Bien plus qu’une chicane de clôture

Restauration du parc Morgan

Bien plus qu’une chicane de clôture

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Quand Carl Bégin et ses collègues d’une école secondaire des Laurentides venaient assister à une pièce au théâtre Denise-Pelletier, l’autobus les laissait juste à l’entrée du parc Morgan. Maintenant résident du quartier, ce père de famille n’ose plus emmener ses enfants dans ce parc autrefois magnifique dont l’état actuel le désole. Membre fondateur du groupe les Amis du parc Morgan, dont l’objectif était de faire réinstaller la clôture d’enceinte du parc, son implication a pris fin lorsqu’une enquête a révélé que l’œuvre en fer forgé avait été égarée. Ce citoyen engagé revient toutefois à l’avant-scène cet automne, troquant cette fois son habit d’ingénieur civil pour celui de politicien, puisqu’il se présente aux élections municipales pour le parti Projet Montréal. Et fidèle à son combat, il fait de la restauration du parc Morgan l’un de ses engagements électoraux.

Propos recueillis par Ariane Aubin                            Dossier Parc Morgan

«Il faut comprendre au sujet du parc Morgan qu’il s’agit d’un ensemble urbain d’une très grande valeur patrimoniale que les élus n’ont jamais voulu reconnaître. Lorsqu’ils ont retiré la clôture de fer forgé, cela s’est fait sans plan. Je croyais même au départ que c’était pour la nettoyer qu’on l’avait enlevée. Elle était défraîchie et je me suis dit qu’on allait la repeindre. Mais alors que je me promenais dans le parc, j’ai remarqué que les poteaux avaient été découpés au chalumeau, plutôt que dévissés. Or, c’était une clôture artisanale, rivetée à la main, presque sans soudure. J’ai fait à l’époque des demandes d’information pour savoir qui avait donné l’ordre, mais il a été très difficile de le savoir.

J’ai appris qu’il y a eu trois appuis majeurs au retrait de la clôture du parc Morgan. Le poste de police, tout d’abord, qui soutenait que le retrait de la clôture n’allait pas causer de problèmes de sécurité. Pourtant, depuis qu’elle a été retirée, les gens en provenance du parc traversent la rue n’importe où et risquent de se faire frapper. Avant, ils sortaient par l’une des quatre entrées du parc et traversaient à cet endroit. Un deuxième appui venait des Loisirs St-Clément, où l’on disait que le parc était un peu fermé sur la communauté et que ça limitait la capacité de créer de l’animation. Finalement, la lettre a été signée par Mme Harel, qui s’est rétractée par la suite en habile politicienne. Elle reprenait un peu les arguments des autres signataires de la lettre en disant que ça allait améliorer l’animation dans le parc. Mais pourtant, la clôture est retirée et il y a encore moins d’animation: c’est la désolation.

Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’il n’y ait en apparence aucun plan d’action derrière cette mesure. Quand on pose un geste comme celui-là, il faut réfléchir, planifier un suivi! Prenons l’exemple du kiosque à musique. Il a été restauré il y a 10 ans, mais le bois est déjà pourri, le toit coule. Il ne suffit pas de le restaurer: il faut l’entretenir après. Dans les derniers mois, le geste le plus significatif que l’on a posé a été d’enlever l’affreux bloc de béton qui servait deux semaines par année à planter un sapin de Noël. Un geste opportuniste, justifié par le contexte électoral et nettement insuffisant.

Des amis qui n’ont pas dit leur dernier mot

Je trouve dommage que Réal Ménard n’invoque pas les Amis du parc Morgan lorsqu’il parle de prendre des engagements concrets (Voir notre article Réal Ménard et le parc Morgan), parce que nous avions fait nos devoirs, nous avions réfléchi. On avait même trouvé un conciliateur en la personne de Paul Labonne, de l’atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, qui était prêt à faire un travail d’arbitrage pour rapprocher les parties.

