Premières nations et justice

Pouvoir judiciaire des autochtones

Les comités de justice

Notre système judiciaire classe les personnes par catégorie: victimes et agresseurs. Mais bien souvent, la réalité n’est pas aussi simple. Si l’on observe le passé des contrevenants, des troubles peuvent s’ajouter. Les agresseurs ont pu être des victimes, et la victime d’aujourd’hui peut être l’agresseur de demain. Autant de mélange et de marasme dans une société qui aime l’ordre et le rangement.

Delphine Caubet dossiers CriminalitéAutochtoneJustice.

Ministère justice collaboration autochtone indiens réservesMais pour les autochtones, la justice prend un autre sens. Alors doucement, certaines communautés tentent de travailler avec les instances officielles pour adapter la justice à leur réalité.

La conception de la justice entre autochtones et allochtones est différente, comme l’explique Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal.

Au Québec, on a une justice punitive, avec une approche contradictoire, basée sur le modèle défense/accusation, et «ça n’a pas de sens», ajoute la professeure.
Au contraire, les autochtones mettent l’accent sur la responsabilisation et la guérison. Il est difficile de généraliser pour l’ensemble des communautés, certaines ayant une conception de la justice plus intransigeante que d’autres. Mais un point commun émerge: nombre d’entre elles émettent le souhait d’assister le système judiciaire.

Vision de la justice

Les comités de justice sont conçus en complément du système judiciaire traditionnel. Ils ne le remplacent pas. Car punir un crime n’est pas suffisant, il faut observer le contrevenant comme une personne, et comprendre comment il a pu en arriver là.

Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, donne l’exemple d’un homme passant devant les tribunaux pour agression. Sa famille n’était pas présente, et lui-même n’avait pas conscience du pourquoi de ses actes. Grâce au rapport Gladue (rapport destiné à éclairer la cour sur l’individu et son passé), il a été dévoilé que le contrevenant fut victime d’agressions sexuelles par le passé. Une simple détention ne résoudrait donc pas son problème.

Philosophie

Les comités de justice ont une approche réparatrice, et la discussion avec la victime et le prévenu y est très importante. Le contrevenant doit accepter la responsabilité de ses actes et réparer ses méfaits.

Pendant les séances, la victime et le contrevenant émettent des solutions et besoins pour résoudre ce conflit. Le comité de justice fait par la suite des recommandations au juge quant à la sanction à donner.
L’idée est de déjudiciariser les autochtones pour les infractions mineures ou d’accompagner le système judiciaire et le prévenu lorsque l’incarcération est inévitable. Les sanctions substitutives font partie des mesures que peuvent recommander les comités de justice.

Infractions

Mais tous les contrevenants ne peuvent pas éviter la détention. Pour les infractions mineures (moins de 5 000$, vol…) l’autochtone est guidé vers la déjudiciarisation. Le juge abandonne les accusations contre des mesures de rechange.

Mais lors de crimes sévères, les comités de justice font des recommandations, tandis que l’avocat du contrevenant peut demander un rapport Gladue pour éclairer la situation de son client, particulièrement s’il a de lourds antécédents.

Cris

Chez les Cris, les comités de justice sont répandus. Actuellement, 9 communautés ont des comités. Donald Nicholls, directeur du Département des services juridique et correctionnel du Grand conseil Cri, explique que la communauté choisit les membres qui représentent le mieux ses valeurs et ses normes pour siéger au conseil, où des formations leur sont offertes. Après quoi, ils peuvent travailler sur des cas de leur communauté.
Les comités de justice veillent à ce que la cour tienne compte de l’Histoire des autochtones. Par le passé, les Cris ont connu des problèmes de violence domestique. Mais d’après Donald Nicholls, grâce aux comités de justice et le panel de services qu’ils offrent, ils arrivent à résoudre eux-mêmes ces problèmes.

Travail d’équipe

D’après Jacques Prégent, du Bureau des affaires autochtones du Québec au Ministère de la Justice, toutes les communautés pourraient développer des comités de justice. Mais en pratique moins de la moitié l’ont fait. Environ 20 communautés sur 54, sans représentation homogène selon les peuples.

Les Innus, par exemple, n’ont pas mis en place de tels comités. Car il faut une volonté de la communauté, explique Jacques Prégent. Peu de ressources sont disponibles, et il faut de bons candidats sur place pour les mettre sur pied. Si tout le monde peut faire partie de ces comités, ils ne doivent en aucun cas devenir politiques.
En plus de candidats, les comités de justice ont besoin de fonds. Comme l’explique Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et de soutien aux communautés autochtones), le fédéral n’a pas augmenté le financement depuis plusieurs années. Donc, même si de nouveaux comités voudraient se former, ils n’obtiendraient que peu ou pas de financement du gouvernement fédéral.

