Des enfants animateurs radios

Radio-Enfants dans une école près de chez vous

Défi en direct

Des enfants sont assis autour d’une table ronde. Des micros sont suspendus devant eux. Le réalisateur donne le signal. 3, 2, 1, L’émission peut commencer «Bienvenue sur les ondes de Radio-Enfants!»

Gabriel Alexandre Gosselin Dossier Culture, Média.

radio-enfant-radio-centre-ville-mediaMercredi matin, Montréal. Un groupe d’élèves de 8 à 12 ans envahit la bibliothèque du quartier. Après installation du matériel radiophonique, ils se placent devant les micros. 9h tapant, c’est l’heure!: après 6 semaines intensives de préparation, ils se confient enfin aux oreilles de la métropole.

Chaque année, 18 classes de 18 écoles différentes participent au projet Radio-Enfants, une initiative de Radio Centre-Ville, du Programme de soutien à l’école montréalaise et en collaboration avec les bibliothèques de quartier. Les établissements sélectionnés proviennent de milieux défavorisés. Les élèves ont souvent le français comme langue seconde.

L’objectif: une émission de 2 heures en direct sur les ondes du média communautaire. Un défi de taille qui signifie beaucoup pour des jeunes de 8 à 12 ans. Le jour de l’émission, on les sent fébriles dès leur arrivée sur les lieux de l’enregistrement: «C’est vrai que c’est un peu énervant d’être en direct, mais c’est très amusant», raconte Laurie-Simon, 9 ans, qui, avec entrain, se débrouille très bien au micro.

100 % enfant

radio-enfant-radio-centre-ville-mediaRadio-Enfants ne constitue pas uniquement une tribune pour ces jeunes. C’est aussi une plateforme éducative enrichissante pour eux. Ils élaborent l’émission de A à Z: «C’est nous qui avons décidé ensemble du sujet. Ensuite, nous avons fait les recherches, écrit les textes, choisi la musique et développé les particularités de notre émission», explique Alex, 9 ans. Certains optent pour la simplicité, d’autres ajoutent un scénario, voire un roman-théâtre, comme à l’époque! «Tout ça nous pousse à nous forcer et à travailler ensemble», ajoute Giuseppe, 9 ans également. Un travail d’équipe où tous prennent la parole chacun à sa façon.

L’étape suivante: la mise en ondes. La compréhension du média est un autre aspect marquant de l’expérience. «Ils découvrent l’univers de la radio. Ça leur permet de décoller de la télévision et de voir autre chose», croit Coralie Dumoulin, réalisatrice de Radio-Enfants. En plus d’avoir à assimiler les aspects techniques nécessaires au bon déroulement de leur émission, chaque enfant tient un rôle et doit l’assumer: animateur, chroniqueur ou technicien à la console.

Abdessamad, lui, a obtenu le poste d’animateur, un contrat qui lui va à merveille: «J’ai toujours voulu avoir la grosse part du gâteau», affirme-t-il, sûr de lui. Il a travaillé ses textes avec ses parents et les a récités devant le miroir, «comme le coordonnateur Marc nous avait dit de le faire. Je suis heureux et fier de mon travail» raconte-t-il alors que sa tâche est accomplie.

La fierté, c’est ce qui anime les jeunes. Carol Tremblay, père de Marie-Ève, l’a vite remarqué: «Le fait de passer en direct donne un sentiment de fierté. Ma fille a consacré beaucoup d’efforts pour cette émission, ça lui tenait à cœur. Ça va avoir un impact sur elle. On ne sait pas quel impact exactement, mais on sait qu’il est positif.»

Pour écouter les jeunes sur les ondes de Radio-Enfants, syntonisez le 102.3 tous les mercredis matin, 9h. L’émission est archivée pendant une semaine sur le site http://www.radiocentreville.com/pages/rae4.htm.

Dans la langue de Molière, s.v.p.!

radio-enfant-radio-centre-ville-media-journalismePlusieurs des groupes qui participent au projet Radio-Enfants ont souvent le français comme langue seconde et ne le parlent pas à la maison. Mais pas question de réduire la qualité du message pour autant.

Catherine Desjardins, une enseignante dont le groupe multiethnique vient de terminer son émission sur l’environnement, reconnaît les acquis éducatif et culturel qu’un tel événement peut procurer à ses jeunes: «Dans leur émission, les enfants utilisent un langage plus avancé que celui qu’ils emploient en classe ou dans la cour d’école. Ça les force à employer des mots qu’ils n’ont jamais utilisés», mentionne-t-elle.

