Racisme et préjugés, rencontre avec un noir

Faire face à ses préjugés

Les Blacks sont tous les mêmes

Toutes les images que je me suis faites des blacks sont rarement, sinon très rarement, reluisantes.

Jean-Pierre Bellemare dossier Chroniques d’un prisonnier

black préjugésIl est vrai qu’au pénitencier nous n’avons accès qu’à la fine fleur de cette communauté. Sans discrimination, les blancs ne valent pas mieux au royaume de la racaille.

La plupart de ceux que j’ai côtoyés étaient des membres de gang, des proxénètes, tueurs, violeurs et j’en passe. Leur accoutrement, quoique quelque peu différent par les couleurs qu’ils aiment afficher (dont le rouge et le bleu), ne les distingue pas vraiment.

Le bling-bling qui consiste à flasher avec un maximum de bijoux rendrait fou un bijoutier en période de sevrage.

Depuis ma sortie, on m’a parlé d’un Black, un ami qui contrôlait le racket sur Ste-Catherine. Curieux, j’ai voulu le revoir dans son élément. Je l’ai manqué. J’ai fini par changer d’idée. Mon retour vers la bonne route ne me permet plus vraiment ce genre de contournements, duquel parfois, on ne revient pas.

Le Café Graffiti offre gracieusement des cours de rap ou de break dance, ce qui donne l’occasion à certains Blacks de montrer de quoi ils sont capables. Je fus impressionné, et je dirais même un peu gêné, par leur gentillesse. Au pénitencier, une gentillesse est une façon polie de préparer le gars à une raclée ou à un coup de poignard.

Voilà un peu comment ça se passe dans ma tête après une période aussi longue de séquestration méritée.

Pour ce 3ème Noël comme homme libre, je suis nouvellement fiancé à une femme asiatique d’une douceur enivrante et d’une bienveillance qui me laisse sans mot.

Elle s’occupe après l’office du dimanche de nourrir, écouter et supporter les itinérants autochtones les plus amochés du centre-ville. Je vais la marier parce qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Elle n’est pas retraitée, son travail en laboratoire (très exigeant et demandant) ne la freine pas dans son élan de générosité. Ses obligations familiales ne la ralentissent pas n’ont plu. Que dire… je l’aime pas pour rien.

Finalement ce Noël, nous avons été invités chez ses amis. Petit souper intime à l’Île-des-Sœurs avec un prof de McGill et quelques autres érudits en tous genres. Discrètement je me suis fait accepter grâce à mon humour proverbial. Parmi les invités: un Black…?

À l’Île-des-Sœurs, entouré d’une certaine élite intellectuelle… qui étais-je pour me permettre de lui jeter la pierre.

Durant la conversation, j’observais son accoutrement bling-bling: croix immense à la Tupac, camisole juste mais propre, des écouteurs constamment sur la tête et une sorte de regard distant, qui j’avoue, me titillait légèrement, jusqu’à ce qu’il prenne la parole. Il se plaignait d’être obligé de travailler comme assistant s’il voulait terminer son doctorat en biologie chimique ou quelque chose du genre.

Une véritable taloche intellectuelle, j’en prenais pour mon rhume. Ce gars, venu de je ne sais plus quel pays, se préparait à devenir père pour la 2ème fois et sacrifiait tout son temps en travail et en études pour subvenir aux besoins de sa famille.

J’ai vraiment eu honte de moi et au moment où je vous écris, j’en ressens encore un profond malaise. Je suis bien le premier à dire aux gens de laisser la chance au coureur. Laissez-vous surprendre et souvent d’agréables surprises vous attendent.

Que dire, je suis profondément honteux de juger encore aujourd’hui des personnes par leur accoutrement sans avoir pris le temps de les connaître. Je me suis senti indigne, mais ma capacité de résilience me permettra de m’en remettre assez vite. Je souhaite que 2015 apporte à tous cette lumière qui fait si bon de sentir lorsque l’on se sent piégé dans sa propre noirceur.

Mes respects à Bob Marley, Sydney Potier, Nelson Mandela, Martin Luther King et les milliers d’autres qui font grandir l’espoir.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D.

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais. 

