

Ne compter que sur soi ?

Puisqu’elle habite St-Hyacinthe, Mme Norris n’a pas utilisé les services de Montréal, comme ATEDM. Dans sa région, elle a assisté une fois à une réunion de parents d’autistes où l’animatrice n’apportait rien de bien utile, dit-elle. Par son expérience personnelle, elle en savait déjà pas mal plus qu’elle, et ce genre de réunion ne pouvait pas l’aider.

Les services dans les écoles étaient rares ou mal adaptés. Chaque année, l’enfant risquait de changer de TES (technicienne en éducation spécialisée), mais Raphaël a eu la chance d’avoir la même pendant presque 5 ans. Quand on sait que ça peut lui prendre des mois pour s’habituer à une nouvelle éducatrice… Mais la direction d’école ne pouvait jamais garantir qui serait là l’année suivante. Le changement de professeur apportait, quant à lui, son lot de difficultés : ils commençaient à bien comprendre les comportements de l’enfant qu’après les fêtes, ce qui représente plus de 4 mois.

La peur de la nouveauté

C’est d’ailleurs là son problème principal: la nouveauté, qui est toujours pour lui un facteur de tensions et, éventuellement, de crises. Impossible d’aller chez le coiffeur: le simple fait de lui attacher un tablier au cou le mettait mal à l’aise. Et au premier coup de ciseaux, c’en était fini! Dans ce cas, la mère a remplacé coiffeur, puisqu’il faut bien «choisir ses combats», dit-elle.

Même difficulté avec les dentistes. Une dentiste pour enfants de l’hôpital Ste-Justine, à Montréal, réussit à s’en occuper, mais ça signifie une distance de 70 km entre la maison et l’hôpital.

Le simple fait d’aller en voyage est compliqué: on peut l’amener à l’aéroport, mais ce n’est pas garanti qu’on va réussir à lui faire prendre l’avion. Et alors, pas d’autres choix que de retourner à la maison. Ce qui n’est pas encore arrivé, heureusement.

Un autre exemple: la mère est une passionnée d’équitation. Elle a même dressé des chevaux. Mais ça lui a pris six essais avant de réussir à faire monter son fils sur l’animal. Pour ce faire, elle devait connaître d’abord le nom du cheval, prendre le temps de se familiariser avec lui et développer un lien amical entre le cheval et l’enfant.

Il fallait ensuite que la mère et l’enfant montent tous les deux sur le même cheval, en même temps. Ce qui signifiait environ une demi-heure de préparation pour une demi-heure d’équitation. Et le succès fragile d’une telle entreprise reposait sur le fort lien de confiance entre la mère et l’enfant.

Un cas difficile à «classer»

L’autisme regroupe un très large éventail de troubles difficiles à comprendre et à définir. Raphaël réussit à s’exprimer convenablement et il n’a pas de problème de socialisation, ce qui est déjà rare chez les autistes.

Mais lorsqu’il est trop tendu, en réaction à des nouveautés par exemple, il se «replie en boule», à la manière d’un hérisson, avant de faire de grandes colères où il pourrait littéralement tout casser.

Son cas est qualifié de «TSA, trouble dans le spectre de l’autisme», ce qui pour le non-initié donne une image plutôt vague.

Il fait partie des «autistes de haut niveau», ce qui signifie qu’il n’a pas de déficience intellectuelle, contrairement à ceux de «bas niveau». Les autistes de haut niveau sont d’ailleurs souvent très intelligents, mais sans pouvoir fonctionner normalement en société pour diverses raisons.

Chaque autiste est différent, d’où les difficultés potentielles avec des éducatrices, des gardiennes et autres intervenants qui ne le connaissent pas suffisamment. Dans ce cas, impossible de suivre les instructions d’un manuel: c’est au cas par cas. D’où la nécessité de donner crédit à la mère, qui est la mieux placée pour comprendre son enfant, chaque enfant étant unique.

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Et si un stress post-traumatique nous faisait grandir?

Croissance post-traumatique

Pour devenir une meilleure personne?

Si le stress post-traumatique est bien connu, un nouveau concept tente de faire sa place en psychologie: la croissance post-traumatique. Et si un événement traumatique faisait de vous une meilleure personne?

David Savoie (Agence Science-Presse) Dossier Croissance personnelle

Patrick Mortier, psychologue à Montréal, est un de ceux qui ont travaillé sur cette question. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, il s’est attardé à la façon dont des survivants du génocide rwandais sont passés à travers cette épreuve.