Nous avions à l’époque deux revendications, qui sont toujours d’actualité. La première était de protéger ce parc en le déclarant officiellement bien patrimonial, puisque son statut implicite ne semble pas suffisant. En ce moment, seul le kiosque à musique possède ce statut. Or, ce que je voudrais, c’est que tout l’ensemble urbain − le kiosque, la clôture, la perspective – soit cité. Dans les environs, on voit la caserne Létourneux, d’inspiration Frank Lloyd Wright, la mosaïque du marché Métro, conservée lors des rénovations et qui est l’une des premières œuvres d’art public au Canada, la perspective sur le boulevard Morgan… il y a de l’histoire de l’architecture ici, sur un coin de rue, quelque chose d’unique au Québec.

Pour toutes ces raisons, le parc Morgan doit être nommé bien patrimonial. Il serait alors protégé par la Loi sur les biens culturels, qui inclut maintenant les paysages dans la notion de patrimoine. Nous aurions alors un cadre législatif pour protéger ce parc et pour le bonifier.

Notre deuxième demande était de réinstaller la clôture, bien entendu. Et j’ajouterais aujourd’hui une troisième requête, qui serait d’enclencher une concertation avec citoyens, élus, fonctionnaires, spécialistes et commerçants afin de voir comment aménager ce parc pour qu’il soit vivant, animé et fonctionnel en toutes saison. Qu’on ouvre le kiosque, qu’on l’électrifie pour qu’il puisse être utilisé toute l’année. Toutes ces revendications sont inscrites dans la plateforme électorale de Projet Montréal et pour moi, ce sont des priorités.

Rebâtir le parc Morgan en respectant son histoire

Mon objectif n’est surtout pas que le parc Morgan reste figé. Un parc, c’est dynamique: un jardin se transforme avec les saisons, avec le temps, on y ajoute des jeux et du mobilier. De plus, les commerçants ont droit à leur opinion et je pense que les tensions du temps des Amis du parc Morgan se sont peu à peu dissipées et qu’il serait tout à fait possible de collaborer dans l’intérêt du parc.

Pour le moment toutefois, je ne viens plus au parc Morgan. Je suis blessé quand je viens ici. Quand j’ai vu les traces de coupures au chalumeau, je me suis senti dépossédé de mon bien collectif, de ma mémoire et de mon histoire. Le plus désolant pour moi, c’est le manque de sensibilité, de vision et de cohérence, de perspective historique et la logique décisionnelle qui a amené les représentants du peuple à poser ces gestes-là. Regardez ce qui se passe avec le Mont-Royal, même s’il est patrimoine historique et naturel, le premier au Québec, nous sommes en train de le gruger bout par bout! C’est impensable qu’une telle attitude soit tolérée À New York, va-t-on construire dans Central Park? Tous ces espaces sont des joyaux collectifs, qu’il faut à tout prix préserver.»

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Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Une rue Morgan illuminée, menant à un parc invitant où des patineurs glissent au son d’une musique entraînante… La vision idéale du parc Morgan qu’ont les commerçants est bien loin de celle du terrain en friche qu’ont pu voir les citoyens pendant tout l’été. Nous poursuivons donc notre série de témoignages au sujet du parc Morgan avec celui du président de la Société de développement commercial (SDC) de la rue Sainte-Catherine Est, Jimmy Vigneux.

Propos recueillis par Ariane Aubin                          Dossier Parc Morgan

Ce que nous voudrions en tant que commerçants, c’est d’abord un beau parc où les gens auraient envie de s’asseoir. On nous dit qu’il n’y aura pas d’investissement pour le moment parce qu’il va y avoir des travaux sur Notre-Dame et c’est compréhensible, mais ça fait trente ans qu’il est supposé y avoir des travaux et cela n’empêche pas qu’on entretienne les lieux! Le chalet était couvert de graffitis au printemps et même si la Ville en était avertie, il a passé l’été dans cet état. Alors si on me dit que le parc Morgan n’est pas moins entretenu que les autres parcs, je ne suis pas d’accord. Il y a un petit parc juste derrière chez moi, par exemple, qui est en très bon état.