    Magazine The Social Eyessocial-eyes-web

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Louise Harel traitée de raciste par un anglophone sur Twitter

    Louise Harel traité de raciste par un anglophone sur Twitter et Jack Layton suit ce Twitter!

    Raymond Viger       Dossier Internet

    Les élections municipales arrivent. Louise Harel fait son entrée sur la scène municipale. Il n’en fallait pas moins pour que Twitter commence à s’exciter.

    En 3 heures, un anglophone qui se fait appeler Stop Louise Harel, a mis en ligne 21 billets traitant Louise Harel de raciste, d’anglophobe et tout ce que vous voulez. Sur Twitter, il suit 400 personnes en espérant que ceux-ci iront lire ses billets. En peu de temps, 14 Twitteux ont décidé de le suivre. Est-ce que ces 14 personnes ont pris le temps de lire avant d’accepter de suivre ce twitteux? Est-ce que ces gens endossent la violence des propos de ce Twitter?

    Pas sûr. Pour certains, collectionner des suiveux sur Twitter, c’est comme collectionner des petits amis dans Facebook. Plus on en a, plus on se sent aimé, plus on se sent important, peu importe qui nous suit.

    Je vais faire une petite expérience et faire parvenir un message à ces 14 suiveux de Twitter pour savoir s’ils ont lu le message avant d’accepter de le suivre.

    Je vous tiens au courant des résultats dès que je reçois des réponses.

    Jack Layton embarque dans la course

    PS 3 juillet 09 19:00 heures: L’histoire se corse. Jack Layton avait été invité par le twitter de StopLouiseHarel. Jack Layton a accepté de suivre ce twitt! J’ai lancé un message à Jack Layton pour savoir s’il avait lu dans quoi il s’embarquait avant de répondre positivement à ce Twitt.

    PS 3 juillet 09 19:20 heures: première réponse reçu de DeaconBill: merci. I follow Quebec politics via Twitter and La Presse online since US press never mentions it. Will unfollow him on your suggestion.

    PS 3 juillet 09 20:20 heures: Cet événement sur Twitter arrive au même moment qu’un journaliste anglophone, Don MacPherson, publie un reportage après s’être déguisé en francophone. Renart L’Éveillé nous en présente les principales lignes tandi que Louis Préfontaine y va de ses commentaires.

    PS 4 juillet 9:30 heures: Réponse reçue de CancelDebtFast: Yes, this is an auto-responding message, I’m not trying to fool anyone…but mama always said…something is better than nothing!

    PS 10 juillet 21:30 heures: Jack Layton suit toujours le Twitter Stop Louise Harel et n’a toujours pas répondu à me demande s’il avait lu qui il suivait. Pourtant, il y a des messages écrit sur le Twitter de Jack Layton. Il écrit sur Twitter, mais ne lit pas les messages qu’on lui envoit et ne vérifie pas qui il suit. Vive Twitter!

    PUBLICITÉ

    show_image L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    Le livre, au coût de 19,95$ est disponible.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: www.refletdesociete.com
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Montréal-Nord: prévention gangs de rue ou épanouissement des jeunes?

    Dossier Montréal-Nord: prévention gangs de rue ou épanouissement des jeunes?

    Dossier Gang de rue

    On parle de violence à Montréal-Nord, de gangs de rue et d’émeutes. Comment doit-on regarder ces jeunes?

    Un jeune, qu’il soit à Montréal-Nord ou dans tout autre quartier, qu’il soit Blanc, Noir, Bazanné ou de toute autre couleur est-il un prospect pour un gang de rue, un artiste, un sportif ou un citoyen?

    Si je dérape avec mon automobile, pour reprendre ma route, on nous enseigne qu’il faut regarder là où je veux aller. Si je regarde la route, je risque fort de pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Si je regarde le fossé, c’est là que je vais terminer ma course.

    Est-ce que nous focalisons notre attention sur le problème ou sur ses solutions? Si je regarde chaque jeune en ayant peur qu’il soit membre d’un gang de rue, est-ce que je l’aide dans son épanouissement? Si je l’aide à définir ses besoins et que je le traite comme un citoyen à part entière, n’est-ce pas plus facile d’établir une relation significative avec lui?

