Racisme et préjugés, rencontre avec un noir

Faire face à ses préjugés

Les Blacks sont tous les mêmes

Toutes les images que je me suis faites des blacks sont rarement, sinon très rarement, reluisantes.

Jean-Pierre Bellemare dossier Chroniques d’un prisonnier

black préjugésIl est vrai qu’au pénitencier nous n’avons accès qu’à la fine fleur de cette communauté. Sans discrimination, les blancs ne valent pas mieux au royaume de la racaille.

La plupart de ceux que j’ai côtoyés étaient des membres de gang, des proxénètes, tueurs, violeurs et j’en passe. Leur accoutrement, quoique quelque peu différent par les couleurs qu’ils aiment afficher (dont le rouge et le bleu), ne les distingue pas vraiment.

Le bling-bling qui consiste à flasher avec un maximum de bijoux rendrait fou un bijoutier en période de sevrage.

Depuis ma sortie, on m’a parlé d’un Black, un ami qui contrôlait le racket sur Ste-Catherine. Curieux, j’ai voulu le revoir dans son élément. Je l’ai manqué. J’ai fini par changer d’idée. Mon retour vers la bonne route ne me permet plus vraiment ce genre de contournements, duquel parfois, on ne revient pas.

Le Café Graffiti offre gracieusement des cours de rap ou de break dance, ce qui donne l’occasion à certains Blacks de montrer de quoi ils sont capables. Je fus impressionné, et je dirais même un peu gêné, par leur gentillesse. Au pénitencier, une gentillesse est une façon polie de préparer le gars à une raclée ou à un coup de poignard.

Voilà un peu comment ça se passe dans ma tête après une période aussi longue de séquestration méritée.

Pour ce 3ème Noël comme homme libre, je suis nouvellement fiancé à une femme asiatique d’une douceur enivrante et d’une bienveillance qui me laisse sans mot.

Elle s’occupe après l’office du dimanche de nourrir, écouter et supporter les itinérants autochtones les plus amochés du centre-ville. Je vais la marier parce qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Elle n’est pas retraitée, son travail en laboratoire (très exigeant et demandant) ne la freine pas dans son élan de générosité. Ses obligations familiales ne la ralentissent pas n’ont plu. Que dire… je l’aime pas pour rien.

Finalement ce Noël, nous avons été invités chez ses amis. Petit souper intime à l’Île-des-Sœurs avec un prof de McGill et quelques autres érudits en tous genres. Discrètement je me suis fait accepter grâce à mon humour proverbial. Parmi les invités: un Black…?

À l’Île-des-Sœurs, entouré d’une certaine élite intellectuelle… qui étais-je pour me permettre de lui jeter la pierre.

Durant la conversation, j’observais son accoutrement bling-bling: croix immense à la Tupac, camisole juste mais propre, des écouteurs constamment sur la tête et une sorte de regard distant, qui j’avoue, me titillait légèrement, jusqu’à ce qu’il prenne la parole. Il se plaignait d’être obligé de travailler comme assistant s’il voulait terminer son doctorat en biologie chimique ou quelque chose du genre.

Une véritable taloche intellectuelle, j’en prenais pour mon rhume. Ce gars, venu de je ne sais plus quel pays, se préparait à devenir père pour la 2ème fois et sacrifiait tout son temps en travail et en études pour subvenir aux besoins de sa famille.

J’ai vraiment eu honte de moi et au moment où je vous écris, j’en ressens encore un profond malaise. Je suis bien le premier à dire aux gens de laisser la chance au coureur. Laissez-vous surprendre et souvent d’agréables surprises vous attendent.

Que dire, je suis profondément honteux de juger encore aujourd’hui des personnes par leur accoutrement sans avoir pris le temps de les connaître. Je me suis senti indigne, mais ma capacité de résilience me permettra de m’en remettre assez vite. Je souhaite que 2015 apporte à tous cette lumière qui fait si bon de sentir lorsque l’on se sent piégé dans sa propre noirceur.