En ce qui concerne l’animation du parc, on fait ce qu’on peut selon notre budget. J’en parlais à M. Réal Ménard au dernier conseil d’arrondissement, et il m’a dit qu’il était possible que l’arrondissement travaille avec nous pour avoir une patinoire cet hiver si son parti était élu en novembre. Mais c’est bien beau d’avoir une patinoire, il faut aussi qu’elle soit bien installée, que les gens aient accès au chalet pour mettre leurs patins, qu’il y ait de la lumière dans le parc Morgan, que ça soit beau. Comme ce serait la période des Fêtes, il faudrait qu’il y ait des lumières de Noël, de la musique. Les gens se déplacent pour aller patiner dans le Vieux-Montréal, font 30 minutes de métro pour s’y rendre parce que l’ambiance est bonne. Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose avec le parc Morgan? On va commencer un peu plus petit, mais il faut que les gens du quartier aient envie de sortir le soir pour venir patiner dans le parc Morgan.

Les commerçants n’auraient pas le budget pour payer la patinoire, mais contribuer à l’éclairage et à la musique serait tout à fait possible. Il faudrait par contre que ça ne soit pas juste pour un an, parce qu’il faut créer des habitudes et améliorer la qualité des installations. Par exemple, nous avons commencé à organiser l’événement le Grand débarras il y a trois ans et ça commence à avoir de l’allure, la structure est bonne, ça attire du monde. Mais la première année, il n’y a pas eu un chat. Si on installe une patinoire, ce sera sans doute la même chose. La première année, ça risque d’être couci-couça, mais dans trois ou quatre ans, nous serons installés et ça va bien aller. Le but de la SDC est d’attirer les gens non seulement au parc, mais aussi sur la rue pour qu’ils se promènent et magasinent. Plutôt que d’organiser des épluchettes de blés d’Inde où les gens viennent simplement manger, puis retournent chez eux, nous avons donc décidé de nous concentrer sur des projets comme celui de la patinoire ou le Grand débarras.

Une transformation extrême pour le parc Morgan

Tout ce qui a l’air abandonné repousse les gens. L’état du parc Morgan, les fosses d’arbres et la propreté des rues sont tous des détails qui accentuent le sentiment d’insécurité des passants. Amèneriez-vous votre petite fille de quatre ans dans un parc où il y a plein de graffitis, où les poubelles sont pleines et le gazon n’est pas tondu, vas-tu amener ta petite fille de quatre ans pour jouer là-dedans? Je ne pense pas que dans le quartier on ait d’importants problèmes de gangs de rue ou de criminalité. Oui, il y a de la prostitution et on la voit clairement, mais il y a surtout les tags, qui repoussent la clientèle. La raison pour laquelle les gens aiment aller magasiner sur Mont-Royal, c’est que oui il y a plein de boutiques, mais c’est aussi propre et beau. Quand tu passes devant le parc Morgan et que tu vois le gazon en friche et les tags, tu as plutôt l’impression d’être dans le Bronx.

Je pense qu’il y a un problème au niveau des travaux publics de l’arrondissement parce qu’ils ne fournissent pas, ils n’arrivent pas à assumer leurs responsabilités. Quand on leur en parle, ils distribuent les excuses à gauche et à droite, ils nous disent que cette année il y a eu beaucoup de pluie ou beaucoup de soleil, toujours des raisons pour nous expliquer qu’ils n’ont pas réussi à tondre le gazon. Il faut sans cesse achaler les élus avec des photos et des articles dans les journaux pour les forcer à agir.

Les rénovations du théâtre Denise-Pelletier devraient contribuer à embellir le coin, mais il faudrait que le parc soit aussi entretenu. S’il fait toujours aussi dur, on perd tout l’effet du théâtre. Le parc Morgan est très bien situé, en plein centre du boulevard Morgan. Dans le plan de développement de la rue Sainte-Catherine et de la rue Ontario que nous sommes en train de préparer, nous suggérons d’illuminer la rue Morgan et toute la promenade Ontario pour relier les deux promenades. Le parc serait alors le point d’arrivée de ce passage.