    Si au lieu de voir un membre de gang de rue je voyais en lui un artiste, un sportif, un citoyen qui a des besoins. Si nos investissements sociaux, au lieu de mettre l’accent sur la prévention gang de rue, mettaient leurs énergies sur le développement artistique, sportif et social des jeunes? Si nos interventions se concentraient sur un espace citoyen à mettre à la disposition des jeunes?

    Les jeunes et Montréal-Nord

    Je rêve pour les jeunes de Montréal-Nord, non pas de voir débarquer une présence policière accrue, mais qu’émerge des bénévoles qui veulent s’impliquer comme entraîneur de boxe, soccer, baseball, ballon-panier… Que l’on puisse y avoir plus de terrains de jeux. Une nouvelle bibliothèque avec plus d’ordinateurs et de livres. Des studios de musique pour que les jeunes puissent enregistrer leur musique, des caméras pour les prêter aux jeunes et qu’ils réalisent des vidéo-clips, des documentaires… Des pinceaux, des canettes pour créer des murales… Chaque artiste, chaque sportif, chaque exemple positif qui provient d’un quartier devient un exemple positif à suivre pour la génération qui va suivre.

    Combien d’Anthony Kavanagh, Grégory Charles ou de Luck Mervil sommes-nous en train de tuer dans Montréal-Nord? Et qui sait, la prochaine Céline Dion ou un futur Premier Ministre? Un proverbe africain mentionne que ça prend un village pour élever un enfant. Quel village voulons-nous offrir aux jeunes de Montréal-Nord?

    Ce billet est le 3e du Dossier Montréal-Nord. Le premier billet fait la présentation de la réalisation d’un reportage sur les événements de Montréal-Nord qui ont amené à la mort de Freddy Alberto “Pipo” Villanueva. Le deuxième traite de l’habillement, culture Hip Hop et gang de rue. Le 4e traite du soutien à offrir à l’occasion de la présence de Kent Nagano dans Montréal-Nord. Le 5e billet est la présentation d’un clip du rappeur Général qui témoigne de ce qu’il a vécu à Montréal-Nord.

    Introduction Histoire des gangs de rue

    Autres textes sur Gang de rue

    PUBLICITÉshow_image

     L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    Le livre, au coût de 19,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: www.refletdesociete.com
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    L’habillement, les gangs de rue et le Hip Hop

    L’habillement, les gangs de rue et le Hip Hop

    Raymond Viger Dossier Montréal-Nord, 2e billet

    Une question a été lancée par Carole Beaulieu dans sa Lettre aux jeunes de Montréal-Nord dans son éditorial de L’actualité de septembre. Sur ce blogue, Martin Dufresne, dans notre dossier Montréal-Nord, a critiqué cette affirmation de Carole Beaulieu : « Pourquoi vous habillez-vous parfois comme de petits truands de Los Angeles si vous êtes de si gentils garçons? »

    Je connais plusieurs de ces jeunes. Certains sont des artistes de la culture Hip Hop : graffiteurs, break-dancers, rappeurs et DJ. D’autres sont membres de gang de rue. Quel est le rapport qu’ils entretiennent avec l’habillement?

    Je vais dépeindre quelques portraits de jeunes que j’ai rencontrés pour illustrer certaines de ces différences. Enfants d’immigrants, insécures, non scolarisés, habitant Montréal-Nord, Hochelaga-Maisonneuve ou tout autre quartier. Pour montrer qu’ils ont réussi, ils ont besoin de montrer tout leur attirail : bijoux, lunettes signés, linges exclusifs… Leur réussite, leur estime de soi passent par le nombre de carats qu’ils peuvent exhiber. Même de fausses dents en or font parti de leurs habits de sortie.

    Certains se paient tout cet artifice par des activités illicites telle que la drogue, la prostitution, le taxage ou encore différentes formes de fraude. D’autres sont des artistes et se font commanditer leurs apparats pour créer une mode. Parce que derrière tout ce linge et ces bijoux on retrouve des commerçants: habits, cravates et cheveux gris et qui font leur argent à mousser la tenue vestimentaire de tout ce beau monde.

