Protégeons le français… mais contre qui ?

L’envahissement de l’anglais

Protégeons notre langue… mais contre qui ?

chronique société presse communautaire média écrit journalismeMais qui est vraiment responsable de cette menace contre notre langue française ? Peut-être bien nous-mêmes…

Normand Charest – Chronique Valeurs de société. Dossier Francophonie

Au Québec, nous voulons protéger notre langue, qui est menacée de toute part par la domination de l’anglais. Or, quand on pense à cette menace, beaucoup l’imagine venir de l’extérieur. Des Anglos qui ne veulent pas reconnaître nos droits, des nouveaux immigrants qui glissent trop facilement vers l’anglais…

Mais si l’ennemi se terrait plutôt en nous, bien caché derrière notre nationalisme et notre fierté fleur-de-lysée, passé le jour de la Fête nationale ?

Un exemple de cela nous est offert par les contre-cultures (souvent associées aux jeunes, mais pas seulement à eux) qui ont souvent été de grandes consommatrices d’anglais. Génération après génération, nous y sommes tous passés.

Menacée de l’intérieur

francophonie drapeau logo francophone francais langue francaise francophileQu’il s’agisse de nos pères ou grands-pères qui prenaient déjà des surnoms anglais, des hippies avec leurs groovy, too much, out of sight, en passant par le chill d’aujourd’hui… nous avons toujours été friands de mots anglais à la mode, toujours influencés sans remords par les cultures anglo-saxonnes.

La situation n’a pas changé de nos jours, et le hip-hop ne fait pas exception. Les pseudonymes anglais des artistes en font foi, les termes spécifiques aussi : battles, writers, graff, old-school, free style ; stump, waacking, krump, popping, breakdance… Et les gens du milieu adhèrent à ces courants sans se poser de questions sur la place de l’anglais dans leur vie.

Au bout du compte, quelle que soit leurs justifications pour agir de la sorte, la soumission à l’anglais y est préoccupante. On se demande bien comment défendre cette anglicisation, tout en imposant aux Anglos une loi sur l’affichage en français.

Reprocher aux autres de menacer notre langue, alors qu’on la mine soi-même de l’intérieur ? Il y a là une contradiction qui devrait nous donner au moins un peu d’urticaire.

Pendant ce temps, chez les « Français langue seconde »…  

Pendant ce temps, dans l’actualité, ce sont des étudiants d’un collège anglophone de Montréal, le collège Vanier, qui ont été choisis pour représenter le Québec au « Goncourt des lycéens » en 2012 (le 4e prix littéraire de France, après le Goncourt proprement dit, le Renaudot et le Femina). Et cela, au grand bonheur de leur professeure de français, Catherine Duranleau.

Des  anglophones qui passent avant des étudiants  francophones ? « Sobering », comme on dit en anglais. Même si certains prétendent qu’il s’agit là d’une exception peu significative.

Le retour de la poésie orale en français par le slam

Sur une note plus encourageante, soulignons le retour de la poésie orale, par le biais du slam. Le slam est d’origine américaine. Mais le bonheur, c’est qu’on le pratique parfaitement bien en français, et avec beaucoup de créativité.

Disons-le franchement, c’est un souffle d’air frais, un souffle de vrai sur la poésie française. Voilà comment la contre-culture peut apporter du sang neuf à la langue, sans faire appel aux termes anglo-saxons.

À ce propos, Grand Corps Malade nous en fournit des exemples éclatants. Si on ajoute à cela son action sociale dans des quartiers difficiles, par le biais de cours de slam offerts à des gens de tous âges et de toutes origines… on peut le saluer bien bas, pour le rôle positif qu’il joue à l’intérieur de la francophonie.

Alors, qui dit que l’on doit s’angliciser pour être dans le coup, pour être de son temps, pour exprimer la réalité urbaine actuelle ? Qui dit qu’on ne peut le faire en français… ou en arabe, en russe, en espagnol, en innu ou en inuktitut ?

  • Voir l’article « Goncourt des lycéens – Un collège anglophone pour représenter le Québec », par Fabien Deglise, dans Le Devoir du 29 septembre 2012.
  • En écrivant ces mots, j’écoutais le CD déjà classique mais toujours inspirant de Grand Corps Malade, Midi 20 (2006).

Autres textes sur la Francophonie

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Neil Armstrong, la Conquête de l’espace, Apollo 11 et la fin d’un rêve

Neil Armstrong, la Conquête de l’espace, Apollo 11 et la fin d’un rêve

Raymond Viger     Dossier Espace

La Conquête de l’espace

La conquête de l’espace débute avec le premier vol spatial de la Russie avec Spoutnik 1, le 4 octobre 1957. Les Américains ne débuteront que le 29 juillet 1960 avec le programme Mercury.

Youri Gagarine à bord de Vostok 1, le 12 avril 1961, devînt le premier homme à voyager dans l’espace. John Glenn avec Mercury sera le premier Américain le 20 février 1962.