Au mieux, nous aimerions que le parc devienne un attrait touristique en soi. Nous sommes déjà en train de réfléchir à un concept qui irait avec l’orientation qu’on s’est donné pour la rue Ste-Catherine, de concert avec les commerçants de la rue Ontario. Nous avons en effet établi que nous aimerions développer le côté écologique, éco-responsable et bio du secteur et nous étudions la possibilité de transformer le parc en accord avec cette idée, mais c’est encore à l’état de projet. À Ville-Saint-Laurent, il y a une éolienne dans un parc. Pourquoi ne ferait-on pas la même chose ici? D’autant plus qu’en ce moment, on parle de créer un Quartier de la vie juste à côté. Ça serait vraiment bien parce qu’actuellement, même quand il fait soleil et 30 degrés, il n’y a personne au parc. Pendant ce temps, sans trop nous comparer au Plateau, les parcs Laurier ou Lafontaine sont pleins de monde qui pique-niquent, jouent avec leur chien, font la sieste… Ce serait tout à fait possible au parc Morgan!

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Les beaux jours du parc Morgan

Entrevue avec Ronald Robidoux, des loisirs St-Clément

Les beaux jours du parc Morgan

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Ronald Robidoux en a long à dire sur le parc Morgan. Celui qui s’implique au centre de loisirs Saint-Clément depuis un peu plus de 20 ans a participé à la revitalisation de cet espace vert il y a quelques années, puis à son abandon par les instances municipales. Il a accepté de partager avec Reflet de mon quartier sa vision d’un parc qui faisait autrefois vibrer la rue Sainte-Catherine Est.

Propos recueillis par Ariane Aubin                       Dossier Parc Morgan

Depuis que je suis dans le coin, le parc Morgan a souvent changé. Sa meilleure époque, c’était dans le Vue de la scène Saint Jean Baptiste au parc Morgan 2006coin de 2003. Nous organisions des activités avec les  Loisirs St-Clément. La première que nous avons tenue, c’était pour l’Halloween. Dans le pavillon, nous avions construit un gros labyrinthe et ailleurs dans le parc, il y avait des éclairages spéciaux, des personnages. La fête a été très populaire. Avec les années, le concept a fait boule de neige: la dernière année, tout l’avant du parc était décoré. Il y avait une maison hantée, un tunnel infernal… entre 3000 et 3200 personnes sont passées cette-fois-là.

Nous avons aussi organisé trois ou quatre fêtes de la Saint-Jean, des « épluchettes » de blé d’inde, une cabane à sucre. C’étaient toujours des événements familiaux et dans toutes nos activités, il y avait une thématique, pensée en fonction des gens du quartier et des commerçants des alentours.

Malgré notre succès, nous avons dû laisser tomber les animations dans le parc parce qu’elles nous coûtaient trop cher. Pour la Saint-Jean-Baptiste, par exemple, nous recevions une subvention de 1500$ de la Société-Saint-Jean-Baptiste. Les Loisirs St-Clément avaient ensuite de 8000 à 9000$ de dépenses à éponger!
Là-dessus, la Ville de Montréal n’a pas versé un sou, mais nous a prêté beaucoup d’équipements. Le labyrinthe d’Halloween était par exemple entièrement fait de matériel fourni par la Ville et monté par ses employés, ce qui était une aide très appréciable. Les organismes du quartier nous aidaient aussi en nous prêtant de l’équipement ou de la main-d’œuvre. Ce qui est vraiment dommage, c’est que les commerçants du coin n’ont jamais vraiment embarqué. On me dit qu’ils vivent souvent dans d’autres secteurs et que Hochelaga-Maisonneuve n’est pas nécessairement au centre de leurs préoccupations. Je crois aussi que plusieurs s’attendent à des retombées immédiates pour leur implication. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Tu commences par attirer du monde, puis le quartier marche un peu mieux et à longue échéance seulement, ça se ressent dans les ventes.

Je dois préciser que la SDC (société de développement commercial) a pour sa part beaucoup contribué dans les premières années. Mais quand l’administration change, l’orientation change souvent aussi et c’est ce qui est arrivé. La nouvelle direction ne trouvait pas que notre organisation était assez professionnelle et a essayé de prendre le relais. Ça a donné des concerts pop le dimanche matin ou certains soirs en semaine, qui n’ont pas pogné bien fort, et l’expérience a été abandonnée.