    Finalement, il y a des blancs qui sont aussi des artistes et qui font parti du même milieu, de la même culture et chantent les même chansons. Mais ils n’ont pas besoin de bijoux pour sentir qu’ils ont réussi. Au contraire, un chanteur m’a confié qu’il a décidé de s’éloigner de ce type d’habillement parce que cela lui amenait trop de troubles, que l’habillement était devenu un stéréotype trop lourd à porter.

    Vous allez croiser un groupe de jeunes, tous habillés de la même façon. Le premier est membre d’un gang de rue, le second est un artiste, le troisième veut être un artiste mais se finance à partir d’un gang de rue pour montrer qu’il en est un et le dernier fait partie du fan club qui veut s’habiller comme ses idoles. Et ce dernier, il peut demeurer chez ses parents à Outremont, Westmount ou ailleurs. C’est peut-être votre fils qui ne cesse de vous harceler pour avoir ces vêtements griffés.

    Comme quoi l’habit ne fait pas le moine.

    Ce billet est le 2e du Dossier Montréal-Nord. La suite traite de la prévention gang de rue. Le premier billet fait la présentation de la réalisation d’un reportage sur les événements de Montréal-Nord qui ont amené à la mort de Freddy Alberto « Pipo » Villanueva. Le 4e traite du soutien à offrir à l’occasion de la présence de Kent Nagano dans Montréal-Nord. Le 5e billet est la présentation d’un clip du rappeur Général qui témoigne de ce qu’il a vécu à Montréal-Nord.

    Autres textes sur Montréal-Nord

    PUBLICITÉ

    cover_avril-mai08 Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
    Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Fredy Alberto “Pipo” Villanueva, Montréal-Nord, les gangs de rue et la brutalité policière

    Fredy Alberto “Pipo” Villanueva, Montréal-Nord, les gangs de rue et la brutalité policière

    Avant même que l’émeute ne se propagent dans Montréal-Nord, j’avais déjà reçu plusieurs demandes: “Est-ce que Reflet de Société va prendre position sur la mort de Freddy Villanueva?”

    Raymond Viger Dossier Montréal-Nord

    Plusieurs jeunes qui nous ont posé la question nous ont relaté des faits qui méritent de faire un reportage. Nous avons mandaté un journaliste pour les rencontrer et débuter l’histoire écrite de Montréal-Nord et de ces jeunes. Un autre journaliste va tenter de faire un documentaire sur cette histoire. Présentement, nous en sommes à évaluer la possibilité d’entrer une caméra dans l’intimité de ce que les jeunes vivent à Montréal-Nord pour les entrevues sans que les personnes concernées ne soient intimidées ou dérangées par celle-ci.

    Donc, à la question posée, oui, nous allons faire un reportage sur les événements qui ont provoqué la mort de Freddy “Pipo” Villanueva. Nous ne pourrons pas parler de Montréal-Nord sans parler des gangs de rue. Nous avons déjà fait un reportage sur la genèse des gangs de rue, le défi des gangs de rue et les filles dans les gangs de rue. J’ai aussi fait un billet sur la responsabilité des médias lorsque nous avons eu à désarmer des jeunes à l’école Henri-Bourassa. Ces reportages seront actualisés à la lumière des nouveaux témoignages que nous recevront.

    D’un côté, nous sommes un bimestriel. En publiant aux 2 mois, il est difficile de publier l’actualité des événements régulièrement. Cela  ne fait pas parti de notre mission. D’un autre côté, nous ne voulons pas nous limiter aux seuls événements. Nous nous devons d’aborder le sujet avec un certain recul pour nous permettre de connaître les racines du malaise, les pistes de solution et les perspectives d’avenir.

    Nous avons décidé de présenter le “making of” du reportage, les témoignages et notre démarche dans ce blogue. Vous aurez l’opportunité d’être les témoins du reportage. Nous vous invitons à laisser vos commentaires sur les événements de Montréal-Nord, la mort de Freddy “Pipo” Villanueva et les gangs de rue. Ceux-ci pourront influencer notre démarche. Vous aurez ainsi l’occasion d’être un acteur de ce reportage.

    De plus, nous vous proposons de laisser des liens vers des sites ou des blogues qui ont parlé du sujet. Ceux que vous avez aimé et aussi, ceux que vous n’avez pas aimé. Dites-nous pourquoi, cela nous aidera tous dans notre réflexion.