Mes respects à Bob Marley, Sydney Potier, Nelson Mandela, Martin Luther King et les milliers d’autres qui font grandir l’espoir.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais. 

    Magazine The Social Eyessocial-eyes-web

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    PK Subban et le racisme au hockey

    Journal de Montréal et Twitter

    Journalisme et réseaux sociaux

    Quel est notre responsabilité vis-à-vis cette violence?

    Raymond Viger Dossiers Conflit d’intérêtJournal de MontrealRacisme

    racisme pk subban défenseur canadiens de montréal propos racistes twitterDans son édition de samedi, le Journal de Montréal nous parle du racisme que subissent les joueurs de hockey Noirs dans la ligue Nationale.

    En gros caractère, le Journal de Montréal reprend et présente les propos racistes qu’a subi PK Subban. Le sens de l’article est de dénoncer ces gestes racistes. Cependant est-ce éthique et nécessaire de montrer les propos racistes?

    Ces commentaires disgracieux sont une forme de violence. En les reprenant, le Journal de Montréal ne devient-il pas tout aussi violent que ceux qui les ont mis en ligne sur Twitter? En les publiant ainsi et en leur donnant une telle visibilité, le Journal de Montréal n’encourage-t-il pas ces gens à continuer?

    Notre responsabilité sociale

    Quand on gère un blog nous sommes responsable non seulement de ce que nous publions mais aussi de tous les commentaires qui peuvent être publiés sur notre blog. Twitter n’a-t-il pas sa part de responsabilité envers une telle forme de violence? Twitter n’aurait-il pas le devoir de censurer rapidement de telles commentaires? Twitter ne devrait-il pas bannir et fermer les comptes des internautes qui se servent des médias sociaux pour lancer leur venin?

    Si en tant que société nous mettions nos culottes et réagissions contre ces formes de violence, celles-ci diminueraient. Un dicton présente bien la problématique: qui ne dit mot, consent.

    Dénonciation

    • Je suis contre le racisme et toute forme de violence, verbale, physique ou autre.
    • Je suis contre le journalisme qui publie inutilement ces violences et leur donne une visibilité.
    • Je suis contre les réseaux sociaux qui ne sont pas capables d’assumer leur responsabilité envers ces violences.
    • Je suis contre les internautes qui se servent des réseaux sociaux pour déverser une telle violence.
    • Je suis contre l’idée qu’au nom de la liberté d’expression nous ne puissions rien faire et que nous soyons obligé de subir et d’endurer de telles aberrations.

    Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

    Autres livres pouvant vous intéresser:

    Rencontre avec les jeunes représentants du Sommet

    Un bain d’enthousiasme et de bonne volonté

    Entrevue avec les quatre représentants du Sommet des jeunes, en août 2013: Fatima Diaby et Vincent Quintana de la France, ainsi que Judeisy de Léon et Ursy Ledrich du Québec.

    Normand Charest et Ginette Cyr-Charest     DOSSIER Médias, Politique, Jeunes

    À la question : « Pourquoi vous êtes-vous impliqués ? », Fatima répond : « Parce que nous avons réalisé que nous vivons la même chose au Québec et en France, en tant que jeunes, et que ce genre de réunion, de Sommet n’existe pas en France. » Judeisy ajoute : « Chaque jeune doit se trouver pour être bien dans sa peau. Et c’est en m’impliquant dans ce projet que j’ai découvert mon intérêt pour les implications sociales. J’ai compris que chaque petit geste compte, que les petites batailles font les grandes guerres. » Puis Vincent : « Ça prend quelqu’un pour commencer les changements, et cela entraîne les autres. C’est comme le berger à la tête du troupeau. » Ursy : « J’étais déjà impliqué dans un projet sur la place des Noirs. Et de là, j’ai réalisé que les jeunes des autres communautés, que tous les jeunes vivaient aussi des problèmes semblables. Les jeunes doivent s’investir dans des actions utiles à la société, et briser ainsi l’image de voyou qu’on nous renvoie trop souvent. »