Dernier point pouvant expliquer que moins de la moitié des communautés aient des comités de justice: l’ordre des priorités.

Pour les Innus qui n’ont pas de comité, «ils ont d’autres préoccupations, explique Lyne St-Louis, ils ont des inquiétudes par rapport à leur territoire. Et peut-être qu’à l’époque, ils avaient mal compris de quoi il s’agissait.»

Sur les 2 dernières années, Jacques Prégent fait un constat positif des comités de justice. À quoi il conclut que «c’est un défi pour tout le monde.»

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Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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La plus petite réserve indienne au Canada

Réserve autochtone de 200 pieds de large

Les Malécites de Cacouna

Mille indiens Malécites sur une réserve de 200 pieds de large!

Raymond Viger  Dossier Autochtone

cacouna-reserve-indienne-malecites-riviere-du-loupLe Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec a eu lieu à Rivière du Loup les 27, 28 et 29 avril dernier. Yvan Roy, le rédacteur en chef du journal L’Épik de Cacouna a eu la gentillesse et l’amabilité d’organiser une visite guidée de sa belle région.

Les lieux touristiques étant fermés à cette période de l’année, Yvan Roy a réussi à les faire ouvrir juste pour nous.

La plus petite réserve indienne au Canada

C’est ainsi que nous avons pu visiter la réserve Malécites, la plus petite réserve autochtone du Canada. La réserve ne fait que 200 pieds de largeur soit 0,7 acre! Juste assez pour les bureaux administratifs de la réserve. Les 1000 indiens Malécites ne peuvent faire autrement que de vivre en dehors de la réserve.

Nous y avons été accueilli par la Grand Chef des Malécites de Viger, Anne Archambault. La Grand Chef nous a expliqué certaines coutume indiennes dont la signification des différentes herbes médicinales.

Contes et légendes du Québec et des Premières Nations

cacouna-bas-du-fleuve-tourisme-quebecCet été, à Cacouna, une grande première. Une rencontre entre les Contes et Légendes du Québec et des Premières Nations sur une même scène dans le cadre d’un évènement conjoint qui aura lieu du 17 au 19 août 2012. Deux Nations, Une fête, réunissant le Festival historique de Cacouna et le rassemblement de la Route des sauvages (Pow-Wow)

Une rencontre qui sera tout aussi originale et intéressante que la visite que nous venons de faire. Danielle et moi serons à Cacouna au milieu d’août pour participer à la fête.

Cacouna et Émile Nelligan

yvan_roy-epik-cacouna-journal-communautaireCacouna est un village de 1800 habitants situé près de Rivière du Loup. La ville où Émile Nelligan a grandi et trouvé son inspiration. Cacouna signifie: Le pays du porc-épic.

Merci à Yvan Roy rédacteur en chef du journal L’Épik de Cacouna pour cette belle initiative et son implication.

Autres textes Autochtone

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Rencontre avec les Amérindiens

Autochtone

Opitciwan dans les tripes

J’avais oublié à quel point les Amérindiens aiment rigoler. C’est la première pensée qui me traverse l’esprit en reparlant à Mariette, la secrétaire du département d’éducation d’Opitciwan.

Nathalie Girard     Dossier Autochtone

opitciwan autochtones premières nations indiensPourquoi contacter, après 12 ans de silence, cette communauté où j’ai débuté ma carrière d’enseignante spécialisée en troubles graves du comportement ? Je ne sais plus trop. Peut-être parce que j’ai décidé de changer de profession, de raccrocher mes patins. En contactant les gens avec qui j’avais commencé ce chapitre de ma vie, j’espérais peut-être refermer la boucle, clore le sujet.

Mon aventure a commencé avec une valise et l’espoir d’inspirer des vies. J’étais ravie d’inaugurer ma carrière au cœur de la forêt québécoise en compagnie d’un peuple qui m’avait fascinée depuis mon enfance. Je ne pouvais me douter de ce qui m’attendait…

Rencontre avec Opitciwan

Arrivée au village, j’avais l’impression d’avoir été téléportée dans un autre pays à une autre époque. Des chemins sablonneux et déserts encadrent un amas de maisons désordonné. Le magasin général dispose, la majorité du temps, des denrées essentielles, pain, patates, œufs, tous à des prix dérisoires. Le courrier arrive par hydravion le mardi et le jeudi, si la météo le permet. Pas de télévision, pas toujours l’eau courante.