    Au plaisir de vous lire. Je me ferais un devoir de vous répondre.

    Ce billet est le 1er du dossier Montréal-Nord. Le 2e billet porte sur L’habillement, les gangs de rue et le Hip Hop. Le 3e porte sur la prévention gang de rue. Le 4e traite du soutien à offrir à l’occasion de la présence de Kent Nagano dans Montréal-Nord. Le 5e billet est la présentation d’un clip du rappeur Général qui témoigne de ce qu’il a vécu à Montréal-Nord.

    Autres textes sur Montréal-Nord

    PUBLICITÉ

    CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

    cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniers CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

    Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
    Par Internet: http://www.editionstnt.com/Musique-hiphop-rap.html

    Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    Être mulâtre, le meilleur des deux mondes?

    Être mulâtre, le meilleur des deux mondes?

    Raymond Viger      Dossier Racisme

    Si j’avais été Blanc ou Noir, je n’aurais pas pu vivre toutes les expériences que j’ai vécues. Au Québec, on me considérait comme un Noir et j’y ai vécu du racisme. Quand j’ai été en Guinée, le pays de mon père, on m’a traité comme si j’étais un Blanc et j’y ai vécu de la ségrégation.

    Né à Montréal, d’une mère Française et d’un père Guinéen, je possède trois cultures. Aujourd’hui je peux dire que cela m’a enrichi. Ayant résidé dans un quartier multiculturel et ayant fait mon primaire dans une école consistant en une majorité d’immigrants, je n’ai pas eu de problèmes à cet âge. J’ai été perçu comme un latino. Mes amis latinos voulaient même m’apprendre l’espagnol.

    Le début du racisme

    J’ai vécu mes premières expériences de racisme vers l’âge de 7 ans dans un camp de vacances. Parce que ces camps coûtent cher, j’étais, à ce que je me souvienne, le seul mulâtre et le seul Noir. Me faire traiter de nègre par les autres enfants, me faire dire qu’un Noir ne peut coucher à certains endroits, que je ne pouvais pas avoir de chips ou de friandises, que tout cela est réservé aux Blancs…Je ne comprenais pas la discrimination. Moi qui ne faisais pas de différence dans les couleurs de notre peau.. J’ai voulu quitter ce camp de vacances qui était devenu une sorte de prison. Je suis resté et j’ai tenté de m’intégrer. J’ai réussi en me tenant avec les plus délinquants du groupe, en montrant que je pouvais être uni avec eux contre l’autorité et que j’avais les mêmes intérêts qu’eux.

    Au secondaire, j’ai été dans une école privée. Il n’y avait pas beaucoup d’ethnies présentes et j’y ai encore vécu du racisme. Malgré que ce soit une école privée, il y avait quelques skinheads très racistes. Pour mieux se cacher tout en s’identifiant,comme uniforme, certains portaient des lacets de couleur. Je n’étais plus juste un nègre, mais j’étais rendu un ostie de nègre… Je n’acceptais pas la situation. Je les ai confrontés. Cette période a été plus agressive.

    L’humour et le racisme

    Même avec certains de mes amis, il y avait beaucoup de blagues sur la couleur de ma peau. Cela n’était pas fait méchamment, mais ça me gossait. Je ne comprenais pas pourquoi on faisait tant de cas avec la couleur de ma peau, surtout de la part de mes amis. J’ai fini par moins y porter attention. J’ai développé de la patience, de la tolérance. Ça m’a permis de m’identifier comme Noir. J’ai pris le temps de rencontrer ces gens, de leur dire ce que je n’aimais pas. Tranquillement j’ai gagné le respect que je méritais.

    Plus tard, j’ai revu des gens qui ont été avec moi dans le camp de vacances. Je crois que j’ai réussi à changer leur perception. Naturellement, avec le temps. L’amitié crée des liens qui nous aident à passer par-dessus nos différences.

