Réalité à respecter: Familles homoparentales

Réalité à respecter: Familles homoparentales

Mario St-Pierre                               Dossier Homosexualité

Force est de constater que le visage des familles, au Québec et ailleurs, a changé. Nous les savions recomposées, monoparentales et maintenant nous les connaissons aussi homoparentales. Il nous appartient, en tant que personnes responsables, d’intégrer cette réalité, de la défendre afin que les enfants, les jeunes gens issus de ces familles, trouvent leur place, sans honte, sans discrimination aucune, et surtout avec le respect auquel ils ont droit.

L’homoparentalité est déjà une réalité sociale quotidienne. C’est deux papas ou deux mamans qui s’apprêtent à conduire leur enfant à l’école. C’est une maman divorcée qui a la garde de sa fille et qui refait sa vie avec une femme. C’est un homosexuel que le désir de paternité a conduit à concevoir un enfant avec une amie. Le monde homosexuel n’est pas un monde sans enfants. Le désir de maternité et de paternité chez l’homosexuel existe. Il est respectable et attend une meilleure protection de la part des pouvoirs publics, de l’entourage immédiat et de toute la société. Même si le fait d’homoparentalité touche plus de 2% de la population québécoise, plusieurs préjugés et fausses croyances circulent sur la parentalité homosexuelle.

«L’enfant n’aura pas un développement normal»

Bon nombre d’études stipulent le contraire. À la Conférence de l’Association pour la recherche sur le développement de l’enfant de 1997 à Washington, des chercheurs de trois pays ont déposé un rapport qui prouvait que les enfants de parents homosexuels étaient en tout point semblables à ceux de parents hétérosexuels. Des études des Universités de Virginie, de Californie, du Nouveau-Mexique et de plus autres pays arrivent aux mêmes conclusions.

«L’enfant n’aura pas de modèle des deux sexes»

Les enfants de conjoints de même sexe rencontrent et côtoient leurs grands-mères, leurs tantes et les amies des parents. Nous pouvons retourner la question: empêche-t-on les familles monoparentales d’exister sous prétexte qu’il manque un parent dans le décor???

«L’enfant pourrait être tenté par l’homosexualité»

Si c’était le cas, le problème serait réglé, car la vaste majorité des homosexuels ont eu des parents hétérosexuels et ont vécu dans un monde où l’homosexualité était évacuée. Donc il n’y aurait pas d’homosexuels. Pourquoi un enfant qui n’a qu’un (ou deux) modèles homosexuels dans une mer de modèles hétéros (famille, télé, école, etc.) en viendrait-il à avoir tellement de pression qu’il irait contre sa véritable nature?

«L’enfant pourrait être abusé sexuellement»

Pourquoi confond-t-on pédophilie et homosexualité? Cette croyance doit être combattue en rappelant que plus de 90% des agressions d’enfants sont commises par des hétérosexuels.

Ce à quoi il faut s’attarder

Les enfants des familles homoparentales présentent souvent une sensibilité au stress plus élevée que la moyenne. Il est clair que ces enfants doivent vivre avec un environnement largement homophobe et que l’homosexualité de leurs parents amène parfois une certaine discrimination. Ils sont porteurs d’un secret avec lequel il peut être difficile de vivre dès l’âge de six ans. Ils doivent se montrer vigilants, taire certaines choses, sinon ils devront en subir des conséquences qui pourraient se révéler dramatiques comme se faire insulter par les autres enfants en cour de récréation. Les enfants issus de familles homosexuelles possèdent une plus grande tolérance et ouverture d’esprit mais leur isolement est très important, au point qu’ils se croient être les seuls enfants de parents homosexuels.

Beaucoup de parents sont eux-mêmes isolés parce qu’homosexuels et parents à la fois, ce qui ne facilite pas une vie familiale harmonieuse. Une éducation civique incluant la discrimination homosexuelle au même titre que les autres discriminations raciales et sociales provoquerait un effet bénéfique pour ces enfants. Ceci leur éviterait de dépenser leur énergie à sauvegarder leurs propres intérêts, à établir un mécanisme de défense.

Nous savons que les préjugés, quels qu’ils soient, doivent se combattre jeune. Des programmes présentant les nouvelles réalités familiales à l’aide d’albums de coloriage à la maternelle et des albums d’histoires comporteraient deux avantages: les enfants d’homosexuels comprendraient qu’ils ne sont pas seuls et leurs camarades de classe respecteraient cette réalité homoparentale. Introduire un discours emprunt de tact dès le primaire, c’est répondre aux besoins de ces enfants. Que de créativité il faudra pour préparer les couples homosexuels à devenir parents selon des modèles encore inédits.