    À la question du racisme, Ursy répond : « On a un peu enterré le passé, à ce propos, on ne veut plus tellement parler de la discrimination, mais les vieilles frustrations demeurent. » Les vieux stéréotypes reviennent facilement, en cas d’incompréhension, et il faut favoriser la communication entre les communautés, sinon chacun se cantonne dans ses préjugés. En France, nous dit-on, le profilage dans les demandes d’emploi est encore bien présent. On vous juge encore selon votre nom et selon votre lieu de résidence. Si vous avez un nom étranger et que vous habitez dans une cité (une banlieue « sensible »), vos opportunités d’emploi sont minces.

    Les jeunes voient-ils des solutions à ces problèmes ? 

    Selon Fatima : « Les politiciens doivent laisser de la place aux jeunes pour qu’ils agissent dès maintenant dans la société. » Judeisy : « Il faut encadrer les jeunes et leur faire comprendre que “Tu peux devenir ce que tu veux”, mais que tu dois travailler pour y arriver. » Vincent : « Il faut souligner l’importance de l’éducation pour y arriver, pour eux, et pour leur propre avenir. Tout le travail à faire est là. » Ursy : « Dans la région de Montréal, nous avons des Tables de concertation jeunesse, mais ce sont des adultes qui y agissent et les jeunes n’y sont pas représentés. On a refusé du financement pour notre tournée auprès des jeunes de la province, sous prétexte de dédoublement, alors que la tournée gouvernementale reprenait nos idées à nous et qu’elle n’allait pas vers toutes les classes sociales. »

    À la question « Comment voyez-vous votre relation avec les plus vieux ? », nous avons été surpris par le respect démontré dans les réponses. Ursy : « On doit le respect aux aînés. Mais ce respect doit être réciproque et sincère, il doit venir du cœur. Si c’est le cas, nous obéirons volontairement aux aînés, puisque ce sont eux qui ont l’expérience. » Judeisy : « Il faut que l’aîné ait de l’espoir en moi. »

    Les jeunes et la politique

    Notre admiration devant leur maturité et leurs ressources nous amène à leur demander s’ils ne souhaitent pas se lancer en politique. Ursy nous répond : « En tout cas, pas une politique de bas étage, une politique de magouilles (et tous acquiescent en même temps), et seulement si je peux y croire. » Vincent : « Dans mon cas, je ne crois à aucun parti existant. Ils sont tous les mêmes. Alors, je devrais former mon propre parti ! » Judeisy : « Je ne me vois pas dans un parti, mais en tout cas, je veux être militante à vie. »

    On leur demande : « Comment voyez-vous votre avenir ? » Et Fatima répond : « Je veux avancer dans la liberté d’expression, dans la liberté d’action. » Vincent : « Je veux aider les jeunes, comme ils n’ont pas beaucoup été aidés, et leur donner ce que nous n’avons pas eu. » Judeisy : « Je m’oriente vers l’humanitaire. En tout cas, je ne veux pas contribuer au capitalisme et à la production. » Ursy : « Je rêve tout haut : je voudrais aider les jeunes Africains, pour qu’ils connaissent leur passé et qu’ils sentent qu’ils ont quelque chose de positif à contribuer. »

    Que voulez-vous ajouter à des paroles aussi belles qu’authentiques ?

    Ces quatre jeunes seront aussi interviewés par Le Devoir, 24 Heures, TVA, Radio-Canada ainsi que d’autres médias. Et leurs amis les taquineront, en leur disant qu’ils sont maintenant devenus des vedettes. « C’est émouvant ! » nous dira Fatima.

    Autres textes sur Politique et Médias

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    Le mois de l’histoire des Noirs vu par un Noir

    Le mois de l’histoire des Noirs

    Rencontre avec Johnny Walker Bien-Aimé

    Johnny Walker Bien-Aimé travaille au Café Graffiti depuis 1997. D’abord professeur de danse hip-hop, il a par la suite suivi plusieurs formations qui lui ont permis de devenir l’intervenant fort apprécié que connaissent bien les habitués du café.