Le Russe Alexi Leonov sera le premier à faire une sortie dans l’espace avec Voskhod 2 le 18 mars 1965.  Le premier Américain s’y retrouvera le 3 juin 1965 avec Edward White à bord de Gemini 4.

L’avantage des Russes sur les Américains ne cessent de diminuer. Noel 1968, les Américains seront les premiers à voir la face cachée de la Lune avec Apollo 8.

Le 20 juillet 1969

Je me retrouve avec ma famille dans un chalet, dans le bois, à 2 milles du Lac du Cerf. Un retour aux sources pour la période estivale.

Mon oncle a son chalet juste à côté. Il a un téléviseur noir et blanc. Ma famille rejoint la lune exploration spatiale lunaire espace apollo voyage sienne. Avec tous mes scrapbooks contenant les découpures de la Conquête de l’espace, nous nous préparons à vivre cet événement qui sera marquant pour moi. Le premier pas de l’Homme sur la lune réalisé par Neil Armstrong et suivi d’Edwin Aldrin. Je me souviens d’avoir eu de la sympathie pour Michael Collins qui est demeuré en orbite autour de la lune pour attendre ses collègues.

J’ai été ému de voir ces américains mettre le pied sur la lune. La Conquête de l’espace venait de se terminer. D’une part, parce que les Américains venaient d’officialiser leur suprématie sur les Russes. D’autre part, parce que je venais de décider de prendre ma retraite. Eh oui! Une retraite à 11 ans. J’ai décidé de ne plus être astronaute et de mettre mon rêve de côté.

alunissage voyage espace lune alunir spatial apollo La retraite d’un rêve qui m’avait habité pendant 11 années. J’avais tout lu, tout découpé sur la Conquête de l’espace. Je voulais en faire parti. Avec les Américains qui venaient de mettre le pied sur la lune, mon implication dans les programmes spatiaux était moins essentielle. Les Américains avaient su se débrouiller sans moi.

Mais j’avais aussi été ébranlé par les paroles de mon père: « Ce ne sont que les soldats Américains et Russes qui font parti des programmes spatiaux. Un simple Canadien comme toi rêve en couleur que d’espérer aller dans l’espace. » Faut comprendre que mon père était pompier. Il ne faisait pas qu’éteindre les feux. Il avait éteint mon rêve.

Perdu dans l’espace

J’étais un fanatique de l’émission Perdu dans l’espace. La famille Robinson qui dérivait dans l’espace incapable de revenir sur Terre. Aujourd’hui, je me rends compte que mon grand-père était un visionnaire. J’écoutais cette émission et il me dit en nous quittant: « Tu sais, un jour, ça sera des gars comme toi qui vont faire le taxi dans l’espace pour y amener des touristes. »

Je n’avais pas porté attention à ses paroles. Parce que je n’étais ni Russe, ni Américain. J’avais mis mon rêve aux oubliettes. Pourtant, 15 ans plus tard, le 13 mars 1984, le Canada fêtait son premier astronaute canadien, Marc Garneau.

La fin d’un rêveapollo 11 lune alunir alunissage voyage espace spatial

En 1969, j’ai laissé enterrer un rêve, celui de devenir astronaute. Aujourd’hui, des gars  comme Guy Laliberté peuvent planifier leur voyage comme touriste spatial. C’est le seul rêve que j’ai laissé fuir. Possiblement pour satisfaire ce besoin de me retrouver entre ciel et terre, j’ai fait 5 années dans l’aviation. Je suis devenu instructeur en pilotage, ce qui m’a donné les bases de la relation d’aide que j’utilise aujourd’hui auprès des jeunes.

Je ne regrette rien de ce rêve oublié. Il aura forgé l’homme que je suis devenu. Aujourd’hui ma devise est d’affirmer que rien n’est impossible à celui qui croit en ses rêves et qui a l’adrénaline pour les soutenir.

Un jeune traverse la porte de notre organisme avec l’intention de louer le stade Olympique pour faire le plus gros show jamais vu… Pas de problème. Je vais l’accompagner dans son rêve. Ensemble, nous irons le plus loin qu’il voudra bien aller dans son rêve. Jamais je ne lui dirais que son rêve est impossible. Parce que le jeune qui traverse la porte de notre organisme aurait pu s’appeler Dan Bigras, Guy Laliberté ou encore…

Dédicace

alunissage voyage espace lune alunir spatial apollo Ce billet est dédié à Lisa Mélia, stagiaire Française en journalisme pour Reflet de Société. Je n’avais pas pensé écrire ce billet. Lisa m’a demandé l’âge que j’avais le 20 juillet 1969. Elle m’a dit que je devrais écrire un billet sur ce que je faisais à cette date et comment j’avais vécu cet événement historique. Elle a rajouté que c’est le genre d’histoire que je sais conter ou qui est dans mon style ou quelque chose du genre.

Lisa va nous quitter la semaine prochaine après un stage de presque 6 mois. Je lui dédie ce billet comme un souvenir qu’elle pourra emporter avec elle dans le cyber-espace.

Au plaisir de te lire Lisa sur ton blogue ou dans les médias où tu t’investiras. Bonne continuité.

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