Maintenant, il n’y a plus rien qui se passe dans le quartier. C’est mort, comme avant que les organismes décident de faire vivre le parc. C’est sans doute parce qu’il y a des gangs, que c’est malpropre. J’ai été au parc il y a environ deux mois et j’ai constaté qu’il y avait de grosses détériorations. La cabane était couverte de graffitis, c’était sale. Il y en a toujours eu, mais avant la Ville les nettoyait. Bref, j’ai trouvé ça pire que d’habitude. Et pourtant, il y a quelques années, le parc était très beau, c’était tout fleuri.

La Ville doit s’impliquer, même si on n’est pas encore branchés sur Notre-Dame. Juste déjà d’entretenir le parc, ça serait bien. En ce moment, ce n’est pas fait. J’ai déjà discuté avec la Ville de l’abandon du parc Morgan, il y a peut-être trois ans. Ce qu’on m’avait répondu à l’époque, c’est qu’on attendait que le cas de Notre-Dame soit réglé avant d’agir. Mais quand un parc est laissé à lui-même, on se ramasse avec des problèmes et des gens qu’on ne veut pas voir là s’y réfugient. Quand un parc est occupé, qu’il est bien entretenu, on éloigne ce type d’individus.

Un parc pour les rassembler tous

Le projet d’unir les parcs Champêtre et Morgan au-dessus de Notre-Dame est une bonne idée à mon avis, parce qu’en ce moment, le coin est définitivement dangereux pour les enfants. Faire le lien entre les deux parcs permettrait aux enfants d’accéder aux terrains de soccer et de football de l’autre parc sans risquer leur vie.

Jeux gonflables à la St-Jean 2006 au parc Morgan En plus de ces modifications, il faudrait qu’il y ait d’autres petites fêtes de quartier. Avec l’expérience que j’ai dans le domaine, c’est sûr que j’aimerais y participer, mais il faudrait aussi que les organismes du coin, les commerçants et surtout la Ville participent. Ce genre d’événement nécessite beaucoup de main-d’œuvre: juste organiser l’Halloween nous demandait quatre jours de montage! Mais c’est très important de le faire. Les gens se parlaient lors de ces événements, mangeaient ensemble … Ça ramenait le parc à son but principal, qui est de rassembler les gens du quartier. On voulait montrer aux gens que ce qu’on dit sur le coin, ce sont des mythes. Ce n’est pas si pire de vivre dans Hochelaga-Maisonneuve, des choses intéressantes peuvent s’y passer!

Pour que ça fonctionne, il faudrait aussi plus de sécurité dans le parc Morgan. Il y a déjà des auto-patrouilles de jour, mais le soir, est-ce qu’il y a de la surveillance? Je n’ai jamais vu de voiture passer. S’il n’y a pas de présence policière sur les lieux, comment réussir à sécuriser le parc?

Ce n’est pas évident, c’est sûr. Je me souviens des premières années où nous organisions nos activités, il a fallu prendre possession du parc, parce que c’était comme aujourd’hui. Les enfants n’y allaient pas trop parce que les lieux étaient occupés par des gens pas trop recommandables.

Ce problème, je le vois aussi ailleurs que dans ce parc. Je trouve que Maisonneuve est laissé de côté en général. En sortant un peu du coin, vers Mercier par exemple, on voit que les parcs là-bas sont mieux entretenus. Quand on demande pourquoi à la Ville, on nous dit: «dans Maisonneuve, on fait de quoi et ils brisent tout». Moi, je n’y crois pas. D’autres quartiers moins favorisés sont capables d’avoir de beaux parcs, de belles infrastructures et de les préserver, si on leur en donne les moyens. Ce sont des excuses garrochées en l’air!

Photos: Fête de la Saint-Jean-Baptiste 2006 au parc Morgan, Courtoisie des Loisirs St-Clément

 

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