Maxime Roussy, un auteur jeunesse sans peurs

Luc Dupont | Dossier Santé mentaleMaxime Roussy, auteur jeunesse et porte-parole de Phobie Zéro (troubles anxieux, attaques de panique, agoraphobie)

Mise à jour 28 avril 11: Maxime Roussy accusé d’agression sexuelle.

On cherche souvent des modèles d’hommes et de femmes qui nous élèvent. Des gens inspirants et originaux qui, en communiquant leur passion de vivre,  déclenchent en nous une telle énergie que nos rêves les plus chers deviennent tout à coup plus accessibles. C’est ce qui s’est produit lorsque j’ai entendu pour la première fois il y a un an, à la radio, la voix de Maxime Roussy.

L’émission parvenait du Salon du livre de Montréal. Maxime Roussy racontait comment, au début de la vingtaine, il était devenu écrivain jeunesse. L’aspect frappant de son propos était la facilité d’écrire que l’auteur prétendait avoir. Il avait suffi que son éditeur lui dise: «Maxime, trouve-toi un personnage dans le monde des Mayas et lance-toi dans une série d’aventures», pour que le jeune homme s’active. Son imagination a alors explosé et, depuis 1999, il a publié, au rythme de deux par an, vingt-trois livres, dont les dix tomes de la série des Pakkal. L’auteur a déjà vendu plus de 200 000 exemplaires de ses œuvres.

Maxime Roussy, troubles anxieux, crises de panique et agoraphobie

L’adolescence de Maxime Roussy constituait un autre point marquant de cet entretien. Durant de longues années, il a souffert de troubles anxieux avec crises de panique et d’agoraphobie. «On ne souhaite à personne, même à son pire ennemi, de vivre une telle maladie, disait-il. C’est tellement douloureux qu’on ne peut plus vivre, on ne peut plus exister.»

Maxime s’en est sorti. Encore mieux, il est maintenant écrivain et porte-parole du volet jeunesse de Phobies-Zéro, un organisme qui vient en aide aux agoraphobes. Depuis, il va dans les écoles rencontrer des jeunes, il leur parle d’agoraphobie et les écoute.

Maxime Roussy et le décès de sa mère

Aujourd’hui âgé de 32 ans, l’auteur est père de quatre filles. Un jour son aînée, âgée de 10 ans, lui a demandé: «Papa, comment on peut avoir peur des gens?» Il lui a répondu que c’est à cause de dérèglements chimiques dans son cerveau, causés par le traumatisme qu’il a vécu lors de la mort de sa mère. Ce décès lui a donné un choc émotif tellement fort que, pendant des années, il a eu l’impression de vivre avec un monstre à l’intérieur de lui.

«Ma mère est morte lorsque j’avais 15 ans, raconte Maxime Roussy. Ça m’a fait tout un choc parce qu’elle est morte devant moi. Sur le coup, j’ai ressenti une grande douleur, c’est normal. Ce qui l’est moins, c’est qu’à la suite de cet événement, j’ai ressenti un stress post-traumatique, comme ce que vivent les militaires qui reviennent d’Irak. J’ai alors commencé à avoir des crises de panique, jusqu’à 30 par jour, auxquelles s’est ajouté un trouble agoraphobe. J’étais devenu incapable d’être à l’aise dans les foules, parmi les gens. J’étais effrayé de simplement prendre l’autobus. Je faisais donc à pied les huit kilomètres à l’aller et les huit kilomètres au retour qui séparaient Laval-des-Rapides, où je demeurais, du Cégep Ahuntsic, que je fréquentais alors.»

Malgré tout, Maxime Roussy s’est accroché. Il aimait beaucoup écrire et était devenu rédacteur en chef du journal étudiant. «Je me souviens de la frayeur inimaginable que je ressentais avant les réunions. Je me réfugiais alors dans les toilettes, le temps que ça passe. J’en ai passé des heures dans les toilettes! J’en suis venu à ne plus vouloir sortir de la maison, à me trouver toutes sortes de raisons pour m’enfermer le soir. Je suis même allé jusqu’à m’automutiler pour ne pas sortir. Tout ça à un âge où, évidemment, j’aurais eu le goût d’être en gang comme tout le monde.»

