Le financement des organismes communautaires

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L’économie sociale, une nouvelle vision du communautaire

Carrefour Tiers-Monde

Le financement des organismes communautaires demeure ardu et complexe. Nous avons eu notre lot de téléthons. Cette stratégie en a aidé quelques-uns. Mais le Québec est une terre fertile en organismes d’aide et de soutien à différentes causes. Comment réussir à les financer lorsque le gouvernement cherche à se désengager financièrement?

Raymond Viger   Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire 

Un nouveau virage a vu le jour ces dernières années: l’économie sociale. En quelques mots, cette nouvelle philosophie est de lier des organismes communautaires à une activité commerciale générant des profits qui pourront être investis dans la cause sociale. Pour faire connaître les nouvelles initiatives en ce domaine, le Journal de la Rue part en tournée. Nous vous présenterons d’un numéro à l’autre certains succès qui méritent d’être connus.

Aider au financement d’un organisme communautaire en vous logeant dans un hôtel lors de vos prochaines vacances. L’Autre Jardin est le premier hôtel d’économie sociale au Québec. Il est la propriété de Carrefour Tiers-Monde, un organisme communautaire oeuvrant en éducation du public au développement international. L’organisme a comme mission de faire grandir la solidarité internationale. Il défend la nécessité d’un développement digne, équitable et durable. Grâce aux profits générés par l’Autre Jardin, Carrefour Tiers-Monde peut poursuivre son travail de sensibilisation.

Au Jardin d’Antoine

Les propriétaires de l’hôtel « Au Jardin d’Antoine » à Montréal, M. Antoine Giardina et Mme Francine Gaudreault, ont, par leur expertise et leurs conseils judicieux, contribué à la naissance de L’Autre Jardin à Québec. Un bel exemple que l’entreprise privée peut être un moteur important pour le communautaire. Pourquoi se limiter à un don ou une commandite ponctuelle? L’économie sociale est une façon de rendre autonome les organismes communautaires.

L’Autre Jardin, c’est un jardin à Québec, une auberge résolument urbaine et contemporaine. Situé au cœur du quartier St-Roch, le centre-ville de Québec, l’Autre Jardin fait également référence au Jardin St-Roch situé à proximité de l’auberge et qui a été l’élément moteur de la revitalisation de ce quartier de la ville de Québec.

Économie sociale et le commerce équitable

Vous avez sûrement entendu parler du café équitable. Un café qui est vendu pour soutenir les paysans du Sud. Le café est acheté directement aux petits producteurs regroupés collectivement afin d’éliminer les intermédiaires. Les coopératives favorisent la participation démocratique et l’organisation communautaire au sein du regroupement. Une aide est offerte pour favoriser l’accès au crédit afin d’éliminer le chantage et la manipulation de créanciers peu scrupuleux.

Ce principe de commerce équitable se retrouve à la boutique Équimonde et pas juste pour du café. Plus de 150 produits d’artisanats, en provenance de quelque trente pays tels que le Mozambique, le Rwanda, le Burundi, Haïti, le Pérou, le Chili… Cette boutique est aussi propriété de Carrefour Tiers-Monde. Une façon originale de sensibiliser le public à la réalité internationale tout en faisant découvrir la richesse et le talent des gens qui y habitent.

La recherche de la fortune n’est pas la motivation des entrepreneurs en commerce équitable. Certes, il faut développer le marché et rentabiliser l’entreprise mais, dans l’équité et la justice sociale avant tout. La boutique Équimonde est un lieu d’implication sociale où des bénévoles contribuent au développement du commerce équitable.

Projet Kose pour le financement d’organismes communautaires

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L’éducation francophone dans l’Ouest Canadien

Francophone dans un milieu Anglophone:

L’éducation francophone dans l’Ouest Canadien

Raymond Viger                     Dossier  Francophonie

En vacances avec ma conjointe Danielle à Vancouver, j’en profite pour faire un reportage sur les francophones hors-Québec. Je me demandais comment une communauté francophone peut survivre dans un milieu anglophone. Est-ce que nous, en tant que Québécois, avons des choses à apprendre des francophones pour nous aider à mieux vivre notre identité culturelle? Je m’attendais à un reportage simple, rapide et facile pouvant se combiner avec mes vacances. La réalité fut très différente! J’ai dû faire 3 reportages différents. Un sur le quartier chaud de Vancouver, le Downtown Eastside. Ce reportage touche l’itinérance des francophones dans l’ouest. Un deuxième sur un outil mis en place à Vancouver et que nous devrions avoir au Québec, un site d’injections supervisées, le Insite, le seul site d’injections supervisées en Amérique du Nord. Et finalement celui-ci sur l’éducation francophone dans un milieu minoritaire.

Parler de la communauté francophone de l’Ouest du Canada en ce début d’année est d’actualité. Parce que Maillardville, le berceau de la francophonie de la Colombie-Britannique fête cette année ces 100 ans. Bonne fête aux Francophones de Vancouver et bonne lecture!

Ce reportage a été publié dans le magazine Reflet de Société.

Qui sont les élèves francophones dans un milieu anglophone?

En faisant le tour des écoles du grand Vancouver métropolitain, nous remarquons que les élèves francophones proviennent de partout à travers le monde: Europe, Île Maurice, Congo, Rwanda, Amérique du Sud, Vietnam. Les élèves québécois sont en minorité. Chez les enseignants, nous retrouvons une majorité de Québécois et plusieurs Français.