Et son constat est étonnant: des années après, plusieurs rapportent se sentir grandi, avoir de meilleures relations interpersonnelles et une meilleure spiritualité.

En somme, ils développent «un sens de l’essentiel», explique le psychologue. «C’est l’idée d’une transformation qui s’opère. Plus le traumatisme serait important, plus grande serait la probabilité d’une croissance post-traumatique.»

Croissance post-traumatique

La littérature est pavée d’exemples mais les recherches scientifiques, elles, sont encore minces. Ce sont deux professeurs en psychologie de l’Université de Charlotte, Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun, qui ont créé le terme de croissance post-traumatique il y a tout juste une dizaine d’années.

Depuis, l’idée a tant et si bien fait son chemin que les psychologues croient pouvoir identifier les personnes susceptibles de grandir après un événement traumatisant. Il semblerait que même les Forces armées canadiennes évaluent le potentiel des soldats envoyés au front, pour déterminer leurs résiliences.

Croissance pour tous?

Un des problèmes, note Patrick Mortier, c’est la difficulté de chiffrer cette expérience. Les études vont dans tous les sens: certaines concluent qu’à peine 5% des gens passés par un traumatisme en sortent grandis, d’autres parlent de 90%. «Il n’y a pas de tangente précise», pondère Patrick Mortier.

Il prend bien soin de le souligner: on ne peut pas parler de «bénéfices» à un choc traumatique quel qu’il soit. Même chez celles qui vont affirmer en ressortir de meilleures personnes, la croissance post-traumatique peut prendre des mois, voire des années. «On n’enlève rien aux conséquences négatives, mais cela permet aux gens de garder espoir.»

Et les traumatismes graves?

La psychologue Pascale Brillon émet un bémol. Spécialiste du stress post-traumatique, elle travaille à la Clinique des troubles anxieux de l’hôpital Sacré-Coeur de Montréal, dans ce qu’elle appelle la «troisième ligne». C’est ici que viennent les gens qui ont subi des traumatismes très graves et pour qui la thérapie ailleurs n’a pas fonctionné —des militaires revenus d’Afghanistan, des femmes victimes de viol collectif, des parents qui ont perdu des enfants dans des circonstances dramatiques.

Selon elle, pour certains traumas, c’est tout simplement impossible d’en sortir grandi. Les psychologues tentent de mettre le positif en évidence, mais dans certains cas, «il n’y a rien de positif qui ressort d’un événement». Dans sa pratique, elle constate qu’après une longue démarche, des patients parviennent à tirer du bon de leurs expériences difficiles. Ils mesurent le chemin parcouru, et ils sont «sereins».

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Prostitution: les clients

Spectacle hip hop au Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo)

Prostitution: les clients

Lisa Melia      Dossier Prostitution et Sexualité.

«Ce soir, j’ai envie de thaï.» L’homme qui dit ça à visage couvert devant la caméra ne parle pas de gastronomie, mais de femmes. Dans un reportage de moins d’une heure tourné à Lille, dans le nord de la France, et en Belgique, le journaliste Hubert Dubois décortique l’identité du client de prostituées et ses motivations.

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Tous parleront à visage couvert, comme pris d’une certaine honte et conscients du mépris de la société à leur égard. Tous, sauf un, qui résume la nature de la prostituée aux yeux de ses clients. «Il y a des fois, on a envie d’une femme, ici et maintenant, mais on se retient, car c’est une femme et on la respecte. Avec une prostituée, si je veux faire quelque chose, je le fais» Cette question de respect et d’objectivation du corps humain revient perpétuellement. L’amateur de «thaï» explique à la caméra d’un air expert que «pour avoir le service complet, entrée, plat et dessert, c’est minimum 200 € [environ 315 $].»

Presque tous utilisent ce vocabulaire cru et violent, comme s’ils parlaient d’un objet. Une seule fois un client dira «faire l’amour», les autres utilisent les synonymes les plus vulgaires les uns que les autres pour nommer un coït gênant et culpabilisant. De même, ils payent des «putes», mais pas des «femmes», une nuance caractéristique du malaise qui semblent les prendre devant la caméra inquisitrice d’Hubert Dubois.