À titre d’exemple, Hosan, 8 ans, d’origine iranienne, est au Québec depuis 3 ans. «Elle avait peine à lire 2 mots sans trébucher en début d’année et surtout pas avec une intonation propre à la radio!», note son enseignant. Elle apprend présentement le français dans un groupe d’immersion. Les élèves de sa classe communiquent surtout en anglais, une façon d’échanger plus évidente pour la majorité d’entre eux.

Le jour de la mise en ondes de son groupe, elle surprend son enseignant. Elle s’exprime presque naturellement dans la langue de Molière. «La motivation, c’est fou ce que ça peut faire, et parfois d’élèves dont tu t’y attends le moins», s’étonne son professeur. Très à l’aise, Hosan ne cesse de rire au creux de sa main lorsque du bruitage survient dans l’émission ou encore quand un comparse fait une petite erreur.

Mélomanes en herbe

À Radio Centre-Ville, la musique francophone fait également figure de proue. Radio-Enfants n’échappe pas à cette particularité du média communautaire montréalais. «Les enfants ne connaissent souvent pas très bien la musique francophone. Pour l’émission, ils sont poussés à rechercher uniquement dans ce registre et ainsi à s’ouvrir à autre chose que la pop américaine, croit Coralie Dumoulin. Au début, ils ne savent pas vraiment où chercher, mais ils finissent toujours par trouver ce dont ils ont besoin.» Un pari réussi sur tout la ligne pour Radio-Enfants et la langue française.

Site Internet de Radio Centre-Ville.

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Radio enfant à Radio Centre-Ville

Des enfants animateurs de radio

Et les grands dans tout ça?

Gabriel Alexandre Gosselin   Dossier Culture, Média.

radio-enfant-radio-centre-ville-mediaDes enfants préparent eux-mêmes une émission de radio. L’appui et l’engagement de professionnels est primordial dans un tel projet. À Radio-Enfants, des adultes se donnent corps et âme à l’accomplissement des émissions. Coup d’œil sur l’implication de ces «grands» dans une activité 100 % enfants!

Radio Centre-Ville diffuse chaque mercredi l’émission Radio-Enfants. Mais là ne s’arrête pas les efforts du média communautaire pour venir en aide aux jeunes. 4 employés de la chaîne se sont portés volontaires pour soutenir les groupes scolaires dans la préparation et la mise en ondes de leur plage horaire.

Tout comme les jeunes dans le projet, chacun de ces adultes tient un rôle. Marc De Roussan est coordonnateur et chef de file. Sur place à chaque diffusion, il s’assure que tout se déroule dans les règles de l’art radiophonique. Décontracté, il encourage et conseille les jeunes qui sont aux micros: «Je prends ça cool, parce que si j’étais stressé, ce serait encore plus énervant pour ces enfants qui passent en ondes en direct», explique-t-il avant que le technicien lance l’appel au silence.

Coralie Dumoulin et Rodrigo Ortega, quant à eux, assument la réalisation. En plus de coordonner les activités le jour de l’émission, ils se déplacent dans les écoles pendant 6 semaines avant la mise en ondes, à raison de 2 heures par semaine. Ils préparent avec les enfants le contenu de leur émission ainsi que son déroulement et les initient aux réalités de la radio. «Il reste que c’est toujours eux qui mettent l’ambiance et leur touche personnelle», tient à préciser Coralie Dumoulin, enthousiaste de participer à sa première expérience à Radio-Enfants cette année.

Miguel Greco, de son côté, se trouve à la console. Il assiste le jeune attitré au poste de technicien sonore. Un gros contrat puisque l’enfant n’a jamais eu affaire à unradio-enfant-radio-centre-ville-mediae machine munie d’autant de boutons. Miguel doit donc s’assurer d’avance que ce jeune est à l’aise avec la technique de la console et qu’il comprend l’importance de la coordination que son rôle comporte.

Outre Radio Centre-Ville, les enseignants jouent un rôle important dans la préparation du projet. Bien avant l’émission, ils accompagnent quotidiennement leurs jeunes en les dirigeant dans leurs choix rédactionnels. Catherine Desjardins, professeure à Victor-Rousseleau, note les avantages d’une telle implication: «c’est sûr que ça me rapproche de mes élèves. C’est en plus un soulagement et une fierté pour eux de mener tout ça à terme, ici, aujourd’hui!», s’exclame-t-elle, presque à bout de souffle après avoir longuement soutenu sa classe dans ce projet.

Site Internet de Radio Centre-Ville.