La peur d’avoir peur

Un jour, il est tombé sur un livre, La peur d’avoir peur, qui décrivait sa maladie. Il a alors posé l’ouvrage devant son médecin et lui a dit: «Voilà de quoi je souffre!» Ce docteur l’a ensuite mis en contact avec un psychiatre qui lui a prescrit à petites doses un antidépresseur et l’a encouragé à entreprendre une psychothérapie. «À partir de là, dit Maxime, les attaques de panique ont disparu graduellement et mon agoraphobie a pu être mieux contrôlée.»

Maxime Roussy, l’écrivain

Les débuts de Maxime Roussy en tant qu’auteur relèvent du hasard. «C’est parti du journal étudiant au Cégep. Je voyais souvent Michel Brûlé, le fondateur des Éditions Les Intouchables. Il venait rencontrer le graphiste du journal, qui faisait aussi le graphisme de ses livres. Il savait que je voulais devenir écrivain et il m’a dit que si un jour je cherchais un éditeur, je pouvais venir le voir. J’écrivais alors pour moi-même des petits romans. Je tenais aussi un journal personnel, ça soulageait un peu mes souffrances. Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai écrit un véritable premier livre que je lui ai présenté. Il l’a publié, puis je lui ai dit que je voulais gagner ma vie en écrivant. Il m’a répondu de m’essayer du côté du roman fantastique en m’inspirant de la civilisation des Mayas.»

Maxime ne connaissait rien des Mayas, mais, en se documentant, il est tombé sur une information inspirante. «En l’an 615, dit-il, les Mayas s’étaient donnés comme roi un garçon âgé de 12 ans. Il a régné à cet âge sur un territoire correspondant au Mexique actuel. J’avais trouvé mon personnage. Il s’appelait Pakkal.»

Maxime Roussy admet que l’écriture représente énormément de travail pour lui. «Mais c’est vraiment palpitant, nuance-t-il. Je connais mes lecteurs. Je sais qu’ils n’ont pas beaucoup de temps. Ils sont sur Internet, ils s’amusent avec des jeux vidéo et sortent en gang. Alors, je leur dis: « Si vous me choisissez, c’est-à-dire si parmi toutes vos activités intéressantes, vous décidez de consacrer du temps à l’un de mes livres, soyez certains que vous allez y trouver beaucoup d’action, des univers aussi capotés que dans vos jeux vidéo et, en plus, vous allez développer votre imagination et réussir à mieux écrire. »»

Personne ne mérite de souffrir

Aujourd’hui, Maxime va beaucoup mieux. «Je sais cependant que je serai toujours fragile et que je dois faire attention.» A-t-il un conseil à transmettre en terminant? «Oui. Si tu vis des malaises comme les miens ne reste pas seul avec ça. Parles-en à quelqu’un en qui tu as confiance: un travailleur social, un psychologue à l’école ou appelle Phobies-Zéro. Donne un gros coup tout de suite. C’est ça le plus dur, te dégager, aller chercher de l’aide. Personne sur Terre ne mérite de souffrir. Personne. Il y a toujours une solution.»

Site Internet: http://www.phobies-zero.qc.ca

Ligne téléphonique de soutien: 514-276-3105

Phobies-Zéro

Phobies-Zéro est un groupe de soutien et d’entraide pour les personnes souffrant de troubles anxieux (anxiété, troubles anxieux, phobies, agoraphobie) et leurs proches. Sur la page Web de l’organisme, un volet thérapeutique et un volet informatif aident les internautes à décortiquer ces troubles et offrent des solutions. En guise d’encouragement, des gens aux prises avec des troubles anxieux racontent leurs victoires. Il y a aussi un volet jeunesse.