    Normand Charest Dossier Racisme

    haiti toiles exposition vernissage mois des noirsLors d’une première conversation, Johnny nous a fait part de ses réserves sur une certaine façon de parler du racisme ou du Mois de l’histoire des Noirs, ici à Montréal. C’est de manière fort sympathique et chaleureuse qu’il poursuit maintenant sa réflexion avec nous:

    «Est-ce bien utile de commémorer tous les côtés sombres du passé, de fêter les massacres? Ne devrions-nous pas tout oublier pour aller de l’avant?… Bien sûr, il faut connaître toutes ces choses, pour ne pas qu’elles se répètent. Mais, en même temps, on ne doit pas vivre que sur des souvenirs négatifs.»

    «Je respecte tous ceux qui se sont battus pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs, dans le passé. Aujourd’hui, la situation n’est plus la même pour notre génération, et cela crée un certain malaise», dit-il.

    «On se pose la question suivante: s’il y a un Mois des Noirs chez nous, ne devrions-nous pas aussi fêter l’histoire des autres ethnies? Il n’y a pas de Mois de l’histoire des Chinois ou des Juifs, par exemple.»

    En effet, n’y a-t-il pas une contradiction entre ces commémorations ethniques et le fait de vouloir être reconnus comme citoyens à part entière, dans notre société? On a souvent reproché aux nationalistes québécois d’utiliser un «nous» qui ne représentait que les «pures laines» d’origine française. On objectait, avec raison, qu’il ne pouvait y avoir deux classes de citoyens, quelle que soit notre origine.

    C’est pourquoi Johnny refuse de demander des subventions réservées aux minorités visibles (pour des écoles de danse). Il préfère agir dans un cadre plus large, non restrictif, qui inclut tous les citoyens du pays.

    D’un pays à l’autre

    La réflexion sur la pertinence de cet événement nous amène à réaliser que la situation n’est pas la même partout.

    Selon sa propre expérience, Johnny a pu constater que la ségrégation n’est pas la même aux États-Unis, en France ou au Québec. Et que, par le fait même, le Mois de l’histoire des Noirs  devrais prendre un sens différent à chacun de ces endroits.

    En Floride, par exemple, les Noirs, les Hispaniques et les Blancs forment des communautés bien séparées. Et les couples mixtes ne sont pas bien vus. Des Noirs ne peuvent pas se promener librement dans des communautés protégées de retraités Blancs même si ce sont des Noirs et des Hispaniques qui travaillent dans les résidences et que plusieurs des retraités soient des Québécois.

    Ségrégation

    haiti toiles exposition vernissage mois noirEn France, les banlieues des grandes villes sont presque exclusivement africaines et maghrébines. Dans le 10e arrondissement de Paris, un beau quartier, il se rappelle avoir été considéré comme un voyou, seulement parce qu’il était jeune et Noir.

    Mais, surprise, la dame qui l’avait traité de voyou, à Paris, était maghrébine. «C’est terrible de se nuire ainsi entre nous, Maghrébins et Africains», lui avait-il répondu, «avant même que les Blancs n’interviennent. Le fait d’imposer une image de voyou aux jeunes Noirs ne va pas les aider. Au contraire, c’est ce genre d’attitude qui les pousse au gangstérisme, parce qu’ils ne voient pas d’autres issues: toutes les portes leur étant fermées d’avance.»

    La ségrégation semble plus forte en France qu’ici. Le fait qu’elle commence déjà parmi les minorités est encore plus triste. Même les Noirs des plus hautes classes sociales peuvent bloquer ceux des cités. «Les Blancs n’ont même pas besoin d’intervenir», nous dit Johnny, à demi sérieusement.

    Modèles d’hommes Noirs positifs

    Nous avons touché la question de la pertinence et des différences entre les pays. Mais il nous reste à reconnaître que la question identitaire est importante pour chacun de nous. Et que cela apporte un côté positif à cette célébration.