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Une radio en prison, Souverains Anonymes

Bienvenue aux Souverains Anonymes

Une nouvelle page pour «les hommes de passage»

Selon Mohamed Lofti, le créateur et l’animateur de Souverains Anonymes, l’émission est «une démarche d’ouverture des personnes incarcérées à la communauté». L’émission de radio Souverains Anonymes, créée en 1990, a la particularité d’être enregistrée à la prison de Bordeaux et de donner la parole à des détenus qui y purgent une peine.

Martin Ouellet   Dossiers Chroniques d’un prisonnier, Communautaire, Média

L’émission est retransmise non seulement en ses murs, mais également sur les ondes de CIBL, CKRL et Radio Centre-Ville. Souverains Anonymes, c’est donc une fenêtre où communiquent le monde carcéral et le monde extérieur.

C’est également une façon pour les détenus de s’évader par la poésie, la musique, le pouvoir libérateur de la parole. En plus, ils ont l’occasion de recevoir la visite d’invités spéciaux, chaque semaine, des artistes pour la plupart, mais aussi des ministres, des athlètes, des scientifiques, etc. Ainsi réunis, prisonniers et visiteurs philosophent, créent, rêvent, devenant ainsi des Souverains, le temps d’une émission…

Une radio pour la prison de Bordeaux

À ce jour, plus de 7000 détenus de Bordeaux ont pris la parole devant le micro et plus de 350 invités ont vécu cette expérience unique. À chaque numéro, le Journal de la Rue vous présentera de nouveaux poèmes de Souverains Anonymes, vous ouvrant ainsi une fenêtre sur leur réalité mais aussi sur leurs rêves et leur créativité. Nous rencontrerons également des invités qui ont participé à Souverains Anonymes pour qu’ils témoignent de leurs souvenirs auprès de ces «hommes de passage»…

Pour en connaître davantage sur Souverains Anonymes, consultez ces différentes sources d’information: Évidemment, l’émission de radio Souverains Anonymes, diffusée à CIBL (101,5 FM) les jeudis à 18h, à CKRL (89,1 FM) les vendredis à 9h, ainsi qu’à Radio Centre-ville, (CINQ FM 102,3) les mardis à 15h.

Site internet des Souverains Anonymes

Libre à vous, un album de chansons enregistré à Bordeaux d’après les textes de détenus avec la participation d’une cinquantaine d’artistes et musiciens. Documentaire Des hommes de passage, réalisé par Bruno Boulianne, distribué par l’ONF.

Littérature des Souverains Anonymes:

Jean-Pierre Lizotte

Je suis fatigué et las d’être ici. J’y ai passé une partie de ma vie. Je n’ai plus rien à apprendre. Quoique, j’ai de nombreuses choses à te faire comprendre! Ça va faire 8 ans que je suis à Bordeaux. Si je suis en train d’y laisser ma peau! Alors, je scierai mes propres barreaux. Pour connaître le renouveau. J’ai tout donné. Pour me faire apprécier et aimer. Maintenant, je suis très respecté. Je n’ai plus rien à prouver. J’ai tellement vu de détenus au téléphone bleu. Dire à leur blonde adieu. J’ai vu la vraie misère noire. Ce n’est pas beau à voir. J’ai vu des détenus se couper les veines. Ils avaient trop de misère et de peines. J’ai moi-même coupé les miennes. Alors, pense au futur, aux tiennes. Je suis fatigué et las d’être ici. J’y ai passé une partie de ma vie. Je n’ai plus rien à apprendre. Quoique, j’ai de nombreuse choses à te faire comprendre!

L’homme caché

Jean-Paul Catellier

J’ai peur lorsque, parfois je vois cet homme caché au fond de moi. Mais où se cache t-il ? Je ne le saurai jamais. Soudain, après quelques bières, le voilà qu’il apparaît. Lorsque, petit à petit j’accélère la cadence. Bière après bière, rien n’a plus d’importance. Mon cerveau s’enivre et tout à coup, pris de rage. L’homme caché fait le beau temps et l’orage. Est-ce que les gens le savent? Peuvent-ils le voir? Cet homme caché en moi, est-il mon miroir? Lorsque la nuit se transforme graduellement en lumière. L’homme caché se calme et disparaît dans son univers. Soudain le matin, pensant à sa femme et à tous ses problèmes. Il a la tête pris dans l’étau et la voix qui hurle des blasphèmes. De nouveau, l’homme sombre. Il fuit, il a peur de son ombre. Où est-il passé? Je ne sais guère? Est-il encore en moi? Ou perdu à jamais derrière ces barreaux de fer?

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benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
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