    Être mulatre en Afrique

    Par la suite, j’ai fait un voyage de plusieurs mois dans la famille de mon père en Guinée. J’ai été traité de Blanc. Cette expérience a raffermi mon côté blanc. Cela m’a fait découvrir le Blanc qui dormait en moi. Cela m’a fait réaliser que la perception des gens autour de moi variait selon leur degré d’ignorance ou de compréhension. Après un moment, j’ai donc accepté que l’on me traite de Blanc. Ce qui n’était pas complétement faux et vice versa. J’ai pu y découvrir mes deux polarités et développer une fierté d’avoir ces deux cultures en moi.

    Je n’ai pu changer la situation en Guinée. J’étais le seul mulâtre. Pour eux, c’était nouveau. Quand tu es un Blanc, tu as de l’argent. Tu paies plus cher au marché. Il y a un prix pour les Blancs et un prix pour les Noirs. En réalité, il y a un prix pour les étrangers et un autre pour les habitants de la place. Même pour ma famille, j’étais considéré comme un riche Blanc et j’en ai payé le prix. Plusieurs ont apprécié mon retour dans le pays de mes origines, mais je ne pouvais avoir confiance qu’à quelques personnes de ma famille.

    Le mélange des cultures

    Je n’ai pas souffert de ces expériences. J’ai pris le temps de réfléchir sur la condition humaine, d’en parler avec mon père et quelques amis de confiance. Malgré la frustration qui m’habitait, j’ai développé une meilleure compréhension. Après tout, ce n’est pas de leur faute, ils n’ont pas vu autre chose. Pour les Guinéens, un Occidental c’est quelqu’un qui peut avoir de l’argent comme il veut. Tu peux tout avoir. Des jobs, il y en a à la tonne. Tu es perçu comme une personne ayant eu la vie facile et que tout lui est accessible.

    Aujourd’hui je viens de commencer un travail comme intervenant de rue auprès de jeunes marginalisés. Si dans une rencontre, il y avait un mulâtre qui se faisait taquiner par un Blanc, je questionnerais ce jeune. Pourquoi dis-tu cela? J’essayerais de lui faire vivre la situation contraire. Si tu étais le seul Blanc avec 8 mulâtres, aimerais-tu te faire traiter de Blanc, qu’on insiste sur ta différence? Je tenterais de lui faire réaliser, de lui faire vivre l’expérience. Je tenterais aussi de cerner l’origine de ses propos. Ma blonde m’a laissé pour un Noir…Ce n’est pas après les Noirs que tu en as, mais après un homme qui a volé ta blonde. Il aurait pu être blanc, noir, jaune ou mauve. Tu es triste d’avoir perdu ta blonde. Cette souffrance tu la retournes envers tous les Noirs.

    En ce qui concerne le mulâtre qui a subi ce racisme, dans le non verbal, je resterais disponible à lui. Une ouverture d’esprit, une présence qui lui permettra de m’en parler quand il sera prêt. Une ouverture dans l’attitude. Je n’ai pas à le victimiser plus qu’il ne l’est déjà.

    Au Québec, un racisme hypocrite

    Au Québec, le racisme est plus caché que dans certains pays d’Europe ou d’Afrique. Je dirais que le racisme est moins évident, mais plus hypocrite. Ce n’est pas tout le monde qui le réalise, mais même tes amis peuvent l’être, parfois sans s’en rendre compte.

    En me voyant, j’ai vu des gens changer leur sacoche de côté. Ils avaient peur que je les vole. D’autres me dévisageait ou tournait le regard… Certaines régions du Québec m’ont fait vivre des situations de racisme plus fortes qu’à Montréal. Même pendant la St-Jean Baptiste. Peut-être ne comprenaient-ils pas qu’un ostie de Nègre pouvait fêter la St-Jean Baptiste comme un Québécois pur laine?

    Je suis né à Montréal. Je suis très Québécois. Un Québécois pur laine. Une mère Française et catholique, un père Guinéen et musulman. Je suis un Québécois, avec son accent très québécois, un Québécois mulâtre et fier de l’être.

    Autres textes sur Racisme

    Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

    Merci de votre soutien.

    Abonnement au magazine Reflet de Société

    magazine revue journal édition journalisme presse écrite communautaireInternet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

    Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

    • Le citoyen est au cœur de notre mission
    • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
    • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
    • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
    • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

    Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

    %d blogueurs aiment cette page :