    L’enfant noir, dans un pays de Blancs, est confronté à des modèles auxquels il ne ressemble pas. Il doit pouvoir en trouver qui conviennent à sa quête d’identité et à son estime de soi. Car chacun, quel qu’il soit, doit s’épanouir selon sa propre beauté et ses origines.

    Les enfants ont besoin de modèles positifs auxquels ils puissent ressembler. Si on leur en offre dans leur communauté, on les éloignera ainsi des gangs de rue vers lesquels ils pourraient avoir la tentation de se réfugier.

    Les modèles de Noirs ne doivent pas se limiter aux rappeurs, aux 50 cents, aux sportifs, aux danseurs, aux musiciens, nous dit Johnny. Nous devons tous réaliser (et les jeunes avec nous) que les Noirs peuvent être présents à tous les échelons de la société (comme c’est déjà souvent le cas), et non pas seulement dans les sports et les spectacles.

    Il y a là beaucoup d’éducation à faire, puisque les documents sur la contribution des Noirs à l’histoire commune ne sont pas très nombreux. Dans certains marchés haïtiens de Montréal, on trouve des affiches qui vont dans ce sens. Ces documents devraient être connus de tous.

    Sait-on qu’il y a eu des philosophes africains durant l’Antiquité? Connaît-on les inventeurs noirs, les hommes de science, les artistes, les très nombreux écrivains et poètes noirs?

    «Le footballeur français Lilian Thuram a écrit un livre formidable sur le sujet, qui porte le titre de Mes étoiles noires. Je le recommande à tous.

    Ce genre d’informations fournirait un merveilleux tremplin pour éduquer les enfants des diverses ethnies, et pour les éloigner de la fausse solution du gangstérisme», nous dit Johnny avec beaucoup de conviction.

    Un Noir chez les Amérindiens au 16e siècle

    On trouve aussi ce passage dans un récent livre de Serge Bouchard, C’était au temps des mammouths laineux (2012), à propos d’un Noir chez les Amérindiens au début du 16e siècle:

    haiti toiles exposition vernissage mois noirs«L’aventure espagnole en Amérique, c’est aussi Esteban, un Noir mahométan, originaire du Soudan, mais esclave en Égypte, capturé par les chrétiens espagnols en Méditerranée avant de rejoindre l’armada pour les Amériques, au service aveugle des conquistadores Narvaez et Coronado, explorateurs débridés, malheureux, Esteban qui survécut pendant une décennie dans des territoires inconnus, pieds nus entre Tallahassee et Santa Fe, passant pour un grand dieu noir aux yeux des Amérindiens, jusqu’à ce que ceux-ci, las de s’interroger, l’égorgent dans un pueblo zuñi, pour avoir séduit des vierges et offensé un chef.»

    Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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    Février, le mois de l’histoire des Noirs

    La recherche identitaire

    Negro History Week

    Depuis 2007 au Québec, le mois de février est consacré à la célébration de l’histoire des Noirs.

    Normand Charest     Dossier Mois des Noirs

    LOGO-NB-mois histoire des noirsLa première célébration de l’histoire des Noirs aux États-Unis, on la doit à un historien, le Dr C.G. Woodson (1875-1950) qui voulait combattre le racisme et les préjugés par l’éducation. C’était en 1926 et l’événement, la Negro History Week, ne durait qu’une semaine au départ. La semaine devint le Mois de l’histoire des Noirs en 1976. Un événement célébré maintenant partout en Amérique, mais aussi en Afrique et en France. Chez nous, la célébration de ce mois, en février, a été assurée par une loi québécoise en 2007 et par une loi canadienne en 2008.

    Pertinence et recherche identitaire

    Si les Noirs sont présents au Québec depuis les débuts de la colonie (malgré le fait que les livres d’histoire en aient si peu parlé), il faut constater que leur nombre s’est considérablement accru avec les vagues d’immigration successives dont l’arrivée des Jamaïcains puis la vague haïtienne plus nombreuse de la fin des années 1960 jusqu’aux arrivées plus récentes de l’Afrique.