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Le Maire Tremblay, les bombes aérosols et les graffiteurs

Raymond Viger | Dossiers Politique, GraffitiVille de Montréal

Marcel Tremblay, le frère du Maire, vient de faire une demande au gouvernement du Québec; prohiber la vente de peintures aérosols au moins de 18 ans.

Ce n’est pas la première fois qu’on part en guerre contre les graffiteurs et qu’on avance ce genre d’action. En 1996, accompagné d’une quinzaine de graffiteurs, je m’étais insurgé contre la Ville de Montréal et son programme anti-graffiti. Heureusement, à l’époque, la Ville de Montréal a changé son fusil d’épaule. L’équipe de Pierre Bourque a nommé une fonctionnaire en charge du dossier prévention graffiti et lui a accordé un budget pour faire son travail. Et ce programme a bien réussi. Des murs autorisés ont été créés à travers la Ville, des animateurs en prévention graffiti ont pu être engagé pour offrir des moyens alternatifs aux jeunes… C’était l’époque où la Ville de Montréal était à l’écoute de ces citoyens et de ses jeunes, prenaient le temps de consulter, de se concerter et de trouver, en tant que bon père de famille, des idées originales et fonctionnelles. Les commerçants de la rue Ste-Catherine, avec des projets tel le Café-Graffiti avaient dénotés des baisses de 20% des tags et des graffitis lorsque les autres quartiers étaient en hausse.

En 2002, le vent tourne. L’équipe Tremblay entre au pouvoir. Fermeture du poste de la personne responsable graffiti et coupure du maigre budget qu’elle avait. Pour 5 millions d’octroyé en nettoyage, un maigre 150 000$ était alloué à la prévention.

Coupure de la relation entre les graffiteurs et la Ville de Montréal. Les murs autorisés ne sont plus entretenus, certains ont fermés. Avec une hausse des tags et des graffitis, c’est à ce moment que Marcel Tremblay fait sa demande pour interdire la vente de canettes de peinture au moins de 18 ans.

D’une part, si j’enlève les canettes aux graffiteurs, ils leurs restent encore des markers, des stickers, des porcelaine pour faire du scratchfiti, de l’acide… Les canettes ne sont qu’un outil utilisé par les jeunes pour accomplir des graffitis illégaux. Certains utilisent même de simples rouleaux et de la peinture en gallon pour faire leurs tags illégaux.

D’autre part, s’il est illégal pour un jeune d’acheter des canettes, risque-t-on de voir augmenter le vol de ces dites canettes?

Finalement, que faisons-nous de tous ces jeunes qui utilisent des canettes pour exercer un art sur des murs autorisés, des toiles…?

Dans une société, la répression est la dernière méthode d’intervention que nous devons utiliser pour vivre en harmonie. Nous devons offrir des moyens alternatifs, être à l’écoute de nos jeunes, les accompagner dans leur cheminement. Pour les 3% de rebelles puristes qui ne veulent pas utiliser des choix positifs pour eux et la société, la répression devient le dernier recours à utiliser.

Un règlement généraliste tel que voudrait voir appliquer l’équipe du Maire Tremblay est utopique et simpliste. C’est la recherche de la pilule miracle qui va guérir toutes les maladies au lieu de prescrire une psychothérapie.

Au fait, comment se fait-il que depuis l’arrivée de l’équipe Tremblay, il n’y a plus de concertation des principales vicitimes du graffiti? Comment se fait-il que plus personnes ne viennent rencontrer les graffiteurs et voir comment on peut vivre ensemble en harmonie dans nos quartiers?

Un jour, peut-être, certains politiciens comprendront qu’il faut arrêter de ne voir que des problèmes, mais prendre le temps d’écouter les être humains qui se cachent derrière. Mais pour cela il faudra que les politiciens sortent de leurs bureaux du centre-ville et daignent venir rencontrer le peuple.

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

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