Les écoles qui ont une plus grande présence québécoise sont celles situées près des bases militaires ou de la Gendarmerie Royale du Canada. Pour les écoles francophones en Colombie-Britannique, la période d’inscription se fait 12 mois par année, au fur et à mesure que les parents arrivent.

 

Une école francophone en Colombie-Britannique  implique que les élèves doivent voyager beaucoup pour s’y rendre. Il n’y a pas d’école francophone dans tous les quartiers. En contrepartie, cela veut dire qu’elle sera petite, intime, que tout
le monde se connaît. La plus importante, l’école Gabrielle-Roy de Surrey, compte 540 élèves de la maternelle jusqu’à la 12e année. Certains niveaux n’ont pas le nombre minimum d’étudiants. Un peu comme dans nos régions rurales.

Une petite école, cela veut dire moins de décrochage, de meilleurs résultats scolaires, un meilleur encadrement, plus de services adaptés… De quoi faire rêver tous les parents à la recherche de la meilleure école pour leurs enfants. Certains professeurs enseigneront aux mêmes jeunes pendant plusieurs années.

Cette relation privilégiée entre les enseignants  et les élèves se vérifie par le slogan de l’école Gabrielle-Roy: « Nous sommes à construire un monde meilleur – un étudiant à la fois. »

Choisir le français en milieu anglophone

La directrice de Gabrielle-Roy, Irène Noël, lance un message clair aux parents qui auront à décider si leur enfant étudiera en français ou en anglais. «Certains parents francophones placent leurs jeunes à l’école anglophone en espérant que leur enfant puisse mieux se placer sur le marché du travail. Pourtant, à partir de la 10e année, les élèves de l’école francophone réussissent mieux dans les tests provinciaux que ceux de l’école anglophone! L’anglais, ça s’attrape! Il ne faut pas avoir peur de placer son jeune à l’école francophone.»

En fréquentant cette école, le jeune se rend compte qu’il n’est pas le seul à parler français, il a des amis avec qui parler. Le français n’est plus une langue utilisée seulement avec ses parents à la maison. Elle devient une langue d’usage courant qui donne un sens concret dans sa vie.

Yvon Fontaine, président de l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC), est cité dans le plan d’action 2005-2010 du réseau de l’enseignement universitaire: «Pour préserver le maintien de la langue, on doit commencer dès la petite enfance et poursuivre jusqu’au niveau universitaire. Si nos étudiants n’ont pas la chance de faire des études universitaires dans leur langue maternelle, il y a de bonnes chances qu’ils y côtoient les gens de la majorité dans des universités de langue anglaise.»

Le privilège d’étudier en français dans une communauté minoritaire

La communauté francophone, en Colombie-Britannique, est tissée serrée. Les parents s’impliquent dans les écoles, un peu comme au Québec dans les écoles alternatives. Le sentiment d’appartenance est fort. Étudier en français est plus qu’un droit, c’est un privilège. Cette fierté développe une motivation pour le jeune qui peut sentir la présence de toute la communauté derrière lui.

Il y a une grande différence entre une école francophone et une école d’immersion en français. Une école d’immersion permet à un non-francophone d’étudier pendant un certain temps en français pour mieux maîtriser la langue française. L’école francophone donne des racines, des valeurs et une culture francophone aux jeunes qui la fréquentent. Cette confusion doit être expliquée régulièrement aux anglophones qui veulent inscrire leurs enfants quelques années en français. Ils sont dirigés vers une école d’immersion. Parce que pour pouvoir étudier dans les écoles francophones, il faut y avoir droit et démontrer  ses racines francophones.

Le français dans l’Ouest du Canada: un droit chèrement acquis!

La communauté francophone a dû se battre, pour être reconnue. Il ne faut pas penser que le gouvernement de la Colombie-Britannique a accepté d’emblée de soutenir les écoles de sa communauté minoritaire.

En 1989, l’Association des parents francophones de la Colombie-Britannique poursuivait le gouvernement provincial pour obtenir la gestion des écoles francophones et créer un conseil scolaire francophone.

Déjà, d’autres communautés francophones du pays se battaient pour le même objectif. Pour faire respecter leur droit d’exister, les francophones de l’Alberta se sont rendus jusqu’à la Cour Suprême.

En 1990, notre plus haut tribunal reconnaissait l’importance de préserver  la culture de la minorité par  le système  scolaire. «Les écoles de  la minorité servent elles-mêmes de centres communautaires qui peuvent favoriser l’épanouissement de la culture de la minorité linguistique et assurer sa préservation.

Ce sont des lieux de rencontre dont les membres de la minorité ont besoin, des locaux ou ils peuvent donner expression à leur culture», précisaient les juges de la Cour Suprême dans la cause Mahé contre l’Alberta.

La bataille des francophones de l’Alberta a aidé les francophones de la Colombie-Britannique. En 1996, un tribunal de la province confirme le droit à la minorité d’exister par son éducation.

«Le gouvernement de la Colombie-Britannique a échoué à répondre, conformément à la constitution fédérale, au devoir de garantir une éducation en langue française.» Ce jugement oblige le gouvernement de la Colombie-Britannique  à adopter une loi protégeant les droits à l’éducation en langue française et à assurer les moyens financiers et techniques pour y parvenir.

Aujourd’hui, suite à cette lutte pour le droit d’exister, le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique gère 39 écoles qui éduquent 4000 élèves. Autant d’institutions et de gens qui font rayonner notre culture et enrichissent la majorité anglophone de cette diversité.

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Éducation francophone dans l’Ouest du Canada

Éducation francophone en milieu anglophone. École Gabrielle Roy.

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