    Contrairement à ce qui était le cas autrefois, on trouve maintenant des Noirs à tous les échelons de la société. Beaucoup sont des professionnels, des professeurs ou même des politiciens. On a connu au moins deux ministres Noirs au Québec, et même une gouverneure générale, représentante de la reine au Canada. Et parmi les nombreux auteurs reconnus, Dany Laferrière, lauréat du prix Médicis 2009. Dans ce cas, peut-on encore parler de racisme ou de ségrégation?

    Racisme et préjugés

    Il semble bien que tout ne soit pas rose partout. Car le profilage racial fait encore des victimes. Et le préjugé du jeune homme Noir considéré comme un voyou fait encore des ravages dans certains milieux.

    La pertinence du Mois de l’histoire des Noirs s’appuie aussi sur un deuxième point : la recherche identitaire. Est-ce que les modèles Noirs qu’on leur propose sont stéréotypés, comme celui du jeune homme sportif?

    Tous ceux qui viennent des Antilles ont perdu leur héritage africain. Ils ont adopté les langues des colonisateurs et le mode de vie européen. Et cela crée un malaise identitaire.

    Quatre artistes Haïtiens exposent au Café Graffiti: Solidarité Québec / Haiti

     Vernissage au Café Graffiti pour le mois de l’histoire des Noirs

    Haïti, 3 ans après le séisme. Sous le thème du mois de l’histoire des Noirs, un vernissage vendredi le 8 février à 15:00 hres. Une exposition internationale qui durera jusqu’à la fin février. Café Graffiti, 4237 Ste-Catherine est. (514) 259-6900. Informations: http://wp.me/pamM-7Nr.

    NB Les artistes Haïtiens ne pourront être présents, mais leurs oeuvres seront au rendez-vous.

    Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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    Profilage racial, gang de rue et les jeunes

    Police et gang de rue

    Préjugés de la police envers les jeunes Noirs?

    Une vingtaine de jeunes Noirs se retrouvent sur un trottoir dans Hochelaga-Maisonneuve un samedi vers 23 heures. La police s’inquiète et demande du renfort. Avons-nous affaire à un gang de rue?

    Raymond Viger   Dossier Intimidation 

    Samedi soir, c’est le spectacle de Rap présenté par le rapper Général au Café-Graffiti. Lorsque le spectacle se termine, les jeunes venus assistés partent par petits groupes vers le métro. Un de ces groupes est composé d’une vingtaine de jeunes Noirs. Joyeux d’avoir assisté à ce spectacle de rap, certains continuent de chanter.

    Une auto-patrouille ralentit et commence à les suivre. En peu de temps, une deuxième auto-patrouille arrive et fait de même. Une vingtaine de jeunes qui viennent de sortir d’un spectacle sans drogue et sans alcool au Café-Graffiti. Un spectacle qui s’est terminé à 23:00 heures. Est-ce normal de se faire escorter par 2 auto-patrouilles?

    Un peu avant cet incident, le théâtre Denise-Pelletier avait terminé la présentation d’une pièce de théâtre. Une salle de 900 personnes s’était vidé. Plusieurs groupes beaucoup plus imposants que nos 20 jeunes Noirs ont monopolisé les trottoirs d’Hochelaga-Maisonneuve. Pourtant aucune auto-patrouille ne les a escorté.

    Nous avons déjà eu une vingtaine de jeunes blancs qui quittaient le Café-Graffiti vers le métro et ce, à différentes heures du jour et de la nuit. Est-ce que 20 jeunes Noirs dans Hochelaga-Maisonneuve sont plus menaçants que 20 jeunes Blancs?

    Autres textes Intimidation 

    Rapport sur le profilage racial et ses conséquences

    Profilage racial chez les jeunes

    Racisme, sexisme et violence dans la pornographie et dans la societe

    L’habillement, les gangs de rue et le hip hop

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    Quand un homme accouche

    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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    Profilage racial chez les jeunes

    Racisme et brutalité policière

    Le visage caché de la diversité raciale

    Le profilage racial est une technique employée par les personnes d’autorité d’un groupe majoritaire et qui consiste à discriminer des individus sur le simple attribut physique comme leur couleur de peau ou de leurs origines ethniques.