Ma classe était constituée de 12 adolescents, 2 filles et 10 garçons de 15-16 ans, tous plus «poqués» les uns que les autres. Syndrome alcoolique fœtal, abus physique et verbal, inceste et drogues fortes empoisonnaient quotidiennement leurs vies. Leurs comportements étaient imprévisibles, la violence sans provocation, surtout chez lesopitciwan réserves indiennes autochtones premières nations garçons.

Par exemple, un jeune pouvait dessiner tranquillement, et, soudainement, se lever et attaquer un voisin avec son pupitre. Les filles étaient plutôt effacées, évitant à tout prix le contact avec les garçons. Certains ne savaient pas lire. Les plus avancés étaient de niveau académique 3e année.

Mal de vivre

J’ai découvert cette année-là un niveau de souffrance et de violence que je n’aurais jamais cru possible. Un mal de vivre commun qui, comme une odeur nauséabonde, enveloppe et déforme toute expérience sur son passage. J’ai été agressée physiquement à tous les jours ; les garçons me prenaient par la gorge pour me projeter sur un mur. Un élève particulièrement perturbé a tenté de me dévêtir en classe; il m’a également mis un couteau à la gorge. On a tenté de me violer dans le bois. Et pourtant, malgré la peur et les larmes, je suis restée. Je voulais leur montrer, ne serait-ce qu’un instant, que la vie pouvait aopitciwan premières nations réserves indiens autochtonesussi être belle, qu’il y avait une lumière au bout du tunnel.

Contre toute attente, j’ai réussi, à force de persévérance, à calmer partiellement le mal qui les habitait. La violence physique avait considérablement diminué dès janvier. J’ai trouvé une place parmi eux. Une complicité s’est établit entre nous. Ils m’ont laissée entrevoir la fleur fragile qu’ils défendaient si férocement. Nous allions souvent dans le bois en après-midi. Cela les calmait énormément et ils adoraient m’enseigner tout ce qu’ils connaissaient. D’eux, j’ai appris à pêcher, à chasser le lièvre, et surtout qu’il y a une partie indestructible en chacun de nous. De moi, ils ont appris un peu de français, de mathématiques et surtout qu’une relation humaine peut être autre que violente.

Mais aujourd’hui, où en est Opitciwan? Mariette s’est fait un plaisir de me donner des nouvelles du village. Un de mes amis amérindiens s’était marié; un prof de Shawinigan avec qui j’avais travaillé était toujours sur la réserve ; la bibliothécaire avait été promue «agente de réussite». D’entendre parler de tous ces gens qui ont joué un rôle plus ou moins important dans ma vie, m’a replongée dans mes souvenirs. Je revivais du coup les bons moments, mais aussi la souffrance. J’ai appris qu’une fillette de 8 ans s’était suicidée, ne pouvant plus supporter l’abus sexuel de son grand frère, un jeune que je connaissais bien. Ouf! Mis à part les routes pavées, le câble et la poste ouverte trois fois par semaine, rien ne semble avoir vraiment changer sur la réserve. Le mal de vivre y règne toujours.

Et mes premiers élèves? Aujourd’hui, ils ont 27 ans, ou du moins ceux qui restent. Mariette m’a appris que beaucoup d’entre eux s’étaient suicidés.

Un instant de répit

Pendant les 12 ans où j’enseignais à travers le monde, eux, ils sont restés dans leur enfer. Cela me rend triste. C’est la seule porte de sortie qu’ils ont trouvée afin de se délivrer du mal qui les assaillait. J’ai la consolation d’avoir donné un instant de répit à ces enfants, mais aussi la culpabilité de les avoir abandonnés. Je regrette de n’être pas retournée à temps pour leur dire à quel point ils ont été importants pour moi.

Heureusement, certains d’entre eux demeurent. Dave travaille maintenant à la scierie ; la petite Tina est mariée et a 3 enfants. Une partie de moi aimerait bien les retrouver, leur parler, les féliciter d’être restés forts malgré tout. Je suis tellement fière d’eux. Mais se rappellent-ils seulement de moi? Ai-je eu le même impact qu’ils ont eu sur moi? Que valent mes félicitations puisque je ne suis pas restée?

Je n’ai pas encore décidé si un jour j’y retournerai. Mais, ai-je vraiment complètement quitter? Peu importe où j’irai dans le monde, j’aurai toujours Opitciwan dans les tripes. Mon année là-bas m’a marquée à jamais. Elle a grandement contribué à forger qui je suis aujourd’hui. Je serai toujours reconnaissante à ces jeunes de m’avoir ouvert leurs cœurs et leurs vies et d’avoir ainsi transformé la mienne.

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