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Dossier Taz: pas juste un skatepark

Dossier Taz, skate park

Pas juste un skatepark

Gabriel-Alexandre Gosselin DOSSIERS Taz roulodomeRoller bladeSkatepark

Plus qu’un formidable terrain de jeu pour les adeptes de sports extrêmes, Le TAZ est aussi un organisme à but non lucratif (OBNL) créé en 1996 dont la mission citoyenne se poursuit encore aujourd’hui. Un skatepark peut-il être socialement responsable et engagé?
taz-skate-park-skateboard-roller-blades-roulodôme Marianne Villandré-Côté faisait de la gymnastique jusqu’à son adolescence. Fatiguée de la compétition, mais toujours avide de sensations fortes, elle se convertit au roller-blade grâce au TAZ.

Le skatepark ferme

Lors de la fermeture du TAZ en 2001, elle y donnait des cours. Elle vient de compléter une technique en éducation spécialisée et s’implique «à 100%», comme elle aime le dire, dans la réouverture du centre. Marianne occupe désormais le poste d’intervenante.

«Nous nous retrouvons avec un nouveau TAZ entre les mains et surtout, nous sommes 8 ans plus tard. Tout est à revoir du côté de l’intervention », explique-t-elle d’entrée de jeu.

Un seul aspect de l’ancien Tazmahal s’est, selon elle, transmis vers sa réplique actuelle située dans le Complexe environnemental de Saint-Michel. «On vise toujours la cohabitation entre les différentes pratiques, ainsi que la cohabitation entre l’esprit jeune du sport extrême et les familles qui viennent dans notre édifice.»

Le nouveau TAZ

Marianne mentionne la différence entre Le TAZ et d’autres skateparks qui donnent des plages horaires fixes selon chaque pratique sportive (skateboard, patins, BMX). Cette façon de faire a ses avantages, comme par exemple d’éviter les confrontations entre athlètes de sports différents, «une guerre qui a toujours existé. Mais c’est justement le genre de défi qu’on recherche au TAZ. On veut créer une communauté plus large, favoriser le respect.»

Ainsi, dans le skatepark, environ six surveillants, techniciens et intervenants sont à l’affût en tout temps. La plupart d’entre eux patrouillent en patins ou en skateboard, une façon de se fondre dans le décor. Leur travail consiste à assurer la sécurité (port d’équipements de protection, circulation) et de gérer les conflits qui peuvent survenir sur les plateformes: les skateboarders et les patineurs qui trouvent que les BMX prennent trop de place et vice versa, les débutants qui ne savent pas circuler dans le skatepark, les plus expérimentés qui prennent trop d’espace et circulent dangereusement se croyant tout permis, des jeunes qui se frustrent parce qu’ils peinent à réussir un truc. «Notre but est de ramener le calme, sans prétendre que l’incident n’a jamais eu lieu. On veut générer la bonne humeur et l’ouverture d’esprit de la part de tout le monde.»

Approcher l’autre

À ce travail général s’ajoute une intervention plus personnalisée. Marianne Vilandré-Côté dit porter une grande attention à cet aspect de son travail. «Je me sens portée vers ceux considérés comme des ‘‘cas à problèmes’’. Dans mes expériences antérieures comme intervenante, j’ai tellement appris d’eux.» Elle souligne le défi de créer un lien de confiance avec certains de ces jeunes. «Ces cas-là ne se règlent pas en claquant des doigts. Ça implique un travail à long terme. Ce que je préconise, c’est de leur donner des objectifs pour les faire revenir. Un jeune peut manquer de motivation à l’école, mais être vraiment branché dans un skatepark. Si venir ici le valorise, tant mieux!»

skate-board-roues-alignees-taz-roulodôme-planches-a-roulettes-skatepark À ce chapitre, Marianne se donne un premier mandat: la rédaction d’un guide d’intervention efficace pour tout le personnel du TAZ. «Sur place, on est deux qui ont la formation comme intervenant, mais toute l’équipe est consciente des réalités du milieu, des situations qui peuvent arriver. J’aimerais les aider à aborder chaque individu avec une approche adaptée.»

Une méthode qui roule

Les méthodes d’intervention ne sont pas établies de façon systématique au TAZ. Elles ne l’ont jamais vraiment été  d’ailleurs. Le personnel du centre cherche plutôt à utiliser la force du milieu du sport extrême et l’intérêt qu’il suscite  chez les utilisateurs pour intervenir.

«À l’époque, ma drogue, c’était Le TAZ! L’endroit a vraiment changé ma vie. Il m’a permis de m’épanouir dans le bon sens du terme. Ça aurait été tellement facile de déraper avec les tendances que j’avais», se souvient l’ancienne rebelle devenue intervenante. Même son de cloche chez Stéphane Julien, utilisateur de longue date du TAZ et aujourd’hui patineur professionnel: «Le temps que je passais ici quand j’étais jeune, c’est du temps que je passais à ne pas faire de conneries. Ou du moins, des conneries qui auraient pu me coûter cher!» Ces deux personnes sont la preuve vivante que l’intervention, ce n’est pas tout. Seule la force d’un milieu bien exploitée peut faire la différence.
Reflet de Société, Vol. 18, No. 3, Juin/Juillet 2009, p. 14-15

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Prostitution: les clients

Spectacle hip hop au Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo)

Prostitution: les clients

Lisa Melia      Dossier Prostitution et Sexualité.