    Alexandre Lévesque   Dossier Racisme , Égalité hommes-femmes

    Le profilage racial est un préjugé émis sur les comportements que peuvent avoir les individus provenant de groupes ethnoculturels. Ils sont alors victimes de discrimination et leur droit à l’égalité est menacé. Cette discrimination se concrétise par la demande d’identification, l’émission de contraventions, une arrestation injustifiée, la brutalité policière, des punitions, l’exclusion et ce, de manière disproportionnée par rapport aux autres individus de la société. Ces personnes sont souvent intégrées dans un processus de judiciarisation sans motif autre que leur appartenance ethnique.

    Personnes visées par le profilage racial

    Les jeunes d’origine ethnique sont souvent approchés par les policiers et ce n’est pas exclusivement les personnes provenant des milieux défavorisés. Par exemple, un jeune homme noir aisé au volant d’une voiture assez dispendieuse se fera intercepter pour vérifier s’il est le propriétaire du véhicule. Cette discrimination s’exerce à partir de stéréotypes. Les communautés qui en sont régulièrement victimes sont les Noirs, les Latino-Américains et, depuis le 11 septembre 2001, les Arabes. Nous les oublions souvent, mais les Autochtones sont depuis longtemps ciblés comme des trafiquants, des alcooliques et des drogués et ils subissent eux-aussi la répression policière et la discrimination.

    Comment se protéger contre le profilage racial ?

    D’abord, il faut connaître ses droits. Il faut prendre connaissance du code criminel, de ce que l’on doit faire lors d’une arrestation et des recours qui existent pour se défendre. Il est nécessaire de ne pas laisser sous silence ces comportements racistes. Les plaintes à la Commission de la déontologie policière aboutissent difficilement. Mais il est possible de susciter des questions sur la place publique. Déconstruire les préjugés demeure pour le Québec une perspective intéressante pour empêcher de perpétuer cette discrimination.

    Solutions et perspectives envisageables contre le profilage racial

    profilage-racial-consequences-discrimination-racisme-brutalite-policiereLa Commission de la Jeunesse et des droits de la personne a débuté à l’automne 2009, une enquête publique sur le profilage racial. De nombreuses personnes ont témoigné sur le profilage racial. Au printemps 2010, une audience publique a été organisé dans plusieurs régions québécoises pour permettre de faire avancer la réflexion sur le sujet et de permettre à la Commission de la Jeunesse et des droits de la personne de formuler des recommandations pour tenter d’éradiquer ce problème qui remet en question l’application réelle de la Charte des droits et libertés par les figures d’autorité dans la société québécoise.

    Pour se renseigner sur le profilage racial et sur nos droits civiques, il est suggéré de consulter le site Internet de la Commission de la Jeunesse et des droits de la personne. Il existe certainement des voies pour se sortir de ce fléau social et c’est en sensibilisant les jeunes que l’on peut parvenir à opter pour une nouvelle vision de société. En tant que jeunes, nous pouvons nous intégrer dans la société et jouer un rôle significatif pour réduire les inégalités sans plonger dans la criminalité ou dans la toxicomanie. Des ressources d’aide existent et, en plus, des personnes travaillent pour rapprocher les communautés au sein d’une même société.

    Les personnes d’autorité doivent fournir des efforts pour réduire leurs préjugés. Une formation est offerte par la Sûreté de la police de Montréal. Il faut aussi sévir contre les policiers qui outrepassent leur pouvoir en discriminant les jeunes des minorités. C’est en recherchant des outils pour mieux guider les policiers que l’on pourra mettre à la marge le profilage social.

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    Mise à jour 17 mai 2011: Débat en cours chez Jeanne Émard sur le rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse  qui a remis son rapport sur le profilage racial et ses conséquences.

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