Identité masculine et prostitution

L’une des justifications principales est celle du besoin et de l’identité masculine. Par nature, un homme devrait avoir une sexualité régulière. «Après, on se sent des mecs», dit un client avec une pointe de fierté dans la voix. Un argument ridicule d’après Stéphanie, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Selon elle, il ne faut pas confondre besoin et envie, un amalgame que font pourtant les clients et qui traduit en réalité la relation de pouvoir et de domination entre eux et les «travailleuses du sexe.» C’est cette sensation de pouvoir plus qu’un véritable besoin qui conduit un client sur deux à retourner voir une prostituée après la première fois.

Relation et prostitution

Une autre excuse donnée est qu’ils n’ont pas envie de «prise de tête», de complications, de jeux de séduction et de disputes. Bref, ils n’ont pas envie d’un couple. «Si je n’y allais pas, je n’aurais pas maintenue mon mariage, affirme l’un d’eux, car ma femme n’accepte pas tout.» Le recours aux prostituées permet de maintenir une relation sans implication émotionnelle mais, paradoxalement, les psychologues s’accordent pour dire qu’une grande partie des clients recherchent précisément de l’affection et de l’attention. D’où l’apparition d’un nouveau genre de prostitution, qui passe par la simulation d’un rendez-vous galant.

Pour Rhéa, militante de la CLES, ils séparent pourtant complètement l’amour du sexe. «Ce n’est pas une relation, il n’y a pas de réciprocité. Payer pour du sexe, ça veut dire que tu imposes ta sexualité à quelqu’un.» Payer permet aussi de soulager sa conscience, et de se disculper. «Après tout, personne ne les force», affirme un client.

Prostitution: consentante ou contrainte?

Et pourtant, la prostitution constitue rarement un choix, mais plutôt une absence de choix. «97% des filles font ça contraintes», affirme Ulla, ancienne prostituée chef de file des travailleuses du sexe françaises. «Ce n’est qu’une source de revenu, rien d’autre.» Les clients n’ont toutefois pas la même perception des choses. Les prostituées souffrent-elles? La plupart des clients interrogés par Hubert Dubois pensent que non. «Quand on mange un bifteck, on ne se demande pas si la vache a souffert.» Ont-elles du plaisir lors de l’acte sexuel? « Bien sûr, affirme l’un d’eux. Je peux le sentir, et puis elles se font entendre.» Certains clients posent la question mais «quand ils demandent, c’est presque une réponse qu’ils se donnent», dit Ulla.

«Ils vivent dans le déni», explique Michèle Roy, de la CLES. Tous se déculpabilisent comme ils peuvent: en mettant en avant la compensation financière, en affirmant n’aller voir que des filles consentantes qui ne travaillent pas sous la contrainte, en refusant de fréquenter des mineures… «Ce ne sont que des prétextes, tranche Michèle Roy, ils refusent de voir la réalité en face.» Un ancien client, qui a cessé de recourir aux prostituées, confirme: «l’homme aussi est coupable. Ce n’est pas normal, on n’achète pas un corps. On peut tout acheter, mais pas un corps humain.»

Les clients, reportage d’Hubert Dubois

Le site Internet de la Concertation de lutte contre l’exploitation sexuelle (CLES)

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autres textes sur sexualité

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Violence à l’école et éducation de nos jeunes, nouvelle chronique d’Égide Royer dans Reflet de Société

Violence à l’école et éducation de nos jeunes, nouvelle chronique d’Égide Royer dans Reflet de Société

Une nouvelle chronique pour le magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société. À compter du 1er février, le psychologue Égide Royer fera partie de l’équipe.

M. Royer intervient directement sur le terrain avec des jeunes dans les écoles. Il est régulièrement confronté à des jeunes violents, qui ont des troubles de comportement.

M. Royer a un langage clair et direct. Il ne passe pas par 4 chemins pour expliquer comment intervenir auprès des jeunes. Nous avons tous notre part de responsabilité dans l’éducation d’un jeune. C’est pourquoi nous avons invité M. Royer à prendre part à nos débats de société sur ce thème qui préoccupe autant les parents que les enseignants.

M. Royer saura animer le débat et apporter des pistes de solutions. Les lecteurs pourront commenter et faire parvenir leurs questions en commentant les articles publiés sur le site Internet http://www.refletdesociete.com 

Édige Royer est psychologue et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Il est aussi auteur de Comme un caméléon sur une jupe écossaise et Chuchotement de Galilée: permettre aux jeunes difficiles de réussir à l’école.

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