«Ce soir, j’ai envie de thaï.» L’homme qui dit ça à visage couvert devant la caméra ne parle pas de gastronomie, mais de femmes. Dans un reportage de moins d’une heure tourné à Lille, dans le nord de la France, et en Belgique, le journaliste Hubert Dubois décortique l’identité du client de prostituées et ses motivations.

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Tous parleront à visage couvert, comme pris d’une certaine honte et conscients du mépris de la société à leur égard. Tous, sauf un, qui résume la nature de la prostituée aux yeux de ses clients. «Il y a des fois, on a envie d’une femme, ici et maintenant, mais on se retient, car c’est une femme et on la respecte. Avec une prostituée, si je veux faire quelque chose, je le fais» Cette question de respect et d’objectivation du corps humain revient perpétuellement. L’amateur de «thaï» explique à la caméra d’un air expert que «pour avoir le service complet, entrée, plat et dessert, c’est minimum 200 € [environ 315 $].»

Presque tous utilisent ce vocabulaire cru et violent, comme s’ils parlaient d’un objet. Une seule fois un client dira «faire l’amour», les autres utilisent les synonymes les plus vulgaires les uns que les autres pour nommer un coït gênant et culpabilisant. De même, ils payent des «putes», mais pas des «femmes», une nuance caractéristique du malaise qui semblent les prendre devant la caméra inquisitrice d’Hubert Dubois.

Identité masculine et prostitution

L’une des justifications principales est celle du besoin et de l’identité masculine. Par nature, un homme devrait avoir une sexualité régulière. «Après, on se sent des mecs», dit un client avec une pointe de fierté dans la voix. Un argument ridicule d’après Stéphanie, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Selon elle, il ne faut pas confondre besoin et envie, un amalgame que font pourtant les clients et qui traduit en réalité la relation de pouvoir et de domination entre eux et les «travailleuses du sexe.» C’est cette sensation de pouvoir plus qu’un véritable besoin qui conduit un client sur deux à retourner voir une prostituée après la première fois.

Relation et prostitution

Une autre excuse donnée est qu’ils n’ont pas envie de «prise de tête», de complications, de jeux de séduction et de disputes. Bref, ils n’ont pas envie d’un couple. «Si je n’y allais pas, je n’aurais pas maintenue mon mariage, affirme l’un d’eux, car ma femme n’accepte pas tout.» Le recours aux prostituées permet de maintenir une relation sans implication émotionnelle mais, paradoxalement, les psychologues s’accordent pour dire qu’une grande partie des clients recherchent précisément de l’affection et de l’attention. D’où l’apparition d’un nouveau genre de prostitution, qui passe par la simulation d’un rendez-vous galant.

Pour Rhéa, militante de la CLES, ils séparent pourtant complètement l’amour du sexe. «Ce n’est pas une relation, il n’y a pas de réciprocité. Payer pour du sexe, ça veut dire que tu imposes ta sexualité à quelqu’un.» Payer permet aussi de soulager sa conscience, et de se disculper. «Après tout, personne ne les force», affirme un client.

Prostitution: consentante ou contrainte?

Et pourtant, la prostitution constitue rarement un choix, mais plutôt une absence de choix. «97% des filles font ça contraintes», affirme Ulla, ancienne prostituée chef de file des travailleuses du sexe françaises. «Ce n’est qu’une source de revenu, rien d’autre.» Les clients n’ont toutefois pas la même perception des choses. Les prostituées souffrent-elles? La plupart des clients interrogés par Hubert Dubois pensent que non. «Quand on mange un bifteck, on ne se demande pas si la vache a souffert.» Ont-elles du plaisir lors de l’acte sexuel? « Bien sûr, affirme l’un d’eux. Je peux le sentir, et puis elles se font entendre.» Certains clients posent la question mais «quand ils demandent, c’est presque une réponse qu’ils se donnent», dit Ulla.

«Ils vivent dans le déni», explique Michèle Roy, de la CLES. Tous se déculpabilisent comme ils peuvent: en mettant en avant la compensation financière, en affirmant n’aller voir que des filles consentantes qui ne travaillent pas sous la contrainte, en refusant de fréquenter des mineures… «Ce ne sont que des prétextes, tranche Michèle Roy, ils refusent de voir la réalité en face.» Un ancien client, qui a cessé de recourir aux prostituées, confirme: «l’homme aussi est coupable. Ce n’est pas normal, on n’achète pas un corps. On peut tout acheter, mais pas un corps humain.»

Les clients, reportage d’Hubert Dubois

Le site Internet de la Concertation de lutte contre l’exploitation sexuelle (CLES)

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  7. prostitution de luxe: les hauts et les bas d’une escorte.
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  14. prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!
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Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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